Les amitiés se brisent-elles ?
𝓛𝓮𝓼 𝓪𝓶𝓲𝓽𝓲é𝓼 𝓼𝓮 𝓫𝓻𝓲𝓼𝓮𝓷𝓽-𝓮𝓵𝓵𝓮𝓼 ?
Autrice : Summer Jenkins
Genre : Autre
Personnages principaux : Izzy Brown, Ellia Gordon
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Elles étaient autrefois amies... Ellia ne l'oubliera jamais, mais compte-t-elle encore pour Izzy ? Quand les deux filles se croisent de nouveau à Poudlard, leurs retrouvailles tendues risquent d'être... explosives.
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Elles étaient autrefois amies... Ellia ne l'oubliera jamais, mais compte-t-elle encore pour Izzy ? Quand les deux filles se croisent de nouveau à Poudlard, leurs retrouvailles tendues risquent d'être... explosives.
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Dernière modification par Summer Jenkins le 15 juin 2025, 11:40, modifié 2 fois.
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Soleil des cachots - Hurleuse Nocturne - Maîtresse d'armes et proclameuse autoproclamée des AA
Les amitiés se brisent-elles ?
La dernière fois que j’ai vu Izzy, elle était devenue une fille sombre et renfermée. Elle ne l’a pas toujours été. Autrefois, elle était souriante, resplendissante de vie et d’énergie, toujours à l’écoute pour moi… J’adorais cette Izzy là .Chapitre 1 : Notre rencontre...
Mais elle n’était plus la-même, et j’ignorais pourquoi. Elle ne m’avait rien dit… Ne me faisait-elle pas assez confiance, malgré notre proximité ?
Un jour, elle a disparu. Autrefois, Izzy était ma meilleure amie, mais elle m’a repoussé. Elle a repoussé tout le monde. J’ignore pourquoi. Soudain, sans explication, elle est sortie de ma vie. Elle est partie. Je ne l’ai plus jamais vu depuis.
Je me souviendrais toujours de notre rencontre, à toutes les deux. J’étais une fille timide, et très sensible. J’étais une Sang-Mêlé, du sang de moldu coulait dans mes veines. Seulement, mes parents avaient décidé que je devais être élevé en tant que sorcière, car c’était ce que j’étais. Ils m’ont donc envoyée à l’École Maeve Queen. Là -bas, je m’en souviens, la plupart des enfants étaient des Nés-Sorciers. Et moi, pour la plupart, je n’étais qu’une moins que rien.
J’ai très mal vécu ma scolarité là -bas, pour la simple et bonne raison que j’ai toujours été seule, rejetée par les autres et mauvaise en cours. Cependant, je n’en ai pas parlé à mes parents. J’ignore pourquoi. Je pense que c’est en partie parce que je croyais dur comme fer que ça allait changer.
Et, pour preuve, ça a changé.
Un jour, deux ans avant d’entrer à Poudlard, un jeune Né-Sorcier arrogant c’était approché de moi. Il m’avait regardé, méprisant. Je m’étais contentée de baisser les yeux. Je pense que si j’avais pris l’habitude plus tôt de me défendre, de leur prouver que je ne me laisserai pas faire, j’aurais réussi un peu mieux à éloigner les moqueries.
Je ne me souviens plus exactement ce que m’a dit ce garçon, Arthur, mais je sais que c’était méprisant et cruel, et que, sous ma frange, j’avais eu les larmes au yeux. Mais je n’avais rien dit. Je m’étais laissée faire, j’avais attendu que ça passe.
Il ne s’était pas arrêté.
Et soudain, une fille a déboulé de derrière moi. Elle m’avait dépassé d’un pas énergique, et avait poussé Arthur d’un geste assuré. J’avais relevé les yeux, sidérée. Qui était cette fille ? Et qu’est-ce qu’elle faisait ?
Elle a crié sur Arthur, sa voix fluette emplie de colère.
