Mal dans ma peau
TW : Dysphorie de genre/corporelle
Jeudi 8 septembre 2050
09h00 - @Hyacinthe Kyros
09h00 - @Hyacinthe Kyros
Cela fait quelques jours que nous sommes rentrés, quelques jours que je me déteste, quelques jours que je rumine une pensée. Celle d’aller voir le nouveau psychomage de Poudlard. Pourquoi lui ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi ici ? Je n’en sais rien. Depuis que je l’ai vu au banquet de rentrée, avant même de savoir qui il était, il m’a intrigué et l’aura qu’il dégageait m’a mis en confiance… tout comme elle m’a perturbée. Des questions que je ne me posais plus vraiment, des doutes que j’avais ensevelis, des craintes que j’avais mis de côté, sont venues frapper à ma porte comme si elles ne demandaient qu’à sortir. J’ai tenté de les faire taire, de les remettre à leur juste place, de m’en débarasser à nouveau. Mais il n’y avait rien à faire, ces pensées parasites revenaient à la charge, occupant alors la majeure partie de mon cerveau. Étaient-elles suffisament encombrantes pour aller les confier à un inconnu en me mettant à nu ? Cela me semblait impensable. Et pourtant, après une n-ieme rumination, je m’étais décidé à user de mon temps libre pour aller au troisième étage toquer à la porte de notre nouveau psychomage. J’avais comme une intuition qu’il me comprendrait, que si je ne devais en parler qu’à une seule personne ça serait à lui.
Une fois rentré dans la salle d’attente, je prends place sur l’un des fauteuils après avoir signalé ma présence en espérant qu’il ne tarde pas trop à venir me chercher. Je me sentais capable de me dégonfler et repartir dans l’autre sens à tout moment. Et plus le temps filait plus je me demandais ce que je faisais vraiment ici et plus l’envie de m’en aller était grande. Mon regard se pose sur quelques magazines sans s’y attarder, se balade sur les différentes plantes de la pièce, revient sur les différentes parties de mon corps. Un profond sentiment de dégoût mais surtout de détachement m’envahis. Ce n’est pas le mien.
Mal dans ma peau
Hyacinthe s’était avancé jusque dans le couloir lorsqu’on l’avait averti de la présence d’un élève en salle d’attente. À cette heure-ci, il n’attendait personne. Il était encore tôt et le roux était, pour être tout à fait honnête, à peine réveillé. La nuit avait été longue et peu reposante, une fois de plus. Ses doigts passèrent machinalement sur son torse afin de lisser les plis de sa robe. Il inspira doucement puis poussa la porte.
Ses yeux noisette tombèrent sur le jeune Poufsouffle installé dans le fauteuil. Son sourire se dessina, poli, un peu contraint mais réchauffé par l’effort qu’il y mettait. Le visage qu'il rencontra ne pouvait pas encore être qualifié de familier, mais Hyacinthe avait fait de son mieux pour apprendre autant de noms que possibles.
- Bonjour, monsieur... Marshall ? Entrez, je vous en prie.
Il s’effaça pour l’inviter à passer dans son bureau. La pièce offrait une atmosphère calme bien qu'un peu fraîche.
- Je peux vous proposer du thé ou un chocolat, si vous le souhaitez. Il est encore tôt, j'espère que vous avez eu le temps de prendre votre petit-déjeuner ?
Hyacinthe se déplaça sans brusquerie, ses gestes nets et précis. Si le Poufsouffle buvait, il en profiterai certainement pour terminer son café. Où l'avait-il posé, déjà ? Ah, le bureau. Toujours sur le bureau. Ses longs cils battirent une fois pour chasser une pensée intrusive et il porta son attention sur Torin.
- Merci d’avoir pris la peine de venir. Je sais que ce n’est jamais une démarche facile. Souhaitez-vous me parler de ce qui vous amène ou préférez-vous que nous discutions un peu ?
Ses yeux noisette tombèrent sur le jeune Poufsouffle installé dans le fauteuil. Son sourire se dessina, poli, un peu contraint mais réchauffé par l’effort qu’il y mettait. Le visage qu'il rencontra ne pouvait pas encore être qualifié de familier, mais Hyacinthe avait fait de son mieux pour apprendre autant de noms que possibles.
- Bonjour, monsieur... Marshall ? Entrez, je vous en prie.
Il s’effaça pour l’inviter à passer dans son bureau. La pièce offrait une atmosphère calme bien qu'un peu fraîche.
- Je peux vous proposer du thé ou un chocolat, si vous le souhaitez. Il est encore tôt, j'espère que vous avez eu le temps de prendre votre petit-déjeuner ?
