salle sensorielle OS TW Ça ne va pas aller, inquiète-toi

MARDI 01 NOVEMBRE 2050
QUATRIEME ANNEE.
SALLE SENSORIELLE
DE : 09H00 A 10H00


tw : crise d'angoisse
nb : cet OS est écrit du point de vue de Stella dans sa crise et est, par conséquent, rédigé à la deuxième personne, ce qui peut être déstabilisant. néanmoins j'espère que vous apprécierez cette lecture !

Faut respirer. Inspirer, lentement, puis expirer. Lentement aussi. Respirer. Faire entrer et sortir l'air de tes poumons. Oublier de penser aussi, se concentrer uniquement sur l'air nécessaire à ta survie et te désintéresser du reste, faire comme si tout ce qui t'entoure n'a aucune importance, aucun impact. Inspire, expire. N'oublies pas de respirer, c'est très important. Et- C'est quoi ce bruit bizarre ? C'est toi, tu trembles. Ton corps est agité de spasmes et tu gis pathétiquement là, comme un cadavre abandonné, un corps laissé sur un champ de bataille. Respire, n'oublies pas de respirer ! Tes larmes sont froides — est-ce que c'est normal qu'elles le soient autant ? — et elles te donnent froid au coeur, froid à l'âme. Inspire, expire. Ne panique pas, ça va passer. Tu sais que ça va passer, ça finit toujours par passer. Mais quand est-ce que ça va passer ? Le temps s'écoule beaucoup trop lentement, et ton corps te parait déjà lourd, tellement lourd, bien trop lourd. Respire, respire, respire et- ah. L'angoisse revient, et elle t'attaque alors même que tu peines déjà à reprendre tes esprits — cette vicieuse. Arrête de penser, contente-toi de respirer c'est déjà bien assez pour le moment. Peur. Peur. Peur. Non, inspire profondément et expire lentement, ne pense surtout p- Peur. Peur. Stop, tu dois respirer. Respire par le nez, ça a plus d'effet, ton coeur ira moins vite et ton corps se détendra automatiquement. Oui c'est ça, il faut arrêter de penser, couper les connexions et t'empêcher de réfléchir aux milles et unes petites choses qui te font mal. Mais rien ne va, rien ne va, rien ne va, rien de va ! Arrête ! Mais rien ne va ! Respire. T'es entrain d'oublier de respirer, tu dérapes, tu perds le contrôle. Regarde tes mains, elles tremblent. Ou alors c'est toi toute entière qui tremble, c'est pas non plus impossible. Peur. Non. Respire ! Rien ne va. Stop, ça suffit. Inspire, expire. T'as mal au corps, t'as mal au coeur, t'as mal partout mais t'es pas foutue de lâcher. Tiens c'est bizarre ça d'ailleurs, pourquoi est-ce que t'es capable de tenir aussi longtemps ? Mais nan, tu tiens pas. En fait ton corps te fait souffrir le martyre et t'attends qu'une chose c'est qu'il cède, mais t'es tellement sous l'emprise de la peur que t'en es juste incapable. Est-ce que tu vas finir par te briser, disparaitre sous l'angoisse et te noyer dans tes propres larmes ? Non, non tu ne veux pas ça. Et soudain c'est ta poitrine qui te fait mal — est-ce que ton coeur ne serait pas entrain de sortir de ton corps ? Est-ce que c'est possible même ? Tes poumons vont lâcher, c'est impossible autrement. Tu vas mourir ici sans que personne ne le sache, tu vas mourir ici, seule et dans le froid, les joues mouillées de larmes qui floutent ta vision et détrempent ton visage. Peur. Nan pas besoin d'avoir peur, t'es seule ici. Mais justement, personne pour te venir en aide. Pas d'aide, pas de secours, juste toi et tes angoisses. Et absolument personne pour te tirer de là. Juste tes pensées qui tournent, tournent, tournent... Peur. Faut respirer, n'oublie pas ! T'es fatiguée, tellement fatiguée. Et puis le monde se moque de toi, l'univers entier rit à ta figure sans même avoir la décence de se cacher, de faire semblant de t'apprécier. Mais alors tu fais quoi dans cette situation ? Inspire, expire. Essaye d'abord de décontracter tes muscles, ça fait mal, tellement tellement tellement mal. Et ta tête elle fait mal aussi. Peur. Angoisse. Ta peau gratte, tu voudrais pouvoir la retirer et te faire toute petite, disparaitre lentement dans le sol, te fondre avec le décors et arrêter d'exister, arrêter de....arrêter de...arrêter... Inspire. Expire. Regarde, tes mains tremblent tellement qu'elles risquent de se détacher. Contrôle toi bon sang, t'es pas un animal ! Chut, inspire, expire. C'est aussi simple que ça, pas besoin de réfléchir, pas besoin de se contenir. Ridicule. Incapable de garder ton calme, franchement