Le vertige après l’élan
⋈—✧—✾—✧—⋈
| ——— | Je n’entamais pas de pari sans cause, ni sans désir de gagner, et c’était le seul désir que j’avais — du moins, c’est ce que je me disais. D’une certaine manière, je me demandais bien ce qui m’était passé par la tête. Plus que tout, je n’aimais pas la sensation que je l’avais vexée… ou qu’elle m’avait vexé ? Je… non… je me clarai la gorge, acceptant la serviette pour essuyer la sauce sur mon nez. Même sur la peau, c’était épicé. Ou peut-être était-ce le froid, combiné à l’humidité de la sauce, qui provoquait cette sensation. Mes joues rougissaient, et pour éviter de me faire prendre dans mes propres manigances, je pris quelques frites de plus. Ah, ce picotement sur ma langue, la chaleur qui montait à mes joues, mes robes doublées d’hiver qui me faisaient à la fois sentir congelé et surchauffé… Ça devait être les dragons, et le froid de l’archipel. Et puis il y avait cette peur persistante qui me hantait au cours du match se déroulant devant moi. À peine nos paris placés, j’avais le sentiment de devoir déjà gérer le ménage avant la fin du séjour. Naviguer comment jouer un couple semblait une tâche insurmontable. Ça n’aidait pas qu’elle me le rappelle. En tentant de me distraire, j’aperçus un couple s’embrasser, et je ne pus m’empêcher d’imaginer ses lèvres sur les miennes. Quand elle recommença à parler, je ne pus m’empêcher de lui lancer un regard, comme si je pouvais deviner ce qu’elle allait proposer. Puis elle ajouta cette dernière affirmation. Rien. Rien. Je ne savais pas quoi en penser, alors je fis ce qu'elle me demanda et me laissai aller. « C’est incroyable ! Lopes-Diouf vient d’utiliser la force de MacFusty contre lui ! Nessia lutte, tente de corriger, mais Dùsgadh lui barre la sortie et l’enferme dans les anneaux ! Mesdames et messieurs, quelle stratégie ! » La voix du commentateur me sortit de ma stupeur. Mon regard retourna sur le terrain. Les vents avaient changé, et Dùsgadh venait de me donner un nouvel espoir. Malgré cela, une étrange sensation me serrait l’abdomen. Un mélange de nervosité et d’excitation, comme si le duel de dragons résonnait avec ce que je vivais à quelques mètres de moi. J'allais peut-être gagner mon pari… elle prétendrait être ma copine… Mon cœur se débattait autant à cause du duel achevant sous mon regard que par la réalisation que j’allais peut-être goûter ce que c’était d’avoir ce genre de relation. Du moins, d'une certaine façon. Ça restait un fruit interdit. Pas par une interdiction, mais jusqu'à présent je n'avais pas voulu tenter quoi que ce soit. Maintenant que j'en avais une opportunité, je comptais en profiter à fond. T'as peut-être raison de vouloir pratiquer, je ne pus m'empêcher de lui offrir un petit sourire en coin en lui tendant ma main. Ce serait peut-être une manière plus… simple de commencer. |
——— |
Le vertige après l’élan
« C’est incroyable ! Lopes-Diouf vient d’utiliser la force de MacFusty contre lui ! Nessia lutte, tente de corriger, mais Dùsgadh lui barre la sortie et l’enferme dans les anneaux ! Mesdames et messieurs, quelle stratégie ! »
Les mots du commentateur résonnaient dans ma tête et m’empêchait de réfléchir à autre chose. Lopes-Diouf était clairement en train d’inverser les choses et Dùsgadh se retrouvaient en grandes difficultés. Je retenais ma respiration comme si cela aurait pu faire s’arrêter le temps par la même occasion.
Mais rien y fut. C’était terminé… pour MacFusty.
Pas déjà… Je n’avais pas encore éclaircit certaines ambiguïtés dans mon esprit. Je n’avais pas non plus encore bien définit les règles sine qua none à l’acceptation d’être une pseudo copine pour Rowan. Et je n’avais pas également pu développer les grandes lignes de ce qu’était une « rupture magistrale ». Mon esprit ne fonctionnait qu’avec des règles à respecter et là… il y en avait juste pas. J’étais perdue.
Je risquais un regard sur le côté pour croiser directement celui de Rowan qui me tendait sa main. L’Irlandais semblait bien plus détendu.
Cela fit un peu redescendre la pression – il ne le prenait pas au sérieux j’en étais presque sûre - mais je restai interdite un instant face à cette main tendue, essayant de trouver une remarque cinglante pour tourner les choses autrement… mais rien ne vint et mes doigts se refermèrent sur eux-mêmes dans la poche de mon manteau.
- Heu… Oui, je ne saurais pas improviser. Mais en fait, tu sais, je...
Si je revenais sur ma promesse, il allait se moquer de moi ou me détester… Et, je n’avais envie ni de l’un, ni de l’autre. Je n’allais donc pas au-delà dans ma phrase.
En résumé, je n’avais pas trouvé de remarques pour détourner l’attention et je n’avais pas non plus trouver le moyen de me défiler…
Je soufflais un bon coup et finissais donc par dégager ma main de ma poche. Ce n’était qu’un pari après tout. Et puis, tenir une main ce n’était rien. Comme quand, mon père tenait ma main plus petite pour traverser la route. C’était tout pareil. Je finissais par me convaincre que encore une fois, je réfléchissais trop pour rien au final.
Je finissais par poser ma main sur la sienne avec légèreté. Mes doigts ne firent que frôler les siens. Je ne savais pas si j’avais le « droit » de passer mes doigts entre les siens ou de serrer plus fort sa main alors je lui laissais le choix entre le faire ou accepter ce simple geste.
- Bon tu n’auras pas à réfléchir à comment soigner les émotions de Haddey, dis-je pour essayer d’éloigner les pensées du garçon sur autre chose.
La différence de température entre ma main qui sortait tout juste de ma poche et la sienne qui n’avait que connue le froid glacial de Svalbard, me perturba une fraction de seconde mais ne fut pas suffisant pour me donner envie de me dégager.
