La légende de la dernière des filles Gunnray Solo

IVANOVNA ET L’HISTOIRE DE LA COTERIE DE SANG PUR



- Pardonne-moi.*

Chers amis, cela peut surprendre qu’un conte démarre par un dialogue, encore plus s’il n’est pas question de mort, de sang… Une bien triste affaire dont nous devons faire le récit ce jour. Voyez-vous, contesse et moi, le rat-, n’aimons pas laisser une belle histoire nous filer entre les doigts. Mais parfois, nous n’avons pas le coeur à rire. Car ce que nous voyons là nous questionne.

Notre sorcière bien aimée ne demande jamais rien à personne, elle n‘est pas du genre à chercher les noises. Il lui arrive de déplaire, demandez à Gordon. Mais lui non plus n’est pas très apprécié, des garçons du campus car c’est un briseur de couples… et les filles ont aussi leurs griefs… Ivanovna, elle, stigmatise. Par trop… différente. Bien des étudiants la considèrent comme usurpatrice puisqu’elle n’a pas un cursus « normal ». Il en va de même d’ailleurs de certains professeurs qui ont tenté en Septembre 2049 de la dissuader de poursuivre au motif qu’elle n’avait pas le niveau requis malgré ses ASPICs. Suspecte. Suspecte d’imposture intellectuelle, suspecte de sorcellerie… ce qui est un comble de la part du monde sorcier vous en conviendrez… suspecte car trop belle, pourrait-on dire racée, avec en outre cette démarche féline d’un farouche qui la rend pour le moins dangereuse aux yeux de tous. Une prédatrice. Reconnaissons-leur un œil acéré, ils ont compris qu’elle est spéciale. Ce qui les agace tous au dernier degré, c’est qu’elle est de sang pur, elle est des leurs mais elle n’en fait pas cas. Traîtresse à sa condition, voilà sans doute le pire de ses crimes. Pourtant jamais elle n’a donné la mort. Du moins… elle ne le sait pas.

[Un dôme s’abat sur l’assistance, pour une fois, et sans doute la seule, les deux récitants apparaissent ensemble sur la scène, dans un halo argenté du plus bel effet. Ils s’adressent à tous sans parler, par l’effet d’un sort méconnu de tous. Personne n’entend mais tous comprennent mot après mot ce qui suit. Ivanovna, lors de sa fuite, quelque part sur les côtes de la mer de Kara, a dû stopper ses poursuivants. Un arbre tombe. Il s’abat sur deux des quatre malfrats. L’un des deux décédera. Ivanovna est une meurtrière mais elle ne le sait pas…
Picotements cérébraux, évaporation, oubli, le halo, le dôme ; tous disparaissent… POP, le récit reprend, vous n’avez jamais su]


Ainsi vit-elle l’opprobre, ce qui dans notre histoire est assez pratique. Car les princesses isolées, esseulées, délaissées, martyrisées, ça fait une meilleure histoire ! Mais si les loups vivent en meute, ils n’agissent que rarement en plein jour. Elle a déjà dû subir, comme tous les autres, un bizutage au mauvais goût douteux. Ce qui se prépare est bien pire. Dans notre volonté de faire réfléchir davantage que décrire avec délectation les vices sorciers, nous n’en ferons pas des caisses. Il vous suffit de savoir que ces loups-là n’ont pas même conscience d’agir comme tels. La victime est désignée par le chef de meute, au nom d’un mot, d’un regard, d’une pensée ou d’une action interprétée comme agressive par eux. Ou juste… différente. Certains esprits étroits ont besoin d’un signe extérieur pour désigner la cible. Pour d’autres, il suffit d’un instant différent, d’une pulsion non conforme à la norme. « Je ne sais pas pourquoi mais je te sais différente, dangereuse par le fait ». Et donc la victime désignée, tous se ruent en choeur pour un lynchage en règle, une humiliation à laquelle elle ne peut répondre. Car plus on lutte, plus cela renforce la violence des coups. S’ils savaient, mais nous n’allons pas invoquer un autre dôme, ce serait malvenu. Donc, elle encaisse, les coups où les maux, choisissez les armes. Et puis, que faire face à des êtres cagoulés, tapis dans leur invisibilité nocturne, un anonymat bien pratique même si tous se reconnaissent car eux savent qui ils sont.

La scène originelle se déroule quelques jours avant la découverte, le cadeau que lui fait Alyona d’aller prendre un bain. Ceci pour vous permettre de comprendre la suite. Car le principal enjeu de notre histoire n’est pas la méchanceté née d’un pouvoir de dominant. Derrière la meute il est un chef, un sorcier valeureux, qui au grand jour est aimé de tous. Respecté même… Si vous connaissez bien les contes précédents, vous l’avez déjà croisé sans le savoir. Il est le major de promo, celui qu’Ivanovna a grillé en recevant un O qu’elle sait immérité. Et vous savez aussi, car oui vous lisez avec assiduité, qu’elle lui a laissé le stage qu’il convoitait. L’honneur d’un côté, la honte en face. Qui est qui ?

Un jour, des mois après cette agression, ils se parlent. Et ce jour-là, il lui avoue qui était sous la cagoule. Ce qu’ils se disent restera à jamais entre eux. La seule parole qui vous est accessible, ce sont les premiers mots de notre conte du jour.
* : Mais qui parle ? Lui, qui veut la rédemption pour une agression aussi haineuse que vaine ? Elle, qui refuse toujours cette gratification qu’elle sait ne pas valoir ? Dans un cas, geste respectable, dans l’autre, autoflagellation. Mais vous ne saurez pas qui fut l’auteur des mots. Parfois, il faut laisser la vie dans une zone grise.

Contesse et Rat-conteur ne connaissent pas la haine.


Dernière modification par Ivanovna Gunnray le 27 oct. 2025, 08:34, modifié 4 fois.

La légende de la dernière des filles Gunnray Solo
IVANOVNA ET L’HISTOIRE DES NAINS DE JARDIN INFERNAUX


Vendredi !!!! Place au Bounty (une friandise de ma jeunesse). C’est quand même plus cool que les raviolis en boîte non ? Vous ne trouvez pas ?? Bon, nous n’avons pas les mêmes valeurs gastronomiques… Alors, où l’ai-je donc mis ??? Ben oui, je l’avais rangé, avec le Bounty ! Mais bon… Je ne retrouve ni l‘un ni l’autre… Je sens qu’il n’y a pas que dans notre histoire d'un vendredi que résident des gredins.

