Les écrits valent mieux que les mots
LUNDI 20 JUIN 2050
AU RETOUR DU POUDLARD EXPRESS, VOIE 9 3/4
@Stella Ruewen
TW:langage vulgaire
AU RETOUR DU POUDLARD EXPRESS, VOIE 9 3/4
@Stella Ruewen
TW:langage vulgaire
La foule n'arrivait pas à se disperser. Chaque année, c'était la même chose. Bien que tout le monde savait pertinemment qu'il fallait rentrer chez soi, tous les élèves s'efforçaient de rester pour étaler leur énième émoi à l'idée de devoir attendre tout l'été pour retrouver leurs camarades. Mais il n'y en avait pas un, pas un pour entamer la marche, misère. Enfin, si, l'un d'entre eux le faisait. D'ordinaire. À peine le train arrêté, Orion avait pour habitude de récupérer sa malle le plus vite possible, la traîner derrière lui comme si c'était un vulgaire sac à patates et fuir le vacarme de fin d'année scolaire comme s'il s'agissait de la peste. Et cette année n'aurait pas fait exception s'il ne s'était pas donné la mission stupide de traverser la marée humaine dans un but bien précis. Bien trop lentement, il avait récupéré ses biens et il était à présent piégé entre les parents en larmes à l'idée de retrouver leur enfant après une année d'absence et les étudiants trop accrochés à leurs amitiés liées durant l'année. Quel enfer...
Alors qu'il naviguait parmi ses camarades, Orion se souvenait pertinemment pourquoi il ne s'attardait jamais d'habitude. Quelle perte de temps. Pourquoi s'infligeait-il ça, déjà ? Ah oui. Il cherchait quelqu'un. Quelqu'un ? Stella. Il n'aurait su trop dire quelle mouche l'avait piqué pour entreprendre une aventure si grotesque, mais maintenant qu'il était acculé sur la voie 9 3/4, il ne pouvait plus réellement reculer. Bougeon, il scanna la foule d'un œil las tout en la traversant. L'été étant à leurs portes, il faisait encore relativement jour pour un début de soirée, lui faisant garder espoir qu'il pourrait la repérer aisément. Tu vas jamais la retrouver..., se souffla-t-il à lui-même. Poudlard renfermait bien trop d'élèves, ç'en était navrant.
« Oh mais poussez-vous » pesta-t-il contre deux élèves qui en prenaient la place de dix — sans exagération, aucune.
Toi, pousse-toi aussi. Il bousculait toute personne qui osait se dresser sur son chemin sans aucune vergogne, comme si cela lui était dû. Il ne prit même pas en compte les quelques regards mauvais que certains lui jetèrent, bien trop aborbé par sa propre volonté. Robotique, il dirigeait ses yeux vers toute chevelure qui pouvait ressembler à celle de l'Etoile, longue et noire. En cet instant, il ressemblait plus à un agent de sécurité cherchant à contrôler les identités qu'à un réel élève. Tire-toi ! Son regard était virulent pour quiconque ne ressemblait pas au physique de l'Aiglonne. Mais elle semblait introuvable. Le Soleil devait être jaloux, parce que rien n'expliquait qu'il n'arrivait pas à trouver son Etoile — n'étaient-elles pas celles qui aidaient les marins à naviguer de par leur position reconnaissable entre mille, après tout ?
Orion commençait sérieusement à être plombé. Il souffla de frustration, au bord de l'abandon. Allez, tu dois bien être quelque part. Lui qui n'avait même pas demandé à la trouver la première fois, se retrouvait à devoir forcer le destin pour ne serait-ce qu'espérer la croiser. Non mais al-. Oh. Elle était là. Le cœur d'Orion rata un battement à sa vue. Pas un battement qui faisait parmi de ceux qu'il loupait à cause d'un rythme cardiaque trop brutalisé. Un simple battement, honnête et pur, qu'il ne pourrait jamais récupérer. Il se stoppa net, l'observant, se faisant bousculer par quelques autres passants — l'ironie du sort. Elle attendait près d'une colonne que sa famille arrive ou, du moins, il le supposait. Un petit chat l'accompagnait, il ne semblait pas complètement à l'aise face au vacarme ambiant. Orion le comprenait. Son attention, toutefois, se reporta rapidement sur la jeune fille. Il déglutit à sa vue. Non pas parce qu'elle l'intimidait, plutôt par dégoût de lui-même pour ce qu'il s'apprêtait à faire. Faiblard. Il secoua la tête à cette pensée, décidant de l'ignorer ouvertement et reprit sa marche, avançant tout droit vers elle.
« Stella ! » l'interpella-t-il, lui faisant un geste de la main pour qu'elle sache d'où venait la voix qui s'adressait à elle.
Sa lourde malle derrière lui, il arriva à sa hauteur.
« Je te cherchais. »
Il l'admit comme on admet qu'il fait beau, sans se cacher. C'était presque suspect, venant de lui. Mais connaissant son passif avec Stella, peu de choses pouvait encore la surprendre. Du moins, c'est ce qu'elle pouvait croire.
« Ça a été, le trajet, tout ça... ? » commença-t-il nerveusement, sur un ton mi-fatigué, mi-sérieux.
Sa jambe gigotait un peu, trahissant son agitation. Automatiquement, son regard se baissa vers sa bouche, mais les rayons du Soleil caressant ses lèvres pulpeuses lui rappela rapidement que leur rencontre nocturne n'était qu'un lointain souvenir, un rêve, ou bien encore un cauchemar, si on comptait sur le fait qu'elle la hantait jour et nuit. Réveille-toi, merde. Il secoua la tête, relevant les yeux vers ses perles bleues océan, déstabilisantes. Il prit une profonde inspiration puis se concentra, s'ancrant sur le sol une bonne fois pour toute.
« J'ai quelque chose pour toi » admit-il finalement.
Sa main plongea dans la poche de son jean pour en ressortir un papier plié soigneusement en quatre. Essayant de masquer sa gêne, il le tendit brusquement vers elle, les yeux concentrés sur les siens pour ne pas risquer de voir s'il tremblait ou pas. Il se sentait comme un idiot. Pourquoi n'arrivait-il pas à reproduire l'assurance qu'il avait eue lors de leur première rencontre ? Probablement parce qu'il était en train de commettre un acte inédit pour lui. Mais encore, cela avait été le cas ce soir-là aussi, alors qu'y avait-il de différent ?
« Ne la lis pas tout de suite » s'empressa-t-il de dire pour accompagner son geste. « Enfin, pas ici, ni aujourd'hui. Bon, si, aujourd'hui tu peux. Juste... pas maintenant » bafouilla-t-il. « Il y a mon adresse en-bas de la page. »
Sa gorge était sèche et sa voix, rauque. Le papier, qui était en fait une lettre, portait le mot Stella sur son devant, écrit gracieusement par la main d'Orion. C'était donc ça. Il se dévoilait à elle avec ses mots. Lui qui n'était pas du genre à coucher ses émotions sur le papier, voilà qu'il le faisait. Pour elle. Elle lui avait sacrément bousculé le cerveau.
« Écris-moi. »
J'espère que ce premier écrit de ce nouveau chapitre te convient !
1053 mots — j'admets que pour un premier poste, j'étais plutôt inspirée...
Dernière modification par Orion Blackburn le 9 sept. 2025, 00:39, modifié 1 fois.
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Bout De Laitue à ses heures perdues...
Les écrits valent mieux que les mots
20/06/2050
arrivée à Londres
~
arrivée à Londres
~
*Argh, trop d'bruit* Ce fut la première pensée d'Etoile lorsqu'elle émergea du Poudlard Express, son éternelle sacoche passée en travers de son corps frêle et courbatturé du voyage, et la poignée de la cage de Shadow fermement serrée dans sa main. A l'intérieur, le félin avait le poil hérissait et il feulait à quiconque s'approchait trop près – c'est à dire qu'il ne cessait d'émettre des grondement de félin contrarié, et ce sans interruption en raison du flot d'élève dans lequel ils évoluaient. Elle se tendit aussitôt, le cœur battant et la respiration saccadée. « Ouais je sais, y a beaucoup trop d'monde » grommela-t-elle à son compagnon poilu, toute aussi incommodée par l'agitation que lui. De nouveau, elle regretta de ne pas pouvoir rester au château pour l’Été. Si seulement elle avait une échappatoire, un refuge inconnu de sa famille et qui serait prêt à l'accueillir à bras ouvert, dans une étreinte tiède et réconfortante. Elle souffla, se fit bousculer et s'étouffa avec sa propre respiration. Elle aurait juré que, quelque part dans un des confins de sa tête, un rire sournois et moqueur avait résonné. *Trop d'bruit et trop d'monde* soupira-t-elle en massant son plexus douloureux. Évidemment, les deux allaient presque toujours de pair.
Elle avait quitté Astrid et Elena juste à la sortie du train, après les avoir remercié pour ce trajet sympathique en leur compagnie, elle leur avait souhaité timidement de passer des bonnes vacances, puis elle s'était empressée d'aller chercher sa malle, désireuse d'éviter de se retrouver prise dans la masse des Semblables. Sans trop de surprises, la jeune Serdaigle n'était pas la seule à avoir eu cette idée, et elle s'était presque immédiatement retrouvée noyée dans la Foule.
Certains élèves restaient en groupe pour discuter entre eux, se remémorer les meilleurs moments de leur année et essayer de grappiller un peu plus de temps ensemble avant de devoir se séparer pour l'Eté ; à l'inverse, d'autres tentaient vaillamment de fendre la Masse d'Humains pour s'éloigner définitivement de la gare ; les parents et familles, souriants, en larmes, ou cherchaient frénétiquement leur progéniture dans la masse ; les malles claquaient sur le sol, des chouettes et hiboux hululaient, des chats et rats exprimaient leur mécontentement de se retrouver en cage ; beaucoup de rires et de sourires se mêlaient à des larmes et des reniflements – probablement des élèves de 7eme Année qui venaient de clore leur dernière année à Poudlard ; etc. Tout cela formait une sorte de brouhaha insupportable qui agressait les oreilles et le cerveau de Stella, au point qu'elle commençait à sentir l'une de ses fameuses migraines pointer le bout de son nez. *Bon dieu mais quelle horreur..* se désola-t-elle. Elle savait qu'elle ferait mieux de se trouver un coin relativement tranquille pour laisser le temps à sa petite sœur – Maliah – de la retrouver, voire peut-être même leus cousins, puis ils iraient ensemble à la rencontre de leurs parents, après avoir retraversé la barrière magique de la Voie 9 3/4. C'était le plan, ce qu'elle avait prévu de faire. Mais la Serdaigle se sentait piégée et oppressée. Immobile, elle avait l'impression que ses pieds s'étaient enfoncés dans le béton du quai, l'empêchant de faire n'importe quel mouvement basique.
*Allez Stella, bouge !* s'encouragea-t-elle mollement, les dents serrées et le regard affolé. Par tous les diables comme elle haïssait les endroits bondés et bruyants comme ça, c'était probablement l'un de ses pires cauchemars. Si seulement elle le pouvait, la sorcière passerait sa vie à transplaner pour éviter de se retrouver dans des situations comme celle-ci. Malheureusement, le permis de transplanage ne pouvait se passer qu'à partir de la Cinquième Année – si elle était bien renseignée – et ce n'était pas encore pour tout de suite. Etoile frissonna en songeant que l'année suivante, elle entamerait sa Quatrième Année d'étude à Poudlard. Et elle serait plus vieille qu'Aydan de 1 an. Cette pensée lui fit froid dans le dos, et elle regretta aussitôt d'y avoir songé. *Allez, j'dois sortir d'ici* Mouais, plus facile à dire qu'à faire.
Mais il fallait bien essayer – si elle ne voulait pas finir piétinée par la Foule.
Alors, au prix de ce qui lui parut être un effort surhumain, la jeune Aigle força ses jambes à s'activer et à extirper son Enveloppe hors du chaos dans lequel elle était ancrée. « Tout va bien mon pote, j'vais nous sortir d'ici » affirma-t-elle à Shadow d'une voix hésitante. Qui cherchait-elle vraiment à convaincre et à rassurer, du matou recroquevillé dans sa cage ou d'elle-même ? *Hrmf* Ouais, après lui avoir jeté un coup d’œil, elle constata son chat s'en sortait définitivement mieux qu'elle. La respiration haletante, les battements de cœur effrénés et les jambes tremblantes de Stella ne que venaient qu'appuyer ses pensées. *Par Merlin c'est pas possible qu'il y ait autant d'élèves à Poudlard !* pesta-t-elle en effectuant quelques pas de danse profondément ridicules pour éviter de percuter une nouvelle vague d'élèves – pour sa défense c'était loin d'être aisé de trimballer un matou en colère, une énorme malle bien trop lourde et une besace assez chargée en plus de sa propre personne.
Péniblement, Etoile se fraya un chemin jusqu'à une colonne dont les environs étaient encore assez calmes. Sitôt que ses yeux l'avaient trouvé, elle s'était dirigée droit sur lui – ne s'excusant même pas auprès des personnes qu'elle avait percutées en chemin. Soulagée de pouvoir s'arrêter, elle rangea sa malle le plus près possible du poteau pour qu'elle ne soit pas dans le passage, elle retira sa sacoche de son corps et la cala entre ses pieds au sol, puis elle s'appliqua à poser la cage de Shadow en équilibre sur sa malle pour lui ouvrir et le laisser respirer un peu plus librement. « Tu t'sens mieux mon grand ? » lui demanda-t-elle dans un sourire léger en caressant son pelage noir et doux comme rien d'autre au monde. Il ronronna et se frotta contre sa main avec affection. « C'est c'que j'pensais, moi aussi... » En effet, sa panique était descendue d'un cran, mais Stella la sentait couver dans sa poitrine. Elle décida que si Maliah ne la rejoignait pas dans les 10 minutes à suivre, elle traverserais la barrière magique sans elle. Hors de question de rester là à poireauter pendant des heures. *Allez...* s'impatienta-t-elle.
Soudain, son prénom traversa le vacarme de la Foule pour venir s'échouer sur elle. Stella ! Elle haussa un sourcil surpris et fit face à la masse des élèves pour distinguer parmi eux celui qui venait de crier son nom. C'était lui, évidemment. Orion. Qui d'autre ? Qui d'autre que lui aurait bravé cet océan tempétueux pour venir jusqu'à elle ? Un sourire doux illumina son visage tandis qu'elle le regardait venir jusqu'à elle.
Quand il fut arrivé à son niveau, la Serdaigle prit le temps de l'observer – c'était plus fort qu'elle, elle aimait trop détailler son visage et essayer de lire dans son regard ce qu'il avait envie de lui dire. Aujourd'hui, en ce début de soirée de juin, il semblait assez agité. Ou nerveux ? *Hm, étrange.* Silencieuse, elle attendit qu'il explique les raisons de sa présence avant de prendre la parole, préférant garder une main sur Shadow au cas où il se sentait soudain d'humeur à sauter sur le garçon.
Il s'enquit d'abord de son ressenti sur le trajet, puis il se coupa tout seul et s'agita quelques secondes. *Mais qu'est-ce qu'il fait ?* s'interrogea-t-elle, les sourcils froncés, son angoisse revenant à la charge. Confuse, son esprit ne s'éclaira que lorsqu'il lui tendit un papier plié qui portait son prénom – Stella – écrit d'une écriture agréable à lire. *Tiens ?* Il lui expliqua maladroitement qu'il s'agissait de son adresse.
Son adresse ? Etoile manqua de s'étouffer avec sa salive, au comble de l'étonnement. Écris-moi. *Hein ?*
Incertaine de ce qu'elle venait d'entendre, elle cligna plusieurs fois des yeux, laissa son regard faire des aller-retours entre le visage d'Orion et la lettre, puis s'arrêta sur ses yeux, cherchant à deviner la supercherie. Et voilà, Méfiance revenait à la charge. Ça ne ressemblait pas à Orion, pas du tout. Et pourtant, au vu de son agitation et de son visage froissé, il ne semblait pas se moquer.
– Oh, euh...hey ? Mon trajet s'est bien passé, merci... répondit-elle maladroitement. J'étais avec des filles de ma promo, euh je..j'espère que le tien aussi s'est bien passé ?
Cela lui paraissait ridicule d'ignorer plus longtemps le papier soigneusement plié qu'il lui tendait. Alors elle décida de s'en saisir, retirant sa main du félin pour accorder sa pleine attention à Orion.
– T'é...t'écrire ? Avec plaisir, bredouilla-t-elle.
Quelque chose n'allait pas avec elle, c'était flagrant. Serrant le papier contre son coeurs, Stella sentit son souffle se bloquer dans sa gorge. Ses veines palpitaient et ses mains tremblaient violemment. *Oh non* Elle n'allait tout de même pas faire une crise d'angoisse là, maintenant, en plein milieu de la gare et face à Orion ? Si ? Si. *Trop d'monde, trop d'bruit, trop de tout* Elle déglutit difficilement, peinant à retrouver la parole. *Allez, essaye...*
– ...
Echec. La sorcière prit une inspiration haletante, sentant ses yeux la picoter. L'électricité dans l'air avant l'arrivée de la pluie, elle savait reconnaitre cette sensation entre toutes. *Nan..* Tant pis pour son amour-propre, il lui faudrait le mettre de côté pour l'instant. Tendant une main tremblante vers Orion, gardant l'autre pressée sur la lettre toujours appuyée sur son cœur, elle lui demanda son soutien par les yeux.
– Je...je..pas bien, panique, aide-moi, articula-t-elle en sentant les larmes lui monter aux yeux. S'il te plait.
@Orion Blackburn, ici au moins il ne devrait pas y avoir de problème
Ce début est parfait (sauf pour Stella apparemment hehe) !
~1604 mots, ça commence bien
Ce début est parfait (sauf pour Stella apparemment hehe) !
