Dis, elle était comment Maman ?
Reducio
- Votre PJ est présent ? Oui
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- Vance, Hector - frère - actif
- Intérêt d'utiliser ce PNJ dans ce RP précis : Développer les interactions familiales entre Léonidas et le frère dont il est le plus proche.
16 avril 2038, tard dans la soirée,
Godric's Hollow, Demeure des Vance,
Léonidas, 6 ans
••• ••• ••• ••• ••• ••• ••• ••• ••• ••• ••• ••• Ne demande qu’à Dieu… qu’à toi si je t’aimais.
Au fond de ton silence écouter que tu m’aimes,
C’est entendre le ciel sans y monter jamais.
Marceline Desbordes-Valmore, Les Séparés
Image générée à l'aide d'une intelligence artificielle
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Je ne trouvais pas le sommeil. Rien de nouveau en soi. Parfois, ma chambre était trop grande, trop silencieuse. J’entendais le bois qui craquait, le vent qui s’engouffrait par une fenêtre laissée ouverte. J'entendais les rideaux qui oscillaient. Et je voyais des ombres étranges se dessiner dans la pénombre, comme si elles n’attendaient qu’une seule chose : que je m’endorme pour m’engloutir.TW : Honnetêment je ne sais même pas quel TW pourrait correspondre à cet O.S. Juste si vous n'êtes pas très bien dans votre vie en ce moment, c'est peut-être pas le texte à lire.
Je n’avais pas peur.
Enfin, peut-être que si, mais pas de ça.
J’étais au bord de mon lit, la couette repoussée et les pieds pendants. C’était l’ancien lit d’Hector, devenu trop petit pour lui. Père n’allait tout de même pas acheter un nouveau lit pour son fils « Cracmol ». Je ne savais pas trop ce que ça voulait dire, mais je sentais leurs regards sur moi. Leurs regards pleins de doute, nuancés d’un zeste de mépris pour ce fils responsable de tout leurs malheurs.
Je serrais mon oreiller contre moi, tout près de mon cœur. Je ne pleurais pas. Je ressentais juste ce truc, là, qui me brûlait les yeux, qui refusait de sortir et qui me serrait la gorge. Un Vance, ça ne pleure pas, aurait dit oncle Darius.
Alors je ne pleurais pas. Parce que j’étais un Vance.
La maison était calme. Père était sans doute enfermé dans son bureau, ou peut-être dans son laboratoire. La fenêtre du couloir était encore ouverte et je sentais un vent frais s’y engouffrer. Oncle Darius était parti depuis longtemps, depuis le dîner, à vrai dire. Je n’aurais pas été capable de dormir avec le Monstre dans la maison. Achille devait dormir à poings fermés, droit comme un I, comme toujours. À croire qu’il se Stupéfixait avant de dormir. Les jumeaux n’étaient pas là et dormaient chez des amis. Il ne restait plus qu’Hector.
Lui, il était toujours là. D’une certaine manière. Je le sentais toujours, son regard. C’était un regard différent de celui d’Achille. Le regard d’Achille me faisait peur. Celui d’Hector aussi, mais moins. Il était… différent. Jason m’avait déjà dit qu’il avait le même regard que Maman.
Maman…
Mes pieds touchèrent le sol lorsque je descendis de mon lit, serrant toujours mon oreiller dans mes bras. Je sentis le parquet froid sous mes pieds et je pris garde à ne pas le faire craquer. Un Vance, ça ne court pas dans les couloirs ; un Vance, ça ne réveille pas les autres pour un cauchemar.
Mais je n’avais pas fait de cauchemar. Et je ne réveillais pas les autres pour rien.
Mes pas me menèrent au bout du couloir jusqu’à la chambre d’Hector, et je restai devant sa porte, à côté de la fenêtre ouverte. Dehors, Godric’s Hollow était bien silencieux et plongé dans le noir. Seule une lumière, quelques maisons plus loin, indiquait que des occupants étaient encore réveillés à cette heure avancée de la nuit.
Ma main se leva, puis s’arrêta. Est-ce qu’il dormait ? Est-ce qu’il allait soupirer et me dire de retourner me coucher, que j’étais un grand garçon qui devait arrêter de se comporter comme un enfant ?
Je toquai quand même. Du bout des doigts, pas trop fort. Juste trois coups.
Un silence, puis le bruit de draps que l’on froisse.
— Oui ?
La voix était un peu endormie, à peine plus forte qu’un chuchotement. Si je n’étais pas collé contre la porte, je ne l’aurais pas entendue. Elle était douce et non pas agacée comme je m'y attendais.
J’entrouvris la porte.
Hector était là, encore ce soir. Demain, il dormirait à Poudlard et la maison serait de nouveau vide. Enfin, vide. Pas vraiment. Mais mon cœur, lui, se serra. Il se tenait là, une main posée sur la couverture, son regard fixé sur moi. Un regard interrogateur et fatigué.
