Happy True Hour
Il eut ce réflexe idiot de tendre la main, paume ouverte, et ses mots sortirent au ralenti, englués tout comme sa langue.
- Att…
Trop tard. Le petit « plop » du bouchon s’était fait entendre, dans le brouhaha du Chaudron Baveur. Les effluves avaient filé droit aux narines d’Alienor. Il vit l’instant où l’essence franchit la distance entre le fond de la fiole, et le nez de la joueuse de quidditch. Son estomac se contracta.
- T’es débile !
Le jeune sorcier cligna des yeux, à la traîne d’une demi-seconde sur tout. La remontrance d’Alienor lui tomba dessus avec la force d’une coup de batte.
- Les emmerdes commencent. On n’a pas fini.
Il n’eut même pas conscience d’avoir prononcé ces mots. Sa bouche s’était entrouverte d’elle-même. Il hocha la tête dans un réflexe coupable.
- J’ai… Je n’ai pas eu le temps… de te le dire. J’suis un peu… ralenti.
Il avala sa salive, conscient que chaque syllabe pouvait encore s’échapper malgré lui. Il effleura la bouteille du bout des doigts.
- C’est… pour ma mère. Elle commande souvent des potions, pour les étudier. Elle est ppppotionniste… et herbbbologiste. Elle en récupère chez l’Apothic’Herbes, elle observe, elle recompose, et cherche à s’améliorer. J’suis juste… l’intermédiaire.
L’Écossais sentit une chaleur remonter le long de sa nuque. Sa lucidité faisait des embardées : Par moments, tout ce qui l’entourait semblait d’une précision absolue. Puis l’instant d’après, sa vision lui renvoyait des images en mie de pain.
- J’aurais dû te prévenir. J’… J’ai ouvert par ccccuriosité. Une seconde. C’est p… probablement un révélateur d’affects, ou un dissssolveur d’inhibition. Ma mère aime bien comparer les mmmmélanges existants à ses propres formules. Il y a des d’essences qui montent par l’air. Ce n’est pas rare.
Il osa lever les yeux afin de décripter le regard d’Alienor, chargé de ce qu’elle avait laissé échapper malgré elle. Le Rouge et Or eut envie de se cacher dans sa besace.
- Tu sais, ma mmmère dit toujours : « Les potions passent comme les tempêtes, faut juste pas grimper au mât pendant l’orage ».
Un petit rire lui échappa, nerveux. Il se donna une claque.
- Mais tu vas fermer ta bouche de troll…
Gabryel Fleurdelys
Sorcier diplômé
Médiateur PFR
- Att…
Trop tard. Le petit « plop » du bouchon s’était fait entendre, dans le brouhaha du Chaudron Baveur. Les effluves avaient filé droit aux narines d’Alienor. Il vit l’instant où l’essence franchit la distance entre le fond de la fiole, et le nez de la joueuse de quidditch. Son estomac se contracta.
- T’es débile !
Le jeune sorcier cligna des yeux, à la traîne d’une demi-seconde sur tout. La remontrance d’Alienor lui tomba dessus avec la force d’une coup de batte.
- Les emmerdes commencent. On n’a pas fini.
Il n’eut même pas conscience d’avoir prononcé ces mots. Sa bouche s’était entrouverte d’elle-même. Il hocha la tête dans un réflexe coupable.
- J’ai… Je n’ai pas eu le temps… de te le dire. J’suis un peu… ralenti.
Il avala sa salive, conscient que chaque syllabe pouvait encore s’échapper malgré lui. Il effleura la bouteille du bout des doigts.
- C’est… pour ma mère. Elle commande souvent des potions, pour les étudier. Elle est ppppotionniste… et herbbbologiste. Elle en récupère chez l’Apothic’Herbes, elle observe, elle recompose, et cherche à s’améliorer. J’suis juste… l’intermédiaire.
L’Écossais sentit une chaleur remonter le long de sa nuque. Sa lucidité faisait des embardées : Par moments, tout ce qui l’entourait semblait d’une précision absolue. Puis l’instant d’après, sa vision lui renvoyait des images en mie de pain.
- J’aurais dû te prévenir. J’… J’ai ouvert par ccccuriosité. Une seconde. C’est p… probablement un révélateur d’affects, ou un dissssolveur d’inhibition. Ma mère aime bien comparer les mmmmélanges existants à ses propres formules. Il y a des d’essences qui montent par l’air. Ce n’est pas rare.
