30 mars 2026, 03:14
 Cork   Solo   PNG  À la Rive-Claire
Souvenirs de Rive-Claire

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Ce sujet est un recueil d'OS rassemblant des moments marquants de la vie de Lucie à Cork, où la demeure des Carignans (Rive-Claire) se trouve. Ils permettront de suivre son évolution à travers ses choix et ses expériences. Sa famille étant un élément central de sa vie, je trouvais important de l'inclure.

Sommaire

Reducio
(en ordre chronologique)

- Fleurs de Pirates
- Les étincelles magiques
- À l'écoute des signes
- Quand la magie frappe à la porte
- Confidence, averse et chocolat chaud (à venir)
- Noël 20?? (à venir)
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Description de Rive-Claire

Reducio
Rive-Claire se dressait à l’orée de la forêt, là où les arbres commençaient à s’écarter doucement pour laisser passer la lumière et le murmure de la rivière toute proche. La maison semblait presque avoir poussé là naturellement, comme si elle avait toujours fait partie du paysage.

Construite de pierres irrégulières aux teintes chaudes, couvertes par endroits de lierre et de plantes grimpantes, elle donnait l’impression d’un refuge ancien et vivant, façonné autant par les saisons que par les mains de la famille Carignan. Le toit pentu, sombre et solide, portait les traces des années sans jamais paraître fatigué, et deux grandes cheminées de pierre encadraient la demeure comme pour mieux garder la chaleur à l’intérieur lors des longues soirées d’hiver.

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Une large galerie de bois entourait la façade principale. C’était l’endroit préféré de Lucie et sa mère pour s’asseoir à la fin de la journée, quand l’air sentait la terre humide et les feuilles froissées par le vent. On y trouvait souvent des bottes laissées à sécher, quelques outils oubliés contre une rambarde, ou des pots de fleurs en attente d’être déplacés vers le jardin.

Tout autour de la maison, les plates-bandes débordaient de couleurs une bonne partie de l’année. Au printemps, les premières pousses apparaissaient déjà entre les pierres du chemin. L’été, les rangées de pots destinés au marché envahissaient presque la cour. Et même à l’automne, quelque chose fleurissait encore près du perron, comme si la maison refusait de laisser la saison s’installer trop vite.

Un peu plus loin, à travers les arbres, on apercevait le toit de la maison de l’oncle de Lucie. Elle n’était pas très grande, mais suffisamment proche pour que les visites improvisées soient fréquentes et que les chemins entre les deux maisons finissent par se tracer presque d’eux-mêmes au fil des saisons.

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Le sentier pavé qui menait à l’entrée serpentait doucement entre les massifs de fleurs et les buissons encore jeunes. Plus loin, derrière la maison, la rivière coulait à travers la forêt dense, apportant cette odeur fraîche et familière que Lucie retrouvait parfois jusque dans ses rêves lorsqu’elle était loin de chez elle.

À Rive-Claire, la lumière entrait toujours par les fenêtres. On y entendait souvent des voix, des pas, le bruit des cartes dépliées sur une table, ou celui des éclats de rires faisant vibrer l’âme de la maison. C’était une maison habitée, chaleureuse, vivante. Une maison qui donnait l’impression de savoir attendre ses habitants quand ils partaient et de les reconnaître immédiatement quand ils revenaient.


Liste des PNGs

Reducio
David Carignan - Père (#456173)
Kiana Veale - Mère (#0f7060)
Noé Carignan - Frère (#18358b)
Amara Carignan - Soeur (#600b4e)

Jacob Carignan - Oncle (#004d05)
Alice Taylor - Tante (#9f5050)
Louis Carignan - Cousin (#7300a8)
Alexis Carignan - Cousine (#b08703)


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Retrouvez ici plus de détails sur la famille Carignan

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Dernière modification par Lucie Carignan le 14 juin 2026, 02:14, modifié 16 fois.

1A RP (hors chrono) - Cohorte 2050/2051 - Couleur RP #992600 -
Happy Pride Month!!

