Recherches et réflexions
Ayant des parents sans pouvoirs magiques, Cheryl a pour ambition de se forger une culture sorcière solide. Elle met donc son appétence pour la lecture au service de ce but.
Sommaire des RP :
2049-2050 (1A)
. Génétique et flux magique (16.10.2049)
. Ce monde qui est à présent le mien (évolution de la politique sorcière britannique) (14.05.2050)
. Une année chez les sorciers (mode de vie et traditions) (28.05.2050)
2050-2051 (2A)
. Le Quidditch (19.11.2050)
Ceci est un recueil des lectures de Cheryl et des réflexions issues de ses lectures. Il a pour ambition de donner du contexte à certaines interactions, décisions et évolutions personnelles de Cheryl, et de mettre en valeur le contexte ainsi que les articles de la section « Contexte et Encyclopédies ». J’en profite donc pour remercier les Plumes à l’origine de cette contextualisation nettement enrichissante.
Sommaire des RP :
2049-2050 (1A)
. Génétique et flux magique (16.10.2049)
. Ce monde qui est à présent le mien (évolution de la politique sorcière britannique) (14.05.2050)
. Une année chez les sorciers (mode de vie et traditions) (28.05.2050)
2050-2051 (2A)
. Le Quidditch (19.11.2050)
Dernière modification par Cheryl Denis le 9 juil. 2026, 23:20, modifié 9 fois.
Recherches et réflexions
Génétique et flux magique
Samedi 16 octobre 2049, dans la matinée
Article d’Elina Montmort le 07/09/2046 dans Le Journal de la Magie
Article de Diarmuid O’Belt le 09/03/2048 dans Le Médico’magazine
Article d’Elina Montmort le 07/09/2046 dans Le Journal de la Magie
Article de Diarmuid O’Belt le 09/03/2048 dans Le Médico’magazine
La première question à laquelle Cheryl voulait répondre était : « Pourquoi moi, la seule de ma famille, suis-je une sorcière ? ». Elle avait tenté d’y répondre quelques jours plutôt avec Gabrielle Taylor, en se rendant à la bibliothèque. Elle était tombée sur un article expliquant le flux magique chez les sorciers, cependant, même si son contenu lui avait beaucoup appris, il ne répondait pas vraiment à sa question, car l’origine du flux magique n’était pas mentionnée.
C’est donc dans cette perspective que Cheryl retourna à la bibliothèque. La jeune fille parcourut l’allée 4 durant une dizaine de minutes, observant les titres des livres. Elle trouva finalement un article, écrit par Elina Montmort, dont le titre mentionnait : « origine de la magie ». Cheryl le saisit pour le feuilleter. Elle perçut des mots comme « génétique », « gène », « né-moldu » qui ne lui laissait plus de doute quant à la pertinence de cet ouvrage. Satisfaite de sa trouvaille, elle se dirigea vers l’espace de travail.
Studieuse, elle prenait des notes de tout ce qu’elle lisait et laissait échapper de temps à autres des interjections qui manifestaient l’état d’éclaircissement dans lequel elle se trouvait. Cheryl en profita pour résumer les informations qu'elle avait lues dans l’article de Diarmuid O’Belt afin de mieux comprendre l'évolution du flux magique au regard de la génétique. Au bout de deux heures, son travail de synthèse était achevé :
Le gène sorcier
La magie est une énergie parcourant tout le corps d’un sorcier. Elle s’exprime différemment en fonction de chacun et diffère selon les périodes de la vie. Pour posséder des capacités magiques, il faudrait avoir un gène particulier. Il existe deux versions de ce gène qu’Elina Montmort nomme « s » pour la version sorcière et « m » pour la version moldue. Le gène de la version sorcière serait récessif (i.e., gène héréditaire transmis par le père et la mère) alors que celui de la version moldue serait dominant (i.e., gène transmis par l’un des deux parents et qui repousse les autres gènes, comme les yeux bleus).
NB : Rien ne permet d’affirmer qu’un seul gène est en jeu dans l’acquisition de capacités magiques.
NB : La puissante d’un sorcier n’est pas déterminée par sa génétique, mais par son endurance et sa capacité à moduler sa magie.
L’évolution de la magie au cours de la vie
Les premiers signes de magie apparaissent de 6 à 11 ans, mais en moyenne 8 ans et 6 mois. Jusqu’à l’adolescence, vers 11 ans, la magie est nettement sensible aux émotions. C’est d’ailleurs dans les moments de fortes émotions que la première manifestation de magie apparaît. Cette magie est très mineure et jamais volontaire.