Il osa lever les yeux afin de décripter le regard d’Alienor, chargé de ce qu’elle avait laissé échapper malgré elle. Le Rouge et Or eut envie de se cacher dans sa besace.
- Tu sais, ma mmmère dit toujours : « Les potions passent comme les tempêtes, faut juste pas grimper au mât pendant l’orage ».
Un petit rire lui échappa, nerveux. Il se donna une claque.
- Mais tu vas fermer ta bouche de troll…
Gabryel Fleurdelys
Sorcier diplômé
Médiateur PFR
Happy True Hour
Les emmerdes commencent ? Un fin sourire étira les lèvres de la jeune fille à cette parole, enfin il parlait comme quelqu’un qui lui plairait. Il avait donc un peu d’aplomb sous ce manteau de bienveillance et de quasi-naïveté écœurante ? Mais quand il évoqua qu’il était ralenti, Aliénor fronça les sourcils. Elle, elle avait l’impression au contraire que tout allait vite autour d’elle, certes, elle se sentait plus légère mais aussi plus vive et rapide. Était-ce une différence due à leur mentalité respective ?
-Intéressant…
Ne put-elle retenir alors qu’elle prit une nouvelle fois sa tartine pour en manger un bout. Elle écoutait le garçon, c’était donc sa maman qui étudiait toutes ces potions et envoyait son fils les chercher sans l’avertir de ce que c’était ou de leurs potentiels effets dangereux ou non ? Décidément certaines personnes avaient un peu trop confiance en leur progéniture… Aliénor coula un regard vers Gabryel.
-Ta maman te fait sacrément confiance… Elle aurait peut-être pas dû…
C’était méchant ! Aliénor frappa son front avec sa main, elle ne se rendait pas à quel point elle avait appris à mettre du tact dans ces discussions et là, elle ne pouvait juste pas retenir ces mots. Elle n’avait pas envie d’être méchante avec le garçon mais le voilà qui parle de tempête et de mats.
-Oui c’est ça ! Arrêter de parler doit être la solution au lieu de balancer des débilités sur une tempête et un mat !
Putain Ali ! Le pire c'est que son ton était sérieux, pas une once d'ironie dans ces paroles qui en aurait pourtant bien mérité! C'était juste sincère, un peu trop sincère.
-Désolée je veux pas être si méchante c’est juste que… Tout le monde sait que les effets d’une potion passe avec le temps, juste le redire ça sert à rien, ça fait pas passer l’effet plus vite quoi.
Aliénor souffla avant de prendre une grande gorgée de thé. La chaleur passait dans sa gorge et le goût des fruits rouges titillait son palais. Voilà qui était des plus agréables.
-Ça, ça apaise les choses.
Non, ça ne réglait visiblement pas son problème de paroles folles, mais au moins elle appréciait sa boisson.
Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia étudiante à l'ISMI
-Intéressant…
Ne put-elle retenir alors qu’elle prit une nouvelle fois sa tartine pour en manger un bout. Elle écoutait le garçon, c’était donc sa maman qui étudiait toutes ces potions et envoyait son fils les chercher sans l’avertir de ce que c’était ou de leurs potentiels effets dangereux ou non ? Décidément certaines personnes avaient un peu trop confiance en leur progéniture… Aliénor coula un regard vers Gabryel.
-Ta maman te fait sacrément confiance… Elle aurait peut-être pas dû…
C’était méchant ! Aliénor frappa son front avec sa main, elle ne se rendait pas à quel point elle avait appris à mettre du tact dans ces discussions et là, elle ne pouvait juste pas retenir ces mots. Elle n’avait pas envie d’être méchante avec le garçon mais le voilà qui parle de tempête et de mats.
-Oui c’est ça ! Arrêter de parler doit être la solution au lieu de balancer des débilités sur une tempête et un mat !
Putain Ali ! Le pire c'est que son ton était sérieux, pas une once d'ironie dans ces paroles qui en aurait pourtant bien mérité! C'était juste sincère, un peu trop sincère.
-Désolée je veux pas être si méchante c’est juste que… Tout le monde sait que les effets d’une potion passe avec le temps, juste le redire ça sert à rien, ça fait pas passer l’effet plus vite quoi.
