26 avr. 2026, 11:20
 PNJ J   PNJ  L’Andabate et la Stryge
Mars 2051, en début de soirée
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Avec @Alice Sangblanc
PNJs actifs présents : Ludwig Rosenwald, Peeney


Cardiff l’avait accueillit sans cérémonie.

Les bruits de la ville étaient inchangés dans leur constante évolution. Et l’air avait cette odeur familière, mêlée de sel, de pluie et de fumée, comme un souvenir tenace dont la ville refusait de se défaire. Même le soleil de sa ville natale avait fini par lui manquer - la galloise n’avait jamais eu grand intérêt pour l’astre solaire, sa nature nocturne et sorcière lui conférant une inclination aux astres de la nuit et à la lune. Et pourtant, au fil de sa marche, elle s'était surprise à observer avec attention la lente dérive de la lumière — s’effilochant sur les façades de pierre, glissant sur les toits humides, s’attardant dans les rues étroites.

Et lorsqu'elle arriva dans une de ces rues, ce fut au tour de Morgan de s'attarder, devant sa propre demeure.

Huit mois. Huit mois sans franchir cette porte, sans savoir ce qu’elle retrouverait derrière. Peter était très probablement parti — Garwen l’aurait mentionné autrement. Et pour une raison parfaitement ridicule — elle en avait pleinement conscience — elle hésitait. C’était absurde. C’était chez elle. Sa maison. Plus celle de son père depuis longtemps. Encore moins celle de Morwen. Et pourtant… Elle resta immobile quelques secondes, minutes ? de plus.

Derrière elle, Ludwig s’arrêta également, non qu’elle n’y ait prêté attention. Il n’avait été que silence depuis leur départ de la Nouvelle Sainte Mangouste, après s’être proposé de l'accompagner - ce qui avait été préférable pour la femme, au lieu de passer une minute de plus avec sa grand-mère.

« Je dois admettre que je ne m’attendais pas… à ce que nous nous retrouvions ici. Dans ces conditions. »

Morgan se retourna vers lui, pour le regarder. Juste assez pour l’étudier — chercher quelque chose. Une hésitation, peut-être. Ou autre chose. Quelque chose qui aurait trahi une pensée qu’il ne formulerait pas. Un bref doute effleura Morgan — fugace, presque irritant. Lui avait-elle seulement manqué ? La question avait quelque chose de déplacé. Presque indécent. Et pourtant. Finalement elle se détourna, dans sa position d’origine.

« Vous manquiez d’optimisme j’imagine, mais je peux difficilement vous en vouloir au vu des circonstances. »

Elle reporta son attention sur la porte. Puis, se surprenant elle-même, elle changea tout aussi vite le sujet de ce balbutiement de conversation : « J'aimerai que vous me racontiez ce qu’il s’est passé ces derniers mois... dans la famille notamment. »

Elle marqua une très légère pause.

« S’il vous plaît. »

La galloise ne le voulait pas vraiment - son esprit était occupé par bien des choses plus importantes à ses yeux. Mais elle savait qu'elle ne saurait éviter sa famille bien longtemps, pas avec ce qui avait été laissé en suspens. Pas si elle voulait savoir les libertés qui avait été prises concernant sa position et sa vie.

« Bien sûr. »

Simple. Suffisant.

Morgan resta encore un instant immobile, comme si elle s’accordait une dernière seconde de mauvaise foi avant de céder à l’évidence. Puis elle monta les marches, une à une, les pas réguliers, maîtrisés, refusant de laisser transparaître la moindre hésitation. Arrivée devant la porte, elle utilisa ses clés sans s’attarder davantage — inutile de prolonger cette absurdité — et l’ouvrit d’un geste net.

L’air intérieur l’accueillit immédiatement, plus chaud. Un pop sec retentit dans l’entrée.

« M-miss Morgan ! »

Peeney apparut, visiblement déjà en alerte, les mains serrées contre elle dans une agitation contenue mais difficilement dissimulable. Elle fut suivie d’un second elfe, dont l’air était familier - l’envoyé de la matriarche. Morgan franchit le seuil sans ralentir, son regard balayant l’entrée avec une précision presque clinique. Elle referma la porte derrière eux, retirant lentement ses gants qu’elle déposa sur une console sans vraiment y penser.

« Je suis rentrée », se contenta de dire la maitresse de maison. Elle ne savait pas quoi d'autre ajouter, pas en présence de son grand père ni de l'espion. Cela dit elle ne pouvait empêcher un sourire de migrer sur sa face, à la vue de l'être qui lui été familier. Peeney hocha vivement la tête, prête à parler — mais elle hésita, chose suffisamment inhabituelle pour attirer immédiatement l’attention de la sorcière.

