Mission... dédicace
Dimanche 08 janvier 2051, repas du soir
Le repas du soir touchait à sa fin, il était même déjà fini pour beaucoup qui avaient regagné leur salle commune. Les discussions avaient tourné évidemment autour du résultat du match de la veille dont le dénouement était si longtemps resté incertain avant de nous échapper.
Ce n’est pourtant pas cela qui me retenait à table ce soir. Les autres joueurs étaient d’ailleurs déjà remontés eux aussi. Je ne faisais rien de particulier, rien qui explique que je sois encore assise, seule à table, sinon les regards réguliers que je jetais en direction de la table où les professeurs et toute l’équipe de l’école prenait ses repas. Je guettais le moment où le psychomage serait seul ou sur le point de quitter la table. Après chaque coup d’œil dans cette direction, je vérifiais que j’avais bien le livre dans mon sac. Comme s’il avait pu s’envoler pendant le repas ?
Vint le moment où l’interlocuteur du psychomage prit congé, le laissant seul et peut-être sur le point de regagner aussi ses quartiers. Je quitte vite ma place pour me diriger vers la table des adultes, mon sac sur l’épaule et le livre serré contre ma poitrine.
— Bonsoir monsieur.
Je pose le livre sur la table, souriant mais un peu intimidée quand même. Je ne sais pas s’il va me reconnaître.
— J’ai lu votre livre pendant les vacances, je l’ai lu deux fois même... Vous pouvez me le dédicacer ?
@Hyacinthe Kyros
Mission... dédicace
La Grande Salle s'était vidée par vagues successives, comme une mer dont la marée reculait lentement chaque soir avant de revenir le lendemain matin dans un cycle perpétuel. Cela faisait plusieurs jours que Hyacinthe n'avait pas mangé là. Il avait passé son vendredi soir à travailler, puis s'était offert un restaurant le lendemain. Cela faisait longtemps que le roux ne s'était pas fait plaisir, et il devait avouer que le petit restaurant italien qui était à quelques rues de chez lui avait été une délicieuse découverte. En ce dimanche soir, le psychomage prenait son temps. Malgré le fait qu'il aimait rester dans ses quartiers pour prendre son repas - qui était un tant soit peu plus léger que ce qu'il mangeait en collectivité - l'un de ses plus grands plaisirs était bien les moments qu'il pouvait passer entouré de sorciers de toute sorte. Son assiette n'était qu’à moitié terminée : il avait davantage déplacé les aliments qu’il ne les avait réellement mangés. Une fine tranche de tarte aux oignons refroidissait, intacte, tandis que sa tasse de thé exhalait un parfum désormais presque imperceptible.
Il avait discuté avec Aaron et Jane un peu plus tôt. Il avait aussi écouté certains de ses autres collègues parler des péripéties plus ou moins impressionnantes - même s'il ne le dirait jamais - d'élèves qu'il ne connaissait que de nom. Il avait écouté, opiné, quelque peu intéressé par les événements qui se déroulaient en dehors de son bureau, jusqu'à ce que la conversation dérive vers le match de la veille. Le Quidditch n'avait jamais vraiment su atteindre Hyacinthe, malgré ses efforts pour s'y intéresser dans son adolescence. Il s'était néanmoins forcé à apprendre certaines bases, puisque c'était un sujet qui facilitait grandement les liens, et avait feint en enthousiasme mesuré en écoutant la façon dont Miss Wright avait attrapé le vif d'or.
Quand son interlocuteur se leva enfin, le laissant seul de son côté de la table, le roux sentit un soulagement ténu se glisser sous ses côtes. Il passa une main dans ses cheveux, écartant sa mèche pâle avec dans un mouvement distrait, et jeta un coup d'œil aux quelques autres sorciers qui étaient là. Ils étaient plutôt loin, et à vrai dire, Hyacinthe ne se sentait plus vraiment l'âme sociable. Il songea fugitivement à son bureau, au silence qui l’y attendait, à la pile d’articles sur la psychomagie développementale qu’il avait promis de relire, et à la douce compagnie de Lernie qui devait l'attendre de pied ferme pour son propre repas.
Un mouvement attira alors son attention, et le roux sut qu'il devait reculer un petit peu ses plans. Il releva alors les yeux, découvrant une jeune Serdaigle - sans aucun doute une première année, s'il en jugeait sa petite taille et sa timidité apparente. Hyacinthe afficha son sourire habituel, contrastant les plis aux coins de ses lèvres, dans le but de mettre la blonde en confiance.
- Bonsoir, mademoiselle. E...lisabeth, si je ne me trompe pas ?
Puis, elle posa le livre sur la table. Son livre. Oh, cela expliquait déjà beaucoup de choses. Hyacinthe sentit très distinctement son estomac se contracter. La couverture bleue avait beau être sobre, la dorure du titre et de ses décorations lui sembla beaucoup trop visible, malgré le fait qu'il l'ait adoré, lors de la publication de sa nouvelle. Découvrant que la jeune fille l'avait lu deux fois, il ne pu que cligner des yeux, pris de court. Bien sûr, il savait ce qu'engendrait une publication. De là à s'attendre à un autographe, en revanche... c'était une toute autre chose. Ce n'était pas comme s'il était un auteur de renom, bien au contraire. Il avait craint la publication toute sa vie, et gardait ses écrits dans l'intimité de son ordinateur portable (et sur les innombrables pages qu'il avait du imprimer ou retranscrire pour pouvoir travailler dessus à Poudlard.)
- Deux fois ? Répéta-t-il, un léger sourire étirant sa bouche fine. C'est très flatteur. Je suis content qu'il vous ai autant plut.
Sa voix resta douce, mais une pointe d’embarras y vibrait inexorablement. Il jeta un regard rapide autour d’eux, comme pour s’assurer que ses collègues n’écoutait pas. L’attention le mettait mal à l'aise, surtout lorsqu'il ne s'y attendait pas. Le roux savait la générer et la gérer s'il le souhaitait, tel l'acteur d'une scène révisée avant sa représentation, mais il n’avait jamais écrit pour être vu. Pourtant... c'était la seconde fois, qu'on lui demandait un autographe. Peut-être devrait-il s'attendre à d'autres demandes de ce genre à l'avenir, pour éviter une si désagréable panique de l'envahir. Ses doigts effleurèrent la couverture du livre avec une précaution presque révérencieuse tandis qu'il reprenait.
- Je peux, bien sûr. Mais... puis-je vous demander ce qui vous a donné envie de le lire ? Puis de le relire ?
La question lui échappa plus naturellement qu’il ne l’aurait cru. Son sourire de façade se fissura légèrement, laissant apparaître une curiosité presque enfantine, une lueur plus vive dans le regard. Cela lui arrivait souvent lorsqu'il parlait d'écriture, de science, ou même de peinture, bien sûr. Cela touchait à l'intime, à son identité, et Hyacinthe ne pouvait se permettre de jouer un rôle alors qu'il était si content. Savoir ce qui avait plut à Elisabeth dans sa nouvelle n'était qu'une demande égoïste qu'il pouvait camoufler sous les traits d'une discussion agréable.
