6 juin 2026, 17:58
 Recueil d'OS  Échec et mat
Alaric semble aujourd'hui en colère, mais cela ne semble pourtant pas être le véritable sujet qu'il a décidé d'aborder. Hyacinthe l'écoute revenir rapidement sur ses récentes bagarres - dont il a déjà entendu parler, pour la plupart - et sur sa difficulté à s'arrêter une fois la douleur installée. Ils mentionnent brièvement cette peur sous-jacente d'apparaître faible aux yeux des autres et mettent davantage l'accent sur ce qui précède la violence que sur la violence elle-même : la honte, la souffrance, l'impression d'être vulnérable. En quoi ces événements le font paraître faible, selon lui ? Comment réagirait-il s'il voyait quelqu'un dans la même situation ? Est-ce qu'il considérerait ça comme de la faiblesse, comme autre chose ? La colère semble devenir chez Alaric un moyen de reprendre le contrôle lorsqu'il se sent blessé ou impuissant. Non parce qu'il aime faire mal, mais parce qu'il ne sait pas quoi faire de cette douleur lorsqu'elle apparaît.

- Vous me décrivez rarement quelqu'un qui cherche à faire souffrir. Dites moi si je me trompe, mais j'entend surtout ici votre douleur... et le fait que vous ignorez comment la porter autrement qu'en l'expulsant ainsi.

Au fil de la séance, cependant, le sujet dérive progressivement, et Hyacinthe remarque les contradictions qui émergent dans le discours d'Alaric concernant les moldus, les sang-mêlés et l'abandon. Lorsque le récit de cet ami d'enfance se dévoile enfin, Hyacinthe comprend que beaucoup de choses prennent racine ici. Il écoute ainsi Alaric raconter cette relation avec une attention particulière. Bien que tout cela se passe bien tôt, c'est aussi le premier moment où Alaric a appris qu'il pouvait blesser quelqu'un qu'il aimait pour protéger ce qu'on lui avait appris à croire.

C'est dommage, surtout à un si jeune âge, que les relations de chacun soient déjà conditionnées par ce qu'on leur a mis dans la tête. Hyacinthe relève que l'abandon qu'Alaric attribue aujourd'hui aux moldus semble avoir commencé bien avant la disparition de ce garçon.

- Il comptait énormément pour vous, n'est-ce pas ? Moldu ou non, il était un enfant auquel vous étiez attaché.

Puis il revient doucement sur les conclusions qu'Alaric semble avoir tirées de cet événement. Sans le contredire frontalement, malgré un désaccord interne, il l'encourage à examiner le lien qu'il fait entre cette souffrance et les origines de cet ami. Pourquoi son départ serait-il lié au fait qu'il était moldu ? Pourquoi sa tristesse, sa colère ou sa décision de s'éloigner seraient-elles différentes de celles d'un sorcier ? Est-ce que ce n'est pas plutôt la blessure, le rejet et la peine qui ont parlé ce jour-là ?

Hyacinthe n'apporte pas de réponse à sa place, il n'en a ni le droit ni l'envie. C'est à Alaric de réfléchir à ces questions par lui-même. Lorsque celui-ci demande s'il a des regrets, le roux accueille la question avec beaucoup de douceur. Il ne s'attarde pas sur lui-même, bien qu'il s'autorise une certaine honnêteté en répondant à sa question.

- J'en ai, oui. Je pense que dans une certaine mesure, nous en avons tous. Mais... ils ne sont pas toujours punitifs ? Parfois, ils nous apprennent à ne plus refaire certaines choses, à nous soucier plus profondément de certaines autres.

La séance reste émotionnellement difficile jusqu'au bout. Hyacinthe remarque d'ailleurs plusieurs tentatives spontanées d'Alaric pour se réguler lorsqu'il sent la crise monter, mais reste aux aguets suite au coup donné sur sa table basse. Les démonstrations de violence le mettent toujours mal à l'aise. Pourtant, même imparfaites, ces stratégies sont importantes, et il prend soin de les faire remarquer au jeune sorcier.