« Miss Morgan… il y a… quelqu’un qui vous attend. »

Elle fronça les sourcils, puis ferma brièvement les yeux en soupirant. Bien sûr. Évidemment. Le soignant qu’avait négocié sa grand-mère. Déjà. Garwen n’avait même pas attendu une demi-journée alors même qu’elle n’avait vu que ça ces derniers temps et ce jour même, du personnel soignant. Son regard glissa brièvement vers Ludwig, comme pour vérifier si, par un miracle quelconque, cette absurdité pouvait s’expliquer. Il n’avait aucune réponse à lui donner. Évidemment que non. Parfait. Elle expira lentement, une pointe d’agacement filtrant enfin.

« Où l’as-tu fait patienter ? »

« Dans le salon, Miss. »

Son regard se posa sur les portes closes du salon. Qui que ce soit… il allait probablement regretter d’avoir accepté de l’avoir comme nouvelle patiente. Car elle comptait bien vite l’expédier ailleurs.
Dernière modification par Morgan Rosenwald le 12 juin 2026, 17:27, modifié 1 fois.

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26 avr. 2026, 13:29
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Huit mois s’étaient écoulés. Huit longs mois passés sans voir sa Morgan, sans même savoir où elle pouvait se terrer, ni même dans quel état. Huit foutus mois à glaner la moindre information.
Thomas s’était heurté à des mensonges, à des fausses pistes, des désillusions. Lui qui avait promit de l’aimer envers et contre tout, de se liguer contre le monde pour elle, avait été baladé par sa famille, tenu éloigné de la vérité comme si il ne méritait pas de s’inquiéter pour elle. D’abord, Thomas avait réagit avec virulence, maudissant chaque Rosenwald. Ensuite, il s’était confronté à la douleur d’un cœur qui ne sait plus sur quel rythme battre sans celui de Morgan pour le guider. Il avait essayé de noyer ses peurs de la perdre à tout jamais dans une traque inlassable, dans l’alcool qu’il buvait par litre. Il avait essayé.
Et puis, il avait su. La vérité sur la disparition de Morgan lui avait été livré par une enfant antipathique qui s’était avéré être la filleule de sa toute aussi antipathique dulcinée. Dés lors, Thomas n’avait eu de cesse de chercher des solutions pour voler à son secours. Il avait épluché des centaines de livres, rencontré des dizaines de sorciers plus compétents que lui, c’était informé sur tout ce qu’il y avait à savoir sur le Dominion.
En vain, Merlin. En vain. Thomas avait dû se rendre à l’évidence : il ne pouvait rien faire pour l’aider. Rien. Avait-il cessé de chercher des solutions ? Bien sûr que non. Thomas avait inlassablement traqué la moindre information sur ce sinistre endroit qui, d’une certaine manière, avait dû ravir Morgan à peine un pied dans le Dominion.

Des mois plus tard, Noémie l’avait recontacté : Morgan était sorti du Dominion. Sans lui. Sans aide. Seule. Thomas avait envoyé son hibou à la direction de Poudlard pour obtenir un droit de visite. C’était un non. Avait-il abandonné ? Non, bien sûr. Il avait continué, lettre après lettre, encore et encore. Toujours “non”.
Morgan n’était pas restée bien longtemps à Poudlard, bien sûr. Pas plus qu’à Sainte Mangouste. Morgan ? Alitée ? Merlin, cette femme était une force de la nature. Son corps en ruine, son esprit en morceaux, elle se tiendrait tout de même debout pour cracher sa rage de vivre au visage du Monde.
Alors, tout naturellement, Thomas s’était rendu là, dans la maison de Morgan. Dans sa tanière qu’elle devait avoir hâte de regagner après huit mois d’absence.

Thomas faisait les cent pas dans le salon dans lequel il attendait son retour. Ses bras croisés sur sa poitrine jouaient un rythme frénétique. Il marchait, encore, encore, encore, écoutait le son de ses pas sur le parquet. Il voulait qu’on lui rende sa Morgan. Là. Maintenant. Il avait assez attendu. Il la voulait maintenant. Il voulait la serrer contre lui, fort, si fort qu’elle le repousserait aussitôt. Il voulait retrouver l’odeur si familière de sa peau. Son coeur se mit à battre plus fort à cette idée, à l’idée de la respirer, de sentir ses poumons se déployer pour ne plus ressentir qu’elle que le Destin s’efforçait de lui arracher à chaque fois qu’il pensait la retrouver.