~1604 mots, ça commence bien
15 ans / 4eme Année RP / fiche PR / / #004d65 / RDD / coucou rappeltout
"Am I boring ? Sure. Social skills ? None. But I’m loyal if you feed me and will never leave you cuz, well…. I need the food."
"Am I boring ? Sure. Social skills ? None. But I’m loyal if you feed me and will never leave you cuz, well…. I need the food."
Les écrits valent mieux que les mots
Ri-di-cule.
Orion s'en voulait terriblement. Donner une lettre à Stella... Non mais puis quoi encore ? Lui offrir un cadeau ? Lui lécher les basques ? Attendre son prochain ordre, comme un petit chiot ? Il se serait bien giflé cent fois si ça lui permettait de récupérer un centième de sa dignité. Mais à présent, elle avait disparu. Pouf. Introuvable, noyée, envolée. Il repoussait l'envie irrépressible de faire une boule de papier de sa missive pour la jeter sous les rails. Là, au moins, l'Etoile ne pourrait pas la lire. Ce ne serait qu'un lointain souvenir, une mauvaise passe, et il pourrait reprendre ses bagages, la saluer et s'éloigner bien loin d'elle.
Mais Orion avait parlé trop vite, avait dégainé la lettre avec beaucoup trop d'angoisse pour qu'elle passe outre. Il venait de se damner tout seul, comme un grand, et il se sentait ridicule. Toujours ce mot, pesta-t-il. Qu'est-ce qui lui avait donné l'idée de faire ça, déjà ? Foutu banquet de fin d'année, il savait qu'il n'aurait pas du y aller. Il aurait du simuler une maladie ou une migraine. Après tout, c'était ce qu'il ressentait à présent. De la nausée. Mais non. À peine avait-il aperçu la jeune fille sur le banc de la tablée d'en face qu'il savait au plus profond de lui qu'il n'aurait pas pu passer son été à ne pas savoir ce qu'il en était d'elle. Il l'avait finement observée de loin, et même encore quelques semaines après leur rencontre, elle tournait dans sa tête comme un murmure obsédant, un écho qu'il n'arrivait à faire taire. Foutue insomnie. C'était à cause d'elle qu'il se tenait là. À cause d'elle qu'il avait, après le banquet, pris du papier de parchemin, s'était assis à une table de sa salle commune, alors déserte, et avait commencé à rédiger un bout de papier pour l'Etoile.
'Bonjour Stella' ? Non, trop cordial. 'Salut' ? Non mais ça va pas ? Et puis quoi encore ? 'Yo belle gosse' ? Il ne fallait pas abuser. 'Chère Etoile'. Oui, ça, ça devait aller, probablement. Et puis, il avait progressé sur le papier, essayant d'être aussi concis et sincère que possible. La lettre comprenait mille-et-une ratures et quelques tâches d'encre mais, une fois arrivé à la fin, il n'avait pas eu la foi de recommencer. Stella allait devoir se contenter de son premier jet. Tout simplement, elle allait devoir se contenter de lui, de ses pensées, brutes et franches, comme ces dernières lui étaient venues. Il avait ensuite ponctué la lettre de son prénom et de son adresse. Il l'avait soigneusement pliée en quatre, puis l'avait signé des six petites lettres qui composait le prénom de l'Aiglonne. Et maintenant ?
Sa main était tendue vers elle, le papier en main. La balle était dans le camp de l'Etoile. Pourtant, durant tout le trajet qui l'avait ramené à la gare de King's Cross, il avait tourné et retourné la scène dans sa tête. Il avait hésité à le faire. De nombreuses fois. Mais pour une raison qu'il ignorait, il n'avait pas abandonné. Peut-être aurait-il mieux fait de le faire. Il se serait évité bien des malheurs, il en était sûr. Mais d'un autre côté, il n'était plus surpris. L'Etoile faisait ressortir les tâches sombres du tableau d'Orion, les parties inexplorées qu'il aurait bien laissées enfouies à jamais dans les tréfonds de son âme. C'était ainsi que fonctionnait leur jeu. Ainsi que, petit à petit, elle enlevait les couches qui le composait, sans parfois même s'en rendre compte. Et aujourd'hui, aujourd'hui Orion avait perdu une partie de leur jeu. Comme un enfant à qui on n'avait pas expliqué les règles, il s'était jeté dans la gueule du loup. Le souci était qu'il connaissait les règles et qu'il avait délibérément perdu. Ridicule.
Au moins, elle avait paru stupéfaite. Les yeux ébahis, elle avait accueilli ses mots avec méfiance. Il trouva dans sa réaction un peu de réconfort. Bien que l'Etoile avait gagné un petit bout de leur partie, elle ne s'en rendait pas encore compte. C'était déjà ça de pris. Comme la veille, il caressait son visage de son regard, appréciant la découvrir d'un peu plus près sous la lumière. Ses tâches de rousseur ressortaient et ses joues rougies lui donnait un air gêné. Les yeux hésitants, elle avait répondu à ses questions bancales comme si elle voulait éviter le bout de papier qu'il lui tendait. Il aurait bien aimé qu'elle le jette elle-même sous les rails. Mais elle n'en fit rien. Après lui avoir retourné sa question, elle s'en était saisi. Merde. Désormais, il ne tenait vraiment plus les rênes. Stella avait entre ses mains les pensées du garçon et il avait l'impression qu'elle venait d'arracher une partie de son âme. Il retint son souffle et ne le relâcha qu'au moment où elle accepta de répondre à son écrit.
Ensuite, le silence. La stupéfaction ? Le dégoût ? L'angoisse ? Orion n'était pas certain de l'émotion qui virevoltait dans l'air, mais Stella, elle, semblait au bord des larmes. La lettre du garçon contre son cœur, il ne savait si c'était parce qu'elle se délectait de le voir se dérober ainsi ou si c'était parce qu'elle souhaitait chérir ce qu'il venait de lui offrir. Une voix lui souffla que cela n'avait rien à voir à la façon dont elle avait du mal à reprendre son souffle. Baissant ses yeux vers ses mains, il s'aperçut qu'elle tremblait. Violemment. Cela lui fit froncer les sourcils. Jetant un coup d'œil vers son chat, il l'interrogea du regard. Qu'est-ce qu'elle a, l'affreux ? Mais ce dernier n'avait d'yeux que pour sa maitresse. Orion décida d'en faire de même. Il n'était pas certain s'il devait s'inquiéter ou pas, mais quand il finit par plonger les yeux dans les siens pour sonder ce qui se trâmait dans son esprit, il comprit que quelque chose ne filait définitivement pas droit.
Panique. Panique ? La main tremblante de Stella essayait de l'atteindre et ce dernier écarquilla les yeux. Mais panique de quoi ? De lui ? Venait-il de provoquer ça ? Non, non, non. Ce n'était même pas l'objectif recherché, que faisait-elle ?
Aide-moi.
Il déglutit aussi fort qu'elle. Orion n'était doué que pour quatre choses : reconnaître les fleurs, user de sa baguette en Sortilèges et en cours de Défenses Contre les Forces du Mal, rire au nez des gens et ignorer la terre entière. Mais prendre soin des autres en détresse ? Très peu pour lui. Il était bien plus doué pour les repousser. La main de Stella atteignit son torse et lui, il atteignit presque un aussi gros état de panique que la jeune fille. Merde, je suis pas médicomage, moi ! Elle haletait sous ses yeux, complètement paniquée, les pupilles révulsées par l'angoisse.
« Euh, euh... »
Il prit sa main dans la sienne, puis regarda avec urgence autour de lui pour voir si quelqu'un ne pouvait pas venir l'aider. Mais plus le temps avançait, plus la foule se dispersait et il y avait de moins en moins d'adulte à disposition. Comprenant que ça allait se jouer entre lui et lui, il reporta son attention sur la jeune fille. Il n'avait aucune idée de quoi faire. Personne n'expliquait comment gérer ça, dans ses bouquins. Du moins, pas ceux qu'il lisait. Est-ce qu'elle était en train de mourir ? De souffrir ? S'il pouvait aisément répondre à sa dernière question, il n'avait cependant aucune foutue idée de comment abréger ses souffrances. Alors, il fit ce qui lui parut naturel.
Agrippant son autre main de celle qui lui restait, il les serra toutes deux fermement entre ses doigts, tentant d'arrêter ses tremblements. Puis, inspirant et expirant grandement, avec des gestes exagérés, il fit en sorte que leurs mains l'accompagnent dans son mouvement.
« Inspire, expire. »
Inspire. Il aspira une grande bouffée d'air dans ses poumons, ses yeux verouillés dans les siens, sa main montant avec son torse qui se gonflait. Expire. Il lui souffla sur le visage pour qu'elle puisse se caler sur son rythme, la main redescendant au fur et à mesure que ses poumons se vidaient. La main d'Orion qui était sur le torse de la jeune fille pouvait sentir son cœur battre à tout rompre. Les sourcils froncés, inquiet, il passa son regard d'une pupille à l'autre de la jeune fille pour voir si elle se détendait. Sentant que son souffle ralentissait, il continua son stratagème bancal.
« Voilà, comme ça. Doucement... » murmura-t-il.
Il ne se rendit même pas compte d'à quel point son visage était proche du sien tant il était concentré sur leurs respirations. Elles commençaient lentement à se caler l'une sur l'autre. Mais lorsque le parfum de la brune parvint à ses narines, alors il réalisa leur proximité. S'il n'avait pas pour mission de la calmer, son souffle aurait pu se couper.
« Mince » crâna-t-il. « Je savais pas que j'avais cet effet-là. »
@Stella Ruewen, pauvre Orion encore dans tous ses états... Je me suis bien amusée à écrire cette suite
1481 mots — misère...
Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
Bout De Laitue à ses heures perdues...
Orion s'en voulait terriblement. Donner une lettre à Stella... Non mais puis quoi encore ? Lui offrir un cadeau ? Lui lécher les basques ? Attendre son prochain ordre, comme un petit chiot ? Il se serait bien giflé cent fois si ça lui permettait de récupérer un centième de sa dignité. Mais à présent, elle avait disparu. Pouf. Introuvable, noyée, envolée. Il repoussait l'envie irrépressible de faire une boule de papier de sa missive pour la jeter sous les rails. Là, au moins, l'Etoile ne pourrait pas la lire. Ce ne serait qu'un lointain souvenir, une mauvaise passe, et il pourrait reprendre ses bagages, la saluer et s'éloigner bien loin d'elle.
Mais Orion avait parlé trop vite, avait dégainé la lettre avec beaucoup trop d'angoisse pour qu'elle passe outre. Il venait de se damner tout seul, comme un grand, et il se sentait ridicule. Toujours ce mot, pesta-t-il. Qu'est-ce qui lui avait donné l'idée de faire ça, déjà ? Foutu banquet de fin d'année, il savait qu'il n'aurait pas du y aller. Il aurait du simuler une maladie ou une migraine. Après tout, c'était ce qu'il ressentait à présent. De la nausée. Mais non. À peine avait-il aperçu la jeune fille sur le banc de la tablée d'en face qu'il savait au plus profond de lui qu'il n'aurait pas pu passer son été à ne pas savoir ce qu'il en était d'elle. Il l'avait finement observée de loin, et même encore quelques semaines après leur rencontre, elle tournait dans sa tête comme un murmure obsédant, un écho qu'il n'arrivait à faire taire. Foutue insomnie. C'était à cause d'elle qu'il se tenait là. À cause d'elle qu'il avait, après le banquet, pris du papier de parchemin, s'était assis à une table de sa salle commune, alors déserte, et avait commencé à rédiger un bout de papier pour l'Etoile.
'Bonjour Stella' ? Non, trop cordial. 'Salut' ? Non mais ça va pas ? Et puis quoi encore ? 'Yo belle gosse' ? Il ne fallait pas abuser. 'Chère Etoile'. Oui, ça, ça devait aller, probablement. Et puis, il avait progressé sur le papier, essayant d'être aussi concis et sincère que possible. La lettre comprenait mille-et-une ratures et quelques tâches d'encre mais, une fois arrivé à la fin, il n'avait pas eu la foi de recommencer. Stella allait devoir se contenter de son premier jet. Tout simplement, elle allait devoir se contenter de lui, de ses pensées, brutes et franches, comme ces dernières lui étaient venues. Il avait ensuite ponctué la lettre de son prénom et de son adresse. Il l'avait soigneusement pliée en quatre, puis l'avait signé des six petites lettres qui composait le prénom de l'Aiglonne. Et maintenant ?
Sa main était tendue vers elle, le papier en main. La balle était dans le camp de l'Etoile. Pourtant, durant tout le trajet qui l'avait ramené à la gare de King's Cross, il avait tourné et retourné la scène dans sa tête. Il avait hésité à le faire. De nombreuses fois. Mais pour une raison qu'il ignorait, il n'avait pas abandonné. Peut-être aurait-il mieux fait de le faire. Il se serait évité bien des malheurs, il en était sûr. Mais d'un autre côté, il n'était plus surpris. L'Etoile faisait ressortir les tâches sombres du tableau d'Orion, les parties inexplorées qu'il aurait bien laissées enfouies à jamais dans les tréfonds de son âme. C'était ainsi que fonctionnait leur jeu. Ainsi que, petit à petit, elle enlevait les couches qui le composait, sans parfois même s'en rendre compte. Et aujourd'hui, aujourd'hui Orion avait perdu une partie de leur jeu. Comme un enfant à qui on n'avait pas expliqué les règles, il s'était jeté dans la gueule du loup. Le souci était qu'il connaissait les règles et qu'il avait délibérément perdu. Ridicule.
Au moins, elle avait paru stupéfaite. Les yeux ébahis, elle avait accueilli ses mots avec méfiance. Il trouva dans sa réaction un peu de réconfort. Bien que l'Etoile avait gagné un petit bout de leur partie, elle ne s'en rendait pas encore compte. C'était déjà ça de pris. Comme la veille, il caressait son visage de son regard, appréciant la découvrir d'un peu plus près sous la lumière. Ses tâches de rousseur ressortaient et ses joues rougies lui donnait un air gêné. Les yeux hésitants, elle avait répondu à ses questions bancales comme si elle voulait éviter le bout de papier qu'il lui tendait. Il aurait bien aimé qu'elle le jette elle-même sous les rails. Mais elle n'en fit rien. Après lui avoir retourné sa question, elle s'en était saisi. Merde. Désormais, il ne tenait vraiment plus les rênes. Stella avait entre ses mains les pensées du garçon et il avait l'impression qu'elle venait d'arracher une partie de son âme. Il retint son souffle et ne le relâcha qu'au moment où elle accepta de répondre à son écrit.
Ensuite, le silence. La stupéfaction ? Le dégoût ? L'angoisse ? Orion n'était pas certain de l'émotion qui virevoltait dans l'air, mais Stella, elle, semblait au bord des larmes. La lettre du garçon contre son cœur, il ne savait si c'était parce qu'elle se délectait de le voir se dérober ainsi ou si c'était parce qu'elle souhaitait chérir ce qu'il venait de lui offrir. Une voix lui souffla que cela n'avait rien à voir à la façon dont elle avait du mal à reprendre son souffle. Baissant ses yeux vers ses mains, il s'aperçut qu'elle tremblait. Violemment. Cela lui fit froncer les sourcils. Jetant un coup d'œil vers son chat, il l'interrogea du regard. Qu'est-ce qu'elle a, l'affreux ? Mais ce dernier n'avait d'yeux que pour sa maitresse. Orion décida d'en faire de même. Il n'était pas certain s'il devait s'inquiéter ou pas, mais quand il finit par plonger les yeux dans les siens pour sonder ce qui se trâmait dans son esprit, il comprit que quelque chose ne filait définitivement pas droit.
Panique. Panique ? La main tremblante de Stella essayait de l'atteindre et ce dernier écarquilla les yeux. Mais panique de quoi ? De lui ? Venait-il de provoquer ça ? Non, non, non. Ce n'était même pas l'objectif recherché, que faisait-elle ?
Aide-moi.
Il déglutit aussi fort qu'elle. Orion n'était doué que pour quatre choses : reconnaître les fleurs, user de sa baguette en Sortilèges et en cours de Défenses Contre les Forces du Mal, rire au nez des gens et ignorer la terre entière. Mais prendre soin des autres en détresse ? Très peu pour lui. Il était bien plus doué pour les repousser. La main de Stella atteignit son torse et lui, il atteignit presque un aussi gros état de panique que la jeune fille. Merde, je suis pas médicomage, moi ! Elle haletait sous ses yeux, complètement paniquée, les pupilles révulsées par l'angoisse.
« Euh, euh... »
Il prit sa main dans la sienne, puis regarda avec urgence autour de lui pour voir si quelqu'un ne pouvait pas venir l'aider. Mais plus le temps avançait, plus la foule se dispersait et il y avait de moins en moins d'adulte à disposition. Comprenant que ça allait se jouer entre lui et lui, il reporta son attention sur la jeune fille. Il n'avait aucune idée de quoi faire. Personne n'expliquait comment gérer ça, dans ses bouquins. Du moins, pas ceux qu'il lisait. Est-ce qu'elle était en train de mourir ? De souffrir ? S'il pouvait aisément répondre à sa dernière question, il n'avait cependant aucune foutue idée de comment abréger ses souffrances. Alors, il fit ce qui lui parut naturel.
Agrippant son autre main de celle qui lui restait, il les serra toutes deux fermement entre ses doigts, tentant d'arrêter ses tremblements. Puis, inspirant et expirant grandement, avec des gestes exagérés, il fit en sorte que leurs mains l'accompagnent dans son mouvement.
« Inspire, expire. »
Inspire. Il aspira une grande bouffée d'air dans ses poumons, ses yeux verouillés dans les siens, sa main montant avec son torse qui se gonflait. Expire. Il lui souffla sur le visage pour qu'elle puisse se caler sur son rythme, la main redescendant au fur et à mesure que ses poumons se vidaient. La main d'Orion qui était sur le torse de la jeune fille pouvait sentir son cœur battre à tout rompre. Les sourcils froncés, inquiet, il passa son regard d'une pupille à l'autre de la jeune fille pour voir si elle se détendait. Sentant que son souffle ralentissait, il continua son stratagème bancal.
