24 janv. 2025, 11:19
Un long apprentissage  PNJ   Letterkenny   Duo   Recueil 
Noircir le tableau

JANVIER 2050

En sortant de l'interrogatoire Diarmuid avait senti le regard de son père peser sur lui. Et ce regard, il ne pouvait signifier qu'une chose à laquelle il n'allait pas pouvoir couper. Pour autant, les deux irlandais ne cherchèrent pas à se rencontrer. Pas ici. Pas au milieu de la rue. Le plus jeune choisit de poursuivre sa route encore pendant plusieurs centaines de mètres, le temps de se refaire le fil de ce moment avec les deux membres des forces de l'ordre, avant de transplaner, directement chez ses parents.

Il arriva dans le kiosque où il ne s'attarda pas, préférant gagner l'entrée. Il n'y avait de toute façon aucune raison de retarder l'échéance. Et pour preuve que tout le monde était dans le même état d'esprit, c'était qu'il n'eut pas besoin de frapper pour qu'on lui ouvre. L'elfe de son père lui indiqua tout de suite la direction à prendre; le salon d'hiver. Le châtain y trouva son père, face à une fenêtre donnant sur le jardin. Le Patriarche ne prit pas la peine de se retourner avant de prendre la parole: "
Est-ce donc trop demander que de la discrétion Diarmuid?"

Le susnommé se garda bien de répondre en entendant le ton de reproche teinté d'inquiétude. Le silence flotta ainsi un certain temps. Le plus jeune s'avança jusqu'à se retrouver épaule à hauteur d'épaule, quoiqu'à cinquante centimètres de distance. Il ne posa pas plus ses yeux sur son père que ce dernier n'était en train de le faire. Il ne détailla pas non plus le sol, il n'avait pas honte. Non, lui aussi il observait la nature domptée du domaine familial. Il allait répondre sans imaginer que la question était rhétorique. "
Je ne pensais pas avoir à vous le dire à vous aussi mais si je me fiche que vous traitiez avec des receleurs pour obtenir de quoi faire vos potions j'aimerais que les autorités n'en sache rien. Je suppose que vous n'avez pas oublié notre position. Et que vous avez pu constater qu'elle n'était pas assuré, n'en déplaise à certains."

Aucun échange de regard, pas même une œillade, entre le père et le fils. Celui-ci n'était de toute évidence plus le petit garçon qui se confondait en excuse lorsqu'il était pris en faute. "
Ce n'est pas comme si nous nous étions attendu à ce que la Chambre vous soutienne Père. Et très sincèrement, je doute qu'il y ait des ordres particulier nous visant. Ils sont surtout frustrés de ne pas réussir à les prendre. Ou alors il y a un problème de compétences au secrétariat de la Justice." Rien de plus ne fut dit, pas avant plusieurs minutes. "Ne vous en faites pas pour la discrétion, même si vous avez l'impression que je visite souvent les policiers, au rapport de mes achats, nous en sommes loin." Briac lui répondit par un soupir qui reflétait surtout de l'agacement mais aussi une sorte de dépit.

L'attention de Diarmuid, jusque là tournée vers la dédramatisation de ces trois interrogatoires plus qu'espacés dans le temps, se porta sur celui qui passerait bientôt le cap de la cinquantaine. Son regard s'arracha au jardin pour se poser sur le visage de l'autre irlandais. Il était marqué de quelques rides - discrètes mais présentes - dont le dessin était accentué par le soucis que lui causait cette affaire. Et puis, sentant cette observation l'homme aussi tourna les yeux pour les planter dans ceux de son fils. "
Je ne vous blâme pas. Je sais où la passion des choses peut mener, encore plus face à des restrictions. Ce n'est pas comme si je ne l'avais pas vu venir. Je ne veux simplement pas que cela puisse ternir l'image de cette famille. Ou que vous ayez individuellement des problèmes avec vos employeurs ou futurs employeurs." Le plus jeune acquiesça, prenant la mesure des sentiments qui traversaient son père. Ca lui paraissait être démesuré par rapport à la réalité de la situation, mais il savait que le nier n'apporterait rien de bon. "Je vous promets de faire attention. Et d'en reparler à Ennis et Domhall." C'était son rôle d'aîné, non?


