Le vertige après l’élan
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| ——— | Je lui volai un regard de côté, notant la façon dont ses lèvres se pressaient contre le bord de sa tasse. Elles semblaient… pulpeuses. Douces. Chaudes. Des adjectifs bien étranges à attribuer à des lèvres, et pourtant, cette pensée faillit me faire perdre le fil de sa remarque au sujet de ma sœur. Je hochai la tête avant même d’avoir vraiment traité ses mots. Oui, ma sœur était probablement derrière tout ça. Comme si la proximité forcée pouvait suffire à construire quoi que ce soit de véritable entre deux personnes. Peut-être qu’elle et ma mère avaient succombé aux délires des romans du club de lecture de ma mère. Au moins, je savais que Kate semblait sincèrement vouloir me voir faire le ménage. N’importe quoi. Et malgré tout, j’eus presque envie de lui prouver que je pouvais faire mon propre lit sans l’aide de Haddey, simplement par principe. Même la vaisselle ne pouvait pas être si difficile — un elfe de maison pouvait bien s’en charger. Déjà, avoir meilleur accès au comptoir me donnerait un avantage… et pourquoi est-ce que je me surprenais à réfléchir à quelque chose d’aussi banal ? Je n’avais rien à prouver, au fond. Et puis son oui s’accrochait à mes pensées, persistant plus que de raison. Je l’entendais encore, comme si elle venait de le répéter à voix basse, avec ce même ton qui sonnait à moitié vrai, à moitié indulgent. Elle avait bel et bien menti en choisissant ce mot, acceptable, pour qualifier ma compagnie. Mais ce oui, lui, continuait de résonner, avec une douceur qui me troublait autant que l’image de ses lèvres sur sa tasse. Ma main se posa sur la table comme un ancre pour me tenir en place. Si je ne faisais pas attention, je divaguerais en place. En fait, je me sentais dans le grand néant avec la Poufsouffle à mes côtés. Avait-elle mit de quoi dans la sauce frite ? Tu veux dire que tu n’as pas peur que ça me monte à la tête de savoir que je suis plus qu’acceptable ? Je lui offris un petit sourire, un air un peu plus léger, comme pour rejoindre le petit changement dans la modulation de sa voix. La douceur de sa voix telle que le son d'une sirène me rapproche d'elle un moment comme un magnétisme naturel. Posant mes yeux sur la table, je notai son doigt sur l'anse de sa tasse, un frisson remonta le long de ma colonne. Nos mains étaient proches. Suffisamment pour que je me souvienne de la sensation de sa main dans la mienne. Je me déplaçai légèrement sur mon siège, ajustant ma position pour trouver un angle plus confortable, et — presque sans m’en rendre compte — le côté de ma jambe effleura la sienne. Je retins ma respiration, conscient de l’effet que ce frôlement avait sur moi, et j’essayai de ne rien laisser transparaître, malgré le fait que je me sentais crispé tout d'un coup. Elle était proche, très proche. Si elle avait été un vif d'or, j'aurais facilement refermé mes doigts autour de son corps doré. _______________ @Kate Hunter |
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Le vertige après l’élan
La réponse de Rowan me sembla prendre un temps interminable. Chaque seconde qui passait paraissait s’étirer. Y réfléchissait-il vraiment avec autant d’attention ? Ou cherchait-il simplement à gagner du temps, à esquiver subtilement la question que je lui avais posée ? Mon esprit s’emballa, multipliant les hypothèses. Peut-être n’avait-il rien à répondre. Peut-être que je l’avais mis dans l’embarras plus que je ne l’avais cru.
Alors j’avais baissé les yeux vers ma tasse, pris une gorgée et reposé le tout avec soin. Et contre toute attente, sa réponse arriva sous une forme inattendue : une question, là où j’aurais espéré quelque chose de plus net.
Mon regard accrocha le sien, juste à temps pour capter le sourire qui s’y dessinait. Bon, au moins, il n’était pas fâché. Je pouvais souffler. J’avais quand même réussi à m’inquiéter pour rien…
Et soudain, un léger mouvement. Sa jambe effleura la mienne et mon cœur lui rata un battement. Qu’est-ce qu’il… ?
Par réflexe, je me redressai dans mon siège, lâchai l’anse de ma tasse pour poser ma main sur la table. Il me fallait un point d’ancrage, quelque chose de concret, avant que cette vague d’émotions ne me submerge complètement.
Sauf que ce ne fut pas le bois de la table que je rencontrai… mais une surface bien plus familière. Une chaleur tiède, rassurante. Celle-ci avait perdue sa froideur de l’extérieur mais sans même avoir à vérifier du regard, j’étais certaine qu’il s’agissait de la main de Rowan.
Je restai figée, incapable de bouger. Mes yeux s’accrochèrent aux siens, comme pour m’excuser en silence.
Quelle était sa question, déjà ? Impossible de m’en souvenir. Mes pensées s’étaient envolées, emportées par ce double contact. Je fronçai légèrement les sourcils, perplexe. Il allait falloir qu’il répète.
Mon regard glissa malgré moi de ses yeux à ses lèvres, comme attiré, dans l’espoir insensé d’y lire la reformulation de sa question.
- Je n'ai pas... ta question ?, dis-je sans trouver mes mots et bien consciente que la formulation bafouillée ne voulait pas dire grand chose.
Autour, j'eus l'impression que le brouhaha de la tente s'était transformé soudainement en silence.
