Inktober 2025 Recueil automnal d'une Griffonne

1.Moustaches 2.Tisser 3.Couronne 4.Sombre
5.Cerf 6.Percer 7.Etoile de mer 8.Téméraire
9.Lourd 10.Balayer 11.Piqure 12.Déchiqueté
13.Boire 14.Coffre 15.En lambeau 16.Gaffe
17.Orné 18.Accord 19.Arctique 20.Rivaux
21.Explosion 22.Bouton 23.Luciole 24.Bruyant
25.Enfer 26.Déroutant 27.Oignon 28.Squelettique
29.Leçon 30.Vacant 31. Prix
Dernière modification par Heather McInn le 12 oct. 2025, 20:41, modifié 3 fois.

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Lorsque vous lui ouvrez la porte la magie est partout

Inktober 2025 Recueil automnal d'une Griffonne
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Samedi 1er octobre 2050
Dans les dortoirs des griffonnes.
Je venais de finir tous mes devoirs à la bibliothèque. J’avais l’intention de remonter dans mon dortoir de me mettre à l’aise et de ne plus rien faire de ma journée. L’idée de me poser dans mon fauteuil près de la fenêtre pour profiter des quelques rayons de soleil tout en lisant un livre était terriblement alléchant.

Je grimpais en vitesse les marches qui séparait le rez-de-chaussée du cinquième étage, donnait le mot de passe à la Grosse Dame puis me rendit dans mon dortoir. Tout y était paisible. Il n’y avait aucune fille à cette heure là et le silence régnait en maître.

Je posais mes affaires et fut surprise par une sorte d’éternument. Je levai la tête interloquée et regardai autour de moi sans voir âme qui vive. Le bruit recommença une ou deux fois. A y faire attention, il s’agissait d’avantage d’un éternuement animal que d’un éternuement d’humain. Je regardai à droite et à gauche et fronçais légèrement les sourcils. Je ne voyais pas mon fidèle compagnon.

« -Stoirm ? C’est toi qui viens d’éternuer ? » Oui, un peu ridicule Heather, il ne va pas te répondre.

Et pourtant, sous mon lit, je crus percevoir un frémissement comme si une ombre bougeait. Puis surgit mon chat blanc avec ses magnifiques yeux bleus. Il avait un air repu et satisfait qui me fit frissonner. J’espérai qu’il n’avait pas croquer le rat ou le boursoufflet d’une camarade. Je me jetai à genoux et vérifiais sous le lit qu’il n’y avait aucun cadavre ou poil.

Ouf sauvée, rien. Je me remis à genoux et tombais dans les yeux clairs de mon félin. Mes yeux poursuivirent leur inspection jusqu’à tomber sur ses moustaches couvertes de poussière. Je riais légèrement, lorsque je vis le résultat. Des moutons de poussière étaient coincés et épais pour certains dans ses moustaches.

« -Par Merlin, Stoirm, c’est gentil de vouloir aider à faire le ménage mais là tu es ridicule. Allez, viens là que je t’essuie. »

Je me remis debout, allai prendre un mouchoir et retournai vers lui. Il me regarda d’un œil qui me sembla légèrement goguenard. Il miaula d’un air innocent, s’étira tranquillement et sans plus de cérémonie me tourna le dos.

« -Stoirmmm, viens là que je puisse t’essuyer. »

Mais il sembla flairer l’embuscade et bondit sur le lit voisin, en renversant au passage quelques affaires.

« -STOIRM », je gémis intérieurement, il allait falloir que je me mette à sa poursuite. Je tentai de contourner le lit, mais Stoirm, vif comme un éclair, fila entre mes jambes et grimpa sur une commode haute. Hors de portée de main, le chat se mit à laper tranquillement une poussière imaginaire, comme si tout cela n’était qu’un malentendu.

« - Oh non, pas question que tu m’échappes. », murmura-je en priant qu’aucune fille n’entre, tant la scène devait être ridicule à voir. J’étais prête, je sautais et le résultat fut … discutable. Mon mouchoir atterrit sur la lampe de chevet, moi sur le tapis, et Stoirm sauta avec élégance lui pour se retrouver de nouveau sur mon lit, les moustaches frémissantes.