Thomas s’arrêta soudain en entendant la porte d’entrée s’ouvrir. Figé, il lui sembla entendre sa voix. Ses bras retombèrent le long de son corps. Attends. Tu dois attendre ici. Elle va arriver. Ne te comporte pas en croup attardé. Il attendit. Un peu.
Et s’élança jusqu’à la porte en de longs pas rapide. Ses mains se saisirent des poignets pour ouvrir en grand.
Son regard tomba sur Morgan. Ses yeux s’écarquillèrent. Sa bouche se plissa en une moue douloureuse.
Elle était de retour.
Ses bras retombèrent à nouveau, vidés de toute énergie. Thomas ne voyait que son visage, ignorant tout ce qui pouvait bien se trouver autour d’elle. Il n’y avait qu’elle. Il n’y avait toujours qu’elle. Sa Morgan. Celle pour qui il était prêt à tout, même à vendre son âme, même à laisser tomber l’armure. Sa Morgan.
Thomas ne parvenait plus à respirer sans que sa gorge se noue.
Elle était là. Morgan était de retour.

PNJ présent dans ce RP :Thomas Sangblanc, frère d'Alice

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26 avr. 2026, 15:47
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Les battants s'étaient ouverts brusquement. Morgan n’eut pas le temps de formuler la moindre pensée cohérente que déjà le monde se réorganisait autour d’un seul point fixe.

Thomas. Thomas.

Son regard s’accrocha au sien avec une immédiateté presque violente, comme si tout le reste — la pièce, Ludwig derrière elle, les elfes, même l’air — cessait simplement d’exister. Pendant une fraction de seconde, elle ne bougea pas. Pas un geste. Pas un souffle. Rien. Son corps, encore marqué par ces derniers mois, sembla refuser de suivre, incapable de décider s’il devait avancer ou reculer.

Ce n’était pas possible. Pas ici. Pas maintenant.

Il y eut une montée brutale, incontrôlable, de quelque chose qu’elle ne nomma pas — un choc trop vaste pour être réduit à une seule émotion. Soulagement, peut-être. Ou quelque chose qui y ressemblait dangereusement. Une reconnaissance immédiate, viscérale, presque douloureuse. Il était là. Réel. Pas une reconstruction imparfaite de son esprit, pas une silhouette fugace entre deux instants de survie. Et cette seule pensée eut quelque chose de profondément déstabilisant.

Puis tout se brisa d’un coup.

Parce que cela n’aurait pas dû arriver.

Parce que sur tous les scénarios possibles — sur toutes les issues qu’elle avait envisagées, refusées, enterrées — celle-ci était de loin la pire. La plus cruelle. La plus injuste. Revenir, à peine sortie de cet enfer informe, encore incapable de tenir pleinement debout sans puiser dans une volonté devenue mécanique, pour le retrouver là, dans cet espace qu’elle venait à peine de reconquérir…

C'était une chose qu’elle n’était pas prête à affronter.

Son regard parcourut son visage malgré elle, avec une précision presque intrusive, comme pour vérifier qu’il était bien réel.

Il n’avait pas changé.
Ou peut-être que si.
Elle n’arrivait pas à le dire.

Elle inspira — trop vite. L’air accrocha dans sa gorge.
Fatigue.
Oui. Ce n’était que cela. La fatigue. Le contrecoup. Rien d’autre.

Elle redressa imperceptiblement le menton, forçant ses épaules à retrouver leur alignement habituel, à ignorer les protestations silencieuses de son corps. Reprendre. Maintenant. Tout de suite.

Sa voix refusa de venir immédiatement. Elle resta suspendue un instant de trop, coincée quelque part entre ce qu’elle ressentait et ce qu’elle devait dire.

« …Qu’est-ce que tu fiches là ? »

Elle ne le quittait pas des yeux. Impossible. Comme si détourner le regard aurait été une erreur.

« Non, attends— » Elle secoua légèrement la tête, agacée, cherchant à remettre de l’ordre dans ses propres pensées. « Non, en fait - non. »

Évidemment que non. Son regard se durcit, s’accrochant à quelque chose de plus stable — la colère, les reproches, n’importe quoi de plus simple que le reste.

« T’étais pas censé être là. »

Son cœur battait trop fort, trop irrégulièrement. Elle sentait la fatigue remonter, s’infiltrer dans ses gestes, dans sa voix, dans ce contrôle qu’elle tentait de maintenir à tout prix.
Huit mois. Huit mois sans lui. Sans rien. Sans avoir à gérer ça. Et il suffisait de quelques secondes pour que tout revienne. Elle serra légèrement les dents.