-Je te l’ai déjà dit, arrête d’être méchant ! Elle t’a rien fait, je suppose ! Arrête d’insulter les autres pour le plaisir !
Même Arthur ne savait pas comment réagir face au tourbillon d’énergie qui venait de lui tomber dessus.
-Va t’en, maintenant ! Et lui parle plus !
Elle avait à nouveau poussé Arthur en arrière. Ce dernier avait trébuché, il l’avait dévisagé, et il s’était finalement éloigné précipitamment. La fille s’était tournée vers moi. Je l’avais contemplée, cachée derrière mes cheveux. Elle semblait avoir à peu près mon âge, bien qu’elle était un brin plus petite que moi. Elle avait des cheveux blonds, entre le bouclé et l’ondulé, qui lui tombait jusqu’au milieu du dos. Ses yeux bleus surplombaient un nez fin et des joues rouges. Elle pétillait de vie. Tout l’inverse de moi, dont le visage pâle était constamment dissimulé derrière mes cheveux noirs.
Elle m’avait souri, comme s’il ne s’était rien passé :
-Salut ! Comment tu t’appelles ?
J’avais répondu timidement :
-Ellia…
Elle avait souri en me répondant que c’était un joli prénom.
Je l’ignorais encore, mais je venais de faire la connaissance de celle qui serait ma confidente, ma protectrice, ma meilleure et seule amie pendant un an et demi.
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Les amitiés se brisent-elles ?
Chapitre 2 : Rentrée et retrouvailles...
Quand j’ai reçu ma lettre d’admission à Poudlard, nous n’étions pas surpris. Au contraire, mes parents n’attendaient que ça. Ils m’avaient envoyé à Maeve Queen car il était évident que j’avais hérité des gènes sorciers de mon père, donc le fait d’aller à Poudlard était une certitude. Ma mère était impatiente à l’idée de, pour reprendre ses paroles : « voir un hibou, un vrai ! C’est fou, quand même, qu’ils transportent le courrier ! »
Quand le hibou est arrivé, ça faisait exactement cinq mois que je n’avais plus revu Izzy. Je pensais souvent à elle. Je me demandais quelle erreur j’avais pu commettre pour qu’elle change si radicalement avant de partir. Un jour elle était là , plus vraiment elle-même mais présente quand même, et le lendemain elle était partie.
Mon père, enthousiasmé par l’arrivée du hibou, m’a amené au chemin de Traverse, et nous avons fait nos achats.
À partir de là , tout est allé très vite, et, du jour au lendemain, je me suis retrouvée à la gare, ma valise à la main, avec mes parents qui me disaient au revoir.
-Tu vas voir, ma chérie, ça va être génial. Les plus belles années de ta vie, me dit mon père.
Je hoche la tête. J’esquisse un faible sourire. Ils ont l’habitude, maintenant, de mon manque d’enthousiasme.
Ma mère me serre dans ses bras, me souffle qu’elle m’aimait, puis je me dirige vers le train.
Je monte, la tête baissée. Autour de moi, les autres se saluent, s’installent… Il y a un bruit pas possible. J’avance lentement, à la recherche d’un wagon pas trop animé, où je pourrais m’installer au calme. Je finis par en trouver un carrément vide : miracle.
J’y rentre donc et m’installe sur la banquette molletonnée, soulagée. Seulement, ma solitude ne dure pas longtemps : un garçon entre. Je relève les yeux vers le nouveau venu. Celui-ci me dit d’un air enjoué :
-Salut ! Je peux m’asseoir ici ?
Je hoche la tête en marmonnant un faible salut. Je le sais, je ne pourrais pas rester seule tout le trajet, il y a trop d’élèves. Celui-ci semble plutôt gentil, alors pourquoi pas ?
Il entre donc et s’installe à grand renfort de bruit. Il commence à me parler de tout et de rien, de sa vie, de comment il a hâte de découvrir le château. Il me dit que ses deux parents sont des moldus, je suis soulagée. J’apprends qu’il s’appelle Charly, que comme moi, il entre en première année. Je réponds brièvement à ses questions, mais il ne se laisse pas démonter. Je l’aime bien.