Je commençais à comprendre Duncan quand il disait que mon chat était un démon sortit des Enfers.

« -Très bien !!!!! Je vais devoir sortir l’artillerie lourde. »

Je me relevai et me dirigeai vers ma malle pour sortir un petit sachet dans lequel il y avait de l’herbe à chat. Je m’installai mouchoir en main sur le lit et attendit que la magie de l’herbe se fasse. Il vint se coller à moi et je pus enfin attraper mon fugitif. Je le tins contre moi, le souffle légèrement court.

« -Gagnée !!! Maintenant, tu te laisses faire. »

Stoirm se résigna et se laissa enfin faire. Je lui essuyai doucement les moustaches enlevant les touffes de poussière.

« - Voilà, Monsieur le démon, tu es tout propre ».

Mon chat me fixa d’un air vexé avant de se lécher la patte avec dignité, comme pour dire : Je comptais le faire, hein.

Je levai les yeux au ciel, pris mon livre et redescendit dans la Salle Commune. J’avais bien le droit de me reposer maintenant.

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Dimanche 2 octobre 2050
Salle Commune des griffons


J’étais posée tranquillement dans mon fauteuil près de la fenêtre. Stoirm était posé, roulé en boule sur mes genoux. La Salle Commune rayonnait au son des rires et conversations des lions. L’air sentait bon le bois flambé, avec un soupçon de cannelle et un soupçon de chocolat chaud.


Mon regard se porta vers la fenêtre, où les arbres prenaient les couleurs d’automne, rouge et orange. Le parc était de toute beauté. La couleur des feuilles ambrés me fit penser à la couleur des yeux de ma meilleure amie. Diana était toujours là pour me faire rire, me gronder quand je préférai aller me promener dans les landes plutôt que m’enfermer dans la chambre à se pouponner.

Alors que je regardai les feuilles tombées, je pensais à Noël qui approchait à grands pas et je commençai à réfléchir à ce que je pouvais faire comme cadeau. J’avais décidé de ne rien acheter à Diana, pas de babioles de boutique, pas de friandises de Honeydukes, non. Cette fois, je voulais offrir quelque chose de fait main, quelque chose qui vienne du cœur.

J’avais pensé à lui confectionner une marque-page tissé. Cela faisait deux années que je m’étais mise à faire du tissage. D’abord des bracelets, puis des portes clés. J’avais emmené avec moi mon sac emplit de pelotes de laine colorée, des rubans, quelques perles de verre. J’avais aussi ramené un livre qui proposait des modèles.

Je le feuilletai quelques instants l’ouvrage est tombai sur un modèle qui me plus. Il s’agissait d’un renard roux et d’un renard noir qui entrelaçaient leur queue avec un cœur. Je le trouvais adorable et je savais que Diana allait adorer !

C’était plus complexe qu’un simple bracelet.

« -Bon, Heather, murmurai-je pour moi-même, si tu arrives à survivre à tes cours de potions et de métamorphoses, tu es capable de tisser ensemble quelques bouts de tissus. Courage ! »

Je pris les fils adéquats, coupai la longueur souhaitée et commençait mon travail de tissage. Au bout d’une bonne heure, je m’étirai faisant craquer les os de mon dos. Mes doigts s’étaient habitués aux nœuds avant et nœuds envers, aux détails, et au changement de couleur.

Le bracelet/marque page prenait forme, le dessin du petit renard roux apparaissait. Il était vraiment mignon. J’espérai de tout mon cœur qu’il plairait à Diana. Mais la connaissant, elle me sauterait dans les bras, heureuse. Je souris d’anticipation, imaginant déjà la scène.

L’après-midi touchait à sa fin lorsque je finis le sien. J’avais mis une petite perle pour le finir. Il n’était pas parfait, un peu tordu, un peu trop court peut-être… mais il était plein d’elle et d’affection. Je n’avais plus qu’à le glisser dans une petite pochette.

J’avais hâte d’être à Noël pour partager un moment de convivialité et d’amitié.

