Entre sucre et rencontre
13 avril 2051, Manchester,
Pâtisserie Smile,
@Artemis Fraser
Pâtisserie Smile,
@Artemis Fraser
Pnj actif -> Nadia Smile
Reducio

Lonely poussa doucement la porte de la Pâtisserie Smile, faisant tinter la clochette argentée. Derrière la grande vitrine aux lettres dorées, la boutique s’ouvrait sur un univers chaleureux aux murs vert tendre, où une douce odeur sucrée se mêlait aux odeurs de fruits. Le sol en carrelage clair reflétait la lumière du matin qui tombait par les fenêtres.
A l'entrée était écrit "Pâtisserie Smile" en lettre dorée.
Lonely s’avança derrière le comptoir, ses mains glissant sur le bois poli, tandis que sa mère, Nadia, souriait en organisant de nouvelles créations dans la vitrine. Elle se sentait heureuse et nerveuse à la fois, prête à aider et à apprendre de nouvelles choses ces vacances.
Lonely trouvait que cette pâtisserie était cents fois plus jolie que l'ancienne et plus spacieuse.
Lonely se tenait derrière le comptoir sur un petit tabouret pour être à la bonne hauteur. Elle portait un immense sweat gris dont les manches cachaient presque entièrement ses mains comme à son habitude, et ses lunettes glissaient légèrement sur son nez pendant qu’elle tentait de disposer correctement une rangée de cupcakes.
- Pas trop serrés, ma chérie, rappela doucement sa mère depuis l’arrière-boutique.
Lonely tira la langue avec concentration et décala un gâteau de quelques millimètres.
- Comme ça ?
Nadia passa la tête par la porte, un nuage de farine encore suspendu autour d’elle.
- Parfait.
Aider dans la pâtisserie de sa mère avait quelque chose de magique pour elle, et pas seulement parce que certaines recettes l’étaient vraiment. Elle aimait le bruit des fouets qui tournaient tout seuls dans les bols, les pots d’ingrédients qui se déplaçaient lentement sur l’étagère quand on les appelait par leur nom, et surtout cette ambiance chaleureuse qui donnait l’impression que tout allait bien dans le monde.
306
Dis moi si ça te va !
Dernière modification par Lonely Smile le 23 avr. 2026, 14:18, modifié 1 fois.
Entre sucre et rencontre
Avec Aria Fraser
Il était rare de voir la tignasse brune d'Aria Fraser s'aventurer dans les rues pavées de Manchester. Plus rare encore de l'y croiser accompagnée de son aîné, lequel traînait le pas derrière elle, le regard se perdant sur les quelques vitrines déjà ouvertes, toutes plus encombrées les unes que les autres d'objets moldus que le garçon n'eût su nommer. Par instants, il s'arrêtait devant une affiche ou l'un de ces engins à quatre roues, bruyants et trapus, et les contemplait longuement comme si ces étrangetés allaient subitement se mettre à lui parler. C'était souvent en ces moments qu'Aria, revenait sur ses pas pour lui prendre le bras et le détacher de ces observations bien trop longue à son goût.
La sorcière ne connaissait jamais la paix en ces lieux si étrangers à sa nature. Quelque chose en elle demeurait perpétuellement aux aguets et ses yeux la trahissait, eux qui ne cessaient de glisser d'un trottoir à l'autre, d'un visage à l'autre, traquant le moindre froncement de sourcils, le moindre regard qui se serait arrêté trop longtemps sur cette femme et cet enfant, tous deux drapés dans leurs longues robes noires au milieu d'un monde qui n'habillait pas ainsi ses gens. Fort heureusement, elle avait eu la prudence de choisir des ruelles peu passantes, et l'heure jouait en sa faveur : le matin n'en était qu'à ses balbutiements, et hormis quelques commerçants tirant les rideaux de fer de leurs boutiques et une poignée de gens qui patientaient, silencieux, devant la boulangerie du coin, les pavés étaient déserts. Pas âme qui vive pour s'étonner de leur passage.