RÉSUMÉ DE L'INTERVENTION

Le travail qu'Alaric et Hyacinthe ont poursuivi s'est davantage tourné vers la souffrance et la vulnérabilité qui précèdent les passages à l'acte. La séance a surtout permis à Alaric d'explorer un souvenir important de son enfance et leur lien avec les croyances transmises par sa famille. Sans confronter directement ses opinions, Hyacinthe l'a invité à réfléchir au lien qu'il établit entre les origines des personnes et les blessures qu'il a vécues. Il a également valorisé plusieurs tentatives spontanées de régulation émotionnelle observées durant la séance. Alaric évoque les bagarres récentes avec inquiétude plutôt qu'avec fierté, et cela semble déjà être une évolution importante.
PR GAGNÉS : +4 (à demander dans le sujet réservé)
RECUEIL : Pour la première fois, Alaric semble relier directement certaines de ses convictions actuelles à une blessure affective ancienne. Beaucoup de douleur reste présente, mais cette mise en lien ouvre des pistes de compréhension essentielles pour la suite ! ^^


593 - @Alaric Blackwood

Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c

17 juin 2026, 18:41
 Recueil d'OS  Échec et mat
L'amour, ou une cruauté injustifiée

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Samedi 13 Mai 2051 - 10h
avec @Hyacinthe Kyros
TW Homophobie, mention de violence physique, mention de violence psychologique
Cet œil au beurre noir était atroce. Summer ne l’avait pas raté, sur ce coup-là, et même si il avait réussi à lui rendre le coup, il n’avait pas fait l’exploit, cette fois-ci, de lui casser le nez. Il essayait d’arranger ça, de le cacher à l’aide de se cheveux, mais rien n’y faisait, le contour de son œil bleuâtre et violacé ne voulait pas s’en aller, et lui faisait encore plus mal à force de le toucher. Bon, il n’avait pas le choix, il devrait rendre visite au psychomage avec ça…

La séance n’annonçait rien de bon. Il n’était même pas dans la salle que déjà, il l’appréhendait. Il appréhendait le fait que le psychomage remarque son œil, les réponses à ses questions de la dernière séance, ou juste les potentiels sujets qu’il pourrait aborder avec lui. Certes, il savait que quand il sortirait de là, il se sentirait plus léger qu’à son entrée, et tout ce stress ne serait plus qu’un mauvais souvenir…

Du moins, il l’espérait. Depuis février, ça avait toujours était comme ça que cela se passait, et Alaric espérait que pour cette séance aussi, même si le plus dur restait à venir. Finalement, le psychomage sortit de sa salle de consultation, et le Serpentard se hâta d’entrer sans une seule salutation, baissant la tête pour qu’il ne voit pas son visage.

Mais c’était peine perdue. Dès qu’il s’enfonça dans le canapé en face du fauteuil de Monsieur Kyros, celui-ci afficha immédiatement un air inquiet sur le visage. Très vite, il lui proposa même de décaler le rendez-vous, pour qu’il aille se faire soigner par l’infirmier, mais Alaric secoua la tête, et croisa les bras, ne voulant pas retarder plus longtemps ce stress. Finalement, il accepta de lui rendre visite dès qu’il en aurait fini avec sa séance, avant d’inspirer un grand coup.

- C’est pas super grave, vous savez, elle aurait pu me faire bien pire, cette dingue, si je ne l’avais pas arrêter. Mais ne vous inquiétez pas pour elle, elle aura trop de fierté pour aller chez l’infirmier, et elle finira par avoir tellement mal qu’elle devra louper des cours, et c’est bien fait pour elle… Vous savez pourquoi elle m’a frappé ? Parce que je suis ami avec Elam, l’un de ses amis. Elle est juste jalouse que je me sois rapproché de lui, c’est tout. J’en suis sûr.