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Lundi 3 octobre 2050
Parc


J’avais enfin terminé mon cours de vol. Avec toute la bonne volonté du monde, ce n’était vraiment pas la matière que j’affectionnais le plus. Je préférais largement le plancher des vaches et je ne comprenais ce qui amusait mes camarades lorsqu’il fallait faire des vrilles avec notre balai.

Je remontai d’un pas lent vers le château, profitant de l’air clément. Le soleil brillait et se reflétait dans les feuilles jaunes, rouges et oranges des arbres. Je profitais de mon temps de récréation au grand air avant d’avoir mon cours d’étude de runes.

Le vent d’automne soufflait doucement sur le parc de Poudlard. Je resserrai mon écharpe autour de mon cou et inspirai profondément l’air doux chargé d’humus tandis que les rayons du soleil chauffaient mon visage.

Le parc, à cette saison, avait quelque chose de magique — un calme vibrant, presque vivant. Les arbres, vêtus de leurs couleurs de feu, semblaient chuchoter entre eux, et le lac, paisible, reflétait le ciel pâle d’octobre. On pouvait encore voir quelques tentacules du calmar géant. Je marchais lentement, savourant chaque pas, prenant tout mon temps pour remonter au château.

Je tournai la tête et aperçus Duncan, assis par terre au loin. Je fronçais légèrement les sourcils. Il n’aimait pas spécialement l’extérieur et le voir ainsi était étrange. Il me semblait qu’il venait de finir son cours de Sortilèges. Est-ce qu’il s’était mal passé ? Miss Priddy l’avait-elle réprimandée ?

Mes pas se précipitèrent vers lui, et alors que j’allais l’appeler dune voix tendue par le stress, je vis qu’il avait amassé des feuilles et des brindilles devant lui. Je regardais ma montre et il me restait encore du temps avant le cours avec Miss McNeil.

Dans un sourire je m’assis juste à côté de lui. Il tourna la tête vers moi et je plongeai dans ses yeux bleus, si semblable à ceux de notre mère. Il répondit à mon sourire puis tourna de nouveau son visage vers l’amas de feuilles et de brindilles.

Le silence s’installa entre nous, mais pas un silence pesant. Un silence emplit de nous, de notre complicité, de notre fraternité. J’aimais tellement ces moments.

Toujours en silence, il se mit à tresser les tiges et à entrelacer les feuilles entre elles. Je le regardai faire, intriguée. Duncan, concentré comme un petit artisan, avait ce froncement de sourcils qu’il faisait déjà quand il travaillait le bois. Ses mains étaient agiles et il travaillait rapidement. Quand il eut terminé, il se redressa et plaça délicatement sur ma tête une couronne de feuilles rousses et dorées.

J’éclatais d’un rire joyeux lorsqu’il me lança « Voilà. La reine de l’automne est parée de sa couronne ».

« -Je vous remercie de votre présent, très cher artisan » fis-je d’une voix malicieuse.

Le temps semblait être suspendu. Pourtant, je dus me lever pour rejoindre mon prochain cours. J’embrassai au passage mon frère sur sa joue pour le remercier., et c’est fièrement coiffée de ma couronne de feuille que je me dirigeai vers la tour nord.

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Mardi 4 octobre
Tour Nord
Dernier cours de la journée : divination. J’étais on ne peut plus somnolente, sûrement dû aux effluves d’encens. Je n’avais contre notre professeure ni contre la matière, mais cette discipline me paraissait tellement obscure et opaque que c’est presque avec soulagement que je vis le cours se terminer.

Je passai par la trappe et descendis lentement l’échelle branlante qui me ramenait dans les escaliers de la Tour Nord. Je frissonnai. L’air y était plus frais, moins saturé d’odeur mélangée

Je crois que je ne serais pas douée pour ce cours. Je voulais bien croire aux visions, aux rêves prophétiques et aux boules de cristal, mais tout ce que je voyais, c’était… rien. Je n’avais pas le don de double vu. Certes nous pouvions avoir une utilisation théorique de la divination et peut-être qu’en travaillant dur, j’arriverai à quelques choses. En tout cas pour le moment ce n’était pas un réel succès.

A peine atteint le dernier barreau, mes camarades se précipitèrent vers la Grande Salle pour se restaurer. J’avais moi-même faim, mais je pris mon temps. Je descendis lentement, très lentement les marches.