« Voilà, comme ça. Doucement... » murmura-t-il.
Il ne se rendit même pas compte d'à quel point son visage était proche du sien tant il était concentré sur leurs respirations. Elles commençaient lentement à se caler l'une sur l'autre. Mais lorsque le parfum de la brune parvint à ses narines, alors il réalisa leur proximité. S'il n'avait pas pour mission de la calmer, son souffle aurait pu se couper.
« Mince » crâna-t-il. « Je savais pas que j'avais cet effet-là. »
@Stella Ruewen, pauvre Orion encore dans tous ses états... Je me suis bien amusée à écrire cette suite
1481 mots — misère...
Dernière modification par Orion Blackburn le 19 août 2025, 21:27, modifié 1 fois.
Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
Bout De Laitue à ses heures perdues...
Les écrits valent mieux que les mots
Sentir son cœur déraper, sa respiration se couper et ses muscles tressaillir, c'étaient des sensations tristement connues de la jeune fille. Pourtant, depuis cette année, elle avait fini par les associer au garçon. Elle s'était habituée à sentir son corps s'emballer et prendre peur, paniquer et s'étouffer dès qu'elle était à proximité de lui. Elle avait accepté les sursauts, les sourires en coin, les clins d'œil, les blagues et frôlements. En revanche, elle se refusait toujours de paraitre faible face à lui, de se briser un peu plus sous le poids de son regard et la douceur froide de ses gestes et sourires. Etoile se l'était promis, elle ne cèderait plus. N'est-ce pas ? Mais alors que faisait-elle ici, debout dans cette immense gare, une lettre soigneusement serrée dans sa main, les yeux scintillants de larmes jamais versées, l'âme brisée par une Vie trop douloureuse à porter, le corps parcouru de secousses violentes. Que faisait-elle face à lui, ce garçon dont elle connaissait si peu, noyée dans son regard sombre réconfortant, envoutée par son parfum entêtant ? Pourquoi était-ce vers lui que sa main s'était avancée en quête d'un soutien solide, d'une étreinte ou simplement d'un sourire ? Comment avait-il fait pour qu'elle en vienne à le supplier pour de l'aide ?
Sa main tremblante atteignit le corps d'Orion, et aussitôt ses propres muscles se détendirent. Cette fois, elle n'était pas seule. Il allait l'aider, la sauver, la tirer de là. Elle en était certaine, et cette simple pensée l'aida à faire refluer la panique qui menaçait de l'engloutir. Obnubilée par les traits de son visage, elle ne put décoller son regard de lui – même lorsqu'il la délaissa un instant pour balayer la gare de ses yeux, cherchant probablement de l'aide. *Non, regarde-moi je t'en prie...* C'était tout ce dont elle avait besoin. Qu'il la regarde et qu'il vienne la sauver.
Etait-elle entrain de mourir ? Et si ses poumons explosaient ? Et si son cœur la lâchait ? Et si son corps abandonnait et qu'elle s'effondrait par terre, là, devant Orion ? Oh non. Non... Non, non, non, surtout pas. Il fallait qu'elle se reprenne, qu'elle serre les dents et bloque son souffle dans sa gorge, il fallait qu'elle- *Oh ?* La main du garçon vint envelopper la sienne et il verrouilla leurs regards. Elle en aurait pleuré de soulagement – quitte à sacrifier le peu d'amour propre qui lui restait. Parce que le monde, trop grand, trop bruyant, trop effrayant, et trop envahissant, avait disparu. Il ne restait plus que lui, le Chasseur du Ciel, et elle, l'Etoile. Ici, où sa frêle silhouette était protégée par la stature plus imposante du garçon, on les cris ne pouvaient s'élever plus haut que la voix d'Orion, où ses prunelles n'étaient pas agressées par les lumières et les couleurs, trop absorbées par celles de son camarade, ici, elle était en sécurité. C'était une étrange certitude qu'elle avait finit par sentir fleurir au creux de sa poitrine, celle qu'elle ne courrait jamais aucun danger tant qu'elle serait avec Orion. Jamais il ne le permettrait, elle le savait, elle le sentait. Et il ne lui ferait jamais de mal. Il ne le savait pas encore, mais Etoile lui avait offert tout son Etre, tout ce qu'elle avait à donner. En faisant ça, elle s'était rendue vulnérable et mise à nue – si jamais il venait à la trahir elle n'était pas certaine de pouvoir y survivre – mais elle ne regrettait rien. Elle savait qu'il ne chercherait jamais à la blesser, tout comme elle savait qu'elle lui confierait sa vie sans hésiter.
Soudain la voix d'Orion s'éleva et vint faire taire le vacarme incessant qui vivait dans la tête de la jeune fille. Sa voix était comme une corde qui venait s'enrouler autour de sa taille pour la hisser hors des abysses dans lesquelles elle était entrain de sombrer, pour la tirer loin des démons qui lui grignotaient la santé et lui bousillaient le quotidien. Le simple son de sa voix était salvateur.
Inspire, expire. *Inspire. Expire.* Et rebelote. Elle en oublia l'endroit où elle se trouvait, les gens qui circulaient autour d'eux, son corps courbatu par le voyage, les larmes froides sur ses joues, la tristesse de quitter Poudlard, sa famille qu'elle devait retrouver, et même Shadow qui miaulait d'inquiétude à côté d'eux. Doucement, sa respiration se mêla avec celle du garçon jusqu'à se caler dessus. Sa panique s'évapora comme la lune sous la clarté du soleil, la tension dans son corps fondit comme une guimauve dans un chocolat chaud et les pleurs échoués sur ses joues se tarirent comme les Mots pendant une étreinte réconfortante. Tout ça grâce à lui, à ses sourires et son rire – si rare soit-il – à ses mains douces sur elle et à sa voix magique. Quelle humiliation tout de même, d'être aussi sensible à un Autre. De se sentir perdre ou retrouver le contrôle aussi facilement, simplement sous l'injonction d'un Semblable. Dieux. Oui, elle lui confierait sa vie, et elle sauverait la sienne sans hésiter. Ne serait-ce que pour continuer de l'entendre rire encore une fois, pour guérir son cœur d'enfant blessé, son âme qui avait vieillie trop vite.
Elle était prête à se briser sur lui ne serait-ce que pour le faire sourire.
Il avait posé la main sur son cœur, et au fur et à mesure que la jeune fille reprenait le contrôle, elle espérait qu'il ne sentait pas les battements s'affoler – et encore moins que c'était à cause de sa peau sur la sienne. Lui qui lui avait fait découvrir le vertige de se trouver proche d'un Autre, il continuait de la torturer avec son parfum, sa gueule parfaite et son caractère joueur et bien trempé. Quelle merde. Si elle avait été en contrôle d’elle-même, la Serdaigle aurait soupiré et elle se serait moquée d’elle-même. Si elle avait été en pleine possession de ses moyens, elle aurait soutenu le regard d’Orion avant de rosir et de lui demander en bougonnant à quoi diable il avait bien pu penser lorsqu’il avait décidé de lui confier une lettre et son adresse. Sérieux, c’était un nouveau jeu ?
Alors que sa respiration se stabilisait et que son corps cessait de trembler, les lèvres du Chasseur s’incurvèrent d’un mince sourire tandis qu’il l’a raillait. Même pas vexée, Etoile se contenta de sourire faiblement en essayant difficilement de déglutir, la gorge sèche. « Imbécile », marmonna-t-elle en secouant légèrement de la tête, le sourire aux lèvres. « Tu m'fais bien plus d'effet qu'ça », maugréa-t-elle à voix basse, ne se souciant pas qu'il puisse l'entendre. Les battements de son cœur avaient retrouvé un rythme normal. Le danger était passé, elle sentait qu'elle avait retrouvé le contrôle. Manifestement, il l'avait également senti puisqu'il retira sa main d'elle et recula un peu, remettant de l'espace entre eux. Il arracha sa chaleur à la jeune fille, emportant avec lui son contact rassurant et son odeur familière. *Non !*
Son corps bougea de lui-même. Alors qu'il s'écartait d'elle, Stella ne le laissa pas s'échapper et se raccrocha à lui, se jetant dans ses bras. Elle le sentit se figer brièvement. « Laisse-moi rester encore un peu comme ça » souffla-t-elle les yeux clos, les bras passés derrière la nuque du garçon. Les lèvres tremblantes, elle espérait qu'il n'allait pas la repousser, la détacher de lui de force. Elle avait encore besoin d'un peu de temps, d'un endroit pour se cacher le temps de reprendre ses esprits et de se recomposer un sourire présentable. Le temps de se bricoler un visage avenant que la Société attendait qu'elle présente. « Garde-moi près de toi juste encore un peu, s'il te plait » murmura-t-elle, la gorge nouée. Tiens, est-ce qu'elle pleurait ? Elle lova son visage dans le vêtement d'Orion, songeant qu'elle n'avait jamais été si faible et pathétique. Que ses grands-parents la tueraient s'ils la voyaient dans une telle position de faiblesse, désespérément accrochée à un Autre. Mais son corps avait atteint son maximum, elle n'aurait pu contenir plus d'émotions. Alors, ne valait-il pas mieux qu'elle craque en présence d'Orion ? Après tout, elle était certaine d'être en sécurité avec lui. Il ne permettrait pas qu'elle ait mal. N'est-ce pas ?
– Je t'écrirais, c'est promis, lâcha-t-elle. Et toi tu...tu promets de..de..de ne pas me blesser ? poursuivit-elle en se sentant rosir, quelques larmes s'échappant de ses yeux. De pas me lâcher ? souffla-t-elle, la voix douloureuse. S'il te plait....?
Derrière, Shadow – qui semblait en avoir marre de se faire oublier – poussa un petit miaulement plaintif et bondit sur l'épaule d'Etoile. Le visage toujours enfoui dans le t-shirt du garçon, elle laissa échapper un petit rire léger en sentant son compagnon à poil réclamer son attention, très probablement frustré qu'Orion accapare l'attention de sa maitresse.
Sa main tremblante atteignit le corps d'Orion, et aussitôt ses propres muscles se détendirent. Cette fois, elle n'était pas seule. Il allait l'aider, la sauver, la tirer de là. Elle en était certaine, et cette simple pensée l'aida à faire refluer la panique qui menaçait de l'engloutir. Obnubilée par les traits de son visage, elle ne put décoller son regard de lui – même lorsqu'il la délaissa un instant pour balayer la gare de ses yeux, cherchant probablement de l'aide. *Non, regarde-moi je t'en prie...* C'était tout ce dont elle avait besoin. Qu'il la regarde et qu'il vienne la sauver.
Etait-elle entrain de mourir ? Et si ses poumons explosaient ? Et si son cœur la lâchait ? Et si son corps abandonnait et qu'elle s'effondrait par terre, là, devant Orion ? Oh non. Non... Non, non, non, surtout pas. Il fallait qu'elle se reprenne, qu'elle serre les dents et bloque son souffle dans sa gorge, il fallait qu'elle- *Oh ?* La main du garçon vint envelopper la sienne et il verrouilla leurs regards. Elle en aurait pleuré de soulagement – quitte à sacrifier le peu d'amour propre qui lui restait. Parce que le monde, trop grand, trop bruyant, trop effrayant, et trop envahissant, avait disparu. Il ne restait plus que lui, le Chasseur du Ciel, et elle, l'Etoile. Ici, où sa frêle silhouette était protégée par la stature plus imposante du garçon, on les cris ne pouvaient s'élever plus haut que la voix d'Orion, où ses prunelles n'étaient pas agressées par les lumières et les couleurs, trop absorbées par celles de son camarade, ici, elle était en sécurité. C'était une étrange certitude qu'elle avait finit par sentir fleurir au creux de sa poitrine, celle qu'elle ne courrait jamais aucun danger tant qu'elle serait avec Orion. Jamais il ne le permettrait, elle le savait, elle le sentait. Et il ne lui ferait jamais de mal. Il ne le savait pas encore, mais Etoile lui avait offert tout son Etre, tout ce qu'elle avait à donner. En faisant ça, elle s'était rendue vulnérable et mise à nue – si jamais il venait à la trahir elle n'était pas certaine de pouvoir y survivre – mais elle ne regrettait rien. Elle savait qu'il ne chercherait jamais à la blesser, tout comme elle savait qu'elle lui confierait sa vie sans hésiter.
Soudain la voix d'Orion s'éleva et vint faire taire le vacarme incessant qui vivait dans la tête de la jeune fille. Sa voix était comme une corde qui venait s'enrouler autour de sa taille pour la hisser hors des abysses dans lesquelles elle était entrain de sombrer, pour la tirer loin des démons qui lui grignotaient la santé et lui bousillaient le quotidien. Le simple son de sa voix était salvateur.
Inspire, expire. *Inspire. Expire.* Et rebelote. Elle en oublia l'endroit où elle se trouvait, les gens qui circulaient autour d'eux, son corps courbatu par le voyage, les larmes froides sur ses joues, la tristesse de quitter Poudlard, sa famille qu'elle devait retrouver, et même Shadow qui miaulait d'inquiétude à côté d'eux. Doucement, sa respiration se mêla avec celle du garçon jusqu'à se caler dessus. Sa panique s'évapora comme la lune sous la clarté du soleil, la tension dans son corps fondit comme une guimauve dans un chocolat chaud et les pleurs échoués sur ses joues se tarirent comme les Mots pendant une étreinte réconfortante. Tout ça grâce à lui, à ses sourires et son rire – si rare soit-il – à ses mains douces sur elle et à sa voix magique. Quelle humiliation tout de même, d'être aussi sensible à un Autre. De se sentir perdre ou retrouver le contrôle aussi facilement, simplement sous l'injonction d'un Semblable. Dieux. Oui, elle lui confierait sa vie, et elle sauverait la sienne sans hésiter. Ne serait-ce que pour continuer de l'entendre rire encore une fois, pour guérir son cœur d'enfant blessé, son âme qui avait vieillie trop vite.
Elle était prête à se briser sur lui ne serait-ce que pour le faire sourire.
Il avait posé la main sur son cœur, et au fur et à mesure que la jeune fille reprenait le contrôle, elle espérait qu'il ne sentait pas les battements s'affoler – et encore moins que c'était à cause de sa peau sur la sienne. Lui qui lui avait fait découvrir le vertige de se trouver proche d'un Autre, il continuait de la torturer avec son parfum, sa gueule parfaite et son caractère joueur et bien trempé. Quelle merde. Si elle avait été en contrôle d’elle-même, la Serdaigle aurait soupiré et elle se serait moquée d’elle-même. Si elle avait été en pleine possession de ses moyens, elle aurait soutenu le regard d’Orion avant de rosir et de lui demander en bougonnant à quoi diable il avait bien pu penser lorsqu’il avait décidé de lui confier une lettre et son adresse. Sérieux, c’était un nouveau jeu ?
Alors que sa respiration se stabilisait et que son corps cessait de trembler, les lèvres du Chasseur s’incurvèrent d’un mince sourire tandis qu’il l’a raillait. Même pas vexée, Etoile se contenta de sourire faiblement en essayant difficilement de déglutir, la gorge sèche. « Imbécile », marmonna-t-elle en secouant légèrement de la tête, le sourire aux lèvres. « Tu m'fais bien plus d'effet qu'ça », maugréa-t-elle à voix basse, ne se souciant pas qu'il puisse l'entendre. Les battements de son cœur avaient retrouvé un rythme normal. Le danger était passé, elle sentait qu'elle avait retrouvé le contrôle. Manifestement, il l'avait également senti puisqu'il retira sa main d'elle et recula un peu, remettant de l'espace entre eux. Il arracha sa chaleur à la jeune fille, emportant avec lui son contact rassurant et son odeur familière. *Non !*
Son corps bougea de lui-même. Alors qu'il s'écartait d'elle, Stella ne le laissa pas s'échapper et se raccrocha à lui, se jetant dans ses bras. Elle le sentit se figer brièvement. « Laisse-moi rester encore un peu comme ça » souffla-t-elle les yeux clos, les bras passés derrière la nuque du garçon. Les lèvres tremblantes, elle espérait qu'il n'allait pas la repousser, la détacher de lui de force. Elle avait encore besoin d'un peu de temps, d'un endroit pour se cacher le temps de reprendre ses esprits et de se recomposer un sourire présentable. Le temps de se bricoler un visage avenant que la Société attendait qu'elle présente. « Garde-moi près de toi juste encore un peu, s'il te plait » murmura-t-elle, la gorge nouée. Tiens, est-ce qu'elle pleurait ? Elle lova son visage dans le vêtement d'Orion, songeant qu'elle n'avait jamais été si faible et pathétique. Que ses grands-parents la tueraient s'ils la voyaient dans une telle position de faiblesse, désespérément accrochée à un Autre. Mais son corps avait atteint son maximum, elle n'aurait pu contenir plus d'émotions. Alors, ne valait-il pas mieux qu'elle craque en présence d'Orion ? Après tout, elle était certaine d'être en sécurité avec lui. Il ne permettrait pas qu'elle ait mal. N'est-ce pas ?
– Je t'écrirais, c'est promis, lâcha-t-elle. Et toi tu...tu promets de..de..de ne pas me blesser ? poursuivit-elle en se sentant rosir, quelques larmes s'échappant de ses yeux. De pas me lâcher ? souffla-t-elle, la voix douloureuse. S'il te plait....?
Derrière, Shadow – qui semblait en avoir marre de se faire oublier – poussa un petit miaulement plaintif et bondit sur l'épaule d'Etoile. Le visage toujours enfoui dans le t-shirt du garçon, elle laissa échapper un petit rire léger en sentant son compagnon à poil réclamer son attention, très probablement frustré qu'Orion accapare l'attention de sa maitresse.
@Orion Blackburn, et pouf, me voici !