Il avait discuté avec Aaron et Jane un peu plus tôt. Il avait aussi écouté certains de ses autres collègues parler des péripéties plus ou moins impressionnantes - même s'il ne le dirait jamais - d'élèves qu'il ne connaissait que de nom. Il avait écouté, opiné, quelque peu intéressé par les événements qui se déroulaient en dehors de son bureau, jusqu'à ce que la conversation dérive vers le match de la veille. Le Quidditch n'avait jamais vraiment su atteindre Hyacinthe, malgré ses efforts pour s'y intéresser dans son adolescence. Il s'était néanmoins forcé à apprendre certaines bases, puisque c'était un sujet qui facilitait grandement les liens, et avait feint en enthousiasme mesuré en écoutant la façon dont Miss Wright avait attrapé le vif d'or.
Quand son interlocuteur se leva enfin, le laissant seul de son côté de la table, le roux sentit un soulagement ténu se glisser sous ses côtes. Il passa une main dans ses cheveux, écartant sa mèche pâle avec dans un mouvement distrait, et jeta un coup d'œil aux quelques autres sorciers qui étaient là. Ils étaient plutôt loin, et à vrai dire, Hyacinthe ne se sentait plus vraiment l'âme sociable. Il songea fugitivement à son bureau, au silence qui l’y attendait, à la pile d’articles sur la psychomagie développementale qu’il avait promis de relire, et à la douce compagnie de Lernie qui devait l'attendre de pied ferme pour son propre repas.
Un mouvement attira alors son attention, et le roux sut qu'il devait reculer un petit peu ses plans. Il releva alors les yeux, découvrant une jeune Serdaigle - sans aucun doute une première année, s'il en jugeait sa petite taille et sa timidité apparente. Hyacinthe afficha son sourire habituel, contrastant les plis aux coins de ses lèvres, dans le but de mettre la blonde en confiance.
- Bonsoir, mademoiselle. E...lisabeth, si je ne me trompe pas ?
Puis, elle posa le livre sur la table. Son livre. Oh, cela expliquait déjà beaucoup de choses. Hyacinthe sentit très distinctement son estomac se contracter. La couverture bleue avait beau être sobre, la dorure du titre et de ses décorations lui sembla beaucoup trop visible, malgré le fait qu'il l'ait adoré, lors de la publication de sa nouvelle. Découvrant que la jeune fille l'avait lu deux fois, il ne pu que cligner des yeux, pris de court. Bien sûr, il savait ce qu'engendrait une publication. De là à s'attendre à un autographe, en revanche... c'était une toute autre chose. Ce n'était pas comme s'il était un auteur de renom, bien au contraire. Il avait craint la publication toute sa vie, et gardait ses écrits dans l'intimité de son ordinateur portable (et sur les innombrables pages qu'il avait du imprimer ou retranscrire pour pouvoir travailler dessus à Poudlard.)
- Deux fois ? Répéta-t-il, un léger sourire étirant sa bouche fine. C'est très flatteur. Je suis content qu'il vous ai autant plut.
Sa voix resta douce, mais une pointe d’embarras y vibrait inexorablement. Il jeta un regard rapide autour d’eux, comme pour s’assurer que ses collègues n’écoutait pas. L’attention le mettait mal à l'aise, surtout lorsqu'il ne s'y attendait pas. Le roux savait la générer et la gérer s'il le souhaitait, tel l'acteur d'une scène révisée avant sa représentation, mais il n’avait jamais écrit pour être vu. Pourtant... c'était la seconde fois, qu'on lui demandait un autographe. Peut-être devrait-il s'attendre à d'autres demandes de ce genre à l'avenir, pour éviter une si désagréable panique de l'envahir. Ses doigts effleurèrent la couverture du livre avec une précaution presque révérencieuse tandis qu'il reprenait.
- Je peux, bien sûr. Mais... puis-je vous demander ce qui vous a donné envie de le lire ? Puis de le relire ?
La question lui échappa plus naturellement qu’il ne l’aurait cru. Son sourire de façade se fissura légèrement, laissant apparaître une curiosité presque enfantine, une lueur plus vive dans le regard. Cela lui arrivait souvent lorsqu'il parlait d'écriture, de science, ou même de peinture, bien sûr. Cela touchait à l'intime, à son identité, et Hyacinthe ne pouvait se permettre de jouer un rôle alors qu'il était si content. Savoir ce qui avait plut à Elisabeth dans sa nouvelle n'était qu'une demande égoïste qu'il pouvait camoufler sous les traits d'une discussion agréable.
889 - @Elisabeth Swanmere
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
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Je sors de ma poche un stylo, du style utilisé dans le monde moldu — enfin, utilisé par celles et ceux qui ne se limitent pas au clavier — estampillé ESA, l’agence spatiale européenne. Maman me l’a acheté pendant les vacances, après avoir elle-même lu le livre. Je me rappelle son sourire amusé quand elle m’a dit que je pourrais demander une dédicace à l’ancienne, couchée sur le papier, au lieu de celles électroniques qui sont faites de nos jours et si facilement contrefaites. Je le tends à l’auteur, me doutant qu’il n’a peut-être pas de quoi écrire sur lui.
— Ce qui m’a donné envie ? C’est ce que vous avez dit lors de cette soirée chez Fleury. Ça m’a intéressée tout de suite cette histoire d’une sorcière qui se retrouve dans l’équipage d’un vaisseau interstellaire. Pour être honnête, je me demandais ce qu’un sorcier savait des voyages dans l’espace.
Ça m’intéressait car le voyage de l’héroïne, c’est le même que le mien mais à l’envers, elle plongée dans le monde ordinaire et moi dans celui de la magie.
— Je me suis demandé alors si ça pouvait être vrai cette partie de l’histoire. Enfin pas vraie, je voulais dire si ça pouvait être possible. Qu’une sorcière qui a étudié dans une école de magie puisse quand même devenir une scientifique.
J’ai été un peu déçue que ce ne soit en fait pas expliqué dans le livre, j’ai trouvé ça un peu dommage mais ce n’était pas vraiment important pour le thème à respecter pour le concours.
— J’ai été étonnée que vous connaissiez si bien le monde ordinaire, la science et tout ça.
@Hyacinthe Kyros
— Ce qui m’a donné envie ? C’est ce que vous avez dit lors de cette soirée chez Fleury. Ça m’a intéressée tout de suite cette histoire d’une sorcière qui se retrouve dans l’équipage d’un vaisseau interstellaire. Pour être honnête, je me demandais ce qu’un sorcier savait des voyages dans l’espace.
