6 oct. 2025, 22:05
Histoires de garçons
Le 17 janvier 2044
En milieu d'après-midi, à Garsington


La neige s'était arrêtée de tomber depuis peu mais le froid restait vif à l'extérieur de la maison, autour de Garsington.

Le jardin autour de la maison de Didler était recouvert de givre, les arbres avaient revêtus un doux manteau blanc, et les carreaux de la fenêtre mêlaient la lumière pâle du jour et la buée dû à l'humidité de la pièce.

A l'intérieur, le salon respirait la chaleur et la joie.

Aujourd'hui, c'était un jour spécial pour un jeune garçon. Thomas fêtait ses six ans, aujourd'hui.

Le salon était décoré de guirlandes argentées, de ballons colorés. La table de la cuisine avait été dressé avec belle nappe où toutes les douceurs préférés du jeune enfant étaient présents.

Un énorme gâteau au chocolat côtoyé des bonbons, eux-mêmes accompagnés de jus de fruit. On pourrait penser que la tablée était prête à accueillir au moins dix personnes mais la réalité rassemblait uniquement trois personnes : Thomas et ses parents.

Ses parents avaient passés la matinée à tout décorer et à cuisiner pour cette fête. Tout avait été fait à la main sans la présence de magie pendant que Thomas leur tournait autour, jouer avec les ballons, ou voler discrètement de la pâte à gâteau.

Le repas était déjà fini et il était temps pour Thomas d'ouvrir ses cadeaux avant de dévorer l'énorme pâtisserie sur la table.

Il prit un des paquets que lui tendait son père. Thomas l'ouvrit rapidement et découvrit un balai-jouet.

C'était un peu l'équivalent des vraies balais qu'on utilisait, notamment au Quidditch mais pour les enfants. Thomas se leva rapidement de sa chaise avec le balai en main. Il sauta dans les bras de son père pour le remercier.

Sans plus attendre, Thomas enjamba son balai avec l'aide de son père et se mit à planer pendant que sa mère les prenait en photo avec un appareil moldu.

Thomas éclatait de rire, ses cheveux en bataille, tandis que le petit balai flottait à quelques centimètres du sol. Son père le suivait évidemment pour le sécuriser.

Sa mère l'appela pour qu'il regarde vers elle, le temps d'immortaliser ce large sourire plaqué sur ses lèvres.

Le visage du jeune garçon rayonnait de joie, tout en lui respirait le bonheur.

Le père de Thomas le fit redescendre pour aller ouvrir ses autres cadeaux. L'enfant bondit donc sur le sol courant pour rejoindre la table.

Mais sa joie était devenu trop grande pour Thomas.
Un pop retentit dans le salon. Puis un second.
Les ballons explosèrent les uns après les autres.

Le garçon resta figé, les yeux ronds, le souffle coupé, tout excitation disparu.

Il crut qu'il avait fait une bêtise en courant.
Thomas regarda instinctivement vers sa mère, cherchant à se rassurer.

Il put observer le sourire attendri ce qui le calma rapidement.

Sa mère s'approcha de lui tandis que son père posa une main sur son épaule. Ses parents avaient tous les deux l'air ravi et Thomas comprit pourquoi lorsque sa mère lui expliqua que c'était sa magie.

Son père plus Serdaigle et plus posé, lui expliqua que les émotions fortes pouvaient faire ressortir notre magie. Alors Thomas en ressentait une telle joie avait permis à sa magie de s'exprimer.

Thomas se dit qu'il avait beaucoup de chances, c'était seulement quelques ballons qui avaient explosés.

Thomas sourit à nouveau à son tour, rassurait par le sourire de ses deux parents.
Il n'aurait pas pu rêver meilleur anniversaire...

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Trésorier sur le navire des AA de PFR

11 déc. 2025, 11:29
Histoires de garçons
Le 24 décembre 2043
En fin d'après-midi,
à Garsington


La neige était tombée sur la campagne anglais. Un visage enfantin pouvait être aperçu à travers les fenêtres d'une petite maison, au premier étage.

Ce jeune garçon regardait la neige tomber depuis quelques minutes. Il trouvait ça vraiment beau, il aurait aimé aller jouer dehors mais ses parents l'avaient envoyé jouer dans sa chambre. Il ne savait pas pourquoi.

Au début, il s'était contenté de prendre quelques uns de ses jouets comme ses dragons, ses super-héros ou ses joueurs de Quidditch, il était parti au bord de sa fenêtre pour profiter du paysage et il avait inventé sa propre histoire : des dragons faisaient la course avec ses figurines de Quidditch. Et c'était toujours son jouet préféré qui gagnait : un super dragon énorme et tout noir avec des piques partout.

Mais plus il jouait et plus il voulait aller jouer dans la neige. L'enfant était excité par la soirée qui devait se préparer en bas. Aujourd'hui, c'était le réveillon de Noël.

Il avait hâte qu'on l'autorise à descendre pour se régaler autant les yeux que les papilles.

Ce moment, il finit par arriver. Sa mère vient le chercher, et sans plus attendre, il se rua dans les escaliers pour descendre à toute vitesse sans écouter la remontrance de sa mère sur le fait de ne pas courir dans les escaliers.