J'ose espérer que le Pas te plaira, j'ai l'impression que ma pauvre Stella est très émotive !
(dommage pour Orion, ça ressort sur lui hehe)
~1467 mots, catastrophe...
J'ose espérer que le Pas te plaira, j'ai l'impression que ma pauvre Stella est très émotive !
(dommage pour Orion, ça ressort sur lui hehe)
~1467 mots, catastrophe...
15 ans / 4eme Année RP / fiche PR / / #004d65 / RDD / coucou rappeltout
"Am I boring ? Sure. Social skills ? None. But I’m loyal if you feed me and will never leave you cuz, well…. I need the food."
"Am I boring ? Sure. Social skills ? None. But I’m loyal if you feed me and will never leave you cuz, well…. I need the food."
Les écrits valent mieux que les mots
D'aussi loin qu'il s'en souvenait, Orion n'avait jamais été un fanatique d'astronomie. Il pouvait cependant parfois se surprendre à regarder le ciel, en journée comme en soirée. Toutefois, il y avait une beauté époustouflante qu'il ne pouvait retirer à la nuit. Une fois le soleil couché, l'univers s'offrait à lui, chaleureux, dévoué, sans vraiment demander quelque chose en retour. Il le faisait avec générosité, parce qu'il savait qu'il représentait quelque chose de plus grand. Et parfois, la vue du ciel étoilé pouvait lui couper le souffle, sans qu'il ne se l'avoue réellement. Sa splendeur inouie, inégalée et inégalable, était bien l'une des seules choses qu'il savait qu'il ne pourrait jamais surpasser. Assez égoïstement, il se plaisait à penser que son prénom était un signe qu'il était également destiné à de grandes choses. Mais s'il arrivait à se regarder dans une glace sans un halètement, il n'arrivait cependant pas à ne pas sentir son cœur se serrer en se rendant compte qu'il ne représentait qu'un grain de riz dans l'empleur du monde quand son regard se posait sur le cosmos.
Et pour ça, l'Etoile portait bien son nom.
Caressée par les dernières lueurs du jour et laissant la gêne colorer ses joues, elle n'avait jamais été aussi resplandissante. Son visage toujours aussi près du sien, elle lui coupait le souffle, comme la nuit. Il pouvait observer ses petites tâches de rousseur qui parcouraient sa peau, de manière irrégulière et désordonnée mais qui, pourtant, prenaient tout leur sens sur ses pommettes et son nez. Comme un langage qu'il aurait aimé savoir déchiffrer, il les passait en revue une par une, se sentant presque capable d'y prendre des heures pour toutes les mémoriser. Sa respiration, qu'il avait exagérée pour pouvoir calmer celle de la jeune fille, était revenue à la normale mais se bloquait parfois quand quelques neurones se reconnectaient pour lui rappeler de la proximité de son visage avec le sien. Pourtant, il ne semblait pas encore assez conscient pour se retirer.
En réalité, Orion était presque absorbé par le plaisir malsain de se dire que c'était lui qui l'avait mise dans un tel état et, comme un chevalier blanc, l'avait tout aussitôt calmée. Mais ces pensées furent vite envolées quand ses yeux rencontrèrent ses pupilles qui cessaient doucement d'être dilatées, reprise par le calme qu'il avait réussi à lui ramener. Ce qui était plutôt curieux, par ailleurs. Orion avait plutôt tendance à déclencher des tempêtes plutôt qu'à les apaiser. Mais comme l'Etoile n'aimait pas ses tendances et qu'elle était plutôt du genre à les inverser, il n'était pas vraiment surpris d'avoir été l'antidote de son angoisse. D'une certaine manière, ça lui plaisait, bien qu'il aurait préféré s'en cacher. Mais quand elle avoua qu'il lui faisait bien plus d'effet qu'il ne le pensait, il ne put réprimer un rictus amusé, presque béat tout en haussant un sourcil. Toutefois, les mots de l'Aiglonne en finit de raviver son cerveau qui, se rendant compte de leur proximité, et décidant qu'elle semblait assez apaisée pour qu'il arrête de s'en soucier, le fit s'éloigner, un peu gêné d'avoir détaillé son visage avec tant d'attention.
Il se racla la gorge et, lachant ses mains, embarrassé, il se redressa, brisant pour de bon leur contact. Un peu de décence, voyons. Pourtant, Stella semblait avoir d'autres plans. Mais qu'est-ce qu- Son cœur rata un battement. Comme un aimant à qui l'on a retiré sa moitié, elle se jeta automatiquement vers lui, nouant à nouveau leur deux corps dans une étreinte maladroite. Surpris par son acte inattendu, Orion sentit ses muscles se tendre comme un arc, les bras figés le long de son corps. Laisse-moi rester encore un peu comme ça. Accrochée à son cou comme une poupée de chiffon, il n'eut le cœur à la séparer de lui. Ou bien était-il encore un peu trop sur le choc pour faire quoique ce soit ? Il n'était pas vraiment sûr. Quoiqu'il en était, il resta immobile encore quelques secondes avant de faire le moindre mouvement.
« Euh... »
Était-ce vraiment une bonne idée de la garder ainsi près de lui ? N'ouvrait-il pas une nouvelle vanne capable de libérer de nouvelles couleurs sur son tableau qu'il essayait tant bien que mal de garder sous scellé ? Ses pensées filaient à la vitesse de l'éclair, débattant de si, oui ou non, il devait l'écarter de ses bras. Après tout, il lui avait donné sa lettre, elle était calmée. En somme, il avait accompli tout ce qu'il avait souhaité accomplir. Il pouvait donc s'enfuir, à présent, n'est-ce pas ? Et se cacher de la honte qu'il avait éprouvée en lui remettant sa missive ? Non ?
Mais l'Etoile implora.
« Oh, Stella... » murmura-t-il, peiné.
La voix de la brune semblait brisée. Comment pouvait-il s'écarter alors qu'elle le suppliait de rester ? Le visage de Stella s'enfouissant dans sa chemise, il sentit ses forces mentales l'abandonner. Évidemment qu'il n'allait pas s'en aller. Elle qui semblait si affaiblie, si fragile. Seul un monstre se serait arraché. Le Serpent était-il un monstre ? Visiblement, pas aujourd'hui. D'un instinct qu'il n'aurait trouvé qu'en présence de sa sœur, il passa ses bras autour de sa taille et, d'une douceur inégalée, la pressa doucement contre lui, posant sa tête au-dessus de la sienne. Il ne se reconnaissait pas. Son cœur battait la chamade, et sa respiration était plutôt irrégulière, mais il préférait cela plutôt que de la laisser s'effondrer. Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait d'Orion Blackburn ? Il se sentit presque sourire à cette pensée.
Il réalisa qu'elle pleurait quand il sentit sa chemise s'humidifier, effaçant son début de sourire. Mince, elle était vraiment mal en point. Il eût l'impression d'être égoïste quand il tressaillit à l'idée que son état n'était pas complètement lié à sa personne et, presqu'un peu humble, il savait qu'il n'avait pas fait assez de choses pour qu'elle se dérobe à ce point. Gentillement, il se permit alors de dessiner de petits cercles avec ses pouces sur ses côtes, là où étaient posées ses mains, pour la rassurer. Il ne savait pas l'origine de ses maux — à moins que cela ait un rapport avec Aydan mais comment diable sa lettre aurait-elle pu déclencher un souvenir et un mal-être pareil ? —, mais il savait qu'elle se sentait en sécurité sous son toucher. Perdu pour perdu, ce n'était pas ça de plus qui allait le rendre plus ridicule. Il pouvait encore sentir ses muscles tendus sous les bras de l'Etoile mais, petit à petit, ils se relâchaient. Au moins, la gare avait eu le temps de se vider un petit peu et il n'offrait pas ce spectacle à n'importe qui. C'était moins gênant que si leur étreinte avait été au milieu du quai. Enfin, plus ou moins.
Tu promets de ne pas me blesser ? Orion écarquilla les yeux et sa respiration se bloqua. Il n'aurait pu anticiper cette question. Il fronça alors les sourcils. Mince, il n'en avait aucune idée. Orion n'était pas du genre à promettre quoique ce soit, encore plus quand cela affectait les autres. Une petite voix lui souffla cependant que ce n'était probablement pas la réponse que Stella aurait aimé entendre. Mais promettre ? Ç'aurait pu être promettre n'importe quoi qu'il n'aurait pas su répondre. On peut promettre d'arriver à l'heure, d'arroser une plante ou de sortir la poubelles. Ce sont des promesses sans conséquences si on ne les tient pas, ou bien des promesses faciles à tenir. Pourtant, même pour ce genre de choses, Orion n'aimait pas promettre. Et il n'était pas du genre à mentir non plus. Il se sentait dans une impasse. Et même la douleur qui émanait de la voix de l'Etoile n'aurait pas pu lui arracher de fausses promesses. Il déglutit.
« Je... »
Il se sentait ridicule de balbutier de la sorte, d'autant plus que la jeune fille était dans un état complètement second. Mais elle voulait une réponse, et elle y avait droit. Alors, comme à une bouée de sauvetage, il se rattrapa à la dernière partie de sa phrase. Frottant son menton sur sa tête dans une caresse douce, il murmura doucement :
« Non, bien sûr que non... Je ne te lâcherai pas. »
Je ne te lâcherai pas... Pas ici. Il pouvait sentir son estomac se retourner, sachant pertinemment qu'il avait plus évité sa question qu'autre chose, mais il ne pouvait pas se résoudre à lui promettre quelque chose dont il n'était même pas certain lui-même. Stella allait malheureusement devoir se contenter de cela pour le moment. Après tout, il lui avait déjà écrit une lettre et s'était torturé pour la lui donner ; il avait largement dépassé son niveau de témérité pour la journée. Comme sauvé par le gong, le chat de l'Etoile se mit à émettre des miaulements plaintifs, arrachant Orion de la bulle que leur étreinte avait malgré elle, sans qu'il ne le réalise, créée autour de lui. Il aurait bien roulé des yeux mais le rire que l'animal arracha à sa maitresse le fit se raviser, lui mettant même du baume au cœur. Un petit sourire au lèvres, il défia le matou du regard, amusé de le voir chercher l'attention auprès de la brune alors même qu'Orion n'avait rien fait pour la mériter.
« Tiens, qu'est-ce qu'il veut, l'affreux ? » railla-t-il, le sourcil haussé.
S'inventant une compétition interne, il se permit même de renforcer sa prise autour de la jeune fille, la pressant un peu plus contre lui. Mettant sa bouche au niveau de son oreille, comme un serpent s'enveloppe autour de sa proie, il chuchota :
« Je crois qu'il y en a un qui est un peu jaloux, par là-bas. Je le comprends, tu me diras. Tout le monde n'a pas la chance d'être dans mes bras... »
@Stella Ruewen, on dirait bien qu'Orion commence doucement à être domestiqué...
1627 mots — no comment !
Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
Bout De Laitue à ses heures perdues...
Et pour ça, l'Etoile portait bien son nom.
Caressée par les dernières lueurs du jour et laissant la gêne colorer ses joues, elle n'avait jamais été aussi resplandissante. Son visage toujours aussi près du sien, elle lui coupait le souffle, comme la nuit. Il pouvait observer ses petites tâches de rousseur qui parcouraient sa peau, de manière irrégulière et désordonnée mais qui, pourtant, prenaient tout leur sens sur ses pommettes et son nez. Comme un langage qu'il aurait aimé savoir déchiffrer, il les passait en revue une par une, se sentant presque capable d'y prendre des heures pour toutes les mémoriser. Sa respiration, qu'il avait exagérée pour pouvoir calmer celle de la jeune fille, était revenue à la normale mais se bloquait parfois quand quelques neurones se reconnectaient pour lui rappeler de la proximité de son visage avec le sien. Pourtant, il ne semblait pas encore assez conscient pour se retirer.
En réalité, Orion était presque absorbé par le plaisir malsain de se dire que c'était lui qui l'avait mise dans un tel état et, comme un chevalier blanc, l'avait tout aussitôt calmée. Mais ces pensées furent vite envolées quand ses yeux rencontrèrent ses pupilles qui cessaient doucement d'être dilatées, reprise par le calme qu'il avait réussi à lui ramener. Ce qui était plutôt curieux, par ailleurs. Orion avait plutôt tendance à déclencher des tempêtes plutôt qu'à les apaiser. Mais comme l'Etoile n'aimait pas ses tendances et qu'elle était plutôt du genre à les inverser, il n'était pas vraiment surpris d'avoir été l'antidote de son angoisse. D'une certaine manière, ça lui plaisait, bien qu'il aurait préféré s'en cacher. Mais quand elle avoua qu'il lui faisait bien plus d'effet qu'il ne le pensait, il ne put réprimer un rictus amusé, presque béat tout en haussant un sourcil. Toutefois, les mots de l'Aiglonne en finit de raviver son cerveau qui, se rendant compte de leur proximité, et décidant qu'elle semblait assez apaisée pour qu'il arrête de s'en soucier, le fit s'éloigner, un peu gêné d'avoir détaillé son visage avec tant d'attention.
Il se racla la gorge et, lachant ses mains, embarrassé, il se redressa, brisant pour de bon leur contact. Un peu de décence, voyons. Pourtant, Stella semblait avoir d'autres plans. Mais qu'est-ce qu- Son cœur rata un battement. Comme un aimant à qui l'on a retiré sa moitié, elle se jeta automatiquement vers lui, nouant à nouveau leur deux corps dans une étreinte maladroite. Surpris par son acte inattendu, Orion sentit ses muscles se tendre comme un arc, les bras figés le long de son corps. Laisse-moi rester encore un peu comme ça. Accrochée à son cou comme une poupée de chiffon, il n'eut le cœur à la séparer de lui. Ou bien était-il encore un peu trop sur le choc pour faire quoique ce soit ? Il n'était pas vraiment sûr. Quoiqu'il en était, il resta immobile encore quelques secondes avant de faire le moindre mouvement.
« Euh... »
Était-ce vraiment une bonne idée de la garder ainsi près de lui ? N'ouvrait-il pas une nouvelle vanne capable de libérer de nouvelles couleurs sur son tableau qu'il essayait tant bien que mal de garder sous scellé ? Ses pensées filaient à la vitesse de l'éclair, débattant de si, oui ou non, il devait l'écarter de ses bras. Après tout, il lui avait donné sa lettre, elle était calmée. En somme, il avait accompli tout ce qu'il avait souhaité accomplir. Il pouvait donc s'enfuir, à présent, n'est-ce pas ? Et se cacher de la honte qu'il avait éprouvée en lui remettant sa missive ? Non ?
Mais l'Etoile implora.
« Oh, Stella... » murmura-t-il, peiné.
La voix de la brune semblait brisée. Comment pouvait-il s'écarter alors qu'elle le suppliait de rester ? Le visage de Stella s'enfouissant dans sa chemise, il sentit ses forces mentales l'abandonner. Évidemment qu'il n'allait pas s'en aller. Elle qui semblait si affaiblie, si fragile. Seul un monstre se serait arraché. Le Serpent était-il un monstre ? Visiblement, pas aujourd'hui. D'un instinct qu'il n'aurait trouvé qu'en présence de sa sœur, il passa ses bras autour de sa taille et, d'une douceur inégalée, la pressa doucement contre lui, posant sa tête au-dessus de la sienne. Il ne se reconnaissait pas. Son cœur battait la chamade, et sa respiration était plutôt irrégulière, mais il préférait cela plutôt que de la laisser s'effondrer. Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait d'Orion Blackburn ? Il se sentit presque sourire à cette pensée.
Il réalisa qu'elle pleurait quand il sentit sa chemise s'humidifier, effaçant son début de sourire. Mince, elle était vraiment mal en point. Il eût l'impression d'être égoïste quand il tressaillit à l'idée que son état n'était pas complètement lié à sa personne et, presqu'un peu humble, il savait qu'il n'avait pas fait assez de choses pour qu'elle se dérobe à ce point. Gentillement, il se permit alors de dessiner de petits cercles avec ses pouces sur ses côtes, là où étaient posées ses mains, pour la rassurer. Il ne savait pas l'origine de ses maux — à moins que cela ait un rapport avec Aydan mais comment diable sa lettre aurait-elle pu déclencher un souvenir et un mal-être pareil ? —, mais il savait qu'elle se sentait en sécurité sous son toucher. Perdu pour perdu, ce n'était pas ça de plus qui allait le rendre plus ridicule. Il pouvait encore sentir ses muscles tendus sous les bras de l'Etoile mais, petit à petit, ils se relâchaient. Au moins, la gare avait eu le temps de se vider un petit peu et il n'offrait pas ce spectacle à n'importe qui. C'était moins gênant que si leur étreinte avait été au milieu du quai. Enfin, plus ou moins.
Tu promets de ne pas me blesser ? Orion écarquilla les yeux et sa respiration se bloqua. Il n'aurait pu anticiper cette question. Il fronça alors les sourcils. Mince, il n'en avait aucune idée. Orion n'était pas du genre à promettre quoique ce soit, encore plus quand cela affectait les autres. Une petite voix lui souffla cependant que ce n'était probablement pas la réponse que Stella aurait aimé entendre. Mais promettre ? Ç'aurait pu être promettre n'importe quoi qu'il n'aurait pas su répondre. On peut promettre d'arriver à l'heure, d'arroser une plante ou de sortir la poubelles. Ce sont des promesses sans conséquences si on ne les tient pas, ou bien des promesses faciles à tenir. Pourtant, même pour ce genre de choses, Orion n'aimait pas promettre. Et il n'était pas du genre à mentir non plus. Il se sentait dans une impasse. Et même la douleur qui émanait de la voix de l'Etoile n'aurait pas pu lui arracher de fausses promesses. Il déglutit.
