L'oniromancien
“The future belongs to those who believe in the beauty of their dreams." - Eleanor Roosvelt
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Ce post vise à être un recueil d'OS sur les rêves de Léonidas. Pour la Plume, il s'agit avant tout d'explorer la psychée de son protégé, de développer longuement ses pensées et surtout de se faire plaisir en écrivant des récits en s'affranchissant des contraintes du réel. Après tout, dans le monde des rêves tous est possible. Chaque post sera daté, mais ils pourront très bien ne pas se suivre, fonction de l'inspiration de la Plume de Léonidas. Juste après vous trouverez un sommaire permettant d'accéder aux différents One-Shot

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Un grand merci à la Plume d'Aelle Bristyle pour sa précieuse relecture
Dernière modification par Léonidas Vance le 4 juin 2026, 01:52, modifié 3 fois.
He's he’s a genius in a foolish disguise - Sir Adidas Vance du Ouin Ouin - Le Gang des Licornes - Toujours partant pour un RP (cf ici)
L'oniromancien
SONGE n°1 : Pourquoi tu n'es pas là
15 avril 2048
Ailleurs, juste ailleurs au-delà des frontières du Réel
Ailleurs, juste ailleurs au-delà des frontières du Réel
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Maman, cette nuit j’ai rêvé. J’étais un oiseau aux ailes majestueuses, au plumage fin et délicat. Quel genre d’oiseau ? Quelle importance ! Je pouvais sentir en moi ce sentiment de liberté parcourir jusqu’à la moindre de mes plumes. Je pouvais sentir sur moi la chaleur du Soleil qui réchauffe mon cœur ; ici, là dans l’impénétrable mystère du songe. Pour la première fois, je vivais, survolant les horizons célestes, chatouillant les cieux du bout de plumes diaphanes, plongeant à pic avant de m’élever dans les airs.
D’un regard, je pouvais contempler l’azur infini qui s’offrait à moi. Loin, loin des chaînes terrestres. Loin, loin, de la douleur. Au creux du regard, je pouvais embrasser l’univers tout entier. J’étais ivre, ivre de ce sentiment qui pulsait dans la moindre de mes plumes. D’un battement d’ailes, ample et souple, me voilà sur une terre inconnue, parcourant un espace sauvage où nul regard ne s’était jamais posé, que nul n’avait foulé. Était-ce donc cela la liberté ?
Toute ma vie d’avant m’apparait si futile, ici dans le royaume des cieux, où tout est possible, où la seule limite est celle de l’être. J’ai caressé, chatouillé, exploré la liberté dans ses recoins les plus intimes, les plus secrets, comme une amante délicate à qui l’on fait la cour. À cet instant, le monde s’est tu ; l’assourdissante réalité balayée d’un revers de main.
Hélas, hélas, mon cœur est en cage. Une cage aux barreaux d’acier qui ne cesse de grandir, au plus profond de mon être. Mes plumes d’un blanc immaculé se sont teintées de noir, un noir abyssal. Une à une, implacablement, elles se sont décrochées, m’abandonnant à mon triste sort. Un sombre sentiment enserre mon cœur, mes ailes se sont alourdies, enchaînées par des liens invisibles, mes battements autrefois graciles sont devenus languissants, émissaires d’une tristesse indicible. L’horizon azuré s’est rétréci, le souffle du vent, autrefois caresse, est devenu glacial, me transperçant de sa morsure amère. L’éclat solaire a laissé place à la pénombre et la noirceur.
La solitude et l’abandon sont devenus mes uniques compagnes, plantant leurs drapeaux conquérants sur ma nuque inclinée. Qu’il est désormais loin le temps de ma splendeur éclatante, je ne suis plus qu’un oiseau décharné et rachitique, nu comme un ver sans mes précieuses plumes. Il ne reste rien, absolument rien, tout a été englouti. Je suis rongé, telle la pomme à cause du ver qui lentement, mais inlassablement creuse son trou au plus profond de moi.
