À la Recherche de l’Accord Perdu A.G

Mardi 26 mai 2050

Plus le temps passait plus l'atmosphère studieuse de l'école devenait étouffante. Partout les étudiants qui réalisaient qu'au retour des vacances les examens leur tomberaient dessus comme un Détraqueur fondrait sur un boursoufflet envahissaient les salles d'études, salons communs, bibliothèque et ça et là, les parterres, les couloirs, le moindre recoin de l'école. Aliosus méprisait ce comportement de panique puérile et cette cacophonie d'angoisse qui ne faisaient que démontrer leur manque de préparation. Cela ne lui donnait pour autant pas l'occasion de s'isoler, lui, pour poursuivre ses révisions entamées il y a de ça des mois, elles.

Il s'était porté, aujourd'hui, sur la salle de répétition qui s'était récemment trouvée particulièrement dépeuplée. Ici, il le savait, il pourrait trouver la solitude bienvenue. Ses doigts commencèrent à glisser sur les parchemins couverts de notes serrées et de formules annotées : conseils de visualisation, schémas de cycle de reproductions de créatures, rappels sur l’art subtil des Contre-Sorts... L'écriture dense et gothique du Serpentard défilait sous ses propres yeux, l'odeur vaguement métallique de l'encre s'infiltrait peu à peu dans ses narines. Il essayait de se plonger entièrement dans ces notes en se préservant de la pensée qu'il s'agisse des ASPICS, l'examen le plus important de sa scolarité ici, et qu'après cela...

Difficile de dire combien de temps il se perdit ainsi, cela pouvait autant être une poignée d'intenses minutes qu'une heure, il réalisa d'ailleurs cet état de fait et décréta une pause sans pour autant vérifier l'horloge. Il avait besoin de prendre du recul. Reculant sa chaise et contemplant les instruments autour de lui, il sentit un regret poindre doucement, celui de ne pas être capable de saisir l'un d'eux pour quelques notes, le temps d'une chanson ou d'un poème. Un jour s'était il toujours dit, il prendrait ce temps, mais quand ? Les années filaient et il n'était toujours pas capable d'aligner la moindre mélodie.

Il maitrisait autre chose. Sortant sa baguette, il allia la révision de sortilèges de haut niveau à sa pause. Il s'emplit de la vision de la salle pour projeter sa visualisation avec le plus de justesse possible. Il ferma les yeux. S'enfermant dans une bulle sensorielle, où seul le battement de son cœur perçait le silence. Puis il agita sa baguette avec la précision d'un chef d'orchestre.

« Deprehisio»

Il inspira profondément, et commença à sentir la magie s'enrouler autour de lui comme un voile latent fait de bruissements d'abord. Bientôt, le grincement d’un clapet de hautbois, puis le frôlement discret d’un archet sur une corde de violon, émergent du silence pour se glisser à son oreille. Ainsi a-t-on joué hier dans la salle. Il concentra son attention sur le violon, isolant les notes hésitantes qui dansaient encore dans l’air pour former une mélodie. Elle est hésitante, sautillante, trahissant la maladresse de mains débutantes. Aliosus note mentalement chaque inflexion, chaque décalage de tempo qu'il perçoit. Peu à peu la mélodie devient plus assurée à force de répétition. S'il s'intéressait aux élèves musiciens, il aurait probablement pu essayer de deviner l'auteur des notes.

La musique prit fin. Sans un regard en arrière, Aliosus reprit son parchemin et sa plume, prêt à replonger impitoyablement dans ses révisions. Pendant quelques instants pourtant, la tension généralisée de son corps s'était quelque peu adoucie.