« Je... »
Il se sentait ridicule de balbutier de la sorte, d'autant plus que la jeune fille était dans un état complètement second. Mais elle voulait une réponse, et elle y avait droit. Alors, comme à une bouée de sauvetage, il se rattrapa à la dernière partie de sa phrase. Frottant son menton sur sa tête dans une caresse douce, il murmura doucement :
« Non, bien sûr que non... Je ne te lâcherai pas. »
Je ne te lâcherai pas... Pas ici. Il pouvait sentir son estomac se retourner, sachant pertinemment qu'il avait plus évité sa question qu'autre chose, mais il ne pouvait pas se résoudre à lui promettre quelque chose dont il n'était même pas certain lui-même. Stella allait malheureusement devoir se contenter de cela pour le moment. Après tout, il lui avait déjà écrit une lettre et s'était torturé pour la lui donner ; il avait largement dépassé son niveau de témérité pour la journée. Comme sauvé par le gong, le chat de l'Etoile se mit à émettre des miaulements plaintifs, arrachant Orion de la bulle que leur étreinte avait malgré elle, sans qu'il ne le réalise, créée autour de lui. Il aurait bien roulé des yeux mais le rire que l'animal arracha à sa maitresse le fit se raviser, lui mettant même du baume au cœur. Un petit sourire au lèvres, il défia le matou du regard, amusé de le voir chercher l'attention auprès de la brune alors même qu'Orion n'avait rien fait pour la mériter.
« Tiens, qu'est-ce qu'il veut, l'affreux ? » railla-t-il, le sourcil haussé.
S'inventant une compétition interne, il se permit même de renforcer sa prise autour de la jeune fille, la pressant un peu plus contre lui. Mettant sa bouche au niveau de son oreille, comme un serpent s'enveloppe autour de sa proie, il chuchota :
« Je crois qu'il y en a un qui est un peu jaloux, par là-bas. Je le comprends, tu me diras. Tout le monde n'a pas la chance d'être dans mes bras... »
@Stella Ruewen, on dirait bien qu'Orion commence doucement à être domestiqué...
1627 mots — no comment !
Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
Bout De Laitue à ses heures perdues...
Les écrits valent mieux que les mots
Garde-moi près de toi encore un peu. Et c'est ce qu'il fit, il ne la lâcha pas. Ses bras vinrent s'enrouler autour de sa taille, envelopper son bassin et la presser doucement contre lui, la serrer fort et délicatement dans ses bras et poser sa tête sur le sommet de celle de l'Aiglonne. Etoile aurait pu suffoquer de surprise autant que de tristesse, mais pour rien au monde elle n'aurait pris le risque de bouger et de forcer le garçon à s'éloigner d'elle. Egoïstement, elle avait besoin de lui. Elle avait besoin qu'il soit là pour elle, elle et personne d'autre. Il avait murmuré son prénom doucement, avec quelque chose qui ressemblait vaguement à de la peine, et s'était abandonné à leur étreinte. Si Stella se doutait qu'Orion n'était pas le genre de personne à prendre quiconque dans ses bras – Aurore exceptée, probablement – et par cette simple attention il avait réussi à la faire se sentir spéciale. Par ce geste, cette exception, elle avait l'impression d'être vraiment quelqu'un. Elle existait pour lui.
Réfugiée dans les bras d'Orion, Etoile se sentait bien. En sécurité. Dire qu'il lui avait d'abord inspiré un profond agacement voire une touche de mépris lui semblait impossible. Il avait réussi à la dompter si vite que ç'en était presque vexant. Elle n'avait plus l'impression de jouer – et elle ne le voulait plus, elle voulait qu'il la voie – pour autant elle n'arrivait pas à sentir les émotions du garçon sur la question.
Elle l'avait sentit tressaillir, se tendre brièvement. Et la chatte farouche en elle s'était aussitôt réveillée, soudain en alerte, prête à sortir les griffes. Mais dorénavant, elle ne voulait plus attaquer le garçon, non, elle était prête à attaquer pour le garçon. Est-ce que quelqu'un l'avait blessé ? Etait-il contrarié ? Etrange comment un cœur peut s'accrocher si vite à un autre, comme une âme peut s'entremêler si rapidement à une autre. Malgré l'opinion des Enfants de la Nuit sur l'Astrologie, peut-être leur rencontre avait-elle été planifiée quelque part. Peut-être le Ciel avait gardé dans un coin de son vaste manteau les fils de leur vie, cachant comme un trésor le chamboulement provoqué par chacun dans l'Existence de l'autre. Quoi qu'il puisse en être, Stella avait envie d'y croire. Une fois dans sa Vie elle avait envie de confier sa vie aux Astres et de se laisser rêver un peu, se laisser espérer que son Marionnettiste avait d'autres plans pour elle que la souffrance éternelle. Qu'il lui avait envoyé le remède de sa douleur, un sauveur déguisé en diable. C'était l'effet qu'Orion avait sur elle, il lui faisait regoûter à la Vie, renouer avec les couleurs, les émotions et les sens. Le Chasseur retrouvait un à un les morceaux manquants de l'Etoile, reconstituant le puzzle de sa Personne. Et là, à l'instant, sans le savoir, il était entrain de rattraper des bouts d'Âme tombés par terre.
Les yeux clos et humides, le visage lové dans la chemise du garçon, Stella avait inspiré doucement, humé son satané parfum qui semblait constamment l'imprégner. Elle l'avait laissé l'enivrer, lui monter à la tête et la distraire de son chagrin. Elle était simplement bien, et rassurée qu'il se soit détendu contre elle, qu'il appréciait l'étreinte. Mais évidemment il avait fallu qu'elle fasse exploser ce moment de douceur, il avait fallu qu'elle ouvre la bouche et pose une question stupide, ridicule au possible. *Idiote*
Tu promets de ne pas me blesser ?
Il avait fallu que ces Mots, traitres, trouvent un passage entre ses lèvres presque closes, il avait fallu qu'ils s'échouent sur Orion, le piègent alors qu'il était contre elle. *Idiote* Si seulement Etoile s'était tue. Mais non, elle n'était qu'une gamine idiote et égoïste qui avait naïvement espéré une promesse impossible à tenir, des mots impossibles à aligner dans l'ordre voulu. Trop sensible, trop enfantine, trop douce, trop empathique. Trop. Elle n'était pas assez pour mériter cette promesse, et elle était trop pour les retenir en elle. *Idiote, idiote, idiote !* Quelle imbécile elle avait été d'espérer une chose qu'elle-même ne pourrait jamais offrir. C'était ce garçon, c'était ce parfum, c'était sa froideur qu'il adoucissait face à elle, c'était la manière dont il l'avait si aisément sauvée de sa détresse. Tout cela lui était monté à la tête, et petit agneau s'était soudain sentit capable de regarder le loup dans les yeux pour lui demander avec arrogance de tourner les talons et de le protéger des autres prédateurs. Quel égoïsme. Quelle naïveté.
Mortifiée, Stella n'avait osé ajouter quelque chose d'autre. Sentant ses joues rosir, elle avait préféré rester dissimulée dans le torse d'Orion et priant silencieusement pour qu'il lui pardonne cet affront. *Idiote !*
La respiration suspendue, le cœur au bord des lèvres, elle attendait que le verdict tombe, que la sentence sonne. Et même les miaulements indignés de son compagnon à poil n'auraient pu la distraire. Les battements de son cœur s'étaient drastiquement accélérés – de peur ou de trouble, elle n'aurait su le dire – et tout ce qu'Etoile souhaitait était que le garçon ne la taquine par sur sa gêne. Il aurait incontestablement signé la fin de la jeune fille. *Ne répond pas* se surprit-elle à espérer. *Ignore-moi, s'il te plait..*
Mais Orion serait-il Orion s'il se pliait aux demandes de l'Etoile ? Non, évidemment que non. Hélas.
Il hésita, commença une phrase qu'il laissa en suspend, sembla soupirer, puis caressa le crâne de la jeune fille de son menton en murmurant une réponse. Non, bien sûr que non... Je ne te lâcherai pas. Le corps de Stella retrouva son fonctionnement – bien que son cœur continue d'en faire des siennes – et elle aurait pu s'effondrer dans ses bras et se laisser glisser à terre tant elle était soulagée. Il lui avait évité l'humiliation et s'était permis la facilité. C'était ce que la Serdaigle avait voulu, alors pourquoi avait-elle été traversée d'une brève déchirure ? Comme si quelque part en elle, quelque chose de neuf et fragile aurait été ébranlé. Comme elle était injuste....injuste et égoïste. Consciente de son audace, la jeune fille aurait voulu se flageller d'avoir mis Orion dans une position difficile, mais la seule chose qu'elle arrivait à ressentir n'était rien d'autre qu'un gouffre de vide. Evidemment qu'il ne pouvait promettre de ne jamais la blesser, qui aurait pu ? Dans quelle de fantaisie s'était-elle crue, à espérer que la Vie ne serait plus difficile ? *Tsk-tsk-tsk, sale gosse* la réprimanda le Fantôme avec acidité. Stella ignora le pincement de son cœur.
Et alors qu'elle cherchait désespérément quelque chose d'intelligent à dire, Shadow la sauva. Il lui extirpa un rire, et son inconscient lui souffla qu'Orion avait d'une manière ou d'une autre retrouvé le sourire.
Un tantinet vexée qu'il surnomme le félin "l'affreux", Etoile fit la moue mais préféra se taire afin de rester dans sa cachette – laissant son chat se débrouiller tout seul. *T'as trouvé un adversaire assez coriace pour toi mon grand* pensa-t-elle dans un sourire. Shadow était toujours très protecteur avec elle, et elle ne doutait pas que la voir ainsi enveloppée par quelqu'un ne plaisait pas au matou. Dommage pour lui, Orion aussi avait sale caractère. Souriant franchement contre le torse du garçon, elle songea qu'elle aurait tout donné pour savoir ce que son compagnon pensait à cet instant. Ce devait être amusant.
Sans qu'elle ne s'y attende, Orion raffermit sa prise autour de son corps. Elle hoqueta, sa respiration rata un souffle. *Que..quoi ?* Oh comme elle était heureuse qu'il ne puisse voir son visage coloré par la gêne. Elle sentit distinctement son souffle près de son visage, et son murmure vint se loger dans son cou. Malgré leur proximité troublante, l'Aiglonne ne put retenir un rire en entendant sa raillerie. Mais en était-ce vraiment une ? Après tout, le garçon ne devait, dans les faits, pas étreindre beaucoup de personnes. Nan ? Bon dieux elle était perdue. Est-ce qu'il la taquinait seulement ? Ou bien il... *Hrmf, on va s'arrêter là* décida-t-elle en déglutissant difficilement, soudain légèrement embarrassée. Essayant de retrouver ses esprits, elle inspira profondément mais à la place de gorger ses poumons d'air, elle les emplit du parfum entêtant du garçon. « C'est pas ça qui va m'aider à m'concentrer » marmonna-t-elle à voix basse, gênée.
Consciente qu'il devait attendre une réaction, Stella se résigna à quitter la chaleur de son vêtement pour tourner la tête vers lui. Si elle fut surprise de trouver son visage aussi près du sien – se figeant un bref instant, le regard papillonnant entre ses yeux, son nez et sa bouche – elle parvint à se ressaisir assez vite pour oser espérer qu'il n'ait pas noté sa réaction.
– Sur ça je veux bien te croire, le taquina-t-elle avec un sourire. Et je note que je suis l'exception qui confirme la règle.. Suivi de la bataille pour Orion : Stella 1, le reste du monde 0, poursuivit-elle en fanfaronnant. La victoire est proche je le sens !
Evidemment qu'elle se refusait de perdre ce combat – qui n'en était pas vraiment un, mais la jeune sorcière avait vraiment la sensation de se battre pour réussir à amadouer le garçon. Sans se détacher de lui, elle jeta un bref regard à Shadow et rit doucement en voyant le félin jauger Orion de ses prunelles ambrées, le museau plissé et la queue battante. « Hm pas de doute, il te considère comme un ennemi » dit-elle au garçon dans un rire, amusée. « Il est juste un peu territorial c'est tout » s'amusa-t-elle en s'autorisant une dernière fois à se lover dans la chemise du Serpentard. « J'crois qu'il t'aime pas » reprit-elle d'une voix plus basse. « Et j'trouve ça bizarre parce qu'à l'inverse moi je t'aime bien, alors Shadow et moi on va avoir une petite conversation... » Laissant un silence en suspend entre eux, elle respira une dernière fois son odeur puis – un peu à regret – détacha ses bras de sa nuque pour les poser sur ses épaules et se décolla légèrement de lui, un sourire léger sur les lèvres, de la malice dans les prunelles.
– T'as pas peur que je débarque chez toi maintenant que j'ai ton adresse ? plaisanta-t-elle.
Elle s'imagina soudain la maison du garçon. A quoi pouvait-elle bien ressembler ? Et lui, qui était-il chez lui ? Qui était-il lorsque personne ne le regardait et qu'il était caché dans son refuge ?
Réfugiée dans les bras d'Orion, Etoile se sentait bien. En sécurité. Dire qu'il lui avait d'abord inspiré un profond agacement voire une touche de mépris lui semblait impossible. Il avait réussi à la dompter si vite que ç'en était presque vexant. Elle n'avait plus l'impression de jouer – et elle ne le voulait plus, elle voulait qu'il la voie – pour autant elle n'arrivait pas à sentir les émotions du garçon sur la question.
Elle l'avait sentit tressaillir, se tendre brièvement. Et la chatte farouche en elle s'était aussitôt réveillée, soudain en alerte, prête à sortir les griffes. Mais dorénavant, elle ne voulait plus attaquer le garçon, non, elle était prête à attaquer pour le garçon. Est-ce que quelqu'un l'avait blessé ? Etait-il contrarié ? Etrange comment un cœur peut s'accrocher si vite à un autre, comme une âme peut s'entremêler si rapidement à une autre. Malgré l'opinion des Enfants de la Nuit sur l'Astrologie, peut-être leur rencontre avait-elle été planifiée quelque part. Peut-être le Ciel avait gardé dans un coin de son vaste manteau les fils de leur vie, cachant comme un trésor le chamboulement provoqué par chacun dans l'Existence de l'autre. Quoi qu'il puisse en être, Stella avait envie d'y croire. Une fois dans sa Vie elle avait envie de confier sa vie aux Astres et de se laisser rêver un peu, se laisser espérer que son Marionnettiste avait d'autres plans pour elle que la souffrance éternelle. Qu'il lui avait envoyé le remède de sa douleur, un sauveur déguisé en diable. C'était l'effet qu'Orion avait sur elle, il lui faisait regoûter à la Vie, renouer avec les couleurs, les émotions et les sens. Le Chasseur retrouvait un à un les morceaux manquants de l'Etoile, reconstituant le puzzle de sa Personne. Et là, à l'instant, sans le savoir, il était entrain de rattraper des bouts d'Âme tombés par terre.
Les yeux clos et humides, le visage lové dans la chemise du garçon, Stella avait inspiré doucement, humé son satané parfum qui semblait constamment l'imprégner. Elle l'avait laissé l'enivrer, lui monter à la tête et la distraire de son chagrin. Elle était simplement bien, et rassurée qu'il se soit détendu contre elle, qu'il appréciait l'étreinte. Mais évidemment il avait fallu qu'elle fasse exploser ce moment de douceur, il avait fallu qu'elle ouvre la bouche et pose une question stupide, ridicule au possible. *Idiote*
Tu promets de ne pas me blesser ?
Il avait fallu que ces Mots, traitres, trouvent un passage entre ses lèvres presque closes, il avait fallu qu'ils s'échouent sur Orion, le piègent alors qu'il était contre elle. *Idiote* Si seulement Etoile s'était tue. Mais non, elle n'était qu'une gamine idiote et égoïste qui avait naïvement espéré une promesse impossible à tenir, des mots impossibles à aligner dans l'ordre voulu. Trop sensible, trop enfantine, trop douce, trop empathique. Trop. Elle n'était pas assez pour mériter cette promesse, et elle était trop pour les retenir en elle. *Idiote, idiote, idiote !* Quelle imbécile elle avait été d'espérer une chose qu'elle-même ne pourrait jamais offrir. C'était ce garçon, c'était ce parfum, c'était sa froideur qu'il adoucissait face à elle, c'était la manière dont il l'avait si aisément sauvée de sa détresse. Tout cela lui était monté à la tête, et petit agneau s'était soudain sentit capable de regarder le loup dans les yeux pour lui demander avec arrogance de tourner les talons et de le protéger des autres prédateurs. Quel égoïsme. Quelle naïveté.
Mortifiée, Stella n'avait osé ajouter quelque chose d'autre. Sentant ses joues rosir, elle avait préféré rester dissimulée dans le torse d'Orion et priant silencieusement pour qu'il lui pardonne cet affront. *Idiote !*
La respiration suspendue, le cœur au bord des lèvres, elle attendait que le verdict tombe, que la sentence sonne. Et même les miaulements indignés de son compagnon à poil n'auraient pu la distraire. Les battements de son cœur s'étaient drastiquement accélérés – de peur ou de trouble, elle n'aurait su le dire – et tout ce qu'Etoile souhaitait était que le garçon ne la taquine par sur sa gêne. Il aurait incontestablement signé la fin de la jeune fille. *Ne répond pas* se surprit-elle à espérer. *Ignore-moi, s'il te plait..*
Mais Orion serait-il Orion s'il se pliait aux demandes de l'Etoile ? Non, évidemment que non. Hélas.
Il hésita, commença une phrase qu'il laissa en suspend, sembla soupirer, puis caressa le crâne de la jeune fille de son menton en murmurant une réponse. Non, bien sûr que non... Je ne te lâcherai pas. Le corps de Stella retrouva son fonctionnement – bien que son cœur continue d'en faire des siennes – et elle aurait pu s'effondrer dans ses bras et se laisser glisser à terre tant elle était soulagée. Il lui avait évité l'humiliation et s'était permis la facilité. C'était ce que la Serdaigle avait voulu, alors pourquoi avait-elle été traversée d'une brève déchirure ? Comme si quelque part en elle, quelque chose de neuf et fragile aurait été ébranlé. Comme elle était injuste....injuste et égoïste. Consciente de son audace, la jeune fille aurait voulu se flageller d'avoir mis Orion dans une position difficile, mais la seule chose qu'elle arrivait à ressentir n'était rien d'autre qu'un gouffre de vide. Evidemment qu'il ne pouvait promettre de ne jamais la blesser, qui aurait pu ? Dans quelle de fantaisie s'était-elle crue, à espérer que la Vie ne serait plus difficile ? *Tsk-tsk-tsk, sale gosse* la réprimanda le Fantôme avec acidité. Stella ignora le pincement de son cœur.