Aliénor souffla avant de prendre une grande gorgée de thé. La chaleur passait dans sa gorge et le goût des fruits rouges titillait son palais. Voilà qui était des plus agréables.
-Ça, ça apaise les choses.
Non, ça ne réglait visiblement pas son problème de paroles folles, mais au moins elle appréciait sa boisson.
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Aliénor Delphillia étudiante à l'ISMI
Happy True Hour
Gabryel garda le silence un moment, le regard fixé sur le thé fumant qu’Aliénor tenait entre ses mains. Les effluves de fruits rouges couvraient un peu l’odeur d’herbes qui s’échappait encore du bouchon mal refermé. L’arrière-goût de la potion lui pesait sur la langue, comme une amertume qu’il n’arrivait pas à faire passer.
Aliénor, elle, paraissait presque sereine, un peu agacée, certes, mais pas bouleversée. Son aplomb avait quelque chose d’impressionnant. Elle avait raison. Sa mère lui faisait une confiance démesurée, et lui n’avait pas su être à la hauteur. Il se sentait idiot. L’idée même d’avoir pu exposer au danger quelqu’un d’autre à sa curiosité lui nouait l’estomac.
Il aurait pu se contenter de laisser le silence faire son œuvre, mais sa curiosité, cette fichue curiosité, revint le titiller. Elle continuait de courir dans ses veines, l’invitant à parler, à exprimer ce qu’il n’aurait jamais osé aborder en temps normal. Chaque fois qu’il tentait de se taire, une autre pensée s’imposait. Ses doigts tapotèrent nerveusement contre le bois de la table. Il hésita, puis releva enfin la tête :
- Dis…
Le mot était sorti avant même qu’il en prenne conscience. Il inspira, comme un funambule sur un fil.
- Si t’avais… la possibilité de dire quelque chose à quelqu’un, sans jamais qu’il puisse t’en vouloir… Tu choisirais de le ddddire à qui ?
Son regard trahissait une réelle curiosité. Il ne cherchait ni piège ni moquerie, juste une vérité. Il ajouta, presque pour lui-même :
- Ou alors, si tu préfères, quelle est la chose que t’as jamais osé dire à quelqu’un ?
Il sentit son cœur battre plus fort. En d’autres circonstances, jamais il n’aurait osé poser une telle question, surtout pas à elle. Mais la potion semblait encore tracer son chemin. Ses yeux se perdirent dans ceux d’Aliénor. Il n’y avait pas de provocation, seulement une étrange franchise. Et sous l’effet du breuvage, il savait qu’elle ne pourrait pas s’esquiver.
Gabryel Fleurdelys
Sorcier diplômé
Médiateur PFR
Aliénor, elle, paraissait presque sereine, un peu agacée, certes, mais pas bouleversée. Son aplomb avait quelque chose d’impressionnant. Elle avait raison. Sa mère lui faisait une confiance démesurée, et lui n’avait pas su être à la hauteur. Il se sentait idiot. L’idée même d’avoir pu exposer au danger quelqu’un d’autre à sa curiosité lui nouait l’estomac.
Il aurait pu se contenter de laisser le silence faire son œuvre, mais sa curiosité, cette fichue curiosité, revint le titiller. Elle continuait de courir dans ses veines, l’invitant à parler, à exprimer ce qu’il n’aurait jamais osé aborder en temps normal. Chaque fois qu’il tentait de se taire, une autre pensée s’imposait. Ses doigts tapotèrent nerveusement contre le bois de la table. Il hésita, puis releva enfin la tête :
- Dis…
Le mot était sorti avant même qu’il en prenne conscience. Il inspira, comme un funambule sur un fil.
- Si t’avais… la possibilité de dire quelque chose à quelqu’un, sans jamais qu’il puisse t’en vouloir… Tu choisirais de le ddddire à qui ?
Son regard trahissait une réelle curiosité. Il ne cherchait ni piège ni moquerie, juste une vérité. Il ajouta, presque pour lui-même :
- Ou alors, si tu préfères, quelle est la chose que t’as jamais osé dire à quelqu’un ?
Il sentit son cœur battre plus fort. En d’autres circonstances, jamais il n’aurait osé poser une telle question, surtout pas à elle. Mais la potion semblait encore tracer son chemin. Ses yeux se perdirent dans ceux d’Aliénor. Il n’y avait pas de provocation, seulement une étrange franchise. Et sous l’effet du breuvage, il savait qu’elle ne pourrait pas s’esquiver.