Hyacinthe se déplaça sans brusquerie, ses gestes nets et précis. Si le Poufsouffle buvait, il en profiterai certainement pour terminer son café. Où l'avait-il posé, déjà ? Ah, le bureau. Toujours sur le bureau. Ses longs cils battirent une fois pour chasser une pensée intrusive et il porta son attention sur Torin.
- Merci d’avoir pris la peine de venir. Je sais que ce n’est jamais une démarche facile. Souhaitez-vous me parler de ce qui vous amène ou préférez-vous que nous discutions un peu ?
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@Torin Marshall
@Torin Marshall
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
Mal dans ma peau
La voix me tire de mes pensées, me sort du cercle sombre dans lequel elles s'étaient engagées. Je mets un certain temps avant de réaliser que c'est le psychomage qui me parle et je parviens qu'à bafouiller "B...jour, pardon, oui, merci" en retour, le regard perdu. Je me secoue intérieurement et tente d'étirer mes lèvres dans un très léger sourire en entrant dans son bureau. Mon regard se pose sur les nombreuses plantes qui ornent la salle de consultation. Je ne m'attendait pour ainsi dire par à tant de verdure, j'imaginais plus ça comme étant une simple salle avec deux fauteuils qui se font face, plus médical, moins... chaleureux. C'est perturbant, mais j'aime bien, ça a un petit côté fantastique, comme si j'étais entré.e dans un autre univers. Mon sourire se fait un peu moins timide à mesure que je découvre cet espace si accueillant. On y est bien tout compte fait ici, même si devoir parler de ce qui me tracasse à un adulte m'impressionne toujours autant.
- Je l'ai déjà pris, merci, je suis un... fin heu... je me lève tôt, j'espère que je ne vous dérange pas. Damn it ! Je ne sais jamais comment me genrer lorsque je dois parler de moi. Le masculin me fait bizarre mais j'y ai toujours été habitué, c'est ce qui vient naturellement... et le féminin... je sais pas. Je sais plus. Pourquoi pas ? Mais ça me fait bizarre aussi, parce que j'suis pas une fille. 'fin bref, j'espère qu'il n'a rien relevé... ou au contraire qu'il allait me poser la question sur cette hésitation ? Raaaaaaah que c'est duuuuuur ! Brrrr. Heureusement qu'il mène pour l'instant le début de notre conversation. Je n'aurais pas dit non à nouveau chocolat chaud cela dit mais... tant pis, je n'ose pas lui demander. C'est difficile oui, j'admets tout en me dandinant d'une jambe sur l'autre en attendant qu'il m'invite à m'asseoir. Quoi qu'ais-je vraiment envie de m'asseoir ? Rester debout c'est une manière de dissimuler ma gêne et puis au moins je peux rapidement partir en courant à tout moment... Je suis là parce que... fin... je sais pas comment le dire. Je suis un peu... perdu ? Et j'ai peur. Je me reconnais pas et je ne sais pas quoi faire. Je laisse planer le silence quelques secondes avant de poser une question qui me brûlait les lèvres sans que j'en ai vraiment conscience.
- Vous êtes un homme ou une femme ? Ou... pardon, désolé, c'est indiscret, je devrais pas vous demander ça, oubliez. C'est juste que... nouveau silence, comment lui dire ? Vous voyez... moi je sais pas. Ce que je suis. 'fin... j'ai heu... ça, tout ce qui sculpte mon corps d'une façon qui ne me correspond pas, je songe tout en baissant mon regard vers moi-même... des attributs d'homme mais... c'est normal que j'aime pas mon corps ? 'fin pas que je l'aime pas mais que j'ai l'impression que ce soit pas le mien ? Est-ce que tout le monde ressent ça ou est-ce que... est-ce que j'ai un problème ? Voilà, c'était dit. Est-ce que je suis anormal, est-ce que les gens me voient comme moi je me vois, un monstre, ou est-ce que tout ceci n'est que dans ma tête ? Comment m'accepter ? Ces questions sont sur le bout de ma langue mais je n'arrive pas à les prononcer, pas encore, j'en ai déjà trop dit.
- Je l'ai déjà pris, merci, je suis un... fin heu... je me lève tôt, j'espère que je ne vous dérange pas. Damn it ! Je ne sais jamais comment me genrer lorsque je dois parler de moi. Le masculin me fait bizarre mais j'y ai toujours été habitué, c'est ce qui vient naturellement... et le féminin... je sais pas. Je sais plus. Pourquoi pas ? Mais ça me fait bizarre aussi, parce que j'suis pas une fille. 'fin bref, j'espère qu'il n'a rien relevé... ou au contraire qu'il allait me poser la question sur cette hésitation ? Raaaaaaah que c'est duuuuuur ! Brrrr. Heureusement qu'il mène pour l'instant le début de notre conversation. Je n'aurais pas dit non à nouveau chocolat chaud cela dit mais... tant pis, je n'ose pas lui demander. C'est difficile oui, j'admets tout en me dandinant d'une jambe sur l'autre en attendant qu'il m'invite à m'asseoir. Quoi qu'ais-je vraiment envie de m'asseoir ? Rester debout c'est une manière de dissimuler ma gêne et puis au moins je peux rapidement partir en courant à tout moment... Je suis là parce que... fin... je sais pas comment le dire. Je suis un peu... perdu ? Et j'ai peur. Je me reconnais pas et je ne sais pas quoi faire. Je laisse planer le silence quelques secondes avant de poser une question qui me brûlait les lèvres sans que j'en ai vraiment conscience.