Par quoi pouvons-nous commencer… Dans notre récit du jour, elle se promène dans un jardin. Indéterminé, je dirais même indescriptible tant il combine des éléments de toutes natures… D’une certaine manière, le seul endroit semblable à ce que vous devez imaginer ressemblerait au jardin d’Inverewe, ce qui laisse à penser que l’action se déroule durant son stage là-bas.
Mais dans le même mouvement, il n’est pas tout à fait question de cela car le jardin d’Inverewe est dénué de ces petites choses que les moldus nomment « Nains de jardin ». Ah… amis sorciers, je dois vous expliquer… car vous ne pouvez pas comprendre… Si parmi vous il est des allergiques au monde moldu, je crois que vous pouvez dès à présent quitter la salle. Le récit du jour n’est pas pour vous. Tout le monde reste ? Vous êtes plus détendus que je n’l’aurais cru...

Alors imaginez un territoire peuplé de petits êtres supposés garder les lieux, les protéger. Ils sont dans une matière que l’on appelle la céramique. Recouverts de peintures variées, souvent en grande partie bleus, rouges et roses, ils ressemblent peu ou prou aux nains de Blanche Neige… et… au milieu trône Ivanovna… Mais elle est dans un monde parallèle au conte auquel vous pensez. Blonde, un peu moins naïve, plus moderne dans les formes de son visage (là, je suis d’accord, cet élément de description est tout aussi stupide qu’arbitraire mais que voulez-vous, les affres de nos imaginations… nous aimons composer des phrases au sens improbable…). Le problème est qu’Ivanovna n’a aucunement l’âme à s’occuper de tant de monde. Ils sont bien plus de sept. Et parmi eux des femmes, des vieillards, des enfants… Une vraie colonie, impossible à canaliser. Ils font les fous, comme des lutins de Cornouailles. Et vas-y que j’écrase les plants fraîchement replantés dans la partie Nord de l’allée centrale, et plouf, la statue de l’albatros, plongée dans le bassin sans préavis. C’est infernal, où qu’elle regarde, des bêtises, des maladresses, pire encore de la sottise : jeter ses déchets dans l’arrière boutique des tuyas, ce n’est pas très respectueux de l’environnement, vieux canard desséché. En plus, au moment de sortir sa baguette pour rétablir un ordre bien malmené par eux, elle se rend compte... on la lui a subtilisée.
« Mademoiselle, votre première fonction ici est de conserver le jardin dans le plus bel état ! Nous ne voulons pas voir la moindre trace de laisser aller… ». Facile à dire… la présence de ces nains n’était pas inscrite dans le contrat. Horreur, malheur…

Et puis, je ne vous ai pas dit le plus beau… à chaque bêtise constatée, elle ressent une douleur intense dans son crâne, un malaise. La chose est vraiment pénible. Leur parler est inutile. Tenter de les détruire ? Pas mieux, un de perdu, dix de poppés. Un vrai cauchemar. Ils ne sont sensibles à rien. Le sucre ? Niet popov. L’alcool ? Roo, pas dans un conte, même pour adultes… Les… non quand même pas… Hé ben non, même pas çà… Ils manquent de la plus élémentaire faiblesse. Rien ne les arrête on vous dit ! Et hop, encore un qui s’abandonne dans les cactus. On se demande bien comment il fait pour ne pas se piquer… Il est ensorcelé !?! Où est-elle donc tombée ? On lui avait promis un stage des plus épanouissants, tranquille, dans un jardin exotique dépaysant au possible… dépaysant, la belle affaire ! Ivanovna, pour l’heure, aimerait presque avoir Fleur auprès d’elle pour tenter de calmer cette faune destructrice. Mais quand ça veut pas, ça veut pas. Ces nains sont envoûtés, il faut trouver l’origine de cette malédiction sinon… elle peut faire un trait sur un rapport de stage élogieux… l’angoisse monte, elle ne sait toujours pas comment les choses ont commencé, tout cela n’a aucun début, aucune fin…

Vous avez remarqué ? Aujourd’hui je ne vous harangue pas ! Pourquoi ? Parce que !!!! Moi aussi je suis un nain de jardin et avec contesse nous formons le plus beau couple du massif. Imaginez donc : habillés dans une tenue tyrolienne typique, j’ai une barbe de trois mois, impeccable. La contesse aussi, c’est son rêve secret ! Ne laissez pas trop votre imagination divaguer cependant… Nous faisons partie de la troupe mais nous, on ne lui lance pas de tomates. Nous en avons pris suffisamment durant notre vie. Ce n’est ni gentil ni juste. On fait les fous je vous l’accorde. Mais pas à son détriment… Cette fois, le jardin, est complètement détruit, c’est une horreur. Les larmes viennent aux yeux d’Ivanovna qui ne comprend toujours pas. Et le mal au crâne s’intensifie… Jusqu’à son réveil.


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IVANOVNA ET L’HISTOIRE DES LUCIOLES QUI DANSENT



Pauvre Ivanovna. Qui se réveille avec un mal au crâne caractéristique. Point n’est question ce jour de douleurs que nous qualifierons de naturelles. Si des lutins ont dévasté son jardin, c’est l’illustration idéale d’une lutte interne entre des cellules ayant pour but de contrer les assauts et d’autres qui n’ont qu’un effet, faire danser le plafond. Et les murs, et une grande partie de vos viscères, vrillées, froissées, vidées, non pas nettoyées mais bel et bien essorées au point de vous brûler ce qu’il reste d’intestins.

Chers amis, même les femmes à moitié russes n’ont pas l’endurance suffisante pour espérer échapper aux conséquences d’une soirée débordante. Clarifions…


Communiqué du secrétariat aux bonnes mœurs
et comportements sociaux adéquats

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, il ne saurait être fait l’apologie de ces breuvages dont tout sorcier a conscience des méfaits qu’il entraîne sur le corps, l’esprit, les relations entre les êtres… Le conseil réprouve toute propagande en ce sens et punira sévèrement les abus constatés.


Concession faite aux autorités (nous reconnaissons une certaine collusion avec elles sur ce point précis, que voulez-vous, il faut bien quelquefois témoigner des effets de notre auto-censure active…), nous pouvons reprendre le cours de notre conte du jour. Car il est bien question d’un conte. Pour adultes une fois encore, ce qui explique que ce jour, nous avons interdit l’accès à notre salle à tous les enfants de moins de dix-sept ans, âge de la majorité sorcière nous le savons tous.