Ça m’intéressait car le voyage de l’héroïne, c’est le même que le mien mais à l’envers, elle plongée dans le monde ordinaire et moi dans celui de la magie.
— Je me suis demandé alors si ça pouvait être vrai cette partie de l’histoire. Enfin pas vraie, je voulais dire si ça pouvait être possible. Qu’une sorcière qui a étudié dans une école de magie puisse quand même devenir une scientifique.
J’ai été un peu déçue que ce ne soit en fait pas expliqué dans le livre, j’ai trouvé ça un peu dommage mais ce n’était pas vraiment important pour le thème à respecter pour le concours.
— J’ai été étonnée que vous connaissiez si bien le monde ordinaire, la science et tout ça.
@Hyacinthe Kyros
Mission... dédicace
Le stylo attira immédiatement son regard. Pas tant pour sa fonction malgré l'usage commun de la plume à Poudlard, il arrivait souvent de croiser des élèves avec des stylos, mais plutôt pour ce qui était inscrit dessus. Le logo, discret mais reconnaissable, fit naître un léger sourire de reconnaissance sur le visage de Hyacinthe. L'ESA. Un artefact moldu, assurément, qui en devenait presque incongru entre les murs de pierre de Poudlard.
- Oh... souffla-t-il presque, en acceptant l'objet puis le faisant lentement rouler entre ses doigts. Merci. L’Agence Spatiale Européenne, c’est... c'est un très bon choix. Où l'avez-vous donc eu ? Une conférence ?
Le roux releva les yeux vers Elisabeth, et quelque chose dans son regard sembla plus clair, plus animé. Il eut un léger rire et secoua doucement la tête en pensant au même genre de stylo, qu'il avait eu il y a quelques années. Il était à présent perdu, et avait avant ça été abîmé par l'âge et l'usage, mais Hyacinthe se souvenait clairement de la satisfaction qu'il avait ressenti lorsqu'on lui avait offert un objet si simple.
Lorsqu'il posa la pointe sur le livre, il fallut quelques secondes pour que le roux s'y habitue : les stylos lui étaient familiers, mais il préférait l'élégance d'une plume et de l'encre sur un papier. Le stylo était plus sec, plus immédiat et, à mesure qu'Elisabeth parlait, son expression s'adoucit imperceptiblement. Lorsqu’elle évoqua la soirée chez Fleury & Bott, il inclina légèrement la tête, surpris qu’elle s’en souvienne aussi distinctement. Lui-même n’avait parlé que brièvement, persuadé d’avoir été noyé dans le flot des interventions des deux jeunes autres concurrentes, sans aucun doute plus légitimes de par leur jeune âge.
Puis vinrent ses questions, ses doutes. À mesure qu’Elisabeth parlait, les yeux noisette de Hyacinthe brillèrent d'intérêt. La blonde évoqua la possibilité d’une sorcière scientifique, et il inclina légèrement la tête, pensif, mais sans la moindre fermeture. Au contraire : il semblait absolument heureux qu’elle ait posé la question. Mais ce fut une autre expression, glissée presque innocemment dans son discours, qui fit naître en lui une pensée fugace.
Le monde ordinaire ?
Hyacinthe baissa un instant les yeux, dissimulant à peine un sourire plus intérieur, presque attendri. Ce n’était pas surprenant - elle était jeune, et Poudlard devait encore lui apparaître comme un basculement total, un rêve éveillé. Lui-même se souviendrait toujours du sentiment qu'il a ressenti lorsqu'il lui a découvert le monde magique. Joie, libération, émerveillement. Pour la jeune fille, la magie était sans doute issue d'un ailleurs bien loin du monde moldu - parce qu'elle était née moldue, cette expression le certifiait presque. Hyacinthe trouva cela... amusant. Il baissa un instant les yeux vers le livre ouvert sous sa main, l'inscription "Elisabeth Swanmere - Merci de votre lecture. H. Kyros" clairement visible et inspira lentement.
- Cette histoire n'est pas basée sur des faits réels, mais je pense sincèrement que cela peut être possible, commença-t-il en cherchant la meilleure façon de formuler ses pensées. Ses doigts vinrent se poser à plat sur la page, évitant soigneusement son écriture pour éviter une bavure. Néanmoins, complexe. Les matières enseignées à Poudlard sont différentes de celles enseignées dans les écoles moldues, et certaines matières - mathématiques, physique, peut-être même biologie, sont nécessaires pour poursuivre dans cette voie.
Hyacinthe fit une pause, le regard levé vers le plafond de la Grande Salle. Les bougies étaient d'une beauté intemporelle, distrayant agréablement les yeux du roux tandis qu'il faisait glisser le stylo entre ses doigts.
- Un sorcier ou une sorcière voulant devenir scientifique devra rattraper ces connaissances plus tard, au début de ses études supérieures, par exemple. C'est... une question d'envie, de patience, de persévérance. De moyens, aussi ; certaines écoles ne sont pas gratuites. Mais... ce n'est pas impossible.
Son sourire s’élargit légèrement, gagnant en chaleur, et le silence qui suivit ses mots fut une pausa agréable. Lorsque vint la dernière remarque de la jeune fille, les yeux fatigués de Hyacinthe furent teintés d'une lueur espiègle. Il haussa les épaules de manière nonchalante avant de reprendre d'une voix douce.
- Je suis né-moldu. Ces domaines... j'ai grandi dedans. Quant à l’espace, je m’y suis intéressé très tôt.
Une vérité simple, mais chargée de tout ce qu’il n’explicitait pas - l’enfance, les incompréhensions, la magie qui surgit sans cadre ni réponses, jusqu'à ce que tout d'un coup, tout s'explique.
- Oh... souffla-t-il presque, en acceptant l'objet puis le faisant lentement rouler entre ses doigts. Merci. L’Agence Spatiale Européenne, c’est... c'est un très bon choix. Où l'avez-vous donc eu ? Une conférence ?
Le roux releva les yeux vers Elisabeth, et quelque chose dans son regard sembla plus clair, plus animé. Il eut un léger rire et secoua doucement la tête en pensant au même genre de stylo, qu'il avait eu il y a quelques années. Il était à présent perdu, et avait avant ça été abîmé par l'âge et l'usage, mais Hyacinthe se souvenait clairement de la satisfaction qu'il avait ressenti lorsqu'on lui avait offert un objet si simple.
Lorsqu'il posa la pointe sur le livre, il fallut quelques secondes pour que le roux s'y habitue : les stylos lui étaient familiers, mais il préférait l'élégance d'une plume et de l'encre sur un papier. Le stylo était plus sec, plus immédiat et, à mesure qu'Elisabeth parlait, son expression s'adoucit imperceptiblement. Lorsqu’elle évoqua la soirée chez Fleury & Bott, il inclina légèrement la tête, surpris qu’elle s’en souvienne aussi distinctement. Lui-même n’avait parlé que brièvement, persuadé d’avoir été noyé dans le flot des interventions des deux jeunes autres concurrentes, sans aucun doute plus légitimes de par leur jeune âge.