502 mots
@Rowan Pendergast
Les mots du commentateur résonnaient dans ma tête et m’empêchait de réfléchir à autre chose. Lopes-Diouf était clairement en train d’inverser les choses et Dùsgadh se retrouvaient en grandes difficultés. Je retenais ma respiration comme si cela aurait pu faire s’arrêter le temps par la même occasion.
Mais rien y fut. C’était terminé… pour MacFusty.
Pas déjà… Je n’avais pas encore éclaircit certaines ambiguïtés dans mon esprit. Je n’avais pas non plus encore bien définit les règles sine qua none à l’acceptation d’être une pseudo copine pour Rowan. Et je n’avais pas également pu développer les grandes lignes de ce qu’était une « rupture magistrale ». Mon esprit ne fonctionnait qu’avec des règles à respecter et là… il y en avait juste pas. J’étais perdue.
Je risquais un regard sur le côté pour croiser directement celui de Rowan qui me tendait sa main. L’Irlandais semblait bien plus détendu.
Cela fit un peu redescendre la pression – il ne le prenait pas au sérieux j’en étais presque sûre - mais je restai interdite un instant face à cette main tendue, essayant de trouver une remarque cinglante pour tourner les choses autrement… mais rien ne vint et mes doigts se refermèrent sur eux-mêmes dans la poche de mon manteau.
- Heu… Oui, je ne saurais pas improviser. Mais en fait, tu sais, je...
Si je revenais sur ma promesse, il allait se moquer de moi ou me détester… Et, je n’avais envie ni de l’un, ni de l’autre. Je n’allais donc pas au-delà dans ma phrase.
En résumé, je n’avais pas trouvé de remarques pour détourner l’attention et je n’avais pas non plus trouver le moyen de me défiler…
Je soufflais un bon coup et finissais donc par dégager ma main de ma poche. Ce n’était qu’un pari après tout. Et puis, tenir une main ce n’était rien. Comme quand, mon père tenait ma main plus petite pour traverser la route. C’était tout pareil. Je finissais par me convaincre que encore une fois, je réfléchissais trop pour rien au final.
Je finissais par poser ma main sur la sienne avec légèreté. Mes doigts ne firent que frôler les siens. Je ne savais pas si j’avais le « droit » de passer mes doigts entre les siens ou de serrer plus fort sa main alors je lui laissais le choix entre le faire ou accepter ce simple geste.
- Bon tu n’auras pas à réfléchir à comment soigner les émotions de Haddey, dis-je pour essayer d’éloigner les pensées du garçon sur autre chose.
La différence de température entre ma main qui sortait tout juste de ma poche et la sienne qui n’avait que connue le froid glacial de Svalbard, me perturba une fraction de seconde mais ne fut pas suffisant pour me donner envie de me dégager.
502 mots
@Rowan Pendergast
Le vertige après l’élan
⋈—✧—✾—✧—⋈
| ——— | Si la vengeance se servait froid, la victoire avait une certaine chaleur. Non, ça c'était la main de Kate contre mes doigts qui devaient être congelés. Dans mes manigances je n'avais aucunement considéré que quelque chose d'aussi innocent pourrait potentiellement être sans...confort. Mes mains sont froides, je ne peux m'empêcher de dire. Bien qu'il fasse froid aux cachots, ce n'est jamais si froid. Je veux lui demander pardon, mais la foule commence avec son enthousiasme et sa joie avec certainement quelques peines parmi eux. C'est la fin. La fin. Le match...il était fini. Jusqu’alors, c’était mon pari avec Kate qui faisait battre mon cœur trop vite. Nos échanges qui faisaient en sorte que je ne sache jamais où nos cartes allaient tomber. Cette fois, c’était le match — la manière dont Amara reprenait le contrôle. Tel un signe des ancêtres pour montrer que parfois il faut du nouveau sang. Parfois ce n'est pas la tradition et la rigidité du passé qui fonctionnent. Je cherche toujours ma place dans le monde, mais ce genre de démonstration me donne espoir que peut-être certaines de mes pensées, de mes ressentis ne sont pas aussi loufoques que je le crois. Pour un instant je me laisse emporter par la foule, toujours tenant la main de Kate. Quand je me retourne vers elle, j'ai quasiment peur de sourire. Mes traits s'adoucissent un peu. Ma victoire se traduit par sa défaite, et je n'ai jamais été du style à prendre plaisir dans ce genre de situation. Allez, on se trouve un endroit plus...chaud ? Je lui offre. Peut-être une discussion autour d'une boisson chaude aiderait. Une tisane ou peut-être même un Gløgg à base de jus, pas que je dirais non à sa version adulte si jétais honnête avec moi-même, la réalité commençant à trouver sa mire. J'étais hors de mes capacités et je le savais bien. Autant dire que j’étais un Niffleur agrippé à un monument doré : ébloui, fébrile et complètement dépassé. Un niffleur ne pouvait pas se faufiler avec une statue en poche, et je n'étais pas certain de pouvoir faire croire à quiconque que j'avais une petite amie. On était en public, sa main dans la mienne. Avancer au milieu de la foule était tout un défi, mais je vis un couple devant moi, le bras du sorcier autour de celui de sa sorcière. Au moins je ne la perdrais pas, et puis elle aurait moins froid. C'était logique, et je fis ce qui me semblait le plus naturel dans nos circonstances. Je laissai tomber sa main et posai la mienne sur le bas de son dos, remontant doucement jusqu’au creux sous ses côtes, la gardant contre mon côté pour qu’elle reste proche de moi tandis que nous nous frayions un chemin dans la foule. Chaque pas me semblait calculé, chaque mouvement dans la foule un équilibre fragile. Le froid mordait mes joues, mes cheveux collant légèrement à ma tempe, mais la chaleur qui émanait de Kate, douce et réconfortante, me rappelait que je n'étais pas seul. Mon esprit tourbillonnait, essayant de calculer nos avancements dans la foule tout en ne laissant rien trahir de mon embarras. J'avais gagné. Amara avait gagné. Mais plus que tout, j'étais sans équivoque un imbécile. |
——— |
Le vertige après l’élan
Je ne pus m'empêcher de sourire malgré la situation. Oui. Sa main était froide. Glaciale même. Mais c’était surtout le ton un peu surpris, presque enfantin, avec lequel il venait de le constater qui me fit rire intérieurement et acheva de rendre la situation anodine.