Et j’ai chu, du firmament des possibles à l’abîme des réalités. Oui, Maman, cette nuit j’ai rêvé. Ô Maman, pourquoi tu n’étais pas là ?
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L'oniromancien
SONGE n°2 : Rebirth
22 mars 2045
Une forêt ? Est-ce seulement réel ?
Une forêt ? Est-ce seulement réel ?
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T.W : Pas vraiment de T.W particulier, mais le texte en lui même est assez sombre, on est plus dans un cauchemar, mais par prudence ceux qui ont l'âme un peu sensible, peut être éviter de le lire.
Il flottait dans l'air comme un parfum étrange, une fragance indéfinissable, une odeur, mais quel odeur ? Je serais bien incapable de la décrire. Qui suis-je ? Je l'ignore. Où suis-je ? Je n'en sais pas davantage, si ce n'est qu'un vent glacial me balaye le visage. Que vois-je ? Des arbres, des arbres qui s'enfonçent à l'infini dans la nuit profonde, tout autour de moi, je suis encerclé d'arbres, une forêt dense et sombre.
Le bruit des feuilles mortes qui craquent sous ma chaussure vient rompre le silence macabre de cette froide nuit d'hiver. Je ne sais ni où je vais, ni pourquoi. Quel importance ! Mes pas sont réguliers calqué sur mon souffle alors que je m'enfonce dans la forêt noire qui me fait face, a-t-elle seulement une fin ? Que vais-je y trouver. Beaucoup plus de questions que de réponses, mais quoi d'autres ? Quel secret cache-tu en ton sein, au plus profond de toi. Je les découvrirai, j'ignore pourquoi, mais je les découvrirai.
Après un temps infini, quelques minutes ? quelques heures ? les troncs semblent s'éloigner la forêt semblait bien moins dense, mais rien d'autre que l'obscurité. C’est là que je le sentis, l’autre… La Bête. Cette altérité qui sommeillait au plus profond de moi. Un véritable instinct animal prenait possession de mon être et de mon âme, peu à peu l’homme s’effaçait. Certes, il luttait pour garder la tête hors de l’eau et ne pas se noyer, mais il se noiera, comme à chaque fois.
La douleur qui m'avait figé était partie, mes muscles se contractèrent. Je me mis à courir sans m'arrêter, m'enfonçant toujours plus avant dans ce sous-bois qui n'en finira donc jamais, mon humanité s’évanouissant à mesure que j’étais avalé par cette obscurité nouvelle. Je m’enfonçais encore plus profondément dans la forêt, sans réel but ni raison. Il m’appelait, il hurlait même et j’étais incapable de résister à son appel, à vrai dire je n’en avais pas la force. Les arbres défilaient devant moi à mesure que je m’avançais sur un chemin sinueux vers ce qui devait être le cœur de la forêt.
Bientôt mes pas m’amenèrent dans une large clairière, un véritable trou dans la couverture forestière, j’avais comme l’impression en levant les yeux au ciel que la Lune brillait plus intensément, irradiant davantage encore cet espace naturel. Néanmoins, au centre de cette clairière se dressait une petite hutte en bois, une bâtisse sur pilotis à l’aspect vétuste muni de quelques fenêtres par lesquels s’échappait une douce lueur.
Je ralentis ma course, m’approchant doucement de la chaumière, l’herbe bruissant sous mes pas feutré. La porte est entrouverte et je décide donc de me glisser à l’intérieur. La maisonnette n’est pas bien grande et se compose d’une pièce unique. Le mobilier est plutôt d’apparence simple puisqu’exclusivement composé d’un lit sur lequel dormait un jeune enfant.