Ainsi donc...nous n’allons pas faire le récit de ce qu’il faut malheureusement nommer « Beuverie étudiante ». Décrire la manière dont cette jeune femme, ordinairement prudente, a fini par couler au fond des verres qu’elle s’est enfilée n’a pas de réel intérêt. Le conte du jour est orienté sur les conséquences, fâcheuses il faut bien le dire. Car la magie n’a pas toujours des aspects lumineux. Pensez-vous vraiment que la volée de pics verts qui tonnent sous son crâne soient commandés par elle ? Mais mes amis, les moldus ont les mêmes symptômes ! Très exactement. C’est d’ailleurs une chose que nous devrons un jour creuser… comment se fait-il que certaines affections soient tout aussi incurables chez eux que chez nous…. ? … Donc Ivanovna en a pris ce que l’on appelle communément une sévère. Très sévère. Elle fait actuellement l’expérience douloureuse des prolongements et cela dure. Tous les remèdes connus y passent. Café salé, boisson moldue dont la publicité nous est déconseillée ici… diverses plantes aux vertus inégales… Rien n’y fait. Alors que lui conseillez-vous, vous qui avez l’expérience de ces lendemains qui déchantent ? Chacun sa recette n’est-ce pas ? C’est ici que le conte commence véritablement.

De cette soirée abusive, son corps retient deux choses opposées, paradoxales, en apparence impossibles. Seule une magie, que ni la contesse ni moi le rat- ne savons expliquer, pourrait nous éclairer. Elle n’en fera l’expérience qu’à la prochaine occasion festive. Pour le moment, elle ne le sait pas… son corps s’avère désormais incapable d’ingérer le moindre alcool. Mettons-nous d’accord, ce n’est pas un rejet, nous voulons dire par là qu’elle peut. Mais elle ne voudra plus. Plus jamais. Le dégoût parfait. Une sorte de répulsion maladive. Son corps entier dit non. Et vous savez ce que c’est, quand le corps s’exprime, l’âme ne peut que suivre… Punie Ivanovna ? Ce n’est pas sûr, à moins que vous ne voyiez ici qu’une intervention opportune du secrétariat cité plus haut ayant pour but d’empêcher les sorciers de vivre librement (resterait à établir leur manière d’y parvenir...). Il n’est pas question de cela. Cette expérience malheureuse fait naître en elle un rejet profond de ce qui lui cause les pires tourments. En fait, si elle est très solide mentalement, du moins sur l’essentiel de sa vie, elle n’accepte pas les limites internes de son corps. Et son moyen inconscient de s’en préserver est d’en fuir la cause. Les lucioles qui dansent ne sont donc pas ces poussières qu’elle surinterprète. Certes ce matin, elle ne supporte même pas la lumière. L’impression que des centaines de bougies l’agressent est permanente. Mais ce qui se passe en elle est bien plus douloureux. Des vers de terre la rongent de l’intérieur, elles sont là, les lucioles qui dansent, au plafond d’un estomac qui n’en peut plus.

Premier acte de ce conte terrible… Ivanovna ne boira plus jamais d’alcool… Une condamnation si jamais un ennemi venait à le savoir… Il pourrait s’en servir contre elle, la forçant à en ingérer pour qu’elle en soit victime… Appelons cela une torture puisqu’il serait question de !
Mais, et c’est l’autre malédiction qui semble l’avoir frappé cette nuit… elle est devenue très endurante à l’alcool. Voyez le paradoxe : elle a acquis un talent rare… qu’elle ne pourra jamais utiliser. Quel gâchis messeigneurs…
Mettons-nous d’accord, nous ne l’envions pas. Boire comme des trous n’a jamais fait partie de nos fantasmes. Elle n’a pas pris le temps d’apprendre la modération. Jeune femme excessive par endroits, victime des circonstances de soirées où certains y laissent leurs illusions, d’autres leur enfance… Elle, qui n’a pas eu d’adolescence, vient pourtant de goûter à l’un des traits de celle-ci. « Il s’est passé quelque chose hier, je ne m’en souviens plus mais c’est allé jusque-là... ».

Aomamé, tu n’es plus la seule.





Fourbes sont le rat- et la contesse. Ils ont pondu un conte en deux parties. Les nains n’étaient en fait que les prémices…

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IVANOVNA ET L’HISTOIRE DES RENARDS DE LA BIBLIOTHÈQUE (3/2)
(Cuber n’est jamais bon signe, comprenne qui voudra)



Mes amis, permettez-moi de vous faire éprouver nos propres sentiments, pour une fois. C’est tellement exigeant, de vouloir amuser tout en racontant des choses que l’on veut profondes. Vous savez, notre vie est rude. Je sais bien, vous avez payé pour rire, vous détendre et en apprendre sur notre héroïne, petit bout de femme que vous chérissez. Nous aussi nous l’aimons, elle est notre… enfant, nous qui n’en avons pas. En tout cas pas une comme ça. Un premier acte tout en légèreté, bulle de savon. Et depuis, un peu plus de rigueur, car nous ne voulons pas écrire une mécanique. Le rire compulsif n’est pas notre désir. En nous, une exigence, extrêmement ambitieuse, maladroite… ne jamais se répéter même si sa vie à elle n’a pas encore commencé.

Car elle est capricieuse, changeante, ses rêves le démontrent puisque, détestant tant les études, elle se destine à faire… une année supplémentaire. C’est dire si elle porte le vice en elle comme d’autres le démon du jeu. Et nous, pauvres saltimbanques devons faire avec. Faut-il que nous l’aimions pour accepter de nous plier à ses lubies. Tenez, ce pauvre garçon, Gordon, le boy next door… enfin non, il se croît exceptionnel, le QB du Lycée comme on dit dans les bons romans pour adolescents, ceux que nous lisions… au siècle dernier… reste à savoir qui parle quand je dis ça… Bref, ellipses dans les ellipses, fils d’histoires entremêlées, il faut suivre ! Bah, laissez-vous un peu aller, acceptez de ne pas toujours tout contrôler. Si le récit ne vous semble pas solide, crédible, n’en retenez que les vapeurs, ce qui vous enivre. De toutes manières, Ivanovna n’en fera qu’à sa tête. Têtue comme un mule quand il s’agit d’elle et granitique comme les roches d’Ecosse, on ne pourra rien en tirer qu’elle ne décide d’elle-même. Et vous le savez.
Lui aussi le sait, Gordon Esiason, jadis un jeune homme d’une grande élégance. Mais, ce n’est pas le moindre des paradoxes, il a flétri depuis plusieurs mois. Faisant l’amère expérience d’un refus, lui qui n’en avait jamais croisé auparavant, il est… Non, il n’est pas blessé dans son amour propre, ce serait bien trop peu. Et surtout, ce serait le signe d’un intérêt pour elle finalement limité à la satisfaction d’avoir décroché un trophée de plus. L’heure est bien plus grave mes amis, il est amoureux. Il le lui a dit d’ailleurs, si vous vous souvenez ! Auriez-vous perdu la mémoire ? Mais… que diable, vous croyez vraiment que je vais faire un lien de renvoi à chacune de vos secondes d’inattention ? Nous savons aussi, contesse et moi, nous comporter en professeurs d’une grande sévérité quand nos pupils ne sont pas concentrés. Pour toute punition, vous n’aurez qu’à lire un plus plus haut, remontez le cours du livre, il vous suffit de savoir qu’il était déjà question de renards… oui, nous savons, les énigmes sont à la mode ces derniers temps... Bref… revergeons !

