And yet I smile
Elijah avait du mal à comprendre la différence posée par le psychomage. S'il ne mentait pas, comment pouvait-il s'exprimer d'une manière différente que la sienne ? Est-ce que cela voulait dire que s'il lui parlait pour de vrai, il se sentirait attaqué ? Pour quelqu'un d'aussi entier que lui, cela sonnait tout de même sacrément comme du mensonge. Au fond, il se disait que toute cette relation qu'ils bâtissaient était forcément biaisée par cet état de fait, et ça ne lui plaisait pas outre mesure.
Alors oui, il voudrait savoir ce que pensait vraiment Monsieur Kyros. Même si cela ne lui plaisait pas. Après tout, il lui arrivait régulièrement de ne pas être d'accord avec quelqu'un, cela ne l'empêchait pas pour autant d'apprécier ladite personne. Il eut un léger sourire lorsque l'homme réitéra ses compliments concernant son idée. Il sentait le "mais" arriver, mais tout de même, il avait un esprit créatif extraordinaire, ce n'était pas donné à tout le monde !
Lorsque la contrepartie fut exprimée, il réfléchit quelques secondes. S'il refusait de passer pour un voleur - chose qu'il n'était pas - il devait bien admettre que donner du travail en plus aux elfes de maison n'était pas très sympa. Et que lorsque Dorian et Elam avaient volé ses draps pour se venger, il n'avait pas tellement apprécié non plus, même s'il s'était abstenu de dire quoi que ce fût : il l'avait mérité.
- Oui, ça j'comprends M'sieur, admit-il sans peine, mettant fin ainsi au sujet. J'crois que j'préfère si vous dites ce que vous pensez pour de vrai tout le temps. Sinon, c'est un peu de la triche, ajouta-t-il en plantant son regard dans le sien, tout mouvement de sa part ayant cessé sous l'importance de cette demande.
- Mais je joue pas trop à la console sauf chez les copains, puisque moi j'en ai pas. C'est juste marrant un peu. En vrai je préfère aller surfer ou aller au skatepark mais quand il pleut ça craint. Chez moi j'ai des nerf, mais je joue plus trop avec, dit-il en haussant les épaules.
Il fallait dire que ce n'était pas tellement amusant avec sa mère. Avec son père, ça l'était bien plus, ils pouvaient passer des heures entières à transformer le salon en champ de bataille en déplaçant tous les meubles pour mieux pouvoir se mettre à couvert. Mais ça, c'était avant. Alors quand le psychomage mentionna directement son père, il pinça ses lèvres. Il n'était pas bien sûr d'avoir envie d'en parler. Le simple fait de penser à lui le plongeait dans une tristesse et une colère qu'il détestait.
Pourtant, il savait aussi qu'il avait besoin d'extérioriser tout ça. C'était sorti sous le coup de la colère face à Monsieur Khan, et il avait ensuite été bien incapable d'empêcher les larmes de couler. Il ne voulait plus que ça arrive. D'un geste nerveux, il replaça sa casquette correctement. Il semblait chercher du regard quelque chose à faire pour le sortir de là. Mais finalement, il se contenta de revenir s'asseoir.
- Mon père s'en fout. Il sera même pas au courant, finit-il par avouer en serrant ses poings sur son pantalon d'uniforme, les yeux obstinément fixé sur la table, et les mâchoires étonnement serrées. Voilà, il le sentait revenir. Ce besoin de hurler jusqu'à en perdre la voix.
Alors oui, il voudrait savoir ce que pensait vraiment Monsieur Kyros. Même si cela ne lui plaisait pas. Après tout, il lui arrivait régulièrement de ne pas être d'accord avec quelqu'un, cela ne l'empêchait pas pour autant d'apprécier ladite personne. Il eut un léger sourire lorsque l'homme réitéra ses compliments concernant son idée. Il sentait le "mais" arriver, mais tout de même, il avait un esprit créatif extraordinaire, ce n'était pas donné à tout le monde !
Lorsque la contrepartie fut exprimée, il réfléchit quelques secondes. S'il refusait de passer pour un voleur - chose qu'il n'était pas - il devait bien admettre que donner du travail en plus aux elfes de maison n'était pas très sympa. Et que lorsque Dorian et Elam avaient volé ses draps pour se venger, il n'avait pas tellement apprécié non plus, même s'il s'était abstenu de dire quoi que ce fût : il l'avait mérité.
- Oui, ça j'comprends M'sieur, admit-il sans peine, mettant fin ainsi au sujet. J'crois que j'préfère si vous dites ce que vous pensez pour de vrai tout le temps. Sinon, c'est un peu de la triche, ajouta-t-il en plantant son regard dans le sien, tout mouvement de sa part ayant cessé sous l'importance de cette demande.
- Mais je joue pas trop à la console sauf chez les copains, puisque moi j'en ai pas. C'est juste marrant un peu. En vrai je préfère aller surfer ou aller au skatepark mais quand il pleut ça craint. Chez moi j'ai des nerf, mais je joue plus trop avec, dit-il en haussant les épaules.
Il fallait dire que ce n'était pas tellement amusant avec sa mère. Avec son père, ça l'était bien plus, ils pouvaient passer des heures entières à transformer le salon en champ de bataille en déplaçant tous les meubles pour mieux pouvoir se mettre à couvert. Mais ça, c'était avant. Alors quand le psychomage mentionna directement son père, il pinça ses lèvres. Il n'était pas bien sûr d'avoir envie d'en parler. Le simple fait de penser à lui le plongeait dans une tristesse et une colère qu'il détestait.
Pourtant, il savait aussi qu'il avait besoin d'extérioriser tout ça. C'était sorti sous le coup de la colère face à Monsieur Khan, et il avait ensuite été bien incapable d'empêcher les larmes de couler. Il ne voulait plus que ça arrive. D'un geste nerveux, il replaça sa casquette correctement. Il semblait chercher du regard quelque chose à faire pour le sortir de là. Mais finalement, il se contenta de revenir s'asseoir.
- Mon père s'en fout. Il sera même pas au courant, finit-il par avouer en serrant ses poings sur son pantalon d'uniforme, les yeux obstinément fixé sur la table, et les mâchoires étonnement serrées. Voilà, il le sentait revenir. Ce besoin de hurler jusqu'à en perdre la voix.
5e année RP - Fiche PR - Préfet inRP depuis le 04/11/2050
Reelijah 4ever - Prince des Flammes - Préfubbies soleil
Reelijah 4ever - Prince des Flammes - Préfubbies soleil
And yet I smile
Hyacinthe sentit quelque chose se déplacer en lui lorsque le garçon affirma, avec ce sérieux inattendu qui apparaissait parfois dans ses yeux, qu’il préférait qu'il soit pleinement honnête avec lui. Il y avait, dans cette demande, une forme de confiance qui transparaissait comme jamais acquise, mais qui se formait comme un pari avec son entourage. Le roux prit le temps d'accueillir la portée de ces mots. Elijah le fixait comme si tout son corps s’était suspendu autour de cette question-là, de cette demande précise, et Hyacinthe comprit qu’il ne pouvait y répondre avec légèreté.
Un léger rire lui échappa pourtant lorsque le garçon ajouta que sinon, c’était un peu de la triche. Oui, évidemment. C'était une logique si simple. Il exigeait des autres ce qu’il appliquait lui-même avec cette manière directe et immédiate d’être au monde. C’était un rapport tout à fait horizontale, dépourvue de hiérarchie affective, qui n’avait rien à voir avec le cadre professionnel où Hyacinthe devait normalement se contenir. Il pouvait malgré cela se permettre une certaine flexibilité, et si cela ne lui demandait que la vérité... il n'allait pas s'en plaindre.
- Très bien. Je comprends. Je vais essayer, alors... d’être plus franc, lorsque je le pourrai, commença-t-il en inclinant légèrement la tête. Peut-être pas tout le temps - parce que mon rôle demande parfois de prendre soin de la manière dont je m’exprime - mais je vais faire de mon mieux pour que ce ne soit pas... de la triche.
Puis la conversation glissa vers les activités du garçon. Le ton changeait, se faisait plus léger, et Hyacinthe l’accueillit avec soulagement. Il hocha doucement la tête lorsque l’adolescent parla du surf, du skatepark, de la console qu’il avait parfois l’occasion d’utiliser, avant de froncer très légèrement les sourcils à la mention des "nerf". Le mot lui évoquait vaguement quelque chose, sans parvenir à mettre une image dessus. (il n'avait jamais vraiment croisé de nerf pendant son enfance, de toute façon.)
- Le surf et le skate, vous en faites depuis longtemps ? Et souvent, avant de venir ici ? Cela semble vous plaire énormément.
Il hésita une seconde, voulant presque rajouter une précision vis-à-vis de ces "nerf", mais se coupa dans son élan en percevant le changement subtil, puis brusque, de la posture du Poufsouffle. La rigidité des épaules, la casquette réajustée comme un geste réflexe, la mâchoire crispée... et surtout le silence soudain, lourd d’une tension intérieure qu’il connaissait désormais trop bien.
Le père était donc bel et bien un sujet difficile. Cela ne découragea pas Hyacinthe, quant bien même la phrase que le garçon lâcha ait été aussi nette qu'une lame. Le psychomage ressentit une contraction discrète au creux de la poitrine, surtout qu'il n'était pas difficile pour lui de faire le lien avec ses propres problèmes avec son père. Il se devina alors une certaine compassion, un certain respect pour ce garçon qui luttait pour ne pas se laisser déborder.
Il ne répondit pas tout de suite, préférant se concentrer quelques instants sur sa propre tasse et sur le goût de son thé. Le trentenaire en profitait également pour laisser à Elijah un espace où respirer, sans avoir l'impression d'être scruté en l'attente de plus d'informations.