- Vous êtes un homme ou une femme ? Ou... pardon, désolé, c'est indiscret, je devrais pas vous demander ça, oubliez. C'est juste que... nouveau silence, comment lui dire ? Vous voyez... moi je sais pas. Ce que je suis. 'fin... j'ai heu... ça, tout ce qui sculpte mon corps d'une façon qui ne me correspond pas, je songe tout en baissant mon regard vers moi-même... des attributs d'homme mais... c'est normal que j'aime pas mon corps ? 'fin pas que je l'aime pas mais que j'ai l'impression que ce soit pas le mien ? Est-ce que tout le monde ressent ça ou est-ce que... est-ce que j'ai un problème ? Voilà, c'était dit. Est-ce que je suis anormal, est-ce que les gens me voient comme moi je me vois, un monstre, ou est-ce que tout ceci n'est que dans ma tête ? Comment m'accepter ? Ces questions sont sur le bout de ma langue mais je n'arrive pas à les prononcer, pas encore, j'en ai déjà trop dit.
Toutes mes excuses pour ce retard monstrueux, j'espère que mon post te convient et qu'il en valait la peine !
Mal dans ma peau
Il y avait une certaine dissonance, discrète mais constante, dans la façon dont Torin se tenait. Bien sûr, cette dernière semblait tout à fait appuyée par ses dires, et la façon dont les mots du jeune élève se heurtaient les uns aux autres en abordant ce sujet fut vite familière. Ce n'était pas un miroir, pas du tout. Mais il y avait bel et bien là un langage que Hyacinthe avait appris à déchiffrer avec le temps. Par ses propres mots, ses propres pensées, ses propres questions, puis ceux de certains de ses patients. Hyacinthe n'avait pas été aussi clair que le quatrième année à son âge - lui, avait tout gardé dans un coin isolé de son esprit jusqu'à sa majorité -, mais il comprenait sans soucis ce qu'il voulais dire. Et la première question vint à lui presque immédiatement - comment voulait-il être appelé ? Il ? Une réponse faciliterait déjà la pensée du psychomage, bien qu'il se doute avec une telle hésitation de la part de Torin que lui-même n'avait pas la réponse.
Son visage resta d’une douceur parfaitement maîtrisée, son regard ne trahissant rien d’autre que calme et disponibilité tandis qu'il reprenait petit à petit les propos du Poufsouffle avec un sourire aux lèvres.
- Vous ne me dérangez absolument pas, ne vous en faites pas.
D’un geste lent, Hyacinthe désigna les fauteuils face à lui et laissa à Torin la liberté de choisir s'il voulait ou non s'asseoir. Lui-même prit place avec une élégance acquise, les mouvements précis et silencieux, ses mains fines venant se rejoindre sur le devant de ses robes grises en appréciant intérieurement la texture du tissu.
Puis les paroles se déroulèrent, encore et encore, dans un flot que le psychomage réussit à reconstruire petit à petit. Ce n'était pas tant surprenant qu'atteignant. C'était un sujet intime, qui tenait tant à cœur à Hyacinthe qu'il ne pouvait envisager une pure impartialité, malgré sa façon de travailler si claire. Il savait ce qu'il fallait faire : donner un lieu d'écoute, de soutien, de questionnements sans arrière pensée. Car sinon, qui le ferait ? Le trentenaire se souvint sans difficulté des premières fois où il entendait des murmures dans les couloirs, des moments où son androgynie questionnait les gens. Les regards n'avaient jamais été malveillants, mais ils avaient toujours cherché à trancher là où lui-même n'avait jamais vraiment ressenti le besoin de le faire. Pas assez confiance en ses amis, en ses professeurs - et ne parlons pas de la famille. Hyacinthe a donc enfermé la question de l'expression de genre - comme si la sexualité n'était pas assez, à cet âge là - jusqu'à ses années universitaires. Et pourtant, il avait toujours eu conscience de la fatigue douce-amère qu'était celle d'avoir longtemps joué avec ses propres contours pour correspondre à ce qui était attendu.
- Je suis né dans un corps d'homme, et j'utilise généralement le pronom "il".