Ainsi va la vie, Gordon, camarade de promotion d’Alyona, ayant en théorie un an de plus qu’Ivanovna, a cru pouvoir la faire plier. Manière un peu expéditive, voire cavalière de dire les choses. Lui voulait tout d’abord se pavaner, faire le beau. Pour la séduire, il l’a beaucoup regardée, étudiée, à en devenir… un spécialiste. Vous savez, traquer une bête plus sauvage qu’un lynx est difficile. Il en a fait des séances de guet à la bibliothèque. Pauvre garçon éconduit… il faut dire qu’au début, il ne la connaissait pas, la bousculer comme il le fit fut très…. Malencontreux. Ensuite… il s’est pris à son propre jeu, flirtant à l’ancienne comme s’il s’agissait d’un jeu. Peut-être aurait-il eu sa chance s’il s’y était pris différemment. Mais elle le rejeta encore, au prix d’un canotier froissé et d’un virage magique de son balai. Car Ivanovna aime voler quand il n’est pas question de traverser le continent entier… étrange créature en définitive. Nous éprouvons un réel plaisir à vous la décrire. La sorcière ne ressent aucun bonheur à repousser le garçon, au sens où elle n’y prend pas goût. C’est lui qui s’y est mal pris. Et il est trop tard désormais, sachez-le dès à présent. Son avis est établi, elle n’y reviendra pas. Tout ce qu’il peut gagner, c’est une amitié dont il devra se contenter. Aïe, encore un conte pour adultes, dénué de sang et de morts. Nous vous connaissons, assoiffés de cruauté vous êtes. Mais pas nous, si nous avons accepté le contrat de la décrire, avec le rire, sans jamais évoquer plus que nécessaire ses études, c’était bien pour témoigner de son quotidien d’étudiante. Alors que voulez-vous, nous n’y pouvons rien si à cette fête, elle n’a pas bu une goutte. Vous devriez savoir pourquoi… Lui non plus n’a rien bu car il sait devoir posséder toute sa tête s’il veut encore avoir une chance. Mais elle l’éconduit encore. Et toujours.

Leurs dialogues, nous ne les retranscrirons pas ici. Laissons-les s’aimer d’amitié. Par la douceur d’un coeur qui déteste blesser quand ce n’est pas utile, elle le conduit à accepter le deal. « Tu seras un ami, je n’offrirai pas plus ». Il accepte, du moins a-t-il le choix ? Ce sera ça et rien d’autre. Elle ne va pas jusqu’à lui conseiller de trouver un parti. Ce serait brutal, elle ne l’est pas. Lui ne comprendrait pas en outre, ce langage n’est pas le sien. Pauvre sang inconscient de sa magie de naissance, il ne peut comprendre sa nécessité à elle de transmettre. Mais la raison pure de son attitude tient en autre chose. Même s’il avait agi en prince, elle aurait refusé. Car Ivanovna ne voit, ne pense qu’à une chose désormais ; apprendre pour un jour sauver un corps qui sera frappé du même venin, celui ayant dévoré Circéia. C’est en elle, jusqu’à sa mort elle n’aura qu’un but, celui-là. Il ne peut comprendre. Elle-même ne s’explique pas cette force qui la pousse comme un vent dans les voiles d’un trois mâts. Gordon a plié le genou, inféodant son coeur à Ivanovna qui, elle ne le sait pas encore, est par le fait redevenue Gunnray. Mais c’est une autre histoire…


Dernière modification par Ivanovna Gunnray le 27 déc. 2025, 22:13, modifié 1 fois.

La légende de la dernière des filles Gunnray Solo
IVANOVNA ET L’HISTOIRE EN TRAIN DE S’ECRIRE



Les enfants… j’ai un conte magnifique à vous raconter ce jour. Roooo, vous allez a-do-rer. Ah mais zut… il faut avoir connaissance des épisodes précédents… tant pis, faisons comme si vous aviez tous lu la fabuleuse légende de la dernière des filles Gunnray. C’est le cas non ?? Ah, vous voyez, vous ne pouvez déjà plus vous passer d’elle !

Alors, en cette fin d’année universitaire 2050, couronnée de réussite et d’une coiffe étudiante uniquement destinée à voler dans le ciel, certaines traditions stupides ont la vie dure… Ivanovna se prépare déjà à aller festoyer du côté des boissons plus ou moins légales que la corpo a prévues. Oh, elle n’est pas très surprise d’avoir réussi, il faut dire qu’elle a fait tout pour, dans le plus pur style Gunnray (vous savez, sa famille maternelle…), on n’est pas là pour amuser le terrain ! Les études c’est sérieux. Il est clair qu’elle a fait ce qu’il fallait. D’autant qu’elle devait convaincre de sa motivation à en prendre pour deux années supplémentaires… mais c’est une histoire que nous développerons dans la prochaine livrée… car oui, ici, nous n’attendons pas la fin d’une saison pour annoncer la suivante. Et sachez une chose, vous n’aurez pas à attendre trois ans pour prendre connaissance de la suite ! Ici, on prend soin du spectateur !!! On n’est pas des brutes hein ??!!!!

Revergeons. Les première Années ne sont pas les seuls à fêter leur succès, c’est l’Institut dans son ensemble qui honore ses diplômés, toutes filières et toutes années confondues. Les recalés sont très peu nombreux car pour suivre ce genre d’études, il faut la motivation et un certain talent. Le plus souvent, on devrait plutôt parler de temps d’insertion professionnelle… J’arrête là mes enfants, je sens bien que ces considérations administratives vous gavent. Et vous avez bien raison. Sachez cependant que faire des études demande un sens du sacrifice, voir les amis déjà travailler, gagner des gallions et s’installer dans la vie quand vous restez à quai… C’est un choix mais il semble que bien des sorciers oublient cela ; leur élite intellectuelle a fait ce choix de vie. Mmmmm, je vous vois tiquer. Si vous pensez que nous avons une vision pyramidale de notre communauté, vous vous trompez. Les petites mains sont aussi vertueuses que les bons cerveaux mais il ne faudrait pas croire que la vie étudiante est faite des seules soirées bien menées… Ivanovna a travaillé, ce n’est pas plus compliqué que cela et vous savez, le plus dur pour elle ne s’est pas trouvé à Newhaven.