Son regard se posa calmement sur les poings serrés du garçon et sur la tension contenue, alors il se décida enfin à répondre.
- Je vois que... c’est un sujet important pour vous. Peut-être même difficile, dit-il finalement d’une voix basse, douce. Je ne vous force pas à en parler si cela vous met mal à l'aise, Elijah. J'insiste.
Il réfléchit un instant, guidé par l’expérience autant que par son instinct. Elijah avait parfois besoin de mots ; parfois, il avait surtout besoin d’un exutoire qui ne passait pas par la parole.
- Mais si vous vous en sentez capable, je vous encourage à le faire. Pas nécessairement par la parole, soyez libre de faire comme bon vous semble. Bougez, serrez quelque chose dans vos mains, si cela vous aide à vous gérer : vous pouvez prendre les coussins, ou je peux aller vous chercher un plaid. Tout me conviendra.
Il songea à la séance de groupe qu'il avait préparé pour la semaine suivante et au lien évident entre l'attention et la gestion des émotions. Hyacinthe espérait toujours que le Poufsouffle s'y rendrait, songeant aux bienfaits qu'une telle opportunité pourrait avoir sur lui. Puis, dans un souffle plus doux encore, le roux poursuivit.
- Vous n’avez pas à garder tout cela seul si cela vous fait mal. Je serai honoré d'entendre ce que vous avez sur le cœur.
Il demeura immobile, attentif, prêt à accueillir ce qui viendrait, que ce soit une avalanche d'émotions, une réaction de repli ou le silence, peut-être.
Un léger rire lui échappa pourtant lorsque le garçon ajouta que sinon, c’était un peu de la triche. Oui, évidemment. C'était une logique si simple. Il exigeait des autres ce qu’il appliquait lui-même avec cette manière directe et immédiate d’être au monde. C’était un rapport tout à fait horizontale, dépourvue de hiérarchie affective, qui n’avait rien à voir avec le cadre professionnel où Hyacinthe devait normalement se contenir. Il pouvait malgré cela se permettre une certaine flexibilité, et si cela ne lui demandait que la vérité... il n'allait pas s'en plaindre.
- Très bien. Je comprends. Je vais essayer, alors... d’être plus franc, lorsque je le pourrai, commença-t-il en inclinant légèrement la tête. Peut-être pas tout le temps - parce que mon rôle demande parfois de prendre soin de la manière dont je m’exprime - mais je vais faire de mon mieux pour que ce ne soit pas... de la triche.
Puis la conversation glissa vers les activités du garçon. Le ton changeait, se faisait plus léger, et Hyacinthe l’accueillit avec soulagement. Il hocha doucement la tête lorsque l’adolescent parla du surf, du skatepark, de la console qu’il avait parfois l’occasion d’utiliser, avant de froncer très légèrement les sourcils à la mention des "nerf". Le mot lui évoquait vaguement quelque chose, sans parvenir à mettre une image dessus. (il n'avait jamais vraiment croisé de nerf pendant son enfance, de toute façon.)
- Le surf et le skate, vous en faites depuis longtemps ? Et souvent, avant de venir ici ? Cela semble vous plaire énormément.
Il hésita une seconde, voulant presque rajouter une précision vis-à-vis de ces "nerf", mais se coupa dans son élan en percevant le changement subtil, puis brusque, de la posture du Poufsouffle. La rigidité des épaules, la casquette réajustée comme un geste réflexe, la mâchoire crispée... et surtout le silence soudain, lourd d’une tension intérieure qu’il connaissait désormais trop bien.
Le père était donc bel et bien un sujet difficile. Cela ne découragea pas Hyacinthe, quant bien même la phrase que le garçon lâcha ait été aussi nette qu'une lame. Le psychomage ressentit une contraction discrète au creux de la poitrine, surtout qu'il n'était pas difficile pour lui de faire le lien avec ses propres problèmes avec son père. Il se devina alors une certaine compassion, un certain respect pour ce garçon qui luttait pour ne pas se laisser déborder.
Il ne répondit pas tout de suite, préférant se concentrer quelques instants sur sa propre tasse et sur le goût de son thé. Le trentenaire en profitait également pour laisser à Elijah un espace où respirer, sans avoir l'impression d'être scruté en l'attente de plus d'informations.
Son regard se posa calmement sur les poings serrés du garçon et sur la tension contenue, alors il se décida enfin à répondre.
- Je vois que... c’est un sujet important pour vous. Peut-être même difficile, dit-il finalement d’une voix basse, douce. Je ne vous force pas à en parler si cela vous met mal à l'aise, Elijah. J'insiste.
Il réfléchit un instant, guidé par l’expérience autant que par son instinct. Elijah avait parfois besoin de mots ; parfois, il avait surtout besoin d’un exutoire qui ne passait pas par la parole.
- Mais si vous vous en sentez capable, je vous encourage à le faire. Pas nécessairement par la parole, soyez libre de faire comme bon vous semble. Bougez, serrez quelque chose dans vos mains, si cela vous aide à vous gérer : vous pouvez prendre les coussins, ou je peux aller vous chercher un plaid. Tout me conviendra.
Il songea à la séance de groupe qu'il avait préparé pour la semaine suivante et au lien évident entre l'attention et la gestion des émotions. Hyacinthe espérait toujours que le Poufsouffle s'y rendrait, songeant aux bienfaits qu'une telle opportunité pourrait avoir sur lui. Puis, dans un souffle plus doux encore, le roux poursuivit.
- Vous n’avez pas à garder tout cela seul si cela vous fait mal. Je serai honoré d'entendre ce que vous avez sur le cœur.
Il demeura immobile, attentif, prêt à accueillir ce qui viendrait, que ce soit une avalanche d'émotions, une réaction de repli ou le silence, peut-être.
786 - @Elijah Cooper
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
And yet I smile
Elijah dût réfléchir un instant à la réponse du psychomage concernant la sincérité qu'il lui demandait. Il n'était pas sûr de se satisfaire d'un "lorsque je le pourrai", qui rejoignait un "pas tout le temps" qui ne lui plaisait pas tellement. Il finit cependant par incliner la tête en guise d'accord : rien ne l'empêchait de demander plus un peu plus tard s'il se rendait compte que Monsieur Kyros n'était pas si honnête que ça, et que, décidément, cela ne lui convenait pas.
L'adolescent était cependant ravi de pouvoir parler un peu de ses passions avec l'homme, et se prit à l'imaginer un instant sur une planche, avant de se dire qu'il n'était probablement pas du tout fait pour ça. Un peu comme Niall qu'il avait croisé à Pré-au-Lard l'année précédente.
- J'en fais depuis que j'suis tout petit. Ma mère elle aime pas trop, elle trouve ça dangereux, mais en vrai je me suis jamais rien fait ! Mais je fais pas que du skate au skatepark, j'y vais aussi avec ma trottinette ou mon BMX, c'est trop bien pour faire des figures ! C'est juste qu'ici j'ai juste pu emmener ma planche de skate. J'crois que c'est surfer qui me manque le plus. J'y allais souvent avant, expliqua-t-il en haussant les épaules d'un air résigné.
Il fallait bien dire que c'était là une activité qu'il partageait beaucoup avec son père, en plus de ses amis. C'était bien en voyant son père prendre les vagues lorsqu'il était tout petit qu'il s'était dit qu'il voulait faire la même chose. Grâce à Ed et Wine, il était cependant parvenu à défaire cette activité de la présence paternelle dans son esprit, mais il lui arrivait encore d'y penser. Il aimait attendre les vagues pendant de longues minutes avec lui, en discutant de tout et de rien, en racontant des bêtises plus grosses que lui, et en s'éclaboussant mutuellement.
Mais tout cela n'arriverait plus. Exactement comme le reste. Il avait l'impression que tous les souvenirs qu'il avait avec son père n'étaient finalement que d'énormes mensonges. Comme s'ils n'avaient jamais vraiment existé ailleurs que dans son esprit. Parce que son père n'était pas vrai. Il ne l'aimait pas réellement à ces moments-là. Il faisait ce qu'il avait à faire, aimait probablement ce qu'il croyait qu'Elijah était, jusqu'à ce que tout s'écroulât peu après ses onze ans. Et au-delà de l'abandon, la trahison pesait lourd elle aussi.
Alors oui, c'était un sujet important et difficile. Si difficile qu'il ne parvenait pas à en parler. Que les mots restaient coincés dans sa gorge, tandis que ses lèvres restaient scellées et que ses poings se serraient plus encore sur son pantalon, à en pincer la peau douloureusement sans même qu'il ne s'en rendît compte. Parce qu'il n'avait pas besoin de serrer un coussin ou un plaid. Il n'avait pas besoin de bouger, il avait juste besoin de hurler de toutes ses forces, et de tout casser autour de lui pour espérer sortir un peu de cette colère qui le rongeait de l'intérieur.
Or, il ne pouvait pas faire ça ici. Il appréciait bien trop le psychomage pour risquer de casser son bureau. Ou pour lui hurler dessus. Ou simplement le rendre témoin de toute cette volonté destructrice qu'il avait au fond de lui. Il se prit la tête entre les mains, et il serra si fort que ses doigts blanchirent sur sa casquette, enserrant son crâne dans un étau, comme pour mieux pouvoir contenir ce qui s'y trouvait.