30 mars 2026, 03:22
 Cork   Solo   PNG  À la Rive-Claire
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Les étincelles magiques

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Décembre 2046

Assise sur le sofa du salon, Lucie et son père lisaient ensemble une encyclopédie jeunesse sur l’Asie du Sud-Est. L’enfant observait les grandes cartes étalées autour d’eux, témoins du travail des dernières années de son père. Ils avaient passé l’après-midi là, côte à côte, à découvrir l’histoire des pays qu’il venait tout juste de visiter.

Ils avaient un système bien à eux. David lisait une page à voix haute, puis il ajoutait quelques anecdotes tirées de ses voyages, avant qu’ils ne prennent le temps d’observer les cartes ensemble.

Kiana entra dans la pièce pour apporter une assiette de biscuits qu’elle venait de préparer avec les jumeaux. Elle s’arrêta un instant en voyant son aînée suivre du doigt une route tracée sur l’une des cartes, les yeux brillants d’attention.

La quiétude du moment s’interrompit lorsque Amara entra en courant dans le salon, poursuivie de près par Noé. Tous les deux avaient encore les mains couvertes de pâte à biscuits et se dirigeaient droit vers les cartes étalées sur les coussins du sofa.

Lucie leva brusquement la tête.

Un souffle traversa la pièce.

Les cartes frémirent d’abord légèrement, puis se soulevèrent d’un seul mouvement, échappant aux petites mains qui allaient les écraser. Elles flottèrent un instant au-dessus des jumeaux, suspendues dans l’air comme retenues par quelque chose d’invisible.

Le silence tomba aussitôt. Tout le monde leva les yeux vers les parchemins qui tournaient lentement au-dessus du sofa… puis leurs regards se posèrent sur Lucie.

La petite fille souffla doucement, fusillant son frère et sa sœur du regard, avant de reporter son attention sur l’encyclopédie, comme si rien ne s’était passé.

Derrière elle, ses parents échangèrent un regard. Un sourire passa entre eux, discret, complice, profondément heureux. Ils savaient désormais avec certitude que leur première fille allait grandir dans la magie.
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298 mots
Dernière modification par Lucie Carignan le 24 mai 2026, 20:10, modifié 4 fois.

1A RP (hors chrono) - Cohorte 2050/2051 - Couleur RP #992600 -
Happy Pride Month!!

16 avr. 2026, 22:27
 Cork   Solo   PNG  À la Rive-Claire
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Fleurs de Pirates

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Août 2045

La douce brise d’août glissait sur la peau de la petite Lucie alors qu’elle courait dans les allées de fleurs. Nu-pieds, elle sentait l’herbe fraîche entre ses orteils. Arrivée au bout de l’allée, elle freina brusquement pour ne pas pénétrer dans le petit boisé qui entourait la maison. Sa respiration était saccadée, elle regarda rapidement autour d’elle et décida de tourner à gauche, vers le petit cabanon. Une fois derrière la bâtisse, elle s’arrêta. Avait-elle réussi à se cacher sans être vue?

Elle entendit un léger craquement de brindilles. Elle avait été découverte. Lucie se remit à courir de plus belle, si rapidement qu’elle ne sentait même plus le sol sous ses pieds. Le paysage défilait autour d’elle, les couleurs des nombreuses fleurs se brouillant en une seule tache informe. Les pas se rapprochaient derrière elle, elle le sentait. Elle traversa à nouveau une allée, arriva près du porche de la maison et se réfugia sous celui-ci.

Pendant un instant, elle crut qu’elle avait réussi à lui échapper. Elle n’entendait ni ne voyait plus rien. Le soulagement ne fut que de courte durée. Elle sentit deux énormes mains lui saisir les épaules avant de la sortir de force de sa cachette. Elle cria : “Au secours, au secours!”, mais personne ne venait la sauver. L’homme portait un cache-œil sur son œil droit et un chapeau de pirate en feutre.

- Arghhhh, grognait-il.