Car ce n'est que vers ses vingt-trois ans que Hyacinthe s'est exploré jusqu'à accepter et chérir son identité profonde. Autres problèmes mis à part - parce qu'il fallait être dans un déni inconsidérable pour qu'il puisse dire aller bien -, après toutes ces années, expliquer la façon dont il se percevait était devenu aussi facile que de respirer.
- Mais dans la façon dont je me vis au quotidien, les choses sont parfois un peu plus souples. Certaines personnes utilisent "elle" pour parler de moi et cela ne me pose pas de difficulté particulière. Disons... disons que je ne me sens pas particulièrement contraint par une seule manière d’être perçu. Je prend plaisir à en jouer, à vrai dire.
Il n'élabora pas. Pas parce qu’il n’y avait rien à dire, au contraire, mais parce que ce n’était pas le moment de prendre trop de place. Il s'agissait de la séance de Torin, et Hyacinthe ne voulait rien de plus que lui offrir une ouverture, un symbole de confiance.
Son regard glissa brièvement vers les mains de Torin, puis remonta vers son visage lorsque celui-ci évoqua son corps. Il accueillait pleinement les doutes et les questions de l'adolescent et prit quelques secondes pour lui répondre, ne voulant pas le précipiter dans une réponse défensive ou mécanique.
- Ce n'est pas une expérience universelle, mais ce n'est pas anormal pour autant, au contraire. Je... comprend tout à fait ce que vous décrivez, cette impression que votre corps ne vous correspond pas...
Sa voix, toujours douce, gagna en stabilité.
- Certaines personnes vivent cela de manière très marquée, à différents moments de leur vie, notamment lorsqu’elles questionnent la manière dont elles se définissent, ou dont elles se reconnaissent dans leur propre image. Il existe des termes pour parler de ce genre de ressenti, comme la dysphorie. J'ai conscience d'à quel point cela peut vous remplir l'esprit...
Hyacinthe prit le temps de laisser ses mots se déposer, sans précipitation. La lumière matinale passait par la fenêtre de son bureau et éclairait son siège, pas assez pour éclairer son visage. Il se pencha en avant, s'assurant de ne pas entrer dans le faisceau lumineux, et s'appuya sur ses genoux sans rompre la distance respectueuse qu'il maintenait avec le Poufsouffle.
- Et je vous assure, Torin, reprit le roux en décidant de passer sur la base du prénom, que vous n'avez rien de défectueux. Cela signifie que quelque chose en vous cherche à être compris, peut-être ajusté, ou reconnu. La peur, le sentiment d'être perdu... ce sont des réactions normales à ce type de questionnement. Parce que cela fait partie de l'intime, et que cela peut être difficile à nommer, surtout lorsque l'entourage manque de figures d'identification.
Un silence doux suivit, il n'était pas pesant. Hyacinthe espérait sincèrement que la réassurance fonctionnerait et permettrait à Torin de poser ses pensées et ses questionnements d'une façon qui l'aiderait à déblayer tout ça. Tant que l'élève se sentait à l'aise dans le bureau, c'était l'élément le plus important de cette première séance.
- J'aimerai, avant toute chose, vous demander si vous êtes à l'aise avec la façon dont je m'adresse à vous. Est-ce que "il" vous convient ? Souhaitez-vous tenter autre chose ? J'ai conscience que cela peut être difficile alors que vous êtes en plein questionnement, mais... soyez assuré, vous pouvez utiliser cet endroit pour tester, réfléchir et partager vos interrogations comme bon vous semble.
Son visage resta d’une douceur parfaitement maîtrisée, son regard ne trahissant rien d’autre que calme et disponibilité tandis qu'il reprenait petit à petit les propos du Poufsouffle avec un sourire aux lèvres.
- Vous ne me dérangez absolument pas, ne vous en faites pas.
D’un geste lent, Hyacinthe désigna les fauteuils face à lui et laissa à Torin la liberté de choisir s'il voulait ou non s'asseoir. Lui-même prit place avec une élégance acquise, les mouvements précis et silencieux, ses mains fines venant se rejoindre sur le devant de ses robes grises en appréciant intérieurement la texture du tissu.
Puis les paroles se déroulèrent, encore et encore, dans un flot que le psychomage réussit à reconstruire petit à petit. Ce n'était pas tant surprenant qu'atteignant. C'était un sujet intime, qui tenait tant à cœur à Hyacinthe qu'il ne pouvait envisager une pure impartialité, malgré sa façon de travailler si claire. Il savait ce qu'il fallait faire : donner un lieu d'écoute, de soutien, de questionnements sans arrière pensée. Car sinon, qui le ferait ? Le trentenaire se souvint sans difficulté des premières fois où il entendait des murmures dans les couloirs, des moments où son androgynie questionnait les gens. Les regards n'avaient jamais été malveillants, mais ils avaient toujours cherché à trancher là où lui-même n'avait jamais vraiment ressenti le besoin de le faire. Pas assez confiance en ses amis, en ses professeurs - et ne parlons pas de la famille. Hyacinthe a donc enfermé la question de l'expression de genre - comme si la sexualité n'était pas assez, à cet âge là - jusqu'à ses années universitaires. Et pourtant, il avait toujours eu conscience de la fatigue douce-amère qu'était celle d'avoir longtemps joué avec ses propres contours pour correspondre à ce qui était attendu.