Au détour d'une intersection, Aria vira à droite et s'engagea dans une rue à sens unique qui montait en pente douce, bordée d'immeubles aux façades délavées par les années, leurs pierres grises se disputant le regard avec une paroisse trapue et une fontaine de style Palazzo, incongrue au milieu de tant de modestie. Arrivée au sommet, elle s'immobilisa devant une boutique dont les lettres jaunes annonçaient en courbes enjouées : Pâtisserie Smile. Elle se retourna vers son fils, le visage illuminé d'un sourire.
- On est arrivés, dit-elle, avant d'en pousser la porte, qui fit tinter une clochette.
Dans les pas de sa mère, l'enfant pénétra dans la boutique. L'odeur de farine chaude et de sucre cuit l'enveloppa aussitôt, douce et entêtante. Les vitrines achevèrent de le convaincre : alignés avec soin derrière le verre, des gâteaux plus appétissants les uns que les autres arboraient des glaçages qui ne devaient rien au monde moldu. Ils n'étaient plus de ce côté-là. N'avait-il d'yeux que pour ces derniers, qu'il entendit à peine sa mère interpeller la vendeuse, laquelle, dans le coin de son champ de vision, lui parut d'une taille inhabituellement modeste.
- Bonjour ma grande, tu es toute seule ?
@Lonely Smile
Entre sucre et rencontre
Lonely sentit ses doigts se crisper légèrement sur le bord du comptoir en entendant la clochette. Elle releva doucement la tête, ses lunettes glissant un peu plus sur son nez alors qu’elle découvrait les deux silhouettes qui venaient d’entrer.
Elle sentit une petite chaleur lui monter aux joues.
- Bonjour… répondit-elle enfin, sa voix un peu hésitante.
Elle se redressa légèrement sur son tabouret, essuyant ses mains sur son sweat trop grand sans vraiment y penser. La femme s’adressa à elle, et Lonely mit une seconde à comprendre qu’elle lui parlait à elle.
Ma grande ?
Elle baissa instinctivement les yeux, un peu intimidée, puis répondit doucement :
- Euh… non, je ne suis pas toute seule. Ma maman est dans l'arrière boutique, je l'aide.
Comme pour confirmer ses paroles, un bruit de fouet enchanté résonna derrière la porte battante, accompagné d’un léger éclat de rire de Nadia, l’odeur du sucre chaud sembla s’intensifier un instant. Lonely reporta son attention sur les deux visiteurs. Le garçon n’avait pas encore parlé mais son visage lui disait vaguement un truc. C'étaient-ils déjà croisé ? Elle fronça très légèrement les sourcils, essayant de se souvenir. Peut-être à Poudlard ? Ou dans une allée… ou un cours partagé ? L’impression restait là, floue.
Elle secoua imperceptiblement la tête pour chasser cette pensée et reprit plus sérieusement comme sa mère lui avait appris :
- Que puis-je vous servir ? Une commande particulière ?
Sa voix était un peu plus assurée cette fois, même si elle gardait encore ce ton doux et prudente.
@Artemis Fraser
Elle sentit une petite chaleur lui monter aux joues.
- Bonjour… répondit-elle enfin, sa voix un peu hésitante.
Elle se redressa légèrement sur son tabouret, essuyant ses mains sur son sweat trop grand sans vraiment y penser. La femme s’adressa à elle, et Lonely mit une seconde à comprendre qu’elle lui parlait à elle.
Ma grande ?
Elle baissa instinctivement les yeux, un peu intimidée, puis répondit doucement :
- Euh… non, je ne suis pas toute seule. Ma maman est dans l'arrière boutique, je l'aide.
Comme pour confirmer ses paroles, un bruit de fouet enchanté résonna derrière la porte battante, accompagné d’un léger éclat de rire de Nadia, l’odeur du sucre chaud sembla s’intensifier un instant. Lonely reporta son attention sur les deux visiteurs. Le garçon n’avait pas encore parlé mais son visage lui disait vaguement un truc. C'étaient-ils déjà croisé ? Elle fronça très légèrement les sourcils, essayant de se souvenir. Peut-être à Poudlard ? Ou dans une allée… ou un cours partagé ? L’impression restait là, floue.