Au cours de l’adolescence jusqu’à près de la majorité, la magie se développe de manière significative, même si elle peut être perturbée par la croissance physique qui puise dans l’énergie de l’individu. Jusqu’à 25 ans, le développement magique ralentit pour atteindre sa maturité.
Tout en observant son travail, Cheryl songea à voix basse :
- Donc, si j’étais bien compris, pour qu’un enfant né de deux parents moldus ait des dons magiques, il faut que ses deux parents aient une version s du gène. Mais même dans ce cas, l’apparition d’une capacité magique est peu courante. Cela signifie que dans l’arbre généalogique de mon père ET de ma mère, il y a eu au moins un ascendant sorcier. Et ça explique pourquoi mes frères n'ont pas de pouvoirs, et que, presque comme un hasard, moi oui.
Il faudrait que je fouille dans nos archives familiales pour voir s’il n’y a pas un arbre généalogique qui traine. Je suis presque sûre que mon père en a un détaillé, mais je ne saurais dire pour ma mère. Si ça se trouve, j’ai de la famille éloignée ici même, à Poudlard !
Cette idée la ravit, mais son pragmatisme la ramena à la dure réalité : il n’y avait qu'une faible probabilité que ce soit vrai. Néanmoins, elle se mit en tête de faire des recherches en ce sens cet été.
Cheryl sortit de la salle de travail, reposa l’ouvrage là où l’avait trouvé et s’empressa de rejoindre la grande salle pour aller déjeuner.
- J’espère qu’il y aurait des pommes-de-terre rôties, dit-elle en se léchant les lèvres.
Reducio
@Elina Montmort ; @Diarmuid O’Belt et @Gabrielle Taylor pour la mention 
Sources :
Génétique sorcière : origine de la Magie
Flux magique, développement des sorciers et médicomagie
Sources :
Génétique sorcière : origine de la Magie
Flux magique, développement des sorciers et médicomagie
Recherches et réflexions
Le Quidditch
Samedi 19 novembre 2050, au cours de la matinée
Article de Jessica Sapworthy - Le Quidditch d’hier et d’aujourd’hui
Article de Jessica Sapworthy - Le Quidditch d’hier et d’aujourd’hui
Pratiquer des activités sportives n'avait jamais vraiment été au goût de Cheryl. Non pas qu’elle n’aimait pas courir à travers les champs, sauter des rochers escarpés ou grimper aux arbres les plus imposants ; mais l’idée d’apprendre un sport la rebutait. La jeune fille éprouvait, en effet, de grandes difficultés à s’engager dans la durée. Si elle intégrait une équipe un jour, le lendemain elle préférerait sans doute résoudre une énigme plutôt que de se rendre à l’entraînement. Cheryl se laissait guider par son instinct et ses pulsions du moment, une liberté d’aspérités qui la rendait peu compatible avec la rigueur des activités sportives organisées. Néanmoins, ses frères lui avaient appris à jouer au foot. Elle pouvait donc se targuer de connaître au moins un sport.
À Poudlard, point de foot, mais du Quidditch. Cheryl avait été frappé par l’engouement que suscitait ce jeu. Il semblait si populaire qu’elle se sentait presque ridicule de ne le découvrir que maintenant. La saison avait commencé depuis le 1er octobre. Elle n’avait pas assisté au premier match, mais se promit d’aller au suivant. Mais lorsque vint le match des Hel’s contre les Ailes d’Airain, Cheryl fut prit d’un mal sans nom, comme si un troll lui avait tapé le ventre avec son gourdin.
Une fois guérie, elle se dit qu’un détour à la bibliothèque était nécessaire afin d’apprendre les règles du Quidditch. Ainsi, elle pourrait assister aux matchs sans craindre de paraître ignorante. Dans l’allée n°9, consacrée aux cours du vol, Cheryl mit la main sur un ouvrage au sujet de l’histoire du Quidditch et ses règles. Elle s’installa confortablement sur l’un des canapés du coin détente, et ouvrit « Le Quidditch d’hier et d’aujourd’hui ».