353 mots
@Rowan Pendergast
Alors j’avais baissé les yeux vers ma tasse, pris une gorgée et reposé le tout avec soin. Et contre toute attente, sa réponse arriva sous une forme inattendue : une question, là où j’aurais espéré quelque chose de plus net.
Mon regard accrocha le sien, juste à temps pour capter le sourire qui s’y dessinait. Bon, au moins, il n’était pas fâché. Je pouvais souffler. J’avais quand même réussi à m’inquiéter pour rien…
Et soudain, un léger mouvement. Sa jambe effleura la mienne et mon cœur lui rata un battement. Qu’est-ce qu’il… ?
Par réflexe, je me redressai dans mon siège, lâchai l’anse de ma tasse pour poser ma main sur la table. Il me fallait un point d’ancrage, quelque chose de concret, avant que cette vague d’émotions ne me submerge complètement.
Sauf que ce ne fut pas le bois de la table que je rencontrai… mais une surface bien plus familière. Une chaleur tiède, rassurante. Celle-ci avait perdue sa froideur de l’extérieur mais sans même avoir à vérifier du regard, j’étais certaine qu’il s’agissait de la main de Rowan.
Je restai figée, incapable de bouger. Mes yeux s’accrochèrent aux siens, comme pour m’excuser en silence.
Quelle était sa question, déjà ? Impossible de m’en souvenir. Mes pensées s’étaient envolées, emportées par ce double contact. Je fronçai légèrement les sourcils, perplexe. Il allait falloir qu’il répète.
Mon regard glissa malgré moi de ses yeux à ses lèvres, comme attiré, dans l’espoir insensé d’y lire la reformulation de sa question.
- Je n'ai pas... ta question ?, dis-je sans trouver mes mots et bien consciente que la formulation bafouillée ne voulait pas dire grand chose.
Autour, j'eus l'impression que le brouhaha de la tente s'était transformé soudainement en silence.
353 mots
@Rowan Pendergast
Le vertige après l’élan
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| ——— | Mon regard se posa sur nos mains liées à nouveau, la chaleur de sa paume sur le dos de la mienne. La proximité entre nous plus apparente que jamais quand je relevai mon regard pour rencontrer le sien. Ses yeux marron reflétaient des tons de bruns et d’or dans la lueur de la taverne, comme si le feu avait trouvé un refuge en eux. Je ne savais pas si c’était elle qui avait cherché ma main, ou si c’était moi qui l’avais laissée là trop longtemps, incapable de la retirer. Tout ce que je savais, c’est que la sensation me parcourait comme une étincelle rampante, remontant jusqu’à mes épaules, brouillant mes pensées. Ma question ? Quelle question? L'idée s’effaçait déjà, noyée sous ce contact trop simple et trop chargé. En tentant de reprendre ma main, je ne fis qu'empirer la chose, de lacer nos doigts. Je clignai des yeux, pris au piège entre l’envie de répondre et l’envie de ne surtout rien rompre. Même le bruit des conversations alentour semblait s’être estompé, comme si le monde s’était fait complice de ce moment. Le contact paraissait anodin, presque banal, et pourtant il prenait toute la place. J’entendais le cliquetis des verres, des éclats de voix autour de nous, mais tout cela sonnait comme un écho lointain, étouffé. Ce qui restait clair, brûlant, c’était cette pression discrète de ses doigts contre les miens. Je sentis la chaleur remonter plus haut, comme une vague qui s’infiltrait dans chaque muscle, chaque pensée. Mon genou frôla de nouveau le sien, geste involontaire que je ne pris même pas la peine de corriger. Au contraire, je demeurai immobile, comme figé dans la crainte qu’elle se retire. Ses yeux ne quittaient pas les miens, et dans leur reflet je crus percevoir la même hésitation, la même surprise mêlée de curiosité. J’aurais voulu dire quelque chose, n’importe quoi, mais mes mots s’évaporaient avant même d’atteindre mes lèvres. À la place, je me penchai un peu plus vers elle, comme si me rapprocher m’aiderait à saisir ce qu’elle venait de dire. En vérité, je cherchais surtout à prolonger cet instant, quitte à me perdre complètement. Un sourire nerveux effleura mes lèvres, maladroit, hésitant, mais sincère. Je voulais répondre, dire de quoi, mais les conversations autour avaient plus l'effet de bourdonnement. Un son qui me fit pencher un peu plus de l'avant pour mieux entendre sa question. Elle m'avait demandé quoi encore ? __________________ @Kate Hunter Tu m'entends crier de l'autre côté de l'océan ? |
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Le vertige après l’élan
Je me retrouvais happée dans un regard qui lui aussi semblait baigner sous des questions. Derrière les différents tons de couleurs des yeux du garçon, j’y décelais même une curiosité similaire à celle qui devait se lire sur mon visage.
Ses lèvres n’avaient fait que bouger et il n’avait rien dit. Du moins, c’est ce qui me sembla, j’avais l’impression que mes sens n’agissaient plus pareil, tout autour n’était que brouhaha pour mes oreilles et que vision trouble pour mes yeux qui se satisfaisaient d’une simple accommodation sur le visage du Serpentard pour rendre flou toutes les autres choses autour. Et c’était sans compter le toucher qui agissait lui aussi de manière étonnante, je ne savais pas comment mais en essayant d’écarter ma main de celle de Rowan, qui devait sûrement avoir essayé d’en faire de même, je n’avais fais que d’entrelacer mes doigts dans les siens. Je me savais maladroite mais je n’avais jamais pensé l’être à ce point.