Elle secoua imperceptiblement la tête pour chasser cette pensée et reprit plus sérieusement comme sa mère lui avait appris :
- Que puis-je vous servir ? Une commande particulière ?
Sa voix était un peu plus assurée cette fois, même si elle gardait encore ce ton doux et prudente.
260
@Artemis Fraser
Entre sucre et rencontre
Une voix fluette, une taille minime, il n'en fallut pas davantage pour détacher les pupilles du garçon de l'étal qu'il contemplait. Son regard remonta lentement la vitrine pour venir se poser sur ce visage que l'on n'eût pu qualifier d'inconnu, celui d'une jeune fille qui se tenait, légèrement intimidée, derrière le comptoir de bois verni. Le visage de celle qui partageait sa promo depuis maintenant sept mois.
Leurs iris s'accrochèrent l'un à l'autre le temps d'un instant suspendu, durant lequel le Serdaigle se demanda comment agir, quel comportement il convenait d'adopter face à cette apparition inattendue. La question ne demeura pas longtemps sans réponse : ce fut elle qui fit le premier geste. Un froncement de sourcil, signe qu'elle ne l'avait pas reconnu. Ou du moins, qu'elle feignait de ne pas l'avoir fait.
Cela l'en amusa le garçon et il ne put s'empêcher d'offrir en retour ce sourire en coin qui lui était si coutumier, ce rictus tranquille que d'aucuns auraient pu prendre, selon leur humeur, pour de la moquerie ou pour de la condescendance. Peut-être même eût-il ajouté une ou deux phrases, de celles qu'il aimait distiller, si la voix de sa mère n'avait repris le fil rouge de la conversation.
- Et c'est tout à ton honneur, ma grande… dit Aria.
Ce disant, elle glissa vers son fils un regard de biais de ce regard maternel qui n'appartient qu'aux mères et qui signifiait avec une clarté désarmante : prends exemple.
- Alors… je vais vous prendre… reprit-elle
Elle se pencha en avant, les mains posées sur le rebord vitré, pour mieux distinguer les petites pâtisseries soigneusement alignées dans leur écrin. Ses yeux longèrent la vitrine, s'attardant sur les étiquettes calligraphiées disposées devant chaque création.
- Un cookie au potimarron… un éclair chocolat–foie gras… Elle marqua une pause, relevant la tête.
- Vous êtes fraîchement installés, c'est bien cela ?
@Lonely Smile
Entre sucre et rencontre
Lonely sentit son cœur faire un petit bond lorsqu’il la regarda vraiment. Ce n’était pas un simple regard de client. C’était… autre chose. Comme si, d’un coup, le garçon venait de raccrocher une pièce manquante dans sa mémoire. Elle cligna des yeux une fois, puis une deuxième, et son froncement de sourcils s’effaça peu à peu. Elle se rappela d'un coup : Artemis. L'ami (ou pas) de Gabriel.
- ...Oh, laissa-t-elle échapper ne sachant pas comment réagir à cette apparition.
Elle détourna légèrement le regard, soudain un peu plus rouge qu’avant, se souvenant qu’elle l’avait observé sans le reconnaître pendant plusieurs secondes. Sa main se crispa brièvement sur le bord du comptoir, puis se relâcha. Heureusement, la voix de la femme reprit, ramenant son attention vers la commande. Lonely inspira doucement, retrouvant son rôle de vendeuse. Ça, au moins, elle savait faire.
Elle baissa les yeux vers les pâtisseries indiquées.
- Un cookie au potimarron et un éclair chocolat-foie gras, répéta-t-elle en essayant de garder un ton professionnel, même si son cerveau était encore légèrement bloqué sur Artemis Fraser, ici, maintenant.
Puis elle hocha la tête.