Puis vinrent ses questions, ses doutes. À mesure qu’Elisabeth parlait, les yeux noisette de Hyacinthe brillèrent d'intérêt. La blonde évoqua la possibilité d’une sorcière scientifique, et il inclina légèrement la tête, pensif, mais sans la moindre fermeture. Au contraire : il semblait absolument heureux qu’elle ait posé la question. Mais ce fut une autre expression, glissée presque innocemment dans son discours, qui fit naître en lui une pensée fugace.
Le monde ordinaire ?
Hyacinthe baissa un instant les yeux, dissimulant à peine un sourire plus intérieur, presque attendri. Ce n’était pas surprenant - elle était jeune, et Poudlard devait encore lui apparaître comme un basculement total, un rêve éveillé. Lui-même se souviendrait toujours du sentiment qu'il a ressenti lorsqu'il lui a découvert le monde magique. Joie, libération, émerveillement. Pour la jeune fille, la magie était sans doute issue d'un ailleurs bien loin du monde moldu - parce qu'elle était née moldue, cette expression le certifiait presque. Hyacinthe trouva cela... amusant. Il baissa un instant les yeux vers le livre ouvert sous sa main, l'inscription "Elisabeth Swanmere - Merci de votre lecture. H. Kyros" clairement visible et inspira lentement.
- Cette histoire n'est pas basée sur des faits réels, mais je pense sincèrement que cela peut être possible, commença-t-il en cherchant la meilleure façon de formuler ses pensées. Ses doigts vinrent se poser à plat sur la page, évitant soigneusement son écriture pour éviter une bavure. Néanmoins, complexe. Les matières enseignées à Poudlard sont différentes de celles enseignées dans les écoles moldues, et certaines matières - mathématiques, physique, peut-être même biologie, sont nécessaires pour poursuivre dans cette voie.
Hyacinthe fit une pause, le regard levé vers le plafond de la Grande Salle. Les bougies étaient d'une beauté intemporelle, distrayant agréablement les yeux du roux tandis qu'il faisait glisser le stylo entre ses doigts.
- Un sorcier ou une sorcière voulant devenir scientifique devra rattraper ces connaissances plus tard, au début de ses études supérieures, par exemple. C'est... une question d'envie, de patience, de persévérance. De moyens, aussi ; certaines écoles ne sont pas gratuites. Mais... ce n'est pas impossible.
Son sourire s’élargit légèrement, gagnant en chaleur, et le silence qui suivit ses mots fut une pausa agréable. Lorsque vint la dernière remarque de la jeune fille, les yeux fatigués de Hyacinthe furent teintés d'une lueur espiègle. Il haussa les épaules de manière nonchalante avant de reprendre d'une voix douce.
- Je suis né-moldu. Ces domaines... j'ai grandi dedans. Quant à l’espace, je m’y suis intéressé très tôt.
Une vérité simple, mais chargée de tout ce qu’il n’explicitait pas - l’enfance, les incompréhensions, la magie qui surgit sans cadre ni réponses, jusqu'à ce que tout d'un coup, tout s'explique.
729 - @Elisabeth Swanmere
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
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Je ne suis pas vraiment surprise d'apprendre qu'il a de parents qui ne sont pas des sorciers. Le livre montre qu'il connaît bien le monde scientifique, ce qui ne doit pas être évident pour quelqu'un qui n'aurait connu que le monde magique. Je me demande d'ailleurs s'il arrive que des auteurs issus de familles sorcières écrivent des aventures qui se déroulent dans le monde sans magie.
— C'est ma maman qui l'a acheté mais je ne sais pas très bien où. Je suis contente qu'il vous plaise. Elle a bien aimé votre livre aussi. Je crois qu'elle l'a mieux compris que moi.
Je relève la tête, mon regard était resté fixé sur la page ouverte du livre sur laquelle il venait d'écrire.
— Moi aussi, mes parents sont... enfin, ne sont pas des sorciers. Sans doute que vous l'avez deviné. Ils n'étaient pas avec moi lors de la remise des prix sur le Chemin de Traverse. Ils ne pouvaient pas venir.
Je marque une petite pause. J'ai en tête les derniers mots qu'il a dits, tellement facilement alors que moi, je n'aime pas dire cela. Est-ce vraiment le moment de parler de cela ?
— C'est un peu bête de dire cela mais je n'aime pas ce mot. Moldu. Je ne sais pas bien pourquoi, il y a quelque chose qui me dérange. Je lui trouve, comme un petit goût de moquerie. C'est sans doute bête de penser ça mais je ne peux pas m'en empêcher.
@Hyacinthe Kyros
— C'est ma maman qui l'a acheté mais je ne sais pas très bien où. Je suis contente qu'il vous plaise. Elle a bien aimé votre livre aussi. Je crois qu'elle l'a mieux compris que moi.
Je relève la tête, mon regard était resté fixé sur la page ouverte du livre sur laquelle il venait d'écrire.
— Moi aussi, mes parents sont... enfin, ne sont pas des sorciers. Sans doute que vous l'avez deviné. Ils n'étaient pas avec moi lors de la remise des prix sur le Chemin de Traverse. Ils ne pouvaient pas venir.
Je marque une petite pause. J'ai en tête les derniers mots qu'il a dits, tellement facilement alors que moi, je n'aime pas dire cela. Est-ce vraiment le moment de parler de cela ?
— C'est un peu bête de dire cela mais je n'aime pas ce mot. Moldu. Je ne sais pas bien pourquoi, il y a quelque chose qui me dérange. Je lui trouve, comme un petit goût de moquerie. C'est sans doute bête de penser ça mais je ne peux pas m'en empêcher.
@Hyacinthe Kyros
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La trace nette laissée par son stylo était déjà sèche lorsque Hyacinthe repassa son regard dessus. C’était simple. Peut-être trop simple, songea-t-il brièvement. Mais il n’avait jamais su quoi écrire d’autre sans que cela sonne faux depuis qu'on lui avait demandé de signer son premier bouquin. Souhaiter de bonnes choses, une belle lecture, inscrire son nom. Il fallait que cela reste court et ne pas trop en dire, la reconnaissance restait donc superflue et gardée pour soi.
Ce fut la voix de la jeune fille qui ramena doucement Hyacinthe à elle. Il releva les yeux et esquissa un sourire face à son explication, qui se transforma en un léger rire quand Elisabeth indiqua que sa mère avait mieux compris qu'elle. L'idée que son texte ait circulé au sein de cette famille était assez gratifiante - il n'avait pas écrit à destination d'un public précis et de ce fait, savoir que plusieurs générations pouvaient l'apprécier était particulièrement agréable.