Qu’est-ce qu’ils mettaient dans leur Gløgg pour qu’on en vienne à avoir un vertige pareil ? Était-ce un défaut dans la provenance des épices ou alors nous avaient-ils donner par mégarde la version adulte ? C’était les seules justifications plausibles.
Là où j’attendais toujours des mots, je finis par trouver un léger sourire sur ses lèvres. En attendant que la tempête intérieure passe, ce fut le seul point auquel je ne pus me raccrocher. Mes lèvres se décollèrent pour en faire de même assez naturellement. Le sourire, il n’y avait rien de plus communicatif.
C’est sans doute cet instant figé qui me fit accepter ce genou qui frôlait le mien de nouveau. La sensation était différente cette fois-ci. J’avais besoin de continuer à ressentir cette proximité. Je me sentais basculer et mon seul point de repère était Rowan. S’il s’écartait je ne savais pas ce qu’il se passerait.
Est-ce que lui aussi avait le même vertige d’ailleurs ? De ce fichu Gløgg, il en avait bu également après tout. Il n’avait toujours rien dit et étrangement il me parut plus proche qu’à la seconde précédente. Allait-il s’effondrer sur moi ? Dans un geste préventif, ma main libre se leva pour aller se blottir à l’arrière de son cou me forçant à me rapprocher un peu. Une mèche de cheveux retomba devant mes yeux mais je décidais de privilégier ce contact qui se voulait rassurant que de la replacer. Tomber d’un banc ne devrait pas faire bien mal certes, surtout lorsqu’on avait l’habitude déjà de la sensation du vide en vol, mais bizarrement privilégier ce réflexe de sécurité me sembla le plus pertinent et appréciable.
434 mots
@Rowan Pendergast, tout est la faute du Gløgg visiblement...
Ses lèvres n’avaient fait que bouger et il n’avait rien dit. Du moins, c’est ce qui me sembla, j’avais l’impression que mes sens n’agissaient plus pareil, tout autour n’était que brouhaha pour mes oreilles et que vision trouble pour mes yeux qui se satisfaisaient d’une simple accommodation sur le visage du Serpentard pour rendre flou toutes les autres choses autour. Et c’était sans compter le toucher qui agissait lui aussi de manière étonnante, je ne savais pas comment mais en essayant d’écarter ma main de celle de Rowan, qui devait sûrement avoir essayé d’en faire de même, je n’avais fais que d’entrelacer mes doigts dans les siens. Je me savais maladroite mais je n’avais jamais pensé l’être à ce point.
Qu’est-ce qu’ils mettaient dans leur Gløgg pour qu’on en vienne à avoir un vertige pareil ? Était-ce un défaut dans la provenance des épices ou alors nous avaient-ils donner par mégarde la version adulte ? C’était les seules justifications plausibles.
Là où j’attendais toujours des mots, je finis par trouver un léger sourire sur ses lèvres. En attendant que la tempête intérieure passe, ce fut le seul point auquel je ne pus me raccrocher. Mes lèvres se décollèrent pour en faire de même assez naturellement. Le sourire, il n’y avait rien de plus communicatif.
C’est sans doute cet instant figé qui me fit accepter ce genou qui frôlait le mien de nouveau. La sensation était différente cette fois-ci. J’avais besoin de continuer à ressentir cette proximité. Je me sentais basculer et mon seul point de repère était Rowan. S’il s’écartait je ne savais pas ce qu’il se passerait.
Est-ce que lui aussi avait le même vertige d’ailleurs ? De ce fichu Gløgg, il en avait bu également après tout. Il n’avait toujours rien dit et étrangement il me parut plus proche qu’à la seconde précédente. Allait-il s’effondrer sur moi ? Dans un geste préventif, ma main libre se leva pour aller se blottir à l’arrière de son cou me forçant à me rapprocher un peu. Une mèche de cheveux retomba devant mes yeux mais je décidais de privilégier ce contact qui se voulait rassurant que de la replacer. Tomber d’un banc ne devrait pas faire bien mal certes, surtout lorsqu’on avait l’habitude déjà de la sensation du vide en vol, mais bizarrement privilégier ce réflexe de sécurité me sembla le plus pertinent et appréciable.
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@Rowan Pendergast, tout est la faute du Gløgg visiblement...