- Oui, on est… assez récents, oui. Ma mère a ouvert il y a peu. Avant nous étions à Londres.
Elle hésita, puis ajouta, presque malgré elle, en jetant un bref regard vers Artemis :
- Bonjour Artemis, je ne savais pas que tu étais à Manchester.
Et tout de suite après, comme si elle regrettait d’avoir parlé trop spontanément, elle se redressa un peu sur son tabouret.
- Je vais vous chercher ça.
@Artemis Fraser
- ...Oh, laissa-t-elle échapper ne sachant pas comment réagir à cette apparition.
Elle détourna légèrement le regard, soudain un peu plus rouge qu’avant, se souvenant qu’elle l’avait observé sans le reconnaître pendant plusieurs secondes. Sa main se crispa brièvement sur le bord du comptoir, puis se relâcha. Heureusement, la voix de la femme reprit, ramenant son attention vers la commande. Lonely inspira doucement, retrouvant son rôle de vendeuse. Ça, au moins, elle savait faire.
Elle baissa les yeux vers les pâtisseries indiquées.
- Un cookie au potimarron et un éclair chocolat-foie gras, répéta-t-elle en essayant de garder un ton professionnel, même si son cerveau était encore légèrement bloqué sur Artemis Fraser, ici, maintenant.
Puis elle hocha la tête.
- Oui, on est… assez récents, oui. Ma mère a ouvert il y a peu. Avant nous étions à Londres.
Elle hésita, puis ajouta, presque malgré elle, en jetant un bref regard vers Artemis :
- Bonjour Artemis, je ne savais pas que tu étais à Manchester.
Et tout de suite après, comme si elle regrettait d’avoir parlé trop spontanément, elle se redressa un peu sur son tabouret.
- Je vais vous chercher ça.
260
@Artemis Fraser
Entre sucre et rencontre
Une once de rouge sur ses joues d'enfant. Couleur fugace, peut-être symbole vague d'une prise de conscience qui, à tout égard, trahissait la gêne sourde de ne pas avoir reconnu celui qui partageait les mêmes bancs d'école. Mais l'avait-il seulement aperçu ? Lui dont le regard se perdait désormais sur les alléchantes pâtisseries, accompagnant avec ou sans la complicité du regard maternel ces confections à l'enrobage généreux et aux couleurs si pétillantes qu'on les eût volontiers confondues avec ces sphères de lumière clignotantes qu'on retrouve dans les boîtes de nuit moldue. Sûrement pas. Les yeux ensorcelés par le péché de gourmandise, il prêtait désormais une oreille distraite à la conversation, soigneusement reléguée au second plan, le premier étant égoïstement réservé aux borborygmes qu'il eût fait joyeusement résonner dans la boutique entière, si tant est que les convenances le lui eussent permis.
- Artemis ? Artemis, on te parle.
Sa mère le pinça au bras. Pas assez fort pour y laisser une marque ; pas assez délicatement pour qu'il ne relevât la tête d'un air détaché.
- Ah… salut, souffla-t-il, avant de reporter les yeux sur un brownie d'un étrange mauve, non sans percevoir, dans son dos, le regard noir que lui décochait sa mère.
- Excuse-moi, depuis qu'il est rentré des vacances, il est comme ça… Sûrement les prémices de la crise d'adolescence, hein ! lâcha-t-elle dans un rictus.
Puis, comme pour chasser une mouche importune qui lui virevoltait entre les deux yeux, elle balaya le sujet d'un revers de main devant son visage encadré de cheveux bruns.
- Nous habitons à Bolton, une petite ville d'à côté, on est assez bien desservi par Manchester grâce au réseau de trains de banlieue.
Elle jeta un coup d'œil à son fils, comprenant que c'est seule qu'elle devrait soutenir l'édifice de la conversation.
- Je suis ravie d'apprendre qu'il y a des camarades d'Artemis dans le coin, si tu veux venir à l'appartement pendant les vacances n'hésite pas !