Puis naturellement, la conversation glissa. Elisabeth évoquait ses parents avec une certaine hésitation, ses yeux se focussant encore plus sur le livre qu'il tenait. Hyacinthe la laissa aller jusqu'au bout de ses pensées avant de réfléchir à sa réponse. C'était un peu familier, à vrai dire, d'entendre ces mots sortir de sa bouche. De la même façon que ce mot lui avait semblé rabaissant lors de sa scolarité, Hyacinthe avait eu un bon nombre de pensées qu'il trouverait à présent presque ridicules. Suis-je moins bon qu'un sorcier normal ? Est-ce pour ça que le choixpeau ne m'a pas envoyé à Serpentard ? Ne suis-je pas digne de pratiquer la magie, puisque mon sang est si mauvais ?
Le roux en avait honte, à vrai dire. Maintenant qu'il s'était réconcilié avec sa famille et qu'il avait gagné en confiance, l'idée lui semblait ridicule. Peu importait qui étaient ses parents, la magie, il l'avait dans l'âme. Les études, la pratique... la Magie se fichait bien du reste. Néanmoins, Hyacinthe comprenait aussi toute l'importance que cela avait dans un contexte social : le monde était tristement fait ainsi. Le sang, les traditions, l'ancienneté. Tout cela jouait d'une telle influence dans le monde sorcier qu'il n'était pas rare, que ce soit à l'époque de ses études ou maintenant, de voir de terribles discriminations liées à cela. Hyacinthe lui-même s'est laissé prendre par cela, et il était vrai qu'aujourd'hui encore, il savait éviter de mentionner son origine lorsqu'il était entouré de requins.
Hyacinthe baissa les yeux, son expression un peu plus sérieuse, et fit apparaitre un faux sourire avant de reprendre la parole. Malgré sa volonté de soulager la jeune fille, son ton retrouvait une pointe de mépris vis-à-vis de la situation actuelle. C'était une question sociale, politique, sujette à trop de divergences et d'injustice pour qu'y penser le stimule sans irritation. Cela avait tendance à faire ressortir son côté désagréable.
- Ce n’est pas bête, pas du tout. À vrai dire, je comprend d'où vous vient cette pensée. Vous avez le droit de ne pas aimer ce mot, surtout quand vous avez conscience de ce qu'il peut parfois impliquer. Je vous assure que vous n'êtes pas la seule à tiquer dessus. Il a été utilisé de beaucoup de façons différentes, expliqua-t-il. Le roux avait toute une gamme de mots moins agréables qui pouvaient être utilisés pour parler des moldus, ou des sorciers nés-moldus. Avec neutralité, avec appréciation... parfois avec mépris. Mais en lui-même, ce n’est qu’un mot, une origine. Cela n'est pas un jugement tant que votre interlocuteur ne met pas d'intention derrière.
Le regard noisette du roux se fit un peu plus lointain, et il réajusta sa position sur sa chaise avant de reprendre avec quelques explications. Il ne pouvait ni ne voulait aller trop loin : la jeune fille savait peut-être déjà que ce sujet divisait tant qu'il a été au centre de plusieurs guerres.
- Le terme est, la plupart du temps, utilisé sans arrière pensée - comme j'ai pu le faire un peu plus tôt. Mais parfois il peut être ressenti comme une frontière, voir une insulte. Il... il faut apprendre à distinguer les deux pour pouvoir se détacher du dérangement que le mot "moldu" peut causer dans le deuxième cas.
Hyacinthe fronça brièvement les sourcils. Il y eut, dans le léger plissement de ses yeux fatigués, quelque chose de plus sérieux qui affleura. Il était sincère dans ses propos : le mot en lui-même, n'était rien. Et pourtant, il avait entendu trop de conversations feutrées, trop de remarques à demi-mot, surtout depuis que certaines voix, au sommet, s’autorisaient à redessiner les frontières avec une assurance qui le laissait toujours... froid. Ici, à Poudlard, peu importe l'époque, cela restait rare ; et heureusement. Quelques élans d’idiotie, parfois, chez certains élèves ou adultes trop sûrs de leur importance. Rien qui ne puisse être repris et travaillé.
Mais cela existait, et Elisabeth avait posé le doigt dessus dès sa première année. Très légèrement, le trentenaire redressa la tête. Ses doigts se replièrent doucement sur eux-mêmes, puis se relâchèrent. Hyacinthe prit le temps de respirer, puis reprit avec une pensée soudaine qui teinta son visage d'amusement.
- Et, très honnêtement... bien qu'il y ait des différences entre sorciers et moldus, les différences vont dans les deux sens. Le coin de ses lèvres se souleva dans un rire spontané et franc. Les sorciers savent faire des choses que les moldus ne pourraient imaginer, c'est vrai, mais donnez une télécommande à un sorcier, et regardez le. C'est particulièrement amusant. Imaginez donc avec un téléphone portable !
Il secoua doucement la tête, visiblement amusé par une image qui lui revenait.
- Vous êtes bien placée pour le savoir, non ? Reprit-t-il avec bienveillance. Vous avez grandi avec des choses que beaucoup ici ne comprennent pas du tout. Et vous apprenez, en plus, tout ce qu’ils savent déjà.
Il marqua une pause, très légère.
- Je pense sincèrement que cette multiculturalité - car vous avez en vous des parts de la culture sorcière, en plus de la moldue - est une richesse formidable. Même si d'autres sorciers peuvent vous dire le contraire, ou que votre esprit ait parfois du mal à y croire... soyez fière de qui vous êtes, Elisabeth.
Il avait mis tant de temps à comprendre cela... Voir des portes se fermer face à lui parce qu'il n'était pas un pur sorcier et entendre des ignominies de la bouche de personnes déplaisantes au possible y avait beaucoup joué. Mais s'il pouvait faire en sorte que tout ce qui était dans l'autre monde vaille la peine d'être découvert, et que ces jeunes puissent ne jamais connaître la honte qui l'a habité... il ferait de son mieux.
Ce fut la voix de la jeune fille qui ramena doucement Hyacinthe à elle. Il releva les yeux et esquissa un sourire face à son explication, qui se transforma en un léger rire quand Elisabeth indiqua que sa mère avait mieux compris qu'elle. L'idée que son texte ait circulé au sein de cette famille était assez gratifiante - il n'avait pas écrit à destination d'un public précis et de ce fait, savoir que plusieurs générations pouvaient l'apprécier était particulièrement agréable.
Puis naturellement, la conversation glissa. Elisabeth évoquait ses parents avec une certaine hésitation, ses yeux se focussant encore plus sur le livre qu'il tenait. Hyacinthe la laissa aller jusqu'au bout de ses pensées avant de réfléchir à sa réponse. C'était un peu familier, à vrai dire, d'entendre ces mots sortir de sa bouche. De la même façon que ce mot lui avait semblé rabaissant lors de sa scolarité, Hyacinthe avait eu un bon nombre de pensées qu'il trouverait à présent presque ridicules. Suis-je moins bon qu'un sorcier normal ? Est-ce pour ça que le choixpeau ne m'a pas envoyé à Serpentard ? Ne suis-je pas digne de pratiquer la magie, puisque mon sang est si mauvais ?