C’est en elle que réside le biscornu, cet élément résiduel qui grippe les machines les mieux rodées. Je ne parle pas de stress ou du syndrome de l’imposteur. Non le passif est ailleurs... Jamais son passé ne l’abandonnera, quoiqu'elle fasse et quoi qu’elle pense. Les gens qui ne l’y ramènent pas sont rares. Mais stoppons là les rivières de larmes, on est ici pour s’amuser. Sauf elle, qui vient d’apprendre une nouvelle fort désagréable… Rendez-vous compte, elle qui croyait être débarrassée de lui définitivement…. Oui, vous avez compris, ce trublion qui lui courre après depuis des mois. On peut dire beaucoup de choses de Gordon mais il est clair qu’il a une vertu, la ténacité ! Eh bien… couronné d’un diplôme de deuxième année de l’IMSM, filière Botanique, spécialité enseignement… voilà qu’il annonce à Ivanovna qu’il est inscrit en première année filière Hybride !! Comme elle !!!!
A l’écoute de cette nouvelle, Ivanovna est atterrée, défaite, décomposée… Elle va devoir le supporter deux années supplémentaires. Et pas qu’à la bibliothèque ou dans les soirées ! L’information soulève des lièvres bien plus dramatiques. En cours, dans les TD, du matin jusqu’au soir il sera là, à la regarder, la dévisager, pour tout dire la dévorer du regard. Merlin pourquoi la vie est-elle insupportable au point d'avoir envie de manger un troll. La fête est gâchée, définitivement. Une nausée lui capture le ventre alors qu’elle commençait à penser qu’il avait compris. Ces derniers temps, les approches du mâle s’étaient atténuées, pour tout dire elle croyait en sa capacité à avoir renoncé à elle. Mais non, elle doit, et c’est bien là un travers chez elle, comprendre qu’il le fait pour rester près de ce qu’il prétend être son amour. Petite fille autocentrée, incapable d’imaginer qu’il ait ses propres motivations. Soyons honnêtes chez public, elle a sans doute raison mais il est possible que le jeune homme aime les études, tout comme il a le droit de vouloir poursuivre sa vie loin des réalités du monde adulte. Ou à distance d’une mère par trop possessive…

- Je suis très heureuse de l’apprendre Gordon. Ainsi nous pourrons vraiment étudier ensemble !

A ce stade mes chatons, nous n’y comprenons plus rien. Elle n’en veut pas, fait tout pour à ce qu’elle croit. Et lui prétend à peu près l’inverse. Et si vous entendiez le ton qu’elle y met. Comment voulez-vous qu’il y comprenne quelque chose ! Il ne peut y voir qu’un encouragement ! Soit elle est odieuse, manipulatrice, perverse même. Soit… non, je ne peux y croire. C’est impossible.
Elle sourit et part en direction du bar où les premiers cocktails s’arrachent déjà. Un jus de clémentine pour elle, sans glaçons, ça tue ce goût acidulé qu’elle recherche. Voir Alyona s’en aller est un crève coeur mais l’existence est ainsi faite. Et puis, je dois vous avouer une chose public adoré, Ivanovna n’est pas triste, elle ne perd pas son amie, c’est la vie et elle sait qu’Alyona part pour être heureuse. Ivanovna sait aussi très bien que l’on a rarement tout ce qui nous désirons. Elle est presque résignée, comme si de toutes façons il fallait du contrariant dans un jour de joie. Trouver une raison de sourire, vite. Il faut passer à autre chose.

- Tu sais Ivanovna, ça n’a pas été une décision facile…

Le croyez-vous, ils se tutoient. Cela devait arriver de toutes manières, ce combat-là, le garçon l’a emporté, la jeune sorcière le reconnaît comme un camarade, au sens ancien du russe. Dans leur relation s’observe quelque chose de peu banal. Il est proche d’elle, presque dans son dos comme s’il lui révélait un secret de famille au beau milieu d’une fête grandiose. Vous savez, celles qu’on trouve si souvent dans les romans du XIXème siècle, qui ont tant fait pour la grandeur de leur littérature moldue… Vous commencez à comprendre… Gordon et Ivanovna entretiennent une relation amicale. Disons qu’elle est cordiale. On ne peut pas effacer de nos vies les gens, même quand ils vous dérangent tel un caillou dans vos petits souliers. Là est l’apport majeur de Konstantin dans la ligne de vie de Vana. Elle sait désormais se taire dans certaines situations, pour ne pas donner une mauvais image d’elle-même. Aussi parce qu’elle n’apprécie pas de blesser les gens. Eh oui, vous avez saisi. Elle fait partie de ces millions d’êtres préférant prendre sur eux, en tout cas à la face du monde. Et à cette heure, entourée de gobelets de bièreaubeurre, de substances plus ou moins licites et de son jus de clémentine, elle n’a qu’une possibilité, la politesse. Et une gentillesse que Gordon est manifestement parvenu à lui soutirer. Il n’a pas que des défauts ce brave garçon.

- On pourra toujours constituer un binôme….

Reste à savoir qui vient de prononcer ces mots. Et voyez-vous, s’il suffisait de se fier aux impressions… En cette fin d’année presque comique, Ivanovna découvre encore une facette de la vie étudiante. Contesse et rat-conteur vous laissent juges de ce qu’il faut en penser.
Dernière modification par Ivanovna Gunnray le 1 déc. 2025, 21:55, modifié 1 fois.

La légende de la dernière des filles Gunnray Solo
Nous en sommes enfin là. Il lui aura fallu une année de plus avant de savoir. Mais désormais elle a tranché. En cette fin d’année, elle ne redouble pas, comme on dit malencontreusement. Pourquoi re… une étrange manière d’exprimer qu’on refait une chose déjà faite. Doubler la mise, donc y revenir. Revenir, et re en plus de cela, donc revenir, venir venir venir. On s’y perd. Mais pas elle. Une année pour décider de s’éloigner de sa seule attache affective, Alyona ne verra jamais les choses ainsi, elle est bien trop douce pour provoquer le mal. Mais de toutes les manières, un jour il faut bien se détacher. C’est fait.