Soudain, je le sens, un instinct bestial me saisit à la vue de cet être fragile et endormi profondément, une envie de lacérer en profondeur un corps si faible et inutile. Un instinct bestial de cruauté, de violence m’envahit. Je ne ressens que cela, cette envie de faire souffrir, de mutiler, de défigurer. Un éclair de lucidité, de conscience humaine me fait réaliser à quel point cet être au corps sans défense me ressemble étrangement, presque trait pour trait, comme si lui était moi et moi un autre, un étranger à mon propre corps. Cet éclair de lucidité ne dura que quelques secondes et bientôt l’un de mes bras tenant un couteau se leva prête à le lacérer en profondeur.
Alors que la lame allaient s’enfoncer dans la chair tendre pour donner satisfaction à la Bête, une sensation d’étranglement m’enserra la gorge ; et c’est en sueur que je me réveillais, bien au chaud dans mon lit, mais terrifier au plus profond de mon être.
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SONGE n°3 : Et si
10 juin 2049
Quelque part entre ce qui fut, ce qui aurait pu être,
et ce qui ne sera jamais.
Quelque part entre ce qui fut, ce qui aurait pu être,
et ce qui ne sera jamais.
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Et si.
C’est impressionnant, la sensation que ces deux petits mots, minuscules et inoffensifs, peuvent procurer. Le genre de mots que l’on abandonne là, échoués, au cours d’une rêverie solitaire. Mais cette nuit, ils ne sont plus une question. Ils sont un lieu.
Je suis là, minuscule grain de poussière dans un couloir immense. Un couloir trop long, trop silencieux pour être réel. Un couloir sans fenêtre, ni plafond d’ailleurs. Seulement des murs qui montent dans l’obscurité sans fin. De chaque côté, des portes. Une infinité de portes. Des portes en bois, des portes en pierre, des portes de papier, des portes de métal, des portes sans portes.
Je sais ce qu’elles sont.
Ni des souvenirs. Ni des prophéties. Juste des possibilités. Des vies. Mes vies. Celles qui auraient pu exister. Si j’avais parlé au lieu de me taire. Si j’avais fui au lieu de rester. Si j’avais obéi davantage. Si j’avais désobéi plus tôt.
Derrière la première porte, une maison irradie de lumière. Au centre du salon, le rire cristallin d’un enfant. Un visage, des yeux. Et une voix de femme. Sa seule voix me fait trembler sans même que j’aie vu son visage. Et l’enfant court vers elle, sans hésitation, et elle le prend dans ses bras.
Et si elle était restée ?
Je claque la porte.
Derrière la deuxième porte, noire et froide, Père. Assis à son bureau. Toujours impeccable. Face à lui, une silhouette droite, calme et posée. Un costume parfaitement taillé. Il ne bouge pas inutilement. Il a compris toutes les règles que je n’ai jamais voulu comprendre. Et Père l’écoute. Il l’approuve. Je vois son regard, cette nuance rare, quasiment invisible, celle que j’ai toujours cherchée sans la trouver.
Et si j’avais été celui qu’il voulait ?
Du mépris. C’est tout ce que je veux ressentir face à cette coquille si vide, si docile… si triste. Mais quelque chose en moi l’envie. Je tourne les talons ; le déni m’apparaît comme une solution tout à fait acceptable.
La porte se referme toute seule derrière moi, silencieusement, et se verrouille. Il ne faut pas le déranger, après tout.
Derrière la troisième porte, un terrain de Quidditch. L’odeur de l’herbe mouillée, le cuir, le vent qui vous transperce et vous aide à respirer. Je suis en uniforme. Je n’ai pas renoncé. Mon passage chez les Crochets n’est ni une plaisanterie, ni un déshonneur familial. Un parmi tant d’autres. Je suis resté. J’ai appris. Je suis tombé. Mais je suis remonté.
J’entends mon nom hurlé depuis les tribunes. Je ressens une pointe me transpercer l’être. Ce n’est pas la gloire qui est douloureuse. C’est de voir un Autre capable de faire quelque chose assez longtemps pour devenir bon.
Et si j’avais continué ?
Je détourne le regard avant de refermer la porte. Après les clameurs… le silence.
