Au temps de nos royaumes imaginaires
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Cuisinier à Poudlard depuis octobre 2050
#333d7b
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Au temps de nos royaumes imaginaires
24 août 2023
Domaine Hawthorne
3 ans (presque et demi)
Domaine Hawthorne
3 ans (presque et demi)
Mes jambes se balancent dans le vide depuis la chaise où je suis assis. Et c’est pas grave si elles touchent pas le sol, parce que moi je suis quand même un grand. Evan et Lance font rien que m’embêter à dire que je suis un bébé, mais je sais que c’est pas vrai. C’est Pellinore le bébé qui met encore des couches et qui fait rien que pleurer tout le temps. Je sais qu’ils disent ça juste pour m’ennuyer, du coup je les ignore.
J’aime pas trop quand maman dit qu’on va rendre visite à tante Elinor. Déjà parce qu’on s’ennuie, et ensuite parce que ma tante, ben… elle fait peur. Enfin, c’est surtout mes frères qui le disent. Moi, en vrai, je suis grand alors j’ai pas vraiment vraiment peur. Papa dit qu’il y a que les lâches qui ont peur. Et je suis pas un lâche.
Le tissu de mon pantalon me gratte un peu et le col de ma chemise est trop serré. J’essaie de le desserrer discrètement avec mon doigt, sans réussir car je me fais vite repérer. Je comprends pas grand-chose aux discussions des grands. Tout ce que je sais, c’est que Maman parle de nous comme si on n’était pas là : de Lance qui a déjà… manifestruc un don pour la magie, de Lance qui sait faire du piano et bien sûr de Pellinore qui est aussi sage qu’un ange.
Alors j’ai jamais vu d’ange, mais même que c’est ma petite sœur, alors je sais très bien qu’en vrai elle est pas tout le temps mignonne et sage comme ils disent. Parfois elle crie super fort et son visage devient tout rouge. Et puis je parle même pas de l’odeur quand elle est très très fâchée.
Sur la table, il y a plein de tasses, toute pareilles, toutes fines. Quand je souffle dedans, ça fait des petites vagues dans le thé, et Maman me fait les gros yeux. Alors je bois, mais c’est chaud. Beaucoup trop chaud. Et puis c’est même pas bon, on dirait des fleurs écrasées avec du savon.
Mon regard curieux glisse alors sur les détails de la pièce. En fait je suis pas petit, c’est juste drôlement grand ici. Je me demande si tante Elinor ne vit pas avec un géant et qu’elle le cache. Doucement, j’essaie d’attirer l’attention de Maman en tirant un peu sur sa robe. Une fois, puis deux. Et comme je n’ai pas de réaction, je me laisse glisser en bas de la chaise pour pouvoir mieux regarder la grande pièce, puis la grande fenêtre. Vivement qu’on rentre à la maison…
447 - @Kieran Hawthorne hésite pas à me dire si tu veux que je modifie quelque chose, j'espère que ça t'ira !
Cuisinier à Poudlard depuis octobre 2050
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Au temps de nos royaumes imaginaires

24 août 2023, 11 ans
Résidence des Hawthorne
Mère tient particulièrement à sa collection de porcelaine. Lorsqu’un autre adulte la complimente ou la questionne sur cette dernière, c’est avec un petit sourire contenu qu’elle explique leur origine, le matériau dont ses tasses et leurs soucoupes sont faites. Parce que tout a une fonction, dans cette maison : les murs sont là pour nous protéger du froid, les fauteuils sont là pour qu’on puisse s’y asseoir. Les porcelaines de Mère lui sont utiles pour plus d’une chose, et je pense que c’est pour ça qu’elle les aime autant. Elles lui permettent de boire son thé avec ses invités. De trouver un sujet de conversation. De sous-entendre secrètement qu’elles sont hors de prix, et de vanter subtilement notre richesse, ainsi que l’amour que lui porte Père qui la couvre de cadeaux. Moi, je sais que c’est faux : Père n’est jamais là, et il ne regarde jamais Mère comme elle, elle le regarde. Et je ne sais pas comment on doit se comporter avec celle que l’on aime, mais je ne pense pas que c’est en ignorant sa présence ou en lui parlant sur ce ton neutre et froid les rares fois où il lui adresse la parole.
