Cette mélodie que mon cœur chante en ta présence
Ce sujet permet de répertorier des one shot mettant en avant la relation entre Hyacinthe Kyros et Christopher Hangoover, écrits par l'une ou l'autre de nos plumes, dans le passé ou le présent.
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
Cette mélodie que mon cœur chante en ta présence
Jeudi 9 février 2051
AUX TROIS BALAIS
AUX TROIS BALAIS
Vers 18 heures 45La clochette sonne lorsque Christopher pousse la porte des Trois Balais. Il rentre, laissant derrière lui la triste pluie de février et la fureur du vent qui souffle sans discontinuer sur le pays depuis quelques jours. Il ôte son bonnet et passe la main dans ses cheveux pour y remettre de l'ordre, heureux de sentir ses joues et son nez se réchauffer grâce à la température intérieure.
Son regard trouve aussitôt la silhouette installée au fond du pub, attiré par l'éclat orangé de ses cheveux et par sa familiarité. Un sourire saute aussitôt sur ses lèvres ; dans sa poitrine, son cœur rebondit comme seul peut bondir un cœur heureux. La tête penchée, Hyacinthe ne l'a pas encore aperçu et Christopher ne compte pas lui faciliter la tache parce qu'il se glisse vers le mur du fond pour se mettre dans son dos et être sûr que son ami ne le voit pas arriver.
Il profite de cette discrète tentative de l'approcher sans bruit pour observer ce qu'il parvient à voir d'ici. La courbe de sa nuque à la peau si blanche, ses longues mèches de cheveux roux dans laquelle s'entremêlent des mèches blanches qui dégringolent dans son dos, son coude pointu posé sur la table, ce haut qu'il lui connait et qui souligne la ligne de ses épaules. Christopher bifurque sur la droite, à la fois pour mieux y voir et pour signaler sa présence avant d'arriver : jamais il ne surprendrait Hyacinthe au risque de lui faire peur. Avec d'autres, oui, mais pas avec lui. Ce faisant, il s'offre le droit de pouvoir observer le profil de l'homme ; ce visage si familier qu'il pourrait dessiner les yeux fermés, s'il avait le moindre talent de dessinateur. La courbe de son nez, ses joues pales et creusées, la ligne fine de ses lèvres, sa façon de passer les doigts sur son front quand il réfléchit.
Le temps que s'écoulent ses pensées, Christopher arrive près de Hyacinthe. Certain de ne plus le surprendre maintenant, il se décale vers la gauche pour se placer dans son dos. Là, il se penche en avant pour passer le bras par dessus l'épaule de Hyacinthe : il dépose un livre sur la table, juste devant lui. Sa main vient s'appuyer sur le lourd plateau en bois. Toujours dans le dos de l'homme, il se penche au-dessus de lui jusqu'à ce que son visage soit au niveau de son oreille.
« Vous êtes mon auteur favori, monsieur Kyros ! murmure-t-il avec un sourire dans la voix. Je vous supplie de me faire la plus belle des dédicaces... »
Christopher se décale sur la droite pour pouvoir croiser le regard marron de son ami, profitant une dernière fois de son odeur familière qui lui chatouille le nez dès qu'il s'approche un peu trop de lui. Ses lèvres sont ourlées d'un sourire taquin.
« La meilleure des dédicaces pour le plus précieux de vos amis ! »
Un petit rire lui secoue les épaules. Il récupère sa main et se redresse pour pouvoir s'asseoir sur la chaise à côté de Hyacinthe. Ils se voient régulièrement depuis que le Gallois est revenu au pays. Parfois pour boire un coup aux Trois Balais, d'autres fois pour se promener dans la campagne Écossaise, d'autres fois encore pour se rendre en ville ou chez l'un d'eux. Peu importe ce qu'ils font, tant qu'ils sont ensemble. Christopher se laisse tomber sur la chaise avec un soupir d'effort et fait glisser le livre sur la table pour forcer Hyacinthe à y jeter un coup d’œil. Il s'agit de sa propre nouvelle qui a gagné un prix récemment, cela fait des semaines que Christopher a dit à son ami qu'il la lirait sans jamais passer le pas. Maintenant qu'il l'a achetée, il compte bien faire dédicacer son exemplaire.