Une autre personne entre. Je relève de nouveau la tête, alors même que Charly la salue avec enthousiasme. La nouvelle venue a des cheveux blonds coupés courts et…
J’écarquille les yeux.
C’est Izzy.
Elle est là , devant moi. Je n’en crois pas mes yeux.
Je ne peux pas me retenir : j’en oublie ma timidité, je me lève d’un bond et je m’écrie :
-Izzy ?
Elle semble surprise. Je comprends soudainement qu’elle ne m’a pas reconnu. La peine et la honte m’assaillent, mais je dégage mes cheveux de mon visage, pour savoir si c’est juste ça. Charly s’est arrêté de parler. Je pense qu’il est surpris par mon éclat de voix soudain. Izzy, en face de moi, me détaille en plissant les yeux. Le cœur battant, j’attends qu’elle me reconnaisse. Elle va le faire, elle ne pas oublié, elle va me reco…
-Ellia ?
Je me tais, choquée par sa voix. C’est comme si les rôles s’inversaient. Sa voix est faible, son ton timide. Elle n’est plus là même. Ses joues ne sont plus aussi rouges, elle a coupé ses cheveux, elle se tient voûtée. Son état me serre le cœur. Mais que lui est-il arrivé ?
-Ça va ? Adrian est avec toi ?
Adrian est son frère jumeau. Il entre donc en première année en même temps que nous, et vu comment ils s’entendaient quand je les connaissaient, ils devraient être ensemble.
-Non, rétorque-t-elle d’un ton sec.
Je vois qu’elle s’est refermée. Elle va s’asseoir sans un mot et sort un livre. Je me rassois lentement. Je n’arrive pas à y croire.
Ni moi ni Charly n’osons plus dire un mot, et, quand le train démarre, je comprends que nous allons passer un trajet… tendu.
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Chapitre 3 : La Répartition
Nous sommes arrivés à Poudlard il y a peu. D’après ce que j’ai compris, nous attendons pour la répartition. Je suis un peu nerveuse, mais pas tant que ça. Mon père m’a répété tant et si bien que les maisons n’ont pas d’importance, qu’elles ne représentent pas réellement qui nous sommes, que je le prends un peu à la légère. Je me disais juste que ce serait sympa que Charly soit dans la même maison que moi, puisqu’il semble me considérer comme sa nouvelle meilleure amie. Ça me va, je l’aime bien et il ne semble pas avoir de mal à faire la conversation tout seul. Pile ce qu’il me faut, vu à quel point je reste silencieuse.
Charly me confie être nerveux, lui. Il me dit qu’il ne veut pas aller à Serpentard, parce que c’était apparemment là -bas que tous les sorciers dégénéraient. Je hausse les épaules.
On commence à nous appeler, par ordre alphabétique.
Je relève la tête quand Izzy est appelée (son nom de famille est Brown, donc elle passe parmi les premiers). Elle s’assoit sur le tabouret. Encore une fois, je suis surprise par son attitude renfermée et taciturne. Elle a vraiment changé. Que s’est-il passé ?
Izzy est envoyée à Gryffondor. Je ne suis pas surprise. On dit des Gryffondors qu’ils sont forts, honnêtes, courageux, et bienveillants. Tout ce qu’est Izzy, ou du moins tout ce qu’elle était.
Elle n’affiche aucune expression, ni joie ni dépit, et se contente de rejoindre sa table.
Aussitôt, tout passe très vite. C’est mon nom qui est appelé :
-Gordon Ellia !
Rattrapée par l’habitude, je baisse la tête en m’avançant, et je rougis de sentir tous ces regards sur moi. Heureusement, comme toujours, mon visage est caché par mes cheveux.
Je m’assois sur le tabouret, et on me pose le Choipeaux sur la tête. Aussitôt, j’ai l’impression d’entendre sa voix :
-Et bien… En voilà une timide !
