14 août 2025, 15:10
La fièvre draconique K.H Coupe de Dragonnerie
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13 Août 2050

Quatre jours s’étaient écoulés depuis qu’Alice était arrivée en Norvège, et son excitation ne s’était pas atténuée. Tout au contraire, elle s’était même renforcée au fil des différentes épreuves auxquelles elle avait assisté. Irina Moldavan et Myoritz avaient été spectaculaires. Et Arthur Délavent ? Sa maîtrise sur le dos de Onyx avait absolument subjugué Alice ! Elle en avait déjà entendu parler par le biais de Père qui avait eu la chance de partager ses années à Beauxbâtons avec lui. Il avait omis de dire à quel point cet homme était capable de prouesse. Son cœur battait encore la chamade, incapable de se calmer après avoir vu un tel étalage de performance.

La petite fille en elle n’en avait jamais assez. Elle voulait rencontrer chaque dragonnier et les écouter parler encore et encore de leur métier, de leur lien si précieux avec leur dragon. Voir briller dans leurs yeux la passion qui nourrissait cette fillette fascinée par les créatures anthropophage et qui, un jour, aurait aimé travailler avec eux.
Ce ne serait pas la première fois qu'Alice échangerait avec un sportif. Depuis qu'elle était enfant, Alice était une habituée des courses à dos d'hippogriffe. Elle en avait vu de nombreuses, de très nombreuses... mais cela n'avait rien à voir avec la dragonnerie. Le lien qu'entretenait un sorcier avec un hippogriffe n'était pas le même qu'avec un dragon, Alice en était convaincue.

Elle irait voir les concurrents pour en parler avec eux. Tous. Ou peut-être pas. Si Irina Moldavan et Arthur Délavent avaient toute la sympathie d’Alice, il n’en était rien pour le concurrent anglais. Peut-être était-il charmant. Peut-être. Mais l’homme dégageait quelque chose qui ne lui plaisait pas, et Alice ne saurait dire exactement de quoi il s’agissait. De toutes manières, Hamilton avait bien assez de fans pour qu’Alice vienne s’y ajouter.

Emmitouflée dans un manteau de daim et de fourrure, capuche rabattue sur la tête, Alice marchait dans les couloirs que formaient les tentes en mangeant des frites achetées plus tôt. Elle avait refusé la sauce qui devait les accompagner, puisqu’elle exécrait tout ce qui se rapprochait de près ou de loin a du piment. Comment diable pouvait-on éprouver du plaisir en se brûlant les papilles gustatives ? Alice laissait cela au soin des dragons.

Alice ne faisait plus attention à ceux qui l'entouraient, absolument concentrée par son besoin de calmer son cœur agité par l'excitation. Cela durait depuis trop de jours désormais. Sa concentration était presque à néant. Alice dormait mal ou à peine, s'endormant avec le souvenir des ailes draconiques battant les airs, des lèvres des dragonniers s'agitant pour guider leur monture. Elle se réveillait le matin avec le sourire, prête à recommencer, prête à sentir les cris des dragons résonner dans ses os. Pour rien au Monde elle n'aurait échangé sa place.

Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050

16 août 2025, 07:09
La fièvre draconique K.H Coupe de Dragonnerie
13 août 2050
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Irina Moldavan
PNJ de la Coupe

Dire que la dragonnière roumaine était de mauvaise humeur serait un outrageux euphémisme. Non, elle était folle de rage ; et cette ire noire et venimeuse lui tordait les tripes dans tous les sens, la faisant cogiter tous les soirs dans sa tente, seule dans son humiliation et son amertume.

Dix ans. Une décennie d'entraînements intensifs, de sueurs et de discipline pour repousser les limites – aussi bien celles de Myoritz que les siens. Cette ardente ambition était d'autant plus attisée par la terrible frustration d'avoir vu ses rêves s'arrêter en demi-finale lors de l’édition précédente, et à la huitième de finale de la Coupe du Monde contre cet insolent Fen Xue et ses agaçantes esquives. Une décennie d'entraînements pour finir dixième sur douze lors des qualifications. Les traits de son visage se froissèrent sous sa capuche, fermement tirée sur sa tête.

Elle maudissait cet imbécile d'italien pour avoir proposé une épreuve aussi ridicule – l’art de la dragonnerie n’était point un vulgaire cirque à pirouettes et acrobaties pour amuser le public. Et le jury... Moldavan frémissait de colère rien qu'à la pensée de ces incapables.