Le garçon arriva dans le salon, illuminé depuis quelques jours avec de nombreuses bougies auxquelles il fallait faire attention parce que ça brûle.

Un beau et grand sapin tronaît près de la cheminée, Thomas souria de toutes ses dents . Sa mère qui l'avait suivi, mit une main sur son épaule. Le petit garçon leva les yeux pour la regarder, content de toutes les décorations qu'il pouvait voir.

Il vit au-dessus de la cheminée trois belles chaussettes de Noël. Ses parents lui avaient expliqués qu'il aurait du chocolat dedans et Thomas n'avait aucun problème à s'en souvenir. Le jeune garçon était très gourmand et se précipita dessus pour regarder dedans.

Sa mère rigola avant de lui dire qu'il était trop impatient et qu'il devait attendre demain.

Son père finit par sortir de la cuisine dans laquelle, il s'était enfermé pour préparer le repas de Noël. Il lui proposa d'aller dehors.

Après s'être habillé chaudement, on ouvrit la porte d'entrée et le petit enfant tomba nez à nez avec une belle couronne de houx sur la porte d'entrée. Il voulut approcher sa main mais son père lui en empêcha directement, Thomas apprit qu'il y avait des épines et qu'il ne fallait pas toucher pour ne pas se faire mal.

Il acquiesa d'un mouvement de tête puis oublia tout pour courir dans la neige.

Après un bon bain chaud, de beaux habits, le repas pouvait commencer. Thomas se lécha les lèvres en voyant une très grosse dinde arrivé. C'était énorme !! Ils pourraient jamais manger tout ça à eux trois !!

Ils passèrent tout de même un bon repas, en finissant par une buche glacé au chocolat qui ravit les papilles du jeune garçon...

Sa mère déclara qu'il était tant d'aller au lit, il tenta de protester mais il s'endormait déjà.

Son père le prit dans ses bras et pendant que sa mère rangeait tout, il le monta dans sa chambre.

Son père l'aida à enfiler son pyjama puis il se glissa sous les couettes.

Ils avaient une tradition, tous les deux, quasiment chaque soir : une histoire.

Le thème de l'histoire variait d'un jour à l'autre mais ce mois-ci, c'était un livre de contes de Noël que son père lui lisait.

Son père s'assit à ses côtés et ouvrit le livre devant eux puis il commença à lire.
Elyor, le renne invisible...


Il était une fois, au pôle Nord, un petit renne un peu spécial. Ce renne s'appelait Elyor et Elyor était magique. Il pouvait devenir invisible.

Mais Elyor était encore un jeune renne alors lorsque le soir de Noël arriva, le Père Noël ne le prit pas pour effectuer sa tournée. Le jeune renne s'éloigna donc des autres rennes et du traineau.

Il était si triste de ne pas rendre les petits enfants, heureux comme les autres le faisaient.

Cette année, il s'était promis d'aider le Père Noël, lui aussi voulait montrer qu'il était utile.

Alors il chassa sa tristesse et se rendit invisible. Lorsque le traîneau décolla, Elyor les suivit discrètement.

Il resta en arriève et se contentt au début de suivre le traîneau.

Mais dans le ciel, la neige et le vent faisait tanguer le Père Noël et ses rennes.

Hop, d'un coup, le sac de cadeaux tombèrent au sol. Ni le Père Noël, ni les rennes ne s'en rendirent compte.

Elyor, lui, l'avait vu. C'était une change pour lui. Il allait pouvoir montrer qu'il allait servir malgré son jeune âge.

Il s'avança à toute vitesse vers le sol où le sac s'était enfoncé dans la neige. Les pattes ancraient dans le sol, il attrapa le haut du sac avec son museau et il tira de toutes ses forces. Après des secondes qui lui parurent être des minutes, il réussit à soulever le sac.

Sans perdre plus de temps, pour ne pas perdre le traineau de Noël, Elyor vola à nouveau vers les nuages.

Il vola le plus vite possible pour rattraper le Père Noël.

Il le trouva, sur un toit d'une maison avec une belle cheminée. Mais aucun cadeau ne pouvait accompagner le Père Noël dans cette cheminée.

Le petit renne se posa sur le toit à côté du Père Noël qui sourit en regardant droit dans les yeux Elyor alors qu'il était toujours invisible.

Elyor réapparu aux yeux de tous et il lâcha le sac aux pieds du gros bonhomme rouge et blanc.

Il fut remercier chaleureusement, grâce à lui, tous les petits enfants sages auront un cadeau sous le sapin.

Cette nuit-là, il put voler avec les autres rennes, la tête haute, fier malgré sa petite taille.