Le roux en avait honte, à vrai dire. Maintenant qu'il s'était réconcilié avec sa famille et qu'il avait gagné en confiance, l'idée lui semblait ridicule. Peu importait qui étaient ses parents, la magie, il l'avait dans l'âme. Les études, la pratique... la Magie se fichait bien du reste. Néanmoins, Hyacinthe comprenait aussi toute l'importance que cela avait dans un contexte social : le monde était tristement fait ainsi. Le sang, les traditions, l'ancienneté. Tout cela jouait d'une telle influence dans le monde sorcier qu'il n'était pas rare, que ce soit à l'époque de ses études ou maintenant, de voir de terribles discriminations liées à cela. Hyacinthe lui-même s'est laissé prendre par cela, et il était vrai qu'aujourd'hui encore, il savait éviter de mentionner son origine lorsqu'il était entouré de requins.
Hyacinthe baissa les yeux, son expression un peu plus sérieuse, et fit apparaitre un faux sourire avant de reprendre la parole. Malgré sa volonté de soulager la jeune fille, son ton retrouvait une pointe de mépris vis-à-vis de la situation actuelle. C'était une question sociale, politique, sujette à trop de divergences et d'injustice pour qu'y penser le stimule sans irritation. Cela avait tendance à faire ressortir son côté désagréable.
- Ce n’est pas bête, pas du tout. À vrai dire, je comprend d'où vous vient cette pensée. Vous avez le droit de ne pas aimer ce mot, surtout quand vous avez conscience de ce qu'il peut parfois impliquer. Je vous assure que vous n'êtes pas la seule à tiquer dessus. Il a été utilisé de beaucoup de façons différentes, expliqua-t-il. Le roux avait toute une gamme de mots moins agréables qui pouvaient être utilisés pour parler des moldus, ou des sorciers nés-moldus. Avec neutralité, avec appréciation... parfois avec mépris. Mais en lui-même, ce n’est qu’un mot, une origine. Cela n'est pas un jugement tant que votre interlocuteur ne met pas d'intention derrière.
Le regard noisette du roux se fit un peu plus lointain, et il réajusta sa position sur sa chaise avant de reprendre avec quelques explications. Il ne pouvait ni ne voulait aller trop loin : la jeune fille savait peut-être déjà que ce sujet divisait tant qu'il a été au centre de plusieurs guerres.
- Le terme est, la plupart du temps, utilisé sans arrière pensée - comme j'ai pu le faire un peu plus tôt. Mais parfois il peut être ressenti comme une frontière, voir une insulte. Il... il faut apprendre à distinguer les deux pour pouvoir se détacher du dérangement que le mot "moldu" peut causer dans le deuxième cas.
Hyacinthe fronça brièvement les sourcils. Il y eut, dans le léger plissement de ses yeux fatigués, quelque chose de plus sérieux qui affleura. Il était sincère dans ses propos : le mot en lui-même, n'était rien. Et pourtant, il avait entendu trop de conversations feutrées, trop de remarques à demi-mot, surtout depuis que certaines voix, au sommet, s’autorisaient à redessiner les frontières avec une assurance qui le laissait toujours... froid. Ici, à Poudlard, peu importe l'époque, cela restait rare ; et heureusement. Quelques élans d’idiotie, parfois, chez certains élèves ou adultes trop sûrs de leur importance. Rien qui ne puisse être repris et travaillé.
Mais cela existait, et Elisabeth avait posé le doigt dessus dès sa première année. Très légèrement, le trentenaire redressa la tête. Ses doigts se replièrent doucement sur eux-mêmes, puis se relâchèrent. Hyacinthe prit le temps de respirer, puis reprit avec une pensée soudaine qui teinta son visage d'amusement.
- Et, très honnêtement... bien qu'il y ait des différences entre sorciers et moldus, les différences vont dans les deux sens. Le coin de ses lèvres se souleva dans un rire spontané et franc. Les sorciers savent faire des choses que les moldus ne pourraient imaginer, c'est vrai, mais donnez une télécommande à un sorcier, et regardez le. C'est particulièrement amusant. Imaginez donc avec un téléphone portable !
Il secoua doucement la tête, visiblement amusé par une image qui lui revenait.
- Vous êtes bien placée pour le savoir, non ? Reprit-t-il avec bienveillance. Vous avez grandi avec des choses que beaucoup ici ne comprennent pas du tout. Et vous apprenez, en plus, tout ce qu’ils savent déjà.
Il marqua une pause, très légère.
- Je pense sincèrement que cette multiculturalité - car vous avez en vous des parts de la culture sorcière, en plus de la moldue - est une richesse formidable. Même si d'autres sorciers peuvent vous dire le contraire, ou que votre esprit ait parfois du mal à y croire... soyez fière de qui vous êtes, Elisabeth.
Il avait mis tant de temps à comprendre cela... Voir des portes se fermer face à lui parce qu'il n'était pas un pur sorcier et entendre des ignominies de la bouche de personnes déplaisantes au possible y avait beaucoup joué. Mais s'il pouvait faire en sorte que tout ce qui était dans l'autre monde vaille la peine d'être découvert, et que ces jeunes puissent ne jamais connaître la honte qui l'a habité... il ferait de son mieux.
1107- @Elisabeth Swanmere
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
Mission... dédicace
Je n'imaginais pas que ma remarque sur le mot Moldu allait amener monsieur Kyros à me partager autant d'explications. C'est vrai que la plupart des élèves utilisent ce mot sans aucune pensée négative. Beaucoup qui sont issus de familles mixtes l'utilisent pour désigner l'un de leurs parents et cependant avec beaucoup de respect et d'amour. C'est le mot qui est employé depuis des siècles dans le monde des sorciers. Il y a quelques chose dans sa sonorité qui me déplaît mais au fond, si un chat comprenait notre langage, peut-être qu'il trouvait le nom qu'on donne à son espèce effroyablement banal et indigne de sa majesté féline.
Je hoche souvent la tête, je comprends bien ce qu'il m'explique, et souris même quand il évoque tous les gadgets technologiques qui sont des jeux d'enfants pour nous et qui seraient des casse-têtes pour les rejetons de familles de sorciers.
— Oh je le suis et honnêtement, je n'ai pas encore vraiment été émerveillée par ce que j'ai appris en magie. Lumos par exemple, ça me fait rire quand je pense à ce qu'on sait faire nous. Mais ce n'est que le début, j'imagine que je vais découvrir des choses plus extraordinaires au fil des années. Enfin, non, je dis une bêtise. Les balais magiques, ça ça m'a scotchée.