Derrière la quatrième porte, un garçon aux vêtements simples est assis sur un muret et regarde le ciel d’été. Il a mon visage, mais pas mon nom. Rien, aucun héritage. Un inconnu pas si inconnu. Aucune attente, aucune exigence. Il existe simplement, sans devoir demander pardon.
Je me mets à sa hauteur, posant la paume de ma main contre la sienne. Les deux se superposent. Une décharge électrique me parcourt entièrement à son contact.
Et si je n’étais pas né avec ce poids sur les épaules ? Je ne l’ai pas choisi, mais faut-il l’abandonner ? Est-ce mon salut ou une lente agonie ? Je l’ignore.
Alors je continue.
Les portes se multiplient. Derrière l’une, je suis un sorcier brillant. Derrière une autre, un lâche. Je vois des vies où je ne les ai pas quittés. Des vies où je les ai quittés plus tôt. Des vies sans eux. Des vies avec. Aimé. Oublié. Victorieux. Brisé. Toutes murmurent la même chose.
Et si.
Et si.
Le couloir se met à tourner.
Les lumières sous les portes se fondent ensemble et le vertige me gagne. Chacune de ces poignées me paraît soudain nécessaire. Chacune de ces vies me réclame. Coupable de ne pas l’avoir choisie. Et si je n’étais moi-même qu’une version parmi d’autres ? Une version imparfaite d’un Autre, plus heureux, plus digne, plus entier.
Je veux courir.
Mais le couloir s’allonge, étirant ses boyaux à l’infini.
Je veux crier.
Mais les portes crient plus fort.
Et, au bout du couloir, une unique porte. Simple. Sans fioriture. Sans promesse. Sans bruit.
Derrière cette porte, un miroir.
Rien d’autre. Rien d’autre que mon reflet. Ni un autre moi. Ni un fils parfait. Ni un inconnu. Ni un enfant désiré.
C’est moi, ce qui tient encore debout et ce qui menace de s’effondrer.
C’est moi.
Léonidas.
Moi. Mes colères, mes doutes, mes certitudes incertaines. Moi, sans fioriture, sans correction, sans retouche. Moi, sans alternative, sans échappatoire.
Et alors Tu lèves la main. Et je fais de même.
Et dans un murmure, Tu me demandes d’arrêter.
Je fronce les sourcils. Arrêter quoi ?
Tu ne réponds pas.
Et je comprends ce que Tu dis. Arrêter de croire que la bonne vie se trouve derrière une de ces portes entrouvertes. Arrêter de chercher un endroit qui me pardonnerait d’exister tel que je suis.
Je baisse les yeux.
Au sol. Une clé métallique. Je la ramasse. Toutes les portes s’ouvrent. Elles m’appellent, distillant leur venin, leurs promesses sans engagement. Promesses de me réparer, de me rendre ce qui m’a été arraché. De me donner ce que je désire.
Je sens quelque chose se serrer en moi. Et la clé serrée au creux de mon poing. Et je comprends.
Elle n’ouvre aucune autre porte. Elle les ferme.
Une à une, les portes disparaissent.
La maison rêvée.
Le bureau froid et sinistre.
Le terrain de Quidditch.
Le garçon sans nom.
Toutes.
Il ne reste plus que Toi et Moi.
Tu n’as pas l’air plus heureux. Pas encore. Mais tu es là. Et ça suffit.
Et inlassablement, Tu me répètes ces mots.
Et si.
Et si.
Et si.
Je te regarde longuement. Le regard triste, mais résolu.
Et lentement, je serre encore plus fort la clé, jusqu’à tordre le métal qui la compose. Et je réponds à ton ultimatum silencieux. À ce silence bruyant.
— Et si, rien.
Le miroir se fend et Tu disparais. Non plus une possibilité. Mais une certitude.
Le miroir se fend.
Le couloir s’efface.
L’obscurité se dissipe.
Et je me réveille avec cette sensation étrange de n’avoir rien perdu. Seulement d’avoir laissé quelque chose en arrière.
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