Cette nuit-là, il avait sauvé Noël !
Mots pour le défi "L'expert de Noël"

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Trésorier sur le navire des AA de PFR

11 déc. 2025, 21:22
Histoires de garçons
Orpheus ne se souvenait pas de tout, mais certaines images revenaient toujours avec la même douceur lorsqu’il pensait à Noël. Il revoyait la petite maison d’Inveraray plongée dans la lumière chaude des guirlandes que sa mère accrochait chaque année, même si elles ne brillaient pas toutes très bien. Le vent froid passait entre les murs, mais à l’intérieur, tout semblait paisible.
Il se rappelait particulièrement une soirée, un soir de neige où les ombres dansaient sur les fenêtres comme si elles faisaient partie de l’histoire. Il n’avait pas plus de cinq ans, peut-être six. Il était en pyjama trop grand, les pieds cachés dans des chaussettes épaisses qu’il n’aimait pas mais que sa mère insistait pour qu’il porte. Elle s’était assise au bord de son lit avec un vieux livre à la couverture rouge, abîmé sur les coins. Les Contes d’Hiver du Grand Nord. Un titre qu’il connaissait presque par cœur aujourd’hui.

Chaque année, elle lui lisait la même histoire : celle d’un renard argenté qui voulait attraper une étoile tombée du ciel pour l’offrir à un enfant triste. Une histoire simple, mais qui l’emmenait si loin qu’il avait l’impression d’entendre vraiment le renard courir dans la neige. Sa mère modulait sa voix, parlant doucement, presque comme un sort protecteur. À chaque page, Orpheus glissait un peu plus dans ce monde où la neige brillait comme du verre et où les étoiles pouvaient être touchées si on tendait la main assez haut.

Il attendait ce moment toute l’année. Il ne le disait pas, mais il adorais secrètement retrouver sa mère au pied du sapin raconter cette histoire a sa sœur, ce n'était plus pour lui mais le sourire de sa petite piuthar (soeur) avait suffi a faire disparaitre se manque. À tel point qu’encore aujourd’hui, quand l’hiver approchait et que l’air devenait plus sec, il lui arrivait de repenser à ce renard argenté et de sourire malgré lui, avec cette étrange nostalgie qu’on ne comprend vraiment qu’en grandissant.

Orpheus W.W couleur: #815174

12 déc. 2025, 13:42
Histoires de garçons
Père Noel, raconte-moi une histoire ? - 24 décembre 2042, Tokavaig.


J’aime bien Noël. C’est un peu comme un anniversaire en plus, sauf qu’il n’y a pas de bougies sur le gâteau. Et même les adultes ont un cadeau ce jour-là.
Mais surtout, toute la famille est réunie. Enfin, sauf Grand-père et Grand-mère Warren. Mais ils ne viennent jamais à Noël, alors c’est comme un anniversaire, mais en beaucoup plus joyeux.

Mon moment préféré, c’est juste après le repas, quand Maman, Tante Suzann et Hywell accompagnent Soria sur différentes musiques. Sur quelques chansons, Grand-Ma les accompagne avec sa voix. Maman a mit une feuille de houx dans les cheveux de Soria et dans les siens.
Je suis trop petit pour jouer aussi il paraît, alors je chante avec Grand-Pa, ou je tape dans mes mains. Un jour, moi aussi je jouerai d’un instrument de musique. C’est sur.

Je regarde les grands et petits paquets de toutes les couleurs qui dépassent des chaussettes, avec les rubans enroulés dans tous les sens. Je ne sais pas vraiment ce qu’il y a dedans, mais j’aimerais beaucoup avoir encore des vinyles. Ou un lézard.
Enfin, j’espère quand même qu’il n’est pas enfermé là-dedans.

Et si je n’ai pas ce que je veux ce n’est pas grave, parce que mon anniversaire est pile dans une semaine, et j’aurais encore d’autres cadeaux à ce moment-là. J'espère juste que le sapin sera là encore, parce que j'aime bien mettre mes cadeaux d'anniversaire dessous.
La musique s’arrête, je vois bien que Soria est fatiguée mais je tape dans les mains en demandant une autre.

Encore. Je voudrais que la musique ne s’arrête jamais. Soria me propose d’aller chercher un vinyle pour le mettre en attendant d’aller se coucher, Suzann proteste.
Hywell s’assied à côté de moi sur le sofa prêt de la cheminée, et me montre le tas de livres posés sur la petite table du salon. Maman les a posés là tout à l’heure en disant que cela nous ferait patienter, mais je ne les ai pas encore touchés.

Mon parrain m’en montre plusieurs, je secoue toujours négativement la tête, ceux qu’il me présente ne m’intéresse pas. Surtout l'histoire du Renne bizarre, je ne l'aime pas. Jusqu’au dernier, qu’il a gardé exprès, parce que c’est mon préféré de tous.
Je crois qu’il en a marre de le lire, et moi je le connais par cœur mais je veux quand même l’entendre encore.

Gabriel vient s’asseoir aussi vers nous, en mangeant un morceau de dinde malgré l’interdiction de Papa.
J’écoute attentivement la voix grave d’Hywell, conter l’histoire du facteur Croup.

Reducio
La lettre du père noël
Issu de la version Moldue.


C'est la veille de noël, et la neige recouvre la forêt. Facteur Croup commence sa tournée, la sacoche pleine de lettres.

Mais il va trop vite et... Patatra ! Le voilà qui glisse et tombe à la renverse. « Les lettres ! »
Affolé, Facteur Croup ramasse tout le courrier.

Mais la dernière lettre a été mouillée par la neige, et le dessin de la personne à qui il doit la remettre a été effacée. « À qui dois-je l'apporter ? » Facteur Croup est très embêté, mais il doit continuer.
Alors il distribue toutes ses lettres. D'abord madame Chouette, puis madame Niffleur.

