J'suis un peu fêlée mais c'est pour faire passer la lumière
JEUDI 08 SEPTEMBRE 2050
SALLE SENSORIELLE
DE 09:30 A 10:30
QUATRIEME ANNEE
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SALLE SENSORIELLE
DE 09:30 A 10:30
QUATRIEME ANNEE
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Cette nuit, pour la première fois depuis la fin de l'année scolaire précédente, Stella avait mal dormi. Vraiment mal dormi. De nouveaux cauchemars l'avaient assaillies avec violence, au point qu'elle s'était réveillée en sursaut, le visage strié de larmes et la respiration saccadée. Désorientée et paniquée, il lui avait fallu un certain temps pour reconnaitre l'endroit où elle se trouvait et les personnes qui l'entouraient. Après avoir enfilé le pull d'Aydan et s'être roulée en boule en serrant fort contre son coeur sa peluche Zephyr, la jeune fille avait attendu Morphée. Seule âme éveillée dans la nuit noire et silencieuse, l'oreiller humide de ses pleurs, reniflant, recroquevillée et encore un peu tremblante, elle avait attendu. Désespérément. Mais le Marchand de Sable semblait l'avoir oubliée, et elle n'avait réussit à trouver le sommeil que très tard — ou très tôt, ça dépendait du point de vue. L'aube naissante perçait déjà timidement au travers des rideaux de velours bleus vaporeux de son dortoir quand enfin elle avait sombré dans un sommeil agité, sans rêves et peu reposant.
Etoile se réveilla tard — bien trop tard — et elle fut soulagée que sa grasse matinée involontaire décide de se manifester un jour où elle n'avait cours qu'à partir de l'après-midi. L'avantage de ne pas avoir pris certaines matières. Levée à 09h02 — soit trop tard pour descendre prendre son petit-déjeuner — et décida de commencer sa journée avec douceur, de ne pas se brusquer. Ainsi, après une petite séance de ronron-thérapie avec Shadow, rien de mieux pour chasser de son esprit les résidus de ses cauchemars, elle enfila les vêtements les plus confortables qu'elle pu trouver — à savoir un jean large et délavé qu'elle ajouta à un sweat aux couleurs de Serdaigle — puis elle prit la route.
Pour où, elle n'en avait aucune foutue idée.
Naturellement, la Quatrième Année parcourut couloir sur couloir, gravit bien trop d'escaliers pour pouvoir tous les compter, grimpa les étages, jusqu'à ce que ses pieds la mènent naturellement face au bureau de psychomagie. Un sourire attendri vint adoucir ses traits tirés des vestiges de sa nuit agitée.
Peut-être pourrait-elle se réfugier ici le temps de revenir à la réalité ? Après tout elle ne perdrait rien à essayait, cela valait probablement le coup. De toute évidence, elle n'avancerait à rien à continuer d'errer dans le château comme une âme perdue. Fatiguée comme elle était elle aurait bien continué de dormir, mais les souvenirs de son cauchemar étaient bien trop collés aux parois de son crâne et de son esprit. Juste en y repensant, Etoile pouvait sentir une peur poignante la saisir par l'estomac, ses yeux la picoter et sa respiration lui échapper. Non, hors de question de replonger dans la frénésie de songes qui ne feraient que lui empoisonner l'esprit et l'entrainer vers des abysses de la tristesse.
Timidement, l'Aiglonne s'approcha de la porte pour consulter les heures d'ouverture de la salle sensorielle. Elle en avait beaucoup entendu parler mais n'avait jamais osé s'y aventurer, trop nerveuse — ou trop fière ? — pour aller chercher de l'aide en ce lieu qui respirait pourtant la sérénité.
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SALLE SENSORIELLE
Debout devant la salle sensorielle, immobile et silencieuse comme le chat qui attend, Etoile attendait de trouver le courage de poser sa main sur la poignée. « Et merde, arrête de douter autant » souffla-t-elle en secouant vaguement la tête. Lentement — mais surement — son bras s'éleva et ses doigts efflorèrent le panneau de bois. Le psychomage avait gentiment accepté de lui ouvrir la pièce, ce serait idiot de ne pas en profiter. N'est-ce pas ? Elle inspira profondément et se décida à pénétrer dans cet endroit inconnu mais qui avait piqué sa curiosité, sans vraiment savoir à quoi s'attendre.