Avant que je n’aie le temps de répliquer, la foule se mit à nous happer. Tout le monde voulait quitter les gradins en même temps, et évidemment, ça créait des vagues de mouvement un peu désordonnées. La seule solution pour ne pas perdre Rowan fut donc de resserrer mes doigts autour des siens. Un réflexe… ou une excuse pour ne pas lâcher ? Non, juste un réflexe.
L’avancée au milieu de la masse était délicate. Les spectateurs se pressaient, chacun espérant retrouver la chaleur d’un intérieur. D’ailleurs, Rowan venait de souffler la même idée. Une bonne idée, en fait. On devait bien fixer les règles de ce pari avant de rentrer, et une boisson chaude ne ferait pas de mal. La fougue ne pouvait pas toujours l'emporter après tout - bon Lopes-Diouf avait eu de la chance - seule la rationalité comptait.
- La Taverne du Magyar est sur notre chemin, proposai-je.
Et là… le chaos. Pas celui de la foule, non. Le vrai chaos vint de lui. Rowan avait lâché ma main quand des sorciers avaient réussi à s’infiltrer entre nous. Enfin… « lâché » n’était pas le problème. C’était ce qu’il avait fait juste après. Son bras passa autour de ma taille, comme une barrière pour me garder près de lui, m’empêcher de me perdre.
Bon. C’était logique. Pratique même. Rien de plus. Pas vrai ?
…Pas vrai ?
Je sentis ma respiration se bloquer une seconde, et une petite voix revint dans ma tête. Cela faisait bien un moment que je ne l'avais plus entendue.
Calme-toi Kate. Respire. Il ne fait que t’éviter de disparaître dans la foule. Rien d’autre.
La voix de la raison avait pris un ton un peu moins convaincant que d’habitude. D'ailleurs, depuis quand la voix de la raison prenait le parti de Rowan ?
Depuis que tu ne l'écoutes plus...
Je me laissai cependant guider, avançant au rythme du Serpentard jusqu’à l’extérieur des tribunes puis plus longuement jusqu'à la Taverne. Le froid me piquait le visage, mais curieusement, c’était moins violent que la chaleur diffuse du bras de Rowan autour de moi.
- Si tu permets… dis-je enfin lorsqu'on fut sorti, en osant repousser doucement son bras pour retrouver sa main.
Il n’y avait plus autant de monde, alors il n’avait plus besoin de cette précaution, évidemment. Mais pourquoi avais-je ressenti le besoin de la remplacer par sa main ? Pourquoi pas simplement marcher à côté de lui comme deux camarades normaux ? Je resserrai mes doigts autour des siens dans un nouveau mauvais réflexe. Ou peut-être pas si mauvais que ça, je ne sais plus…
- On choisit une place à l’intérieur ? Je te laisse décider de la table, ajoutai-je en entrant en même temps que lui dans la tente de la Taverne.
Le bruit m’assaillit aussitôt. Entre les rires, les exclamations et les récits animés du duel qui venait de se jouer, l’ambiance n’était pas vraiment mon genre. Mais c’était au moins chaleureux, et il y avait encore des tables libres. Rowan avait le champ pour choisir.
Moi, en revanche, j'avais à bien réfléchir mais à tout autre chose. Il allait falloir que je trouve quoi répondre à ce pari. Et surtout… que je décide ce que je voulais vraiment y mettre comme limites.
584 mots
@Rowan Pendergast, Kate a réussi à tout rationnaliser, même la plume est surprise
Avant que je n’aie le temps de répliquer, la foule se mit à nous happer. Tout le monde voulait quitter les gradins en même temps, et évidemment, ça créait des vagues de mouvement un peu désordonnées. La seule solution pour ne pas perdre Rowan fut donc de resserrer mes doigts autour des siens. Un réflexe… ou une excuse pour ne pas lâcher ? Non, juste un réflexe.
L’avancée au milieu de la masse était délicate. Les spectateurs se pressaient, chacun espérant retrouver la chaleur d’un intérieur. D’ailleurs, Rowan venait de souffler la même idée. Une bonne idée, en fait. On devait bien fixer les règles de ce pari avant de rentrer, et une boisson chaude ne ferait pas de mal. La fougue ne pouvait pas toujours l'emporter après tout - bon Lopes-Diouf avait eu de la chance - seule la rationalité comptait.
- La Taverne du Magyar est sur notre chemin, proposai-je.
Et là… le chaos. Pas celui de la foule, non. Le vrai chaos vint de lui. Rowan avait lâché ma main quand des sorciers avaient réussi à s’infiltrer entre nous. Enfin… « lâché » n’était pas le problème. C’était ce qu’il avait fait juste après. Son bras passa autour de ma taille, comme une barrière pour me garder près de lui, m’empêcher de me perdre.
Bon. C’était logique. Pratique même. Rien de plus. Pas vrai ?
…Pas vrai ?
Je sentis ma respiration se bloquer une seconde, et une petite voix revint dans ma tête. Cela faisait bien un moment que je ne l'avais plus entendue.
Calme-toi Kate. Respire. Il ne fait que t’éviter de disparaître dans la foule. Rien d’autre.
La voix de la raison avait pris un ton un peu moins convaincant que d’habitude. D'ailleurs, depuis quand la voix de la raison prenait le parti de Rowan ?
Depuis que tu ne l'écoutes plus...
Je me laissai cependant guider, avançant au rythme du Serpentard jusqu’à l’extérieur des tribunes puis plus longuement jusqu'à la Taverne. Le froid me piquait le visage, mais curieusement, c’était moins violent que la chaleur diffuse du bras de Rowan autour de moi.