Alors que je passais près d’une immense fenêtre, je levai les yeux vers le ciel. Ce dernier avait pris une teinte étrange, sombre, presque liquide — un noir d’encre, profond et mouvant, aucunes étoiles, aucuns astres ne perçaient les cieux.

Je m’approchai de la lucarne et restai un instant immobile, fascinée. Je plongeai mon regard dans ce gouffre sombre. Il donnait l’impression de tout aspirer. D’aspirer toute la lumière.

Le château, sous cette voûte obscure, semblait différent. Les tours n’étaient visibles que grâce aux fenêtres éclairées. Leurs contours semblaient être aspirés, avalés. Le lac, était devenu obsidienne et ne reflétait aucune lueur.

Je souris légèrement, je n’avais peut-être pas le don de double vue mais au moins, j’avais le don d’aimer ce que je voyais. Beaucoup de personne aurait pu trouver ce ciel sombre et noir oppressant. Moi je le trouvais fascinant.

La divination nous demandait de voir au-delà de l’évidence. Peut-être qu’elle n’était pas finalement qu’une question de visions. Peut-être qu’il s’agissait d’apprendre à regarder autrement. À voir ce que les autres ne prenaient pas le temps d’observer : les petits signes, les nuances du monde, la manière dont le ciel change de couleur sans prévenir.

Je fus tirée de ma rêverie par les premières gouttes de pluie qui commencèrent à tomber, fines et silencieuses. Elles glissaient sur les vitres comme de minuscules comètes argentées.

Je me secouai intérieurement. Je me redressai, remis mon écharpe et reprit le chemin de la Grande Salle. Je n’avais peut-être pas le don de double vue, mais ce soir-là, sous le ciel d’encre de Poudlard, j’avais vu quelque chose d’encore plus rare : la beauté tranquille de ne rien savoir, et de se laisser surprendre.

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Mercredi 5 octobre
Parc
J’avais mon après-midi de libre. Je décidai avant de m’enfermer dans la bibliothèque pour rédiger mon devoir de Divination, de m’aérer un peu l’esprit. La divination n’étant pas une matière dans laquelle j’excellai en ce début d’année.

Rien de mieux que de trouver des signes à l’extérieur. Emmitouflée une grosse écharpe en laine rouge, je descendis les escaliers d’un pas alerte. Le vent d’automne soufflait doucement sur le parc de Poudlard, emportant avec lui le parfum humide des feuilles tombées.

Je décidai de faire le tour du lac. J’aimais faire cette balade. Elle était paisible, d’autant plus qu’il n’y avait pas un seul élève sur le sentier. Je pus profiter du spectacle des nuages se reflétant sur le lac. Pas de calmar géant à l’horizon, il devait profiter de la profondeur du lac pour se préparer à l’hiver. Je pris mon temps, levant le visage dès qu’un rayon du soleil perçait un cumulus. Humant avec délice cette odeur d’humus, profitant de la beauté du parc qui était devenu rouge, orange et jaune. Je souris en me disant qu’il avait revêtu les couleurs des griffons.

En remontant vers le château, je décidai de m’octroyer un peu temps avant de retourner à mes occupations scolaires. Je m’installai sur un vieux banc de pierre, d’où je pouvais encore voir le lac noir. Je me perdis dans la contemplation de sa surface qui frémissait sous le vent. Hormis le bruit des feuilles, le calme était absolu.

Je fermai les yeux un instant, savourant cette tranquillité. Cette dernière fut brisée par un son étrange et majestueux : un brame profond, grave et vibrant qui résonna dans tout le parc. J’ouvris brusquement les paupières et tournai la tête de droite à gauche à la recherche de l’animal. Je ne le vis nulle part. Était-il dans la forêt interdite ou au contraire en dehors du château ?

Voulait-il séduire, affirmer sa force ou défendre son territoire ? Je n’aurai su le dire, mais ce bruit était puissant.

Le cri retentit de nouveau. J’eus l’impression d’être de retour à la maison. Ce n’était pas la première fois que j’entendais un cerf bramer, mais ici, au cœur des terres magiques de Poudlard, le son semblait presque irréel, magique.

