Aimer mène à la décadence
PNJ utilisé : Salvadora Tyril, Alys Spinola, Andrew Willows, Callahan Ryder, Roan Yearwood, Claudio Spinola, Asteria Willows

Couleur : #9a3d1d IT'S PRIDE MY GALS ! - Fumeur pour éloigner la plèbe - Professeur de Divination depuis novembre 2050 inRP - Team tutoiement - Sulienonichou - être de nuisance _ Paige 2026
TW : dépression, violence conjugale (psychologique et physique), tabac, alcool, addiction, syndrome de stress post traumatique, dépendance affective
ReducioRésumé simple : Sulien sera dans un état déplorable dans certains OS, il s'est mis dans une relation désastreuse. Je n'écrirai pas d'OS où Sulien se fait tabasser en direct, je n'en ai aucune envie.Ne lisez pas si vous êtes sensible à ces sujets.

Ceci est un recueil d'OS sur la longue descente aux enfers de Sulien dans sa relation avec Roan Yearwood (top 3 des pires veracrasse.) Vous voulez pleurer ? Je vais vous servir ça sur un plateau d'argent sinon allez voir l'autre recueil qui va arriver, il est beaucoup plus gentil. Le sommaire est là pour classer les OS dans un ordre chronologique mais vous pouvez très bien les lire en suivant l'ordre des posts.
| Pendant la relation _ 2035 à 2039 _ XX/XX/20XX _ XX/XX/20XX _ XX/XX/20XX |
Après la relation _ 2039 à 2049 Je voulais vivre l'amour _ 24/02/2039 _ XX/XX/20XX _ XX/XX/20XX |
Dernière modification par Sulien Willows le 19 juin 2026, 20:37, modifié 4 fois.
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Aimer mène à la décadence
Je voulais vivre l'amour
24 février 2039, Londres