Qu’a-t-elle appris qu’elle ne savait déjà ? Bien des choses en Botanique mais le savoir magique est une puissance qui ne s’explique pas, tout au plus se vit-elle à l’instant où l’on lance un sort. C’est une pulsion, une technique. Chacun y met bien ce qu’il veut. La vraie question est le pouvoir que l’on désire vraiment maîtriser. Quel est-il ? Certains veulent la puissance pure, la force. Il est alors question de savoir plier les êtres à sa volonté, de telle manière qu’ils nous obéissent ou qu’ils meurent. C’est un rapport de domination. Elle le connaît bien, a en elle l’intuition qu’elle saurait parfaitement le maîtriser. Cela lui fait peur, elle n’en veut pas, depuis toujours elle rejette la violence. Une posture aisée si vous n’en avez pas besoin. A choisir, elle aurait pu pencher vers le pouvoir de disparaître, l’art de la discrétion, l’infiltration dont personne n’a conscience. Elle ne connaît rien aux pouvoirs de l’esprit, l’art de repousser l’autre, l’art de le pénétrer. Occlumancie, Légilimancie, oui elle aurait sans doute pu creuser la question, d’une manière ou d’une autre. Pourtant... ces pouvoirs-là sont à ses yeux une horreur. Du peu qu’elle en connaît, ce qui revient à dire leur définition théorique, celle des manuels de Poudlard… dans la réserve…
Enseigner aurait de même pu être un chemin mais à ses yeux c’est un savoir faire, pas un savoir. Cela s’apprend, sans doute mais il n’y a pas de magie en la chose. C’est une autre façon d’avoir des enfants. Trop de responsabilités, trop de… elle ne sait quoi. 2049-2050 était une année d’orientation en fait, comme une césure entre deux mondes sauf que le premier ne fut pas, dans son cas, celui de l’enfance.

J’aimerais vous parler comme si vous étiez ses amis, peut-être ses parents. Je décrirais une vie paisible. Jusque-là elle ne le fut pas, ou si peu. L’affaire la plus terrible est que nous avons tous sous-estimé la guérison. Les blessures sont encore présentes. Elles seront toujours là mais il faut reconnaître qu’elle va énormément mieux. Il suffit de la voir sourire, et même rire par moments. Oui, nous sommes ses parents, par procuration et témoignage de son histoire que nous vivons avec elle, les douleurs en moins. Honnêtement, nous savons mieux qu’elle le moment essentiel de son année. Mais il est trop tôt pour en parler. Croyons le temps d’un été qu’elle s’est réalisée en décidant de devenir experte en anti-poison médical. Puisqu’il suffit de la voir radieuse quand elle en parle. Le bonheur est une chose indescriptible, impossible à définir, dans son occurrence comme par les formes possibles de ses manifestations. Ivanovna est heureuse, le croyez-vous ? Ne donnez pas trop d’importance à ces râleries, toutes ces choses qui font d’elle une personne étrange. C’est une enfant, qui ne supporte ni l’injustice, ni la tromperie. En ce sens, elle est très proche de sa sœur mais les formes prises par la droiture qui les habite, sans doute génétiquement, assurément par la mère, ne sont pas celles de Circéia. Elle aime prendre soin, chérir, guérir. Autant sa sœur vivait dans un univers glacé, intellectuel, théorique, autant Ivanovna pointe sa baguette en direction du pratique. Nous y voilà, la réelle différence. Il en aura fallu, du temps, pour la déchiffrer. Ivanovna Alekhina, une guérisseuse, à l’ancienne, une pommade capable de soigner toutes les maladies par le simple effet des fragrances d’un onguent dont elle seule détient la recette. Et puis, osons imaginer ses petits doigts, habiles à vous apaiser des souffrances qu’ils effacent. Une sorcière agit par son pouvoir, une magicienne a quelque chose en plus, de l’ordre du maternel. La caresse d’une mère, sa capacité unique à vous rendre la joie qu’une douleur plus ou moins passagère croit avoir abattu.

Cette année qui s’achève n’est pas celle des apprentissages mais bien celle de la découverte de soi. Ce n’est pas rien. Il ne faut jamais conclure à l’inutilité. Mais il est un plan sur lequel elle doit encore tout apprendre. Elle a jusqu’ici eu bien de la chance de croiser Alyona sur le chemin de sa vie. Quelle amie extraordinaire. Mais qui ne pourra rien pour elle dans un avenir proche. Non qu’elles soient désormais éloignées l’une de l’autre. Certaines choses de la vie ne peuvent se vivre autrement que seule. Ivanovna, Vana dans le coeur d’Aly., n’a aucune idée de ce qui l’attend. Et par un sournois devoir de ne rien dévoiler car il est trop tôt pour cela, je ne peux pas davantage vous en divulguer la teneur. Nous sentons de quoi il peut être question, nous...subodorons. Mais la vie demande à laisser la chose infuser. Amusant devoir que celui de la laisser faire, surtout si vous savez pertinemment comment les choses vont se dérouler. La seule surprise demeurant celle de vérifier à quel point nous avions anticipé la suite.

Jamais nous ne pensions la voir vivre ce parcours. Le réussir ne surprend personne une fois la machine enclenchée. Quelle mère sera-t-elle le jour venu ? Quelle chercheuse entre-temps, ou simplement experte… petites mains soignant les malades… Elle a réintégré sa communauté de façon active, constructive. C’est un pas de géante si l’on regarde d’où elle vient.




Ivanovna, tu dois encore
et encore.
Des petits rien,
toujours.
Et encore.
Tu le sais pourtant, rien n’est
dû,
sauf la peine.
Et sa récompense.



Fin du livre Premier de la légende de la dernière des filles Gunnray.


Reducio
Contesse et rat-conteur vous saluent, n'oubliez pas leurs petits souliers à la sortie du théâtre. Ils se sont bien amusés, espèrent que vous aussi.

La légende de la dernière des filles Gunnray Solo
« La légende de la dernière des filles Gunnray »

SAISON 2 TEASER, datation impossible

Sortie sur vos écrans imminente
Contesse et Rat- vous bichent


A quoi reconnaît-on une histoire populaire ?
Mes enfants, une bonne histoire, de nos jours, ne génère pas seulement un récit, elle est à l’origine de sa propre histoire ! Il faut du story telling. Eh bien sachez qu’il existe de grands récits déchirant leurs auteurs et les responsables de la mise en image de ceux-ci. Dans ce monde que vous lisez, les images, ce sont Contesse et moi-même qui les produisons. Toujours. Et figurez-vous qu’à l’instar des plus grands, la suite de notre saga tant aimée a bien failli ne pas voir le jour.