Ce commentaire me fait rougir de plus belle. Il n’a pas tort, cependant. Je l’écoute réfléchir pendant encore quelques instants, puis il finit par trancher :
-SERDAIGLE !
Aussitôt, on me l’ôte de la tête. Je me lève et me dirige, après un coup d’œil encourageant à Charly, qui patiente toujours, vers la table de ma nouvelle maison.
Charly est finalement envoyé à Gryffondor. Je souffle, et me répète que ce n’est pas grave. Au mieux, je trouverais quelqu’un d’autre pour passer le temps dans les dortoirs, et au pire je serais seule.
Nous commençons à manger. Je suis estomaquée par la quantité de nourriture qui nous est proposée, cependant je n’ose pas trop me servir. Un élève plus vieux, installé non loin de moi, semble remarquer ma réserve et m’incite à me resservir. Si j’avais osé, je lui aurais répondu que je n’avais pas très faim, mais je me contente de me resservir.
Une fois le banquet terminé, nous nous levons. Les préfets nous conduisent jusqu’aux dortoirs, et nous indiquent les règles : les filles par-là , les garçons de l’autre côté… Ils nous disent également que nos bagages sont déjà arrivés. Parfait.
Je vais aussitôt me coucher, sans chercher à engager une conversation avec quelqu’un. La journée a été harassante, j’ai besoin de dormir.
Pourtant, une fois allongée dans mon lit, mes yeux refusent de se fermer, et je me contente de fixer le plafond. Le visage pâle et triste d’Izzy me hante.
Je n’ai pas vu Adrian à la Répartition. Je lui aurais bien demandé ce qui est arrivé à sa soeur, mais il n’est pas entré à Poudlard cette année. Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Il a redoublé ? Peut-être que c’est à cause de son absence qu’Izzy est comme ça… Oui, ça doit être ça, elle n’avait sûrement pas envie de rentrer à Poudlard sans lui.
Mais ça n’explique toujours a ce qu’il s’est passé il y a cinq mois… Au moins, maintenant, je l’ai retrouvé. Je vais pouvoir l’interroger. Oui, la prochaine fois que je la croiserai, je lui demanderai pourquoi elle m’a abandonné sans dire un mot.
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Les amitiés se brisent-elles ?
Ça fait deux jours que nous sommes arrivées à Poudlard. Je dois m’admettre impressionnée par le château. Les escaliers qui bougent, les portraits qui parlent… ça fait beaucoup. J’ai beau essayer de m’habituer et de me trouver une routine, j’ai encore du mal. Tout a tellement changé… Je me sens bien mieux à Poudlard qu’à Maeve Queen. Ici, je ne suis pas le mouton noir. Bon, ma solitude régulière peut faire tiquer, mais Charly rattrape le coup en venant s’asseoir à côté de moi dès qu’il peu. Je lui en suis reconnaissante.Chapitre 4 : Trouver le courage
Je crois que je parle un peu plus qu’avant. En tout cas avec Charly. Je me déride. Il me fait rire. Je me mets à comprendre que tous les gens autour de moi n’ont pas forcément envie de blesser les gens par leurs paroles. Je le pensais, autrefois.
J’ai croisé Izzy, bien sûr. Mais ce n’était jamais le bon moment pour lui parler. La plupart du temps c’était en cours, puisque nous ne sommes pas dans les mêmes maisons. J’étais assise, je la regardais entrer dans la salle de classe, j’espérais qu’elle vienne s’asseoir à côté de moi, comme avant, mais non, elle se contentait de passer devant moi sans un mot, et d’aller s’installer avant. Je l’ai vu dans les couloirs, aussi. Mais pareil, elle me dépassait sans m’accorder un regard pour moi, comme si j’étais une étrangère pour elle.
Je commence à me demander si elle se souvient encore de notre amitié.
-Tu m’écoutes ? demande Charly, assis en face de moi sur la table de la Bibliothèque.