Et alors qu'elle cherchait désespérément quelque chose d'intelligent à dire, Shadow la sauva. Il lui extirpa un rire, et son inconscient lui souffla qu'Orion avait d'une manière ou d'une autre retrouvé le sourire.
Un tantinet vexée qu'il surnomme le félin "l'affreux", Etoile fit la moue mais préféra se taire afin de rester dans sa cachette – laissant son chat se débrouiller tout seul. *T'as trouvé un adversaire assez coriace pour toi mon grand* pensa-t-elle dans un sourire. Shadow était toujours très protecteur avec elle, et elle ne doutait pas que la voir ainsi enveloppée par quelqu'un ne plaisait pas au matou. Dommage pour lui, Orion aussi avait sale caractère. Souriant franchement contre le torse du garçon, elle songea qu'elle aurait tout donné pour savoir ce que son compagnon pensait à cet instant. Ce devait être amusant.
Sans qu'elle ne s'y attende, Orion raffermit sa prise autour de son corps. Elle hoqueta, sa respiration rata un souffle. *Que..quoi ?* Oh comme elle était heureuse qu'il ne puisse voir son visage coloré par la gêne. Elle sentit distinctement son souffle près de son visage, et son murmure vint se loger dans son cou. Malgré leur proximité troublante, l'Aiglonne ne put retenir un rire en entendant sa raillerie. Mais en était-ce vraiment une ? Après tout, le garçon ne devait, dans les faits, pas étreindre beaucoup de personnes. Nan ? Bon dieux elle était perdue. Est-ce qu'il la taquinait seulement ? Ou bien il... *Hrmf, on va s'arrêter là* décida-t-elle en déglutissant difficilement, soudain légèrement embarrassée. Essayant de retrouver ses esprits, elle inspira profondément mais à la place de gorger ses poumons d'air, elle les emplit du parfum entêtant du garçon. « C'est pas ça qui va m'aider à m'concentrer » marmonna-t-elle à voix basse, gênée.
Consciente qu'il devait attendre une réaction, Stella se résigna à quitter la chaleur de son vêtement pour tourner la tête vers lui. Si elle fut surprise de trouver son visage aussi près du sien – se figeant un bref instant, le regard papillonnant entre ses yeux, son nez et sa bouche – elle parvint à se ressaisir assez vite pour oser espérer qu'il n'ait pas noté sa réaction.
– Sur ça je veux bien te croire, le taquina-t-elle avec un sourire. Et je note que je suis l'exception qui confirme la règle.. Suivi de la bataille pour Orion : Stella 1, le reste du monde 0, poursuivit-elle en fanfaronnant. La victoire est proche je le sens !
Evidemment qu'elle se refusait de perdre ce combat – qui n'en était pas vraiment un, mais la jeune sorcière avait vraiment la sensation de se battre pour réussir à amadouer le garçon. Sans se détacher de lui, elle jeta un bref regard à Shadow et rit doucement en voyant le félin jauger Orion de ses prunelles ambrées, le museau plissé et la queue battante. « Hm pas de doute, il te considère comme un ennemi » dit-elle au garçon dans un rire, amusée. « Il est juste un peu territorial c'est tout » s'amusa-t-elle en s'autorisant une dernière fois à se lover dans la chemise du Serpentard. « J'crois qu'il t'aime pas » reprit-elle d'une voix plus basse. « Et j'trouve ça bizarre parce qu'à l'inverse moi je t'aime bien, alors Shadow et moi on va avoir une petite conversation... » Laissant un silence en suspend entre eux, elle respira une dernière fois son odeur puis – un peu à regret – détacha ses bras de sa nuque pour les poser sur ses épaules et se décolla légèrement de lui, un sourire léger sur les lèvres, de la malice dans les prunelles.
– T'as pas peur que je débarque chez toi maintenant que j'ai ton adresse ? plaisanta-t-elle.
Elle s'imagina soudain la maison du garçon. A quoi pouvait-elle bien ressembler ? Et lui, qui était-il chez lui ? Qui était-il lorsque personne ne le regardait et qu'il était caché dans son refuge ?
@Orion Blackburn, navrée de ce délai ! il s'agit très certainement de mon avant-dernier post (à voir en fonction de la suite), puis on pourra imaginer leurs échanges de lettres ! (j'ai hâte)
Stella serait à son aise dans une tragédie grecque, elle ne sait jamais quoi dire ou faire hehe
~1737 mots, oh misère..
Stella serait à son aise dans une tragédie grecque, elle ne sait jamais quoi dire ou faire hehe
~1737 mots, oh misère..
15 ans / 4eme Année RP / fiche PR / / #004d65 / RDD / coucou rappeltout
"Am I boring ? Sure. Social skills ? None. But I’m loyal if you feed me and will never leave you cuz, well…. I need the food."
"Am I boring ? Sure. Social skills ? None. But I’m loyal if you feed me and will never leave you cuz, well…. I need the food."
Les écrits valent mieux que les mots
Le temps était comme suspendu. Orion aurait pu entendre les mouches voler. Ou alors auraient des joncheruines embrouillé son cerveau ? La question resta en suspens dans l'esprit du garçon, incapable de penser linéairement. Son cerveau partait dans tous les sens. L'Etoile, qui s'était automatiquement détendue quand Orion lui avait rendu son étreinte, s'était envolée à peine après la question fatidique prononcée. Lui qui avait pu apprécier son corps frêle s'abandonner contre le sien, il se sentait presque coupable d'avoir arraché ce moment au temps. Simplement en ayant tressailli, les minutes avaient cessé de s'écouler et le corps de Stella avait arrêté de fonctionner, trop ébranlé par l'attente de la réponse du garçon. Il ne pouvait rien voir, mais leur proximité était si faible que même les battements de son cœur aurait pu parvenir à ses oreilles. Bam-bam. Bam-bam. C'était une fanfare assourdissante qui se tramait dans le corps de la brune.
Et tout ça était de sa faute. Pourquoi diable avait-il pris cette question avec tant de sérieux ? Il était évident que l'Etoile était simplement en détresse ; elle ne cherchait pas une vraie réponse, simplement de quoi garder la tête hors de l'eau, simplement de quoi continuer à respirer. Orion aurait pu se gifler d'avoir pris cette question avec autant de cœur. Mais il n'aurait pas pu être lui-même s'il ne lui avait pas répondu avec l'honnêté qu'il s'efforçait d'employer chaque jour de sa vie. Et il n'aurait pas pu se le pardonner s'il n'avait pas pris les mots de Stella comme des pierres précieuses, à manipuler soigneusement. Peu importe la phrase qu'elle aurait prononcée, il y aurait répondu avec autant de sérieux qu'il le pouvait. C'était le pouvoir qu'elle avait sur lui.
Aussi, comme le gardien du temps ou encore le sauveur de la jeune fille, les mots qu'il avait choisi en retour eût l'effet le plus positif qu'il n'aurait pu espérer. Les secondes recommencèrent à s'écouler et les muscles de l'Etoile se détendirent sous son étreinte, ce qui le rassura un peu ; au moins, il n'avait pas détruit une partie de son âme en lui répondant trop crûment ou, pire, en lui mentant. La fanfare qui tonnait dans sa poitrine ralentit doucement, bien que pas encore totalement silencieuse. Bam-bam... Bam-bam... Le garçon put sentir son cerveau souffler. Non, le Serpent ne serait pas un monstre aujourd'hui, pas même dans l'esprit de la jeune fille. Il n'aurait su dire pourquoi ni comment, mais à cette pensée, il eût l'impression que son cœur se réchauffait dans sa poitrine. Quelle drôle de sensation.
Elle ne réagit peut-être pas en mot à sa réponse, son corps le fit à sa place mais c'était suffisant. Pourtant, pour une raison qu'il ignorait, il savait que ce n'était pas parfaitement les mots qu'elle aurait souhaités entendre. Orion se sentait un peu idiot mais, au moins, la phrase qu'il entonna ensuite sembla réchauffer l'atmosphère un peu tendue. Le chat de Stella ne semblait pas satisfait du nouveau surnom que le garçon avait choisi pour lui mais il n'en avait, pour ainsi dire, rien à faire. L'affreux lui convenait très bien — en réalité, il était plutôt joli, mais c'était bien plus amusant de le vexer que de le dorloter. Après avoir raffermi sa prise sur le corps de la jeune fille, un hoqueta émana d'elle, surpris et Orion aurait presque pu parier sur la couleur qu'arboraient ses joues. Tiraient-elles plutôt vers le rouge écarlate ou le rouge pourpre ? Peu importe, rien que la pensée amusa intérieurement le garçon. Et le rire qui échappa à ses lèvres suffit à ce qu'il soit fier de lui.
Fier de lui ? Il était drôle d'imaginer qu'il avait à un moment espéré ne jamais l'avoir croisée au détour de ce couloir, la Lune caressant son visage. Si seulement l'Etoile savait qu'elle lui inspirait bien plus qu'une simple lettre mais des heures et des heures de réflexion. Si elle savait qu'il se sentait bien, ses bras l'entourant. Orion se surprit à se demander ce qu'elle pensait de tout ça. Pensait-elle à lui autant que lui ne pensait à elle ? Pensait-elle à lui jusqu'à écrire une lettre à son attention, les yeux à moitié endormis, les pensées ne filant plus réellement droites ? Une réponse négative aurait probablement eût l'effet d'un poignard en plein cœur. Mais cette réponse, il l'aurait tôt ou tard ; si Stella répondait, il ne mourrait pas. Si elle ne répondait pas, en revanche... Alors, cette insomnie se résolvait désormais à une question de vie ou de mort ? Pitié. Il était perdu. Perdu pour perdu pour perdu. Pour perdu.
C'est pas ça qui va m'aider à m'concentrer.
Tu parles ! Et lui, alors ? Même lui commençait à sentir qu'ils étaient vachement proches et que cela devenait carrément gênant. Et si ses parents le voyaient ? Et depuis quand il s'en souciait ? Non, il n'avait aucune envie d'abandonner leur étreinte. De son côté, Stella sembla en décider autrement. Hmph. Le visage de la jeune fille quitta son torse pour pouvoir diriger ses yeux vers les siens. Et s'ils n'avaient pas été aussi proches, il n'aurait presque pas pu noter son regard hésitant, scannant son visage brièvement. Pire, s'ils n'avaient pas été aussi proches, il aurait même pu sourire en le remarquant ; fort heureusement, il n'était pas prêt à lui céder cette victoire-là. Elle le taquina légèrement, les dernières bribes de tension qui avait habité l'air étant désormais envolées pour son plus grand bonheur. Au moins, elle-même reconnaissait qu'il y avait un certain honneur à pouvoir approcher le Serpentard d'aussi près. Il n'aurait pas pu la contredire — ou plutôt, son égo n'aurait pas pu faire une telle chose. Stella 1, le reste du monde 0. Ça sonnait si bien : l'Etoile qui était prête à se battre bec et ongle pour lui. Lui-même n'aurait pas pu nier à quel point il se sentait jubiler à cette idée. Mieux, ça sonnait comme de la musique à ses oreilles. Encore plus que la sentir faiblir en sa présence.
Se sentant doucement redescendre vers leurs travers, leur jeu, il pouvait à nouveau ressentir la flamme qui avait commencé à animer leur relation le soir de leur rencontre. Le tambour incessant qui avait rythmé les pensées obsessionnelles du garçon depuis cette soirée-là semblait repartir de plus belle. Avait-il seulement cessé de vibrer ? S'il avait pu avoir la sensation qu'il s'était assourdi en voyant la fragilité de la belle, se laissant s'abandonner à sa propre faiblesse, elle venait de réveiller une lueur que le garçon aurait pu oublier si leurs corps étaient restés emmêlés l'un avec l'autre. Mais l'idée que Stella pouvait exister pour lui, ça, ce feu ardent, il ne pouvait le laisser s'échapper. Les yeux d'Orion admirant son visage rougi, il aurait pu jurer qu'il la trouvait encore plus resplendissante qu'un peu plus tôt. Sienne, c'était ainsi qu'elle trouvait tout son sens à ses yeux.
Animée par un nouveau souffle, débarrassée de toute gêne, elle décrit son compagnon poilu. Orion n'était pas sûr d'avoir envie d'écouter, encore trop focalisé sur sa beauté. Pourquoi diable voulait-elle parler de son familier alors qu'elle pouvait continuer à parler de son besoin d'exister pour lui ? Mais Orion pouvait-il vraiment ne pas cueillir les nouvelles paroles de la jeune fille ? Non, à nouveau, elles étaient trop précieuses pour ne pas être reçues avec soin. Alors, docile, bien gentiment, il l'écouta déblatérer sur son chat et à quel point il ne sentait pas l'apprécier, un petit rictus amusé sur le visage. Et j'trouve ça bizarre parce qu'à l'inverse moi je t'aime bien... La suite sonna creuse. Le Serpent, s'il n'était pas un reptile, aurait pu ronronner. Finalement, il n'était pas bien loin du félin de l'Etoile. Lovée à nouveau contre lui, il n'aurait pas été étonné qu'elle entende son cœur vrombir. L'étreinte parut cependant bien trop courte parce qu'elle se détacha de lui pour s'enquir de sonder si, oui ou non, il pouvait éprouver un soupçon de peur à l'idée qu'elle puisse s'inviter chez lui. De manière totalement inattendue, un rire incontrôlé quitta ses lèvres à cette.
« Et bah voyons ! » rétorqua-t-il, amusé. « Si tu prends l'affreux avec toi, aucune chance » il renifla « je pourrais le sentir à des kilomètres ! »
À son tour, il se détacha d'elle pour laisser ses mains attraper les poignets de la brune avec douceur, comme s'il se tenait à un sac-à-dos. Leurs corps étaient à présent complètement séparés, à l'exception des mains de Stella qui reposaient sur ses épaules et celles d'Orion qui étaient cramponnées lâchement à ses poignets. Le vent parut presque froid quand il fila entre eux, tel un fantôme curieux de voir leur prochaine interaction. Pourtant, maintenant qu'il pouvait voir son visage d'emblée, il ne se sentit pour autant pas moins intimidé par leur proximité. Ses poignets semblaient si frêles sous ses doigts, si fins, il avait l'impression de pouvoir les casser d'un simple coup sec. Et ses yeux étaient si doux, il aurait été difficile de croire qu'elle avait pleuré il y a peu ; du moins, si la petite marque humide sur la chemise d'Orion n'était pas là pour en témoigner. Elle était si jolie. Si énigmatique.
« Enfin, fais gaffe. Tu penses peut-être qu'il ne m'aime pas mais je suis sûr qu'au fond de lui, il me trouve juste un peu trop cool. Bientôt, il viendra gratter à ma porte à la place de la tienne. Imagine si ce n'était pas Stella vs le reste du monde mais Stella vs Shadow ? C'est moi qui te le dis, faut se méfier de l'eau qui dort... »
Un petit rire le secoua à nouveau et, levant une de ses mains, guidé par instinct complètement aléatoire, il vint ébouriffer la chevelure brune de l'Aiglonne dans un geste fraternel. Il le regretta tout aussitôt. C'était un geste qu'il aurait fait volontiers à son Aurore ; et il lui faisait même régulièrement, bien virulent, bien comme il faut. Somme toute, c'était un geste classique de grand frère pour ses cadets. Mais d'Orion envers Stella ? C'était étrange. Un signal complètement mixé. Il retira vivement sa main, visiblement gêné en se rendant compte de l'aspect familial de son geste. Orion en était à peu près sûr, il ne voulait pas que Stella soit pour lui comme une sœur. Une sœur, il n'en avait qu'une et c'était son Aurore. Point. Alors, pour masquer son embarras, il vint cacher sa main derrière sa nuque pour la gratter. Loupé, il avait l'air encore plus gêné qu'au départ. Idiot.
« Je... Hum... Désolé pour tes cheveux » balbutia-t-il.
Sentant le rouge lui monter aux joues, il s'écarta vivement de la jeune fille, baissant les yeux vers le sol. Il les releva ensuite, cherchant urgemment une horloge du regard. Faussant en avoir trouvé une, il ajouta :
« Oh, merde, j'avais pas vu l'heure ! Bon, je crois que mes parents doivent m'attendre dehors. Je vais aller les rejoindre, du coup. »
Quelle. Honte. Il se saisit de sa malle vivement, manquant de trébucher sur ses propres pieds tant son geste était vif. Mince, qu'est-ce qu'il lui prenait ? Il ne semblait pas avoir été aussi embarrassé le soir de leur rencontre, quand leurs lèvres s'étaient frôlées ? Décidément, Orion était définitivement un enfant de la nuit, rien de plus. À reculons, il s'éloigna alors doucement de la jeune fille en lui adressant un signe de la main.
« Bon, l'affreux, c'est ciao ! Et Stella, on se voit à la rentrée ? N'oublie pas... euh... la lettre ! Bonnes vacances ! »
C'était comme ça que les gens se disaient au revoir, non ? Orion n'en avait pas une foutue idée, lui qui ne se formalisait généralement que très peu des adieux de fin d'année... Le cœur battant, il fit alors volte-face, sa malle sous le bras pour se tirer le plus vite possible. Orion, tu es ridicule.
@Stella Ruewen, finalement, je pense que ce sera une fin de RP pour moi ici, à moins que Stella trouve un nouveau moyen de le retenir ! Bon, on peut dire qu'elle vient de déverouiller un pan de la personnalité que je n'avais encore moi-même jamais vu...