Il voulait en parler. Il voulait se décharger de tout ce qu'il avait sur le coeur. Mais les mots ne venaient pas, et les seuls actes qui auraient pu les faire venir étaient tout simplement inconcevables à réaliser dans ce lieu qu'il respectait, et devant cet homme qu'il était venu à apprécier. Un instant, il essaya de compter calmement dans sa tête. Exactement comme il faisait quand il était plus jeune pour contrôler ses angoisses. Malheureusement, sa colère ne lui laissait pas assez d'espace pour y parvenir. Il se donna un coup derrière le crâne, comme si cela pouvait l'aider à remettre ses idées en place. Mais ça ne fit rien d'autre que l'inciter à recommencer un peu plus fort. Et encore, plusieurs fois, comme s'il ne pouvait plus s'arrêter. Comme s'il avait besoin d'extérioriser par la violence, et qu'il préférait cette solution qui ne le blessait que lui, à l'idée de s'en prendre au bureau de Hyacinthe.
L'adolescent était cependant ravi de pouvoir parler un peu de ses passions avec l'homme, et se prit à l'imaginer un instant sur une planche, avant de se dire qu'il n'était probablement pas du tout fait pour ça. Un peu comme Niall qu'il avait croisé à Pré-au-Lard l'année précédente.
- J'en fais depuis que j'suis tout petit. Ma mère elle aime pas trop, elle trouve ça dangereux, mais en vrai je me suis jamais rien fait ! Mais je fais pas que du skate au skatepark, j'y vais aussi avec ma trottinette ou mon BMX, c'est trop bien pour faire des figures ! C'est juste qu'ici j'ai juste pu emmener ma planche de skate. J'crois que c'est surfer qui me manque le plus. J'y allais souvent avant, expliqua-t-il en haussant les épaules d'un air résigné.
Il fallait bien dire que c'était là une activité qu'il partageait beaucoup avec son père, en plus de ses amis. C'était bien en voyant son père prendre les vagues lorsqu'il était tout petit qu'il s'était dit qu'il voulait faire la même chose. Grâce à Ed et Wine, il était cependant parvenu à défaire cette activité de la présence paternelle dans son esprit, mais il lui arrivait encore d'y penser. Il aimait attendre les vagues pendant de longues minutes avec lui, en discutant de tout et de rien, en racontant des bêtises plus grosses que lui, et en s'éclaboussant mutuellement.
Mais tout cela n'arriverait plus. Exactement comme le reste. Il avait l'impression que tous les souvenirs qu'il avait avec son père n'étaient finalement que d'énormes mensonges. Comme s'ils n'avaient jamais vraiment existé ailleurs que dans son esprit. Parce que son père n'était pas vrai. Il ne l'aimait pas réellement à ces moments-là. Il faisait ce qu'il avait à faire, aimait probablement ce qu'il croyait qu'Elijah était, jusqu'à ce que tout s'écroulât peu après ses onze ans. Et au-delà de l'abandon, la trahison pesait lourd elle aussi.
Alors oui, c'était un sujet important et difficile. Si difficile qu'il ne parvenait pas à en parler. Que les mots restaient coincés dans sa gorge, tandis que ses lèvres restaient scellées et que ses poings se serraient plus encore sur son pantalon, à en pincer la peau douloureusement sans même qu'il ne s'en rendît compte. Parce qu'il n'avait pas besoin de serrer un coussin ou un plaid. Il n'avait pas besoin de bouger, il avait juste besoin de hurler de toutes ses forces, et de tout casser autour de lui pour espérer sortir un peu de cette colère qui le rongeait de l'intérieur.
Or, il ne pouvait pas faire ça ici. Il appréciait bien trop le psychomage pour risquer de casser son bureau. Ou pour lui hurler dessus. Ou simplement le rendre témoin de toute cette volonté destructrice qu'il avait au fond de lui. Il se prit la tête entre les mains, et il serra si fort que ses doigts blanchirent sur sa casquette, enserrant son crâne dans un étau, comme pour mieux pouvoir contenir ce qui s'y trouvait.
Il voulait en parler. Il voulait se décharger de tout ce qu'il avait sur le coeur. Mais les mots ne venaient pas, et les seuls actes qui auraient pu les faire venir étaient tout simplement inconcevables à réaliser dans ce lieu qu'il respectait, et devant cet homme qu'il était venu à apprécier. Un instant, il essaya de compter calmement dans sa tête. Exactement comme il faisait quand il était plus jeune pour contrôler ses angoisses. Malheureusement, sa colère ne lui laissait pas assez d'espace pour y parvenir. Il se donna un coup derrière le crâne, comme si cela pouvait l'aider à remettre ses idées en place. Mais ça ne fit rien d'autre que l'inciter à recommencer un peu plus fort. Et encore, plusieurs fois, comme s'il ne pouvait plus s'arrêter. Comme s'il avait besoin d'extérioriser par la violence, et qu'il préférait cette solution qui ne le blessait que lui, à l'idée de s'en prendre au bureau de Hyacinthe.
5e année RP - Fiche PR - Préfet inRP depuis le 04/11/2050
Reelijah 4ever - Prince des Flammes - Préfubbies soleil
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And yet I smile
Hyacinthe écoutait les vibrations d'Elijah avec un plaisir non feint. Le surf, le BMX, les vagues et l’air salé, tout était quelque chose qui le détendait un peu plus à chaque phrase. Peut-être n'était-il pas un grand amateur d'activité sportive, mais la plage, ça, il connaissait. Il avait certainement profité des avantages de la vie en ville côtière pendant toutes ces années en Grèce. Le trentenaire imaginait aisément, notamment grâce à l’énergie qu’Elijah dégageait lorsque le sujet touchait à ses passions.
- Ça doit être tout un univers... surtout le surf, c'est un sport très prenant ! J'ai vécu près de la mer, il y avait régulièrement des surfeurs là-bas, murmura-t-il avec un sourire. Il y avait quelque chose de tellement libre dans tout ça que cela poussa le roux à poursuivre. Cela doit vous plaire d'avoir tant d'espace pour expérimenter différentes activités.
Il aurait pu continuer longtemps et décider de centrer la séance sur les goûts et activités d'Elijah. Poser des questions sur les figures, sur l'extérioration émotionnelle, sur l’élan, sur cette énergie qui caractérisait tant le Poufsouffle. Il en avait envie. Parler de ce genre de choses avec lui était toujours un moment lumineux. Hyacinthe n'en eut cependant pas le temps, puisque la conversation changea du tout et pour tout en quelques instants.
Brutalement.
Hyacinthe vit la respiration d’Elijah se réduire, comme si l’air lui manquait soudain. Il vit ses épaules remonter à cause de la tension, ses poings se serrer jusqu'à ce que ses doigts blanchissent. L'ensemble de son corps semblait montrer à quel point il était en train de se renfermer, à quel point le sujet était lourd pour lui. Le psychomage ne voulait pas empiéter sur lui, mais dès qu'il commença à se tenir la tête avec une telle force, cette volonté s'effondra pour laisser place à l'inquiétude.
Puis, il entendit.
Le tap sourd du coup derrière la tête.
Le bruit fut si sec et si soudain qu’un frisson glacé remonta la colonne de Hyacinthe. Avant même qu’il puisse penser, son corps avait déjà réagi ; il se leva d’un mouvement trop rapide pour être mesuré et se rapprocha lentement d'Elijah.
Un autre coup retentit, puis un autre. Et un autre.
La panique monta en lui d’un seul coup, son cœur se mit à battre plus vite, sa gorge se serra. Un souffle lourd échappa de sa poitrine tant il détestait ce qu'il voyait chez ce garçon pourtant si souriant. Il ne pouvait certainement pas, que ce soit en tant que professionnel ou qu'être humain, le laisser se blesser ainsi. Jamais tant qu'il pouvait faire quelque chose.
- Elijah...
Hyacinthe s'agenouilla de façon à se retrouver face au brun et posa doucement sa main gauche sur l'épaule du garçon, comme pour en jauger la réaction. L'autre se glissa autour de son poignet, sans serrer, juste assez pour le décourager de lancer un nouveau coup. Le roux ponctua chacun de ses mouvements de murmures doux indiquant à Elijah ce qu'il faisait, ne voulant surtout pas le prendre par surprise dans une telle situation. Ses pouces bougeaient naturellement de façon circulaire pour tenter de le calmer, et Hyacinthe ne pouvait que sentir la tension vibrer sous ses doigts, comme si Elijah brûlait de l’intérieur.
- Hé... doucement. Doucement, Elijah.
Hyacinthe sentait sa propre inquiétude remonter comme une marée. Il n’était pas affolé par manque de sang-froid, mais parce qu’il craignait que le garçon ne se fasse mal.
- Vous sentez-vous capable de me regarder ? Juste une seconde. Ne forcez pas. Il attendit la moindre réaction de la part de son patient, avant de reprendre. Respirez avec moi. Vous n'avez rien à expliquer, ni à justifier. Prenez votre temps.
Sa voix vibrait d’une douceur ferme, d’une urgence contenue. Il inspira lentement, profondément, en exagérant le mouvement pour offrir un modèle.
- Vous êtes en train de vous faire mal, Elijah. Je... je ne peux pas vous laisser faire une telle chose. Vous n’êtes pas obligé de parler si ça coince, ce n'est pas grave. Mais je ne veux pas que vos émotions vous incitent à vous blesser de cette façon.
Le roux pensa aux crises qu’il avait déjà vues, aux siennes (qui avaient déjà été pour le moins similaire), et aux façons dont il pouvait essayer d'encourager Elijah à s'appuyer sur lui. Hyacinthe restait tout près, prêt à intervenir si le Poufsouffle tentait de se frapper à nouveau, prêt à absorber l’impact s’il explosait, prêt à ne pas bouger si le garçon préférait s’effondrer. Il poursuivit ses mouvements de doigts sur son épaule pour tenter de l'ancrer par le contact.
- Ça doit être tout un univers... surtout le surf, c'est un sport très prenant ! J'ai vécu près de la mer, il y avait régulièrement des surfeurs là-bas, murmura-t-il avec un sourire. Il y avait quelque chose de tellement libre dans tout ça que cela poussa le roux à poursuivre. Cela doit vous plaire d'avoir tant d'espace pour expérimenter différentes activités.