« J’ai pas… » Elle s’interrompit, cherchant ses mots, chose rare. Irritante. « J’ai pas le temps pour ça. Pas maintenant. »

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27 avr. 2026, 09:54
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Thomas ne parvenait plus à la quitter des yeux. Ils dévalaient son visage, absorbait chaque trait, comparait ce qui avait changé avec l’image de celle d’avant, celle qui n’avait pas passé huit mois dans une prison magique.
Morgan était là. Morgan était rentrée. Morgan et ses longs cheveux noirs, Morgan et ses yeux bleus, Morgan et sa peau claire, Morgan et ses tatouages, Morgan et ses lèvres qu’il voulait embrasser, embrasser encore, pendant des heures ou bien des jours.
On lui avait arraché trop longtemps. Bien trop longtemps.

Et soudain, l’attitude de Morgan changea. La surprise se mua en quelque chose d’une violente froideur, quelque chose comme une lame gelée. Une arme que Morgan utilisait toujours aussi bien.
Elle se ficha en plein dans son coeur mais, pour le moment, ne blessa pas Thomas. Il était habitué à la rudesse de Morgan, c’était une des raisons pour lesquelles il l’aimait tant. Elle était dure, elle était forte, elle ne le ménageait pas, et chaque démonstration d’amour avait un goût de victoire auquel il était accro. Il savait qu’il fallait la mériter, sa Morgan.
Le regard de Morgan changea. Il se chargea en quelque chose que Thomas comprit être de la… colère, peut-être ? Bien sûr. Bien sûr que c’était cela. D’une certaine manière, il compliquait tout, n’est-ce pas ? Être là, lui qui se faisait rempart entre Morgan et son destin d’héritière, était une épreuve de plus.
Mais Thomas ne voulait pas être cela.
Il voulait être un appui pour elle.
Il voulait que, par sa présence, Morgan comprenne qu’il prendrait soin d’elle le temps qu’elle le désirerait, même si il ne s’agissait que d’une minute. Ou, plus probable, le temps d’un battement de cil.
Et, surtout, il voulait la voir. S’assurer de ses propres yeux que sa Morgan était revenue.

La lame s’enfonça profondément dans son cœur. J’ai pas le temps pour ça.
Oh.
Morgan ne voyait bel et bien comme une épreuve de plus.
Il déglutit. Son regard dévia un instant loin de Morgan. Ce fut là qu’il prit conscience de la présence de Ludwig Rosenwald. Merde.

La main pâle de Thomas glissa dans ses boucles blanches pour les tirer en arrière. Merde. Il se sentait comme un abruti. Un abruti amoureux d’une femme qu’il embarrassait avec ses sentiments, avec sa présence, là, devant son grand-père.
Thomas crevait d’envie de se jeter vers elle pour l’enlacer, pour la serrer tout contre lui, pour inspirer son odeur que jamais il n’avait oublié. Il la garderait là. Il ne dirait rien. Il lui ferait comprendre que…
Que quoi ?
Qu’il n’avait eu de cesse de la chercher partout ?
Qu’il s’était inquiété ?
Et lui ? Croyait-elle qu’il avait du temps pour ça ? Lui, il le prenait, ce temps. Il le prenait. Parce qu’il l’aimait. Parce qu’elle faisait désormais partie de sa famille. Parce qu’il voulait un jour qu’elle lui montre un putain de sourire reconnaissant.

Thomas inspira lourdement, le souffle tremblant. Il se sentait comme un abruti. Il n’animait pas cela. S’était-il attendu à pareil accueil ? Bien sûr. Mais une part de lui s’était imaginé que Morgan se jetterait sur lui pour l’enlacer. Il s’en voulait d’en attendre autant.
Alors, avec difficulté, Thomas décida d’enfiler à nouveau son masque. Il s’avança d’un pas, puis d’un autre. Pas le temps pour ça, hm ?
Il s’avança encore, jusqu’à la contourner à distance raisonnable pour ne pas se voir repousser, sans un regard pour celle qui n’avait pas le temps, quand bien même son maudit cœur lui hurlait de la regarder, de peur qu’elle s’en aille encore. Il se planta devant Ludwig.