- Je suis né dans un corps d'homme, et j'utilise généralement le pronom "il".
Car ce n'est que vers ses vingt-trois ans que Hyacinthe s'est exploré jusqu'à accepter et chérir son identité profonde. Autres problèmes mis à part - parce qu'il fallait être dans un déni inconsidérable pour qu'il puisse dire aller bien -, après toutes ces années, expliquer la façon dont il se percevait était devenu aussi facile que de respirer.
- Mais dans la façon dont je me vis au quotidien, les choses sont parfois un peu plus souples. Certaines personnes utilisent "elle" pour parler de moi et cela ne me pose pas de difficulté particulière. Disons... disons que je ne me sens pas particulièrement contraint par une seule manière d’être perçu. Je prend plaisir à en jouer, à vrai dire.
Il n'élabora pas. Pas parce qu’il n’y avait rien à dire, au contraire, mais parce que ce n’était pas le moment de prendre trop de place. Il s'agissait de la séance de Torin, et Hyacinthe ne voulait rien de plus que lui offrir une ouverture, un symbole de confiance.
Son regard glissa brièvement vers les mains de Torin, puis remonta vers son visage lorsque celui-ci évoqua son corps. Il accueillait pleinement les doutes et les questions de l'adolescent et prit quelques secondes pour lui répondre, ne voulant pas le précipiter dans une réponse défensive ou mécanique.
- Ce n'est pas une expérience universelle, mais ce n'est pas anormal pour autant, au contraire. Je... comprend tout à fait ce que vous décrivez, cette impression que votre corps ne vous correspond pas...
Sa voix, toujours douce, gagna en stabilité.
- Certaines personnes vivent cela de manière très marquée, à différents moments de leur vie, notamment lorsqu’elles questionnent la manière dont elles se définissent, ou dont elles se reconnaissent dans leur propre image. Il existe des termes pour parler de ce genre de ressenti, comme la dysphorie. J'ai conscience d'à quel point cela peut vous remplir l'esprit...
Hyacinthe prit le temps de laisser ses mots se déposer, sans précipitation. La lumière matinale passait par la fenêtre de son bureau et éclairait son siège, pas assez pour éclairer son visage. Il se pencha en avant, s'assurant de ne pas entrer dans le faisceau lumineux, et s'appuya sur ses genoux sans rompre la distance respectueuse qu'il maintenait avec le Poufsouffle.
- Et je vous assure, Torin, reprit le roux en décidant de passer sur la base du prénom, que vous n'avez rien de défectueux. Cela signifie que quelque chose en vous cherche à être compris, peut-être ajusté, ou reconnu. La peur, le sentiment d'être perdu... ce sont des réactions normales à ce type de questionnement. Parce que cela fait partie de l'intime, et que cela peut être difficile à nommer, surtout lorsque l'entourage manque de figures d'identification.
Un silence doux suivit, il n'était pas pesant. Hyacinthe espérait sincèrement que la réassurance fonctionnerait et permettrait à Torin de poser ses pensées et ses questionnements d'une façon qui l'aiderait à déblayer tout ça. Tant que l'élève se sentait à l'aise dans le bureau, c'était l'élément le plus important de cette première séance.
- J'aimerai, avant toute chose, vous demander si vous êtes à l'aise avec la façon dont je m'adresse à vous. Est-ce que "il" vous convient ? Souhaitez-vous tenter autre chose ? J'ai conscience que cela peut être difficile alors que vous êtes en plein questionnement, mais... soyez assuré, vous pouvez utiliser cet endroit pour tester, réfléchir et partager vos interrogations comme bon vous semble.
1054 - @Torin Marshall
Ravi de te revoir dans le coin ^ ^
Ravi de te revoir dans le coin ^ ^
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
Mal dans ma peau
Je reste debout lorsque le psychomage m'invite à m'asseoir, du moins tant que je n'ai pas fini de libérer ce que j'ai sur mon coeur dans un monologue que je ne voulais pas si long mais qui est sorti quand même. Je ne me sentais pas plus à l'aise qu'avant de rentrer dans la salle, mais j'avais besoin de le dire, de poser le contexte. Je finis de parler et puis je ne sais toujours pas si j'ai envie de m'asseoir, de m'enfuir ou de rester. Mais mes jambes flageolent, certainement de nervosité, alors je finis par tirer une chaise vers moi et prendre place. Je ne m'affale pas dedans, je reste prêt.e à bondir, mais cela me permet de me reposer. C'est que c'est fatiguant de se livrer, se mettre à nu. Les réponses du psychomage mettent du temps à venir et je ne sais pas si le silence me rassure ou m'angoisse. Prend-il son temps parce qu'il ne sait pas comment m'aider ou pour ne pas me brusquer ?