1992 mots — je me suis un peu emportée...
Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
Bout De Laitue à ses heures perdues...
Et tout ça était de sa faute. Pourquoi diable avait-il pris cette question avec tant de sérieux ? Il était évident que l'Etoile était simplement en détresse ; elle ne cherchait pas une vraie réponse, simplement de quoi garder la tête hors de l'eau, simplement de quoi continuer à respirer. Orion aurait pu se gifler d'avoir pris cette question avec autant de cœur. Mais il n'aurait pas pu être lui-même s'il ne lui avait pas répondu avec l'honnêté qu'il s'efforçait d'employer chaque jour de sa vie. Et il n'aurait pas pu se le pardonner s'il n'avait pas pris les mots de Stella comme des pierres précieuses, à manipuler soigneusement. Peu importe la phrase qu'elle aurait prononcée, il y aurait répondu avec autant de sérieux qu'il le pouvait. C'était le pouvoir qu'elle avait sur lui.
Aussi, comme le gardien du temps ou encore le sauveur de la jeune fille, les mots qu'il avait choisi en retour eût l'effet le plus positif qu'il n'aurait pu espérer. Les secondes recommencèrent à s'écouler et les muscles de l'Etoile se détendirent sous son étreinte, ce qui le rassura un peu ; au moins, il n'avait pas détruit une partie de son âme en lui répondant trop crûment ou, pire, en lui mentant. La fanfare qui tonnait dans sa poitrine ralentit doucement, bien que pas encore totalement silencieuse. Bam-bam... Bam-bam... Le garçon put sentir son cerveau souffler. Non, le Serpent ne serait pas un monstre aujourd'hui, pas même dans l'esprit de la jeune fille. Il n'aurait su dire pourquoi ni comment, mais à cette pensée, il eût l'impression que son cœur se réchauffait dans sa poitrine. Quelle drôle de sensation.
Elle ne réagit peut-être pas en mot à sa réponse, son corps le fit à sa place mais c'était suffisant. Pourtant, pour une raison qu'il ignorait, il savait que ce n'était pas parfaitement les mots qu'elle aurait souhaités entendre. Orion se sentait un peu idiot mais, au moins, la phrase qu'il entonna ensuite sembla réchauffer l'atmosphère un peu tendue. Le chat de Stella ne semblait pas satisfait du nouveau surnom que le garçon avait choisi pour lui mais il n'en avait, pour ainsi dire, rien à faire. L'affreux lui convenait très bien — en réalité, il était plutôt joli, mais c'était bien plus amusant de le vexer que de le dorloter. Après avoir raffermi sa prise sur le corps de la jeune fille, un hoqueta émana d'elle, surpris et Orion aurait presque pu parier sur la couleur qu'arboraient ses joues. Tiraient-elles plutôt vers le rouge écarlate ou le rouge pourpre ? Peu importe, rien que la pensée amusa intérieurement le garçon. Et le rire qui échappa à ses lèvres suffit à ce qu'il soit fier de lui.
Fier de lui ? Il était drôle d'imaginer qu'il avait à un moment espéré ne jamais l'avoir croisée au détour de ce couloir, la Lune caressant son visage. Si seulement l'Etoile savait qu'elle lui inspirait bien plus qu'une simple lettre mais des heures et des heures de réflexion. Si elle savait qu'il se sentait bien, ses bras l'entourant. Orion se surprit à se demander ce qu'elle pensait de tout ça. Pensait-elle à lui autant que lui ne pensait à elle ? Pensait-elle à lui jusqu'à écrire une lettre à son attention, les yeux à moitié endormis, les pensées ne filant plus réellement droites ? Une réponse négative aurait probablement eût l'effet d'un poignard en plein cœur. Mais cette réponse, il l'aurait tôt ou tard ; si Stella répondait, il ne mourrait pas. Si elle ne répondait pas, en revanche... Alors, cette insomnie se résolvait désormais à une question de vie ou de mort ? Pitié. Il était perdu. Perdu pour perdu pour perdu. Pour perdu.
C'est pas ça qui va m'aider à m'concentrer.
Tu parles ! Et lui, alors ? Même lui commençait à sentir qu'ils étaient vachement proches et que cela devenait carrément gênant. Et si ses parents le voyaient ? Et depuis quand il s'en souciait ? Non, il n'avait aucune envie d'abandonner leur étreinte. De son côté, Stella sembla en décider autrement. Hmph. Le visage de la jeune fille quitta son torse pour pouvoir diriger ses yeux vers les siens. Et s'ils n'avaient pas été aussi proches, il n'aurait presque pas pu noter son regard hésitant, scannant son visage brièvement. Pire, s'ils n'avaient pas été aussi proches, il aurait même pu sourire en le remarquant ; fort heureusement, il n'était pas prêt à lui céder cette victoire-là. Elle le taquina légèrement, les dernières bribes de tension qui avait habité l'air étant désormais envolées pour son plus grand bonheur. Au moins, elle-même reconnaissait qu'il y avait un certain honneur à pouvoir approcher le Serpentard d'aussi près. Il n'aurait pas pu la contredire — ou plutôt, son égo n'aurait pas pu faire une telle chose. Stella 1, le reste du monde 0. Ça sonnait si bien : l'Etoile qui était prête à se battre bec et ongle pour lui. Lui-même n'aurait pas pu nier à quel point il se sentait jubiler à cette idée. Mieux, ça sonnait comme de la musique à ses oreilles. Encore plus que la sentir faiblir en sa présence.
Se sentant doucement redescendre vers leurs travers, leur jeu, il pouvait à nouveau ressentir la flamme qui avait commencé à animer leur relation le soir de leur rencontre. Le tambour incessant qui avait rythmé les pensées obsessionnelles du garçon depuis cette soirée-là semblait repartir de plus belle. Avait-il seulement cessé de vibrer ? S'il avait pu avoir la sensation qu'il s'était assourdi en voyant la fragilité de la belle, se laissant s'abandonner à sa propre faiblesse, elle venait de réveiller une lueur que le garçon aurait pu oublier si leurs corps étaient restés emmêlés l'un avec l'autre. Mais l'idée que Stella pouvait exister pour lui, ça, ce feu ardent, il ne pouvait le laisser s'échapper. Les yeux d'Orion admirant son visage rougi, il aurait pu jurer qu'il la trouvait encore plus resplendissante qu'un peu plus tôt. Sienne, c'était ainsi qu'elle trouvait tout son sens à ses yeux.
Animée par un nouveau souffle, débarrassée de toute gêne, elle décrit son compagnon poilu. Orion n'était pas sûr d'avoir envie d'écouter, encore trop focalisé sur sa beauté. Pourquoi diable voulait-elle parler de son familier alors qu'elle pouvait continuer à parler de son besoin d'exister pour lui ? Mais Orion pouvait-il vraiment ne pas cueillir les nouvelles paroles de la jeune fille ? Non, à nouveau, elles étaient trop précieuses pour ne pas être reçues avec soin. Alors, docile, bien gentiment, il l'écouta déblatérer sur son chat et à quel point il ne sentait pas l'apprécier, un petit rictus amusé sur le visage. Et j'trouve ça bizarre parce qu'à l'inverse moi je t'aime bien... La suite sonna creuse. Le Serpent, s'il n'était pas un reptile, aurait pu ronronner. Finalement, il n'était pas bien loin du félin de l'Etoile. Lovée à nouveau contre lui, il n'aurait pas été étonné qu'elle entende son cœur vrombir. L'étreinte parut cependant bien trop courte parce qu'elle se détacha de lui pour s'enquir de sonder si, oui ou non, il pouvait éprouver un soupçon de peur à l'idée qu'elle puisse s'inviter chez lui. De manière totalement inattendue, un rire incontrôlé quitta ses lèvres à cette.
« Et bah voyons ! » rétorqua-t-il, amusé. « Si tu prends l'affreux avec toi, aucune chance » il renifla « je pourrais le sentir à des kilomètres ! »
À son tour, il se détacha d'elle pour laisser ses mains attraper les poignets de la brune avec douceur, comme s'il se tenait à un sac-à-dos. Leurs corps étaient à présent complètement séparés, à l'exception des mains de Stella qui reposaient sur ses épaules et celles d'Orion qui étaient cramponnées lâchement à ses poignets. Le vent parut presque froid quand il fila entre eux, tel un fantôme curieux de voir leur prochaine interaction. Pourtant, maintenant qu'il pouvait voir son visage d'emblée, il ne se sentit pour autant pas moins intimidé par leur proximité. Ses poignets semblaient si frêles sous ses doigts, si fins, il avait l'impression de pouvoir les casser d'un simple coup sec. Et ses yeux étaient si doux, il aurait été difficile de croire qu'elle avait pleuré il y a peu ; du moins, si la petite marque humide sur la chemise d'Orion n'était pas là pour en témoigner. Elle était si jolie. Si énigmatique.
« Enfin, fais gaffe. Tu penses peut-être qu'il ne m'aime pas mais je suis sûr qu'au fond de lui, il me trouve juste un peu trop cool. Bientôt, il viendra gratter à ma porte à la place de la tienne. Imagine si ce n'était pas Stella vs le reste du monde mais Stella vs Shadow ? C'est moi qui te le dis, faut se méfier de l'eau qui dort... »
Un petit rire le secoua à nouveau et, levant une de ses mains, guidé par instinct complètement aléatoire, il vint ébouriffer la chevelure brune de l'Aiglonne dans un geste fraternel. Il le regretta tout aussitôt. C'était un geste qu'il aurait fait volontiers à son Aurore ; et il lui faisait même régulièrement, bien virulent, bien comme il faut. Somme toute, c'était un geste classique de grand frère pour ses cadets. Mais d'Orion envers Stella ? C'était étrange. Un signal complètement mixé. Il retira vivement sa main, visiblement gêné en se rendant compte de l'aspect familial de son geste. Orion en était à peu près sûr, il ne voulait pas que Stella soit pour lui comme une sœur. Une sœur, il n'en avait qu'une et c'était son Aurore. Point. Alors, pour masquer son embarras, il vint cacher sa main derrière sa nuque pour la gratter. Loupé, il avait l'air encore plus gêné qu'au départ. Idiot.
« Je... Hum... Désolé pour tes cheveux » balbutia-t-il.
Sentant le rouge lui monter aux joues, il s'écarta vivement de la jeune fille, baissant les yeux vers le sol. Il les releva ensuite, cherchant urgemment une horloge du regard. Faussant en avoir trouvé une, il ajouta :
« Oh, merde, j'avais pas vu l'heure ! Bon, je crois que mes parents doivent m'attendre dehors. Je vais aller les rejoindre, du coup. »
Quelle. Honte. Il se saisit de sa malle vivement, manquant de trébucher sur ses propres pieds tant son geste était vif. Mince, qu'est-ce qu'il lui prenait ? Il ne semblait pas avoir été aussi embarrassé le soir de leur rencontre, quand leurs lèvres s'étaient frôlées ? Décidément, Orion était définitivement un enfant de la nuit, rien de plus. À reculons, il s'éloigna alors doucement de la jeune fille en lui adressant un signe de la main.
« Bon, l'affreux, c'est ciao ! Et Stella, on se voit à la rentrée ? N'oublie pas... euh... la lettre ! Bonnes vacances ! »
C'était comme ça que les gens se disaient au revoir, non ? Orion n'en avait pas une foutue idée, lui qui ne se formalisait généralement que très peu des adieux de fin d'année... Le cœur battant, il fit alors volte-face, sa malle sous le bras pour se tirer le plus vite possible. Orion, tu es ridicule.
@Stella Ruewen, finalement, je pense que ce sera une fin de RP pour moi ici, à moins que Stella trouve un nouveau moyen de le retenir ! Bon, on peut dire qu'elle vient de déverouiller un pan de la personnalité que je n'avais encore moi-même jamais vu...
1992 mots — je me suis un peu emportée...
Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
Bout De Laitue à ses heures perdues...
Les écrits valent mieux que les mots
Soulagée que le garçon ne rebondisse pas sur le silence relativement éloquent qu'Etoile avait laissé s'étirer entre eux, elle aurait pu l'embrasser de gratitude. Enfin, elle ne l'aurait pas fais – après tout il s'agissait d'Orion, et elle ne savait jamais comment se comporter avec lui – mais il n'y avait pas de mots pour décrire ce qu'elle ressentit quand il embraya immédiatement sur sa dernière réplique – qui ressemblait fortement à une plaisanterie, étrangement. Décidément, il n'arrêtait pas de déterrer des fragments de la personnalité de l'Etoile qu'elle avait préféré laissés derrière elle, seuls dans un coin oublié. Son corps encore tendu et nerveux se détendit inconsciemment et elle s'autorisa même à oublier de Penser pour juste profiter d'être cachée dans les bras du garçon – ignorant les plaintes dramatiques et désespérées de son compagnon poilu, au plus grand malheur de ce dernier – et faire abstraction du Monde autour d'elle. Juste encore un peu, seulement quelques instants. *Lâche* se moqua le Fantôme. *Quelle honte, tu me dégoutes* poursuivit-il avec acidité. Stella serra les dents mais refusa de céder à ses piques. Pas ici, pas maintenant.
Elle nota le surnom – qui semblait définitif – qu'Orion avait attribué à Shadow était bien loin de plaire à ce dernier. Assit droit comme un piquet, le regard plissé fixé sur le garçon et la queue battant la cadence, il semblait attendre une baisse d'attention de son ennemi pour lui sauter à la gorge. Etoile lui fit les gros yeux, essayant de le dissuader de se lancer dans un combat. Shadow, non ! articula-t-elle silencieusement au matou en fronçant les sourcils. Il émit un bruit étonnant, et l'Aiglonne était certaine que si les chats pouvaient soupirer c'était exactement ce que son familier venait de faire. Elle sourit doucement, attendrie.
Il faudrait tout de même qu'elle fasse un effort pour essayer d'adoucir son comportement, elle ne s'était jamais vraiment rendue compte à quel point il pouvait se montrer agressif avec les Autres. Enfin, le reste de la Masse l'importait peu, mais les réserves du félin sur Orion allaient devoir changer. Si elle en croyait ce que lui disaient son cœur et sa tête, ils risquaient de passer encore du temps ensemble. Et pas qu'un peu. Alors Shadow ferait tout aussi bien de vite s'habituer au garçon avant de se faire des poils blancs.
Pour autant, un énième miaulement plaintif de son compagnon à poils et moustaches lui avait rappelée qu'ils se trouvaient toujours dans un lieu public, et que n'importe qui aurait pu passer et les surprendre entrain de s'enlacer. Les Semblables, une nouvelle fois, la laissaient quelque peu indifférente mais en revanche si jamais sa famille venait à se montrer... Après tout, elle avait certainement du retard sur l'heure de rendez-vous habituelle, et que quelqu'un vienne la chercher jusque sur le quai ne l'aurait pas surprise.
Telles étaient les réflexions qui avaient poussées la jeune sorcière à abandonner la chaleur désormais familière d'Orion et à remettre une distance pudique entre eux. Seulement, le froid qui venait s'enrouler autour de son corps se ressentait comme une représentation physique de leur séparation. Elle pourtant rarement tactile – et encore, uniquement avec sa soeur ou ses amis très proches tels que Mat ou Merine – était-elle réellement devenue dépendant au toucher du Chasseur ? Non, pas juste dépendante. Addicte ? Oui, cela semblait mieux convenir à la sensation désagréable de manque et de vide qui s'emparait d'elle dès qu'elle rompait le contact avec lui, dès qu'elle devait se détacher de lui ou dès qu'elle démêlait ses doigts des siens. Autant de gestes qu'elle n'aurait jamais ô grand jamais supportés auparavant. Et maintenant, chaque occasion était bonne pour sentir les cheveux souples et doux d'Orion sous ses mains, pour se rapprocher de lui et humer son parfum si entêtant qui lui laissait des émotions mitigées, pour effleurer sa peau brulante – si chaude, tellement en contradiction avec ses mimiques et ses répliques – et frissonner, surprise du contact. Mais plus que ça, si Etoile ne rechignait jamais à s'approcher du Serpentard, c'était surtout parce qu'elle se délectait de ses sursaut qu'il pensait invisible, ses brèves tensions qu'il pensait maitriser, ses sourires en coin qu'il pensait dissimuler et l'altération de sa respiration qu'il pensait maquiller d'une taquinerie ou d'une boutade. Plus le temps passait et plus elle s'habituait à lui, et donc plus elle avait de facilités à le lire. Ç'en était même déconcertant.
Mais là, faire ça, se montrer possessif à l'encontre de Shadow ? C'était quelque chose qu'Etoile n'aurait jamais pu anticiper. Il fallait bien reconnaitre qu'il avait réussi à la surprendre – et pas qu'un peu.
Les joues colorées et les yeux brillants de l'averse que la chemise d'Orion avait épongée plus tôt, la Serdaigle ne se sentait pas à son avantage. Déjà que le voyage lui avait donné un air fatigué, avoir le visage rouge et les yeux gonflés n'était pas exactement ce qu'elle avait imaginé pour compléter son look de retour de Poudlard à Londres. Ne restait plus qu'à espérer que ses parents ne posent pas de question sur la raison de l'apparence échevelée de leur fille aînée. Que pourrait-elle bien répondre ? "Désolée j'ai fais une crise d'angoisse dans les bras d'un garçon sur le quai de la gare, alors comment vous allez ? L'image de la réactions de sa famille imposa un bref sourire amusé sur sa bouche, presque aussitôt remplacé par une expression fatiguée. Elle n'avait aucune envie de retrouver ses parents – et même si elle mourrait d'envie d'entendre les aventures de Maliah dans les cachots, elle n'était pas d'humeur à fausser ses rires et sourires juste pour le plaisir du reste de la famille. Non, elle avait plutôt envie de dormir.