pathétique. C'est pas normal de paniquer ainsi et de se montrer aussi peu rationnel, y a forcément quelque chose qui cloche avec toi. Oui mais quoi ? Inspire. C'est vrai que tu préfères être seule, tu parles pas beaucoup et t'as toujours la tête dans les étoiles, c'est pas normal ça. Expire. L'angoisse est partout ; elle s'infiltre sous ta peau, te démange de l'intérieur, provoque des frissons. Tiens tu trembles. Tu trembles si fort que tes os claquent entre eux et tu n'es soudain plus rien, une vulgaire marionnette laissée à l'abandon, un amas de chair et d'os, un squelette habillé. Non, faut pas penser à ça. Faut pas penser du tout d'ailleurs, sinon tu t'inquiètes, et quand tu t'inquiètes tu sens l'angoisses et quand t'es angoissée c'est déjà trop tard pour faire marche arrière et essayer de redevenir humaine. Inspire et expire, c'est tout ce dont t'as besoin de te rappeler. Laisse ton identité derrière toi, tu n'en as pas besoin. Laisse les émotions où elles sont, loin de toi, elles ne font que te blesser et t'embrouiller. Laisse ton prénom, ton histoire, ton sourire et ton visage à un endroit où tu ne pourras pas les trouver, ils ne sont d'aucun usage. Pour le moment tu dois te contenter d'inspirer et d'expirer, de subvenir aux besoins de ton organisme en oxygène. Le reste importe peu. T'as mal aux muscles, aux coeur et à l'âme, pourquoi t'encombrer de pensées qui ne serviront à rien ? Laisse-les tomber. Tes profs, tes amis, tes camarades, ta famille. Laisse-les tomber aussi, t'as mieux à faire. Inspirer, expirer. Ta gorge te fait horriblement mal, y a un nœud en métal dedans ou quoi ? Et ces battements insupportables qui vrillent ta tête...ce sont ceux de ton coeur. Mais c'est bizarre, pourquoi est-ce que la mécanique de ton corps te ferait souffrir ? Traitre. Oui, ton corps est un traitre. Et papa aussi, maman aussi, tous. Ils sont tous des traitres, de sales traitres qui t'ont mentis tout l'été et qui ont attendu que tu sois loin d'eux pour t'annoncer la nouvelle. Inspire. Expire. Sales traitres. Tu les détestes de tout ton coeur, tellement fort que ça te rend malade. Mais tu ne leur dis rien, tu les ignores et tu fais ce que tu sais faire de mieux ; disparaitre. Disparaitre de leur vie jusqu'à ce que cette ridicule lubie leur soit passée et que tu puisses reprendre le cours de ta vie là où il s'est arrêté. Ah. Mais non. Tu ne peux même pas faire ça. Parce que ta vie a vraiment changée, et radicalement. Sans que personne ne prenne le temps de te tenir la main et de s'assurer que tu vivais bien les changements. Hypocrites. Menteurs. Tu ne veux pas d'eux, tu ne veux plus d'eux. Inspire et expire. Tu as le droit d'être en colère mais il faut que tu respires, c'est important. Inspiration. Expiration. Les spasmes se sont réduits, non ? Et ton coeur, il fait moins mal n'est-ce pas ? Oui c'est cela, continues. Continues jusqu'à sentir la vie circuler dans ton corps, jusqu'à ce que tes muscles retrouvent leur vigueur, jusqu'à ce qu'il ne reste que ta rage ardente, une flamme qui se dresse haut dans le ciel et qui ne s'éteindra pas. Les menteurs ne méritent aucun repos, ils ne méritent pas tes sourires et encore moins ta présence. Alors tout ce qu'il te reste à faire, c'est te cacher ici, à l'école. Ils ne viendront pas ici ; ils seront trop occupés avec l'Imposteur ; et toi tu n'as pas envie de voir leurs visages de menteurs. T'as recommencé à penser, et en plus tu ne t'en es pas rendue compte. Est-ce que ça veut dire que tu vas mieux ? Non, rien ne va mieux. Tout est pire, mille fois pire. Mais au moins ton corps te reviens, tu retrouves la sensation rassurante d'avoir le contrôle. Inspire. Expire. Oublies papa et maman, oublies l'Imposteur. Pour le moment, tu vas te lever et aller à la bibliothèque. Essayer de travailler pour remettre de l'ordre dans ta tête et t'empêcher de penser. Oui, c'est ça. Faut pas que tu penses, tu dois agir mécaniquement pour ne pas attirer de soupçons et te contenter d'être. Tu resteras caché au château, tu joueras la comédie et personne ne sauras rien de ton trouble. Personne ne saura jamais qu'un Imposteur est arrivé.

15 ans / 5eme Année RP / fiche PR / / #004d65 / RDD / coucou rappeltout
"Am I boring ? Sure. Social skills ? None. But I’m loyal if you feed me and will never leave you cuz, well…. I need the food."