Il aurait pu continuer longtemps et décider de centrer la séance sur les goûts et activités d'Elijah. Poser des questions sur les figures, sur l'extérioration émotionnelle, sur l’élan, sur cette énergie qui caractérisait tant le Poufsouffle. Il en avait envie. Parler de ce genre de choses avec lui était toujours un moment lumineux. Hyacinthe n'en eut cependant pas le temps, puisque la conversation changea du tout et pour tout en quelques instants.
Brutalement.
Hyacinthe vit la respiration d’Elijah se réduire, comme si l’air lui manquait soudain. Il vit ses épaules remonter à cause de la tension, ses poings se serrer jusqu'à ce que ses doigts blanchissent. L'ensemble de son corps semblait montrer à quel point il était en train de se renfermer, à quel point le sujet était lourd pour lui. Le psychomage ne voulait pas empiéter sur lui, mais dès qu'il commença à se tenir la tête avec une telle force, cette volonté s'effondra pour laisser place à l'inquiétude.
Puis, il entendit.
Le tap sourd du coup derrière la tête.
Le bruit fut si sec et si soudain qu’un frisson glacé remonta la colonne de Hyacinthe. Avant même qu’il puisse penser, son corps avait déjà réagi ; il se leva d’un mouvement trop rapide pour être mesuré et se rapprocha lentement d'Elijah.
Un autre coup retentit, puis un autre. Et un autre.
La panique monta en lui d’un seul coup, son cœur se mit à battre plus vite, sa gorge se serra. Un souffle lourd échappa de sa poitrine tant il détestait ce qu'il voyait chez ce garçon pourtant si souriant. Il ne pouvait certainement pas, que ce soit en tant que professionnel ou qu'être humain, le laisser se blesser ainsi. Jamais tant qu'il pouvait faire quelque chose.
- Elijah...
Hyacinthe s'agenouilla de façon à se retrouver face au brun et posa doucement sa main gauche sur l'épaule du garçon, comme pour en jauger la réaction. L'autre se glissa autour de son poignet, sans serrer, juste assez pour le décourager de lancer un nouveau coup. Le roux ponctua chacun de ses mouvements de murmures doux indiquant à Elijah ce qu'il faisait, ne voulant surtout pas le prendre par surprise dans une telle situation. Ses pouces bougeaient naturellement de façon circulaire pour tenter de le calmer, et Hyacinthe ne pouvait que sentir la tension vibrer sous ses doigts, comme si Elijah brûlait de l’intérieur.
- Hé... doucement. Doucement, Elijah.
Hyacinthe sentait sa propre inquiétude remonter comme une marée. Il n’était pas affolé par manque de sang-froid, mais parce qu’il craignait que le garçon ne se fasse mal.
- Vous sentez-vous capable de me regarder ? Juste une seconde. Ne forcez pas. Il attendit la moindre réaction de la part de son patient, avant de reprendre. Respirez avec moi. Vous n'avez rien à expliquer, ni à justifier. Prenez votre temps.
Sa voix vibrait d’une douceur ferme, d’une urgence contenue. Il inspira lentement, profondément, en exagérant le mouvement pour offrir un modèle.
- Vous êtes en train de vous faire mal, Elijah. Je... je ne peux pas vous laisser faire une telle chose. Vous n’êtes pas obligé de parler si ça coince, ce n'est pas grave. Mais je ne veux pas que vos émotions vous incitent à vous blesser de cette façon.
Le roux pensa aux crises qu’il avait déjà vues, aux siennes (qui avaient déjà été pour le moins similaire), et aux façons dont il pouvait essayer d'encourager Elijah à s'appuyer sur lui. Hyacinthe restait tout près, prêt à intervenir si le Poufsouffle tentait de se frapper à nouveau, prêt à absorber l’impact s’il explosait, prêt à ne pas bouger si le garçon préférait s’effondrer. Il poursuivit ses mouvements de doigts sur son épaule pour tenter de l'ancrer par le contact.
765 - @Elijah Cooper
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
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And yet I smile
Elijah ne voyait ni n'entendait plus Hyacinthe. Il s'était totalement renfermé sur lui-même, jusqu'à sa position presque recroquevillée, comme si ça pouvait l'aider à garder ses émotions bien enfouies plutôt qu'à les laisser exploser. Mais il était évident qu'elles sortaient malgré tout. D'une façon qu'il n'avait encore jamais expérimenté jusqu'à présent, et dont il ne prenait pas encore pleinement conscience tellement elle n'était qu'une réponse à un trop-plein qu'il ne parvenait plus à contenir.
Ce ne fut que lorsque le psychomage posa sa main sur son épaule et saisit son poignet qu'il se rendit compte de ce qu'il faisait. L'air se bloqua dans sa gorge, sous cette réalisation, et relever les yeux vers Monsieur Kyros lui demanda un effort énorme. Par réflexe, il vint s'accrocher aux avant-bras de l'homme. Sa poigne était probablement trop forte pour ne pas être désagréable, mais il était évident qu'il n'y avait là aucune volonté de faire mal, simplement de s'y agripper comme à une bouée de sauvetage. Et c'était bien ce qu'il voulait : qu'il le sauvât.
Tandis qu'il essayait tant bien que mal de respirer en rythme, il ne parvint qu'à ralentir très légèrement son rythme, dans des inspirations saccadées par des sanglots qui restaient pourtant bien à l'intérieur. Parce que les yeux d'Elijah étaient toujours désespérément secs. Il y avait cependant au fond une demande silencieuse et désespérée de ne pas le laisser avec ça, en plus de cette douleur qu'il cachait en permanence derrière ses sourires, et qui n'avait rien de physique.
Il lui fallut longtemps pour parvenir à se calmer suffisamment pour revenir dans l'instant présent. Son corps était si tendu qu'il en était devenu douloureux. Il baissa les yeux sur ses mains, refermées autour des avant-bras du psychomage, et le lâcha subitement.
- Désolé... Pardon M'sieur, murmura-t-il d'une voix à peine audible.
A cause de lui, l'adulte s'était agenouillé au sol. Il était là, plus présent et plus fiable que son propre père alors même qu'il ne le connaissait pas. Pourquoi ?
- J'veux en parler, c'est juste que j'y arrive pas, parvint-il à articuler difficilement. Il ne le regardait plus dans les yeux et se contentait de fixer le sol, gardant l'homme dans sa vision périphérique pour continuer de profiter de sa proximité sans pour autant le regarder directement.
Il ignorait pourquoi les mots refusaient de sortir à ce sujet. Pourquoi il était ainsi condamné à porter ce fardeau seul alors qu'il pesait si lourd sur ses épaules. Il se saisit alors du coussin à côté de lui pour le serrer de toutes ses forces. Mais rien n'y faisait.
- J'ai envie d'casser des trucs... Ou d'crier... Mais j'veux pas être comme ça M'sieur, j'veux pas être... violent. Mais le mot ne venait pas, il refusait de se l'apposer, parce qu'il le détestait. Tout comme il détestait sa colère et sa tristesse. Il secoua alors la tête de gauche à droite. J'déteste ce que ça fait d'moi, avoua-t-il finalement d'une voix brisée.
Ce ne fut que lorsque le psychomage posa sa main sur son épaule et saisit son poignet qu'il se rendit compte de ce qu'il faisait. L'air se bloqua dans sa gorge, sous cette réalisation, et relever les yeux vers Monsieur Kyros lui demanda un effort énorme. Par réflexe, il vint s'accrocher aux avant-bras de l'homme. Sa poigne était probablement trop forte pour ne pas être désagréable, mais il était évident qu'il n'y avait là aucune volonté de faire mal, simplement de s'y agripper comme à une bouée de sauvetage. Et c'était bien ce qu'il voulait : qu'il le sauvât.
Tandis qu'il essayait tant bien que mal de respirer en rythme, il ne parvint qu'à ralentir très légèrement son rythme, dans des inspirations saccadées par des sanglots qui restaient pourtant bien à l'intérieur. Parce que les yeux d'Elijah étaient toujours désespérément secs. Il y avait cependant au fond une demande silencieuse et désespérée de ne pas le laisser avec ça, en plus de cette douleur qu'il cachait en permanence derrière ses sourires, et qui n'avait rien de physique.
Il lui fallut longtemps pour parvenir à se calmer suffisamment pour revenir dans l'instant présent. Son corps était si tendu qu'il en était devenu douloureux. Il baissa les yeux sur ses mains, refermées autour des avant-bras du psychomage, et le lâcha subitement.
- Désolé... Pardon M'sieur, murmura-t-il d'une voix à peine audible.
A cause de lui, l'adulte s'était agenouillé au sol. Il était là, plus présent et plus fiable que son propre père alors même qu'il ne le connaissait pas. Pourquoi ?
- J'veux en parler, c'est juste que j'y arrive pas, parvint-il à articuler difficilement. Il ne le regardait plus dans les yeux et se contentait de fixer le sol, gardant l'homme dans sa vision périphérique pour continuer de profiter de sa proximité sans pour autant le regarder directement.
Il ignorait pourquoi les mots refusaient de sortir à ce sujet. Pourquoi il était ainsi condamné à porter ce fardeau seul alors qu'il pesait si lourd sur ses épaules. Il se saisit alors du coussin à côté de lui pour le serrer de toutes ses forces. Mais rien n'y faisait.
- J'ai envie d'casser des trucs... Ou d'crier... Mais j'veux pas être comme ça M'sieur, j'veux pas être... violent. Mais le mot ne venait pas, il refusait de se l'apposer, parce qu'il le détestait. Tout comme il détestait sa colère et sa tristesse. Il secoua alors la tête de gauche à droite. J'déteste ce que ça fait d'moi, avoua-t-il finalement d'une voix brisée.