Instantanément, le brame me renvoya dans mon Écosse, et une douce nostalgie m’enveloppa. Celle où je me balade et cours dans les landes balayées par la brume ; là où les collines sont couvertes de bruyère. Il y a quelques années, alors que nous étions partis à l’aube athair et moi, j’avais pu apercevoir les silhouettes fières des cerfs qui se tenaient sur les crêtes. Nous nous étions arrêtés, fascinés par cette beauté rude et sauvage.

Je m’étais adaptée à ma vie de sorcière. Pourtant, j’avais l’impression que ce cri animal avait brisé la frontière entre le monde moldu et le monde sorcier, un instant juste un petit instant.

Un autre brame retentit, plus long, plus mélancolique encore. Je souris. Ce son, si noble et si ancien, me rappelait que la véritable magie résidait peut-être simplement dans cette nature que j’aimais tant.

Le cerf cessa son appel. C’est empli de son brame que je rentrais au château, sereine et apaisée.

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Jeudi 6 octobre
Salle Commune de Gryffondor


Pour mon anniversaire qui avait eu lieu en juin, Diana avait eu l’idée de nous offrir un piercing commun, pour je cite « ne pas m’oublier dans ton école hyper loin ».

Malheureusement, j’avais perdu la boucle d’oreille quelques jours auparavant. J’en avais ramené d’autre, mais je n’avais pas pris le temps de le remettre en place. Et en ce début de soirée, je n’arrêtais pas de faire la grimace devant le miroir de la salle de bain en tentant de le remettre.

Le trou c’était rebouché. J’avais essayé de percer de nouveau le trou avant de prendre ma douche. C’était un échec. J’avais cru innocemment qu’avec l’eau chaude, la peau se serait détendue et qu’il aurait été plus facile de faire entrer la boucle d’oreille.

Et non… Le trou avait, semble-t-il, décidé de faire une pause prolongée, comme s’il voulait prendre des vacances sans prévenir. Je soupirai.

- « Sérieusement ? J’ai vraiment la poisse ».

Je sortis de la salle de bain. Il y avait bien quelques camarades mais je ne voulais pas les embêter avec ça ! Il me restait mon joker : Duncan. En espérant, qu’il ne soit pas lui-même dans son dortoir auquel cas, je ne pourrai rien faire ce soir.

Je descendis les marches quatre à quatre. La Salle Commune était quasi déserte ! Parfait ! D’autant plus que parmi les pauvres âmes qui erraient dans la pièce se trouvait celle de mon frère qui était en train de lire. Je m’approchais de lui.

Il dû sentir ma présence, car ses yeux bleus rencontrèrent les miens. Ses sourcils bruns se froncèrent légèrement lorsqu’il vit mon expression déterminée. Il savait très bien que quand j’avais ce regard c’est que j’avais une idée derrière la tête.

« -Duncan j’ai besoin de ton aide » lui souris-je innocemment.

Mon charmant petit frère haussa un sourcil.

«- Pour quoi faire ? »

« -Pour une opération de chirurgie amateur. J’ai besoin que tu me perces l’oreille. Enfin que tu me reperces l’oreille ».

Il pâlit légèrement. Il posa doucement son livre, regardant autour de lui s’il pouvait s’enfuir. Ne voyant pas d’issu, il me regarda de nouveau.

« -Attends… tu veux dire, là, maintenant, avec… toi et moi… et ton oreille… et… T’as pas un sort pour faire ça ? Tu peux pas demander à tes copines ?»

« - Oui ! Toi, moi et mon oreille. Non je n’ai pas de sort en tête pour me repercer l’oreille et non je n’ai pas envie d’embêter une de mes copines. Et ne fais pas cette tête ! C’est juste un petit trou. La marque est déjà là, tu n’as plus qu’à bien mettre la boucle et appuyer un grand coup. J’ai essayé de le faire mais je n’ai pas assez de visibilité. »

Il soupira dramatiquement. Profitant de ce soupir, je m’installai sur le tapis, sortis un petit étui avec le bijou que je voulais remettre. Je penchai la tête pour que Duncan puisse avoir accès à mon oreille et je lui tendis la boucle.