Puis la réponse à ma première question vient frapper mes oreilles. Je suis destabilisé ; je ne comprends pas ; j'ai peur. Il n'a donc aucun soucis avec le fait qu'on l'appelle "monsieur", il est en accord avec son corps ? J'avais donc si mal interprêté son... apparence ? Bien sûr... personne n'est comme moi. Pourquoi ais-je pu imaginer une seule seconde que ce soit le cas, que je trouve en lui un modèle ? Parce qu'il avait les cheveux longs ? Stupide, je suis stupide. Je rougis d'avoir posé cette question. Mais il ne s'arrête pas là et... oh. Je n'avais finalement pas tout faux. Non pas ce soit exactement ce à quoi je m'attendais mais... se faire genrer autrement ne le dérangeait pas et cela résonnait peut-être plus en moi que ce j'aurais cru. Quoiqu'il en soit, cela me rassure un peu car peut-être allait-il pouvoir m'aider après tout.
La suite de son discours vient le confirmer. Je ne sais par quel magie, ses mots viennent lever un poids qui écrasait ma poitrine. Je ne suis pas sûr d'entendre l'intégralité à vrai dire tant je suis submergé par les émotions qui suivent le relâchement. Mais sa question, elle, est bien parvenue à mes oreilles. Pas vraiment. Je suis... je suis pas totalement "il" mais... je sais pas. Je suis pas vraiment "Elle" non plus. Je suis juste... moi ? 'fin... j'ai essayé "iel", mais c'est pas naturel. J'ai l'impression d'être tout et rien à la fois. Pis j'ai un corps 'fin... qui devient... ça. Et ça c'est pas vraiment moi. Alors ça m'embrouille. Comment je peux être en paix avec ?
Puis la réponse à ma première question vient frapper mes oreilles. Je suis destabilisé ; je ne comprends pas ; j'ai peur. Il n'a donc aucun soucis avec le fait qu'on l'appelle "monsieur", il est en accord avec son corps ? J'avais donc si mal interprêté son... apparence ? Bien sûr... personne n'est comme moi. Pourquoi ais-je pu imaginer une seule seconde que ce soit le cas, que je trouve en lui un modèle ? Parce qu'il avait les cheveux longs ? Stupide, je suis stupide. Je rougis d'avoir posé cette question. Mais il ne s'arrête pas là et... oh. Je n'avais finalement pas tout faux. Non pas ce soit exactement ce à quoi je m'attendais mais... se faire genrer autrement ne le dérangeait pas et cela résonnait peut-être plus en moi que ce j'aurais cru. Quoiqu'il en soit, cela me rassure un peu car peut-être allait-il pouvoir m'aider après tout.
La suite de son discours vient le confirmer. Je ne sais par quel magie, ses mots viennent lever un poids qui écrasait ma poitrine. Je ne suis pas sûr d'entendre l'intégralité à vrai dire tant je suis submergé par les émotions qui suivent le relâchement. Mais sa question, elle, est bien parvenue à mes oreilles. Pas vraiment. Je suis... je suis pas totalement "il" mais... je sais pas. Je suis pas vraiment "Elle" non plus. Je suis juste... moi ? 'fin... j'ai essayé "iel", mais c'est pas naturel. J'ai l'impression d'être tout et rien à la fois. Pis j'ai un corps 'fin... qui devient... ça. Et ça c'est pas vraiment moi. Alors ça m'embrouille. Comment je peux être en paix avec ?
444 mots
Mal dans ma peau
Assis avec une certaine nonchalance, Hyacinthe observait le moment où Torin finit par tirer la chaise pour s’y installer, restant malgré tout sur ses gardes. Il semblait tendu, que ce soit ses jambes, son dos, ou encore la manière dont il avait l'air prêt à fuir même s'il s'était assis. Le trentenaire espérait que son attitude, complétée par son ouverture sur ce sujet, puisse aider le jeune Poufsouffle à se relaxer et à progressivement diminuer ses défenses. Ces dernières lui étaient familières, et le roux nota mentalement qu'il ne devrait pas tenter de les dissiper trop rapidement sous peine de risquer de faire fuir Torin.
Il laissa un silence tranquille s’installer après les derniers mots du jeune élève, ne le ponctuant que par un hochement de tête compréhensif. Ses doigts glissèrent légèrement sur le tissu de sa robe dans un geste presque inconscient tandis qu'il prenait la parole en posant son regard doux sur Torin.