Je sursaute, et me reconcentre sur lui.
-Je, euh…
Il ne se vexe pas, heureusement.
-C’est pas grave, m’assure-t-il avec un sourire. Dis moi juste, si tu veux que je me taise un peu.
Je lui souris doucement en retour.
-Ce n’est pas ça… J’aime bien quand tu parles, ça m’évite de le faire.
Il hausse les sourcils et se penche vers moi :
-Oh, mais je rĂŞve ou Ellia Gordon vient de faire une blague ?
Je baisse la tête, pour cacher mes joues rougissantes derrière mes cheveux, cependant je ne peux pas empêcher mon sourire de redoubler. Ça fait du bien.
Le lendemain, je croise de nouveau Izzy. Charly et moi sommes dans les couloirs, nous avançons jusqu’à notre prochain cours, l’Histoire de la magie. Je tiens mon livre serré contre ma poitrine. C’est là qu’Izzy débarque, en face de nous. Nous avançons à sens contraire, nous allons nous croiser. C’est bizarre, puisqu’Izzy est dans la même classe que nous, et qu’elle devrait aller au même endroit que nous.
Le temps paraît ralentir. Je voudrais tant l’arrêter… Je ralentis l’allure à mesure que nous nous approchons. J’ai raconté à Charly tout ce qu’il s’est passé entre nous deux, et à quel point je voudrais comprendre ce qu’il arrive à Izzy, aussi il se fait discret.
Elle est seule. C’est bizarre, elle qui a toujours été si sociable et ouverte, je ne l’ai pas vu avec d’autres gens depuis que nous sommes à Poudlard. Elle baisse la tête en me voyant.
C’est là que je comprends. Elle m’évite. Elle ne veut pas que je lui parle.
Je m’arrête, accusant le coup. Je ne sais pas quelle émotion domine, à cet instant.
La peine ? La colère ? La frustration ? Le doute ? La culpabilité ?
Je ne sais pas. Je ne sais pas, mais ça fait mal, de la voir fuir mon regard. Je ne veux plus de ça entre nous. Je vais lui parler. Maintenant.
Je dois trouver le courage de le faire, il le faut.
Alors qu’elle s’apprête à nous dépasser, j’attrape son bras. Elle se retourne. Je suppose que mon geste doit la surprendre, moi qui est toujours été si timide, si réservée… Mais qu’est-ce qu’il se passe, à la fin ? J’ai l’impression qu’on a échangé nos rôles.
Désormais, c’est moi qui souris en compagnie de mes amis, ou de mon ami en l’occurrence, et c’est elle qui baisse la tête quand on passe à côté d’elle.
Ça ne va pas. Je dois faire quelque chose, je ne supporte pas de la voir comme ça.
-Lâche moi, me demande-t-elle d’une voix presque inaudible, croisant à peine mon regard.
Si ça avait été la Izzy que je connaissais, la Izzy qui m’avait toujours protégée, elle m’aurait fusillée du regard de ses yeux si éclatants, et elle m’aurait ordonné, d’un ton plein d’énergie de la lâcher immédiatement. Elle l’aurait dit si fort que tous les regards se seraient tournés vers nous, et que j’aurais été hésitante, rendu apeurée par les yeux des autres sur nous. Et si malgré ça, je ne lui avais toujours pas obéi, elle aurait levé le menton, se serait tournée vers moi, et aurait répété d’un ton plus calme mais tout aussi fort : « lâche moi ». Et je l’aurais lâchée.
Mais elle n’en fait rien. Je ne la lâche pas, et seule Charly nous regarde. D’ailleurs, il semble comprendre que cette discussion que je recherche depuis des jours va être personnelle, alors il m’adresse un sourire, et me dit qu’il préviendra notre professeure que nous serions en retard.
Je hoche la tĂŞte et reporte mon regard sur mon ancienne meilleure amie.
-On doit parler, Izzy.