@Amber Girt

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Mardi 26 mai 2050

Amber aimait bien se retrouver dans la salle de répétition, seule a elle-même.
À vrai dire, elle était souvent seule depuis son arrivée à Poudlard, et cette salle lui procurait une émotion de calme, comme si elle n'avait plus aucun problème.
Ses parents lui manquaient beaucoup, et son père était un fou du violon. Alors, quand pour la première fois, elle avait entendu des notes sortir de la porte, elle avait tout bonnement cru que son père était là, à côté d'elle, en train de jouer un air. Pourtant, elle savait que son père ne pouvait pas être à Poudlard, mais elle se laissa entrainer par la musique, un sentiment de solitude de plus en plus puissant entrant en elle a chaque note de plus.
Depuis cette première rencontre avec ce lieu qu'elle appelait désormais " La salle aux violons", Amber n'avait pas réussi à oublier ce moment privé qui avait eu lieu. Comme si, presque, elle était en osmose avec les violons.

C'est pour cela qu'elle y retourna une deuxième fois. Elle avait eu du mal à trouver la salle, cette fois : la douce mélodie n'était plus jouée et la première fois qu'elle était allez, c'était comme si elle s'était laissé porter jusqu'à la salle.
Elle arriva ainsi essoufflez, après avoir traversé un bon morceau du château, dans la Salle aux Violons. Ce jour-là, donc, aucune mélodie ne sortait de la porte. Néanmoins, Amber entendait un léger grattement de plume, puis un souffle et enfin un raclement de chaise. Curieuse, mais peureuse, elle hésita durant quelques minutes avant d'entre ouvrir la porte. Mais, juste après avoir pris ça décision, elle entendit de nouveau le son d'un violon, cette fois accompagné d'un haut-bois. La musique était maladroite, mais Amber ressentait toujours cette émotion qui s'était installée quand elle était à côté de cette salle.
Une bonne fois pour toutes, décidée, elle entra dans la Salle aux Violons, qu'elle n'eu pas le temps de contempler : la musique s'était soudainement arrêtée et Amber avait être prise au dépourvu par ce brusque silence. De plus, il n'y avait pas de musicien dans la salle… Il n'y avait d'ailleurs personne.

"criss criss" entendit-elle alors.

Elle sursauta et aperçu un jeune homme blond, le visage fermé et l'air sévère. Il était en train d'écrire sur un parchemin.

Prise de panique à l'idée qu'elle n'ait pas le droit d'être dans cette salle, Amber recula rapidement vers la porte. Trop rapidement.
Elle trébucha, cria et s'étala de tout son long sur le sol.
@Aliosus Nerrah

"Je ne veux plus jouer ce rôle, parce qu’on se soucie trop des autres et plus on s’en soucie, plus on a à perdre "
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Le Serpentard retourné à ses révisions était en train de relire les notes prises à propos de techniques avancées, trop avancées sans doute, inspirée par sa collaboration avec ses deux... comparses ? Ah, le mot semblait trop fade pour Macbeth, et outrageusement généreux pour Bristyle, ses deux Savantes Sorcières.
Il ne suffit pas, pour neutraliser un enchantement de Classe V ou supérieure, d’y opposer une force contraire ; il faut encore comprendre l’oscillation sous-jacente du flux magique qui le soutient. L’effet doit être disloqué non par attaque, mais par extraction ciblée de sa dynamique propre. Cela implique la reconnaissance immédiate du point focal d’incantation.
Cela faisait trois fois qu'il relisait ce passage pour essayer d'en extraire une version plus abordable. Il griffonnait laborieusement ses pensées.
Opposer une force contraire ≠ suffisant. logique de c/sort trop simpliste a ht niveaux. Penser en termes de déconstruction, pas annulation.
Extraction ciblée : précis° abs nécessaire, pas de dispers° énerg. Travailler Gest.
Le bruit soudain d'un cri déchira le voile de sa concentration de manière si brusque qu'il se trouvait déjà sur pied avant même sa fin, baguette à la main. Elle ne vibrait pas, signe qu'il n'était pas en danger, cela lui fit décrisper ses muscles d'un faible iota. Il se dirigea vers la source de la perturbation, à la fois silencieusement et prestement, comme des dizaines de rondes nocturnes le lui avaient appris.