Elle apprit que le Quidditch était né au cours du Moyen-âge, au XIe siècle, et qu’il avait subi de nombreuses évolutions avant de se stabiliser à partir du XVe siècle. Le vif d’or, quant à lui, fit son apparition plus tardivement, à la fin du XIIIe siècle, lors d’un match resté célèbre. Barberus Bragge, chef du conseil des sorciers, proposa mille Gallions à celui ou celle qui tuerait en premier un oiseau, le vivet d’or. Depuis, le poste de d’attrapeur, anciennement nommé « chasseur », naquit. Face à cette maltraitance animale, la cheffe du conseil des sorciers au XIVe siècle, Elfrida Clagg, déclara l’espèce protégée et interdit son utilisation dans les matchs. C’est finalement Bowman Wright qui inventa le vif d’or : une petite balle dorée capable de voler très rapidement grâce à ses ailes d’argents, destiné à remplacer l’oiseau.
Arrivée à la section détaillant les règles du Quidditch à sept joueurs, Cheryl sorti son parchemin et se mit à prendre des notes. Les règles n’étaient pas particulièrement complexes, mais certaines subtilités lui échappaient encore. Elle nota également qu’à Poudlard, l’équipe est composé non de sept mais de cinq joueurs : un gardien, un batteur, deux poursuiveurs et un attrapeur.
Elle relut attentivement ce qu’elle avait écrit, tout en pensant au prochain match de la saison qui opposerait les Griffes Ardentes aux Ailes d’Airain. Ce match-là, elle ne le louperait pas.
Pour voir les notes de Cheryl, lancez un reducio !
Reducio

@ Jessica Sapworthy pour la mention
Source : Le Quidditch d’hier et d’aujourd’hui
Dernière modification par Cheryl Denis le 23 avr. 2026, 09:45, modifié 2 fois.
Recherches et réflexions
Ce monde qui est à présent le mien
Samedi 14 mai 2050, toute l’après-midi
La vie au château était agréable. Entre les cours, le quotidien avec les autres élèves et les événements organisés par l’école, Cheryl s'intégrait facilement dans son nouveau monde. Elle restait impressionnée par la magie, mais les us et coutumes des sorciers lui paraissaient moins insolites, et si ce n’est familières, au moins normales.
Les nés sorciers avaient couramment une éducation à domicile avant d’intégrer Poudlard. Au cours de leurs jeunes années, ils apprenaient les rudiments de la magie et les règles de leur monde. Un apprentissage primaire, mais essentiel, que la jeune fille n’avait pas eu. Grâce au précepteur qui était venu à sa rencontre et à ses cours d’histoire de la magie, elle savait que la principale règle des sorciers était de conserver le secret magique. Les moldus et les sorciers n’étaient pas prêts à vivre ensemble, chacun ayant trop peur de l’autre. Néanmoins, elle peinait à se faire une idée précise des lois et de la société sorcière britannique. Par exemple, elle ne comprenait pas pourquoi il était interdit à ses parents de l’accompagner sur le Chemin de Traverse, ou dans tout autre lieu magique, mais qu’il leur était autorisé de l’accompagner à la gare de Londres. Ses interrogations la menèrent à la bibliothèque.
Lovée sur l’un des canapés du coin détente, elle lisait un livre si large qu’elle devait le poser sur ses cuisses pour le manier. L’ouvrage abordait l’histoire du monde sorcier britannique depuis le XIXe siècle de façon très exhaustive, au point qu’elle ne lisait que les synthèses des chapitres qui offraient déjà beaucoup d’informations. La jeune enfant fut choquée et dégoûtée de découvrir que la haine et le mépris des moldus n’avaient pas été la lubie d’un seul homme il y a plus de mille ans, mais qu’ils étaient à l'origine d’une idéologie Anti-Moldus toujours actuelle. Il y avait de nombreux sorciers qui se pensaient supérieurs aux moldus et leur aversion s’étendait sur leurs engeances sorcières : ces nés-moldus qui maintenaient malgré eux le lien entre ces deux mondes. L’idée d’une pureté du sang était devenue le symbole d’une légitime suprématie. Et pour convaincre de cette légitimité, ces mêmes gens n’hésitaient pas à diffuser la terreur et le sang.
De terribles guerres, causant de multiples morts dans le monde des mages et des non-mages, se se succédèrent au cours des années 1900. Mais après la Seconde Guerre des sorciers, les discriminations à l’encontre des nés-moldus s’apaisèrent, donnant un bref temps de répit aux deux mondes. À croire que les humains, sorciers comme moldus, ne peuvent vivre sans s’adonner à l’omnipotence. Les événements parcourant les années 2038 à 2047 en étaient l’image.