Orion rit, et si Etoile avait pu mettre ce bruit en bouteille et s'enivrer tous les soirs, elle l'aurait fait. Ça la terrifiait. * Mais ses rires... Elle aimait croire qu'ils lui étaient réservés, elle s'autorisait à espérer qu'il tienne assez à elle pour lui faire don de ce son magique à elle, et uniquement elle. Stella, l'étoile de la constellation d'Orion, leur Rencontre sous la lumière de la Lune. Jamais la Vie n'avait été aussi poète.
Elle haussa un sourcil amusé lorsqu'il mentionna la possibilité que Shadow puisse retourner sa veste. Alors qu'elle allait rétorquer, Stella abandonna l'idée de lui expliquer en long et en large le sale caractère du matou, trop surprise par le geste du garçon pour dire quoi que ce soit. Il venait de....lui ébouriffer les cheveux ? Elle fronça les sourcils. Non, ça c'était quelque chose qu'Aydan faisait pour elle. Quelque chose qu'elle-même faisait à Maliah ou à Charlie. Mais ce n'était pas un geste qu'elle aurait fait sur Orion – et elle ne s'attendait honnêtement pas à ce qu'il fasse ça sur elle. C'était plutôt...fraternel, comme geste ? Non. Non, non, non. Si elle avait eu besoin d'une figure fraternelle ou qu'elle avait recherché une famille en Orion elle le lui aurait fait comprendre, elle aurait reculé, elle aurait plaisanté. Mais ça... Non, c'était une contradiction. Elle ne voulait pas de ça, c'était presque...mal ? Perturbée, la sorcière en perdit ses mots. Ces mêmes mots qu'il était venu voler directement sur ses lèvres la nuit de leur rencontre, alors comment était-ce possible qu'il les lui subtilise à nouveau mais aussi différemment ? Le visage plissé et les joues rouges, Etoile décida que la première manière était tout de même plus agréable. Plus divertissante ? *Hrmf ça suffit !* se rabroua-t-elle, gênée. Que les Autres étaient différents à la lumière du Soleil que lorsqu'ils étaient illuminés par la Lune ! Et elle, était-elle également différente ?
Les balbutiements maladroits d'Orion la ramenèrent – hélas ! – à leur situation.
Au moins le garçon eut la décence de paraitre embarrassé. C'était la moindre des choses, non ? Pas tant qu'elle aimât le voir bredouiller et s'excuser, mais elle était soulagée qu'il clarifie ce qui venait de se passer. La jeune fille hocha la tête sans savoir à quoi elle réagissait, préférant se concentrer sur Shadow, soudain devenu très intéressant. Merde, que dire ? Quand elle eut le courage de remonter ses yeux vers le Serpentard, elle fut surprise de capter de la couleur sur ses joues. Elle ouvrit grand ses yeux de surprise, étonnée. Il...rougissait ? Lui ? Orion au regard froid et aux piques sans émotions, il venait de rougir ? Démunie, l'Aiglonne réfléchissait toujours à une réactions quand il baissa vivement la tête. Elle sourit doucement, attendrie. C'était assez adorable en fait – même si elle ne se serait jamais attendue à associer "Orion" et "adorable" dans la même phrase. C'était... Etrange. C'était étrange. L'ambiance avait changée si vite, de proches à plaisanter et à se taquiner ils étaient passés à mutiques et gênés. *Bon dieu mais quelque chose !* se motiva-t-elle, entrouvrant la bouche puis la refermant successivement sans savoir quoi dire. Elle devait probablement ressembler à un poisson très perdu – ou très lent dans sa tête.
Fort heureusement, Orion était assez gêné pour deux et son embarras évident eut au moins l'effet d'éviter à Stella de se sentir de la même manière. Certes la situation l'avait dérangée et elle avait été momentanément perplexe, mais maintenant que le garçon se confondait en excuses et en marmonnements devant elle, elle en aurait presque sourit. Presque. Elle n'oublierait pas ce geste, oh que non.
Puis, sans que Stella n'ait le temps de dire quoi que ce soit, il s'était déjà emparé de ses bagages et s'éloignait à toute vitesse en agitant nerveusement la main pour lui souhaiter de bonnes vacances. La Serdaigle sourit en caressant distraitement Shadow. « Moi non plus j'comprends pas » soupira-t-elle en regardant son camarade s'enfuir. « Peut-être qu'il était juste...euh..fatigué ? » dit-elle en haussant les épaules, malgré tout nerveuse que leur dernière rencontre avant la rentrée se conclue sur un malentendu.
Une idée germa dans son esprit, et Etoile aurait pu se mettre à danser tant elle en était fière. Après avoir repassé sa sacoche en travers de son corps et s'être empoignée de ses bagages – en ayant prit le temps de laisser son matou grimper dessus pour s'installer confortablement, elle s'élança vers Orion.
– Attends ! cria-t-elle en s'élançant vers lui, le sourire aux lèvres.
Il lui sembla qu'il ralentit un peu et orienta sa tête vers lui, l'air d'avoir envie de se cacher – ou de simplement fuir la gare – mais ce n'était pas ça qui allait décourager la Ruewen.
Arrivant à son niveau, légèrement essoufflée mais un sourire lumineux sur le visage, elle se hissa sur la pointe des pieds et déposa un léger baiser sur la joue du garçon. « Passe de bonnes vacances, on s'retrouve sur ce quai à la rentrée ! » lança-t-elle avec un sourire en coin. Manifestement bloqué comme un disque rayé, il marmonna quelque chose qui ressemblait à "Oui oui bonne vacances". Etoile s'esclaffa puis reprit son chemin vers la sortie, dépassant Orion et agitant brièvement sa main vers lui. Elle passa la barrière magique sans même le remarquer, l'esprit dans la lune. Sur son chariot de malles, le félin semblait satisfait de pouvoir enfin sortir de la gare et de retrouver l'air libre.
Quant à Stella, elle avait encore la tête là-bas, lové dans les bras du Serpentard. « Ces vacances vont être longues » murmura-t-elle pour elle-même avant d'agiter le bras pour indiquer à ses parents qu'elle était sortie. Etrange de se dire qu'elle attendait déjà la rentrée avec impatience.
Elle nota le surnom – qui semblait définitif – qu'Orion avait attribué à Shadow était bien loin de plaire à ce dernier. Assit droit comme un piquet, le regard plissé fixé sur le garçon et la queue battant la cadence, il semblait attendre une baisse d'attention de son ennemi pour lui sauter à la gorge. Etoile lui fit les gros yeux, essayant de le dissuader de se lancer dans un combat. Shadow, non ! articula-t-elle silencieusement au matou en fronçant les sourcils. Il émit un bruit étonnant, et l'Aiglonne était certaine que si les chats pouvaient soupirer c'était exactement ce que son familier venait de faire. Elle sourit doucement, attendrie.
Il faudrait tout de même qu'elle fasse un effort pour essayer d'adoucir son comportement, elle ne s'était jamais vraiment rendue compte à quel point il pouvait se montrer agressif avec les Autres. Enfin, le reste de la Masse l'importait peu, mais les réserves du félin sur Orion allaient devoir changer. Si elle en croyait ce que lui disaient son cœur et sa tête, ils risquaient de passer encore du temps ensemble. Et pas qu'un peu. Alors Shadow ferait tout aussi bien de vite s'habituer au garçon avant de se faire des poils blancs.
Pour autant, un énième miaulement plaintif de son compagnon à poils et moustaches lui avait rappelée qu'ils se trouvaient toujours dans un lieu public, et que n'importe qui aurait pu passer et les surprendre entrain de s'enlacer. Les Semblables, une nouvelle fois, la laissaient quelque peu indifférente mais en revanche si jamais sa famille venait à se montrer... Après tout, elle avait certainement du retard sur l'heure de rendez-vous habituelle, et que quelqu'un vienne la chercher jusque sur le quai ne l'aurait pas surprise.
Telles étaient les réflexions qui avaient poussées la jeune sorcière à abandonner la chaleur désormais familière d'Orion et à remettre une distance pudique entre eux. Seulement, le froid qui venait s'enrouler autour de son corps se ressentait comme une représentation physique de leur séparation. Elle pourtant rarement tactile – et encore, uniquement avec sa soeur ou ses amis très proches tels que Mat ou Merine – était-elle réellement devenue dépendant au toucher du Chasseur ? Non, pas juste dépendante. Addicte ? Oui, cela semblait mieux convenir à la sensation désagréable de manque et de vide qui s'emparait d'elle dès qu'elle rompait le contact avec lui, dès qu'elle devait se détacher de lui ou dès qu'elle démêlait ses doigts des siens. Autant de gestes qu'elle n'aurait jamais ô grand jamais supportés auparavant. Et maintenant, chaque occasion était bonne pour sentir les cheveux souples et doux d'Orion sous ses mains, pour se rapprocher de lui et humer son parfum si entêtant qui lui laissait des émotions mitigées, pour effleurer sa peau brulante – si chaude, tellement en contradiction avec ses mimiques et ses répliques – et frissonner, surprise du contact. Mais plus que ça, si Etoile ne rechignait jamais à s'approcher du Serpentard, c'était surtout parce qu'elle se délectait de ses sursaut qu'il pensait invisible, ses brèves tensions qu'il pensait maitriser, ses sourires en coin qu'il pensait dissimuler et l'altération de sa respiration qu'il pensait maquiller d'une taquinerie ou d'une boutade. Plus le temps passait et plus elle s'habituait à lui, et donc plus elle avait de facilités à le lire. Ç'en était même déconcertant.
Mais là, faire ça, se montrer possessif à l'encontre de Shadow ? C'était quelque chose qu'Etoile n'aurait jamais pu anticiper. Il fallait bien reconnaitre qu'il avait réussi à la surprendre – et pas qu'un peu.
Les joues colorées et les yeux brillants de l'averse que la chemise d'Orion avait épongée plus tôt, la Serdaigle ne se sentait pas à son avantage. Déjà que le voyage lui avait donné un air fatigué, avoir le visage rouge et les yeux gonflés n'était pas exactement ce qu'elle avait imaginé pour compléter son look de retour de Poudlard à Londres. Ne restait plus qu'à espérer que ses parents ne posent pas de question sur la raison de l'apparence échevelée de leur fille aînée. Que pourrait-elle bien répondre ? "Désolée j'ai fais une crise d'angoisse dans les bras d'un garçon sur le quai de la gare, alors comment vous allez ? L'image de la réactions de sa famille imposa un bref sourire amusé sur sa bouche, presque aussitôt remplacé par une expression fatiguée. Elle n'avait aucune envie de retrouver ses parents – et même si elle mourrait d'envie d'entendre les aventures de Maliah dans les cachots, elle n'était pas d'humeur à fausser ses rires et sourires juste pour le plaisir du reste de la famille. Non, elle avait plutôt envie de dormir.
Orion rit, et si Etoile avait pu mettre ce bruit en bouteille et s'enivrer tous les soirs, elle l'aurait fait. Ça la terrifiait. * Mais ses rires... Elle aimait croire qu'ils lui étaient réservés, elle s'autorisait à espérer qu'il tienne assez à elle pour lui faire don de ce son magique à elle, et uniquement elle. Stella, l'étoile de la constellation d'Orion, leur Rencontre sous la lumière de la Lune. Jamais la Vie n'avait été aussi poète.
Elle haussa un sourcil amusé lorsqu'il mentionna la possibilité que Shadow puisse retourner sa veste. Alors qu'elle allait rétorquer, Stella abandonna l'idée de lui expliquer en long et en large le sale caractère du matou, trop surprise par le geste du garçon pour dire quoi que ce soit. Il venait de....lui ébouriffer les cheveux ? Elle fronça les sourcils. Non, ça c'était quelque chose qu'Aydan faisait pour elle. Quelque chose qu'elle-même faisait à Maliah ou à Charlie. Mais ce n'était pas un geste qu'elle aurait fait sur Orion – et elle ne s'attendait honnêtement pas à ce qu'il fasse ça sur elle. C'était plutôt...fraternel, comme geste ? Non. Non, non, non. Si elle avait eu besoin d'une figure fraternelle ou qu'elle avait recherché une famille en Orion elle le lui aurait fait comprendre, elle aurait reculé, elle aurait plaisanté. Mais ça... Non, c'était une contradiction. Elle ne voulait pas de ça, c'était presque...mal ? Perturbée, la sorcière en perdit ses mots. Ces mêmes mots qu'il était venu voler directement sur ses lèvres la nuit de leur rencontre, alors comment était-ce possible qu'il les lui subtilise à nouveau mais aussi différemment ? Le visage plissé et les joues rouges, Etoile décida que la première manière était tout de même plus agréable. Plus divertissante ? *Hrmf ça suffit !* se rabroua-t-elle, gênée. Que les Autres étaient différents à la lumière du Soleil que lorsqu'ils étaient illuminés par la Lune ! Et elle, était-elle également différente ?
Les balbutiements maladroits d'Orion la ramenèrent – hélas ! – à leur situation.
Au moins le garçon eut la décence de paraitre embarrassé. C'était la moindre des choses, non ? Pas tant qu'elle aimât le voir bredouiller et s'excuser, mais elle était soulagée qu'il clarifie ce qui venait de se passer. La jeune fille hocha la tête sans savoir à quoi elle réagissait, préférant se concentrer sur Shadow, soudain devenu très intéressant. Merde, que dire ? Quand elle eut le courage de remonter ses yeux vers le Serpentard, elle fut surprise de capter de la couleur sur ses joues. Elle ouvrit grand ses yeux de surprise, étonnée. Il...rougissait ? Lui ? Orion au regard froid et aux piques sans émotions, il venait de rougir ? Démunie, l'Aiglonne réfléchissait toujours à une réactions quand il baissa vivement la tête. Elle sourit doucement, attendrie. C'était assez adorable en fait – même si elle ne se serait jamais attendue à associer "Orion" et "adorable" dans la même phrase. C'était... Etrange. C'était étrange. L'ambiance avait changée si vite, de proches à plaisanter et à se taquiner ils étaient passés à mutiques et gênés. *Bon dieu mais quelque chose !* se motiva-t-elle, entrouvrant la bouche puis la refermant successivement sans savoir quoi dire. Elle devait probablement ressembler à un poisson très perdu – ou très lent dans sa tête.
Fort heureusement, Orion était assez gêné pour deux et son embarras évident eut au moins l'effet d'éviter à Stella de se sentir de la même manière. Certes la situation l'avait dérangée et elle avait été momentanément perplexe, mais maintenant que le garçon se confondait en excuses et en marmonnements devant elle, elle en aurait presque sourit. Presque. Elle n'oublierait pas ce geste, oh que non.
Puis, sans que Stella n'ait le temps de dire quoi que ce soit, il s'était déjà emparé de ses bagages et s'éloignait à toute vitesse en agitant nerveusement la main pour lui souhaiter de bonnes vacances. La Serdaigle sourit en caressant distraitement Shadow. « Moi non plus j'comprends pas » soupira-t-elle en regardant son camarade s'enfuir. « Peut-être qu'il était juste...euh..fatigué ? » dit-elle en haussant les épaules, malgré tout nerveuse que leur dernière rencontre avant la rentrée se conclue sur un malentendu.
Une idée germa dans son esprit, et Etoile aurait pu se mettre à danser tant elle en était fière. Après avoir repassé sa sacoche en travers de son corps et s'être empoignée de ses bagages – en ayant prit le temps de laisser son matou grimper dessus pour s'installer confortablement, elle s'élança vers Orion.
– Attends ! cria-t-elle en s'élançant vers lui, le sourire aux lèvres.
Il lui sembla qu'il ralentit un peu et orienta sa tête vers lui, l'air d'avoir envie de se cacher – ou de simplement fuir la gare – mais ce n'était pas ça qui allait décourager la Ruewen.
Arrivant à son niveau, légèrement essoufflée mais un sourire lumineux sur le visage, elle se hissa sur la pointe des pieds et déposa un léger baiser sur la joue du garçon. « Passe de bonnes vacances, on s'retrouve sur ce quai à la rentrée ! » lança-t-elle avec un sourire en coin. Manifestement bloqué comme un disque rayé, il marmonna quelque chose qui ressemblait à "Oui oui bonne vacances". Etoile s'esclaffa puis reprit son chemin vers la sortie, dépassant Orion et agitant brièvement sa main vers lui. Elle passa la barrière magique sans même le remarquer, l'esprit dans la lune. Sur son chariot de malles, le félin semblait satisfait de pouvoir enfin sortir de la gare et de retrouver l'air libre.
Quant à Stella, elle avait encore la tête là-bas, lové dans les bras du Serpentard. « Ces vacances vont être longues » murmura-t-elle pour elle-même avant d'agiter le bras pour indiquer à ses parents qu'elle était sortie. Etrange de se dire qu'elle attendait déjà la rentrée avec impatience.
Actions du personnage vu avec la Plume.
@Orion Blackburn, comme promis voilà qui conclut cette courte mais très agréable Valse !
Au plaisir de te retrouver en Ecosse cette fois (mais avant tout, bonne nuit !)
~1919 mots, j'ai oublié ce que c'était les posts de 400 mots..
* citation originale : "She'd laughed, and if he could have bottled the sound and gotten drunk on it every night, he would have. It terrified him." Leigh Bardugo, Six of Crows
@Orion Blackburn, comme promis voilà qui conclut cette courte mais très agréable Valse !
Au plaisir de te retrouver en Ecosse cette fois (mais avant tout, bonne nuit !)
~1919 mots, j'ai oublié ce que c'était les posts de 400 mots..
* citation originale : "She'd laughed, and if he could have bottled the sound and gotten drunk on it every night, he would have. It terrified him." Leigh Bardugo, Six of Crows
15 ans / 4eme Année RP / fiche PR / / #004d65 / RDD / coucou rappeltout
"Am I boring ? Sure. Social skills ? None. But I’m loyal if you feed me and will never leave you cuz, well…. I need the food."
"Am I boring ? Sure. Social skills ? None. But I’m loyal if you feed me and will never leave you cuz, well…. I need the food."