@Lonely Smile
Entre sucre et rencontre
Lonely avait déjà commencé à descendre de son tabouret lorsqu’elle entendit la mère d’Artemis le rappeler à l’ordre. Elle releva aussitôt les yeux vers eux, juste à temps pour voir le garçon relever la tête avec cet air détaché qui lui semblait toujours un peu difficile à interpréter.
Son « salut » soufflé presque distraitement lui arracha malgré elle un minuscule sourire involontaire.
Elle attrapa une petite pince en métal derrière le comptoir pour récupérer le cookie demandé, essayant de rester concentrée sur quelque chose de simple et concret pendant que la mère d’Artemis parlait. Les pâtisseries au moins étaient prévisibles. Elles ne la regardaient pas bizarrement. Elles ne lui donnaient pas l’impression qu’elle devait réfléchir à chacun de ses mots avant de les dire.
- Oh… ce n’est pas grave, répondit-elle doucement lorsque la femme s’excusa.
Elle osa un bref regard vers Artemis au moment où celui-ci fixait toujours les gâteaux avec une concentration presque impressionnante. Ça la rassura un peu, étrangement. Au moins, elle n’était pas la seule à être maladroite dans cette conversation.
Lonely déposa délicatement le cookie au potimarron dans une boîte en carton crème décorée de petites étoiles dorées mouvantes. À côté, elle glissa l’éclair chocolat-foie gras avec une attention presque excessive pour éviter d’abîmer le glaçage brillant, elle sortit sa langue tout doucement afin de s'appliquer.
- Bolton… répéta-t-elle doucement. Ce n’est pas très loin alors.
Puis elle releva les yeux lorsqu’Aria lui proposa de venir pendant les vacances. Et là, pendant une seconde entière, Lonely resta figée.
C'est évidemment à ce moment là que sa mère apparu.
- Bonjour à vous ! Tous ce passe bien ? Artemis c'est ça ? Enchantée ! Je suis Nadia, la maman de Lonely et la gérante.
Lonely rougit doucement, sa mère avait-elle entendu l'invitation ?
- C'est avec plaisir que Lonely viendra, et si jamais votre fils veut venir chez nous, il est le bienvenue.
Lonely cherchant où se mettre vit, une assiette de brownie violet sur le comptoir. Elle attrapa un petit morceau de brownie violet dans l'assiette près de la caisse, hésita, puis le tendit maladroitement en direction d’Artemis.
- Celui-là est gratuit aujourd’hui, dit-elle un peu trop vite. Ma mère teste une nouvelle recette alors… voilà.
Puis elle en tendit un autre vers la mère du Serdaigle.
@Artemis Fraser
Son « salut » soufflé presque distraitement lui arracha malgré elle un minuscule sourire involontaire.
Elle attrapa une petite pince en métal derrière le comptoir pour récupérer le cookie demandé, essayant de rester concentrée sur quelque chose de simple et concret pendant que la mère d’Artemis parlait. Les pâtisseries au moins étaient prévisibles. Elles ne la regardaient pas bizarrement. Elles ne lui donnaient pas l’impression qu’elle devait réfléchir à chacun de ses mots avant de les dire.
- Oh… ce n’est pas grave, répondit-elle doucement lorsque la femme s’excusa.
Elle osa un bref regard vers Artemis au moment où celui-ci fixait toujours les gâteaux avec une concentration presque impressionnante. Ça la rassura un peu, étrangement. Au moins, elle n’était pas la seule à être maladroite dans cette conversation.
Lonely déposa délicatement le cookie au potimarron dans une boîte en carton crème décorée de petites étoiles dorées mouvantes. À côté, elle glissa l’éclair chocolat-foie gras avec une attention presque excessive pour éviter d’abîmer le glaçage brillant, elle sortit sa langue tout doucement afin de s'appliquer.
- Bolton… répéta-t-elle doucement. Ce n’est pas très loin alors.
Puis elle releva les yeux lorsqu’Aria lui proposa de venir pendant les vacances. Et là, pendant une seconde entière, Lonely resta figée.