- Si tu permets… dis-je enfin lorsqu'on fut sorti, en osant repousser doucement son bras pour retrouver sa main.
Il n’y avait plus autant de monde, alors il n’avait plus besoin de cette précaution, évidemment. Mais pourquoi avais-je ressenti le besoin de la remplacer par sa main ? Pourquoi pas simplement marcher à côté de lui comme deux camarades normaux ? Je resserrai mes doigts autour des siens dans un nouveau mauvais réflexe. Ou peut-être pas si mauvais que ça, je ne sais plus…
- On choisit une place à l’intérieur ? Je te laisse décider de la table, ajoutai-je en entrant en même temps que lui dans la tente de la Taverne.
Le bruit m’assaillit aussitôt. Entre les rires, les exclamations et les récits animés du duel qui venait de se jouer, l’ambiance n’était pas vraiment mon genre. Mais c’était au moins chaleureux, et il y avait encore des tables libres. Rowan avait le champ pour choisir.
Moi, en revanche, j'avais à bien réfléchir mais à tout autre chose. Il allait falloir que je trouve quoi répondre à ce pari. Et surtout… que je décide ce que je voulais vraiment y mettre comme limites.
584 mots
@Rowan Pendergast, Kate a réussi à tout rationnaliser, même la plume est surprise
Le vertige après l’élan
⋈—✧—✾—✧—⋈
| ——— | Avancer au milieu de la foule me semblait moins chaotique avec elle à mes côtés. Chaque respiration que je percevais, chaque léger frisson provoqué par le froid et l’anticipation m’ancrait dans le moment. J’avais gagné. Amara avait gagné. Mais plus que tout, j’étais en train de découvrir que je pouvais partager ces instants, même avec la peur et l’embarras, et que ce n’était pas si catastrophique. Sa main retrouva la mienne, ses paroles en écho dans mon esprit alors que la Taverne du Magyar se rapprochait. Sa poigne était ferme, pleine de cette assurance que je l’imaginais avoir sur son balai. J’égalai sa force, la retenant aussi solidement qu’elle me tenait, nos doigts enlassés d’une manière plus confortable que je ne voulais l’admettre. Chaque pression, chaque contact, même minime, me rappelait qu’elle était là, réelle et présente, et non simplement un détail dans le tumulte autour de nous. Avec un hochement, je lui répondis silencieusement. Oui, un endroit à l’intérieur ferait l’affaire. Les mots restaient pris dans ma gorge. On pourrait retirer nos robes d’hiver, prendre un moment pour se réchauffer, peut-être même faire d’autres observations pour notre fausse relation. Je n’allais certainement pas me servir du dernier roman du club de lecture de ma mère pour me guider dans notre fausse relation. En jetant un regard autour, je notai une table vers l’arrière qui nous offrirait une certaine intimité tout en nous laissant voir une bonne partie de la taverne. La lumière chaude des lampes dansait sur le bois poli, le parfum du Gløgg et de la cannelle flottait dans l’air, et le mélange d’odeurs de chaudronnerie ajoutait un arrière-goût presque magique à l’atmosphère. Chaque détail me donnait l’impression de ralentir le temps, de savourer ce moment simple mais rare. Ici, lui indiquai-je, relâchant sa main pour la laisser prendre place avant de la rejoindre. J’en perdis peut-être ma voix un instant, mais pas au point d’oublier mes manières. Non, je pouvais être gentleman, même si la nature de notre pari me semblait en être l’antithèse. Une fois ma robe d’hiver placée à mes côtés, je sentais sa présence à mes côtés. On avait une certaine synchronisation pour se rendre jusque-là. Chaque geste semblait précieux et fragile, un fil invisible que je voulais suivre. Le silence entre nous n’était plus vide ; il était un espace où je pouvais enfin respirer, réfléchir et observer, sans crainte ni précipitation. Kate était logique, on pouvait trouver de quoi travailler dans cette affaire. Je nous prends de quoi à boire ? lui demandai-je, commençant à sortir de mon siège. C'était plus facile que de commencer avec l'Éruptif dans la tente, et étrangement, je me sentais prêt à affronter la situation tout autant que j’en tremblais. Je ne savais pas combien de temps durerait ce moment, ni si l’instant resterait intact après nos discussions, mais le simple fait de sentir sa présence suffisait à me rendre attentif, vivant et… étrangement serein. Je devais donc m’en défaire. __________________ J'adore. C'est à Rowan d'avoir une crise existentielle. Mdrrrr @Kate Hunter |
——— |
Le vertige après l’élan
Mes pensées avaient éclipsé tout sentiment de défaite. Oui, j’avais perdu, mais sans ressentir ce poids qui aurait dû en découler.
Je laissai Rowan nous guider vers l’arrière de la tente, suivant son geste sans broncher. L’endroit était bien choisi : suffisamment au calme pour qu’on puisse s’entendre malgré le brouhaha ambiant.
Je déposai mes vêtements d’hiver à côté de moi et me tournai vers le Serpentard qui, étrangement, semblait plus réservé depuis qu’on avait quitté les tribunes. Pas d’exubérance à se vanter de la victoire de Lopes-Diouf, pas de cris de triomphe. Au contraire, il paraissait même… calme. Est-ce qu’il réfléchissait autant que moi ?
- Oui, merci Rowan. Heu… un Gløgg sans alcool pour moi, si ça te va ?
Je le laissai passer commande en lui glissant de quoi régler et profitais de ce petit instant suspendu… ou de ce vide, peut-être ?… pour repasser l’après-midi dans ma tête. « Fausse petite amie »… Est-ce que le plus insensé, c’était la proposition en elle-même ou bien le fait que je n’avais pas refusé ? Je me le répétais en boucle, sans pourtant ressentir le moindre regret.
Mes yeux dérivaient parfois vers Rowan. Pour m’assurer que tout se passait bien… ou simplement pour l’observer discrètement, profitant du fait que son attention soit ailleurs.