Christopher plante un coude sur la table et se penche vers Hyacinthe avec un sourire en coin. Ses yeux analysent son visage, son regard, tombe sur son buste et là ils s'écarquillent. Il se penche en avant pour attraper le col du vêtement entre son pouce et son index, totalement conscient de sa proximité physique avec l'autre homme qu'il se permet parce qu'il se sait autorisé à le faire.
« Par Morgane ! s'exclame-t-il sans prévenir. J'aime tellement quand tu portes ça, regarde comme tu es beau ! »
Il se rassied lourdement sur sa chaise en lâchant le vêtement.
« Pourquoi es-tu toujours aussi beau ? soupire-t-il en posant le coude sur la table et en enfonçant le menton dans le creux de sa main. Tu es toujours si diablement canon, Hyacinthe. Tu n'as pas idée à quel point j'aime te regarder. »
Un léger soupir vient ponctuer ce soudain aveu qui n'a rien d'une surprise : Christopher est bien des choses, mais il n'est pas avare en compliments et il ne se passe jamais un rendez-vous entre eux sans qu'il s'extasie sur la coupe de cheveux de Hyacinthe, sur son maquillage, sur ses regards qui souvent le brûlent, sur ses vêtements et sa façon de les porter, sur tout ce qu'il peut en fait. Il le fait sans rien attendre en retour, simplement parce qu'il aime que Hyacinthe sache tout ce qu'il apprécie de lui.
« Alors, reprend-t-il en désignant du menton le livre. Tu vas me le dédicacer ? Je t'assure que je vais le lire, pro-mis, mais j'ai pas le temps en ce moment, tu sais le pub, la soirée à venir... Lloyd me tanne avec cette soirée, t'as pas idée. Bon et sinon, le gosse dont tu m'as parlé la dernière fois, ça s'est arrangé ? »
D'un geste, Christopher fait signe à un serveur qu'il a aperçu à l'orée de sa vision. Il commandera une bière, Hyacinthe une boisson sans alcool et ils discuteront jusqu'à ce que la nuit soit définitivement tombée et qu'il soit l'heure pour le psychomage d'assister au dîner à Poudlard et pour Christopher de rentrer chez lui. Mais pour l'instant ils sont là et rien d'autre ne compte que l'apaisement qu'ils s'apportent mutuellement et le plaisir de passer du temps ensemble.
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@Hyacinthe Kyros, et voilà, comme promis !
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
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Cette mélodie que mon cœur chante en ta présence
Jeudi 9 février 2051
AUX TROIS BALAIS
AUX TROIS BALAIS
Vers 18 heures 45La pluie battait encore contre les vitres des Trois Balais lorsque Hyacinthe leva enfin les yeux du menu qu’il ne lisait plus depuis plusieurs minutes déjà. Il avait entendu la porte s’ouvrir, comme des dizaines de fois depuis qu'il était lui-même entré. Il n'y faisait désormais plus vraiment attention, sentant l’air froid glisser dans le pub quelques secondes avant de disparaître. C'est pour cela qu'il lui fallu un certain temps pour remarquer cette présence familière, et ce, sans doute parce que celle-ci s'était laissée dévoiler.
Aucune crispation, aucun corps crispé dans un réflexe devenu naturel. La détente que Hyacinthe ressentait avec Christopher était parfois un peu humiliante tant elle différait de son attitude avec d'autres. Il esquissa un sourire en coin en regardant le livre déposé devant lui et en sentant la chaleur du souffle près de son oreille. Ses doigts longs et fins refermèrent lentement le menu avant que le roux ne tourne légèrement la tête vers Christopher avec un regard faussement las, doté d'une théâtral tout à fait exceptionnelle.
- Monsieur Kyros est profondément touché de constater que son lectorat est composé de jeunes hommes aussi charmants, même s'ils n'ont sensiblement pas ouvert son livre.
Sa voix était douce, basse, avec cet amusement un peu sec qui semblait toujours autant être une passe qu'un système défensif. Pourtant, Hyacinthe ne se défendait pas, loin de là, et il était clair qu'il renvoyait la balle à Chris avec un sourire parfaitement sincère qui accompagnait ses mots. Il baissa les yeux vers l’exemplaire de Mission Horizon, et quelque chose se contracta brièvement dans sa poitrine.
C’était ridicule, vraiment ridicule.