- Merci de m'expliquer cela aussi clairement. Cette sensation de... vous l'exprimez avec beaucoup de justesse, notamment... l'influence non négligeable du corps sur tout cela.
Les mots de Torin résonnaient encore en lui. Tout et rien à la fois. C'était une formulation familière à Hyacinthe par son contenu, mais aussi par la douleur qu'elle traduisait. Il avait été difficile pour lui de réaliser l'ouverture et la tranquillité du monde sorcier vis-à-vis de ces questions. Les conséquences d'une appropriation des mœurs moldues et d'une famille plutôt traditionnelle, peut-être. L'acceptation des autres avait été naturelle, surtout lorsqu'il avait compris que les personnes réfractaires étaient rares, mais l'acceptation de soi était une question plus complexe. Hyacinthe avait eu plus de difficultés à gérer ses émotions, sa perception de lui-même et de son corps qu'à gérer son entourage. L'étiquette était importante pour l'Homme, que ce soit par identification ou appartenance, et que fallait-il faire lorsqu'aucune d'elle ne nous correspondait ? Où chaque tentative de s'y accrocher sentait artificielle et étrangère ? Il lui a fallu lire, apprendre et rencontrer d'autres individus comme Hyacinthe pour se rassurer et prendre le temps de penser à lui. Là seulement avait commencé son voyage. Il était clair que Torin avait lui aussi besoin de gérer cela, qu'il ait un parcours personnel, un parcours de pensée différent du sien ou non. Mais qu'en était-il de ses relations sociales ? Le Poufsouffle avait-il déjà pensé à ces dimensions, pas encore ?
- C'est même loin d'être incohérent, reprit le roux avec un ton emprunt de reconnaissance. Trouver les mots justes - pour se qualifier, pour savoir comment les autres s'adressent à nous - ajoute souvent une pression importante là où l'on traverse déjà des choses complexes. "Iel" ne vous paraît-il pas naturel parce que vous n'êtes pas habitué à l'entendre ou parce que vous avez la sensation qu'il ne vous correspond pas ?
Le trentenaire marqua une légère pause pour laisser le temps à Torin de réfléchir à ses paroles. Il s'autorisa un mouvement léger vers l'avant, ses avant-bras venant se poser sur ses cuisses dans une posture plus ouverte.
- Mais... j'entend en tout cas que vous êtes en train d'explorer, c'est une excellente chose ! Si vous souhaitez essayer des choses ici, cet espace est fait pour. Faites ce qui vous semble juste pour être au plus confortable.
Ses doigts s’entrelacèrent doucement, sans tension. Il observait posément le visage du Poufsouffle à la recherche d'une réaction, d'une indication quant à son état d'esprit. Oh, maintenant qu'il y pensait... Hyacinthe n'avait pas connaissance d'un espace de parole dédié aux questions de sexualité et de genre. Torin était peut-être le premier élève à venir le voir avec ces interrogations, mais il ne serait sans aucun doute pas le seul. Lui-même avait connu quelques personnes interpelés par ces questions lors de sa scolarité, de tout âge et de toute maison. Il avait de quoi réfléchir plus tard....
- Mais pour en revenir sur votre corps, il est indéniable que son évolution peut être difficile, surtout à votre âge, où ces changements sont rapides et parfois imposés. Cela peut créer un décalage très fort entre ce que vous ressentez intérieurement et ce que vous voyez extérieurement. Mais ce ressenti, aussi inconfortable soit-il, signifie que vous n’êtes pas réductible à une seule définition pour l’instant.
Inconfortable pouvait être extrêmement réducteur pour un tel sentiment. La dysphorie, notamment dans une période où le corps changeait à une telle vitesse, pouvait prendre des formes diverses et changeantes. Son impact dépendrait de la façon dont Torin réagirait aux changements de son corps et aux ressources qui seront à sa disposition pour la contrôler. Sa vision de lui-même, son estime, seraient aussi des facteurs à prendre en compte, et le fait que le Poufsouffle soit venu aussi tôt était encourageant.
Hyacinthe laissa un silence de quelques secondes et laissa un sourire léger passer sur ses lèvres. Discret, il reprit la parole avec une douceur non feinte.
- La paix viendra avec le temps. Le temps que vous puissiez distinguer la meilleure façon d'exprimer le vrai "vous". Ses mains se relâchèrent, revenant se poser calmement sur ses genoux. Il me semble important de vous dire que tout cela reste une avancée très progressive. Si vous ressentez le besoin de réponses, d'un soutien, d'un support pour alimenter vos réflexions, je ferai de mon mieux pour vous les procurer.