Il avait débité ça en deux temps trois mouvements, et cela paraissait extrêmement futile quand il en parlait, comme quelqu’un qui éviterait un sujet important en parlant de la pluie et du beau temps. Il leva sa main pour sentir le tour de son œil maintenant assez sensible une seconde fois, et fit une grimace de douleur avant de baisser le regard pour éviter celui du psychomage, et lancer, beaucoup trop confiant.

- J’ai à peine mal, de toute façon. Mais j’irai voir l’infirmier, comme vous y tenez, ne vous inquiétez pas. Je suis résistant, pas suicidaire, et je ne veux pas que quelqu’un d’autre me voit comme ça, de toute façon. Et je sais, je devais arrêter, mais j’ai été convoqué chez ma Directrice de Maison, entre-temps, et je sais que je ne dois plus… Me battre. Mais pour une fois, ce n’est pas moi qui ait commencé.

Il soupira et laissa le silence flotter. Longtemps. Très longtemps. Il savait qu’il devait de nouveau en parler. Pour lui, pour exposer ses pensées à l’oral, mais c’était si dur… Et puis, ce n’était pas juste. Pourquoi devait-il en parler ? Encore ? De lui ? Il aurait préféré qu’il n’existe pas, ou alors qu’il ne le quitte jamais. Mais rien de tout cela n’était arrivé, et il devrait apprendre à vivre avec, il le savait.

- La faiblesse est quelque chose que j’ai appris à ne pas faire apparaître très jeune. J’étais en compétition constante, en permanence comparé, comme si je devais toujours faire plus. Je n’ai pas appris assez de mots avant mes quatre ans, je n’ai pas eu ma révélation magique assez tôt, je n’écoutais pas assez mes parents, je n’excelle pas assez en cours… Comparé à ce que mon frère a fait avant moi, je ne serai jamais assez bon.

Il se tût quelques secondes, soupira un instant, cherchant ses mots, puis se reprit.

- J’ai finalement appris à mépriser cette faiblesse, et les gens se montrant vulnérables, souffrant, ou encore honteux sont faiblards, et, par conséquent, méprisables. Du moins, c’est ce que je pensais, et puis je me sentais vulnérable auprès de certaines personnes. D’abord, quand Rosie est devenue mon amie, je n’avais jamais eu d’amis depuis… Et puis, quand j’ai rencontré Elam. Mais je me suis fâché contre cette vulnérabilité. Car elle était trop forte pour une personne… Qui n’était pas de mon rang.

Il se dit qu’il devrait s’empêcher de pleurer, aujourd’hui, au risque de devoir essuyer les larmes sur son œil au beurre noir. Cela devrait faire assez mal…

- J’ai aussi appris à les mépriser, les moldus. Parce qu’ils ne réfléchissent pas comme nous. La preuve, la chasse aux sorcières. Ils sont impressionnés beaucoup plus facilement, et ils ont peur beaucoup plus facilement. Alors ils nous craignent plus facilement. Les faux sorciers partagent leur sang. En particulier les né-moldus. Et alors, ils sont… D’une certaine façon plus impulsifs. Et lâcheront plus vite l’affaire. C’est pour ça qu’il la fait.

Il releva le menton et déglutit, voulant garder la face, mais ses yeux criaient le contraire et se remplissaient déjà lentement de larmes. Combien de temps tiendrait-il sans pleurer, cette fois ? Combien de phrases lui faudrait-il dire avant qu’il s’effondre ?

- Et malgré tout, il comptait, cet imbécile. Oui, il comptait. Et il comptait tellement que ça m’en fait encore souffrir aujourd’hui et que je dois en parler à un psychomage. Il comptait au point de sourire toute une journée en attendant qu’on se voit. Il comptait au point de mentir à mes parents, de sortir la nuit, de le laisser me faire des câlins. Il comptait tellement que quand je suis rentré ce soir-là, et que mes parents m’attendaient, furieux d’avoir enfin remarqué que je fuguais, j’ai...