Parce qu’il savait parfaitement que Christopher n’était probablement pas près de le lire, parce qu’il connaissait ses habitudes, ses dispersions, son incapacité chronique à rester assis tranquillement avec un roman entre les mains plus de vingt minutes sans penser à autre chose. Et pourtant, voir le livre là, fraîchement acheté, transporté jusque dans ce pub simplement pour lui arracher une dédicace... Merlin.
Hyacinthe sentit une chaleur embarrassante lui grimper jusqu’aux oreilles. Il ne détourna cependant pas le regard mais soupira doucement.
- Pour le plus précieux de mes amis ? Répéta-t-il lentement. N'est-ce pas une formulation un peu trop banale pour ce que nous avons ?
Et pourtant, c'était bel et bien vrai. Et même si Hyacinthe dégustait avec grand plaisir les taquineries qu'il échangeait avec Chris, il était indéniablement fier qu'il soit son ami le plus proche. Ex ou non... est-ce que cela avait tant d'importance, aujourd'hui ? Il attrapa le livre avec précaution, ses doigts glissèrent un instant sur la couverture tandis qu’il sortait un stylo de sa poche intérieure. Loin d'être souvent utilisé, puisque le petit objet bleu moldu était fréquemment remplacé par une plume noire et argentée qu'utilisait le roux au quotidien, il restait néanmoins d'une efficacité redoutable dans de telles situations.
Le stylo était assorti à sa tenue plus par goût pour le bleu sarcelle que par souci du détail, et Hyacinthe savait que n'importe qui d'autre que Chris aurait levé les yeux au ciel. Mais... cela aurait pu en être autrement. Parce que le psychomage s'était changé avant de venir. Il n'avait pas eu trop le choix, à vrai dire. Car après avoir passé presque vingt minutes à frotter stupidement une tâche de peinture bleue sur un large t-shirt décoré de la couverture de l'album Aladdin Sane de Bowie, il s'est contraint à changer de vêtement. Puis, il a réalisé, dans une immense honte solitaire au milieu de sa kitchenette, qu’il possédait une baguette magique.
Le souvenir lui arracha un petit sourire fatigué.
Hyacinthe portait désormais une chemise crème à col haut, fermée jusqu’à la gorge par une série de boutons noirs mats, sous une longue veste sarcelle aux broderies discrètes courant le long de ses manches comme des branches épineuses. Le tissu épousait sa silhouette maigre sans la durcir. Au contraire, tout accentuait cette ambiguïté qu’il entretenait avec tant d’application. Une boucle d’oreille argentée pendait à son oreille gauche, fine chaîne reliée à un petit anneau plus haut sur le cartilage. Ses paupières étaient légèrement maquillées, juste assez pour estomper un minimum les cernes qui habitaient autant son visage que ses deux yeux.
Christopher attrapa le col de sa veste et Hyacinthe sentit immédiatement son cœur faire une embardée délicieuse. Il n'était peut-être pas un individu avare de compliments, mais voir ses efforts reconnus ainsi était tout à fait agréable. Cependant, son premier réflexe fut de détourner les yeux avec un rire bref, tandis que le rouge lui montait franchement aux joues. Le roux leva finalement les yeux vers son ami avec un sourire de travers.
- Je pourrai te poser la même question, tu sais ? S'exclama Hyacinthe d'une voix douce. Tu es un délice pour les yeux à chacune de nos entrevues, Chris. Qu'on soit en soirée, au Chemin de Traverse ou au Pitiponk, tu ne fais jamais un faux pas.
Il fit glisser sa main contre l'avant bras de Christopher, ouvertement aguicheur, avant de continuer d'un ton taquin.
- Mais... c'est facile, comme toi comme pour moi. Nous nous regardons ainsi depuis si longtemps. Notre objectivité est juridiquement discutable.
Puis Chris reprit la conversation sur son livre, et Hyacinthe se décida finalement à lui faire cette "dédicace". Il baissa les yeux sur la première page du livre et tapota lentement la mine contre le papier. Après quelques secondes de silence, il commença à écrire, les lèvres légèrement pincées par la concentration.
À mon amant tragique,
Merci de ne toujours pas lire mes livres malgré ton soutien émotionnel incomparable. Je suppose que je peux vivre avec ça.
Et... je ne t'en remercierai jamais assez.