Et Mère parle de Lloyd comme elle parle de ses tasses : avec ce bonheur sincère qui scintille dans le gris de ses yeux. Je pense que c’est parce qu’il lui est utile pour beaucoup de choses aussi, mon frère. Il est beau, et les invités le rappellent souvent en souriant à Mère, en ajoutant qu’il lui ressemble beaucoup. Il a des yeux aussi clairs que l’or blanc dans lequel est taillé la chevalière de Mère ; les cheveux aussi dorés que le soleil en fin d’après-midi, toujours bien coiffés. Les adultes ajoutent que c’est bien un Forsythe, et ça fait sourire ma mère. À moi, on me dit que je ressemble beaucoup à mon père et que je suis un vrai Hawthorne. Et je crois que ce n’est pas un compliment – du moins aux yeux de Mère, parce que son sourire devient un peu plus fade en l’entendant. Elle se contente de rire doucement en acquiesçant, avant de changer de sujet pour enchaîner sur les autres qualités de Lloyd qui sait faire beaucoup d’autres choses que d’être beau et de lui ressembler.
Lorsque Tante Miriam mentionne son fils qui joue du piano, Mère laisse échapper un léger rire qui sonne un peu faux – il n’y a rien de drôle dans le fait que Lance joue au piano, après tout – avant de glisser avec un sourire maîtrisé que Lloyd est déjà un prodige. Je m’efforce de conserver ma posture, les épaules droites et le menton légèrement levé, mais mon cœur se serre alors que mes doigts s'emmêlent entre eux sur mes cuisses. J’aimerais pouvoir m’enfoncer dans ma chaise, baisser mon regard et prendre le moins de place possible. J’aimerais fusionner avec le velours du siège et disparaître : parce que ce qu’elle ne dit pas, c’est que moi, je ne cesse de la décevoir. Parce que je n’ai ni la minutie ni l'élégance naturelle que Lloyd a lorsqu’il joue un morceau ; bien au contraire. Mais elle ne le dit pas, parce que le salon de thé est un lieu où l’on n’exhibe que des choses qui nous rendent fiers. Je n’en suis pas vraiment une aux yeux de Mère, après tout. Mais peut-être l’aurais-je été si j’étais fait de porcelaine ?
La voix de Mère prononçant mon nom coupe le flot de mes divagations, et je me tourne aussitôt. M’interpellait-elle pour corriger ma posture ? Elle est irréprochable, pourtant. Mais ses yeux argentés sont entièrement tournés vers ma tante alors qu’elle annonce avec une voix douce empreinte de fierté que j’ai manifesté ma magie et que je vais aller à Poudlard dans quelques jours. Elle pose même sa main sur mon épaule, et mon corps se tend légèrement en sentant le froid de sa peau s'immiscer à travers le fin tissu de ma chemise.
Tant d’attention de sa part m’aurait comblé, si elle s’était manifestée un an plus tôt. Mais à présent, je sais que cette fierté n’est qu’un masque de plus : parce qu’en réalité, ma magie n’est apparue que cette année, bien plus tard qu’elle ne l’aurait souhaité. Et, selon Mère, un tel retard est une chose qui doit me rendre honteux et que je dois dissimuler. Mais aucune pensée ne me traverse en cet instant, si ce n’est la réflexion que j’aurais préféré rester auprès de Halmeoni* à Tinworth. Parce que là-bas, je n’ai pas l’impression de devoir être quelque chose : quoi que je fasse, ma grand-mère me couve d’un regard qui me fait me dire qu’il pourrait exister des personnes pour lesquelles l’on a de la valeur, sans devoir la prouver par ses aptitudes. C’est ma seule conclusion face au fait qu’elle avait l’air si fière de moi alors même que je n’avais rien fait pour elle. Son monde est différent de celui de Mère : la préciosité des personnes et des objets se mesure avec un autre paramètre que l'utilité. J’ignore encore ce que c’est, mais il me faut le trouver au plus vite pour m’y conformer : si j’ai fini par accepter que Mère ne m’aimera pas comme elle aime Lloyd ou ses céramiques, l’idée de décevoir ma grand-mère me paraît insoutenable.