« Monsieur Rosenwald », salua t-il. « Recevez toutes mes excuses pour cette visite impromptue. Je voulais seulement m’assurer que votre petite fille retrouve un peu de familiarité après d’aussi longs mois d’isolement. Je ne vous dérange pas plus longtemps. »

Si la part émotive de lui réclamait les bras de Morgan, la conscience, la part la plus solide de lui, savait qu’il n’était pas le bienvenue ici. Il ne voulait pas être un poids supplémentaire sur les épaules de celle qu’il aimait. Tout aurait été plus simple si il n’était pas éperdument amoureux d’elle, si il avait écouté sa raison et abandonné son amour pour Morgan.
Pour l’heure, il ne pouvait que lui montrer qu’il serait là lorsque elle aurait du temps pour lui, et cela même si il voulait l’être dés lors.

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27 avr. 2026, 12:03
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Lorsqu’il détourna enfin le regard, quelque chose en elle vacilla — à nouveau. Une tension qui n’avait rien à voir avec la colère. Quelque chose de plus sourd. De plus profond. De plus dérangeant. Elle l’avait frappé avec ses mots. Elle le savait.

Puis il bougea. Et tout son corps réagit avant même qu’elle ne le décide. Une tension dans ses épaules, une appréhension de le voir se—
Il passa à côté d’elle. A distance.
Sans la regarder.

Son regard le suivit immédiatement, sans qu’elle ne puisse l’en empêcher. Puis il s’arrêta, devant Ludwig. La présence de son grand-père, jusque-là reléguée en arrière-plan, reprit soudain toute sa place. Morgan sentit son attention se heurter à cette réalité qu’elle avait ignorée dans le choc initial.

Le regard de l’ancien duelliste allait de Thomas à elle. Si cela avait été Garwen… pensa-t-elle - l’idée même lui donnait la nausée. Et Thomas parla. À lui. Pas à elle.

Les mots étaient impeccables. De la distance. De la retenue. Du contrôle.

Il se retirait, sans faire de vague. Comme ça.

Un poids se fit dans son ventre, lourd.

Comme ça. Sans…

Non - elle venait de le dire elle-même. Pas censé être là. Pas le temps pour ça. Pour -
Morgan inspira, mais l’air resta coincé quelque part. Ses doigts se refermèrent lentement contre sa paume. La fatigue remontait, insidieuse, mêlée à quelque chose de plus brut, plus instable. Une colère mal dirigée. La frustration.

Il allait partir, comme ça.
Après—

« Attends. »

Le mot lui échappa, avant même que Ludwig n’ait pu répondre quoi que ce soit.

Et elle voulait soudainement jurer. Elle voulait remonter le temps de quelques secondes, effacer ça.
Elle voulait -

Focus. Elle inspira lentement, redressant imperceptiblement le menton, tentant de reprendre un semblant de contrôle sur ce qui venait de lui échapper, parfaitement consciente cette fois-ci de ce qu’elle venait de faire — de ce qu’elle venait d’exposer, devant Ludwig.

Mauvais.

Mais elle ne revint pas en arrière.

« Mon grand-père n’est pas le maître des visites que je reçois, et il n’est aucunement en position d’accepter ou de refuser les excuses qui s’y rapportent. » Sa voix était plus calme, tenue, ce qui contrastait clairement avec son état d'esprit. Puis elle s'adressa à Ludwig : « Vous avez accompli la tâche que vous avait confiée notre chère matriarche, Grand-Père — je suis bel et bien rentrée, entière et consciente des compromis que cela impliquait. Je ne voudrais pas vous retenir davantage. »

Ludwig ne répondit pas immédiatement. Son regard se fixant sur elle. Il évaluait et Morgan soutint ce regard sans détour, dans un échange silencieux. Un souffle presque inaudible finit par quitter l'homme, puis il inclina légèrement la tête, avant de se retirer.

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27 avr. 2026, 17:47
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Thomas était prit à partir. Il ne le ferait pas par colère envers Morgan, pas plus par envie, mais parce si il était prêt à incendier tout un pays pour elle, il l’était tout autant pour lui donner la distance qu’elle pouvait désirer. Elle avait raison. Elle n’avait pas le temps pour ça, et Thomas l’acceptait, même si il crevait d’envie de la tenir contre lui, même si il voulait lui dire à quel point il avait eu peur pour elle. Il accepterait ses silences autant que ses hurlements, ses lames autant que ses caresses. Il se ferait dragon, loup, chien bien dressé ou fauve impétueux. Et il partirait si c’était ce qu’elle désirait.

La voix de Morgan s’éleva. Thomas ne se tourna pas vers elle. Il voulait entendre la suite car il était convaincu que ce mot là, ce “attends” lui avait échappé. Allez savoir comment, il le savait, comme il sait qu’elle l’aurait peut-être enlacé si elle avait eu du temps pour ça.
Non. Thomas ne pouvait définitivement pas se résoudre à la quitter des yeux bien longtemps.
Il pivota pour la regarder elle, elle, et personne d’autre.