— C’est moi, murmurai-je.
Pourquoi le préciser ? Après tout, je ne pense pas qu’il y ait beaucoup d’enfants qui se baladaient dans les couloirs de la demeure familiale, un oreiller dans les bras, au beau milieu de la nuit.
Il me fixa quelques secondes, et je remarquai que son visage changeait. Un tout petit rien : son front qui se plissait l’espace de quelques instants, son regard qui se fixait, ses sourcils qui se relevaient de quelques millimètres… Hector changeait toujours à peine. Mais moi, je le voyais, ce « à peine », ce moment où il passait de fatigué à inquiet.
— Qu’est-ce qui t’arrive, Léonidas ?
Je haussai les épaules. Je savais que c’était une réponse agaçante. Je venais de le déranger en pleine nuit et j’étais incapable de vraiment me justifier. Je savais juste que j’avais besoin de lui. Achille m’aurait congédié avec une remarque froide. Mais Hector, lui, ne dit rien. Il repoussa juste un peu sa couverture, me laissant une place près de lui.
Alors j’entrai et m’installai au bord du lit, à côté de lui, serrant toujours mon oreiller contre mon cœur. Je fixais mes pieds qui pendaient dans le vide. Je ne voulais pas le regarder. Parce que sinon, j’allais lui poser la question qui me brûlait les lèvres. Et si elle sortait, je ne pourrais plus faire semblant. Et c’était bon de faire semblant, parfois, non ?
Mais Hector attendit. En silence. C’était quelque chose qu’il faisait très bien. Ne rien dire et attendre. Père aussi maniait le silence, contrairement à oncle Darius, mais le silence de Père, c’était un mur. Hector, lui, était plutôt une porte que l’on pouvait réussir à ouvrir.
Je raffermis ma prise sur la taie d’oreiller avant d’expirer et de me lancer dans le vide.
— Dis…
Je n’avais pas dit un mot que, déjà, ma voix se brisa et ma gorge se serra encore davantage.
— Elle était comment, Maman ?
Hector ne dit rien. Il se figea et le silence devint omniprésent.
Je regrettai déjà ma question. Je la regrettai tellement que mon ventre me faisait des sensations bizarres. Ça me faisait mal. Je savais bien qu’il ne fallait pas poser cette question. Maman, c’était un sujet qu’il ne fallait surtout pas aborder. Personne n’osait mentionner son nom, comme si c’était un meuble recouvert d’un drap blanc dans une pièce fermée à clé. Père quittait la pièce lorsqu’il l’entendait. Achille devenait aussi froid qu’un Détraqueur. Et oncle Darius se lançait dans de longues tirades, avec tout plein de mots compliqués. Et il s’énervait. Beaucoup.
Mais moi, je voulais juste savoir.
Savoir si elle riait comme Priam. Si elle chantait. Si elle avait les mains froides comme Père. Quel parfum elle sentait. Si elle aimait raconter des histoires. Si elle m’avait déjà pris dans ses bras. Si, moi aussi, elle m’avait regardé comme elle regardait Hector sur les quelques photographies que j’avais pu trouver, cachées au fond d’un tiroir.
Je voulais juste savoir si c’était à cause de moi qu’elle était partie. Juste ça. C'est tout
Ma tête s’enfonça dans mon cou, et je me sentis obligé d’ajouter très vite :
— Tu sais, t’es pas obligé de me le dire.
Je devais le préciser, parce que je sentais les larmes monter. Je ne voulais pas qu’il m’entende pleurer. Je ne voulais pas qu’il voie mes larmes glisser sur mes joues. Je n’allais pas pleurer devant Hector. Hector, celui que Maman aimait le plus. Son bijou. C’était quelque chose que j’avais entendu plusieurs fois et qui était resté bloqué dans ma mémoire comme une épine.
Moi, je n’étais le bijou de personne.
Le lit bougea et, du coin de l’œil, je le vis se redresser.
— 'Nidas…
Il prononça ce surnom doucement, si doucement que j’eus l’impression qu’il allait me gronder comme Achille.
Et je sentis cette larme que je retenais depuis de longues minutes glisser sur ma joue, trace chaude et honteuse de la faiblesse d’un enfant. Je l’essuyai rapidement d’un revers de manche.
— Je veux juste savoir, tu sais… J’ai aucun souvenir d’elle, moi.
C’était peut-être ça, le plus dur. Pas qu’elle soit partie. Qu’elle m’ait abandonné. Ni même que ce soit à cause de moi. Enfin, pas que. Le pire, c’était ce vide. Les autres avaient des souvenirs. Des regrets. Des images en tête. Moi, je n’avais que ces morceaux. Ces morceaux qui ne m’appartenaient pas. Ces silences. Ces regards fixes. Ces phrases en suspens. Ces non-dits qui disent beaucoup.