Gabryel Fleurdelys
Sorcier diplômé
Médiateur PFR
Happy True Hour
Profiter de son thé.
Mais non ! Il ouvrait encore la bouche et parlait à Aliénor lui posant une question…. Aliénor tourna d’un coup la tête vers lui, peut-être un peu trop rapidement ce qui fit se tendre les muscles du son coup et lui arracha une petite grimace de crispation. La question pourrait être intéressante oui. Mais elle n’en avait aucune idée, de plus, la batteuse avait cette fâcheuse habitude de parler sans grand tact. Par conséquent, elle disait souvent ce qu’elle pensait, sans même penser aux conséquences qui pouvaient être désastreuses. Mais…. Plus elle y réfléchissait, moins elle trouvait un cas, une configuration dans laquelle elle avait été pour penser ce genre de choses.
-J’en sais rien, je dis souvent ce que je pense aux autres. Enfin, à tout le monde.
Elle ne tentait même pas de retenir ces mots, elle savait que c’était peine perdue. Elle choisissait de s’accoutumer à cette nouvelle façon de dialoguer. Quelque part ça faisait du bien, de ne pas analyser, ne pas réfléchir. Ces paroles coulaient comme son cœur avait envie qu’elles partent. Sans filtre, sans réflexion. Mais est-ce que ça changeait vraiment ?
-Regarde toi, je viens de sous-entendre que t’étais pas digne de confiance et tu m’en veux pas. Je t’ai même demandé de la fermer, et tu l’as pas fait d’ailleurs. Et truc de fou, je t’en veux pas.
C’était un peu brutal comme façon de parler. Mais Aliénor pensait de façon brutale, alors ce n’était que la continuité de son cerveau. Mais dire ce qu’elle pensait, avouer des choses ? Elle avait mis du temps à avouer ces sentiments à Izel mais elle l’avait fait, elle s’était déjà battue à causes de paroles trop violentes, mais il ne lui semblait pas qu’elle ne ce soit retenue une fois. Même avec les profs elle avait toujours été honnête finalement. Non elle ne savait pas ce qui la retiendrait de dire ce qu’elle pense.
-Pourquoi tu te retiens toi ? T’as peur que les gens t’en veulent si tu dis un truc ? Tu sais les gens ont tous un égo, si t’es pas capable de l’abaisser de temps en temps, ben t’es mal barré dans la vie. Si s’que tu dit à du sens, alors dit-le.
Elle ne savait pas ce qu’il pouvait avoir sur le cœur, mais cette question ne venait certainement pas de nulle part. Mais lui, avait-il peur de dire quelque chose à quelqu’un ? S’il ressort le nom d’Aelle Bristyle elle l’égorge.
Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
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Aliénor Delphillia étudiante à l'ISMI
Mais non ! Il ouvrait encore la bouche et parlait à Aliénor lui posant une question…. Aliénor tourna d’un coup la tête vers lui, peut-être un peu trop rapidement ce qui fit se tendre les muscles du son coup et lui arracha une petite grimace de crispation. La question pourrait être intéressante oui. Mais elle n’en avait aucune idée, de plus, la batteuse avait cette fâcheuse habitude de parler sans grand tact. Par conséquent, elle disait souvent ce qu’elle pensait, sans même penser aux conséquences qui pouvaient être désastreuses. Mais…. Plus elle y réfléchissait, moins elle trouvait un cas, une configuration dans laquelle elle avait été pour penser ce genre de choses.
-J’en sais rien, je dis souvent ce que je pense aux autres. Enfin, à tout le monde.
Elle ne tentait même pas de retenir ces mots, elle savait que c’était peine perdue. Elle choisissait de s’accoutumer à cette nouvelle façon de dialoguer. Quelque part ça faisait du bien, de ne pas analyser, ne pas réfléchir. Ces paroles coulaient comme son cœur avait envie qu’elles partent. Sans filtre, sans réflexion. Mais est-ce que ça changeait vraiment ?
-Regarde toi, je viens de sous-entendre que t’étais pas digne de confiance et tu m’en veux pas. Je t’ai même demandé de la fermer, et tu l’as pas fait d’ailleurs. Et truc de fou, je t’en veux pas.