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Chapitre 5 : Enfin
Elle me regarde comme si j’étais folle. Sincèrement. J’ai l’impression qu’elle ne sait pas qui je suis.
Mon cœur se brise un peu plus dans ma poitrine.
-Je ne pense pas que ce soit nécessaire, marmonne-t-elle.
Elle tire sur son bras, histoire de me faire comprendre que je dois la lâcher. Je ne le fais pas.
-Bien sûr que si, je réplique.
Une pensée fulgurante me traverse soudain l’esprit : alors que j’ai gagné en assurance, elle en a perdu. Peut-être ne suis-je pas faite pour être avec elle… peut-être que je gagne ma propre confiance seulement loin d’elle ? Qu’elle sapait toute l’autorité que j’aurais pu avoir… Peut-être que nous ne sommes pas faîtes pour être amies.
Le doute m’envahit.
Mais l’instant d’après, elle répond :
-On a cours. On va ĂŞtre en retard.
Et moi, je relève les yeux vers son visage si familier. Ses cheveux blonds, ces lèvres boudeuses dont le sourire m’a donné la force de me lever chaque jour… Le doute s’efface aussi vite qu’il est venu. Izzy est et restera la meilleure amie que je n’aurais jamais.
-Comme si ça pouvait te faire quelque chose…
Je vois à son regard qu’elle sait aussi bien que moi que je l’ai coincée. Izzy n’en a jamais eu rien à faire, de ce que les autres pensaient, que ce soit les adultes ou les enfants. Ils pouvaient bien la punir, la brider, elle trouvait toujours un moyen de se libérer, de rompre ses chaînes. Et les miennes par la même occasion.
Je la connais trop bien pour qu’elle puisse m’avoir avec cette excuse. Quant à moi, actuellement, l’adrénaline et la détermination coule dans mes veines : je dois savoir ce qui a brisé Izzy comme ça. Ce n’est pas la perspective d’une punition qui va me faire peur.
Elle baisse les yeux. J’ai gagné. Je l’attire avec moi aux toilettes abandonnées. Elle me suit, sans un mot.
Une fois arrivées à destination, je m’autorise enfin à la lâcher.
-Izzy. J’ai besoin d’explications.
Quand elle relève la tête vers moi, ses beaux yeux bleu électriques sont pleins de larmes. Elle secoue la tête, et je vois sa lèvre inférieure trembler.
-Pas maintenant. Laisse moi du temps, dit-elle si bas qu’elle en chuchote.
Sa détresse me fait hésiter. De quel droit je lui fais mal comme ça ? S’il elle ne veut pas, c’est son choix après tout !
Mais…
-S’il te plaît, chuchoté-je sur le même ton.
… j’ai besoin de savoir pourquoi elle m’a abandonné.
Elle cède. Je le vois, parce que j’ai l’impression que la vie disparaît un peu plus dans ses yeux.
-Ok…
Je m’assois en tailleur par terre. Le cadre est trop intime et personnel pour que nous restions debout. Lentement, comme si elle voulez à tout prix retarder le moment de notre conversation, Izzy fait de même face à moi.
Je la regarde. Elle va se confier. Enfin.
-Je t’écoute.
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Elle soupire, puis prend une grande inspiration. Recommence. Et encore une fois. Je ne dis rien. Ce serait tout caché, elle ferait machine arrière, j’en suis sûre. Alors j’attends. Je la laisse prendre son temps.Chapitre 6 : Révélations
Mais avant que je le temps de me préparer, elle lance d’une voix neutre, comme si ça ne lui faisait rien.
-Adrian et mon père sont morts. Dans un accident de voiture.
Elle grimace.
-C’est une mort de moldus. Il n’y a que les moldus qui meurent aussi bêtement, et qui inventent des engins aussi stupides.
Elle ramène ses genoux contra sa poitrine et les entoure de ses bras.
-Je déteste les moldus.
Et moi… Moi je me noie dans cette révélation. Je me noie dans mes émotions, dans les siennes, dans l’horreur, la peine, les souvenirs.