D'ordinaire, Facteur Croup est toujours joyeux, mais aujourd'hui il est un peu triste. « Vous allez bien Facteur Croup ? » demande madame Niffleur. « Vous en faites une tête ! »

Facteur Croup termine sa tournée, et se replia dans un coin de la forêt pour se demander comment faire avec cette lettre à l'adresse effacée. Le Kelpy s'approche, inquiet.

Madame Chouette, le Matagot, le Fléreur, et madame Niffleur entourent Facteur Croup qui montre sa lettre. Derrière, ils s'aperçoivent que c'est le Père Noël qui l'a envoyé. Tous se demandent à qui il peut bien écrire.

Le dessin effacé pouvait faire penser au sac de madame Niffleur, ou au tablier de madame Chouette, ou au bonnet du Kelpy, ou aux bottes du Matagot, ou à l'écharpe du Botruc, ou encore au bonnet et à l'écharpe du Fléreur.
Mais ce dernier remarqua un dessin étrange sur le côté, et reconnu qu'il s'agissait des queues de Facteur Croup.

Facteur Croup ouvrit alors la lettre. Le Père Noël lui demandait de venir le soir même, sous le plus grand sapin de la forêt, pour l'aider à distribuer tous les présents.

Toutes les créatures magiques se pressèrent, accompagnant Facteur Croup, qui arriva juste à temps pour le rendez-vous. Le gros bonhomme l'attendait avec ses rennes et emmena tout le monde voler au-dessus de la forêt.


Mots soulignés pour le défi "L'expert de Noël"

Merci Ernest pour ce magnifique avatar !

14 déc. 2025, 22:38
Histoires de garçons
Image
Reducio
Votre PJ est présent ? Oui
Nom et prénom des PNJs (+ lien avec le PJ) : Michael et Uriel Saul
Lien vers la fiche du PNJ : Index
Intérêt de ce RP pour votre PJ : Simplement développer son enfance

Légendes :
*Pensées*
Gestes / Narration
Paroles de Michael

Dimanche 24 Décembre 2045
Vers 18:26, à Rye, dans le salon


L’odeur de cannelle, cette racine sucrée qui relève le goût de chaque pâtisserie ici. Celle du sapin, acidulée et musquée à la fois. Des bûches, qui craquent les unes après les autres dans la cheminée. J’entends les ronflements du Croup allongé sur le tapis, son poil chocolat brillant à la lumière des guirlandes colorées de l’arbre à ses côtés. Quand au serpent, il doit encore être enroulé autour de la nuque de Michael.
Comme un étranger au milieu du Paradis, assis droit comme un i sur le canapé, je ne bouge pas d’un centimètre. Mes oreilles sont à l’écoute du moindre son, mes yeux d’argent plus tranchants encore qu’à l’orphelinat, analysant les choses de part et d’autres de la maison.
*4 mois, 11 jours, 8 heures et 36 minutes.*
C’est le temps que j’ai passé dans cette maison, avec ce couple marié. Encore maintenant, je m’attends à retourner à l’orphelinat pour toutes sortes de raisons : pas de communication, pas de chaleur, pas de "joie de vivre" qu’un enfant devrait posséder, et surtout apporter à une famille adoptive. Je n’y peux rien, je ne suis pas fais pour tout le monde, c’est un fait indéniable. Mais étrangement, ces deux sorciers n’ont été en aucuns cas envahissants, ou n’ont pas essayés de forcer les choses. Mon regard dévie vers les cadeaux emballés sous le sapin, l’odeur du papier me venant petit à petit. Gentiment, au début du mois de décembre, les deux hommes m’on demandé si je croyais toujours au Père Noël, et puisque ma réponse fut négative, il attendirent patiemment le 24 au soir pour installer les cadeaux sous le sapin.
La magie de Noël, je ne sais pas ce que c’est. Ou plutôt, je ne sais plus. J’essai de m’en rappeler, mais dès qu’une once de chemin vers ma mémoire se construit, un mal de crâne immense me prends au point de me donner des nausées. J’ai préféré ne pas forcer, peut-être qu’un jour, ça reviendra. En tout cas, cette histoire de cadeaux et de boules de verres colorées n’est pas vraiment de ma compréhension. Le principe ? Je ne l’est pas. Quand au partage ? Et bien, je ne l’est pas non plus. Après tout c’est la première fois que je fête Noël.
Pris par mes réflexions, je n’entends pas Uriel s’installer au fourneau, continuant de cuisiner en chantonnant un air de fête. C’est quand je sens un poids à côté de moi que je sors de ma torpeur, Michael et son serpent enroulé autour de sa main.


"Tu sais, tu peux te détendre, on va pas te manger. Ça va, tu n’es pas trop fatigué ? Parce qu’il va falloir que tu tiennes le coup, ici les cadeaux, on les ouvrent à minuit !"