- HyaS
Le S final était souligné d’un trait appuyé. Pour Chris, hein ? Ca allait le faire sourire. Hyacinthe referma le livre avant de le pousser vers Chris avec un sourire satisfait, déjà incapable de soutenir son propre embarras plus longtemps.
- Voilà. Peut-être qu'un jour il vaudra une petite fortune, si je perce. Ou si je disparais mystérieusement. Garde le bien au chaud.
Le rire qui lui échappa fut plus franc, plus léger. Et pendant quelques secondes, Hyacinthe oublia presque cette sensation étrange qui l’accompagnait depuis la publication de sa nouvelle. Devenir visible ainsi, surtout pour une œuvre ouverte au grand public, il ne s'y était pas préparé et il avait détesté ça. Les quelques élèves qui étaient venu lui parler de Mission Horizon avaient fait en sorte que l'idée devienne plus soutenable, jusqu'à ce que les remarques deviennent plus confortables. Chaque compliment lui donnait envie à la fois de sourire et de disparaître sous terre. Mais... venant de Chris ? Ce n'était pas pareil. Voir le sorcier être fier de lui remplissait son cœur de joie.
Hyacinthe leva les yeux lorsque le serveur arriva enfin et commanda machinalement un thé aux agrumes avant de se réinstaller contre le dossier de sa chaise avec un soupir discret. Ses jambes croisées sous la table, ses doigts entourant sa tasse dès qu’elle arriva, le roux observa Christopher parler de la soirée de Lloyd. Même s'il le pouvait, Hyacinthe n'avait aucune intention de s'y rendre. Mais il avait certainement envie de voir ce que cela donnera. Il n'était peut-être pas fan de la Fausse Danse, mais il ne pouvait nier que l'homme savait ce qu'il faisait. Le roux avait hâte d'écouter les nouvelles de Chris une fois l'événement passé, et profita de l'instant présent pour lui demander ce que Lloyd avait prévu cette fois-ci.
Mais le sentiment se dissipa en vitesse dès que Chris évoqua "le gosse". Elijah. Encore et toujours Elijah Cooper, même si le brun n'en avait aucune idée. Quelque chose sembla changer même dans l'expression de Hyacinthe, qui restait particulièrement sensible à son propos malgré le soulagement de ces derniers mois. Bien sûr que Chris le remarqua, il remarquait toujours. Il vit que son sourire devenait moins instinctif, que ses sourcils étaient un peu plus froncés.
- Mh... Il baissa les yeux vers le liquide fumant quelques secondes avant de reprendre. Ça s’est arrangé, oui. Il y a un petit moment.
Le souvenir de cette séance lui revenait encore par vagues désagréables. Le pire n’avait même pas été l’attachement du garçon, mais le sien. Hyacinthe s'était senti glisser dans une spirale infernale, et il a fini par en parler à Chris quelques semaines après les événements. Il savait que l'homme comprendrait son instabilité émotionnelle et les liens qu'il avait tissé avec ce garçon, tout ce qui avait réveillé les morceaux de lui qu'il passait son existence entière à essayer de tenir tranquilles. Un enfant blessé, en colère, abandonné. Cette envie maladive d'être choisi malgré tout. Bien que le roux n'ai que survolé cet événement afin de maintenir le secret professionnel, parler à Chris lui avait fait un bien fou.
- Je... je reste attaché, je le sais bien. Trop pour que cela sain dans un cadre thérapeutique. Hyacinthe inspira lentement. Mais étonnamment... ça se passe bien.
Son ton était volontairement léger, mais il sentait encore le poids de cette semaine entière d'autodépréciation après leur dispute. Mais bon, de toute façon, les choses se sont apaisées et le garçon est revenu.
- Je crois qu’il me fatigue énormément - émotionnellement, je veux dire. Mais... je l’aime bien.
Et pourtant, malgré la fatigue, malgré cette semaine affreusement longue, malgré son propre cerveau qui lui murmurait qu’il n’était qu’un accident fonctionnel très bien habillé... Hyacinthe était là, aux Trois Balais, avec Christopher. Et cette rencontre était comme toutes les autres, elle illuminait sa semaine d'une joie et d'une familiarité qui ne le poussait qu'à attendre la prochaine fois.
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@Christopher Hangoover - Me voici, me voilà !
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
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