Morgan trancha, bien sûr. Elle trancha comme elle l’avait toujours fait avec lui. Même épuisée, même tenue loin du Monde durant huit mois, Morgan n’avait rien perdu de ce qu’elle était : une femme aimant maîtriser son environnement.
Un sourire fin, discret, pulsant d’une joie contenue, souleva les lèvres de Thomas. Il ne dura pas bien longtemps. Thomas le fit disparaître en roulant ses lèvres l’une contre l’autre.
Thomas coula un regard à son ancien professeur. Il suivit son départ en silence. Il observa la porte encore quelques secondes avant de revenir à Morgan.
Il n’y avait qu’elle qui méritait son attention.

Les voilà seuls, désormais. Merlin, ce que c’était intimidant. Elle et lui, dans la même pièce, le cœur lourd de ce qu’ils ne pouvaient dire ni même assumé.
Thomas aimait le silence. Il s’y complaisait la plupart du temps, lorsque l’alcool faisait son office. Mais aujourd’hui, il n’avait pas pu. Pas une seule goutte. Il n’y avait pas même pensé. Aujourd’hui, il n’avait eu que Morgan dans la tête.

Et la voilà devant lui, en face à face.
Vivante. Pas en songe, pas en rêve, pas en cauchemar, pas dans les boucles noires d’une inconnue au coin d’une ruelle, pas en souvenir sur un oreiller. Là. Juste. Devant. Lui.

Thomas n’hésita pas une seconde de plus. Il avala la distance qui les séparait pour venir étreindre Morgan.

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27 avr. 2026, 21:08
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Lorsqu’il l’atteignit, la femme n’eut pas le temps de penser — seulement de réagir. Le contact fut immédiat. Son corps se tendit d’un seul bloc, comme frappé par une décharge. Pendant une fraction de seconde, il n’y eut plus de salon, plus de Cardiff, plus de Thomas — seulement ce réflexe brut, ancré trop profondément pour être contenu. Huit mois de vigilance, de luttes, d’emprises à briser avant qu’elles ne se referment. Huit mois où le moindre contact imprévu signifiait danger.

Ses instincts et sa magie répondirent avant elle : « Lashlabask »
Et une poussée violente, invisible, jaillit de la sorcière.
Thomas fut repoussé. Pas projeté à travers la pièce — la galloise n’avait ni la force, ni le contrôle pour cela dans son état — mais suffisamment pour briser le contact, pour créer de la distance. Pour respirer.

Elle recula dans le même mouvement. Son souffle s’était coupé. Ses doigts tremblaient légèrement, déjà crispés à nouveau contre ses paumes, comme si elle cherchait à reprendre possession d’elle-même.

Morgan fixa Thomas, les yeux plus ouverts qu’elle ne l’aurait voulu. Pas de froideur, cette fois — pas immédiatement. Puis la conscience revint.
D’un coup.
Elle venait de—
Sa mâchoire se serra.

Le souffle lui échappa, plus long cette fois, comme si elle forçait son propre corps à redescendre.

« Je … Excuse-moi. »

Elle détourna le regard. Ses doigts se décrispèrent lentement, et ce fut à son tour de bouger. Un pas sur le côté. Puis un autre, la menant vers le salon.

Pathétique, encore une fois.

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30 avr. 2026, 09:47
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Thomas n’était pas un homme tactile. Il n’était pas le genre de sorcier à geindre pour des étreintes ou des baisers. A ce jour, la seule personne avec laquelle il pouvait se montrer gourmand de tendresse, c’était Chris, son meilleur ami, et aussi la seule personne au monde ayant connaissance de tout ce qu’il se refusait à dire à son entourage le plus proche.
Enfin, presque tout.
Aujourd’hui, Thomas avait besoin de ressentir un corps contre le sien, hurler en silence des mois de douleur, de peur et d’angoisse dans un cou. Celui de Morgan. Morgan et ses boucles noires, Morgan et son odeur si familière, Morgan et -