Une fois la règle de politesse levée de mes épaules, j’hésite, mais replie mes jambes sous moi, me mettant confortablement en tailleur sur le canapé. Malgré la fatigue, je refuse de me reposer, effrayé de ce qui pourrait arriver pendant mon sommeil.
*Et si ils me renvoyaient ?*
Je mords ma lèvre, et serre mes mains sur mes genoux, le poids de ma boucle d’oreille comme multiplié par dix. Puis, lentement mais quelque peu surpris, je sens quelque chose de chaud s’enrouler autour de mes épaules, et avant que je ne puisses dire quoique ce soit, je suis blottis contre Michael, son bras enroulé autour de mes épaules et ma tête contre son torse. Sans un mot, mon corps se détends, et mon esprit s’apaise, mon anxiété constante ralentissant son mouvement.
*Peut être pas, en fin de compte.*
Je le sens glisser son petit doigt le long de la courbe de mon nez, faisant papillonner mes paupières. Sa voix douce mais grave résonne jusque dans mes oreilles, me faisant fermer les yeux doucement, mon épuisement s’évaporant comme neige au soleil. J’entends la voix d’Uriel au loin, mais le sommeil me gouverne déjà, Morphée venant gentiment prendre ma main.
La magie de Noël, c’est sûrement ça, au final. Être un enfant, avec une famille.


670 mots

"I don’t belong in the world.
That’s what it is."

10 janv. 2026, 02:55
Histoires de garçons
LA MUE DES SERPENTS

Mercredi 31 Août 2050
Silverton, Angleterre


Les mains derrière la tête, Leo observait le plafond de sa chambre dans le silence absolu. Seuls les ronronnements de Gon, endormi au chaud sous la couette, brisait ce calme installé depuis de longues minutes. Malgré la fatigue, il n'arrivait pas à trouver le sommeil et les bâillements s'enchainaient les uns après les autres. Cela révélait sans doute son excitation à l'idée de retrouver le château, ses camarades de classe et surtout de pouvoir relancer des sorts avec sa baguette magique. Même le cours de potions lui manquait un peu, c'était dire, alors qu'il savait déjà qu'il s'en débarrasserait en troisième année.

Le garçon enleva une main de sa nuque et se mit à caresser le chaton. Dans un sens, lui aussi allait entamer sa deuxième rentrée à Poudlard, la première étant arrivée dans des circonstances peu louables l'année précédente, au retour des vacances de Noël. Leo avait profité que Neo passe le chercher pour se rendre à Londres pour emmener l'animal avec lui, à l'insu de sa mère. Tout s'était déroulé sans accroc, à l'exception d'un léger détail qui avait toute son importance. Le souvenir du courrier très remonté de sa mère, reçu le lendemain matin dans la Grande salle, était encore très frais dans sa mémoire. Heureusement qu'elle n'avait pas connaissance des beuglantes cela dit, même si l'écriture trahissait aisément les émotions qui l'habitaient lors de la rédaction de la lettre.

Le brun jeta un léger coup d'œil à son téléphone et vit qu'il était déjà vingt-trois heures quarante-deux. Comme à son habitude, il fit un rapide calcul de tête pour connaître le nombre d'heures de sommeil qu'il lui restait avant que son réveil ne sonne puis, il éteignit la lampe de chevet posée juste à côté sur la table de nuit. Il étira ensuite ses deux bras au dessus de lui en soufflant, essaya de trouver une position confortable - difficile avec le peu de place que Gon lui laissait couché en plein milieu du lit - et doucement, il ferma les paupières et rejoignit le royaume des rêves.

342

Pouf ! À mon tour de venir écrire la veille de la seconde rentrée des classes de Leo.
J'essaie de rattraper les suivants au plus vite !

Deuxième année RP | #235B5E | PR

23 févr. 2026, 21:16
Histoires de garçons
PÈRE NOËL, RACONTE-MOI UNE HISTOIRE...
"LA PETITE FILLE AUX ÉTINCELLES"
Londres, Camden Town
Décembre 2040
Ernest avait six ans, trois mois et cinq jours. C’est qu’à cet âge-là, on aimait bien compter. Enfin lui, plus que les autres. Il comptait toutes sortes de choses. Les marches d’escaliers, les passants dans la rue, les flocons de neige… Il recomptait encore ses dents tous les matins pour s’assurer qu’aucune n’avait disparu. C’est qu’on lui avait raconté un jour l’histoire d’une petite souris qui se construisait des palais à coup de molaires et de fil en aiguille… son esprit avait produit une multitude d’hypothèses farfelues.

Ernest n’était encore qu’un petit garçon qui rêvait de dragons et allez savoir pourquoi, des crevettes bioluminescentes d’Öresund (ou Øresund, tout dépendait de quel côté du détroit vous vous situiez). Un garçon avec beaucoup d’imagination, qui aimait s’inventer des histoires. Et surtout, qu’on lui en raconte.

Ses préférées étaient souvent celles qui faisaient un peu peur ou qui dérangeaient un peu, comme Les Trois Boucs et le Troll des Montagnes ou encore Le clappert qui se veut faire aussi gros que le l'Éruptif. Entre les comptes folkloriques de la tradition sorcière et les récits d’exploration enregistrés sur des cartes magiques par sa marraine, Ernest voyageait de monde en monde depuis sa petite chambre londonienne.