C’était un peu brutal comme façon de parler. Mais Aliénor pensait de façon brutale, alors ce n’était que la continuité de son cerveau. Mais dire ce qu’elle pensait, avouer des choses ? Elle avait mis du temps à avouer ces sentiments à Izel mais elle l’avait fait, elle s’était déjà battue à causes de paroles trop violentes, mais il ne lui semblait pas qu’elle ne ce soit retenue une fois. Même avec les profs elle avait toujours été honnête finalement. Non elle ne savait pas ce qui la retiendrait de dire ce qu’elle pense.
-Pourquoi tu te retiens toi ? T’as peur que les gens t’en veulent si tu dis un truc ? Tu sais les gens ont tous un égo, si t’es pas capable de l’abaisser de temps en temps, ben t’es mal barré dans la vie. Si s’que tu dit à du sens, alors dit-le.
Elle ne savait pas ce qu’il pouvait avoir sur le cœur, mais cette question ne venait certainement pas de nulle part. Mais lui, avait-il peur de dire quelque chose à quelqu’un ? S’il ressort le nom d’Aelle Bristyle elle l’égorge.
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Aliénor Delphillia étudiante à l'ISMI
Happy True Hour
Il resta un moment sans répondre, le regard perdu quelque part entre la tasse de thé et le reflet de la lampe suspendue au-dessus d’eux. Les paroles de la sorcière flottaient encore dans l’air, comme un sortilège qui ne voulait pas se retirer. Le garçon n’était pas habitué à ce genre de franchise. Chez lui, tout se mesurait : les mots, les silences, même les gestes. Il parlait rarement sans trembler un peu à l’idée d’avoir mal dit, ou trop dit.
Mais la potion, elle, n’avait aucune pudeur. Elle avançait dans ses veines, pressée de sortir. Et le Gryffon sentait qu’elle approchait de nouveau, comme une vague qu’il n’arriverait pas à stopper. Il haussa faiblement les épaules. Un petit sourire maladroit s’installa sur sa bouche. Ce rictus timide précédait toujours chez lui les confidences qu’il n’aurait pas dû faire.
- J’crois que… Oui, j’ai ssssouvent peur qu’on m’en veuille, ou qu’on m’regarde plus pareil après. C’est bête. On dirait que j’ai grandi avec l’idée qu’être gentil, c’était se tttaire, simplement.
De sa baguette, il fit distraitement flotter une cuillère oubliée sur la table, juste pour s’occuper les mains. Il ne la regardait plus, mais parlait tout de même, la voix plus basse, comme s’il se parlait à lui-même :
- Y’a des choses que je n’ai jamais dites à pppersonne. Pas parce que je ne voulais pas, mais parce que… disons que ça aurait tout cassé. Et maintenant, même si j’le voulais, c’est trop tard.
La chaleur de la potion remonta le long de sa gorge, poussant les mots qu’il essayait de retenir. Ses yeux s’assombrirent un instant.
- Si, il y a une chose… Une seule que j’aurais voulu dire à quelqu’un.
Il inspira profondément.
- C’est… À ma mère.
Silence.
- Que je sais. Que je sais qui est mon vrai père. Penwyn.
Le nom tomba entre eux, comme un secret exhumé. Il ne bougea pas. Tout son corps paraissait s’être figé autour de cette phrase. Il reposa la cuillère entre eux. Ses yeux semblaient plus clairs, éclairés par quelque chose qu’il gardait depuis trop longtemps. Il laissa échapper un rire nerveux.
- J’lui ai jamais dit. Je crois que j’ai eu peur qu’elle s’effondre. Ou qu’elle me regarde autrement. Ou qu’elle confirme ce que je savais déjà.
Il eut une pensée pour Aelle, la seule au monde à partager ce doute sur la véritable identité de son paternel. Il leva finalement le regard vers Aliénor, sans défi, comme s’il n’avait plus rien à cacher.
- Alors ouais… Peut-être que j’devrais écouter ton conseil, pour une fois. Dire les choses. Même quand ça fait mal.
Il passa une main nerveuse sur sa nuque, puis souffla, dans un murmure fatigué :
Mais bon… C’est plus facile quand c’est la potion qui parle à ta place.