Sous ses yeux, un chemin de galet l'invitait à s'avancer plus en profondeur dans ce lieu magique, comme une présence douce et chaleureuse qui l'aurait prise par la main pour la guider vers la paix. Notant un panier tressé à sa droite l'invitant à retirer chaussures et chaussettes, la jeune sorcière n'hésita pas à s'exécuter. Une fois débarrassée de ses affaires, elle se risqua à avancer.
Emerveillée par l'ambiance complètement différente de celle qui régnait dans le reste de l'Ecole, Stella expira longuement, surprise et soulagée. Sans qu'elle ne comprenne pourquoi, elle sentit ses yeux s'humidifier et quelques larmes roulèrent sur ses joues. Oui, c'était exactement ce dont elle avait besoin. Ce calme, cette sérénité, ce confort. Elle laissa ses larmes couler — ici, elle était cachée, en sécurité, personne ne pourrait voir ses larmes et les juger — elle profita de sa petite marche sur les galets, les yeux mi-clos. Ayant presque l'impression de ressentir une chaleur tiède émaner des galets, la petite Serdaigle sourit doucement à travers ses larmes. C'était donc à cela que ressemblait la paix ?
Un bruit d'eau attira son attention et elle s'approcha, curieuse. Le spectacle qui s'offrait à elle était tout bonnement magnifique. Entre la pièce qui mêlait artistiquement des jeux d'eau et de lumière et celle qui ressemblait fortement à un jardin intérieur, elle aurait pu se croire au paradis.
Etoile hésita un bref instant entre la direction qu'elle avait envie de prendre et, malgré son amour pour l'eau, elle prit la direction du jardin, attirée par l'effet apaisant que les plantes avaient sur elle.
Dès que ses pieds entrèrent en contact avec l'herbe, un petit rire — nerveux ou heureux, elle n'aurait su le dire — passa la barrière de sa bouche. Doucement, en prenant son temps, elle se laissa glisser sur ses genoux et posa ses paumes par terre, laissant ses doigts glisser dans les fines lames de l'herbe.
La jeune Ruewen profita encore de la sensation de l'herbe sous son corps puis se releva pour continuer l'exploration du jardin, en admiration devant les arbres qui vivaient là, et les diverses plantes qui donnaient de la vie, un pouls et une respiration à la pièce. C'était presque honteux qu'elle ne soit venue ici plus tôt, Stella avait l'impression de découvrir enfin comment respirer correctement.
Elle laissa ses doigts courir sur l'écorce des arbres, son visage saluer chaque plante, ses cheveux caresser les brins d'herbe. Elle autorisa son coeur à s'échouer sur le gazon, son corps à se relâcher et son esprit à s'évader hors du temps et de la pensée. Ici, elle était dans une bulle isolée et intime.
S'allongeant au centre du jardin en étoile, le regard perdu dans les lumières douces, la Quatrième Année sentit de nouveau la pluie couler sur ses joues. Et alors là, cachée, réfugiée dans ce jardin sublime, protégée par les branches des arbres, elle laissa tout partir. Bien que déjà allongée, elle se brisa en un millier de petits morceaux, les laissa lui échapper, se sentant glisser vers une sorte de brume apaisante et rassurante. Son corps coulait dans une tempête de larmes, de soupirs, de fatigue, de mauvais rêves. C'était une hémorragie de larmes. Elle se vidait de ses pleurs, elle se vidait d'elle même. Libérée du poids de devoir être Stella Ruewen, une fille, une soeur, une amie, une camarade, un soutien, une élève, une nièce, une filleule, etc. Les poids à ses chevilles s'étaient décrochés et elle s'était aussitôt envolée, soulagée de toutes formes d'inquiétude. Après tout, elle n'avait pas besoin d'être Quelqu'un pour continuer de vivre. Il lui suffisait de se suffire à elle-même et de se laisser pleurer, de se consumer dans l'eau salée qui dévalaient son visage et venait désaltérer le sol.
Elle resta longtemps ici, jusqu'à s'être vidée de sa tristesse, jusqu'à ce qu'elle sente une fatigue réconfortante l'étreindre et l'appeler à somnoler, bercée par la douce musique et les battements réguliers de son coeur. Les cauchemars ne seraient pas oubliés, mais ils ne la vaincraient pas aujourd'hui, et cette certitude lui suffisait pour pouvoir affronter sa journée et tenir encore un peu.
15 ans / 5eme Année RP / fiche PR / / #004d65 / RDD / coucou rappeltout
"Am I boring ? Sure. Social skills ? None. But I’m loyal if you feed me and will never leave you cuz, well…. I need the food."
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