A chaque fin de saison, nous avons en effet de longs entretiens visant à décider de la suite, de ce qu’il faut prévoir, éviter… Et disons que… la maison de production n’était pas très satisfaite de notre travail. Il paraît que nous...dénaturons certains canons d’ici, que notre ton est par trop… libre. Jusqu’ici, nous sommes plutôt enclins à voir la chose comme un compliment ! Combien d’auteurs se sont-ils dans l’histoire littéraire estimés trahis par les personnes adaptant leurs écrits dans un autre format ? La liste est longue. Et le plus souvent le reproche s'avère injuste. A quoi cela sert-il de respecter au millimètre une histoire ? Chaque vecteur a son mode spécifique d’expression, sa méthode de narration. Le théâtre moldu n’est pas le nôtre. Et nos amis japonais ont leurs principes dans le No qui ne sont en rien ce qui se pratique ailleurs. Il s’agit là d’un débat vieux comme le monde, il eut été surprenant que les artistes sorciers soient épargnés.
Ainsi avons-nous dû revoir certaines de nos fantaisies pour davantage coller à la vérité. Je ne vous cache pas que nous en avons été fort peinés. Après tout, les milliers de commentaires positifs conséquemment à la publication de « La légende de la dernière des filles Gunnray » semblaient aller dans le sens d’une volonté de totale possibilité de création. Et si nous admettons de légers écarts à la vérité de ce qu’il s’est passé, nous ne les reconnaissons que pour le bénéfice d’un récit plus dense, moins… monotone. La saison 1 a pour vertu son spectre suffisamment large pour embrasser de très nombreuses préoccupations de la vie étudiante. C’est un peu technique, pardonnez-nous mais nous devons expliquer. Et puis… vous aimez les making of, comme tout le monde. Avoir quelques informations secrètes ou d’autres croustillantes sur notre travail, nous sommes persuadés que cela vous fait plaisir.

Bon, contre la promesse de ne plus déraper, nous avons pu signer un nouveau contrat. Mais nous avons dans l’affaire gagné sur un point crucial à nos yeux, la liberté d’avancer dans l’histoire au rythme que nous souhaitons. Et cela mes amis, c’est un grand confort. Nous avons plusieurs fois promis de ne pas trop vous faire attendre. Mais il fallait quand même qu’elle vive un peu de cette première année d’hybride avant de pouvoir écrire ! Nous avons du nanan, assez pour nous lancer très bientôt. Il faut juste...enlever les moufles et nous mettre à l’écriture.
Bon… entre temps, la maison mère a décidé d’une autre série autour d’elle… A peine Parénèse pour une orpheline achevée (oui, bon, il reste un épisode à publier mais chuuut, il est déjà écrit !! petit scooop en passant, On-di-oik ?), il a été décidé de lancer une toute nouvelle série traitant des amours d’Ivanovna : Les saisons de nos coeurs … Bah, soyons fair-play, c’est une bonne idée mais qui nous enlève possiblement un certain nombre de thématiques… Nous avons dû accorder nos corne-muses (oui, ces instruments de torture ont besoin de l’être, accordés !!!) mais cette fois, nous savons quoi dire, comment construire deux autres saisons ayant pour but de poursuivre sa marche vers le succès professionnel. Car, et vous l’avez compris depuis longtemps, elle est une fille brillante. C’est de famille mais là où l’aînée avait des talents trop voyants, la cadette manque d’assurance, et nous ne trahirons jamais ce trait de caractère qui est le sien. Belle sans le savoir vraiment, elle est aussi très capable, peut-être même largement plus que sa mère...sans davantage en avoir pris la mesure. Mais cela, seul le futur le dira. Et puis cher public, nos amours... nous, nous ne souhaitons qu’une chose, raconter sa vie comme elle la vit, s’il fallait montrer les émois d’une personne dans le style de Scarlet, cela a déjà été écrit, et bien mieux que nous ne saurions le faire. Contesse et moi-même avons une autre ambition, vous amuser. Remarquez, par certains côtés, « Autant en emporte le vent » est un roman drôle. Car il incarne la vie, une insouciance très américaine mais bon, je ne vais pas vous assommer avec une analyse sociologique glaçante (Icy si vous préférez…). Nous l’avons souvent dit, elle a bien trinqué, durant des années. Pour nous, seul compte le bonheur de vivre une vie redevenue normale. Et c’est la beauté de cette normalité à laquelle nous travaillons. Son excellence n'est pas notre tasse de Tea, Sir. (Tea sir, Teaser, vous la tenez celle-là?)

Quand je pense à tous ces gens s’étripant alors qu’ils aiment les mêmes choses. Nous nous réjouissons de pouvoir poursuivre cette histoire sans en faire une histoire. Mais attention, nous ne céderons à aucune lubie de fans aveuglés par leur exigence, notre meilleure garantie de succès, c’est de demeurer entièrement libres. Par merlin, nous le sommes !


La légende de la dernière des filles Gunnray Solo
IVANOVNA ET L’HISTOIRE D’UNE INVERSION DE POLARITÉ PROPHÉTIQUE



Bande de petits salopards, vous en avez mis du temps ! Ahhh, cinq minutes !!!!!! A peine !!!!! Et tous les billets ont été vendus, arrachés, revendus, le marché noir, c’est quelque chose… Bon, alors… vous avez tellement aimé nos élucubrations que vous en en voulez encore ? La chose vous a-t-elle... ? Même pas ? C’est le buzz qui vous attire ? Comment ? Personne d’ancien parmi vous ? Que des têtes aux cheveux d’ange ? A peine des fils d’enfant ? Soit… mais ne comptez pas sur nous pour modifier notre langage. Toujours des couacs, de gros morceaux de mots… enfin… non… des morceaux de gros mots… allons… nous refusons la facilité et la mièvrerie. C’est bien pour cela que nous voyons d’un œil bienveillant le spin off sur sa vie amoureuse. Nous sommes là pour ses études… Alors commençons par un petit récapitulatif voulez-vous. Et si vous ne voulez pas, nous saurons employer la magie pour vous remettre sur le droit chemin, celui des auditoires bien élevés ! Cette année, vous allez être menés à la baguette, après tout, dans un univers magique, c’est à peine surprenant n'est-ce pas...

Donc… Ivanovna a décidé de s’orienter en filière Hybride, année 1. Son but est clairement de devenir spécialiste en anti-poison médical. Il se trouve, désastre à prévoir, qu’elle est suivie par Gordon, qui lui a fait une cour assidue. Notre sorcière bien-aimée (oui, il n’y en a pas qu’une, sachez-le et la nôtre ne fait rien de spécial avec son nez !) s’est faite une raison, le garçon qui jusqu’ici l’agace totalement est son binôme. Mais pour le moment, ils n’ont pas fait l’expérience de leur efficacité sur le terrain. Ils en sont aux balbutiements.
Septembre 2050...un soir, en fin de semaine, elle s’ennuie un peu, est restée à Newhaven et relit pour la septième fois le livre de Madame Tokélau (Un intense débat numérologique a parcouru notre salle de travail contesse et moi, quel chiffre utiliser pour caractériser son amour dudit précis ? Huit, symbole de l’infini, cinq la complétude de la main, nous avons tranché pour sept, vous saurez pourquoi un jour.) Elle s’est arrêtée à la page d’une potion dont les vertus sont données comme cicatrisant les estomacs. Mais elle ne veut pas reproduire, l’étudiante est mûre depuis longtemps, tenter des choses personnelles, une création, est à sa portée. D’ailleurs, Madame Tokélau, qu’elle a rencontré plusieurs fois durant l’été le lui a dit : « Il faut chercher, c’est le propre d’une chercheuse ! »
Si j’avais écrit cela, vous auriez pensé que j’invente. Même pas en rêve méchants impertinents ! Vous ne nous connaissez pas, lorsque nous inventons, c’est bien mieux maquillé. Cette première histoire est garantie sans trucages ni bobards ! Et puis d’abord vous ne suivez pas, j’avais promis un résumé de la saison 1, eh bien au regard de votre manque de foi, vous pouvez aller vous faire voir. Et laissez les moldus grecs tranquilles, ils n’ont rien à voir dans cette affaire.