La traque tourna vite court. Une Poufsouffle, de deuxième année peut être, piteusement avachie sur le sol. Quelle était donc cette passion pour la chute et la maladresse dans cette maison ? Cela lui fit se demander si Delphilia ou Bristyle avaient connu pareil moments embarrassant dans leurs premières années ici.

«Les instruments sont rangés de ce côté ci, articula-t-il à l'adresse de la jeune fille. Mais peut être faudra-t-il songer à manier un triangle avant de songer à quelque chose de plus fragile...»

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Amber, après sa chute, avait essayé de fuir en rampant, mais son idée était mal pensée, et après quelque coups de bras seulement, le jeune homme a l'air sévère était apparu a a côté d'elle.

"Oh non, non, non, NON" se criait Amber intérieurement.

L'homme devait faire deux bonnes têtes de plus qu'elle, et de ce qu'elle avait vu, il portait une robe verte, ce qui signifiait qu'il était un Serpentard. Or, d'après Amber, les Serpentards étaient les pires élèves de l'école : ils convoitaient tous la magie noire et détestait les autres maisons. C'était cet apriori qu'Amber avait sur la maison du Serpent, elle était donc totalement pétrifiée. Son dos commençait à lui faire mal, à force de rester sur le sol, mais elle n'osait pas relever la tête et risquer de croiser le regard du jeune homme. Celui-ci commença à parler des instruments qui étaient rangés à un endroit bien précis, et de triangle.

"Il se moque de moi là où je rêve ?" se demanda Amber

Malgré cet arrière pensé dans ça tête, elle répondit juste quelques mots en bafouillant

"Je ne suis pas euh une…une euh musicienne monsieur" dit-elle d'une vois étrangement haute.
"Je…a vrai dire enfin bon, je voulais écouter la musique voila tout… pas de triangle ou quoi que ce soit eum… Je voulais juste écouter les violons…" essaya-t-elle de se justifier

Puis, intérieurement cette fois, elle se dit :
"Je viens de l'appeler monsieur là ?!"

@Aliosus Nerrah

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Aliosus arqua un sourcil, lentement, sans se presser de répondre. Le spectacle qu’offrait la Poufsouffle au sol — petite, confuse, tremblotante — ne lui inspirait ni colère, ni mépris véritable. Plutôt une forme lasse d’exaspération, comme celle qu’on aurait pour un chaton entré par erreur dans une serre de Choux mordeurs de Chine.

Il rangea sa baguette.

«Peut être que cela est pour le mieux...»

Il la détailla rapidement, de haut en bas, d'un visage neutre, ses yeux froid découpant les détails dans son esprit comme par des coups de Diffindo. Prunelles vertes, coiffures, nez retroussé, tâches de rousseurs, désormais il saurait la reconnaître s'il devait la recroiser dans un couloir ou bien en bas d'un escalier. Elle devait avoir quoi, douze ans ? Treize à peine ? Trop jeune pour qu’il s’en formalise — et pourtant déjà trop bruyante. Avant que les secondes ne s'écoulent trop et créent un malaise encore plus grand, il inclina la tête avec un sourire en coin.

«Alors. Est-ce que tu vas rester par terre encore longtemps, ou comptes tu te relever et formuler une phrase complète ?»

Il aurait aimé s'en détourner, classer mentalement les informations dans un des rayons de son esprit où il rangeait chaque nom, chaque visage, chaque incident inutile, et reprendre immédiatement son travail, mais il avait des manières, c'est justement ce qui le distinguait, lui, sang-pur, du comportement simiesque de ceux qui étaient appelés avec beaucoup trop de générosité ses "camarades".

Il offrit une main miséricordieuse à la fâcheuse Poufsouffle.

«Et ne m'appelle pas monsieur. Tu me vieillis.»

@Amber Girt, je te présente mes excuses pour mon retard (et le comportement d'Aliosus :lol: )

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Amber était sûre qu'elle devait être ridicule, recroquevillé comme ça sur le sol.
Mais elle ne contrôlait que rarement ses émotions, et elles avaient pris le dessus une fois de plus.