Il revint quelques minutes plus tard, alors que j'en étais à me rejouer mentalement toute la semaine écoulée. Je le laissai s’installer avant de partager le fil de mes pensées.
- J’étais en train de réfléchir et je me disais que la semaine était passée super vite.
Demain, ce serait déjà la course finale et la cérémonie de clôture. Entre notre installation à Svalbard, nos petites excursions pour visiter les environs et les différentes épreuves, les journées avaient filé. Et puis, Rowan n’était pas aussi grognon que je l'avais pensé après notre rencontre au Chemin de Traverse… Passer la majorité de mon temps en sa compagnie avait rendu cette semaine étonnamment agréable.
Je baissai brièvement les yeux, à la recherche d’un peu de contenance, puis croisai mes bras sur la table avant de continuer :
- Tu veux bien qu’on reparle de mon défi ? Du coup… On se tiendra la main, ça marche bien… Enfin… je crois ? Ha, et il faut qu’on parle de la rupture. Ça te va si c’est toi qui romps ?
Voilà. J’avais réussi à poser les deux vraies questions : que faire, et comment finir. L’une m’intimidait, l’autre me mettait mal à l’aise… mais différemment. Je n’étais pas une personne cruelle : sur un terrain ou un parcours de courses, peut-être, mais pas en dehors.
Il serait donc bien plus simple que ce soit lui qui engage la rupture. Et puis, si comme je continuais de le penser, sa proposition n’était qu’un moyen de taquiner sa sœur, il valait mieux que ce soit lui qui porte le "coup final" à notre relation pour éviter de se faire charrier éternellement. De mon côté, je n’avais pour ma part aucune envie que sa mère m’en tienne responsable. Après tout ce qu’elle avait fait en m’invitant, je ne pouvais pas lui rendre les choses ainsi, mieux valait que cela vienne d'une décision de son fils lui-même.
535 mots
Je laissai Rowan nous guider vers l’arrière de la tente, suivant son geste sans broncher. L’endroit était bien choisi : suffisamment au calme pour qu’on puisse s’entendre malgré le brouhaha ambiant.
Je déposai mes vêtements d’hiver à côté de moi et me tournai vers le Serpentard qui, étrangement, semblait plus réservé depuis qu’on avait quitté les tribunes. Pas d’exubérance à se vanter de la victoire de Lopes-Diouf, pas de cris de triomphe. Au contraire, il paraissait même… calme. Est-ce qu’il réfléchissait autant que moi ?
- Oui, merci Rowan. Heu… un Gløgg sans alcool pour moi, si ça te va ?
Je le laissai passer commande en lui glissant de quoi régler et profitais de ce petit instant suspendu… ou de ce vide, peut-être ?… pour repasser l’après-midi dans ma tête. « Fausse petite amie »… Est-ce que le plus insensé, c’était la proposition en elle-même ou bien le fait que je n’avais pas refusé ? Je me le répétais en boucle, sans pourtant ressentir le moindre regret.
Mes yeux dérivaient parfois vers Rowan. Pour m’assurer que tout se passait bien… ou simplement pour l’observer discrètement, profitant du fait que son attention soit ailleurs.
Il revint quelques minutes plus tard, alors que j'en étais à me rejouer mentalement toute la semaine écoulée. Je le laissai s’installer avant de partager le fil de mes pensées.
- J’étais en train de réfléchir et je me disais que la semaine était passée super vite.
Demain, ce serait déjà la course finale et la cérémonie de clôture. Entre notre installation à Svalbard, nos petites excursions pour visiter les environs et les différentes épreuves, les journées avaient filé. Et puis, Rowan n’était pas aussi grognon que je l'avais pensé après notre rencontre au Chemin de Traverse… Passer la majorité de mon temps en sa compagnie avait rendu cette semaine étonnamment agréable.
Je baissai brièvement les yeux, à la recherche d’un peu de contenance, puis croisai mes bras sur la table avant de continuer :
- Tu veux bien qu’on reparle de mon défi ? Du coup… On se tiendra la main, ça marche bien… Enfin… je crois ? Ha, et il faut qu’on parle de la rupture. Ça te va si c’est toi qui romps ?
Voilà. J’avais réussi à poser les deux vraies questions : que faire, et comment finir. L’une m’intimidait, l’autre me mettait mal à l’aise… mais différemment. Je n’étais pas une personne cruelle : sur un terrain ou un parcours de courses, peut-être, mais pas en dehors.
Il serait donc bien plus simple que ce soit lui qui engage la rupture. Et puis, si comme je continuais de le penser, sa proposition n’était qu’un moyen de taquiner sa sœur, il valait mieux que ce soit lui qui porte le "coup final" à notre relation pour éviter de se faire charrier éternellement. De mon côté, je n’avais pour ma part aucune envie que sa mère m’en tienne responsable. Après tout ce qu’elle avait fait en m’invitant, je ne pouvais pas lui rendre les choses ainsi, mieux valait que cela vienne d'une décision de son fils lui-même.