Hector resta immobile. Puis, lentement, il posa sa main sur mon épaule et m’attira contre lui. Je me lovai dans ses bras, dans ce geste de tendresse aussi insolite qu’inattendu. J’étais raide. Pas parce que je ne voulais pas. Parce que je voulais trop.
— Elle avait les cheveux noirs. Un peu plus foncés que les tiens... Et elle parlait tout bas... Comme ça, dit-il en chuchotant, quand elle était fatiguée.
Je ne disais rien, le regard relevé vers le visage de mon frère, suspendu à ses lèvres.
— Elle aimait la pluie. Mais pas les orages. La pluie fine, celle qui dure toute la journée. Elle me disait toujours que ça rendait la vie à la maison plus calme.
J’essayais de me figurer cette personne. Cette autre qui m’avait bien connu et que je n’avais pas connue. Elle avait les cheveux noirs, elle se promenait sous la pluie et elle parlait tout bas. Ce n’était rien. Mais trois fois rien, c’est déjà quelque chose.
— Est-ce qu’elle riait tout le temps, comme Jason et Priam ?
La question m’échappa et je sentis un nouveau changement dans l’attitude d’Hector. Il me serra plus fort dans ses bras. Son regard se tourna vers la fenêtre de sa chambre, comme s’il s’était perdu dans un souvenir. J’aurais aimé être avec lui. Dans ce souvenir. Mais c’était impossible. Je pensais qu’il n’allait pas répondre, mais il hocha la tête.
— Oui. Pas souvent.
Je relâchai un peu ma prise sur mon oreiller et mon rythme cardiaque s’accéléra légèrement.
— Avec toi aussi ?
Cette fois, le silence fut long. Il fit mal.
Je n’aurais pas dû demander tout ça. Je sentis l’emprise d’Hector se desserrer. Il me lâchait et je savais qu’il allait me dire de retourner me coucher.
— Parfois.
Je restai impassible, mais une larme, chaude et salée, attendait son heure pour se présenter au monde. Je ne savais pas quoi faire de cette réponse. J’étais content pour lui. Vraiment. Sincèrement. Mais, en même temps, je la sentais monter… Une chose moche qui tordait ma poitrine. Une minuscule jalousie qui me donnait envie de disparaître dans les draps.
— Et avec moi, elle riait aussi ?
Je regrettai ma question avant même d’avoir terminé ma phrase. Hector soupira doucement.
— T'étais petit.
Ce n’était pas une réponse. Il avait évité la question. Je me tournai vraiment vers lui cette fois, avec ma mine affreuse, mes yeux mouillés, ma bouche et mes doigts qui tremblaient. Tant pis. J’étais trop fatigué pour faire semblant que ça ne me faisait rien, au fond de moi, tout ce qu’il venait de me dire.
— Est-ce qu’elle m’aimait ?
Hector me scruta quelques instants. Des instants qui me parurent des heures. J’avais peur de la vérité. Je m’attendais à ce qu’il dise le truc gentil qu’on a tous déjà dit parce qu’il fallait le dire, même si c’était faux. Hector aussi était jeune. Oui, il était mon deuxième grand frère, mais ça se voyait qu’il était jeune. Il chercha ses mots pendant de longues secondes qui s’éternisèrent avant de dire :
— Oui.
Un seul mot.
Pas très fort. Presque un murmure. Un aveu. Il ne détourna pas le regard.
Et moi, je voulais le croire. Je le voulais si fort que ça me faisait mal. Je hochai rapidement la tête, comme si ça allait me permettre de figer la réponse et cet instant dans mon esprit. Pour toujours.
— D’accord.
Ma voix aussi était faible et hésitante.
Hector tira un peu la couverture sur le côté.
— Tu peux rester encore, si tu veux, 'Nidas.
Je ne dis rien et me glissai sous la couverture, en tenant toujours mon oreiller contre moi. Les battements de mon cœur s’étaient apaisés depuis quelques minutes. J’essayai de garder une petite distance entre nous deux, parce que je n’étais plus un bébé, parce que j’avais peur qu’il ne veuille plus et me renvoie dans ma chambre avec ce regard réprobateur qu’arboraient si facilement Père ou Achille.
Mais il ne bougea pas et se glissa de nouveau sous la couverture.
La maison était silencieuse. Le vent s’était tu, comme s’il nous écoutait. Dehors, il ne pleuvait pas. C’était dommage. J’aurais voulu entendre la pluie, voir si tout était plus calme quand il pleuvait.
Mes yeux se fermèrent.
Je ne savais quasiment rien d’elle. Enfin, pas assez. Jamais assez. Je savais juste qu’elle avait les cheveux noirs, qu’elle aimait la pluie et qu’elle riait parfois doucement.
Et qu’Hector avait dit oui.
Alors, pour cette nuit, j’essayai d'y croire.
2121 mots
Le Gang des Licornes. - Sir Adidas Vance du Ouin Ouin 1er du nom - Toujours partant pour un RP (cf ici) - Merci Mo pour l'avatar