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Reelijah 4ever - Prince des Flammes - Préfubbies soleil
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Hyacinthe resta à sa hauteur, sans chercher à se relever ni à reprendre la distance que la bienséance aurait pu exiger. À cet instant précis, il ne se préoccupait plus tant de poursuivre la conversation que de soutenir ll sentit encore, dans ses avant-bras, la trace de la poigne d’Elijah. Ce n'était pas vraiment douloureux, Hyacinthe n'était pas dans l'optique de penser à ses propres sensations. Son esprit était surtout tourné vers la détresse brute et instinctive qui avait saisi le Poufsouffle. Il avait l'impression que le brun était en train de se noyer, et qu'il essayait de rester à la surface par la façon dont il s'agrippait à chaque contact.
Lorsqu’Elijah le lâcha enfin, Hyacinthe ne recula pas. Il demeura là, ancré, posant simplement une main contre le fauteuil pour s’équilibrer. L’autre, de son côté, restait visible et offerte afin que le garçon sache qu'il n'avait rien perdu de sa présence. Le psychomage observa attentivement les signes que son corps donnait malgré lui : les épaules encore hautes, la respiration courte, la tension persistante jusque dans ses doigts... Tout cela parlait bien plus fort que les mots qui refusaient de venir.
- Ce n’est pas grave, murmura-t-il doucement, sans la moindre trace de reproche. L'excuse arriva, fragile et presque honteuse. Vous n’avez rien à vous faire pardonner.
Sa voix était posée, lente, volontairement stable, comme s’il prêtait son propre rythme à celui d’Elijah pour l’aider à retrouver le sien. Il n’essaya pas de forcer le regard, acceptant pleinement cette façon détournée qu’avait le garçon de rester en lien sans affronter directement.
- Vous êtes en train de faire quelque chose de très difficile, poursuivit-il après un court silence. Vouloir parler, et ne pas y arriver... ce n’est pas un échec, ça arrive. Je... je vous assure que ça m'est arrivé un paquet de fois, à moi aussi.
Hyacinthe ricana doucement avec une certaine autodérision. Il inspira lentement, laissant son souffle s’entendre juste assez pour être imité, puis continua, avec une attention presque tangible.
- Cette... colère, c'est bien cela ? Que vous ressentez, l’envie de casser, de crier... je vous assure que cela ne fait pas de vous quelqu'un de violent. Ce sont des signaux. Des alarmes. Votre corps vous dit qu’il y a quelque chose qui déborde, quelque chose qui n’a pas trouvé d’endroit sûr où aller.
Ses traits s’étaient adoucis, mais son regard restait sérieux, profondément respectueux de ce que le garçon traversait. Et pourtant, il était indéniable pour Hyacinthe qu'en lui, quelque chose s’était serré. Un souvenir d'une colère adolescente qui l'avait longtemps rongée, qu'il avait laissé le consumer avec un plaisir malsain. Il avait fallu un sacré moment avant qu'il ne comprenne qu'elle n'était qu'une tentative maladroite de survie.
- Ce que ça fait de vous, reprit-il avec précaution, ce n’est pas ce que vous craignez. Le fait même que vous ne vouliez pas être violent, que vous détestiez cette sensation, que vous soyez ici à essayer de comprendre plutôt que de laisser tout exploser... ça dit exactement l’inverse.
Il marqua une pause, laissant les mots s’installer sans les alourdir davantage.
- Vous n’avez pas besoin de vous forcer. Vous n’avez pas besoin de dire bien, ni dans l’ordre, ni avec les bons mots. Si vous préférez me répondre par oui ou non, cela me convient. Si vous préférez rester silencieux, c'est bon aussi. On peut travailler avec ça... ensemble.
Hyacinthe se redressa très légèrement pour compenser une douleur qui apparaissait petit à petit au bas de son dos, juste assez pour ne plus être penché sur Elijah mais sans rompre cette proximité. Il resta silencieux après cela, volontairement.
Lorsqu’Elijah le lâcha enfin, Hyacinthe ne recula pas. Il demeura là, ancré, posant simplement une main contre le fauteuil pour s’équilibrer. L’autre, de son côté, restait visible et offerte afin que le garçon sache qu'il n'avait rien perdu de sa présence. Le psychomage observa attentivement les signes que son corps donnait malgré lui : les épaules encore hautes, la respiration courte, la tension persistante jusque dans ses doigts... Tout cela parlait bien plus fort que les mots qui refusaient de venir.
- Ce n’est pas grave, murmura-t-il doucement, sans la moindre trace de reproche. L'excuse arriva, fragile et presque honteuse. Vous n’avez rien à vous faire pardonner.
Sa voix était posée, lente, volontairement stable, comme s’il prêtait son propre rythme à celui d’Elijah pour l’aider à retrouver le sien. Il n’essaya pas de forcer le regard, acceptant pleinement cette façon détournée qu’avait le garçon de rester en lien sans affronter directement.
- Vous êtes en train de faire quelque chose de très difficile, poursuivit-il après un court silence. Vouloir parler, et ne pas y arriver... ce n’est pas un échec, ça arrive. Je... je vous assure que ça m'est arrivé un paquet de fois, à moi aussi.
Hyacinthe ricana doucement avec une certaine autodérision. Il inspira lentement, laissant son souffle s’entendre juste assez pour être imité, puis continua, avec une attention presque tangible.
- Cette... colère, c'est bien cela ? Que vous ressentez, l’envie de casser, de crier... je vous assure que cela ne fait pas de vous quelqu'un de violent. Ce sont des signaux. Des alarmes. Votre corps vous dit qu’il y a quelque chose qui déborde, quelque chose qui n’a pas trouvé d’endroit sûr où aller.
Ses traits s’étaient adoucis, mais son regard restait sérieux, profondément respectueux de ce que le garçon traversait. Et pourtant, il était indéniable pour Hyacinthe qu'en lui, quelque chose s’était serré. Un souvenir d'une colère adolescente qui l'avait longtemps rongée, qu'il avait laissé le consumer avec un plaisir malsain. Il avait fallu un sacré moment avant qu'il ne comprenne qu'elle n'était qu'une tentative maladroite de survie.
- Ce que ça fait de vous, reprit-il avec précaution, ce n’est pas ce que vous craignez. Le fait même que vous ne vouliez pas être violent, que vous détestiez cette sensation, que vous soyez ici à essayer de comprendre plutôt que de laisser tout exploser... ça dit exactement l’inverse.
Il marqua une pause, laissant les mots s’installer sans les alourdir davantage.
- Vous n’avez pas besoin de vous forcer. Vous n’avez pas besoin de dire bien, ni dans l’ordre, ni avec les bons mots. Si vous préférez me répondre par oui ou non, cela me convient. Si vous préférez rester silencieux, c'est bon aussi. On peut travailler avec ça... ensemble.
Hyacinthe se redressa très légèrement pour compenser une douleur qui apparaissait petit à petit au bas de son dos, juste assez pour ne plus être penché sur Elijah mais sans rompre cette proximité. Il resta silencieux après cela, volontairement.
608 - @Elijah Cooper
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Oh si, il avait des choses à se faire pardonner. Il en avait même beaucoup. Au-delà de toutes les bêtises qu'il pouvait faire, il y avait cette sensation de n'être jamais vraiment le bienvenu qui le suivait depuis son arrivée dans le monde magique. Miss Priddy lui avait expliqué dès leur première sortie sur le Chemin de Traverse que les né-moldus comme lui n'étaient pas très bien vus par le Conseil. Et son père s'était chargé de lui faire comprendre qu'être un sorcier n'était pas non plus une heureuse idée. Alors Elijah évoluait en permanence entre deux mondes, dont il peinait à savoir lequel était vraiment le sien et où il pouvait avoir réellement sa place. Ce n'était pas sans lui rappeler son métissage.
Alors il prenait beaucoup de place, pour cacher à quel point il avait aucune idée de là où il pouvait se tenir réellement, se disant qu'en y croyant suffisamment fort, et qu'en faisant suffisamment semblant d'être confiant il le serait réellement. La vérité, c'était qu'il n'était pas bien sûr d'avoir le droit d'exister et qu'il était mort de trouille à l'idée qu'on pût de nouveau l'abandonner, l'ignorer, ou ne voir rien de plus en lui qu'une erreur. Parce qu'il en faisait beaucoup, des erreurs, mais il n'en était pas une, quoi qu'en dît son père.
Il ne releva les yeux vers le psychomage que lorsque ce dernier affirma que ça lui était aussi arrivé, de ne pas parvenir à parler alors même qu'on le voulait. Il semblait chercher dans ce regard l'assurance que c'était bien vrai, qu'il n'était pas le seul à ressentir ça, et à avoir des mots si lourds à dire qu'ils prenaient toute la place dans la gorge sans parvenir à se glisser jusqu'aux lèvres. Il ne savait même pas s'il était plus triste ou en colère. Il y avait bien longtemps qu'il avait cessé de faire la différence entre deux émotions qu'il ressentait en permanence tellement elles étaient imbriquées l'une dans l'autre.
Alors même si ça ne faisait pas de lui quelqu'un de violent, il ignorait comment faire pour se libérer de tout ce poids. Et de cette énergie qui restait, destructrice, évidente, dont il ne savait plus quoi faire, et qu'il ne parviendrait plus à contenir bien longtemps. Quelques secondes s'écoulèrent, silencieuses, alors qu'il essayait désespérément de répondre quelque chose.
- Et si... Et si ça part pas ? Si ça part jamais ? Si j'finis par faire mal à quelqu'un ? A casser des trucs ? Si j'arrive plus à m'en empêcher ? demanda-t-il, visiblement paniqué rien qu'à cette idée.