535 mots
Le vertige après l’élan
⋈—✧—✾—✧—⋈
| ——— | Deux Gløgg sans alcool alors, je lui répétai avec un demi-sourire. Avec sa commande en tête, je partis faire la file pour nos breuvages. Après avoir répété plusieurs fois dans ma tête les mots « deux Gløgg sans alcool », je me remis à réfléchir à ce que j’avais vraiment gagné : une fausse relation, et une rupture que ma famille ne manquerait certainement pas de remarquer. Je pris sa monnaie malgré tout, même si je ne comptais pas l’utiliser. Un petit ami payait pour sa copine, non ? Bien que mes parents partagent un compte Gringotts et viennent tous deux de familles plutôt aisées, Darragh Pendergast prenait toujours l’addition. Ça, je n’avais pas besoin de l’apprendre ailleurs pour le savoir. Mais je ne voulais pas non plus créer toute une scène avec Kate avant même d’avoir eu la chance de finaliser nos règles. Je hochai du chef, posant les tasses de Gløgg sans alcool avant de m’asseoir à ses côtés. C’est vrai que tout s’est passé très rapidement. On a dû se retrouver en bonne compagnie au final. N'était-ce pas l'expression ? Le temps file quand on est bien entouré. Quelques semaines auparavant, je n’aurais pas imaginé Kate être de bonne compagnie, mais elle l’était. Intelligente, posée, stratégique. Elle aurait fait toute une Serpentard dans la vie. Tasse en main, je pris une première gorgée de Gløgg, laissant la boisson me réchauffer avec ses épices et sa chaleur bienvenue sur ma langue. Une sensation qui n'était pas trop différente d'être aux côtés de Kate. Elle avait une chaleur qu'il ne connaissait pas à présent dans sa vie. Se tenir la main aiderait à l'image, et juste être plus proches l'un de l'autre, je lui accordai. C'était surréel comme conversation. Je ne crois pas qu'on a besoin de nourrir l'autre mais on peut certainement trouver de l'inspiration avant de rejoindre ma famille pour le goûter...ou on peut toujours leur dire qu'on veut être nous deux pour le repas... J'imagine que mon père et mes sœurs n'auraient aucun problème à me voir me rapprocher de Kate, mais ma mère, elle, je ne serais pas surprise qu'elle ait un mot à dire comme quoi que ce n'était pas approprié. Cela dit, ce serait une merveilleuse méthode de pousser la narrative, et puis on avait pas besoin de le faire, just leur faire à croire si Kate avait besoin d'un moment. Rowan tenta de trouver des excuses, des idées, n'importe quoi, mais elle avait sorti l'idée de la rupture, et bien qu'il apprécie mieux qu'elle cause la rupture, il pourrait travailler les choses en sa faveur. Et pour la rupture… il faudra justifier et trouver la cause… Rowan se sentait hors de sa zone de confort encore une fois, mais c'était important au fond. Avant que je puisse oublier, je sortis les pièces de monnaie qu'elle m'avait offertes. Et c'est ma traite. Je ne serais pas un très bon copain si je ne m'occupais pas de toi. Autour de nous les conversations continuaient, des tasses et gobelets se rencontrant dans de petits élan festifs. Plutôt que de prendre une deuxième gorgée, je lui tends. Faudrait peut-être commencer par célébrer la victoire d'Amara Lopez-Diouf, et cette nouvelle relation entre nous...C'était plus facile de garder les choses légères. __________________ Ils sont trop mignons nos deux @Kate Hunter |
——— |
Le vertige après l’élan
Je pris la tasse que Rowan avait posée sur la table, accompagnant le geste d’un sourire tandis qu’il s’installait à mes côtés.
- Merci, dis-je en opinant du chef. Oui… je n’aurais pas cru pouvoir le dire mais… ta présence est… hum… allez… acceptable ?
Bien sûr, « acceptable » n’était pas du tout le mot. J’appréciais la compagnie du Serpentard, bien plus que je ne voulais l’admettre à voix haute. S’il n’y avait pas eu Rowan, cette semaine aurait eu un goût bien plus terne. C’était une personne attachante quand on prenait la peine de gratter un peu sous sa carapace, et j’étais contente d’avoir pu m’en faire une autre opinion et de ne pas être restée sur celle du Chemin de Traverse.
Le parfum épicé du Gløgg créait une ambiance réconfortante entre nous. Je soufflai légèrement sur la surface ambrée pour la refroidir avant d’en prendre une petite gorgée. Pendant ce temps, Rowan déroulait déjà ses idées.
Manger ensemble ? Vraiment ? Kate, tu es sûre que vous ne cherchez pas juste des excuses pour passer plus de temps ensemble ? Non parce que c'est semble toute logi...
- On pourra tenter pour le goûter, déjà ? proposai-je en réfléchissant. Je ne voudrais pas offusquer tes parents.
Mon fichu cerveau continuait de se raconter des absurdités. Mieux valait couper court aux pensées dans ces cas là.
Tapotant distraitement ma tasse du bout des doigts, j’essayai de remettre de l’ordre dans ces dernières : garder les choses claires... rationnelles. Ce n’était qu’un pari. Pas plus.
Pour la suite, je laissai surtout Rowan parler. Non pas que je craigne de m’imposer, mais parce que j’avais besoin de m’attarder sur certains passages. Il s’investissait dans cette « nouvelle relation », pour reprendre ses mots, presque comme s’il s’agissait d’une vraie. Trop investi, peut-être… et pourtant, ce n’était pas désagréable de l’entendre.
Je relevai les yeux vers lui et, un instant, je crus percevoir autre chose dans son ton. Une légèreté qui se voulait innocente en apparence… Mon cerveau criait à l'alerte flirt mais je décidais de le mettre là encore sous cloche.
- Je te le revaudrai, promis, dis-je en reprenant mes pièces. Puis… tu m’as déjà fait un cadeau tout gentil ce matin. C'est que je suis chanceuse de t’avoir, ajoutai-je dans un mouvement instinctif, en levant ma tasse pour trinquer avec la sienne. Elle a été trop forte Lopes-Diouf, franchement surprenant son final... bravo pour ta perspicacité, ça vaut célébration oui....
J'avais regrettai presque aussitôt le choix de mes mots, « chanceuse de t’avoir », et avais essayé de me rattraper en revenant à la discussion sur Lopes-Diouf . Qu'est-ce qui m'avait pris ?
Rowan était calme, chaleureux, attentionné. D’abord la boîte de friandises avec les écailles ce matin, puis maintenant la note de la boisson. Il y avait peut-être un peu de Poufsouffle en lui, finalement… C'était sûrement ça qui avait dû me troubler.
486 mots
Ils sont cutes oui
. @Rowan Pendergast
- Merci, dis-je en opinant du chef. Oui… je n’aurais pas cru pouvoir le dire mais… ta présence est… hum… allez… acceptable ?