Ivanovna veut effectivement créer cette potion mais elle la veut ciblée sur un point précis, une pathologie qu’elle ne connaît que trop. L’abus d’alcool… Nahhhh, elle n’est pas adepte, elle ne peut plus. Si vous parcouriez sa fiche de personnage, vous le sauriez ! Paradoxe, elle a contracté le même soir une endurance totale à l’alcool et son rejet encore plus définitif. Ne me demandez pas comment cela fonctionne, je ne suis pas médicomage. Outre le fait que la chose, sur le papier, soit amusante à décrire c’est une satanée contrainte dans sa vie courante. Bah, elle n’est pas du genre à vouloir monter au chandelier pour chanter. Mais quand même, cette sorte de boissons est, à dose modérée, un lien social indéniable, hélas… elle ne peut vraiment plus. Aussi a-t-elle eu en tête que pour une première création hors de l’Institut de Médicomagie et des Sciences Magiques…Trouver un support... Elle a fini par conclure à la nécessité d’un cobaye. Ivanovna en avait un sous la main… elle-même. En soi c’est une très mauvaise idée, vous avez tous en tête des histoires d’apprentis sorciers qui tournent mal en testant sur eux-mêmes des substances en tous genres. C’est en fonction de l’histoire que vous racontez… mais invariablement la catastrophe est proche. Ça, c’est dans la vie moldue, nous les sorciers nous savons un peu mieux nous en sortir.

La potion de madame Tokélau, dont il faut rappeler qu’elle a pour vertus d’être un anti-poison, permet de cicatriser un estomac malade. L’idée d’Ivanovna est de détourner ce puissant onguent interne de son but premier, de n’en retenir que certains principes curatifs pour n’avoir d’effet que sur sa seule affliction à elle. Une sorte de combinaison entre les vertus du Polynectar et celles de ce remède. Les cheveux sont de précieux assistants, ils concentrent en eux bien des spécificités qui nous caractérisent. Si la vie avait été rude avec elle, Ivanovna y aurait laissé sa tignasse en essais infructueux et autres « recommençades » nécessaires. Mais il lui suffit de couper les pointes de ses longs cheveux, un rafraîchissement si vous le voyez ainsi. Ce fut tout. Car son intuition lui fit voir juste. En lisant précisément les variantes du précis, elle parvint en un week-end à une première formule satisfaisante, à défaut d’être… universelle.

Ce que l’histoire ne dit pas, enfin si elle est sur point de le dire puisque nous en sommes là… bref… arrêtez de m’interrompre c’est pénible… donc...elle dut ensuite tester le breuvage sur des estomacs tiers. Il ne pouvait à ses yeux être utilisé sur des personnes acceptant consciemment la chose, c’eut été difficile de savoir s’ils n’étaient pas influencés par leur statut de cobaye ! Il fallait des tests… grandeur nature. Là notre sorcière, pour la première fois de sa vie, eut quelques pensées fourbes. Gordon et quelques amis à lui ayant le coude léger en soirée… mais pas question d’en abuser. Il faudrait attendre que les situations dégénèrent… Bref, avec la rentrée étudiante, les soirées d’intégration...la possibilité se présenta finalement assez vite. Ce qu’elle voulait surtout savoir, c’était si la potion était efficace sans ingrédient issu du patient ou s’il le fallait… Autrement dit, la combinaison d'agents actifs fonctionnait-elle selon l’effet moldu appelé vaccin ou la sorcière devait-elle modifier la potion en tenant compte du patient ? Vous conviendrez que cela faisait une belle différence, au point de réduire l’intérêt de la découverte si elle n’était pas d’un effet… instantané et surtout générique.

Ah, qu’il est dur de faire rire avec la science. Je sais, c’est presque une calamité. Mais imaginez Gordon, en vrac comme souvent, beuglant des insanités indignes de lui, Ivanovna devant feindre l’affliction face à une situation qu’elle réprouvait tout en la trouvant fort pratique dans le cadre présent de ses… prospections… le sel est encore plus goûtu quand on sait qu’à l’époque, il est encore éperdu d’elle et qu'Ivanovna n’en a que faire… une comédie de situation, pas le gros rire lourdaud. Mes chéris, imaginez ce bon Gordon se faire masser délicatement les intestins, il sent le liquide fondre en lui et réparer une mécanique temporairement désarticulée. Lui croît pouvoir y retourner ensuite et s’imagine déjà avoir trouvé le remède idéal pour se remplir tel un tonneau ! Non, l’effet repousse tout nouvel alcool pour au moins 24 heures…
Il va mieux, l’estomac se recompose à peine plus douloureusement que lors du premier transplanage de sa vie. Premier essai concluant ! Et deux semaines plus tard rebelote comme on dit dans un sud indéterminé !
Sa première création !!! Ivanovna est une chercheuse, elle s’est trouvée ! Charybde a permis à Scylla d’ouvrir une voie nouvelle. (alors les gars, on trouve ? Charybde, l’alcool… Scylla son estomac...roo, ce que vous êtes lents à la comprenette...bon, c’est aussi la fille et le garçon, métaphore à contenu multiple ! Lisez comme vous êtes.)

Pour raison de timing, nous ne pouvons en dire plus aujourd’hui, notre temps est déjà dépassé. Et vous savez, de nos jours, un sketch a un format très précis. D’ailleurs les amis, si vous quittez la salle en plus de 7 minutes, vous verrez automatiquement vos bourses délestées de deux mornilles par seconde, c’est le tarif… Voyez cela avec le directeur du Théâtre qui se fera un plaisir de traiter vos légitimes réclamations.
Mais ne partez pas trop vite, vous savez que tout bon conte finit par une morale édifiante, voici donc celle du jour. Toute mauvaise passe vous entraîne sur des chemins insoupçonnés dont certains conduisent à la réussite.
Un peu optimiste mais nous collons au cahier des charges, PROUT !


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Post scriptum des show runners, effacé du sketch par Rat-conteur, rajouté en post-production selon l'alinéa 231 du contrat qui le permet : "Ce qu'elle ne savait pas, c'est que ce remède deviendrait le compagnon de bien des infortunes".