- Vous avez fait comment vous M'sieur ? demanda-t-il subitement, davantage pour trouver dans la réponse une solution que par curiosité mal placée.
Là où il semblait si à l'aise pour parler de tout et de rien, chaque mot semblait lui demander un effort immense. Sa voix portait à peine, et si Monsieur Kyros ne se trouvait pas si près, probablement ne l'entenderait-il pas. Il prit une profonde inspiration, toujours tremblante.
- Par oui et non je peux, souffla-t-il finalement. Hocher la tête devrait être plus facile que de se torturer avec des mots si douloureux.
Alors il prenait beaucoup de place, pour cacher à quel point il avait aucune idée de là où il pouvait se tenir réellement, se disant qu'en y croyant suffisamment fort, et qu'en faisant suffisamment semblant d'être confiant il le serait réellement. La vérité, c'était qu'il n'était pas bien sûr d'avoir le droit d'exister et qu'il était mort de trouille à l'idée qu'on pût de nouveau l'abandonner, l'ignorer, ou ne voir rien de plus en lui qu'une erreur. Parce qu'il en faisait beaucoup, des erreurs, mais il n'en était pas une, quoi qu'en dît son père.
Il ne releva les yeux vers le psychomage que lorsque ce dernier affirma que ça lui était aussi arrivé, de ne pas parvenir à parler alors même qu'on le voulait. Il semblait chercher dans ce regard l'assurance que c'était bien vrai, qu'il n'était pas le seul à ressentir ça, et à avoir des mots si lourds à dire qu'ils prenaient toute la place dans la gorge sans parvenir à se glisser jusqu'aux lèvres. Il ne savait même pas s'il était plus triste ou en colère. Il y avait bien longtemps qu'il avait cessé de faire la différence entre deux émotions qu'il ressentait en permanence tellement elles étaient imbriquées l'une dans l'autre.
Alors même si ça ne faisait pas de lui quelqu'un de violent, il ignorait comment faire pour se libérer de tout ce poids. Et de cette énergie qui restait, destructrice, évidente, dont il ne savait plus quoi faire, et qu'il ne parviendrait plus à contenir bien longtemps. Quelques secondes s'écoulèrent, silencieuses, alors qu'il essayait désespérément de répondre quelque chose.
- Et si... Et si ça part pas ? Si ça part jamais ? Si j'finis par faire mal à quelqu'un ? A casser des trucs ? Si j'arrive plus à m'en empêcher ? demanda-t-il, visiblement paniqué rien qu'à cette idée.
- Vous avez fait comment vous M'sieur ? demanda-t-il subitement, davantage pour trouver dans la réponse une solution que par curiosité mal placée.
Là où il semblait si à l'aise pour parler de tout et de rien, chaque mot semblait lui demander un effort immense. Sa voix portait à peine, et si Monsieur Kyros ne se trouvait pas si près, probablement ne l'entenderait-il pas. Il prit une profonde inspiration, toujours tremblante.
- Par oui et non je peux, souffla-t-il finalement. Hocher la tête devrait être plus facile que de se torturer avec des mots si douloureux.
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Hyacinthe demeurait là, fidèle à cette immobilité qui, bien loin d’être figée, semblait au contraire vibrer d’une attention entière. Il avait senti dès les premières paroles d’Elijah, combien chaque mot avait été comme arraché. Le roux ne pouvait s’empêcher d’éprouver une profonde empathie, silencieuse mais si forte, face à cette lutte contre tout un monde. Monde extérieur, monde interne... une lutte qui n'était rien d'autre que douloureuse et redoutable.
Il observa un instant les mains jointes d'Elijah, sa posture légèrement inclinée vers lui, et songea au fait qu’il fallait, plus encore que d’habitude, veiller à ne rien brusquer, ne pas le contraindre. Le regard du Poufsouffle, si inquiet et tendu, semblait tenir à lui comme à une bouée en pleine mer. Hyacinthe pensa alors une seconde à ces enfants qui n'avaient pas su s'ils avaient le droit d'exister, qui étaient ballotés entre toutes ces exigences contradictoires, qui devait être ce qu'ils n'étaient pas encore prêt à devenir. Il pensa à lui, bien sûr, à l'écho que tout cela faisait de ses propres souvenirs et à la terrible façon dont il avait géré ses émotions à cette époque de sa vie. Comme Elijah, il avait lui aussi voulu dire, voulu crier, mais les mots s’étaient figés dans sa gorge comme des pierres impossibles à avaler. Et il l'avait fait. Avec colère, avec rancœur, avec haine, avec destruction. Ce n’était pas une comparaison qu’il faisait par vanité, mais par compassion : savoir que l’on avait traversé un désert rendait plus attentif aux signes de soif chez l’autre.
Alors, Hyacinthe releva doucement les yeux vers Elijah, et sa voix, lorsqu’elle s’éleva enfin, demeura posée, mais dans une certaine façon, plus sensible et instable que d'habitude. C'était un moment fragile, et tout ce qui était abordé l'était tout autant.
- Je ne m'inquièterai pas de vous voir perdre ainsi la raison, Elijah. Vous n'avez aucune intention malveillante, et c'est le plus grand rempart qui soit. Bien sûr, il arrive de blesser des gens, de casser des choses... mais c'est ainsi pour chacun d'entre nous, et cela peut se réparer. Cela ne fait pas de vous quelqu'un de violent, simplement quelqu'un qui a besoin d'aide pour apprivoiser ses émotions.
Un léger sourire s’esquissa sur ses lèvres, se voulant complice, alors que le roux prenait une courte inspiration. C'était le moment, non ? De survoler leurs points communs, de soulager en faisant comprendre qu'Elijah n'était pas seul.
- Quand j'étais adolescent, j'étais... en colère. Contre ma famille, notamment, mais contre les autres aussi. Je me sentais coincé, étouffé, et j'ai maladroitement laissé cette colère me guider, commença-t-il avec une certaine distance. Les souvenirs aussi vagues que ceux-ci n'étaient plus douloureux, bien qu'un peu honteux. Il était difficile pour Hyacinthe de se voir, à cette époque, aussi différent d'aujourd'hui. J'ai fait des erreurs, je me suis renfermé, et j'ai repoussé les autres. Je me disais que cette colère était une faiblesse, une faute, presque une honte.
Il prit le temps de respirer tranquillement, le regard perdu derrière l'épaule d'Elijah quelques instants avant de revenir pleinement à lui.
- Ce n'est que bien plus tard que j'ai compris que cette colère venait de la douleur, du sentiment d'injustice qui me rongeait. J'ai appris à l'écouter pour qu'elle ne dirige pas ma vie, et... à faire la paix avec cette partie de moi, avec certains membres de ma famille.
Hyacinthe espérait que ses paroles ne renferment pas son jeune patient. Au contraire, peut-être que savoir qu'il pouvait sortir de cette spirale de pensée le soulagerait. Dans les deux cas, le roux ne s'avouerait jamais que cela lui avait couté, de s'exposer ainsi. Il n'était pas friand de sa vie privée, surtout en ce qui concernait son passé tumultueux. Mais un cadre comme celui-ci était différent, et il doutait qu'Elijah ne pense à raconter ces quelques détails sur tous les toits du château. C'était un point important de la thérapie : la confiance était mutuelle. Si le brun acceptait de partager avec lui, Hyacinthe pouvait se permettre quelques entorses à ses règles de vie, surtout dans de telles situations. Cela ne l'empêchait cependant pas d'être quelque peu chamboulé, même s'il le cachait bien.
- Est-ce que... cela vous... soulage ? Aide ? Nos situations sont bien différentes, et nous sommes même deux personnes très différentes, Elijah, mais... il y a toujours un moyen. C'est ce que je voulais vous dire.
Son regard se posa sur les mains du garçon, attentif, soucieux quant à la façon dont il avait du mal à s'exprimer. Mais les questions fermées faisaient aussi partie de son travail, et le trentenaire n'eut aucun mal à en trouver pour pouvoir avancer. Il se redressa très légèrement et formula, d’une voix claire mais toujours paisible :
- Ce trop plein d'émotions... est-il là depuis l'été ? Avant ?
Il attendit quelques instants, avant de reprendre.
- Est-ce que votre colère à un lien... avec votre père ?
Encore un peu.
- Vous vivez avec votre mère, c'est bien cela ? Vit-il aussi avec vous ?
Chaque question fut posée comme une invitation, sans exigence, destinée à offrir à Elijah un espace sans nécessité de prise de parole. Leur aspect direct pouvait être brusque, Hyacinthe le savait bien. Mais c'était aussi la façon la plus efficace de fonctionner.
Il observa un instant les mains jointes d'Elijah, sa posture légèrement inclinée vers lui, et songea au fait qu’il fallait, plus encore que d’habitude, veiller à ne rien brusquer, ne pas le contraindre. Le regard du Poufsouffle, si inquiet et tendu, semblait tenir à lui comme à une bouée en pleine mer. Hyacinthe pensa alors une seconde à ces enfants qui n'avaient pas su s'ils avaient le droit d'exister, qui étaient ballotés entre toutes ces exigences contradictoires, qui devait être ce qu'ils n'étaient pas encore prêt à devenir. Il pensa à lui, bien sûr, à l'écho que tout cela faisait de ses propres souvenirs et à la terrible façon dont il avait géré ses émotions à cette époque de sa vie. Comme Elijah, il avait lui aussi voulu dire, voulu crier, mais les mots s’étaient figés dans sa gorge comme des pierres impossibles à avaler. Et il l'avait fait. Avec colère, avec rancœur, avec haine, avec destruction. Ce n’était pas une comparaison qu’il faisait par vanité, mais par compassion : savoir que l’on avait traversé un désert rendait plus attentif aux signes de soif chez l’autre.