Il se tût encore. Mais pas par choix, pas cette fois. Non. Sa voix s’était brisée, et il ne voulait pas pleurer. Il devait tenir, encore un peu, et arrêter de noyer le poisson, juste expliquer, raconter la fin de son histoire. Car cette nuit-là ne s’était pas arrêtée au moment où il l’avait insulté avant de disparaître, non, elle avait une suite. Une suite longue, douloureuse, et insupportable.

- Je n’avais jamais vu mes parents dans cet état. Je sais que maintenant, c’était Jace, mon grand-frère, qui m’avait entendu passer par la porte de derrière, et il était immédiatement allé rapporter à mes parents, qui m’avaient tendu une espèce d’embuscade. Chaque réaction était différente, mon père avait l’air inquiet, mais aussi furieux, mon frère se moquait derrière eux, un grand sourire narquois aux lèvres, et ma mère… Elle, elle avait cet air méprisant qu’elle a quand elle voit une famille de né-moldus ou qu’elle parle de sang-mêlé. Elle avait presque… Honte de moi.

Il fronça les sourcils, et son regard se perdit dans le vide, un vide profond et sans issu, qui menait aux larmes et à la tristesse, au regret, et à la colère. Des sentiments qu’il commençait à connaître un peu trop bien.

- Mon père a été le premier à exploser, il m’a dit que je n’aurai jamais dû sortir, et encore moins pour un né-moldu. Je lui ai répondu que je ne savais absolument pas que c’en était un, et que je ne le verrai plus jamais, parce que j’en avais prit la décision. Puis, ma mère, beaucoup plus froide, m’a attrapé le bras, et m’a emmener de le salon avant de fermer la porte à clé derrière elle. Autant, j’avais répondu à mon père, énervé, et j’avais fusillé du regard Jace, autant je savais que je ne pouvais pas lui répondre. Elle a croisé les bras, et elle a levé la tête avant de me poser une question qui n’avait pas de bonnes réponses… Elle… Elle m’a demandé… « Jace m’a dit que tu avais fait un câlin à ce garçon, est-ce que c’est vrai? »

Silence. Encore une fois. Ce soir-là, il savait que cette question n’était pas à cause d’une simple histoire d’amitié. Il avait vu dans le regard de sa mère comme du dégoût, de la honte, du mépris, ces choses que l’on ne veut pas voir dans les yeux de nos parents. Il avait eu peur, et il aurait aimé mentir, mais elle connaissait déjà la réponse. Et ce que ça voulait dire. Car Alaric n’aimait pas le contact physique. Les seuls personnes à qui il avait déjà fait un câlin se comptaient sur les doigts de la main : Victoria, Rosie, Elam, et… Lui.

- J’ai hoché silencieusement la tête, par honte, et puis, finalement… Elle m’a mit une claque. Je n’ai même pas pleuré, ce jour-là, car la douleur physique n’était rien comparé à ce qu’il se passait dans ma tête, et dans mon coeur. En une soirée, j’avais réussi à me mettre à dos ma famille et le garçon que j’aimais le plus au monde. Et tout ça alors que j’avais neuf ans.

Il releva doucement la tête vers Monsieur Kyros et une larme coula silencieusement sur sa joue. Pas du côté de son œil au beurre noir, bien heureusement. Mais elle était là, et maintenant… Il n’osait plus faire quoique ce soit, ou dire quoique ce soit, de peur qu’elle ne se multiplie, qu’elle se fasse rejoindre par ses autres amies, toutes plus vicieuses les unes que les autres. Il finit par hocher la tête, comme si il acquiesçait à une question du psychomage et se sécha la larme.

- Oui, il comptait énormément. Mais l’amour de mes parents aussi. Et le respect de mon frère aussi. Tout comme la confiance que Rosie me donne. Et l’attention qu’Elam m’apporte. Mais il faut faire des choix, et je sais quelles sont les mauvais, désormais, je ne veux pas refaire la même erreur. Mes parents m’ont pardonné une fois, je ne sais pas si ils me le pardonneront deux fois. Surtout ma mère, à qui j’ai promis de ne plus jamais faire honte après ce soir-là. Qu’est-ce que vous aurez fait, à ma place, honnêtement ? Je ne pouvais rien faire de plus.