467 mots
Gabryel Fleurdelys
Sorcier diplômé
Médiateur PFR
Mais la potion, elle, n’avait aucune pudeur. Elle avançait dans ses veines, pressée de sortir. Et le Gryffon sentait qu’elle approchait de nouveau, comme une vague qu’il n’arriverait pas à stopper. Il haussa faiblement les épaules. Un petit sourire maladroit s’installa sur sa bouche. Ce rictus timide précédait toujours chez lui les confidences qu’il n’aurait pas dû faire.
- J’crois que… Oui, j’ai ssssouvent peur qu’on m’en veuille, ou qu’on m’regarde plus pareil après. C’est bête. On dirait que j’ai grandi avec l’idée qu’être gentil, c’était se tttaire, simplement.
De sa baguette, il fit distraitement flotter une cuillère oubliée sur la table, juste pour s’occuper les mains. Il ne la regardait plus, mais parlait tout de même, la voix plus basse, comme s’il se parlait à lui-même :
- Y’a des choses que je n’ai jamais dites à pppersonne. Pas parce que je ne voulais pas, mais parce que… disons que ça aurait tout cassé. Et maintenant, même si j’le voulais, c’est trop tard.
La chaleur de la potion remonta le long de sa gorge, poussant les mots qu’il essayait de retenir. Ses yeux s’assombrirent un instant.
- Si, il y a une chose… Une seule que j’aurais voulu dire à quelqu’un.
Il inspira profondément.
- C’est… À ma mère.
Silence.
- Que je sais. Que je sais qui est mon vrai père. Penwyn.
Le nom tomba entre eux, comme un secret exhumé. Il ne bougea pas. Tout son corps paraissait s’être figé autour de cette phrase. Il reposa la cuillère entre eux. Ses yeux semblaient plus clairs, éclairés par quelque chose qu’il gardait depuis trop longtemps. Il laissa échapper un rire nerveux.
- J’lui ai jamais dit. Je crois que j’ai eu peur qu’elle s’effondre. Ou qu’elle me regarde autrement. Ou qu’elle confirme ce que je savais déjà.
Il eut une pensée pour Aelle, la seule au monde à partager ce doute sur la véritable identité de son paternel. Il leva finalement le regard vers Aliénor, sans défi, comme s’il n’avait plus rien à cacher.
- Alors ouais… Peut-être que j’devrais écouter ton conseil, pour une fois. Dire les choses. Même quand ça fait mal.
Il passa une main nerveuse sur sa nuque, puis souffla, dans un murmure fatigué :
Mais bon… C’est plus facile quand c’est la potion qui parle à ta place.
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Gabryel Fleurdelys
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Ces doigts jouaient avec les rebords de sa tasse de thé alors que l’ancien Gryffondor lui faisait une réponse. Bien entendu qu’il répondait, il était soumis au même maléfice qu’elle il n’avait pas le choix que de répondre et de dévoiler toutes ces pensées ce qui était extrêmement intrusif quand on y pensait ! « Être gentil c’est se taire ». Aliénor tiqua à cette phrase avant de souffler un peu d’air, dents serrées sifflant presque à l’instar d’un serpent. En voilà une idée absurde. La gentillesse et ne pas s’exprimer n’avait rien à voir. Se taire c’était rentrer dans le moule, éviter de se faire remarquer, et ce même face à un moment où être gentil aurait nécessiter d’ouvrir la bouche pour protéger celui qui devait l’être ou avoir des mots pour celui qui était rejeté. Faible mouton était celui qui taisait ce qu’il pensait des autres. Aliénor elle n’avait jamais eu de mal à prendre le rôle de la méchante. Cela ne la dérangeait en rien tant qu’elle était en accord avec ce qu’elle faisait et ce qu’elle disait.
-C’est jamais trop tard.
Lâcha-t-elle pour elle-même sans se douter une seconde de l’annonce qu’allait lui faire le garçon.
-Penwyn ?
Répéta-t-elle tout haut comme pour s’assurer qu’elle avait bien entendu. Sa main se plaqua immédiatement sur sa propre bouche comme pour se faire taire elle-même. Mais Penwyn ? L’ancien prof ? C’est une blague ? Et il n’avait pas dit à sa propre mère qu’il savait, pourtant elle était certainement au courant elle que le père de son gosse était l’ancien prof de Poudlard. La question était plutôt pourquoi elle lui avait caché ! Mais lui n’avait rien dit ? Mais comment c’était possible ? Aliénor n’aurait jamais tenu, sa curiosité aurait explosé instantanément.