Mais je n'en dis pas plus sur le sujet. Pas plus sur le fait que je connais l'autre nom que certains donnent aux sorciers issus des familles moldues. On me l'a déjà lancé au visage et aujourd'hui, en fait je m'en fiche. C'est grâce à papa, à ce qu'il m'a raconté ce que l'Histoire nous apprend quant à la pureté du sang. Mais c'est quelque chose dont je n'oserais jamais parler ici à l'école car c'est certainement plus insultant encore et exagéré aussi.
— Il y a quelque chose que je n'ai pas bien compris dans votre livre. Maman je crois oui mais elle n'a pas voulu m'expliquer, elle m'a dit que c'est à moi d'y réfléchir et de me faire ma propre opinion. Mais c'est difficile quand même. C'est pour ça que je l'ai relu dans le train qui me ramenait à l'école.
J'essaie d'organiser mes pensées, cela fait une semaine que j'ai relu le livre et j'ai à peine pu en feuilleter quelques ces derniers jours, trop de travail pour ça.
— Je n'arrive pas à comprendre ce qu'il s'est passé, ce que c'est que cette boucle. Je crois, enfin c'est ce que j'ai compris, qu'Alice envoie des messages vers le passé pour éviter les catastrophes qu'elle vit et qu'ainsi elle permet à elle même du passé de corriger. Mais je crois que c'est plus compliqué que ça.
Mais c'est peut-être quelque chose qu'il a voulu laisser mystérieux, que chacun puisse comprendre ce qu'il pense comprendre et y réfléchisse à nouveau.
Je hoche souvent la tête, je comprends bien ce qu'il m'explique, et souris même quand il évoque tous les gadgets technologiques qui sont des jeux d'enfants pour nous et qui seraient des casse-têtes pour les rejetons de familles de sorciers.
— Oh je le suis et honnêtement, je n'ai pas encore vraiment été émerveillée par ce que j'ai appris en magie. Lumos par exemple, ça me fait rire quand je pense à ce qu'on sait faire nous. Mais ce n'est que le début, j'imagine que je vais découvrir des choses plus extraordinaires au fil des années. Enfin, non, je dis une bêtise. Les balais magiques, ça ça m'a scotchée.
Mais je n'en dis pas plus sur le sujet. Pas plus sur le fait que je connais l'autre nom que certains donnent aux sorciers issus des familles moldues. On me l'a déjà lancé au visage et aujourd'hui, en fait je m'en fiche. C'est grâce à papa, à ce qu'il m'a raconté ce que l'Histoire nous apprend quant à la pureté du sang. Mais c'est quelque chose dont je n'oserais jamais parler ici à l'école car c'est certainement plus insultant encore et exagéré aussi.
— Il y a quelque chose que je n'ai pas bien compris dans votre livre. Maman je crois oui mais elle n'a pas voulu m'expliquer, elle m'a dit que c'est à moi d'y réfléchir et de me faire ma propre opinion. Mais c'est difficile quand même. C'est pour ça que je l'ai relu dans le train qui me ramenait à l'école.
J'essaie d'organiser mes pensées, cela fait une semaine que j'ai relu le livre et j'ai à peine pu en feuilleter quelques ces derniers jours, trop de travail pour ça.
— Je n'arrive pas à comprendre ce qu'il s'est passé, ce que c'est que cette boucle. Je crois, enfin c'est ce que j'ai compris, qu'Alice envoie des messages vers le passé pour éviter les catastrophes qu'elle vit et qu'ainsi elle permet à elle même du passé de corriger. Mais je crois que c'est plus compliqué que ça.
Mais c'est peut-être quelque chose qu'il a voulu laisser mystérieux, que chacun puisse comprendre ce qu'il pense comprendre et y réfléchisse à nouveau.
@Hyacinthe Kyros
Mission... dédicace
Un doux sourire étirait les lèvres du psychomage alors qu'il écoutait avec une attention partielle les propos d'Elisabeth. C'était une douce agitation, celle qu'offrait la jeunesse et la découverte. Le sentiment était loin d'être inconnu. Ses doigts, d’abord posés avec une certaine retenue sur la tranche du livre, finirent par se délier lentement en venant en effleurer la couverture comme pour accompagner le fil des pensées d’Elisabeth. Son amusement fut plus franc lorsqu'elle mentionna l'utilité du Lumos, et d'une certaine façon, voir les prouesses de certains sorciers n'avait rien à voir avec l'apprentissage des sorts élémentaires. Hyacinthe pouvait comprendre ses propos, et dans un sens, tout le monde ne se baladait pas avec une lampe de poche sous la main. Peut-être était-ce une pensée trop pratique, trop quotidienne pour une si jeune adolescente, songea-t-il. Son petit-lui avait eu une réaction similaire à celle de la Serdaigle.
- Quand on a grandi avec l’électricité, Lumos... perd un peu de son effet spectaculaire. Et pourtant, si on y réfléchit : une lumière contrôlable qui est accessible à chaque instant, n'importe où. Pas très impressionnant au premier regard, je peux vous l'accorder. Il y a certains sorts comme ça, plutôt... pratiques, essentiels tout au long de la vie. Puis il y en a d'autres, qui vous laissent sans voix tant ils sont uniques et extraordinaires.
Il releva les yeux vers elle, son sourire laissait entrevoir ses dents.
- Les balais, en revanche... oui. Là, je n’ai pas d’argument contre votre émerveillement. Avec une réflexion moldue, cela ne fait aucun sens.
Un souffle amusé lui échappa, et les yeux de Hyacinthe furent happés par les bougies qui flottaient non loin d'eux. Belles, chaleureuses, éternelles. Le sortilège de lévitation avait à peine plus de charme, sans pour autant être aussi exceptionnel que pouvait l'être un patronus. Et pourtant, Hyacinthe n'avait jamais utilisé son patronus pour un but défensif - que ferait-il face à des détraqueurs ? Non merci. Depuis son apprentissage, il ne l'avait utilisé que dans une unique situation : lorsqu'une de ses patientes avait fait une crise d'asthme et qu'il devait prévenir en urgence l'infirmière de son ancien établissement de travail. Le Wingardium était certainement bien plus utile que ça, c'était évident.
La petite voix d'Elisabeth ramena son attention vers elle, et Hyacinthe se reconcentra dans son écoute attentive. En effet, la conversation changea très légèrement de nature pour revenir à ce qu'elle était un peu plus tôt. Non plus dans la plaisanterie et le partage d'anecdotes qui ne lassaient de la plupart des situations sociales qu'il rencontrait - bien que discuter avec la nouvelle génération lui procurait un réel plaisir -, mais dans une concentration studieuse, une analyse de sa nouvelle. Elisabeth choisissait ses mots, et ses explications étaient très claires.