Le vertige après l’élan
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| ——— | Le silence perdurait. Il devenait une entité, une force qui semblait minimiser l’espace entre nous. Je ne pouvais dire si c’était les duels à dos de dragons ou le Gløgg. Peut-être qu’il y avait de l’alcool dans nos tasses. Non… la chaleur qui m’enivrait était différente de celle du whiskey pur feu dans le bureau de mon père. Une chaleur rayonnait de Kate à chaque mouvement, chaque souffle. Lorsqu’elle se rapprocha, sa paume se posa contre mon épaule, comme par accident, mais son poids m’ancra plus sûrement que n’importe quel sortilège. J’eus l’absurde pensée de vérifier le contenu de son verre, mais ma main s’égara avant même d’y songer sérieusement. Le bout de mes doigts effleura une mèche noire qui caressait sa joue. Elle était douce. Plus douce que je ne l’aurais cru. Je repoussai lentement la mèche derrière son oreille, mon pouce calleux frôlant la courbe de sa joue dans le geste. Le contact était bref, mais suffisant pour que mon souffle se bloque. Mes yeux se fixèrent aux siens, cherchant une réaction, et s’attardèrent malgré moi sur la courbe entrouverte de ses lèvres. Je ne savais plus si c’était elle qui se penchait ou moi, seulement que l’espace entre nous semblait se réduire à chaque battement de cœur. Mes doigts suivant une mèche de cheveux fit poser ma main sur le côté de son cou, mon pouce traçant sa mâchoire. Est-ce que toutes les filles étaient aussi douces ? Notre proximité me donnait quasiment le vertige. J’aurais dû me redresser et remettre de l’espace entre nous, mais mon attention se posa sur ses lèvres. Nos corps se touchaient sur plusieurs points à présent. Était-ce elle qui avait cherché ce contact, ou moi qui l’avais provoqué sans m’en rendre compte ? Peu importait, je voulais explorer ce moment. Sous mon pouce, je sentais le rythme léger de son pouls battre contre sa peau. Une vibration fragile, mais assez forte pour me traverser comme si c’était mon propre cœur qui battait trop vite. Ou peut-être c’était mon propre pouls qui se débattait jusqu’à mes extrémités. Ma main paraissait trop lourde pour se retirer, ancrée à la chaleur de son cou, à la douceur de sa mâchoire. Je devais dire quelque chose. Une remarque banale, une boutade, n’importe quoi pour briser ce silence devenu presque insoutenable. Mais aucun mot ne franchit mes lèvres entrouvertes. Tout ce que j’entendais, c’était sa respiration qui frôlait la mienne, comme si la taverne entière s’était effacée autour de nous. Je ne pouvais dire qui avait initié le contact. Un instant, mon nez frôla le sien et je restai suspendu, figé dans ce souffle partagé. L’air entre nous semblait vibrer, saturé de chaleur et de l’odeur épicée du Gløgg. Le vertige me prit, comme si le banc s’était dérobé sous moi. Puis, dans le battement suivant, mes lèvres trouvèrent la chaleur des siennes... douce, troublante, infiniment réelle. __________________ @Kate Hunter oops xD |
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Le vertige après l’élan
Une semaine. On avait passé une semaine quasiment sans se séparer et... jamais je n'avais imaginé ressentir pour Rowan autre chose de plus que ce que je pouvais ressentir pour mes amis. Pourtant à l'instant, j'en doutais.
Mon souffle s'était arrêté net. Je sentais son pouce sur ma peau, d'abord derrière mon oreille puis redessiner le contour de ma mâchoire. Cela avait le même effet qu'une décharge électrique sans en avoir le côté désagréable, bien au contraire.
Voulait-il m'achever à petit feu ?
Ma peau semblait imprimer la douceur de son doigt et celle de sa main sous ma mâchoire. Était-ce une situation banale ? Sinon, pourquoi est-ce que cela créait-il cette sensation incomparable à toute autre sensation que je n'avais ressenti jusqu'à maintenant ?
Tout ceci ne pouvait pas être à cause d'une boisson qui n'avait même pas une once de goût d'alcool, si ? Si c'était la faute à la provenance des épices pourquoi est-ce que j'arrivais encore à aligner quelques pensées cohérentes ? Et si ce n'était ni l'un ni l'autre, qu'elle était alors l'explication rationnelle, tangible et acceptable derrière ces sentiments ?
Que de questions sans réponses, sinon celle qui commençait à sonner comme la plus évidente mais aussi la plus inquiétante...
Mon cœur battait très fort et je pouvais jurer que Rowan devait entendre mon pouls sous sa main. Aussi bien que je pensais entendre le sien sous la mienne.
Je ne savais pas qui de nous deux, avait encore réduit l'écart entre nos deux visages mais ils se retrouvèrent tellement proche que je pu sentir son souffle mêlé à des odeurs d'épices. Nos nez se frôlèrent dans un moment d'hésitation qui n'en était peut-être pas vraiment un et... la Terre devait s'être arrêté de tourner durant les secondes qui suivirent tandis que mes lèvres et les siennes s'apprivoisaient. La sensation que provoquait la chaleur de ses lèvres était étourdissante mais je n'aurais pas voulu m'en séparer.
Ce fut un instant suspendu où plus rien d'autre n'existait.
Nos lèvres finirent par s'éloigner légèrement pour retrouver leur souffle naturel tout en restant proche durant une fraction de secondes. J'avais l'envie de recommencer mais la réalité fut trop frappante. Le bruit de la Taverne fut celui qui me sauta directement à l'esprit.
Et c'est peut-être à ce moment que je réalisais ce que j'aurais peut-être dû constater plus tôt : je commençais à avoir une attirance pour le Serpentard et à me le nier, on avait fini par s'embrasser...
C'était ma faute. Rowan n'avait que voulu une relation de convenance autour d'un simple défi et voilà que...
- Je... je sais pas ce qui... désolé.
Mes mains s'éloignèrent du garçon en guise d'excuse. Ce n'était pas ce que je voulais mais j'avais déjà bien trop pris de son espace. Elles allèrent se raccrocher à ma tasse. Je devais finir mon Gløgg et partir. Mais impossible de bouger plus. J'avais peur que Rowan voit mon trouble au travers de mes mains tremblantes et je n'avais pas non plus envie d'effacer la sensation des lèvres de Rowan sur les miennes au contact avec la tasse.