Certaines informations étaient trop complexes pour qu’elle les comprenne toutes, mais elle sut retenir les noms et événements majeurs. L’un d’eux était Arseni Stoyanov, un ancien directeur de Poudlard. Son histoire était aussi fascinante que tragique.
Il avait dû faire face à un contingent d’Aurors corrompus, venus soi-disant pour protéger l’école après qu’un Erkling eut tué un élève. Puis au ministère, apparemment corrompu lui aussi, mais il parvint à s’enfuir en transplantant hors du château. Stoyanov ne resta pas longtemps dans l'ombre. Deux ans plus tard, en 2040, il créa le mouvement de libération les Capes Violines afin de combattre la corruption du ministère, gagna la lutte lors de la bataille des Puits Noirs, sauva Poudlard de l’oppression tyrannique d’Andrew Gardner, et octroya l’indépendance administrative à l’école une fois élu ministre de la magie. Dès l’année suivante, il entamait la reconstruction du ministère. Ce fut sa dernière grande action. Il mourut lors d’un attentat à l’Atrium, au ministère, en 2042.
Près des serres, il y avait une stèle blanche au pied d’un chêne solitaire. Cheryl ne se souvenait pas du nom qui y était inscrit, mais d’après l’ouvrage, c’était celle d’Arseni Stoyanov : un homme qui avait profondément marqué le monde magique et Poudlard par son courage et son intégrité.
À sa mort, le ministère avait rapidement sombré dans les mains d’Ursula Parkinson, une infâme sorcière affirmant la supériorité des Sang-Purs. Son pouvoir fut éphémère, mais le monde magique et moldu avait grandement pâti de ses idéaux. Dès son ascension, au printemps 2044, des mesures répressives envers les nés-Moldus furent prises. Par exemple, ils n’avaient pas le droit de se rendre au Chemin de Traverse, ni à la Gare ; ils étaient donc amenés à l’école grâce à une plume de Paon Noir. Loin de veiller au secret magique, les moldus découvrirent la magie en novembre lors d’un affrontement entre deux Obscurus et lancèrent une chasse aux sorcières. Agressions, enlèvements, meurtres et attentats se succédèrent dans les deux camps. Les sorciers commencèrent à vivre uniquement dans des lieux magiques et des mouvements de résistance contre la politique autoritaire et sanglante d’Ursula émergèrent. Cette époque tourmentée prit fin près d’un an plus tard, quand le ministère moldu mit en œuvre une campagne de désinformation, mettant fin aux croyances des moldus, et que les familles de Sang-Pur prirent le pouvoir lors d’un coup d'État.
La jeune fille arrêta sa lecture, trop interloquée par les dernières informations qu’elle venait de lire. Entre 2044 et 2045, elle avait 6 à 7 ans, et n’avait pas encore connaissance de sa magie. Jeune et loin des grandes villes, elle ne se souvenait pas de tels événements et il était très probable que ses parents lui aient caché pour ne pas lui faire peur. Toutefois, en apprenant l’existence de la magie, ils avaient dû comprendre la manœuvre de désinformation de l'État. Sans doute qu’ils avaient dû en parler avec le précepteur qui était venu les voir, et que ce dernier leur avait donné des explications, ou les avait au moins rassuré. Elle reprit sa lecture.
Le Conseil des sorciers gouvernait la communauté sorcière du Royaume-Uni en toute indépendance. Ils avaient réhabilité le statut de Sang-Purs et de Sang-Mêlés, et construit le siège du gouvernement au Consilium, à Godric Hollow, la nouvelle capitale du monde magique. Le Conseil était composé de la Chambre des sorciers et du Conseil des sages. Seules les familles de Sang-Pur alliées au Conseil pouvaient faire partie de la Chambre. Elles possédaient le pouvoir exécutif et législatif, qu’elles transmettaient par l’hérédité. Un Président du Conseil, une sorte de porte-parole international, était élu tous les quatre ans lors d’un vote auquel les citoyens étaient conviés. Le Conseil des sages, sélectionné par la Chambre, possédait le pouvoir judiciaire. À cela s'ajoutaient quatorze secrétariats chargés des diverses instances de la société sorcière britannique, où, comme pour le reste, les Sans Statuts n’avaient pas leur place. Une république oligarchique prônant la suprématie du sang pur, tel était à présent son monde. Elle n’y était pas nécessairement en danger, et encore moins entre les murs du château, mais sa place était claire.