Alors, Hyacinthe releva doucement les yeux vers Elijah, et sa voix, lorsqu’elle s’éleva enfin, demeura posée, mais dans une certaine façon, plus sensible et instable que d'habitude. C'était un moment fragile, et tout ce qui était abordé l'était tout autant.
- Je ne m'inquièterai pas de vous voir perdre ainsi la raison, Elijah. Vous n'avez aucune intention malveillante, et c'est le plus grand rempart qui soit. Bien sûr, il arrive de blesser des gens, de casser des choses... mais c'est ainsi pour chacun d'entre nous, et cela peut se réparer. Cela ne fait pas de vous quelqu'un de violent, simplement quelqu'un qui a besoin d'aide pour apprivoiser ses émotions.
Un léger sourire s’esquissa sur ses lèvres, se voulant complice, alors que le roux prenait une courte inspiration. C'était le moment, non ? De survoler leurs points communs, de soulager en faisant comprendre qu'Elijah n'était pas seul.
- Quand j'étais adolescent, j'étais... en colère. Contre ma famille, notamment, mais contre les autres aussi. Je me sentais coincé, étouffé, et j'ai maladroitement laissé cette colère me guider, commença-t-il avec une certaine distance. Les souvenirs aussi vagues que ceux-ci n'étaient plus douloureux, bien qu'un peu honteux. Il était difficile pour Hyacinthe de se voir, à cette époque, aussi différent d'aujourd'hui. J'ai fait des erreurs, je me suis renfermé, et j'ai repoussé les autres. Je me disais que cette colère était une faiblesse, une faute, presque une honte.
Il prit le temps de respirer tranquillement, le regard perdu derrière l'épaule d'Elijah quelques instants avant de revenir pleinement à lui.
- Ce n'est que bien plus tard que j'ai compris que cette colère venait de la douleur, du sentiment d'injustice qui me rongeait. J'ai appris à l'écouter pour qu'elle ne dirige pas ma vie, et... à faire la paix avec cette partie de moi, avec certains membres de ma famille.
Hyacinthe espérait que ses paroles ne renferment pas son jeune patient. Au contraire, peut-être que savoir qu'il pouvait sortir de cette spirale de pensée le soulagerait. Dans les deux cas, le roux ne s'avouerait jamais que cela lui avait couté, de s'exposer ainsi. Il n'était pas friand de sa vie privée, surtout en ce qui concernait son passé tumultueux. Mais un cadre comme celui-ci était différent, et il doutait qu'Elijah ne pense à raconter ces quelques détails sur tous les toits du château. C'était un point important de la thérapie : la confiance était mutuelle. Si le brun acceptait de partager avec lui, Hyacinthe pouvait se permettre quelques entorses à ses règles de vie, surtout dans de telles situations. Cela ne l'empêchait cependant pas d'être quelque peu chamboulé, même s'il le cachait bien.
- Est-ce que... cela vous... soulage ? Aide ? Nos situations sont bien différentes, et nous sommes même deux personnes très différentes, Elijah, mais... il y a toujours un moyen. C'est ce que je voulais vous dire.
Son regard se posa sur les mains du garçon, attentif, soucieux quant à la façon dont il avait du mal à s'exprimer. Mais les questions fermées faisaient aussi partie de son travail, et le trentenaire n'eut aucun mal à en trouver pour pouvoir avancer. Il se redressa très légèrement et formula, d’une voix claire mais toujours paisible :
- Ce trop plein d'émotions... est-il là depuis l'été ? Avant ?
Il attendit quelques instants, avant de reprendre.
- Est-ce que votre colère à un lien... avec votre père ?
Encore un peu.
- Vous vivez avec votre mère, c'est bien cela ? Vit-il aussi avec vous ?
Chaque question fut posée comme une invitation, sans exigence, destinée à offrir à Elijah un espace sans nécessité de prise de parole. Leur aspect direct pouvait être brusque, Hyacinthe le savait bien. Mais c'était aussi la façon la plus efficace de fonctionner.
884 - @Elijah Cooper
Psychomage depuis septembre 2050.
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Ses doigts entrelacés se serraient de plus en plus sur ce pauvre coussin qui ne demandait rien à personne mais se trouvait lamentablement écrasé contre le torse de l'adolescent, comme seul et unique rempart face à l'impulsion violente qui le secouait. Et pourtant, Monsieur Kyros lui faisait confiance. Suffisamment pour rester là, juste en face de lui, pour continuer à lui expliquer que ses intentions primaient pleinement sur tout ce qui pouvait advenir.
Le regard perdu d'Elijah sembla trouver un peu plus d'accroche lorsque le psychomage partagea avec lui les affres de sa propre adolescence. Il s'y accrocha avec plus de force encore, laissant les mots l'atteindre. Lui aussi était en colère. Mais il ne savait plus vraiment envers qui. Probablement envers lui-même, majoritairement. Ce qu'il connaissait par coeur, c'était cette sensation de faiblesse qui en découlait. Oui, il avait honte d'être en colère. Parce qu'il n'aimait pas cette sensation, et parce qu'il refusait de la porter sur ceux qui l'entouraient et qui n'avaient nullement mérité d'être des dommages collatéraux. C'était simplement plus facile à dire qu'à faire.
Il ignorait cependant comment vivre avec. Comment faire la paix avec ça, comme il disait. Encore moins comment faire la paix avec son père, parce que s'il y avait bien un parti qui refusait cette paix, ce n'était pas le sien. Mais l'idée que Monsieur Kyros, un adulte qui ne renvoyait rien d'autre que du calme et de la sérénité ait pu être autant en colère le rassurait un peu. Ce n'était pas une condamnation. Simplement un passage.
La gorge gonflée d'émotions, il ne sut vraiment quoi répondre. Il n'était même pas sûr de pouvoir répondre. Mais le psychomage lui vint en aide, lui demandant si cela le soulageait, et il hocha la tête doucement, forçant un sourire sur ses lèvres, qui avait tout d'un remerciement silencieux. L'échange ne se faisait pas dans un seul et unique sens. Il ne fuyait désormais plus le regard de Monsieur Kyros. Il y restait accroché, et commença ses signes de tête. Non, pas depuis l'été. Oui, avant. Une pause à la question sur la colère liée au père. Il pinça ses lèvres, se les mordit à s'en faire mal, avant de hocher la tête avec difficulté. Oui, c'était en lien.
Oui, il vivait avec sa mère. Non, son père ne vivait plus avec eux. Il eut besoin de quelques secondes, mais parvint à articuler quelques mots, comme pour donner davantage de contexte.
- Il est parti quand... J'étais en deuxième année. Il voulait pas que j'vienne ici. Que j'sois... Un sorcier. Ils arrêtaient pas de se disputer, à cause de moi. Alors il est parti, lâcha-t-il d'une voix blanche, presque inaudible. La douleur dans son coeur sembla prendre un peu plus de place. Il serra plus encore le coussin contre lui, avant de se mordre de nouveau les lèvres, comme s'il en avait trop dit.
Le regard perdu d'Elijah sembla trouver un peu plus d'accroche lorsque le psychomage partagea avec lui les affres de sa propre adolescence. Il s'y accrocha avec plus de force encore, laissant les mots l'atteindre. Lui aussi était en colère. Mais il ne savait plus vraiment envers qui. Probablement envers lui-même, majoritairement. Ce qu'il connaissait par coeur, c'était cette sensation de faiblesse qui en découlait. Oui, il avait honte d'être en colère. Parce qu'il n'aimait pas cette sensation, et parce qu'il refusait de la porter sur ceux qui l'entouraient et qui n'avaient nullement mérité d'être des dommages collatéraux. C'était simplement plus facile à dire qu'à faire.
Il ignorait cependant comment vivre avec. Comment faire la paix avec ça, comme il disait. Encore moins comment faire la paix avec son père, parce que s'il y avait bien un parti qui refusait cette paix, ce n'était pas le sien. Mais l'idée que Monsieur Kyros, un adulte qui ne renvoyait rien d'autre que du calme et de la sérénité ait pu être autant en colère le rassurait un peu. Ce n'était pas une condamnation. Simplement un passage.
La gorge gonflée d'émotions, il ne sut vraiment quoi répondre. Il n'était même pas sûr de pouvoir répondre. Mais le psychomage lui vint en aide, lui demandant si cela le soulageait, et il hocha la tête doucement, forçant un sourire sur ses lèvres, qui avait tout d'un remerciement silencieux. L'échange ne se faisait pas dans un seul et unique sens. Il ne fuyait désormais plus le regard de Monsieur Kyros. Il y restait accroché, et commença ses signes de tête. Non, pas depuis l'été. Oui, avant. Une pause à la question sur la colère liée au père. Il pinça ses lèvres, se les mordit à s'en faire mal, avant de hocher la tête avec difficulté. Oui, c'était en lien.
Oui, il vivait avec sa mère. Non, son père ne vivait plus avec eux. Il eut besoin de quelques secondes, mais parvint à articuler quelques mots, comme pour donner davantage de contexte.
- Il est parti quand... J'étais en deuxième année. Il voulait pas que j'vienne ici. Que j'sois... Un sorcier. Ils arrêtaient pas de se disputer, à cause de moi. Alors il est parti, lâcha-t-il d'une voix blanche, presque inaudible. La douleur dans son coeur sembla prendre un peu plus de place. Il serra plus encore le coussin contre lui, avant de se mordre de nouveau les lèvres, comme s'il en avait trop dit.