Il déglutit de nouveau, et les larmes tombèrent d’un seul coup, celles passant sur son œil au beurre noir étant toutes plus brûlantes les unes que les autres. Il renifla et baissa la tête, avant de s’essuyer ses larmes, et grimacer quand il essaya de tapoter son œil au beurre noir avec un mouchoir.

- Mais j’ai vraiment envi de le choisir. J’ai envi de croire que cette fois les choses seront différentes, et je veux croire qu’il me reste une chance avec ce genre de personnes. Même si je m’attends au pire, j’ai envi de le choisir, qu’il me choisisse, et d’avoir une nouvelle chance. Avec Elam, cette fois-ci. Même si je sais que c’est impossible. Mais sa mère est détestée par la mienne, et je suis presque sûr que c’est réciproque, et j’ai dû me battre avec un bon nombre de ses amis, donc je… Je m’y prends trop mal.

Il roula des yeux et secoua la tête avant d’esquisser un petit sourire triste. Puis il roula des yeux avant de relever un visage rougit par les larmes, et son œil au beurre noir qui commençait à se fermer. Il devait vraiment avoir un visage pitoyable.

- Vous sortiriez avec quelqu'un qui a fait du mal à vos amis? Même moi je ne ferai pas ça. Et j'imagine qu'il n'est pas à Poufsouffle pour rien, donc... Je vais devoir lutter, me battre pour lui, je le sais. Mais j'en ai envi. Sincèrement. Même si je déteste l'aimer. Je ne peux pas me permettre de le perdre une seconde fois.

Il finit par écouter silencieusement ce que lui répondait Hyacinthe, puis se leva, en lui promettant d'aller voir l'infirmier, son œil lui faisant désormais vraiment souffrir. Mais il était plus... Léger. Comme à chaque fois. Avant de partir, néanmoins, il se tourna vers le psychomage et fit une tête pensive avant de dire ce qui lui restait en travers de la gorge.

- Christopher. Il s'appelait Christopher.

Puis, il sortit sans un mot de plus, et se hâta jusqu'à l'infirmerie en essayant de ne croiser personne sur la route. Heureusement que c'était au même étage.

2095 mots
Pardonnez-moi le délai, j'avais des idées un peu dans tous les sens, en espérant que ça vous convienne!!! ^^
Avec mention de @Rosalind Whitmore (un peu)
@Elam Thomais, toujours :wise:

Alaric Blackwood-Thomais, Prince des gnomes, Diplodocus, Cafard, Amateur de chocolat, Poil de carotte
#5e9a80 1A 2050-2051 inscrit à la Chrono Fiche PR
Vava Ernest Stevens :kiss: <3

30 juin 2026, 15:08
 Recueil d'OS  Échec et mat
La séance débute par une préoccupation évidente : l'état physique d'Alaric. En découvrant son œil au beurre noir, Hyacinthe s'inquiète immédiatement et lui propose de reporter la consultation afin qu'il puisse être soigné. Devant son refus, le roux accepte de poursuivre à la condition qu'il passe à l'infirmerie en quittant son bureau. Ce rappel lui paraît important : prendre soin de soi fait aussi partie du travail qu'ils construisent ensemble.

Lorsque la bagarre est évoquée, Hyacinthe note une évolution discrète mais significative. Alaric ne justifie plus ses violences, il les raconte avec davantage de recul et commence lui-même à en percevoir les mécanismes. Ensemble, ils reviennent sur cette notion de faiblesse qu'il évoque spontanément. Au fil de la discussion, Hyacinthe comprend que cette peur d'être vulnérable n'est pas née de ses relations actuelles, mais d'années de comparaisons et d'exigences familiales.

Il l'amène doucement à distinguer la faiblesse de la vulnérabilité.

- Je vois d'où vient cette pression, votre sentiment de toujours devoir faire suffisamment. Mais être vulnérable... avez-vous considéré que cela ne diminuait pas votre valeur ? Que baisser vos défenses ainsi pourrait vous apporter un peu de répit ?