La peur s'était emparé d'elle, a la vue du grand blond, craignant une retenue ou une expulsion. La salle était peut-être interdite aux élèves ?

Le Serpentard n'était pas si grand que ça, mais il la dépassait tout de même et durant un court instant, elle avait cru qu'il était un adulte.

Son stress s'était néanmoins réduit quand elle avait compris qu'il était un élève, mais un doute planait toujours. Probablement allait-il l'amener chez la directrice ? Il n'avait pas l'air commode, presque habitué à martyriser les petits nouveaux. À moins que c'était la peur qui la faisait halluciner ?

Le blond prit la parole, soulignant le fait qu'Amber ait été incapable de prononcer une phrase complète durant tout le long de leur échange, si on pouvait toutefois appeler les quelques bribes de phrases lancées auparavant un échange. Il mentionna aussi le fait qu'elle était restée sur le sol durant tous ce temps.

Tétanisée, elle n'avait toujours pas osé se relever. Mais était-elle vraiment obligée de se mettre de bout ? Et puis, le sol pouvait avoir des côtés agréables, comme… Eum…l'extrême propreté ?

Elle jeta un regard autour d'elle. Là et là, ils y avaient des légères taches. Le sol n'était pas si propre que ça. Elle releva la tête vers le Serpentard, qui avait tendu sa main vers elle.

Ella l'a pris à contrecœur, sachant qu'un moment gênant elle s'ensuivre. Et puis, elle ne voulait pas paraitre malpolie. Le Serpentard ne l'avait pas envoyé chez la directrice. Pas encore. Il allait peut-être change d'avis si elle n'acceptait pas son aide, elle ne regretta donc pas son acte.

Tandis qu'Amber tapotait sa robe pour se débarrasser de potentielles saletés, le blond lança :

«Et ne m'appelle pas monsieur. Tu me vieillis.»

Il était vrai que l'appeler Monsieur avait été ridicule, mais le mal était fait. Essayant de calmer sa peur, elle répondit :

"Merci pour…euh…ta main… Tu…tu ne vas pas m'envoyer dans le bureau de madame Montmort ? Pour ma défense, je voulais juste écouter les violons et…"

Elle se tut. Elle avait déjà expliqué pourquoi elle était ici. Elle racontait vraiment tout et n'importe quoi.

@Aliosus Nerrah pas de problème pour l'attente !

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Aliosus ne pressa pas la Poufsouffle pour attraper sa main. Son bras demeura tendu dans l’air quelques instants, immobile, comme s’il lui accordait une faveur. Quand enfin ses doigts tremblotants saisirent les siens, il l’aida d’un geste fluide, précis, sans douceur inutile mais sans brutalité non plus, et la remit debout comme s'il s'était agit d'un oisillon perdu. Il lâcha sa main sans cérémonie, comme s’il venait de tenir un objet fragile qu’il n’avait aucun désir de garder.

Il s’écarta d’un pas, rangeant déjà ce bref incident dans les marges de son esprit. Ses yeux froids retombèrent sur le parchemin ouvert sur la table, la plume abandonnée à côté, comme si l'interruption de la Poufsouffle n’avait été qu’une note de bas de page dans le cours normal de sa révision. Pourtant, il parla encore, d’une voix calme, parfaitement modulée, sans chercher à croiser son regard.

« Tu n’as rien à craindre ici, si ce n’est ta propre maladresse...»
Un temps. Le froissement du parchemin sous ses doigts accentuait le silence.
« Sache néanmoins que tu choisis bien mal tes lieux pour errer. Nous sommes à Poudlard, et ici les salles vides sont rarement aussi désertées que tu l’espères, j'en fais l'expérience en ce moment même... Tu as un nom j'imagine ? Ou resteras tu dans mon esprit comme "la jeune Poufsouffle mélomane" ?» Tout en parlant il retournait à ses notes, commençant déjà à diviser son attention entre plusieurs tâches, exercice exigeant auquel il s'astreignait de plus en plus pour gagner en efficacité.

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