Bien sûr, « acceptable » n’était pas du tout le mot. J’appréciais la compagnie du Serpentard, bien plus que je ne voulais l’admettre à voix haute. S’il n’y avait pas eu Rowan, cette semaine aurait eu un goût bien plus terne. C’était une personne attachante quand on prenait la peine de gratter un peu sous sa carapace, et j’étais contente d’avoir pu m’en faire une autre opinion et de ne pas être restée sur celle du Chemin de Traverse.
Le parfum épicé du Gløgg créait une ambiance réconfortante entre nous. Je soufflai légèrement sur la surface ambrée pour la refroidir avant d’en prendre une petite gorgée. Pendant ce temps, Rowan déroulait déjà ses idées.
Manger ensemble ? Vraiment ? Kate, tu es sûre que vous ne cherchez pas juste des excuses pour passer plus de temps ensemble ? Non parce que c'est semble toute logi...
- On pourra tenter pour le goûter, déjà ? proposai-je en réfléchissant. Je ne voudrais pas offusquer tes parents.
Mon fichu cerveau continuait de se raconter des absurdités. Mieux valait couper court aux pensées dans ces cas là.
Tapotant distraitement ma tasse du bout des doigts, j’essayai de remettre de l’ordre dans ces dernières : garder les choses claires... rationnelles. Ce n’était qu’un pari. Pas plus.
Pour la suite, je laissai surtout Rowan parler. Non pas que je craigne de m’imposer, mais parce que j’avais besoin de m’attarder sur certains passages. Il s’investissait dans cette « nouvelle relation », pour reprendre ses mots, presque comme s’il s’agissait d’une vraie. Trop investi, peut-être… et pourtant, ce n’était pas désagréable de l’entendre.
Je relevai les yeux vers lui et, un instant, je crus percevoir autre chose dans son ton. Une légèreté qui se voulait innocente en apparence… Mon cerveau criait à l'alerte flirt mais je décidais de le mettre là encore sous cloche.
- Je te le revaudrai, promis, dis-je en reprenant mes pièces. Puis… tu m’as déjà fait un cadeau tout gentil ce matin. C'est que je suis chanceuse de t’avoir, ajoutai-je dans un mouvement instinctif, en levant ma tasse pour trinquer avec la sienne. Elle a été trop forte Lopes-Diouf, franchement surprenant son final... bravo pour ta perspicacité, ça vaut célébration oui....
J'avais regrettai presque aussitôt le choix de mes mots, « chanceuse de t’avoir », et avais essayé de me rattraper en revenant à la discussion sur Lopes-Diouf . Qu'est-ce qui m'avait pris ?
Rowan était calme, chaleureux, attentionné. D’abord la boîte de friandises avec les écailles ce matin, puis maintenant la note de la boisson. Il y avait peut-être un peu de Poufsouffle en lui, finalement… C'était sûrement ça qui avait dû me troubler.
486 mots
Ils sont cutes oui
Le vertige après l’élan
⋈—✧—✾—✧—⋈
| ——— | Acceptable ? Ma présence était… acceptable ? Elle aurait mieux fait de me gifler. Plutôt que de laisser mes traits et ma langue me trahir, je pris une gorgée de mon Gløgg. C’était chaud, si je n’avais pas pris mon thé aussi frais que possible, j’aurais probablement brûlé ma langue. Acceptable… mais n’avait-elle pas souri à mes côtés ? N’avait-elle pas tenté de me donner la béquée ? Il y avait aussi le pari entre nous. Arrête d’être dense, Rowan, ce n’est que temporaire et de convenance… Au moins mes pensées demeuraient aussi rationnelles qu’elles le pouvaient. Un mélange d’épices et d’alcool imprégnait l’air. J’aurais dû tenter la version adulte rendue là, mais non, je n’avais pas voulu perdre la tête avec la châtaine à mes côtés. En fait, je crois que ma mère s'y attend depuis le début, j’admis. Je n’avais pas manqué les regards ni les insinuations laissant entendre que je devrais être un meilleur compagnon. J’allais jouer leur jeu, et au final, il ne resterait plus rien pour que ma famille garde au-dessus de ma tête comme une épée de Damoclès. Alors que Kate pianotait sa tasse avec ses doigts, mon pouce traçait le côté de porcelaine le plus proche de moi. Mes parents ne s'offusqueront pas. Du moins pas pour ça. Tant que je ne ternisse pas le nom de Pendergast, il n'y a pas grand-chose pour les fâcher... Le fait que Kate soit née-moldue ferait en sorte que j’aie des conversations plus tard sur ce qui est attendu de moi, mais tant que c’était passager, je doutais avoir plus qu’un regard ferme et peut-être quelques paroles choisies vers moi. Je lui avais fait un cadeau ce matin ? Autre que ma présence je ne voyais pas de quoi elle parlait, mais si ça aidait notre charade, je n’allais pas la contrarier. J'espère que c'était... plus qu'acceptable, je ne pus m'empêcher de dire avant de lever ma tasse pour la trinquer avec la sienne. Avais-je rêvé ? Elle s'était dit chanceuse de m'avoir ? Peut-être qu'elle tenait de Serpentard avec ses attentats de me garder à un bras de distance. Plutôt que d'y réfléchir trop, j'utilisai la mention du match pour garder le sujet léger. Un vrai couple célèbrerait, non ? C'est vrai que c'était tout un match. Je me préparais à devoir faire la vaisselle honnêtement, ajoutai-je, une chaleur me monta le long de la nuque. Au moins mes boucles et mon collet cachaient ma réaction. J'avais du mal à comprendre comment avec quelques paroles elle pouvait me faire sentir des choses aussi viscérales. |
——— |
Le vertige après l’élan
Je sentais une différence dans l’attitude du Serpentard. Ses gestes, son regard, cette façon de se réfugier dans sa tasse… tout trahissait une certaine gêne.
Était-ce ma petite boutade qui l’avait mis dans cet état ? J’en eus presque mauvaise conscience, sans pour autant trouver la force de le corriger aussitôt.
Par mimétisme, je portai donc moi aussi sans broncher ma tasse à mes lèvres.