La main de ma mère se retire enfin, le sujet de leur échange dérivant vers un autre, et mes muscles se détendent quelque peu. Ma tête retrouve sa position initiale, complétant ce port protocolaire qui me fait me sentir comme si je n’étais plus qu’une de ces statues qui se tiennent dans le jardin. Mon regard s'échoue sur la surface de mon thé, alors que Mère commence à parler de politique. J’ai envie de partir.
Et, comme si une oreille invisible s’était prêtée à mes pensées, un discret mouvement ébranle la table. Le choc est infime et personne d’autre ne le remarque, pourtant il suffit à troubler la surface du thé brûlant d’une infime ondulation, formant de petites vaguelettes dans le liquide ambré qui remplit ma tasse. Mes yeux se lèvent, et je remarque en face de moi une petite touffe brune qui dépasse à peine de la hauteur de la table, à côté du siège où était assis l’un de mes cousins quelques instants plus tôt. Tante Miriam a beaucoup d’enfants, et je crois que lui c’est le troisième.
Une idée germe dans mon esprit, alors que je me tourne vers ma mère et sa sœur. J’attends le moment pour m’immiscer dans la conversation pour poser ma question – mais je peine à trouver un interstice dans lequel me glisser parmi ce flot d’informations échangées sur la table. Je me résous alors à me lever, et le claquement sourd de mes semelles contre les dalles glacées suffit à attirer le regard inquisiteur de Mère. Je déclare du bout des lèvres que je souhaite faire visiter ma chambre à mon petit cousin, et Mère m’accorde un vague hochement de tête avant de reprendre le fil de la discussion.
Je me courbe l'échine jusqu’à passer la tête sous la table – c’est-à-dire pas tant que ça. Mais ce n’est pas moi qui suis petit, bien sûr : c’est la table qui est trop haute. Je passe ma main sous le plateau du meuble pour la tendre en direction de mon petit cousin – mais il lui faudra s'avancer un peu sous la table pour l'attraper.
« Goliath, c'est ça ? Moi c’est Kieran. Tu... veux aller visiter ma chambre ? »
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* Halmeoni : Grand-mère/Mamie en coréen.
...Kieran n'a jamais été bien doué pour les prénoms, oups ?
Et tout est parfait ! (Ce post de présentation...
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* Halmeoni : Grand-mère/Mamie en coréen.
...Kieran n'a jamais été bien doué pour les prénoms, oups ?
Et tout est parfait ! (Ce post de présentation...
Au temps de nos royaumes imaginaires
Quand mes pieds touchent le sol, je peux alors observer mieux la pièce autour de moi. Parfois on dirait que les grands parlent beaucoup pour essayer de remplir tout l’espace qu’il y a. Mais je trouve que ça fonctionne pas super bien. C’est toujours aussi grand et pas très joli. Comme les objets dont tante Elinor parle. On dirait qu’elle aime beaucoup les bibelots, tante Elinor. Mais je crois pas que ça plaise à maman. Une fois, quand on est rentré après un repas en famille, je l’ai entendue parler à papa des trophées que ma tante lui avait montré. Je crois qu’elle a aussi dit le nom de mon grand cousin, Lloyd. Pourtant, je vois aucun trophée ici. Ils sont peut-être cachés, ou alors c’est Lloyd qui les cache.
Pendant un moment, je reste immobile juste devant ma chaise et je guette la réaction de maman. Du bout des doigts, je trace des formes sur l’assise. Je sais que si elle me regarde, ce sera pour faire des grands yeux et me dire de me rasseoir. Alors si je ne bouge pas trop, peut-être qu’elle ne me remarquera pas… Comme à la maison.
Evan et Lance sont assis côte à côte, de l’autre côté de la chaise de maman. C’est toujours comme ça. Eux de leur côté et moi… de l’autre. Ils sont plus gentils avec Pellinore qu'avec moi, alors que c’est juste un bébé. Je comprends pas pourquoi. On ne leur dit jamais de pas mettre leurs mains collantes partout à eux, c’est pas juste. Mes mains sont même pas collantes, je les lave souvent !