La sorcière serait restée isolée dans sa tente si ce n'était pas pour son dragon. En effet, Irina sortait tous les jours pour aller voir sa monture dans le lieu de repos des dragons, son visage prudemment dissimulé sous la capuche de sa cape d'hiver. Ces sorties lui faisaient beaucoup plus de bien que ce qu'elle ne se l'avouerait, quand bien même le chemin vers sa précieuse créature frôlait dangereusement l'espace couvert plein à craquer de spectateurs.

Sa vue était quelque peu obstruée par le tissu, et elle ne remarqua pas l'épaule qui vint se heurter au sien. Le choc fut brutal, mais pas assez pour l'ébranler ; seulement, la violence de l'impact fit glisser sa capuche en arrière, dévoilant son visage qu'elle tenait jusqu'alors dans l’ombre de sa cape. Le fin sourcil de la trentenaire se dressa alors sur son front alors qu'elle jaugea l'impertinente du regard. Ses yeux marron se plissèrent dans un jugement silencieux en se posant sur la graisseuse et infâme collation que celle-ci tenait dans ses mains, avant de revenir se planter dans ses prunelles d'or blanc.

La grande taille de la dragonnière lui permettait de la toiser d'en haut, l'air de dire : voyons voir quelle misérable excuse tu oseras déblatérer pour t'être dressée dans mon chemin, pauvre malotrue.

#00476b]simple sorcier prenant soin de sa peau (aux conseils avisés de la sublime Miya Ryuū)

17 août 2025, 15:56
La fièvre draconique K.H Coupe de Dragonnerie
Alice avait songé trop vite : elle aurait volontiers échangé sa place avec n’importe qui tant que cela lui évitait de vive l’effroyable bousculade qu’elle subit.
Le choc d’une épaule fit chanceler Alice sur le côté, et expédia une partie de son cornet de frites au sol. Son regard resta quelques instants braqués sur le sol, ses yeux arrondis par la surprise. Elle n’aimait pas le gâchis, pas plus qu’elle n’aimait être bousculée. Voilà pourquoi Alice évitait les bains de foule. Le contact avec les autres la rebutait, autant que la maladresse de certain.

Alice leva son visage vers le maladroit, ses sourcils froncés, ses lèvres prêtent à cracher indignation et agacement.
Ses mots s’étranglèrent dans sa gorge alors qu’elle reconnaissait l’une de ses idoles : Irina Moldavan. Pas une silhouette anonyme, ni une passante indélicate… non, elle, la dragonnière qu’Alice estimait plus que les autres. Elle qui ne craignait rien, ni personne. Elle dont le talent pardonnait le mauvais caractère.

Figée, son regard d’argent s’écarquilla, accroché au visage découvert par la capuche retombée. Chaque trait, chaque ombre, chaque pli de la bouche d’Irina semblait plus réel, plus intense que dans toutes les représentations qu’Alice avait pu voir. Son cœur battait à rompre ses côtes, ses doigts se raidissant autour de son misérable cornet de frites comme si c’était là la seule chose la retenant de s’effondrer.

« … Irina Moldavan… » souffla t-elle, la voix étranglée, plus un halètement qu’une parole. Ses lèvres s’ouvrirent, puis se refermèrent aussitôt, incapables de trouver la moindre phrase digne de ce nom.

Alice regrettait amèrement le regard indigné, colérique qu’elle avait levé sur la roumaine. Ses joues rosirent vivement. La honte de sa maladresse - car c’était bien la sienne, pas celle d’Irina, bien sûr que non - la submergea d’un seul coup. Elle voulait disparaître, s’effacer dans la foule, mais ses pieds restaient cloués au sol. Ses yeux, eux, ne pouvaient se détacher de cette femme immense qui la toisaient comme on juge un insecte.
Il fallait à tout prix lui faire bonne impression ! Lui faire oublier cet incident. Lui dire à quel point Alice l’avait trouvé merveilleuse contre l’italien, qu’elle n’aurait pas dû perdre, que…

« Myoritz et vous avez étés incroyables, comme toujours ! » jetèrent ses lèvres avant de se concerter plus longtemps avec le cerveau. Alice tendit un sourire à Irina, un trop grand, trop fébrile, trop… honnête, finalement. Et ce cœur qui battait la chamade, cette exaltation enfantine qui refusait toute accalmie ! « Vous aviez votre place en semi-finale ! Et… je… »

Par pitié, qu’elles cessent de s’articuler ! Les mots étaient vides, ses yeux pétillaient bien trop.
Alice s’était longtemps demandée pourquoi Père n’avait jamais trouvé le temps pour l’emmener à la Réserve des Hébrides… elle comprenait à présent qu’il ne voulait sans doute pas voir sa fille devenir une autre au contact du monde de la dragonnerie.