Et, puis je devais à tous prix dire quelque chose pour ne pas laisser s'installer le silence à nouveau. Mais quoi ?
- Tu... tu ressens quelque chose pour moi ?, m'hasardais-je tout de même à vérifier.
Je ne savais même pas ce que je ferais si c'était le cas, si ce n'était pas que unilatéral. La règle avait été claire pourtant, je l'avais bien expliqué à Elena avant les vacances : ne jamais laisser se développer de sentiments pour un joueur adverse. Les situations où j'avais déjà enfreint une règle qu'elle quelle soit devaient se compter sur les doigts de ma main et j'étais clairement en train d'en rajouter une nouvelle.
628 mots
Mon souffle s'était arrêté net. Je sentais son pouce sur ma peau, d'abord derrière mon oreille puis redessiner le contour de ma mâchoire. Cela avait le même effet qu'une décharge électrique sans en avoir le côté désagréable, bien au contraire.
Voulait-il m'achever à petit feu ?
Ma peau semblait imprimer la douceur de son doigt et celle de sa main sous ma mâchoire. Était-ce une situation banale ? Sinon, pourquoi est-ce que cela créait-il cette sensation incomparable à toute autre sensation que je n'avais ressenti jusqu'à maintenant ?
Tout ceci ne pouvait pas être à cause d'une boisson qui n'avait même pas une once de goût d'alcool, si ? Si c'était la faute à la provenance des épices pourquoi est-ce que j'arrivais encore à aligner quelques pensées cohérentes ? Et si ce n'était ni l'un ni l'autre, qu'elle était alors l'explication rationnelle, tangible et acceptable derrière ces sentiments ?
Que de questions sans réponses, sinon celle qui commençait à sonner comme la plus évidente mais aussi la plus inquiétante...
Mon cœur battait très fort et je pouvais jurer que Rowan devait entendre mon pouls sous sa main. Aussi bien que je pensais entendre le sien sous la mienne.
Je ne savais pas qui de nous deux, avait encore réduit l'écart entre nos deux visages mais ils se retrouvèrent tellement proche que je pu sentir son souffle mêlé à des odeurs d'épices. Nos nez se frôlèrent dans un moment d'hésitation qui n'en était peut-être pas vraiment un et... la Terre devait s'être arrêté de tourner durant les secondes qui suivirent tandis que mes lèvres et les siennes s'apprivoisaient. La sensation que provoquait la chaleur de ses lèvres était étourdissante mais je n'aurais pas voulu m'en séparer.
Ce fut un instant suspendu où plus rien d'autre n'existait.
Nos lèvres finirent par s'éloigner légèrement pour retrouver leur souffle naturel tout en restant proche durant une fraction de secondes. J'avais l'envie de recommencer mais la réalité fut trop frappante. Le bruit de la Taverne fut celui qui me sauta directement à l'esprit.
Et c'est peut-être à ce moment que je réalisais ce que j'aurais peut-être dû constater plus tôt : je commençais à avoir une attirance pour le Serpentard et à me le nier, on avait fini par s'embrasser...
C'était ma faute. Rowan n'avait que voulu une relation de convenance autour d'un simple défi et voilà que...
- Je... je sais pas ce qui... désolé.
Mes mains s'éloignèrent du garçon en guise d'excuse. Ce n'était pas ce que je voulais mais j'avais déjà bien trop pris de son espace. Elles allèrent se raccrocher à ma tasse. Je devais finir mon Gløgg et partir. Mais impossible de bouger plus. J'avais peur que Rowan voit mon trouble au travers de mes mains tremblantes et je n'avais pas non plus envie d'effacer la sensation des lèvres de Rowan sur les miennes au contact avec la tasse.
Et, puis je devais à tous prix dire quelque chose pour ne pas laisser s'installer le silence à nouveau. Mais quoi ?
- Tu... tu ressens quelque chose pour moi ?, m'hasardais-je tout de même à vérifier.
Je ne savais même pas ce que je ferais si c'était le cas, si ce n'était pas que unilatéral. La règle avait été claire pourtant, je l'avais bien expliqué à Elena avant les vacances : ne jamais laisser se développer de sentiments pour un joueur adverse. Les situations où j'avais déjà enfreint une règle qu'elle quelle soit devaient se compter sur les doigts de ma main et j'étais clairement en train d'en rajouter une nouvelle.