Oh, comme ils font mal, les souvenirs. Ils se teintent de rouge. Ils prennent la lueur du passé. Je revois tout. Ça défile derrière mes pupilles, et ça me détruit. J’ai l’impression qu’on est en train de me fracasser le coeur avec un marteau, jusqu’à ce qu’il n’en reste que des miettes.
Je revois Adrian me protéger des insultes, lui aussi. Je revois les parents d’Izzy m’accepter à bras ouverts dans leur famille, m’en apprendre un peu plus sur la magie… Je revois son père me taquiner comme si j’étais sa propre fille. Adrian me faire un câlin pour mon anniversaire. Je revois la proximité des jumeaux. Je revois Izzy et Adrian se bagarrer en riant sur le canapé, pendant que ris à côté d’eux et que leur père secoue la tête, en riant lui aussi. Je revois Adrian penché par dessus l’épaule de sa sœur pour la conseiller sur un devoir. Je la revois en train de tirer sur la botte de son frère, coincé dans la boue, en me criant en riant d’aller chercher de l’aide.
Que d’insouciance… qui se transforme maintenant en douleur.
Si je n’avais pas vu cette sincérité bouleversante au fond de ses prunelles, j’aurais cru à une blague. Parce que ce n’est pas possible. Des vies ne peuvent pas s’éteindre ainsi, en silence, sans que je ne le sache.
Ce que ça fait mal…
Une larme coule sur ma joue, silencieuse.
Les yeux d’Izzy sont secs, en revanche. Je la retrouve, un peu. Comme toujours, elle est plus forte mentalement que moi.
-Izzy…
Je me tais. Que dire, après ça ? Elle ne devrait pas devoir affronter ça. Personne ne devrait affronter ça, surtout une enfant si jeune.
Mes mains se mettent à trembler, mes yeux s’humidifient pour de bon. Je ne sais plus quoi faire. Je suis perdue dans ce monde soudainement si froid, si sombre, si cruel. Est-ce qu’un être peut vraiment disparaître aussi facilement, comme la flamme d’une bougie sur laquelle on soufflerait ?
Je cherche la réponse dans ses yeux bleus, et je la vois : oui. Oui, ils sont morts, sans un bruit, sans une vague. Le monde ne s’en est pas retrouvé changé. Elle si. Notre relation avec.
Est-ce que la mort est capable de briser une amitié ? Est-ce que désormais Izzy m’associera à de trop mauvais souvenirs pour revenir vers moi ?
J’inspire. J’expire. Je suis en vie. Je suis encore en vie, moi. Pas comme eux. Eux ne sont plus là , et moi je continue à gonfler mes poumons. Mais je me rends compte que ça ne sert à rien. À quoi bon inspirer, si c’est pour expirer ensuite ?
Mon coeur se glace. Le torrent d’émotions dans ma tête, dans mon âme, détruit tout sur son passage. Je n’arrive plus à penser.
-Respire, me dit Izzy en face de moi.
Son ton calme me brise encore plus. Pourquoi est-ce elle qui me console ? De nous deux, c’est elle qui souffre le plus.
Et pourtant, non, seuls ses mots résonnant dans mon esprit me permettent de continuer à inspirer. Rien ne change. Mon corps n’en est pas chamboulé. Mais mon esprit, si.
Izzy hausse les épaules.
-Ça fait ça au début. Mais on s’habitue.
Non. Non, je n’y crois pas. Car non seulement ses yeux sont toujours hantés, mais en plus il est impossible de s’habituer à cette douleur que j’éprouve actuellement. On peut seulement apprendre à vivre avec elle, à cohabiter. Mais jamais elle ne vous quittera.
Mes larmes se mettent Ă couler.
Je n’arrive pas à parler. Mes lèvres tremblent, et refusent de m’obéir.
Et pourtant, pourtant, il faut impérativement que je brise ce silence glaçant :
-Izzy, je suis tellement désolée…
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