- Oui, j’avais remarqué. Puis Faolan… je soupçonne que c’est un peu devenu son objectif, lui confiai-je les joues rougies par sa confidence sur sa mère.
Je continuais de suivre les mouvements du Serpentard ne bronchant pas lorsqu’il parlait de la famille Pendergast. Près de 5 ans que je baignais dans cet univers de la magie et les familles sorcières me paraissaient… compliquées à suivre. Un peu archaïques d’esprit. Mais cela je n’allais pas le confier à Rowan. Surtout que j’avais beaucoup de respect et de reconnaissance envers sa famille.
Ces petites confidences, je les goûtais plus que je ne l’aurais cru. Normalement, je les aurais déjà consignées dans mon carnet, rangées avec les autres anecdotes utiles sur des joueurs adverses. Mais là… avec Rowan, c’était différent. Je n’avais pas envie de le réduire à une note stratégique.
La conversation revint sur le cadeau qu’il m’avait laissé et mon coeur fit un bond malgré lui. Une petite partie de celui-ci avait espéré que ce cadeau ne vienne pas de lui. Mais il n’avait pas nié… bien au contraire, il semblait même y tenir car voilà qu’il revenait sur ce qui pour moi n’avait était qu’une taquinnerie. Mais on sentait bien au son de sa voix que pour lui ça avait prit une tournure bien différente. J’avais raison, je l’avais peut-être vexé sans le vouloir.
Je choisis de ne pas répondre directement. Je réflechissais cette fois à mieux tourner ma réponse mais voilà qu’il venait déjà d’enchaîner sur autre chose.
- Dommage, oui ! J’avais hâte de voir le duo de super-nettoyeurs Haddey–Rowan avec Haddey qui nettoie pendant que toi t’essaie juste de ne pas casser les assiettes, lançai-je avec un sourire léger, espérant désamorcer l’air bougon qu’il avait au visage.
Presque drôle de le voir ainsi, d’ailleurs. Presque… parce qu’une part de moi ne voulait pas qu’il conserve cet air chafouin.
Je posai ma tasse, mes doigts glissant distraitement sur sa anse avant de relever les yeux vers lui.
- Et pour ta question… eh bien, oui, avouai-je en repensant à la petite signature laissée sur le mot qui accompagnait son cadeau.
Je marquai une courte pause, juste assez longue pour sentir mon cœur battre plus vite.
- Et aussi… j’ai trouvé ta compagnie bien plus qu’acceptable, corrigeai-je enfin. Est-ce que... l’admettre... change quelque chose ?, dis-je avec la naïveté d'une enfant qui voulait se faire pardonner.
Cette fois, peut-être pour la première fois, ma voix trahissait à peine la légèreté que j’aurais voulu donner à ma phrase. La question sonnait presque sans équivoque. Je voulais le rassurer, oui… mais surtout, je voulais entendre sa réponse, j’en avais besoin.
504 mots
Était-ce ma petite boutade qui l’avait mis dans cet état ? J’en eus presque mauvaise conscience, sans pour autant trouver la force de le corriger aussitôt.
Par mimétisme, je portai donc moi aussi sans broncher ma tasse à mes lèvres.
- Oui, j’avais remarqué. Puis Faolan… je soupçonne que c’est un peu devenu son objectif, lui confiai-je les joues rougies par sa confidence sur sa mère.
Je continuais de suivre les mouvements du Serpentard ne bronchant pas lorsqu’il parlait de la famille Pendergast. Près de 5 ans que je baignais dans cet univers de la magie et les familles sorcières me paraissaient… compliquées à suivre. Un peu archaïques d’esprit. Mais cela je n’allais pas le confier à Rowan. Surtout que j’avais beaucoup de respect et de reconnaissance envers sa famille.
Ces petites confidences, je les goûtais plus que je ne l’aurais cru. Normalement, je les aurais déjà consignées dans mon carnet, rangées avec les autres anecdotes utiles sur des joueurs adverses. Mais là… avec Rowan, c’était différent. Je n’avais pas envie de le réduire à une note stratégique.
La conversation revint sur le cadeau qu’il m’avait laissé et mon coeur fit un bond malgré lui. Une petite partie de celui-ci avait espéré que ce cadeau ne vienne pas de lui. Mais il n’avait pas nié… bien au contraire, il semblait même y tenir car voilà qu’il revenait sur ce qui pour moi n’avait était qu’une taquinnerie. Mais on sentait bien au son de sa voix que pour lui ça avait prit une tournure bien différente. J’avais raison, je l’avais peut-être vexé sans le vouloir.
Je choisis de ne pas répondre directement. Je réflechissais cette fois à mieux tourner ma réponse mais voilà qu’il venait déjà d’enchaîner sur autre chose.
- Dommage, oui ! J’avais hâte de voir le duo de super-nettoyeurs Haddey–Rowan avec Haddey qui nettoie pendant que toi t’essaie juste de ne pas casser les assiettes, lançai-je avec un sourire léger, espérant désamorcer l’air bougon qu’il avait au visage.
Presque drôle de le voir ainsi, d’ailleurs. Presque… parce qu’une part de moi ne voulait pas qu’il conserve cet air chafouin.
Je posai ma tasse, mes doigts glissant distraitement sur sa anse avant de relever les yeux vers lui.
- Et pour ta question… eh bien, oui, avouai-je en repensant à la petite signature laissée sur le mot qui accompagnait son cadeau.
Je marquai une courte pause, juste assez longue pour sentir mon cœur battre plus vite.
- Et aussi… j’ai trouvé ta compagnie bien plus qu’acceptable, corrigeai-je enfin. Est-ce que... l’admettre... change quelque chose ?, dis-je avec la naïveté d'une enfant qui voulait se faire pardonner.
Cette fois, peut-être pour la première fois, ma voix trahissait à peine la légèreté que j’aurais voulu donner à ma phrase. La question sonnait presque sans équivoque. Je voulais le rassurer, oui… mais surtout, je voulais entendre sa réponse, j’en avais besoin.
504 mots