Elle entendit d’autres pas s’approcher, et des pleurs qui devenaient de plus en plus puissants. Pour éviter de subir cette cacophonie, elle logea sa tête dans le torse de son assaillant. Elle ne resta pas très longtemps dans cette position, car Lucie se faisait chatouiller. Elle se tortillait en essayant de quitter l’emprise du pirate, mais rien n’y faisait. Elle était prise dans un piège de chatouilles extrêmes. Elle riait, les larmes maintenant aux yeux, en continuant de donner des coups de pied dans le vide dans un essai désespéré de s’en sortir. Lorsque le pirate la déposa sur le sol, elle essaya de repartir à la course, mais il la retint.

- Non, non, petit monstre. C’est le moment de partir, dit-il doucement.

- Mais, heuu! J’y étais presque! T’as triché, répondit l’enfant d’un ton boudeur.

Sa mère s’approcha d’elle et lui enfila ses chaussures. De belles petites sandales toutes bleues que Lucie avait choisies elle-même au magasin.

- Nous sommes déjà en retard, il faut se dépêcher, pria la femme en retirant le chapeau qui trônait sur la tête de son mari. Ça compte aussi pour toi.

Le pirate, qui n’en était plus vraiment un, retira son cache-œil. Le soleil avait commencé à descendre lentement et toute la famille était attendue chez les voisins pour un BBQ. Il observa un instant sa femme et ses deux plus jeunes enfants qui avaient terminé de pleurer en se recoiffant rapidement les cheveux avant de reporter son attention sur son aîné qui boudait toujours.

- Aye, moussaillon, nous devons rejoindre le bateau ennemi pour le festin. Mettons-nous en route!

La petite fille n’était pas encore convaincue, mais à la vue de la grimace monstrueuse de son père, elle ne put s'empêcher d’esquisser un sourire.

- Oh, mais c’est qu’il a un joli sourire, le petit moussaillon!

L’homme reprit l’enfant dans ses bras avant de la balancer sur son épaule comme une poche de pommes de terre. Il se mit en route vers la maison voisine en sifflotant une vieille comptine de marin. Lucie, sur son épaule, riait de bon cœur.

- Je ne suis pas petite! J’ai 6 ans et demi.

Un âge très important dans la vie d’une petite fille, il faut bien le dire. Plus ils s'approchaient, plus ils entendaient les voix s’élever de la cour arrière, mais surtout, plus ils sentaient l’odeur de la viande qui grillait tranquillement sur le BBQ. La soirée s’annonçait agréable dans des conditions comme celles-ci.
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636 mots

1A RP (hors chrono) - Cohorte 2050/2051 - Couleur RP #992600 -
Happy Pride Month!!

17 avr. 2026, 15:37
 Cork   Solo   PNG  À la Rive-Claire
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Quand la magie frappe à la porte

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Juillet 2050

La lettre est enfin arrivée. Tout le monde l’attendait, puisque la jeune Lucie Carignan avait déjà démontré des aptitudes magiques depuis l’âge de 7 ans. Sa mère la prit tout de suite dans ses bras. Elle ne comprend pas exactement l’émotion que ce bout de parchemin procure aux enfants et elle ne sait pas ce qui attend sa première fille, car elle est née moldue, mais elle est heureuse de découvrir ce nouveau chapitre. Elle sait qu’elle a préparé Lucie du mieux qu’elle le peut.

Malgré son manque de connaissance envers le monde magique, elle reste une éducatrice très performante. Au cours des dernières années, elle a monté une vraie petite classe de préparation à Poudlard dans sa maison. En plus de l’éducation de ses trois enfants, elle s’occupe aussi de celle des deux enfants de leur voisin, le grand frère de son mari. Cette année, pourtant, la petite classe de cinq sera réduite à quatre.

En relâchant Lucie, elle croise le regard de son mari, qui les regarde tendrement. Il est fier de voir sa fille partir pour cette grande aventure. Il sait que cette enfant au long cheveux bouclés et aux grands yeux curieux accomplira de grandes choses. Il n’a pas toujours été aussi présent qu’il l’aurait souhaité à cause de son poste de cartographe, mais il sait que l’aînée de ses enfants connaît tout ce dont elle a besoin pour passer sa première année loin de Cork, le nid familial depuis sa naissance.