Un silence s’installa après ses derniers mots, remplit d'une réflexion intense, d'une anxiété diminuant drastiquement à chaque seconde qui passait. Hyacinthe prit le temps, il ne voulait pas répondre à moitié. Ses doigts cessèrent de bouger, puis se replièrent doucement. Il referma le livre qu'il avait en main et inspira lentement.
- Ce que vous avez compris est déjà très juste. Alice envoie bien des messages, et cela modifie ce qu’elle vit. Ils créent des écarts, des ajustements, dans ce qui se serait passé si elle n'avait pas eu l'aide de son futur-elle.
Il marqua une pause, ses yeux cherchant les siens pour s’assurer qu’elle le suivait.
- Mais si l’on s’arrête à ça, on a l’impression que tout fonctionne comme une sorte de... correction. Comme si elle effaçait ses erreurs. Au final, c'est un peu le cas, puisqu'il n'y a pas eu d'erreurs lors de leur voyage : elles ont toutes été "anticipées" par la mystérieuse voix qui aidait l'équipage.
Ses doigts glissèrent lentement sur la couverture, et Hyacinthe tendit l'objet à la jeune fille, le crayon posé par dessus. Il inclina très légèrement la tête, réfléchissant à la manière la plus juste de poursuivre sans briser ce que son texte laissait volontairement en sous-entendus.
- Et pourtant, il y a quelque chose de plus, votre mère et vous avez raison. Peut-être voudriez-vous un indice ? Un sourire amusé se dessina sur les lèvres du trentenaire, se prêtant au jeu qu'avait commencé la mère d'Elisabeth. Ce voyage, Alice et son passé, son présent, son futur... celle qui prend conscience que chacune sont, au final, la même personne. Voyez-vous où je veux en venir ?
Le trentenaire s'avança sur sa chaise et esquissa un très léger sourire.
- Votre mère a probablement raison de ne pas vous donner une réponse toute faite, car je pense que même si le fond reste le même, chacun comprend des choses différentes à propos de ce qu'elle ressent dans chacune de ces périodes et de la façon dont elle arrive à la suivante.
L'interprétation était un élément purement personnel, et peu importait le sujet : Mission Horizon ne faisait pas exception. Quant à savoir ce qu'Elisabeth ressortirait de son ouvrage, Hyacinthe ne pouvait pas exactement le prévoir. Il haussa donc les épaules.
- Tout dépend de ce que vous choisissez de regarder.
- Quand on a grandi avec l’électricité, Lumos... perd un peu de son effet spectaculaire. Et pourtant, si on y réfléchit : une lumière contrôlable qui est accessible à chaque instant, n'importe où. Pas très impressionnant au premier regard, je peux vous l'accorder. Il y a certains sorts comme ça, plutôt... pratiques, essentiels tout au long de la vie. Puis il y en a d'autres, qui vous laissent sans voix tant ils sont uniques et extraordinaires.
Il releva les yeux vers elle, son sourire laissait entrevoir ses dents.
- Les balais, en revanche... oui. Là, je n’ai pas d’argument contre votre émerveillement. Avec une réflexion moldue, cela ne fait aucun sens.
Un souffle amusé lui échappa, et les yeux de Hyacinthe furent happés par les bougies qui flottaient non loin d'eux. Belles, chaleureuses, éternelles. Le sortilège de lévitation avait à peine plus de charme, sans pour autant être aussi exceptionnel que pouvait l'être un patronus. Et pourtant, Hyacinthe n'avait jamais utilisé son patronus pour un but défensif - que ferait-il face à des détraqueurs ? Non merci. Depuis son apprentissage, il ne l'avait utilisé que dans une unique situation : lorsqu'une de ses patientes avait fait une crise d'asthme et qu'il devait prévenir en urgence l'infirmière de son ancien établissement de travail. Le Wingardium était certainement bien plus utile que ça, c'était évident.
La petite voix d'Elisabeth ramena son attention vers elle, et Hyacinthe se reconcentra dans son écoute attentive. En effet, la conversation changea très légèrement de nature pour revenir à ce qu'elle était un peu plus tôt. Non plus dans la plaisanterie et le partage d'anecdotes qui ne lassaient de la plupart des situations sociales qu'il rencontrait - bien que discuter avec la nouvelle génération lui procurait un réel plaisir -, mais dans une concentration studieuse, une analyse de sa nouvelle. Elisabeth choisissait ses mots, et ses explications étaient très claires.
Un silence s’installa après ses derniers mots, remplit d'une réflexion intense, d'une anxiété diminuant drastiquement à chaque seconde qui passait. Hyacinthe prit le temps, il ne voulait pas répondre à moitié. Ses doigts cessèrent de bouger, puis se replièrent doucement. Il referma le livre qu'il avait en main et inspira lentement.
- Ce que vous avez compris est déjà très juste. Alice envoie bien des messages, et cela modifie ce qu’elle vit. Ils créent des écarts, des ajustements, dans ce qui se serait passé si elle n'avait pas eu l'aide de son futur-elle.
Il marqua une pause, ses yeux cherchant les siens pour s’assurer qu’elle le suivait.
- Mais si l’on s’arrête à ça, on a l’impression que tout fonctionne comme une sorte de... correction. Comme si elle effaçait ses erreurs. Au final, c'est un peu le cas, puisqu'il n'y a pas eu d'erreurs lors de leur voyage : elles ont toutes été "anticipées" par la mystérieuse voix qui aidait l'équipage.
Ses doigts glissèrent lentement sur la couverture, et Hyacinthe tendit l'objet à la jeune fille, le crayon posé par dessus. Il inclina très légèrement la tête, réfléchissant à la manière la plus juste de poursuivre sans briser ce que son texte laissait volontairement en sous-entendus.
- Et pourtant, il y a quelque chose de plus, votre mère et vous avez raison. Peut-être voudriez-vous un indice ? Un sourire amusé se dessina sur les lèvres du trentenaire, se prêtant au jeu qu'avait commencé la mère d'Elisabeth. Ce voyage, Alice et son passé, son présent, son futur... celle qui prend conscience que chacune sont, au final, la même personne. Voyez-vous où je veux en venir ?
Le trentenaire s'avança sur sa chaise et esquissa un très léger sourire.
- Votre mère a probablement raison de ne pas vous donner une réponse toute faite, car je pense que même si le fond reste le même, chacun comprend des choses différentes à propos de ce qu'elle ressent dans chacune de ces périodes et de la façon dont elle arrive à la suivante.
L'interprétation était un élément purement personnel, et peu importait le sujet : Mission Horizon ne faisait pas exception. Quant à savoir ce qu'Elisabeth ressortirait de son ouvrage, Hyacinthe ne pouvait pas exactement le prévoir. Il haussa donc les épaules.
- Tout dépend de ce que vous choisissez de regarder.
847 - @Elisabeth Swanmere
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c