En cette soirée de décembre, le froid mordait les vitres de l’appartement comme une créature invisible. Pas besoin cette année de sortilège pour faire tomber la neige. Elianor avait dégainé sa baguette magique et allumé la cheminée d’un geste précis. Ernest se demandait toujours comment il était possible d’utiliser un âtre pour faire du feu ET pour se déplacer. Les deux semblaient difficilement compatibles. Parce que le feu, ça brûle… ça il le savait bien.

Faire sortir du feu d’un morceau de bois, ça l’impressionnait beaucoup. Mais sa mère lui disait souvent que certaines flammes préféraient naître d’un livre que d’un sortilège. Quand elle fit glisser ses doigts fins sur les couvertures des livres de la bibliothèque, Ernest savait qu’il s’agissait du signal. C’était l’heure d’aller au lit. C’était l’heure de l’histoire.

Et ce soir-là, Elianor lui lut l’histoire de la Petite fille aux étincelles.
Certains auraient pu y voir des similarités avec une histoire connue des moldus, mais il s’agissait bien d’un conte sorcier, imprimé sur un vieux livre parcheminé, qui sentait fort la poussière et la cannelle.

"Il était une fois… "
… une jeune sorcière bien trop pauvre pour recevoir une éducation ou entrer dans aucune école. Dans les ruelles enneigées du Chemin de Traverse déserté, elle vendait de petites brindilles enchantées capables de produire une unique étincelle magique. Pas une flamme, une étincelle. Une seule.

Évidemment, personne n’en voulait. Les sorciers avaient des baguettes magiques. À quoi bon acheter une étincelle quand on pouvait invoquer le feu ?

La fillette grelottait. Ses lèvres étaient bleuis par le froid. Alors, pour se réchauffer, elle craqua une première brindille. Une lumière apparut.
Dans la flamme minuscule, elle vit une grande table dressée dans une Grande Salle d’un Grand château écossais. Des bougies flottantes, des plats débordants de tourtes et de puddings fumants. Elle tendit la main.
La lumière s’éteignit. Le froid revint.
Elle craqua une deuxième brindille. Elle vit une salle commune chaleureuse, aux fauteuils profonds, où des élèves riaient autour d’un feu crépitant. Elle n’y avait jamais mis les pieds, mais elle souriait.
La flamme disparut. Le vent souffla plus fort.
Elle craqua une troisième brindille. Cette fois, elle vit une femme au regard doux et aux atours jaune et noir, penchée vers elle. Elle lui murmurait qu’il n’était pas trop tard. Que la magie ne résidait pas seulement dans les baguettes. Qu’elle résidait dans la lumière qu’on protège malgré le froid.
Elle craqua toutes les brindilles restantes.

Les passants crurent voir une explosion d’étincelles bleues danser au-dessus de la neige. Le lendemain matin, on trouva la petite fille endormie pour toujours, paisible à jamais. On dit qu’un hibou avait laissé, près d’elle, une lettre d’admission qui n’avait jamais été ouverte.
Ses mains se resseraient un peu plus sur sa couette et il se lovait un peu plus contre sa mère. Il n'aimait pas la fin.

...

“Mais… Maman… pourquoi personne ne l’a aidé ?”

“Parce que parfois, Ernest, les sorciers oublient de regarder ceux qui n’ont pas de lumière.”

Le petit garçon était resté silencieux. Bien après le départ de sa mère, il avait continué de penser aux étincelles. À la lettre non ouverte. Il s’était endormi en pensant que peut-être, un jour, il se retrouverait dans cette Grande Salle aux bougies flottantes. Que peut-être un jour, il apprendrait suffisamment de magie pour que personne n’ait besoin de brûler ses dernières brindilles pour avoir un peu de chaleur.
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Dernière modification par Ernest Stevens le 26 mars 2026, 22:27, modifié 1 fois.