THÈME A LA FOLIE - JANVIER 2025 - PEINDRE

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25 déc. 2025, 23:07
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Lumières

25 DÉCEMBRE 2050

La famille O'Belt faisaient parti de ces familles qui ne fêtaient pas Noël mais Yule. Et ce même s'ils étaient tous passés par Poudlard, où Briac avait toujours eut l'impression que la première avait avalé la seconde lui donnant depuis l'enfance - en plus de l'éducation qui lui avait été inculquée - que le monde moldu venait peser sur le monde magique. Les expériences lui avait montré peu à peu que tout était beaucoup plus complexe et si désormais il lui importait bien peu que certains y aient des attaches, il restait profondément empli des traditions dans lesquels il avait grandi, de la religion en laquelle il croyait et rien ne pouvait lui ôter de l'esprit qu'il était important que tous les sorciers y soient initiés, au moins par curiosité intellectuelle. Cette année, il avait même poussé la chose en se renseignant un peu - pas beaucoup - sur les traditions moldues pour être en mesure d'écrire quelque chose à destination des parents de celui qui était irrémédiablement son gendre.

Entre ces habitudes personnelles et cette activité - trouver les mots à coucher sur le parchemin qui partirait bientôt en direction du sud du pays - il fut particulièrement étonné de voir sa femme passer le pas de la porte entrouverte de son bureau. Enfin, ce fut plutôt par ses mots qu'il le fut. Parce que le fait qu'elle vienne lorsqu'il en laissait la possibilité n'était pas en soit rare. "
Briac?" Il leva la tête pour poser son regard sur le visage de Cathleen, un visage à la forme caractéristique des Sweeny - ou plutôt des Daly, dont Domhall avait pris de nombreux traits - elle ne lui sembla ni inquiète, ni urgente, plutôt... circonspecte. "Nous avons reçu quelque chose, Suzy l'a déposée tôt ce matin là où nous plaçons les présents de Yule." Il fronça les sourcils d'une manière qu'il avait transmise à leur plus jeune enfant, attendant de plus amples explications. Mais rien ne lui vint. Tout simplement parce que l'irlandaise n'en avait pas à lui apporter. Alors il plaça une feuille de buvard sur sa lettre à peine entamée et se leva pour la suivre jusque dans leur salon d'hiver là où trônait la couronne de Yule dédiée pour la réception de présents que chacun faisait aux autres. Et effectivement, il y avait bien là une petite bois de bois d'une simplicité sans pareil. Quant au destinataire? Il n'y avait effectivement aucun doute, elle était pour eux. Et il pouvait même en deviner le destinataire. "Suileabhan." Avait-il dit d'une voix brillante et surtout, en évitant tout contact visuel avec Cathleen qui s'était pourtant approchée pour se placer à ses côtés et placer une main sur son épaule.

Elle la pressa doucement, d'un geste qu'elle n'avait plus fait depuis longtemps. Un signe qu'elle allait incontestablement mieux même si tout restait fragile et qu'il sentait qu'un rien pouvait la faire basculer à nouveau. Les mains tremblantes - il le masquait bien mais elle saurait le voir - il prit délicatement la boîte et l'ouvrit doucement. Il resta contemplatif de longue seconde. Contre lui, il sentait que sa femme brûlait de vouloir dire quelque chose. Bien qu'elle ne soit pas du genre à parler pour parler, elle n'aimait pas les silences trop longs. Mais elle savait respecter celui dont il avait besoin. Délicatement il vint se saisir d'un des anneaux avant de poser le contenant. Trop petit pour être celui qui lui était destiné cela ne l'empêcha pas de le détailler dans tous ses aspects. Ce ne fut qu'après un long moment qu'il le posa auprès du reste de sa famille et qu'il se tourna vers celle qui avait été le premier membre de la sienne, tout arrangée que soit leur union. "
Il faut faire venir les enfants." Dit-il sans que rien ne puisse masquer son émotion tant elle transpirait de ses yeux comme de sa voix, pétillante quoique contenue. Non pas pour garder la face, mais parce que trouver quoi dire était difficile. Cathleen acquiesça puis passa une main sur le visage de l'irlandais. "Je m'en charge." Lui dit-elle sans bouger pour autant. S'il était évident que Briac ne voudrait pas qu'un seul d'entre eux porte ces anneaux s'ils n'étaient pas tous les cinq, seulement tous les cinq, il n'y avait pas d'urgence non plus, elle pouvait prendre le temps de lui montrer qu'elle était là.


@Suilebhan Kohler, je ne sais pas si ton personnage mesure l'impact de son cadeau!
@Owen Locke, ton personnage est indirectement concerné!

Reducio
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Anneaux en chêne irlandais, ornés de la rune de la famille, Othalaz. La rune est en résine encastrée à l'intérieur du bois. Il y a un anneau pour chaque membre de la famille O'Belt (parents et enfants). Les anneaux sont contenus dans une boîte en bois simple, accompagnés d'un message : "Présent de mariage en retard, avec les intérêts. S."