Lentement, Lucie regarde toutes les personnes qui l'entourent. Elle se sait chanceuse d’avoir autant de personnes qui la supportent autour d’elle malgré son jeune âge. Elle rêve de ce moment depuis des années déjà, mais d’enfin tenir cette lettre entre ses mains l'effraie. Tout sera nouveau et elle sera loin de tout ce qu’elle a toujours connu.

Lucie n’a pas le temps de tomber plus que cela dans ses doutes, puisque son petit frère et sa petite sœur, qui ont tous les deux les yeux aussi verts qu’elle, se jettent sur elle pour lui voler le bout de parchemin qu’elle fixe depuis un petit moment. Après une grande inspiration, le calme la retrouve tranquillement. Elle aura le temps de s’inquiéter plus tard, le présent est à la fête.
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374 mots

1A RP (hors chrono) - Cohorte 2050/2051 - Couleur RP #992600 -
Happy Pride Month!!

14 juin 2026, 02:12
 Cork   Solo   PNG  À la Rive-Claire
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À l'écoute des signes

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Reducio
Il y a deux nouveaux PNGs qui ne reviendront pas dans d'autres histoires. Je vais les appeler La plus grande (#900f99) et La plus petite (#b30559).

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Prélude

Depuis qu’elle a quatre ans, Lucie apprend une langue bien particulière. La première fois, sa mère lui avait lu un petit livre pour enfants avant d’aller se coucher. Ce fut la première d’une longue lignée de soirées passées à regarder la petite encyclopédie. Encore aujourd’hui, l’aînée de la famille Carignan se souvenait de chaque couleur, de chaque dessin, de chaque page. Elle ne sait plus où se trouve maintenant le petit livre, mais elle est certaine que sa mère ne l’a pas rangé bien loin.

À cinq ans, elle reçut un autre livre, celui-là beaucoup plus gros et avec beaucoup plus de mots. Lorsqu’elle l’avait sorti de son emballage, sous les lumières du sapin de Noël, elle avait froncé les sourcils. Un autre? s’était-elle dit, confuse. Pourquoi aurait-elle besoin d’un autre livre, qui n’avait pas du tout l’air intéressant, alors qu’elle en avait déjà un parfait? Elle l’avait rapidement mis de côté pour ouvrir un second paquet à son nom.

Le gros livre resta sur une de ses étagères à prendre la poussière pendant deux ans. Deux années durant lesquelles elle continua à lire inlassablement le petit livre coloré malgré les efforts de sa mère pour lui mettre autre chose entre les mains.

Alors qu’elle avait sept ans, elle se retrouva devant l’étagère de sa chambre à fixer le gros livre. Lucie le prit doucement, s’assit sur son lit et l’ouvrit enfin. Elle ferma les yeux, imaginant les nombreuses encyclopédies remplies de notes de son père et les carnets d’écriture de sa mère. Elle allait faire pareil. Avec son gros livre à elle.

À sept ans, ce fut le premier livre qu’elle étudia. Non pour elle, mais pour sa petite sœur.

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Juin 2046

Cette journée-là, c’était le cinquième anniversaire de Noé et Amara. Les jumeaux portaient des chapeaux en papier colorés confectionnés par leur grande sœur, Lucie. La maison était bondée d'amis de leurs parents et de jeunes enfants couraient partout. La journée était assez chaude et le soleil de midi se tenait haut dans le ciel. Il n’y avait aucun nuage à l’horizon et pourtant un orage se préparait.

Lucie était assise à une petite table avec sa sœur et deux autres petites filles qu’elle venait de rencontrer. Ensemble, elles faisaient des dessins d’animaux magiques et de robes de princesses. Les deux petites filles posaient des questions à Amara, mais celle-ci ne leur répondait pas. Au départ, Lucie ne se posa pas de questions, parce qu’elle aussi parlait souvent à sa petite sœur sans attendre de réponse. Seulement, les deux petites filles se faisaient de plus en plus insistantes et elles avaient commencé à pousser légèrement Amara, comme pour essayer de la réveiller.