5e année RP - Fiche PR - Préfet inRP depuis le 04/11/2050
Reelijah 4ever - Prince des Flammes - Préfubbies soleil
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And yet I smile
Hyacinthe arrivait à contenir une certaine crainte, celle que l'équilibre précaire dans lequel Elijah avait réussi à se retrouver ne se brise à nouveau. Il voyait les doigts du garçon s’agripper au coussin jusqu’à en déformer le tissu, et son cœur se serra doucement face à cette étreinte désespérée. Et pourtant... pourtant, le Poufsouffle se prêtait au jeu, il faisait tant d'efforts pour essayer de garder contact avec lui, pour se contrôler. Il avait réussi, malgré sa panique précédente, à s'accrocher aux paroles du roux comme l'on s'accrochait à une rambarde au bord du vide. Le psychomage espérait simplement réussir à l'emmener vers un endroit plus lumineux, il ne voulait pas trahir cette foi fragile qui lui avait été confiée.
Lorsque le garçon parla enfin, sa voix claire traversa la pièce comme un souffle d’hiver. "Il est parti à cause de moi," Hyacinthe a-t-il entendu. Oh. Il voyait le nœud du problème se profiler à l'horizon. Il reconnaissait cette logique cruelle que les enfants inventaient pour survivre : s'il y avait eu rupture, il fallait bien qu’il y eût faute... et qui d’autre que soi pour la porter ?
Il ferma un instant les paupières pour retenir cette tristesse issue d'une empathie trop forte et fit en sorte qu'elle ne déborde pas dans sa voix. Une partie cruelle de lui se réveilla, sans pour autant jamais échapper aux murs de son esprit. Mieux vaut absent que violent. Hyacinthe avait souhaité si souvent qu'Henry s'en aille, un beau matin... Mais le père d'Elijah et le sien étaient probablement très différents, il ne pouvait se permettre de faire de tels rapprochements, sous peine de perturber son apriori. Les individus qui ne comprenaient pas, qu'ils soient sorciers ou moldus, pouvaient être capable de beaucoup de choses irrationnelles, surtout lorsque cela touchait à l'essence même de l'être humain. Néanmoins, il ne fallait pas que cela fasse douter Elijah de lui-même, de sa nature de sorcier, et encore moins du fait qu'il n'était sûrement pas le facteur unique de ce départ. Hyacinthe parla alors avec une douceur extrême, presque un murmure, mais un murmure solide.
- Elijah... je ne connais peut-être pas votre père, mais je suis certain que vous n’avez pas à prendre la responsabilité de son départ.
Il laissa la phrase flotter avec précaution, sachant qu'elle pouvait autant heurter que soulager. Tout dépendait de ce à quoi le garçon pensait, de l'importance qu'il accordait à ce que son ainé lui disait.
- Les disputes entre adultes... reprit-il avec un certain dédain, peuvent porter sur tout un tas de choses. Elles peuvent apporter et amplifier les peurs et fragilités de chacun, et même si le fait que vous soyez un sorcier soit une angoisse pour votre père... ce n'est sûrement pas la seule chose qui l'a poussé à faire ce choix déplorable. Vous n'étiez qu'un adolescent au milieu de tout cela. Et un enfant n'est jamais responsable du choix d’un parent de partir.
Ses yeux se posèrent sur les lèvres du garçon, meurtries sous la morsure, puis sur ses mains crispées ; il songea avec une distance forcée à cette vieille colère qui, jadis, l’avait traversé lui aussi. Non contre Elijah, mais contre le monde, contre ces absences qui laissaient derrière elles des individus blessés qui mettaient parfois une vie entière à guérir. Hyacinthe se rappela ce qu’avait été la sienne, de la fureur, l’injustice, du sentiment d’avoir été tant blessé par quelqu’un qui n’aurait jamais dû faillir. Il n’en parla pas - jamais - mais il sut, en cette seconde précise, qu’il comprenait.
- Vous êtes né dans une famille moldue, comme tant d'autres sorciers avant vous, comme je l'ai été. Je ne vous l'apprend pas, mais être sorcier est aussi normal qu'être moldu, tout comme il existe des individus à la couleur de peau, à la couleur des yeux différentes... Cela ne veut pas dire que l'un est en faute, ou que les deux sont nécessairement incompatibles. Vous ne devez pas vous reprocher l'incompréhension de votre père.
Hyacinthe réajusta sa position, toujours proche d'Elijah. Il prit le temps de réfléchir, de laisser le garçon réfléchir à ce qu'il venait de dire, avant de continuer. Il poursuivit alors, avec un sourire léger, en se centrant cette fois-ci sur le départ plutôt que sur la cause.
- Quand quelqu’un que l’on aime part... cela laissait un vide. Et ce vide cherche une explication. La plus douloureuse, mais aussi la plus simple, consiste à croire que c'est de sa propre faute. Parce que si c'est vous, alors peut-être qu’en changeant, en devenant différent, vous auriez pu empêcher cela. Mais la vérité, Elijah, c’est que ce poids n’aurait jamais dû être posé sur vos épaules. Vous pouvez peut-être changer votre personnalité, vos habitudes... mais vous ne pourrez jamais changer votre nature. Je ne le vous souhaiterai jamais.
La discussion était lourde, mais Hyacinthe décida de prendre un peu plus de recul. Il inclina légèrement la tête, comme pour signifier qu’il recevait ce qu’on venait de lui confier avec respect.
- Je vous remercie d'avoir réussi à m'en parler.
Lorsque le garçon parla enfin, sa voix claire traversa la pièce comme un souffle d’hiver. "Il est parti à cause de moi," Hyacinthe a-t-il entendu. Oh. Il voyait le nœud du problème se profiler à l'horizon. Il reconnaissait cette logique cruelle que les enfants inventaient pour survivre : s'il y avait eu rupture, il fallait bien qu’il y eût faute... et qui d’autre que soi pour la porter ?
Il ferma un instant les paupières pour retenir cette tristesse issue d'une empathie trop forte et fit en sorte qu'elle ne déborde pas dans sa voix. Une partie cruelle de lui se réveilla, sans pour autant jamais échapper aux murs de son esprit. Mieux vaut absent que violent. Hyacinthe avait souhaité si souvent qu'Henry s'en aille, un beau matin... Mais le père d'Elijah et le sien étaient probablement très différents, il ne pouvait se permettre de faire de tels rapprochements, sous peine de perturber son apriori. Les individus qui ne comprenaient pas, qu'ils soient sorciers ou moldus, pouvaient être capable de beaucoup de choses irrationnelles, surtout lorsque cela touchait à l'essence même de l'être humain. Néanmoins, il ne fallait pas que cela fasse douter Elijah de lui-même, de sa nature de sorcier, et encore moins du fait qu'il n'était sûrement pas le facteur unique de ce départ. Hyacinthe parla alors avec une douceur extrême, presque un murmure, mais un murmure solide.
- Elijah... je ne connais peut-être pas votre père, mais je suis certain que vous n’avez pas à prendre la responsabilité de son départ.
Il laissa la phrase flotter avec précaution, sachant qu'elle pouvait autant heurter que soulager. Tout dépendait de ce à quoi le garçon pensait, de l'importance qu'il accordait à ce que son ainé lui disait.
- Les disputes entre adultes... reprit-il avec un certain dédain, peuvent porter sur tout un tas de choses. Elles peuvent apporter et amplifier les peurs et fragilités de chacun, et même si le fait que vous soyez un sorcier soit une angoisse pour votre père... ce n'est sûrement pas la seule chose qui l'a poussé à faire ce choix déplorable. Vous n'étiez qu'un adolescent au milieu de tout cela. Et un enfant n'est jamais responsable du choix d’un parent de partir.
Ses yeux se posèrent sur les lèvres du garçon, meurtries sous la morsure, puis sur ses mains crispées ; il songea avec une distance forcée à cette vieille colère qui, jadis, l’avait traversé lui aussi. Non contre Elijah, mais contre le monde, contre ces absences qui laissaient derrière elles des individus blessés qui mettaient parfois une vie entière à guérir. Hyacinthe se rappela ce qu’avait été la sienne, de la fureur, l’injustice, du sentiment d’avoir été tant blessé par quelqu’un qui n’aurait jamais dû faillir. Il n’en parla pas - jamais - mais il sut, en cette seconde précise, qu’il comprenait.
- Vous êtes né dans une famille moldue, comme tant d'autres sorciers avant vous, comme je l'ai été. Je ne vous l'apprend pas, mais être sorcier est aussi normal qu'être moldu, tout comme il existe des individus à la couleur de peau, à la couleur des yeux différentes... Cela ne veut pas dire que l'un est en faute, ou que les deux sont nécessairement incompatibles. Vous ne devez pas vous reprocher l'incompréhension de votre père.
Hyacinthe réajusta sa position, toujours proche d'Elijah. Il prit le temps de réfléchir, de laisser le garçon réfléchir à ce qu'il venait de dire, avant de continuer. Il poursuivit alors, avec un sourire léger, en se centrant cette fois-ci sur le départ plutôt que sur la cause.
- Quand quelqu’un que l’on aime part... cela laissait un vide. Et ce vide cherche une explication. La plus douloureuse, mais aussi la plus simple, consiste à croire que c'est de sa propre faute. Parce que si c'est vous, alors peut-être qu’en changeant, en devenant différent, vous auriez pu empêcher cela. Mais la vérité, Elijah, c’est que ce poids n’aurait jamais dû être posé sur vos épaules. Vous pouvez peut-être changer votre personnalité, vos habitudes... mais vous ne pourrez jamais changer votre nature. Je ne le vous souhaiterai jamais.
La discussion était lourde, mais Hyacinthe décida de prendre un peu plus de recul. Il inclina légèrement la tête, comme pour signifier qu’il recevait ce qu’on venait de lui confier avec respect.
- Je vous remercie d'avoir réussi à m'en parler.
844 - @Elijah Cooper
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
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