THÈME A LA FOLIE - DÉCEMBRE 2025 - LUMIÈRES

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13 mars 2026, 22:40
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Passé

FÉVRIER 2051

Briac venait d'entrer dans son bureau, la pièce. Comme à chaque fois qu'il y pénétrait il commença par s'emparer de la tasse de thé qu'un des elfes de la famille avait déposé à sa demande et se dirigea vers le bureau, le meuble, pour regarder les quelques enveloppes arrivées le matin même. Tasse dans la main droite, il prit la première de la gauche et en avisa l'endroit. Le logo sur l'enveloppe lui permit de l'identifier en une seconde, elle venait du Conseil et devrait probablement la traiter en priorité. La seconde était, semblait-il, un courrier plus privé mais pas forcément personnel. En la tournant d'un mouvement du poignet il en déduisit qu'il devait s'agir d'une invitation venant d'une famille de longue lignée. Peu urgent pour le moment, il verrait a l'ouvrir quand le reste serait fait et la déposant donc dans un petit caisson présent sur son bureau, pour ne pas l'oublier tout en laissant l'espace disponible pour travailler.

Quant à la dernière enveloppe... Il eut un temps d'arrêt en la voyant. Ses doigts ne se refermèrent pas dessus. À la place, il glissèrent plutôt sur son nom. Cette écriture... Il la connaissait, c'était une certitude. Mais elle lui semblait être un vieux fantôme qu'il n'était pas capable de reconnaître. Pourtant ces traits droits, ces quelques courbes, ces déliés lui parlaient. Tous. Mais sans possibilité de les associer à une écriture, à une personne. Son cœur s'accéléra. A moins que. Peut-être. Non. Etait-ce seulement possible? Sa man droite posa sa tasse sur un dessous de verre avant de secouer la tête de gauche à droite dans un signe de déni. Non, il ne voyait pas pourquoi, ça n'avait aucun sens alors qu'il y avait des années qu'elle n'était plus devenu qu'un souvenir.

Et pourtant. Pourtant quelque chose au fond de lui espérait, rien qu'un peu. Qu'elle ne l'ait pas oublié. Lui ne l'avait pas oubliée. Il pensait à elle souvent. Très souvent. Probablement trop dirait toute personne à qui il s'ouvrirait. Mais il n'en parlait jamais. Ou presque. Quelque fois à Suileabhan, à mots plus ou moins couverts, sans entrer dans de quelconques détails. Et malgré cet espoir, il restait interdit, l'enveloppe dans la main gauche et la droite effleurant son nom ainsi que l'adresse de la demeure familiale. Il n'osait pas faire plus pour le moment. La peur d'être déçu, de la personne qui envoyait effectivement ce courrier, du contenu si son espoir se vérifiait.

Il allait devoir trouver un brin de courage quelque part sous son caractère de Serdaigle. Il devait bien en avoir quelque part, non? Sinon aurait-il pu avoir une fille ayant fait ses armes à Gryffondor? Briac inspira avant de s'asseoir sur sa chaise. La sienne, pas celle de son père qui avait trouver une place ailleurs dans la maison. Il le fit pour chercher à se donner contenance, pour tenter de trouver dans le contact du bois et du tissu ce qui lui manquait pour retourner enfin cette enveloppe et l'ouvrir. Un geste de plus, s'emparer du coupe papier. Et puis quelques mots, prononcés à voix haute pour briser le silence. "
Briac, tu es ridicule." Avait-il entendu sa propre voix, écho de mots qu'Aobh avait déjà prononcés. Sauf que dans ce contexte, ils auraient été bien plus tranchant et auraient peut-être enjoint à jeter la lettre. Si l'expéditeur ou plutôt l'expéditrice était belle et bien celle à laquelle il pensait.

L'homme resta encore quelques secondes immobile et puis se lança. Il retourna enfin l'enveloppe et ses yeux se posèrent sur le cachet de cire. Il n'eut plus aucun doute. Ses mains tremblèrent légèrement mais il parvint à le faire sauter délicatement avec son coupe papier. Il posa l'objet et sorti deux parchemins remplis d'une écriture à l'encre noire. Il n'eut pas besoin de lire plus que son prénom pour sentir l'émotion le prendre, et la première phrase pour qu'une larme se faufile au coin de son œil droit.


Briac,

J'ai l'impression que cela fait une éternité, pourtant c'était hier à la fois tant le souvenir est encore vif...

THÈME A LA FOLIE - MARS 2026 - PASSÉ

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