4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
- PRÉSENCE RÉDUITE -

10 mars 2026, 13:38
Histoires de garçons
LA MUE DES SERPENTS
2050 - La veille de rentrée, un regard en arrière sur les années passées, un état d’âme du moment, des inquiétudes, espoirs ou réflexions sur l’année à venir.
Alaric était angoissé. Juste après le repas, il avait filé dans sa chambre, non pas sans faire un grand sourire à ses parents et en leur disant qu'il allait vérifier ses affaires pour le lendemain. La vérité, c'était que dès qu'il avait fermé la porte de sa chambre, derrière lui, il s'était assis contre celle-ci et s'était mit en boule, pour réfléchir. Personne n'allait rentrer et le voir dans cet état, de toute façon, et il avait besoin de réfléchir à cette rentrée. Après tout, il entrait officiellement dans le monde des sorciers.
Dans l'école où ses parents eux-mêmes s'étaient rencontrés, et avaient appris la magie. Cette nouvelle aurait dû être formidable, malheureusement pour lui, c'était juste... Atroce. Pour plusieurs raisons. D'abord, il fallait qu'il soit à la hauteur de ses parents, avoir des notes parfaites. La moindre mauvaise note pourrait être terrible, et comme ses parents arrivaient toujours à connaître ses notes -, qu'il serait obligé de leur annoncer par hibou dès qu'il en recevrait une-, il devait être parfait. Absolument parfait. Pas un seul A n'était autorisé, un E tout au plus, et encore, cela dépendait de la matière. Mais il était préparé. Et terrifié d'avoir une seule mauvaise note.
Ensuite, la maison. Ses parents étaient tous les deux allés à Serdaigle. Bizarrement. Petit, il aurait pu parié qu'ils étaient allés à Serpentard, mais non, ils s'étaient retrouvés à Serdaigle, tous les deux. Il avait donc peur de tomber dans une autre maison. Bien qu'il n'y ait aucune chance qu'il tombe à Poufsouffle, ou à Gryffondor. Avec un peu de chance, il allait se retrouver à Serdaigle, mais il ne comptait pas trop là-dessus. Il ne travaillait pas par curiosité, ou même érudition, mais parce qu'il voulait prouver à ses parents qu'il était le meilleur. Meilleur que son grand frère, de trois ans l'aîné. Il avait hâte de pouvoir le surpasser, il se vantait trop depuis sa rentrée à Poudlard, trois ans auparavant.
Il roula des yeux à cette pensée, puis, ses yeux furent attirés par un disque plat et brillant en dessous de son coussin. Il était protégé par une petite boîte en plastique, toute plate et lisse. Dessus, quelques mots avaient été écrits au marqueur noir, qui commençaient un peu à partir. Alaric se redressa et alla le chercher, avant de s'assoir sur son lit, la boîte lisse dans ses mains. C'était ça, ses ultimes doutes. Cette boîte, moldue, rassemblaient ses pires doutes. Il déglutit en l'observant, puis la regarda plus attentivement, et fit glisser son doigt sur l'une des bordures de la boites.
C'était un cadeau, d'un ami, qu'il n'avait jamais montré à ses parents. D'abord, parce que l'ami était un moldu, et, par conséquent, le cadeau aussi. C'était il y a trois ans, maintenant, la dernière fois qu'ils s'étaient vus. Ses boucles brunes, et son sourire... Une larme coula sur sa joue, mais il l'essuya aussitôt. Ce n'était pas le moment. Et puis... Ils n'étaient que des gamins. On ne tombe pas amoureux, à huit ans. Et pourtant... C'était sa troisième plus grande crainte: tomber amoureux. Il savait que ses parents préfèreraient qu'il finisse sa vie seul plutôt qu'il... Sorte avec quelqu'un qu'il aimait. Et ça, ça l'effrayait. Car son pire cauchemar, c'était de décevoir ses parents.
Mais ce n'était pas tout. Ses parents étaient anti-moldus, et il l'était, lui aussi. Mais pas parce qu'ils les détestaient, mais plutôt parce qu'ils étaient faibles. Trop faibles. Et qu'il ne supportait pas d'avoir... Apprécié quelqu'un d'aussi faible. Une autre larme coula sur sa joue, et il rangea la boite dans son sac. Le dernier souvenir. La seule preuve. Sa faiblesse. Demain, il ne devrait pas flancher. Alors il garderait son air arrogant. Et il mépriserait tout ce qui touche de près ou de loin aux moldus. A une exception près, qu'il garderait précieusement.
Cette rentrée allait être intéressante, et sûrement éprouvante.


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Alaric Blackwood-Thomais, Prince des gnomes, Diplodocus, Cafard, Amateur de chocolat, Poil de carotte
#5e9a80 1A 2050-2051 inscrit à la Chrono Fiche PR
Vava Ernest Stevens :kiss: <3

24 juin 2026, 22:11
Histoires de garçons
1er septembre 2050,
8e année, Néant
Tôt le matin
Image
Image générée à l'aide d'une intelligence artificielle


Agnes Obel - Riverside

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Je me réveillai en sursaut et en retard.

Ce qui n’avait rien d’extraordinaire en soi. Je perpétuais depuis longtemps l’art délicat et subtil de ne jamais entendre mon réveil, surtout quand il décidait de hurler dans mon oreille.

Je fixai le plafond pendant de longues secondes, l’esprit encore embrumé, avec tout de même une sensation très désagréable. Comme si quelque chose n’allait pas. Puis mon regard tomba sur mon réveil.

Et je bondis d’un coup hors du lit.

— Eh merde.

Je traversai ma chambre en catastrophe, enfilai une chemise encore froissée, puis tombai la tête la première dans mes draps en essayant d’enfiler mes chaussures. J’ouvris ma malle d’un coup de baguette. J’y trouvai un amas de vêtements froissés, des parchemins, un sachet de bonbons, une chocogrenouille à l'agonie et de vieux manuels qui étaient restés là depuis juin.

Depuis juin.

Je bugai une seconde. Mais vraiment une seconde, parce que réfléchir, ce n’est pas ce qui vous aide à être moins en retard. J’attrapai deux pulls, mon uniforme de Poudlard avec cette tache d’encre qui ne voulait pas partir, quelques chaussettes, un livre dont je n’avais pas lu la moitié. Et puis un flacon vide, que mon esprit paniqué jugea indispensable.

Pendant que mon corps fonctionnait en pilote automatique, mon esprit réfléchissait aux prochaines étapes. La maison était totalement calme. Père devait déjà être dans son laboratoire Achille je ne sais où. Darius n'arriverait que dans une heure. Et Jason et Priam devait encore dormir. Prochaines étapes maintenant : descendre les escaliers. Éviter Père, Achille ou oncle Darius. Surtout éviter Père, Achille ou oncle Darius. Je devais être discret.