C'est évidemment à ce moment là que sa mère apparu.
- Bonjour à vous ! Tous ce passe bien ? Artemis c'est ça ? Enchantée ! Je suis Nadia, la maman de Lonely et la gérante.
Lonely rougit doucement, sa mère avait-elle entendu l'invitation ?
- C'est avec plaisir que Lonely viendra, et si jamais votre fils veut venir chez nous, il est le bienvenue.
Lonely cherchant où se mettre vit, une assiette de brownie violet sur le comptoir. Elle attrapa un petit morceau de brownie violet dans l'assiette près de la caisse, hésita, puis le tendit maladroitement en direction d’Artemis.
- Celui-là est gratuit aujourd’hui, dit-elle un peu trop vite. Ma mère teste une nouvelle recette alors… voilà.
Puis elle en tendit un autre vers la mère du Serdaigle.
373
@Artemis Fraser
Entre sucre et rencontre
Eût-il marqué son étonnement de ses deux sourcils levés, il ne se fût point privé de le montrer au reste de la pièce. Il était bien inhabituel de la part de sa génitrice de livrer au grand public ce genre de proposition, encore moins à une Poufsouffle croisée au simple détour d'une boulangerie, là où les relations humaines se bornent d'ordinaire à un échange de politesses autour du prix de la baguette.
Il convenait d'ailleurs d'admettre, et ce avec toute la franchise dont il était capable : à moins d'être sans domicile fixe et de trouver un charme particulier aux courants d'air, que l'invitation n'avait rien de très idyllique. L'appartement des Fraser était exigu, petit, et susceptible de se voir accoler bien d'autres adjectifs encore, lesquels relevaient du cagibi ou de l'épave selon que l'on était poète ou marin. D'autant que, mis à part la poussière et l'humidité qui s'y étaient installées avec le confort de locataires de longue date, les Fraser n'avaient guère l'habitude de recevoir. L'aiglon se demandait d'ailleurs si ses parents avaient jamais eu connaissance des quelques règles élémentaires de bienséance qui président à l'accueil d'un invité, ces mêmes règles qu'il avait apprises à Poudlard avant de les reléguer promptement aux oubliettes, fidèle à lui-même.
Eût-il alors voulu opposer à cette proposition quelque argument aussi simple qu'il n'y avait strictement rien à faire là-bas, ce qui était, il fallait le dire, d'une véracité désarmante, qu'il se vit interrompu par l'apparition d'une troisième dame laquelle, sans qu'il fût besoin d'être grand clerc, semblait être la tenancière des lieux et, accessoirement, la mère de la Poufsouffle.
- Bonjour, répondit-il d'un hochement de tête poli, avant de céder la parole à sa mère, laquelle sembla plus prompt à répondre.
- Enchantée Nadia, appelez-moi Aria ! Vous m'en voyez ravie ! C'est primordial que les jeunes se rencontrent en dehors de Poudlard, c'est ainsi que naissent les vraies relations. N'est-ce pas vrai, Artemis ? J'espère que Manchester saura vous séduire, c'est une ville magnifique. Quand nous y sommes arrivés il y a six ans, ils avaient encore…
L'aiglon la laissa à son éloquence. C'était là une décision sage, et surtout définitive, nul n'avait jamais arrêté Aria Fraser en plein monologue et nul n'y arriverait ce matin. Il s'éclipsa donc discrètement de la petite troupe, presque aussitôt rattrapé par la demoiselle jaune dont la nature profonde semblait se situer quelque part entre la vendeuse de marché et l'expérimentatrice en chef à en jugeait le brownie d'une teinte mauves qu'elle lui tendait et qui donnait à réfléchir sur bien des choses, notamment sur la définition du mot comestible.
- Une nouvelle recette ? Je vois… C'est moi le cobaye alors ? dit-il, un sourire en coin.
Point n'était besoin de le prier davantage. L'eût-on garni d'uranium enrichi qu'il l'eût croqué de bon cœur tant la chose avait l'air fondante à souhait, ce qu'il fit donc, sans façon.