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Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050

27 août 2025, 17:08
La fièvre draconique K.H Coupe de Dragonnerie
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Irina Moldavan
PNJ de la Coupe

Irina Moldavan ne détournait jamais le regard au cours d'une conversation. Elle regardait toujours son interlocuteur droit dans les yeux, l'air de dire Oui, je suis Irina Moldavan et je suis là pour gagner et conquérir. Mais comment soutenir ce regard pétillant d'admiration, ces paroles débordantes d'un enthousiasme qui ne la rendait que plus honteuse encore de sa défaite ?

En d'autres circonstances, les lèvres pâles de la roumaine se seraient peut-être étirées dans ce qui s'apparenterait à un très, très discret sourire. Et elle lui aurait accordé un regard plein de convictions, comme pour lui assurer que oui, la petite blonde avait raison de la penser admirable, puisqu'elle l'était. Et qu'elle triompherait, comme toujours. Mais rien de tout cela n'arrivera, parce qu'elle n'a pas gagné – et les flatteries de la sorcière ne faisaient que de rendre son humeur d'autant plus massacrante.

« Ma place en semi-finale ? Chercheriez-vous à me narguer ? » siffla-t-elle dans un anglais teinté d'un fort accent roumain.

La dragonnière esquissa un pas supplémentaire vers son interlocutrice, les sourcils froncés alors que ses yeux vomissaient une colère noire, prête à jaillir et à fondre sur sa proie. Pourtant, au fond d’elle, la douloureuse certitude que cette fureur n’avait rien de légitime persistait. Mais, fidèle à elle-même, elle choisit de céder à cette rage et de la jeter sur le visage de la pauvre sorcière, coupable seulement d’avoir eu le malheur de se trouver là.

« Vous me rendrez service en vous taisant ; je n'aime guère être bercée de flatteries mensongères. »

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28 août 2025, 21:49
La fièvre draconique K.H Coupe de Dragonnerie
Une poids tomba tout au fond du ventre d’Alice. S’agissait-il de son cœur d’enfant que l’on venait de poignarder ?
Ce petit coeur qui s’emballait depuis des jours à la vue de ces décors merveilleux, à l’écoute du cris des dragons, à l’espoir de rencontrer un célèbre dragonnier. Il palpitait encore, serrait avec douleur la lame que l’une d’entre elle venait d’y planter.

Alice se tût, le souffle coupé par la violence des propos de la roumaine, ses lèvres encore entrouvertes. Ses épaules retombèrent, lourdes du regard noir que lui jetait Moldavan.
Mais…
Pourquoi ?
Pourquoi cette virulence ? Cette agressivité ? Alice avait été polie. Un tantinet trop émue et bousculée par la rencontre avec sa favorite, mais jamais elle n’avait chercher à la narguer ou à lui mentir. Alice avait été honnête. Cela ne se voyait-il pas ? Toute cette retenue qu’elle s’imposait au quotidien avait volé en éclat pour accueillir l’inestimable cadeau que les Ancêtres lui avaient offert en mettant Moldavan sur son chemin.

C’était injuste.
Alice s’était bien comportée, et ne méritait pas tant de véhémence. Elle ne méritait pas d’être un os sur lequel Moldavan pouvait se faire les crocs. Car c’était bien cela, n’est-ce pas ? Courroucée d’avoir échouée, elle avait décidée d’apaiser ses tourments.

Les lèvres d’Alice se refermèrent dans un claquement de dents. Elle recula d’un pas, son menton dressé, mais son regard… ah, le regard ne mentait pas. Alice était vexée, endolorie d’être ainsi traitée.

« Je ne mens pas », articula Alice, déçue, profondément déçue. Elle n’avait rien à rétorquer, elle qui, pourtant, avait tant d’aisance à cracher son fiel lorsqu’elle était blessée. Mais face à Irina Moldavan ? Cette femme qui fendait les airs et faisait battre son coeur plus fort à chaque vrille ? Alice ne parvenait pas à puiser ni dans sa colère, ni dans sa douleur.
Alice ne mentait pas. Alice n’était pas une ignoble flagorneuse. Elle était sincère : Moldavan l’avait époustouflée. Qu’aurait-elle dû dire ? “Ma dame, vous avez été un tantinet moins adroite que votre adversaire” aurait-il été plus adéquat ?
Si la déception ne l’avait point rendue muette, Alice aurait sans doute jeté cette réplique au visage de la roumaine.
Alors, sans reculer alors que l’autre s’était avancée, Alice gardait son regard bien planté dans le sien.
Déçue, oui, mais aussi profondément agacée d’être considérée comme une baratineuse.

Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
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