Je dévalai les marches, ma malle cognant contre les murs avec la discrétion d’un troll ivre. Je remarquai le portrait d’un aïeul qui ouvrit la bouche pour m’asséner une de ces leçons de vie dont il avait le secret.

— Chut, pas maintenant.

Est-ce qu’il m’obéit ? Bien évidemment que non. Il commenta tout de même, mais je ne l’écoutai pas.

Arrivé dans le hall, j’attirai mon manteau d’un coup de baguette et sortis avant que quiconque dans cette maison n’ait pu me demander où j’allais.

Je transplanai à Londres avec l’élégance d’un sac de pommes de terre jeté dans une charrette. J’avais encore beaucoup de mal à me faire à cette sensation. Pouvoir transplaner tout seul. Je ne pouvais le faire que depuis cet été et je n’avais pas eu beaucoup l’occasion de m’entraîner. C’était encore étrange. Trop libre. Trop brusque. Trop adulte.

Lorsque je réapparus dans une ruelle non loin de King’s Cross, j’avais le souffle coupé, les cheveux à moitié coiffés, et une chaussette coincée au niveau de la poignée de ma malle.

Parfait.

Un type tout à fait naturel et discret. Pas du tout étrange.

Je courus.

Il y avait du monde. Des Moldus pressés, des familles sorcières faisant semblant d’être discrètes, des enfants trop petits pour leurs chariots. Des hiboux dans des cages. Cette odeur de métal, de fumée et de café brûlant. Un brouhaha de voix indistinctes et une marée de valises.

Je traversai la barrière entre les quais neuf et dix sans ralentir.

Et le quai 9¾ s’ouvrit devant moi.

Le Poudlard Express était là, avec son immense carcasse rouge et familière. La foule dense des parents qui serraient leurs enfants dans leurs bras. Les premières années qui essayaient de cacher leur inquiétude. Les septièmes années qui faisaient semblant d’être blasés. Il me sembla même reconnaître un insigne préfectoral sur la robe d’un garçon.

Tout était comme d’habitude.

Comme avant.

Je m’arrêtai au milieu du quai, la main serrée autour de la poignée de ma malle. Le Poudlard Express allait bientôt partir.

Je clignai des yeux.

Une fois.

Deux fois.

Puis la vérité me rattrapa avec la délicatesse d’un Cognard en pleine poire.

Je n’étais pas en retard.

Je n’avais tout simplement pas cours.

Pas de compartiment à retrouver. Pas de dortoir des garçons dans la salle commune. Plus de table des Serpentard dans la Grande Salle. Aucun professeur pour souligner mon retard. Aucun première année pour me dévisager. Aucun camarade de promotion pour soupirer à mon passage.

Je n’avais nulle part où aller aujourd’hui.

Un petit garçon me bouscula en courant. Il marmonna une excuse à demi-mot avant de poursuivre sa course. Il devait avoir quoi ? Douze ans ? Peut-être treize. Il avait ce regard paniqué des gamins qui pensent que rater le train est la pire catastrophe possible.

J’avais envie de rire.

Mais je ne le fis pas.

À la place, je m’adossai contre un pilier, comme s’il était tout à fait normal que je sois là.

Qui est-ce que vous accompagnez ? Un petit frère ? Un cousin ?

Non.

Juste moi.

Je ne viens pas de traverser la moitié du pays totalement paniqué parce que je pensais encore appartenir à ce monde-là.

Le sifflet retentit. Et la même scène que les années précédentes se reproduisit. Des parents qui levaient la main, des élèves qui se penchaient aux fenêtres, des mots criés dans un nuage de vapeur. Et le train qui avançait lentement, wagon après wagon, visage après visage.

Et cette vie qui continuait.

Sans moi.

Je le regardai disparaître au loin, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que le quai 9¾, presque vide, étrangement trop grand.

Avant, c’était ici que l’année commençait. Poudlard m’attendait au bout des rails. Je pouvais laisser derrière moi Godric’s Hollow, Père, Darius, les attentes trop lourdes, et redevenir quelqu’un d’autre pour quelques mois seulement.

Mais c’était fini.

Je baissai les yeux vers ma malle, remarquant enfin la chaussette coincée qui pendait à côté de la poignée.

— Super, murmurai-je.

Je restai encore quelques minutes là, ridicule fantôme mal informé de sa propre sortie de scène. Je pensais vouloir quitter Poudlard. Ne plus dépendre d’une maison, de points, d’adultes qui vous disent quoi faire.

La liberté, quoi.

Cette foutue liberté avait surtout un goût amer et la forme d’un quai vide.

Qu'est ce que j'allais bien pouvoir faire maintenant ?

Je passai une main dans mes cheveux, lâchai un rire nerveux, puis tournai le dos aux rails.

Pour la première fois depuis sept ans, je quittai King’s Cross sans monter dans le train.

1030 mots

Thème à la folie : Transition

Le Gang des Licornes. -- Adidas Vance - 4e année (Devoirs). Toujours partant pour un RP (cf ici) - Merci Mo pour l'avatar