- Qu’est-ce que vous faites ? demanda Lucie en posant son crayon.

- Elle ne nous répond pas, dit la première en croisant les bras.

- Elle nous ignore, ajouta la deuxième. Elle est méchante.

Lucie regarda sa sœur. Amara était penchée sur son dessin, concentrée à colorier les ailes d'un hippogriffe. Elle n'avait même pas levé les yeux.

- Elle ne vous ignore pas, répondit Lucie. Elle ne vous a juste pas entendues.

Pourquoi est-ce qu’elles lui demandaient ça ? Bien sûr qu’Amara ne les entendrait pas avec tout le boucan qu’il y avait dans la maison. Pourtant, les deux fillettes échangèrent un regard et ne semblèrent pas comprendre.

- Pourquoi ? demanda finalement la plus grande des deux.

- Parce qu’elle n’entend pas bien, répondit simplement Lucie.

Pendant quelques secondes, personne ne parla. Lucie choisit une autre couleur et reporta son attention sur son dessin de niffleur. Elle croyait la conversation terminée, mais la plus grande avait encore des questions.

- Est-ce qu’elle va guérir ?

Lucie ouvrit la bouche pour répondre, puis la referma. Est-ce qu’elle allait guérir ? Elle regarda Amara, qui était toujours concentrée sur son dessin. Une mèche de cheveux lui tombait devant les yeux. Elle ne semblait pas remarquer les conversations autour d'elle, les cris des enfants qui jouaient dehors ou la musique qui sortait du salon.

Et soudain, Lucie comprit. Pas demain, pas l’année prochaine, jamais. Amara n'allait pas se réveiller un matin en entendant tout ce qu’on lui disait. Cette réalité, Lucie la connaissait depuis plusieurs années déjà, mais pour la première fois, elle la ressentait vraiment.

- Est-ce que ça s’attrape ? ajouta une nouvelle fois la plus grande.

- Eurk, je veux pas l'attraper ! s’écria l’autre.

Lucie sentit la colère monter dans son ventre. Les deux petites filles s’étaient éloignées d’Amara et la regardaient avec peur et dégoût. Amara releva la tête, consciente que quelque chose venait de changer dans l’atmosphère. Comme un orage qui éclatait enfin après avoir grondé toute la journée, Lucie se leva.

- Elle n’est pas malade ! cria-t-elle.

Un silence s'abattit dans toute la maison. Les adultes s’étaient tous retournés pour regarder les quatre enfants autour de la table à dessin. La musique bourdonnait dans les oreilles de Lucie. Les deux petites filles semblaient soudain beaucoup moins courageuses. L'une d'elles regardait ses souliers et l'autre alla se cacher derrière sa mère.

Sa petite sœur observait tour à tour les adultes, les deux fillettes et Lucie. Elle avait compris qu'il se passait quelque chose. Pour la première fois, Lucie réalisa que sa sœur allait devoir vivre toute sa vie avec des gens qui ne comprendraient pas. Et qu'elle ne pourrait pas toujours être là pour la défendre. Cette pensée lui noua douloureusement la gorge.

- Lucie, qu’est-ce qui se passe ? dit une voix douce et réconfortante.

Sa mère venait de s’approcher et son père se tenait à côté d’elle. Elle aurait voulu répondre, leur expliquer pourquoi les deux fillettes avaient changé de place, pourquoi elles avaient reculé leur chaise. Mais aucun mot ne sortit.

Amara lui tendit alors son dessin. L’hypogriffe avait des ailes violettes, des pattes vertes et une tête bleue. Lucie lui sourit et la prit dans ses bras.

Ce soir-là, elle ouvrit pour la première fois le gros livre. Elle le faisait pour Amara, parce que si elle ne pouvait pas empêcher le monde d'être cruel, elle pouvait au moins s'assurer de toujours comprendre sa petite sœur.

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1003 mots

1A RP (hors chrono) - Cohorte 2050/2051 - Couleur RP #992600 -
Happy Pride Month!!