L’interdiction aux lieux magiques n’était pas seulement une manière de protéger les populations sorcières et moldues, elle était aussi un moyen d’assurer la rencontre et la procréation entre sorciers uniquement. De même, l’absence d’un statut officiel pour les nés-moldus promouvait la suprématie du sang pur et le modèle génétique à adopter. Cheryl aimait son nouveau monde, mais elle trouvait à présent ses gouvernants absurdes, seulement en proie au pouvoir. La puissance d’un sorcier n’était pas déterminée par sa génétique, mais par son endurance et sa capacité à moduler sa magie. Elle l’avait lu ici même en début d’année. Ce fait, pourtant bien établi, était volontairement renié par le Conseil. La seule légitimité à leur supériorité résidait en fait dans un coup d'État.
La fillette se grattait la tête. Quand bien même elle devait respecter la loi des sorciers, jamais elle n’affirmerait être inférieure aux Sang-Mêlés et aux Sangs-Purs. Parce que c’était faux, idiot et méchant. Elle alla reposer l'énorme livre qui commençait à lui donner mal au crâne. Le dîner n’était servi que dans trente minutes, elle se dirigea donc d’abord vers la tombe près des serres pour vérifier si Arseni, l’ami, le frère, le protecteur, était bien là.
1 335 mots - Pour les mentions : @Arseni Stoyanov, @Ursula Parkinson
Recherches et réflexions
Une année chez les sorciers
Samedi 28 mai 2050, au cours de l’après-midi
Cela faisait près d’un an que Cheryl apprenait à vivre comme une sorcière. Elle avait observé avec fascination les habitudes de ses camarades et découvert progressivement les traditions qui façonnaient cette société magique. Si le monde de la magie avait des ressemblances indéniables avec celui des moldus, il n’en possédait pas moins une culture qui lui était propre. Grâce à Zenaïda, elle avait appris que les enfants nés dans les foyers sorciers recevaient généralement une éducation à domicile, notamment à cause du peu d’écoles élémentaires magiques présentes dans les îles britanniques et de la nécessité de conserver la magie secrète à l’égard des moldus. Zen était la plus jeune fille d’une fratrie de neuf garçons au sein d’une famille plus que aisée. Leur maison comportait trois étages dans lesquels se trouvaient des pièces plus vastes et plus luxueuses les unes que les autres. Il y avait aussi un grand jardin ainsi qu’un sous-sol consacré aux entraînements de duels. Cheryl ne s’était jamais rendue dans la maison de son amie, mais elle s’imaginait un manoir immense à l’instar des nobles d’autrefois. D’ailleurs, les enfants Carter avaient eu un précepteur durant toutes leurs jeunes années, ainsi qu’une gouvernante qui veillait à leur santé et à leur sécurité. Bien sûr, tous les sorciers n’étaient pas aussi riches que Zen. Le plus souvent, c’étaient les parents eux-mêmes qui se chargeaient de l’éducation de leurs enfants.
Le mode d’alimentation des sorciers était semblable à celui des moldus, si ce n’est qu’ils utilisaient la magie pour cuisiner, que le fait maison était la règle et non l’exception, et que certains ingrédients étaient tout simplement magiques. Cheryl avait la chance d’avoir des parents qui aimaient cuisiner. Kate Denis était un véritable cordon bleu. Elle régalait les clients de la librairie par de somptueuses pâtisseries aux goûts divers et variés. Nombreux se rendaient là-bas seulement pour l’heure du thé. Cela exaspérait parfois James, son père, qui faisait tout pour mettre en valeur les livres qui ornaient les murs de la boutique. Il se consolait en se disant que la libraire était à présent un havre dans lequel tout le monde pouvait se réunir, quelle qu'en soit la raison, que l’esprit comme le corps s’en trouvait satisfait. Quant à la nourriture de Poudlard, elle était sans pareil. Cheryl appréciait chaque repas, au point de ne pas savoir si elle préférait les plats de sa mère ou ceux de l’école. C’était un choix cornélien qu’elle ne voulait d’ailleurs pas résoudre. Une bouchée dans l’un des scones de Kate suffisait à lui faire ravir mille souvenirs, et une gorgée de jus de citrouille l’amenait directement dans le monde des sorciers. Deux types de cuisines pour deux mondes différents.