La paume de la jeune fille frappa la table bruyamment ce qui fit se tourner quelques clients, mais peu importe. Sa bouche était maintenant libre et le flot de questions qui l’habitait allait s’écouler comme si un barrage venait de céder sous le poids des eaux.
-Le prof d’étude des moldus ? Mais non ? C’est lui qui te l’a dit ? Pourquoi ta mère ne te l’a pas dit ? Mais t’as vécu qu’avec ta mère du coup ? J’savais pas… Putain mais comment tu peux ne pas connaitre le père de ton gosse et si elle le savait, pourquoi elle te l’a caché c’est méchant et bizarre de fou ! Elle est chelou ta darone !
Elle fronça les sourcils, rabaissant son regard sur son thé.
-Te cache pas derrière la potion. C’est pas un truc qu’on garde et qu’on endure tout seul. C’est ta mère, c’est à elle de te protéger pas à toi. Et puis… ça veut dire que tu lui mens, que tu joues un rôle avec elle, finalement c’est qui le manipulateur dans ce cas ?
Elle croqua dans sa tartine, elle avait besoin de manger pour calmer son esprit qui venait d’exploser avec cette information. Il avait vécu à Poudlard avec son père en sachant que c’était lui et n’avait rien dit à sa mère…Et ben, il était loin d’être le naïf qu’elle pensait finalement, quel fourbe !
-Être honnête c’est risquer de faire mal sur le moment. Mais on guérit plus vite. Si tu laisse pourrir, au bout d’un moment on peut plus guérir.
Elle croqua à nouveau dans sa tartine, sur ces bonnes paroles…
Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia étudiante à l'ISMI
-C’est jamais trop tard.
Lâcha-t-elle pour elle-même sans se douter une seconde de l’annonce qu’allait lui faire le garçon.
-Penwyn ?
Répéta-t-elle tout haut comme pour s’assurer qu’elle avait bien entendu. Sa main se plaqua immédiatement sur sa propre bouche comme pour se faire taire elle-même. Mais Penwyn ? L’ancien prof ? C’est une blague ? Et il n’avait pas dit à sa propre mère qu’il savait, pourtant elle était certainement au courant elle que le père de son gosse était l’ancien prof de Poudlard. La question était plutôt pourquoi elle lui avait caché ! Mais lui n’avait rien dit ? Mais comment c’était possible ? Aliénor n’aurait jamais tenu, sa curiosité aurait explosé instantanément.
La paume de la jeune fille frappa la table bruyamment ce qui fit se tourner quelques clients, mais peu importe. Sa bouche était maintenant libre et le flot de questions qui l’habitait allait s’écouler comme si un barrage venait de céder sous le poids des eaux.
-Le prof d’étude des moldus ? Mais non ? C’est lui qui te l’a dit ? Pourquoi ta mère ne te l’a pas dit ? Mais t’as vécu qu’avec ta mère du coup ? J’savais pas… Putain mais comment tu peux ne pas connaitre le père de ton gosse et si elle le savait, pourquoi elle te l’a caché c’est méchant et bizarre de fou ! Elle est chelou ta darone !
Elle fronça les sourcils, rabaissant son regard sur son thé.
-Te cache pas derrière la potion. C’est pas un truc qu’on garde et qu’on endure tout seul. C’est ta mère, c’est à elle de te protéger pas à toi. Et puis… ça veut dire que tu lui mens, que tu joues un rôle avec elle, finalement c’est qui le manipulateur dans ce cas ?
Elle croqua dans sa tartine, elle avait besoin de manger pour calmer son esprit qui venait d’exploser avec cette information. Il avait vécu à Poudlard avec son père en sachant que c’était lui et n’avait rien dit à sa mère…Et ben, il était loin d’être le naïf qu’elle pensait finalement, quel fourbe !
-Être honnête c’est risquer de faire mal sur le moment. Mais on guérit plus vite. Si tu laisse pourrir, au bout d’un moment on peut plus guérir.
Elle croqua à nouveau dans sa tartine, sur ces bonnes paroles…
Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
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Aliénor Delphillia étudiante à l'ISMI