628 mots
Le vertige après l’élan
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| ——— | Un moment ses lèvres étaient contre les miennes. Et tout aussi rapidement, je me sentis seul. Pourtant la taverne n’était ni froide ni silencieuse : cette cacophonie ne faisait qu’accentuer cette… perte. Mais elle était toujours là. Comment pouvais-je avoir l’impression de l’avoir déjà perdue ? D’une part, je voulais disparaître, me lever et m’enfermer dans ma tente jusqu’à la fin de la semaine, attendre que la magie de la Coupe s’évapore et que la réalité reprenne sa place. Kate, c’était mon antithèse : plus âgée, d’une autre maison, d’un autre quotidien. Tout nous opposait. Et pourtant je voulais réduire la distance qui venait de s’installer. Je voulais sa main dans la mienne, pas cette douche froide que représentaient ses excuses. « Désolée » ? Je ne comprenais pas. Je voulais… plus. Ce que ce « plus » signifiait, je n’en avais aucune idée. J’étais incapable de qualifier ce qui venait de se produire. Puis sa question me désarma. Six petits mots, balbutiés comme une potion mal dosée : « Tu… tu ressens quelque chose pour moi ? » Ils résonnèrent plus fort que les clameurs de la taverne, et tout ce que j’avais prévu de dire — mes règles de convenance, mes plans pour apaiser ma mère — s’évanouit comme une vapeur au-dessus d’un chaudron. Mon cœur martelait contre mes côtes, mes mains cherchèrent un appui sur le bois, et mon estomac se noua. Impossible de prétendre que ce baiser n’avait rien changé. C’était comme si l’on avait froissé la page de mes habitudes pour y imprimer une ligne nouvelle. Je me tus un instant, tentant de remettre de l’ordre dans mes pensées brouillées. Dire « oui » semblait trop simple, trop dangereux ; dire « non » aurait été mentir à la moindre parcelle de vérité en moi. Ma gorge se serra ; je dus la racler avant de réussir à parler. Je ne suis pas indifférent, dis-je doucement, peut-être trop bas pour qu’elle l’entende vraiment. Tout était mêlé maintenant. Notre accord en serait chamboulé. Comment pouvais-je poursuivre la convenance, alors qu’il y avait visiblement bien plus à démêler avant nos retours respectifs à nos vies ? Au moins l’école recommencerait bientôt, et je n’aurais pas à démentir chaque accusation de ma sœur au quotidien. Ou peut-être que si. Faolan était à Serpentard : ce qui s’était passé entre nous ne resterait pas secret très longtemps. La raison voulait reprendre le dessus, mais ça n’empêcha pas mes doigts de frôler mes lèvres avec un léger tremblement comme si la mémoire de ses lèvres y vivait. Je voulais comprendre ce que je refusais à gauche et à droite. Ce n'était pas les demandes qui me manquait. J'en avais reçu plusieurs depuis la Saint-Valentin. Serait-ce si mal de plonger tête la première, quitte à me brûler les ailes ? Ce n’était pas un mariage arrangé, au final. Personne ne me forçait à rien, et pourtant… mes pensées partaient dans tous les sens. __________________ @Kate Hunter |
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Le vertige après l’élan
Pas indifférent.
C'était comme une confidence à demi-mot qui aurait presque pu passer inaperçu entre le bruit des verres et des discussions. Et pourtant, cela eu plus d'effet qu'une déstabilisation criée par dessus un brouhaha similaire sans, et ce fut peut-être cela qui me troubla le plus, en avoir le côté désagréable. Je n'avais que pu laissé s'échapper un bref sourire en première réaction. Juste pour moi.
Je pris une longue inspiration. J'avais considéré toutes les options mais pas celle-ci. J'aurais préféré qu'il me dise qu'il n'y avait rien. Que j'avais mal compris ses actions. Que je m'étais laissé emporté seule. J'aurais pu quitter la table sereinement, allez me cacher au fond de mon lit et disparaître jusqu'à la cérémonie de clôture ou jusqu'au départ de Svalbard. Cela aurait sans doute bien plus simple.
Mais là c'était différent car ce n'était juste pas une réponse que j'avais prévue. C'était plus que de me sortir de ma zone de confort... J'avais l'impression que mes principes et mes émotions étaient en conflit et qu'il y aurait nécessairement un perdant à ma prochaine phrase.
Le silence entre nous en devenait pesant. Je regrettais lorsqu'il y a quelques minutes tout était bien plus simple. Lorsqu'on se tenait la main sans se soucier des conséquences. Lorsqu'on s'était embrassé juste parce que c'était le plus naturel.
Je finis par dégluttir. Il avait été honnête. Le moins que je lui devais c'était de l'être aussi.
- Moi non plus...
Il n'y aurait pas de retour en arrière possible. Je me sentais vulnérable. Comme si je n'étais pas réellement maîtresse de mes émotions.
Pourtant cela avait paradoxalement un effet libérateur. J'avais un poids en moins à porter. Il en restait un autre de poids, le plus important, et je ne pouvais pas ne pas l'évoquer.
Mes mains serrèrent plus fort ma tasse. J'y perdis mon regard pour y chercher mes mots. Ils furent bien compliqués à poser, tant se confier était dur et être honnête encore plus...
- Je.. J'ai peur...
Deux mots. C'était fou comme cela pouvait à la fois sonner tellement enfantin tout en étant au final le plus juste pour décrire la situation. J'avais peur de décevoir plein de gens, tout d'abord Rowan puis les Hel's, les Crochets, sa famille, mes parents, peur des choses que je ressentais, peur d'aller vers l'inconnu et peur de ne pas oser y aller. Peur même des conséquences de ce "j'ai peur".
403 mots
C'était comme une confidence à demi-mot qui aurait presque pu passer inaperçu entre le bruit des verres et des discussions. Et pourtant, cela eu plus d'effet qu'une déstabilisation criée par dessus un brouhaha similaire sans, et ce fut peut-être cela qui me troubla le plus, en avoir le côté désagréable. Je n'avais que pu laissé s'échapper un bref sourire en première réaction. Juste pour moi.
Je pris une longue inspiration. J'avais considéré toutes les options mais pas celle-ci. J'aurais préféré qu'il me dise qu'il n'y avait rien. Que j'avais mal compris ses actions. Que je m'étais laissé emporté seule. J'aurais pu quitter la table sereinement, allez me cacher au fond de mon lit et disparaître jusqu'à la cérémonie de clôture ou jusqu'au départ de Svalbard. Cela aurait sans doute bien plus simple.