Cheryl avait également remarqué que les sorciers s'habillaient étrangement, surtout les adultes. Ils portaient de longues capes sous lesquelles se cachaient des robes de différents coloris, et l’un et l’autre avaient l’allure d’un temps révolu. La première fois qu’elle se rendit au Chemin de Traverse, Cheryl crut atterrir dans un documentaire du Moyen-âge. D'ailleurs, les sorciers tout comme leur monde avaient des tendances moyenâgeuses. Ils n’avaient pas de technologies électriques et semblaient s’en désintéresser totalement. Le téléphone, la télévision, la voiture et tout le reste des objets si précieux aux yeux des moldus leur étaient inexistants, mais cela plaisait à Cheryl qui vivait dans une famille qui accordait peu d’importance à la modernité. Ils avaient évidemment tous ces gadgets, mais ils tenaient à s’en défaire le plus possible. De vrais campagnards en somme.
Elle avait également entendu parler d’un sport apparemment très populaire chez les sorciers, le Quidditch, sans s’y intéresser davantage, mais elle se promit de le découvrir dès l’année prochaine. Pendant que les élèves du château s’agitaient dans les gradins ou sur le terrain, Cheryl en profitait pour apprécier le vide des couloirs et explorer le château de fond en comble. Pourtant, à la fin de l’année, elle n’en avait pas vu le tiers. Poudlard était si grand, bien plus grand que les châteaux moldus, au point où elle se demandait combien de ceux-là Poudlard pouvait en contenir. D’ailleurs, Poudlard n’était pas la seule école de magie qui existait. Anais lui avait dit qu’il y en avait un peu partout dans le monde et que Poudlard proposait un programme d’échanges entre les écoles dès la quatrième année. L’âme aventureuse de Cheryl avait déjà hâte de découvrir le monde à l’extérieur des murs du château, de voir toutes sortes de merveilles enchantées et peut-être de résoudre quelques mystères encore irrésolus.
Les Denis étaient agnostiques. Leurs enfants n’avaient reçu aucune éducation religieuse, si ce n’est pour mieux comprendre certains livres ou certaines traditions, mais ils en parlaient sans tabou. Cela ne signifiait pas pour autant qu’ils rejetaient toute forme de spiritualité. James et Kate aimaient croire que certaines rencontres n’étaient peut-être pas dues au hasard et qu’un chemin était tracé pour chaque individu. Cheryl avait grandi avec l’idée que le destin existait sans jamais vraiment la remettre en question. À sa demande, Zen lui avait parlé des croyances sorcières. Cheryl fut surprise d’apprendre que les sorciers accordaient si peu d'importance à l’appartenance religieuse, contrairement à certains moldus. Chez les sorciers, il semblait normal que chacun pratique les rites de son choix, ou n’en pratique aucun. Beaucoup de familles sorcières célébraient Noël, Pâques et d’autres fêtes chrétiennes, parfois par conviction, parfois simplement par tradition. Un autre courant de pensée davantage inspiré des traditions païennes paraissait particulièrement répandu parmi les élèves. Cheryl avait remarqué des discussions autour des équinoxes, des solstices et des changements de saison sans réellement comprendre ce qui les rendait si importants. Poussée par sa curiosité, elle se rendit à la bibliothèque pour en apprendre plus. Ses cours d’astronomie lui avaient déjà appris que certains phénomènes magiques étaient influencés par les cycles lunaires. Les phases de la Lune jouaient notamment un rôle dans la préparation de certaines potions et dans l’étude de plusieurs créatures magiques. Elle n’avait donc aucun mal à imaginer que les astres puissent avoir une influence plus vaste encore. Apparemment, la position des étoiles et le rythme des saisons modifiaient eux aussi la magie de différentes façons. Une raison de plus pour aimer l’astronomie. Malheureusement, les ouvrages qui expliquaient ces phénomènes étaient bien trop complexes pour elle. Elle comprit seulement que l’année était rythmée par plusieurs fêtes liées aux cycles de la nature. Parmi elles, Ostara, Samain et Yule étaient celles dont elle entendait le plus souvent parler au château. Peut-être en découvrirait-elle davantage l’année suivante.
1078 mots - Vu avec @Zenaïda Carter et @Anais Hairwood