La séance glisse ensuite naturellement vers Christopher, et Hyacinthe comprend que ce souvenir constitue un véritable point d'origine dans la manière dont Alaric envisage aujourd'hui l'amour, les moldus et l'abandon. Il écoute son récit sans l'interrompre, intérieurement choqué par la réaction de sa famille, et laisse le garçon s'ouvrir à ses émotions jusqu'à ce que le lien apparaisse presque de lui-même.

Plutôt que de discuter immédiatement des opinions d'Alaric, Hyacinthe s'intéresse aux conclusions qu'il en a tirées enfant. Il l'invite à réfléchir à ce qu'il associe encore aujourd'hui aux origines de Christopher, au sang. Est-ce que les traits de caractère, les émotions, étaient issues du sang ou de la psyché ? Est-ce que les moldus avaient vraiment une prédisposition à l'impulsion ? Hyacinthe ne peut nier l'Histoire et leur indéniable peur de l'inconnu, à une échelle globale. Cependant, individuellement, lui-même sait avoir rencontré tout autant de personnes ouverte que paranoïaques, qu'elles soient sorcières ou moldues.

- Est-ce que ce jeune garçon vous a fait souffrir parce qu'il était né-moldu... ou parce que deux enfants, placés dans une situation impossible, ont fini par être confronté à la stricte opinion de votre famille ?

Hyacinthe revient ensuite sur les paroles de ses parents, les comparaisons avec son frère, la gifle de sa mère. Plus le récit avance, plus Hyacinthe perçoit que les croyances d'Alaric sont profondément liées à la peur de perdre l'amour de sa famille. Il ne cherche pas à les déconstruire brutalement, ça ne fera que braquer le Serpentard. Il l'encourage plutôt à observer qu'il est aujourd'hui capable de se poser des questions que l'enfant de neuf ans n'avait pas le droit de se poser. Est-ce qu'il a vraiment fait quelque chose de mal ? La fugue était une chose, mais le simple moment passé avec le garçon était-elle réellement une mauvaise chose ?

Hyacinthe refuse de faire le choix à la place d'Alaric. Sa famille, Elam. Il accueille néanmoins le dilemme avec beaucoup de sérieux et comprend qu'Alaric n'attend pas une solution, mais la permission de réfléchir sans crainte d'être jugé, puni, et encore moins abandonné.

Il relève aussi un détail qui le touche particulièrement : malgré toutes les souffrances racontées, Alaric ne parle presque jamais de haine lorsqu'il évoque le garçon ou Elam. Au contraire, il continue de parler d'attachement, de culpabilité et d'espoir. La séance s'achève dans une émotion contenue. Lorsque, sur le seuil de la porte, Alaric se retourne simplement pour prononcer le prénom de Christopher, Hyacinthe frissonne visiblement. Donner un nom à cet enfant en acceptant son existence, un nom qui est si familier à Hyacinthe, fait silencieusement réfléchir le trentenaire lorsqu'il dit aurevoir à Alaric.

RÉSUMÉ DE L'INTERVENTION

Le travail qu'Alaric et Hyacinthe ont poursuivi s'est davantage tourné vers la souffrance et la vulnérabilité. Le souvenir évoqué est important, tant pour les émotions transmises et les croyances inculquées par la famille du Serpentard. Hyacinthe l'a invité à réfléchir au lien qu'il établit entre les origines des personnes et les blessures qu'il a vécues. Il a également valorisé plusieurs tentatives spontanées de régulation émotionnelle observées durant la séance. Alaric évoque les bagarres récentes avec inquiétude plutôt qu'avec fierté, et cela semble déjà être une évolution importante.
PR GAGNÉS : +3 (à demander dans le sujet réservé)
RECUEIL : Quelle rédaction ! Toutes ces mises en lien ouvrent des pistes de compréhension essentielles ^^


631 - @Alaric Blackwood

Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c