Mais là c'était différent car ce n'était juste pas une réponse que j'avais prévue. C'était plus que de me sortir de ma zone de confort... J'avais l'impression que mes principes et mes émotions étaient en conflit et qu'il y aurait nécessairement un perdant à ma prochaine phrase.
Le silence entre nous en devenait pesant. Je regrettais lorsqu'il y a quelques minutes tout était bien plus simple. Lorsqu'on se tenait la main sans se soucier des conséquences. Lorsqu'on s'était embrassé juste parce que c'était le plus naturel.
Je finis par dégluttir. Il avait été honnête. Le moins que je lui devais c'était de l'être aussi.
- Moi non plus...
Il n'y aurait pas de retour en arrière possible. Je me sentais vulnérable. Comme si je n'étais pas réellement maîtresse de mes émotions.
Pourtant cela avait paradoxalement un effet libérateur. J'avais un poids en moins à porter. Il en restait un autre de poids, le plus important, et je ne pouvais pas ne pas l'évoquer.
Mes mains serrèrent plus fort ma tasse. J'y perdis mon regard pour y chercher mes mots. Ils furent bien compliqués à poser, tant se confier était dur et être honnête encore plus...
- Je.. J'ai peur...
Deux mots. C'était fou comme cela pouvait à la fois sonner tellement enfantin tout en étant au final le plus juste pour décrire la situation. J'avais peur de décevoir plein de gens, tout d'abord Rowan puis les Hel's, les Crochets, sa famille, mes parents, peur des choses que je ressentais, peur d'aller vers l'inconnu et peur de ne pas oser y aller. Peur même des conséquences de ce "j'ai peur".
403 mots
Le vertige après l’élan
⋈—✧—✾—✧—⋈
| ——— | Ma mère avait toujours dit que trois mots et sept lettres suffisaient à chambouler l’univers d’une personne. Kate y était parvenue en trois mots, neuf lettres. Ce n’était pas une déclaration d’amour, ni d’un côté ni de l’autre, mais une admission capable de tout renverser. Un pari, au moins, ça se maîtrisait. Il y avait un plan, un début, des péripéties et une conclusion. C’était carré. Mais ce qui se dessinait devant moi n’avait rien de simple ni de net. Je comprenais sa crainte. Sa peur. Je la portais aussi. Une coulée froide se glissa le long de ma colonne, s’infiltrant entre chaque vertèbre pour s’y loger. Je regardais dans ma tasse un moment, un peu comme elle, comme si mon Gløgg pouvait devenir source de tasseomancy. Et moi qui pensais que la stratégie au Quidditch était stressante... C’est normal... je crois... je... je tentai de rationaliser, risquant un regard vers elle. J'étais habitué à penser vite, à trouver des solutions. Et puis, on avait une excuse, un moyen de tenter sans trop se prendre la tête suivi d'un moyen de tout nier si ça ne fonctionnait pas ? J’ai... peut-être une solution... pour... alléger les choses. Je jouais pour l’équipe adverse, quel que soit le terrain. L’antithèse de moi, c’était bien Kate à bien des égards. Ça se voyait facilement. Malgré tout, nous étions tous deux sur le précipice de quelque chose de monstrueux. Le genre de moment définitif dans une vie. Elle avait déjà mon premier baiser, c'était une grosse étape, non ? C’est probablement la pire idée, mais... ça donne un semblant de logique... une sorte de filet de sécurité pour limiter les... potentiels inconvénients. Elle était logique...stratégique, comme moi, enfin, c'est la conclusion que j'avais formulée plutôt dans la semaine. Parce qu’on le savait tous les deux : nos équipes n’hésiteraient pas à retourner ça contre nous. Et pire encore, les autres maisons s’en feraient un festin. Quidditch de côté, il n’y avait jamais eu beaucoup d’amour entre nos maisons. Inutile même d’évoquer la réalité de nos statuts. On peut prendre les prochains jours pour...tenter...voir ce que... J'avalai mes paroles manquantes. Elle avait une réputation à protéger aussi. Était-ce mal de vouloir tenter sans risque pendant qu'on pouvait le faire ? Quelques jours pour décider ce qu'on ferait de ce développement sans avoir à se méfier de notre entourage. Mais quelle catastrophe je m’apprête à provoquer ? Je ne peux m'empêcher la pensée en me retournant vers elle. C'est pas obligé d'être compliqué entre nous, Kate. @Kate Hunter |
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Le vertige après l’élan
Je prêtais une oreille attentive aux paroles de Rowan, laissant ses mots s’installer en moi jusqu’à trouver le courage de relever à nouveau les yeux vers lui et y trouver un regard qui me mit en confiance.
Au fur et à mesure qu’il déroulait sa réflexion, je retrouvais un terrain familier. Sa manière d’aborder les choses avait tout d’une stratégie de Quidditch. Pendant un instant, je me surpris à l’imaginer à une table avec les Crochets d’Argent en train de poser ses arguments et l’idée me tira un bref sourire. Une future tête pensante pour son équipe.
Malgré tout, ce côté à vouloir tout rationaliser… c’était peut-être bien le plus grand point que nous avions en commun. Et c’était rassurant.
Je l’écoutais sans l’interrompre, essayant d’assembler chaque élément de son raisonnement. Il ne promettait pas de tout régler, simplement d’alléger les choses. Des mots simples, mais qui réussirent à apaiser un peu l’instant.