- Il y a quoi dedans ? s'enquit-il entre deux bouchées.
Il eût pu tenter de le deviner seul, certes. Mais le palais n'avait jamais été parmi ses vertus. À se demander, au fond, lesquelles il possédait réellement. Lorsque le brownie eut disparu, du moins dans sa plus grande partie, les miettes qui ornaient à présent sa robe témoignant d'une dégustation dont l'élégance laissait à désirer, il releva les yeux vers Lonely. Un regard de biais en direction des adultes, encore fort occupés à discourir de l'architecture moldue de Manchester avec l'enthousiasme de gens qui ont trouvé leur sujet, et il murmura à la Poufsouffle :
- Si tu veux un conseil : tu ne devrais pas venir chez nous.
@Lonely Smile
Entre sucre et rencontre
Lonely était en train d'essayer de paraître parfaitement occupée à réarranger une boîte déjà parfaitement rangée lorsque la remarque d'Artemis lui parvint.
"Si tu veux un conseil : tu ne devrais pas venir chez nous."
Ses doigts s'arrêtèrent net. Elle releva lentement les yeux vers lui, surprise. Pendant une seconde, elle chercha à comprendre s'il plaisantait. Avec Artemis, ce n'était jamais complètement évident. Son visage resta sérieux quelques instants tandis qu'elle analysait la phrase sous tous les angles possibles.
Est-ce qu'il essaie d'être poli ? Est-ce qu'il essaie d'être méchant ? Est-ce qu'il pense vraiment ça ?
Comme souvent, elle n'était pas certaine de la réponse.
Son regard glissa brièvement vers les adultes. Sa mère et Aria semblaient désormais engagées dans une conversation qui pouvait probablement durer jusqu'au lendemain matin sans que personne n'y trouve rien à redire.
Lonely se rapprocha légèrement du comptoir.
- Pourquoi ? demanda-t-elle finalement à voix basse. Il y a un dragon dans ton appartement ?
Pour une raison qui lui échappait, cette hypothèse lui paraissait presque aussi probable que les autres. Elle observa son camarade quelques secondes avant de remarquer les miettes de brownie éparpillées sur sa robe, Beaucoup de miettes, énormément de miettes.
Ses yeux descendirent vers elles, puis remontèrent vers lui. Puis redescendirent vers elles.
Elle hésita.
- Tu as...
Elle tendit timidement un doigt vers son uniforme sans le toucher.
- Enfin... il y a un peu de brownie partout.
Un peu étant une formulation particulièrement généreuse. Un petit sourire apparut malgré elle.
- Donc soit la recette est bonne, soit tu es vraiment très mauvais pour manger mais je pencherai vers la première option quand même.
Puis elle pencha légèrement la tête.
- Et alors ?
Elle désigna du menton l'assiette de dégustation.
- C'est quoi le verdict du cobaye ?
La question semblait sincèrement importante à ses yeux. Après tout, si le brownie violet était raté, sa mère allait vouloir le savoir. Et si le brownie violet était réussi... Eh bien, Lonely était assez fière à l'idée qu'Artemis ait aimé. Même si elle ne l'aurait jamais admis à voix haute.
@Artemis Fraser
"Si tu veux un conseil : tu ne devrais pas venir chez nous."
Ses doigts s'arrêtèrent net. Elle releva lentement les yeux vers lui, surprise. Pendant une seconde, elle chercha à comprendre s'il plaisantait. Avec Artemis, ce n'était jamais complètement évident. Son visage resta sérieux quelques instants tandis qu'elle analysait la phrase sous tous les angles possibles.
Est-ce qu'il essaie d'être poli ? Est-ce qu'il essaie d'être méchant ? Est-ce qu'il pense vraiment ça ?
Comme souvent, elle n'était pas certaine de la réponse.
Son regard glissa brièvement vers les adultes. Sa mère et Aria semblaient désormais engagées dans une conversation qui pouvait probablement durer jusqu'au lendemain matin sans que personne n'y trouve rien à redire.