L'appartement est silencieux, beaucoup plus que d'habitude. Roan est... endormi, sur le canapé, complètement torché et moi, je suis encore là, les yeux grands ouverts, voyant enfin ce qui m'entoure. J'ai attendu longtemps, trop longtemps pour qu'il soit complètement endormi. Il y avait des somnifères dans son plat, il ne devrait pas se réveiller, enfin, je l'espère. Doucement, je me lève sur mes deux jambes et je m'approche de ce corps inconscient pour y voir un trousseau de clés scintillant dans la nuit. Ça, ce sont les clés pour partir de cette prison, de cet enfer dans lequel je brûle encore. Je ne sais même pas si je suis encore assez vivant pour qu'il y ait quoi que ce soit qui soit consommé. J'ai mal, tout mon corps me fait mal et me trahit pourtant, il y a aucune trace visible sur ma peau blanche. Aucune trace du mal, seulement, le violet de mes yeux creusés par les cauchemars et le bleu des veines devenues bien trop visibles. J'ai perdu trop de poids, je suis trop maigre. Je me déteste.
Sans réfléchir, j'attrape les clés de manière à faire le moins de bruit possible et mes yeux se déplacent sur le tiroir qui détient ma liberté, tout ce qui fait de moi qui je suis. Mes pas sont lents, trop lents, mais mon corps fait de son mieux pour rester discret. Je glisse la clé dans la serrure du meuble et en voyant ma baguette, j'ai les larmes qui montent. Il faut que je m'arrête, je n'ai pas le droit de pleurer, pas maintenant. Mais bordel que ça fait du bien de sentir le bois sous mes doigts ! Est-ce que j'arrive encore à la manier ? Est-ce que ces semaines sans pouvoir faire de magie ont tout effacé ? J'espère au plus profond de moi que mes muscles n'ont jamais oublié. J'en ai besoin, j'en aurai toujours besoin. Je peux pas survivre sans.
Maintenant, il faut seulement que je franchisse cette porte restée fermée depuis... des mois ? Je ne sais plus. Il n'y a que quelques pas qui me séparent de l'extérieur et pourtant, mon regard se perd sur un objet. Mes doigts passent sur le manche rugueux doucement avant de l'entourer, je tire et... la lame se révèle à mes yeux. J'aimerais, je pourrais, j'imagine la couleur écarlate que le canapé pourrait prendre cependant, je repose le couteau, avec difficulté mais je le laisse. Je suis si près du but, je ne peux pas gâcher ma liberté pour aller en taule. Roan crèvera un jour. De mes mains peut-être mais pas maintenant. Je ne lui souhaite que de pourrir dans un coin solitaire, dans son appart maudit, qu'il regrette mes cris de douleur.
Les clés de l'entrée sont enfin dans la serrure et je la tourne du mieux que je peux en lançant des regards derrière mon épaule. Il dort encore. J'ai peur de voir sa silhouette me regarder. S'il me voit là, il va me tuer et je vais tout perdre. Ça ne peut pas se finir maintenant, je dois au moins revoir l'extérieur, mes parents, ma sœur, ma famille, Salvadora... Est-ce qu'ils m'ont oublié ? Est-ce qu'ils ont essayé de me retrouver ? Est-ce qu'ils se disent que je vis la belle vie avec Roan et que c'est pour ça que je suis complètement seul ? Je veux juste les revoir pour sentir leurs bras autour de moi, je veux au moins entendre leurs voix une dernière fois. Et la porte qui s'ouvre me laisse avoir un peu d'espoir.
L'adrénaline traverse mes veines et mes jambes s'activent toutes seules. J'ai tout pour m'enfuir d'ici, de Londres et je dévale les étages un à un avec pour seul objectif de sortir d'ici. J'atteins assez vite la porte de l'immeuble et je la pousse de toutes mes forces. Je manque de tomber contre le béton mais ce n'est pas ça qui m'arrache enfin des larmes. La brise froide de l'hiver se faufile sous mes vêtements et oui c'est désagréable mais putain, ça veut dire que je suis sorti, que je suis en vie. Des larmes chaudes glissent sur mes joues, celles qui transpirent la joie de voir la lune une nouvelle fois.
J'ai envie de m'effondrer mais il faut que je tienne, je n'ai pas le droit de lâcher, pas encore. Donc, je tiens de quoi lever ma baguette au ciel pour appeler à l'aide, pour partir loin, pour rejoindre ceux que j'aime. J'attends, les jambes à deux doigts de succomber à la fatigue. Mes yeux glissent sur mon corps amaigri par la faim. Je me demande s'il va supporter le voyage. Avant je pouvais courir bien plusieurs minutes sans m'arrêter, maintenant, tenir debout est un calvaire. Je sens mes muscles me supplier de m'asseoir, mais je peux pas, je dois pas m'asseoir, je n'ai pas le droit, je dois monter dans ce foutu Magicobus et me barrer. Et je l'entends arriver, s'arrêter devant moi après ce qui me semble être des heures. Je donne tout l'argent que j'ai sans réfléchir et je murmure juste une adresse que je connais sur le bout des doigts. Pays de Galles, Bangor, la rue qui ne quitte pas mes souvenirs... Je veux seulement que ce ne soit plus un souvenir.
Le voyage est long, trop long et je n'arrive pas à dormir. J'ai bien trop peur d'être dans une sorte de rêve, que tout ça ne soit pas réel, que je sois encore dans cet appartement. Mais je sens le bus bouger, je sens que c'est réel, que je suis lucide, que je suis enfin partie. Je dormirai quand je retrouverai papa et maman, quand je saurai que Roan pourra plus me toucher ou me parler, que je serai complètement libre. J'éclate en sanglots, j'ai trop mal pour ne pas le faire. Les regards se tournent vers moi, j'en suis sûr et pourtant, personne ne peut savoir ce qui se passe. J'ai été humilié et aucun indice ne reste sur mon corps, Roan a toujours pris soin de cacher les coups. Les ecchymoses et les hématomes n'ont jamais fait long feu. Est-ce qu'on va me croire ? Je n'ai rien à montrer et ma mémoire est défaillante. Je sais ce qui s'est passé mais je n'ai rien à donner, putain j'ai rien. Personne ne va me croire, personne ne voudra. Je vais devoir vivre dans la douleur à jamais et lui, il sera dans la nature à me chercher.
Je crois que mes pensées se sont déconnectées parce qu'on est arrivés. Je sors du bus difficilement mais j'y arrive. Je déambule dans la rue à la recherche d'une allée précise. Je veux rentrer à la maison. Je suis bientôt là, je supplie mon corps de tenir le coup. Je vois le portail et mes mains essaient de le pousser mais rien ne bouge. C'est fermé. "Non, non ,non, NON ! Laissez-moi rentrer, je vous en supplie ! Vous pouvez pas me laisser là ! Vous avez pas le droit !", je crie, de plus en plus fort. Cependant, mes cordes vocales me lâchent, ma voix, la seule chose qui me permet d'appeler à l'aide, se casse en mille morceaux. "S'il vous plaît, je veux juste rentrer... Je veux juste... Je... Laissez-moi... Je veux plus retourner là-bas... ", je sens mon corps qui me lâche, tout devient flou. Je dois tenir mais j'y arrive plus, ma tête touche le gravier, toutes mes forces s'envolent et le froid m'entoure.
J'y arrive plus.
Je voulais seulement vivre l'amour.
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