Morgan le repoussa.
Pas avec ses mains, mais avec sa magie, guidée par sa volonté farouche. Celle de ne pas avoir Thomas contre elle. Celle de mettre de la distance avec tout, absolument tout. Même lui.
Le souffle heurté, Thomas reculait contre l’avis de son corps et de son cœur. Il leva les mains devant lui par réflexe, comme pour dire à celle qu’il aimait : tout va bien, c’est moi. Ses yeux braqués sur elle, Thomas voulait à tout prix la rassurer car il n’y avait qu’elle qui comptait. Pas lui et son égo froissé. Pas lui et son envie, son besoin de la sentir contre lui après des mois et des mois de traque vaine.
Et ce qu’il voyait lui faisait mal. Merlin, ce qu’il avait mal. Morgan le regardait comme une bête acculée, apeurée, prête à mordre à nouveau. C’était à cause de lui. Pauvre abruti. Incapable de prendre son bien en considération, il s’était jeté sur elle comme un mort de faim.
Thomas sentit sa gorge se serrer. Il garde les mains bien en évidence, essaya même de sourire, mais ne parvint qu’à montrer une grimace douloureuse. Je suis désolé. Je fais n’importe quoi quand il s’agit de toi.

Ses bras retombèrent lentement alors que Morgan lui demandait de l’excuser. Non, c’est moi qui te présente mes excuses, tu n’as rien fait, rien du tout.
Rien ne lui vint.
Il se sentait comme un idiot devant la femme qu’il aimait et qui souffrait en silence. Elle l’avait repousser par instinct. Pas par envie. Par instinct. Comme on regarde par-dessus son épaule dans une ruelle sombre. Comme on serre sa baguette dans sa poche en pénétrant dans un lieu malfamé. Elle l’avait repoussé par instinct.

Figé sur ses pieds, Thomas l’observa se détourner pour avancer vers le salon.
Tu n’es qu’un abruti.
Tu n’as aucune idée de ce qu’elle a vécu. Tu ne penses qu’à toi.

Ses mains vinrent se perdre dans ses boucles blanches. Il inspira, les yeux fermés vers le plafond. Quelques secondes. Juste quelques secondes.
Avant qu’il ne s’approche à nouveau. D’un pas. Juste un.

« C’est moi qui te demande pardon », dit-il enfin, ses mains retombant devant lui. Il s’avança encore, à distance raisonnable, toujours dans son champ de vision. Jamais dans ses angles morts. « Allons juste nous asseoir, d’accord ? En silence, si c’est ce que tu veux. Si tu as besoin d’un mannequin pour te défouler, je suis là. Et si tu veux que je parte, je pars. » Il déglutit, mais sourit néanmoins. Parce que c’était habituel, chez lui. Morgan le connaissait ainsi.
Souriant.
« Je suis à toi. Quelque soit l’utilité que tu souhaites me donner, aujourd’hui. »

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30 avr. 2026, 14:59
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La galloise ne s’arrêta pas immédiatement en entrant dans le salon. Pathétique, encore une fois, avait-elle pensé. La sorcière n’avait pas seulement perdu le contrôle — elle l’avait montré. Devant lui. Évidemment que ça n’aidait en rien. Ses doigts finirent par effleurer le dossier d’un fauteuil sans s’y appuyer. Puis il s'approcha prudemment, comme si elle était une de ces bestioles acculées, peureuses - dangereuses. Elle détestait ça.

Sa voix la rattrapa également. Et lorsqu’elle se raccrocha de nouveau à sa présence, ce n’était plus le chaos brut d’un instant plus tôt. Son regard se posa sur lui sans détour, s’y fixa, et ne le quitta plus. Un bref silence passa, comme si elle cherchait encore à aligner ce qu’elle voyait avec ce qu’elle savait. Rien ne collait.

« Non. Tu peux pas débarquer ici comme ça et agir comme si… » Elle s’interrompit, agacée par ses propres mots, puis reprit, plus direct. « Qu’est-ce que tu fais ici, Thomas ? »

Elle le détailla ouvertement, sans retenue. Ce sourire. Morgan n’en voulait pas, pas alors qu’elle n’y pensait aucune honnêteté rattachée. Masque, pitié, elle ne saurait dire. Néanmoins, ses yeux ne le quittèrent pas pour autant.

« T’es chez moi. Tu sais où tu es. Tu sais très bien avec qui j’étais à l’instant apparemment. » Une brève pause. « Et t’as rien de mieux que ça ? J’ai… disparu huit mois. Sans rien dire. »
Elle haussa très légèrement le menton, sans le lâcher du regard.

« Et toi… » Elle chercha un instant, puis laissa tomber. « Non, ça n’a aucun sens. »

‘Je suis à toi.’ Comment pouvait-il, comment osait-il...