« -Très bien… dit-il d’un ton grincheux. Mais je ne garantis pas que ta nouvelle oreille soit… droite.

Je lui lançai un regard qui combinait à la fois la confiance absolue et la menace subtile.

« -Tu n’as pas le choix. Tu sais que je tiens à ce piercing, c’est un cadeau de Diana.»

Duncan, les mains légèrement tremblantes.

« -Si ça fait mal, tu ne viens pas te plaindre

« - Je ne pleurerai pas… mais si tu me rates, je te transforme en théière ! »

Après ce qui sembla durer une éternité, je sentis une légère douleur mais le bijou fut inséré avec succès.

Je me redressai tandis que Duncan s’effondra sur le canapé, le visage pâle.

« -Merci, petit frère. Tu vois ? C’était pas si horrible… »

Je me relevai, l’embrassai sur la joue, lui souhaitai bonne nuit, et remontai dans mon dortoir.

« -Sérieux, elle m’épuise » dit-il ne pouvant toutefois pas s’empêcher de sourire.

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Vendredi 7 octobre, souvenir du 5 octobre
Salle d'étude des Moldus


Par ici

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Samedi 8 octobre
Dortoir des filles


Le vent rugissait, le ciel prenait une teinte grise -presque métallique- une tempête se préparait. La cime des arbres bougeait dans une danse endiablée. La surface du lac ondulait sous les rafales, faisait naître des petites vagues. Je resserrai mon écharpe autour de mon cou en sortant des serres, et remontai d’un pas pressé vers le château.

Alors que je regardai vers le terrain d’entraînement pour cœur eut un raté. Je vis Duncan, mon frère, au pied des buts de Quidditch, un balai à la main. J’ouvris tout grand les yeux, pensant avoir une vision. Je me les frottai, les fermais puis les rouvrit, la vision était toujours là. Depuis quand, mon frère était-il aussi aventureux ? Lui un balai à la main ? Prêt à voler avec un temps de tempête ?

Je courus aussi vite que je pus.

« -Duncan, tu es complétement fou ?! Qu’est-ce que tu fais là ? »

« -Pas fou Heather. Juste téméraire ».

Je sentis mon cœur se serrer d’appréhension. Je connaissais que trop ce ton. Celui de défi, celui qui montrait qu’il pouvait réussir ce qu’il entreprenait. Lorsqu’il avait commencé à apprendre le violoncelle très jeune, mes parents lui avaient demandé s’il était sûr de lui. Ils ne voulaient pas qu’il soit déçu vu la complexité de cet instrument. Il avait alors pris le même ton en leur disant « -Je réussirai ».

Est-ce que c’étaient des amis à lui qui l’avait mis au défi de voler par ce temps ? Si tel était le cas et que je les trouvais, ils allaient passer un très mauvais quart d’heure.

«- Duncan, il y a des rafales. Aucun élève ne prendrait le risque de voler ce soir ! »

Mais il ne fit que me sourire et avant que je ne puisse faire quoi que ce soir, il s’élança dans les airs.

« - DUCANNN ».

Je le vis plonger, remonter, tournoyer au-dessus du terrain comme un oiseau noir. Téméraire, beaucoup trop téméraire. Depuis quand, mon frère était-il aussi doué ? Lui qui pourtant n’aimait pas ça ? Lui qui faisait tout pour rester le plus normal possible dans ce monde de sorcier ?

Le temps continua de se dégrader. Un éclat de lumière jaillit de nulle part : l’orage grondait, soudain. Le vent hurla, tordant les arbres au loin. Duncan tenta de reprendre de l’altitude, mais son balai vibra, secoué de toutes parts.

«-Duncan ! Reviens sur ce maudit sol !».

Il ne l’entendait plus. Un éclair illumina le ciel, et je vis mon frère perdre le contrôle, happé par la tempête. Son cri se mêla au tonnerre.

Et soudain… plus rien.

J’ouvris les yeux dans un sursaut, retenant un hurlement. J’étais en travers de mon lit, la respiration affolée, mon cœur battant la chamade. Le dortoir des griffonnes baignait dans la pénombre tranquille.

Je restai immobile un long moment, tentant de reprendre mon souffle.

Un rêve. Juste un rêve.

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