Lonely se rapprocha légèrement du comptoir.
- Pourquoi ? demanda-t-elle finalement à voix basse. Il y a un dragon dans ton appartement ?
Pour une raison qui lui échappait, cette hypothèse lui paraissait presque aussi probable que les autres. Elle observa son camarade quelques secondes avant de remarquer les miettes de brownie éparpillées sur sa robe, Beaucoup de miettes, énormément de miettes.
Ses yeux descendirent vers elles, puis remontèrent vers lui. Puis redescendirent vers elles.
Elle hésita.
- Tu as...
Elle tendit timidement un doigt vers son uniforme sans le toucher.
- Enfin... il y a un peu de brownie partout.
Un peu étant une formulation particulièrement généreuse. Un petit sourire apparut malgré elle.
- Donc soit la recette est bonne, soit tu es vraiment très mauvais pour manger mais je pencherai vers la première option quand même.
Puis elle pencha légèrement la tête.
- Et alors ?
Elle désigna du menton l'assiette de dégustation.
- C'est quoi le verdict du cobaye ?
La question semblait sincèrement importante à ses yeux. Après tout, si le brownie violet était raté, sa mère allait vouloir le savoir. Et si le brownie violet était réussi... Eh bien, Lonely était assez fière à l'idée qu'Artemis ait aimé. Même si elle ne l'aurait jamais admis à voix haute.
352
@Artemis Fraser
Entre sucre et rencontre
La Poufsouffle semblait être départie d'une répartie qui n'en déplaisait point au garçon. Il pouffa.
- Un dragon ? Non, j'aimerais bien, cela étant dit.
Pour sûr, cela eût apporté un peu d'animation dans l'appartement. Du bruit, certes, et quantité de feu également, mais il jugeait ces détails secondaires, voire négligeables au regard des avantages considérables que présentait la chose. Un grand dragon vert, sur lequel il pût s'assoupir lorsque la fatigue le gagnait, qu'il chevauchât lorsque l'envie de liberté se faisait trop pressante, et mieux encore, cela lui eût conféré une singularité sans pareille parmi ses contemporains. Car qui donc, à son âge, pouvait se targuer de posséder un dragon ?
Mais il savait là que ce n'était que chimère. Il n'avait point de dragon et n'en aurait vraisemblablement jamais. Il n'était d'ailleurs point certain que la chose fût seulement envisageable. Car pouvait-on se présenter, une besace bien garnie de Gallions en main, à la ménagerie magique, et solliciter avec toute la courtoisie requise un œuf de dragon ? Quand bien même cela eût été le cas, sa condition précaire l'éloignait considérablement de ladite besace et pire encore, le ramenait avec une brutalité toute particulière à la dure réalité de ce qu'il était.
Revenant donc à ses moutons car il eût fallu, en toute logique, fournir quelque explication à ce conseil. Ou point. Cela dépendant en grande partie de l'exposition de chacun auxdites règles de bienséance, lesquelles constituaient, il fallait bien l'admettre, le cadet des préoccupations de ce premier année, il énonça :
- Je t'ai donné un conseil. Tu en fais ce que tu veux mais ne me demande pas pourquoi par merlin, finit-il finalement dans un rire qui dispensait fort opportunément de tout complément d'explication.
Il baissa alors les yeux sur les miettes qui constellaient sa robe en une abondance que l'on eût pu juger excessive, puis les releva vers Lonely.
- Le verdict ? C'est bon. Très bon, même. En revanche tu n'as pas répondu, il y a quoi dedans ?
Il secoua sa robe sans la moindre façon, répandant les miettes sur le carrelage. Puis son regard glissa vers sa mère, laquelle, fidèle à elle-même, n'avait toujours point achevé son monologue et ne semblait point sur le point de le faire. Il se retourna vers la jaune et dit, avec toute l'innocence dont il était capable :
- Je peux voir la cuisine ?
@Lonely Smile