« Si t’as quelque chose à dire, dis-le. Vraiment. Ou pose tes questions. Ou sois en colère, j’en sais rien. Mais… pas ça. »

I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b

30 avr. 2026, 16:23
 PNJ J   PNJ  L’Andabate et la Stryge
Thomas était un modèle de patience, un concentré de contrôle qu’il s’était employé à travailler au jour le jour depuis ses plus tendres années. C’était ce qu’on attendait de lui. Lui, le chevalier imperturbable, celui qui affrontait tout ce qui pouvait se dresser sur son chemin. Sorcier, moldu, politicien, oncle, tante, mère, inconnu, fatalité, mariage, sort, dîner mondains. Thomas était fait pour combattre et gagner, avec sourire.
Toujours avec le sourire.

Cette fois, Thomas n’avait plus envie de sourire. Il se mit à disparaître lentement, ses yeux braqués sur Morgan.
Comme si quoi, dis moi ?
Comme si je t’aimais ? Comme si je m’inquiétais ? Comme si quoi, Morgan ?


Elle n’en dit rien, bien sûr, préférant garder pour elle des mots qu’elle pourrait regretter.
Ce qu’il faisait ici ? Oh, Merlin. Merlin. Elle savait très bien ce qu’il faisait ici. Ou alors non ? Doutait-elle de ses attentions ? Bordel. Thomas sentait son coeur s’embraser autant que ses poings trembler.
Elle le poussait à bout.
Comme toujours.
Il ne s’agissait plus d’un jeu, désormais. Ou bien il s’agissait bien d’un jeu, mais cruel. Comme Morgan. Ô ce qu’elle pouvait être cruelle.

Thomas écoutait les mots, lisait les expressions. Il entendait hurle moi dessus. Il voyait une supplication : sois honnête avec moi
Bien. Il le serait.

Sans un mot, Thomas baissa les yeux sur cette main qui avait tantôt effleurer son fauteuil. Il aurait aimé être à sa place. La sienne lui semblait soudain bien ingrate.

« Très bien. »

Sa voix était froide, dépourvue de sa chaleur habituelle. Lorsqu’il leva la tête vers elle, Thomas avait perdu son masque. Plus de sourire. Plus d’œil rieur. Rien qu’un homme au menton dressé au regard froid.

« T’es parti. Tu ne m’as rien dit. Tu t’es barrée jouer à l’exploratrice, tout en sachant que ce serait dangereux… et tu ne m’as rien dit. »

Son corps avança de lui même, mais pas vers elle. Il avait besoin de marcher. Sa gorge nouée par une colère qu’il refusait de montrer pour le moment, il reprit.

« Je t’ai cherché partout. J’ai été jusqu’en Allemagne, parce que ta foutue grand-mère a voulu me faire perdre du temps. Tu sais ce que ça fait, ce que j’ai ressenti quand j’ai compris que je faisais chou blanc ? J’ai cru crever, Morgan. Et toi… t’es juste partie, comme ça, comme si j’étais rien, comme si je méritais pas une putain d’explication ! » Son regard harponna aussitôt Morgan. « Tu sais ce qui à pas de sens ? C’est nous ! C’est tout ça ! Je suis le seul à me battre pour que ça fonctionne, parce que je t’aime ! » Thomas cracha ses derniers mots. Son cœur battait la chamade, ses yeux hurlaient toute la colère qu’il ressentait. Pour elle. Pour lui. Pour toute la situation.
Il frappa sa main sur le dossier d’un fauteuil, les dents serrées. Son autre main bondit pour la désigner elle. La menteuse. L’ingrate. La maudite qui s’était emparée de son coeur pour le malmener

« Mais c’est pas ça le pire. Non… le pire, c’est que t’avais le choix. T’aurais pu sortir avec Kohler et les autres. Et t’es restée ! Comme si… putain, comme si t’avais rien à retrouver dehors ! Merde ! »

Sa main éclata un grand coup sur le fauteuil avant de bondir jusqu’à ses lèvres qu’il écrasa.
Il avait envie de tout casser. Il sentait sa magie pulser jusque dans ses ongles.
C’était injuste. Morgan le traitait comme si il n’était qu’un visiteur indésirable. Mais ça, ça ? C’était tout elle. Incapable d’assumer ce qui aurait dû lui crever les yeux.
L’homme qui lui faisait face mourrait sans elle.
Il se damnerait pour elle.
Il incendierait tout ce qui se dresserait sur son chemin pour elle.
Et elle considérait cet amour comme une poussière sur son épaule.
C’était ça qui n’avait aucun sens.
Pas son envie de la ménager. Pas son désir de l’enlacer. Pas sa colère. Pas sa volonté de lui offrir un paysage familier en un sourire.

Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050