- Elle est pas si mauvaise, ton idée, finis-je par souffler. T’as raison… j’aimais mieux quand on se prenait pas la tête. C’est plus simple sans se poser trop de questions. On peut essayer, juste voir comment ça se passe.
Une façon de passer du temps avec lui, sans rien de définitif. Comme un nouveau pari mais dans lequel on pourrait ne pas rendre les choses « compliquées ». Cela atténuait en partie mes craintes. Qu’en partie car certaines se rajoutèrent à ses mots. J’avais peur de m’y perdre tout d’abord. Et ensuite… que se passerait-il si on était plus sur le même degré de pensée ? Puis, est-ce que cela signifiait qu’on créait une nouvelle relation juste de convenance ou est-ce que notre complicité, au-delà de l’attirance qu’on avait, pourrait être préservé ? J’espérais connaître suffisamment Rowan, pour que ce soit plutôt la deuxième option. Il avait déjà mon premier baiser et c'était bien la première fois que je sentais mon cœur s'emballait autant après tout, alors il pouvait très bien en plus avoir ma confiance.
- Et si l'un ou l'autre on ne le sens pas, on pourra juste arrêter. Avec la fameuse "rupture épique". Suffira de se le dire, je pense que toi comme moi, on comprendra, dis-je en imitant partiellement le ton utilisé par le Serpentard un peu plus tôt dans les tribunes, espérant apporter un ton léger à la discussion.
Bon bien sûr, c'était le cas que je voulais le moins mais vu nos nombreuses différences, on ne pouvait pas faire semblant que l'éventualité n'existait pas. Je réalisais d'ailleurs que je n'étais plus tant perdante de notre pari au travers de ce trait d'humour. Je n'avais plus à jouer un rôle, ce serait plus simple.
- Moi ça me va, conclus-je plus doucement. Pas de prise de tête, on se laisse porter.
Je décollai ma main de ma tasse, hésitant une seconde avant d’oser lui tendre timidement mon auriculaire.
- On… scelle le pacte ? Pacte du petit doigt ?
Mon regard chercha le sien, une lueur mêlée d’appréhension et d’espoir au fond des yeux. Peut-être qu’il se moquerait. Peut-être qu’il accepterait. Mais ce petit geste enfantin fut le plus naturel qui me vint.
522 mots
Au fur et à mesure qu’il déroulait sa réflexion, je retrouvais un terrain familier. Sa manière d’aborder les choses avait tout d’une stratégie de Quidditch. Pendant un instant, je me surpris à l’imaginer à une table avec les Crochets d’Argent en train de poser ses arguments et l’idée me tira un bref sourire. Une future tête pensante pour son équipe.
Malgré tout, ce côté à vouloir tout rationaliser… c’était peut-être bien le plus grand point que nous avions en commun. Et c’était rassurant.
Je l’écoutais sans l’interrompre, essayant d’assembler chaque élément de son raisonnement. Il ne promettait pas de tout régler, simplement d’alléger les choses. Des mots simples, mais qui réussirent à apaiser un peu l’instant.
- Elle est pas si mauvaise, ton idée, finis-je par souffler. T’as raison… j’aimais mieux quand on se prenait pas la tête. C’est plus simple sans se poser trop de questions. On peut essayer, juste voir comment ça se passe.
Une façon de passer du temps avec lui, sans rien de définitif. Comme un nouveau pari mais dans lequel on pourrait ne pas rendre les choses « compliquées ». Cela atténuait en partie mes craintes. Qu’en partie car certaines se rajoutèrent à ses mots. J’avais peur de m’y perdre tout d’abord. Et ensuite… que se passerait-il si on était plus sur le même degré de pensée ? Puis, est-ce que cela signifiait qu’on créait une nouvelle relation juste de convenance ou est-ce que notre complicité, au-delà de l’attirance qu’on avait, pourrait être préservé ? J’espérais connaître suffisamment Rowan, pour que ce soit plutôt la deuxième option. Il avait déjà mon premier baiser et c'était bien la première fois que je sentais mon cœur s'emballait autant après tout, alors il pouvait très bien en plus avoir ma confiance.
- Et si l'un ou l'autre on ne le sens pas, on pourra juste arrêter. Avec la fameuse "rupture épique". Suffira de se le dire, je pense que toi comme moi, on comprendra, dis-je en imitant partiellement le ton utilisé par le Serpentard un peu plus tôt dans les tribunes, espérant apporter un ton léger à la discussion.
Bon bien sûr, c'était le cas que je voulais le moins mais vu nos nombreuses différences, on ne pouvait pas faire semblant que l'éventualité n'existait pas. Je réalisais d'ailleurs que je n'étais plus tant perdante de notre pari au travers de ce trait d'humour. Je n'avais plus à jouer un rôle, ce serait plus simple.
- Moi ça me va, conclus-je plus doucement. Pas de prise de tête, on se laisse porter.
Je décollai ma main de ma tasse, hésitant une seconde avant d’oser lui tendre timidement mon auriculaire.
- On… scelle le pacte ? Pacte du petit doigt ?
Mon regard chercha le sien, une lueur mêlée d’appréhension et d’espoir au fond des yeux. Peut-être qu’il se moquerait. Peut-être qu’il accepterait. Mais ce petit geste enfantin fut le plus naturel qui me vint.
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