Il laissa un silence tranquille s’installer après les derniers mots du jeune élève, ne le ponctuant que par un hochement de tête compréhensif. Ses doigts glissèrent légèrement sur le tissu de sa robe dans un geste presque inconscient tandis qu'il prenait la parole en posant son regard doux sur Torin.
- Merci de m'expliquer cela aussi clairement. Cette sensation de... vous l'exprimez avec beaucoup de justesse, notamment... l'influence non négligeable du corps sur tout cela.
Les mots de Torin résonnaient encore en lui. Tout et rien à la fois. C'était une formulation familière à Hyacinthe par son contenu, mais aussi par la douleur qu'elle traduisait. Il avait été difficile pour lui de réaliser l'ouverture et la tranquillité du monde sorcier vis-à-vis de ces questions. Les conséquences d'une appropriation des mœurs moldues et d'une famille plutôt traditionnelle, peut-être. L'acceptation des autres avait été naturelle, surtout lorsqu'il avait compris que les personnes réfractaires étaient rares, mais l'acceptation de soi était une question plus complexe. Hyacinthe avait eu plus de difficultés à gérer ses émotions, sa perception de lui-même et de son corps qu'à gérer son entourage. L'étiquette était importante pour l'Homme, que ce soit par identification ou appartenance, et que fallait-il faire lorsqu'aucune d'elle ne nous correspondait ? Où chaque tentative de s'y accrocher sentait artificielle et étrangère ? Il lui a fallu lire, apprendre et rencontrer d'autres individus comme Hyacinthe pour se rassurer et prendre le temps de penser à lui. Là seulement avait commencé son voyage. Il était clair que Torin avait lui aussi besoin de gérer cela, qu'il ait un parcours personnel, un parcours de pensée différent du sien ou non. Mais qu'en était-il de ses relations sociales ? Le Poufsouffle avait-il déjà pensé à ces dimensions, pas encore ?
- C'est même loin d'être incohérent, reprit le roux avec un ton emprunt de reconnaissance. Trouver les mots justes - pour se qualifier, pour savoir comment les autres s'adressent à nous - ajoute souvent une pression importante là où l'on traverse déjà des choses complexes. "Iel" ne vous paraît-il pas naturel parce que vous n'êtes pas habitué à l'entendre ou parce que vous avez la sensation qu'il ne vous correspond pas ?
Le trentenaire marqua une légère pause pour laisser le temps à Torin de réfléchir à ses paroles. Il s'autorisa un mouvement léger vers l'avant, ses avant-bras venant se poser sur ses cuisses dans une posture plus ouverte.
- Mais... j'entend en tout cas que vous êtes en train d'explorer, c'est une excellente chose ! Si vous souhaitez essayer des choses ici, cet espace est fait pour. Faites ce qui vous semble juste pour être au plus confortable.
Ses doigts s’entrelacèrent doucement, sans tension. Il observait posément le visage du Poufsouffle à la recherche d'une réaction, d'une indication quant à son état d'esprit. Oh, maintenant qu'il y pensait... Hyacinthe n'avait pas connaissance d'un espace de parole dédié aux questions de sexualité et de genre. Torin était peut-être le premier élève à venir le voir avec ces interrogations, mais il ne serait sans aucun doute pas le seul. Lui-même avait connu quelques personnes interpelés par ces questions lors de sa scolarité, de tout âge et de toute maison. Il avait de quoi réfléchir plus tard....
- Mais pour en revenir sur votre corps, il est indéniable que son évolution peut être difficile, surtout à votre âge, où ces changements sont rapides et parfois imposés. Cela peut créer un décalage très fort entre ce que vous ressentez intérieurement et ce que vous voyez extérieurement. Mais ce ressenti, aussi inconfortable soit-il, signifie que vous n’êtes pas réductible à une seule définition pour l’instant.
Inconfortable pouvait être extrêmement réducteur pour un tel sentiment. La dysphorie, notamment dans une période où le corps changeait à une telle vitesse, pouvait prendre des formes diverses et changeantes. Son impact dépendrait de la façon dont Torin réagirait aux changements de son corps et aux ressources qui seront à sa disposition pour la contrôler. Sa vision de lui-même, son estime, seraient aussi des facteurs à prendre en compte, et le fait que le Poufsouffle soit venu aussi tôt était encourageant.
Hyacinthe laissa un silence de quelques secondes et laissa un sourire léger passer sur ses lèvres. Discret, il reprit la parole avec une douceur non feinte.
- La paix viendra avec le temps. Le temps que vous puissiez distinguer la meilleure façon d'exprimer le vrai "vous". Ses mains se relâchèrent, revenant se poser calmement sur ses genoux. Il me semble important de vous dire que tout cela reste une avancée très progressive. Si vous ressentez le besoin de réponses, d'un soutien, d'un support pour alimenter vos réflexions, je ferai de mon mieux pour vous les procurer.
884 - @Torin Marshall
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
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