Visiblement, la conversation est trop prenante alors je peux me mettre à bouger. Doucement. Mon regard glisse sur le plancher, et un moyen de m’éloigner sans faire de bruit. Je réfléchis à comment m’approcher de la fenêtre pour regarder dehors. Ce serait plus amusant de pouvoir aller dans le jardin…
Une voix me parle, sous la table. On dirait que c’est le garçon que je connais pas. On m’a dit que c’est mon cousin, comme Lloyd. Mais je me souviens pas de lui. Mon regard glisse sur la tête passée sous la table qui me regarde et mes sourcils se froncent quand il m’appelle Goliath. Je m’apprête à dire non avec la tête, parce que c’est même pas mon prénom. Mais le grand garçon me dit qu’il s’appelle Kieran. Comme un âne. Et surtout il me tend la main et me propose d’aller dans sa chambre. C'est le moyen pour m'enfuir que je cherchais. Alors je ne suis plus fâché qu’il se soit trompé et j’hoche la tête, vite.
Puis, j’ai un petit mouvement d’hésitation et je jette un regard vers maman… Mais elle s’arrête à peine pour enfin me regarder. Dans ses yeux, je vois juste que je dois être sage et ne pas faire de bêtises. Mais je peux suivre le grand. Lentement je passe sous la table, qui est tellement grande que je dois même pas me baisser, et j’attrape la main tendue.
- Gareth. je dis simplement, d’une toute petite voix. Pas Goliath.
J’ai hâte qu’il me montre un endroit différent que ce salon trop grand, loin des adultes trop sérieux et de mes frères trop parfaits. Avec un peu d’espoir, je lui demande tout bas, tout en le suivant :
- T’as des jouets ?
Pendant un moment, je reste immobile juste devant ma chaise et je guette la réaction de maman. Du bout des doigts, je trace des formes sur l’assise. Je sais que si elle me regarde, ce sera pour faire des grands yeux et me dire de me rasseoir. Alors si je ne bouge pas trop, peut-être qu’elle ne me remarquera pas… Comme à la maison.
Evan et Lance sont assis côte à côte, de l’autre côté de la chaise de maman. C’est toujours comme ça. Eux de leur côté et moi… de l’autre. Ils sont plus gentils avec Pellinore qu'avec moi, alors que c’est juste un bébé. Je comprends pas pourquoi. On ne leur dit jamais de pas mettre leurs mains collantes partout à eux, c’est pas juste. Mes mains sont même pas collantes, je les lave souvent !
Visiblement, la conversation est trop prenante alors je peux me mettre à bouger. Doucement. Mon regard glisse sur le plancher, et un moyen de m’éloigner sans faire de bruit. Je réfléchis à comment m’approcher de la fenêtre pour regarder dehors. Ce serait plus amusant de pouvoir aller dans le jardin…
Une voix me parle, sous la table. On dirait que c’est le garçon que je connais pas. On m’a dit que c’est mon cousin, comme Lloyd. Mais je me souviens pas de lui. Mon regard glisse sur la tête passée sous la table qui me regarde et mes sourcils se froncent quand il m’appelle Goliath. Je m’apprête à dire non avec la tête, parce que c’est même pas mon prénom. Mais le grand garçon me dit qu’il s’appelle Kieran. Comme un âne. Et surtout il me tend la main et me propose d’aller dans sa chambre. C'est le moyen pour m'enfuir que je cherchais. Alors je ne suis plus fâché qu’il se soit trompé et j’hoche la tête, vite.
Puis, j’ai un petit mouvement d’hésitation et je jette un regard vers maman… Mais elle s’arrête à peine pour enfin me regarder. Dans ses yeux, je vois juste que je dois être sage et ne pas faire de bêtises. Mais je peux suivre le grand. Lentement je passe sous la table, qui est tellement grande que je dois même pas me baisser, et j’attrape la main tendue.
- Gareth. je dis simplement, d’une toute petite voix. Pas Goliath.
J’ai hâte qu’il me montre un endroit différent que ce salon trop grand, loin des adultes trop sérieux et de mes frères trop parfaits. Avec un peu d’espoir, je lui demande tout bas, tout en le suivant :
- T’as des jouets ?
558 @Kieran Hawthorne
Cuisinier à Poudlard depuis octobre 2050
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