Quand Miss Tête de Pin rencontre Mister Tête de Pioche
Samedi 18 avril 2038
Demeure des Vance, milieu de matinée
@Eglantine Pinehead
Images générée à l'aide d'une intelligence artificielle
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Reducio
- Votre PJ est présent ?Oui
- Nom et prénom du PNJ :- Lien vers la fiche du PNJ : par ici
- Vance, Xerxès - père - actif
- Vance, Darius - oncle - actif
- Intérêt d'utiliser ce PNJ dans ce RP précis : développer l'enfance de Léonidas.
Ce matin-là, le manoir Vance était encore plus silencieux que d’habitude. Les portraits s’étaient murés dans le silence tandis que quelques rayons de soleil traversaient les fenêtres, découpant le sol en rectangles froids.
Et Xerxès Vance attendait. Il n’était pas homme à faire les cent pas. Il se tenait donc droit, sa tenue impeccable, les mains croisées dans le dos, avec cet air qui indiquait qu’il n’était là que par pure obligation. Il aurait sans doute préféré être ailleurs. Dans son laboratoire, par exemple. Devant une potion complexe, une formule difficile, des recherches innovantes. Quelque chose de logique, en somme. Qu’un esprit cartésien comme le sien pouvait comprendre.
Pas un enfant.
Lorsque l’elfe de maison annonça l’arrivée d’Églantine Pinehead, Xerxès inclina la tête et se décala pour la laisser s’avancer avant de lui tendre la main.
— Églantine, quel plaisir de vous revoir depuis toutes ces années. Et merci d’être venue et d’avoir répondu à mon invitation.
Il inclina à peine la tête. Il la connaissait assez pour savoir qu’elle n’était ni sentimentale, ni facilement impressionnable. Deux qualités précieuses. Peut-être les seules vraiment nécessaires, en l’espèce.
— Églantine, voici Darius, mon frère aîné. Il supervise certains aspects de l’éducation familiale.
Darius Vance, lui, se trouvait près de la cheminée, la main sur le pommeau de sa canne. Il était tout aussi froid que son parent, mais beaucoup plus tranchant. Là où Xerxès se détachait du monde par lassitude, Darius, lui, voulait le remettre en ordre à grands coups de balai. Et la situation qui les amenait ici tous les trois méritait de ces grands coups de balai.
— Ce qui signifie, indiqua-t-il après avoir brièvement salué Églantine, que je m’assure que les enfants Vance ne soient pas élevés comme des herbes folles.
Son regard glissa alors en direction du couloir menant à la pièce à vivre.
— Celui-ci a poussé de travers dès le départ. Nous pensons qu’un œil extérieur pourrait être utile. Le problème manque de discipline. De concentration. Et, pour ainsi dire, de dispositions évidentes.
Xerxès ne réagit pas. Son regard se perdit quelques instants en direction de la porte qui menait à la pièce à vivre, au bout du couloir. Puis il revint à la discussion qui se tenait devant lui, évitant ainsi de regarder trop longtemps l’expérience ratée.
Léonidas avait six ans.
Six ans, sans qu’aucune manifestation magique, aussi insignifiante fût-elle, ne se soit produite. Pas d’objet volant sous l’effet de la colère, pas de verre brisé, pas de lampe qui explose. Pas même une mèche de cheveux qui change de couleur. Rien. Le silence magique. Un Cracmol ? C’était une théorie plausible.
Dans une autre famille, on aurait peut-être parlé d’inquiétude.
Chez les Vance, on parlait plutôt d’un problème. D’un problème que l’on devait régler rapidement.
Darius fit quelques pas, le bruit de sa canne claquant dans le couloir, et invita Églantine à le suivre d’un mouvement de la main.
La pièce à vivre était grande, élégante, ordonnée. Des meubles sombres, des étagères pleines d’ouvrages, des tapis impeccables et richement décorés. Et au milieu de tout ça, Léonidas, assis par terre.
Le garçon avait les cheveux en désordre, les sourcils froncés et un air préoccupé. Devant lui, un puzzle dont il avait décidé de ne respecter ni l’image, ni la moindre règle connue. Plusieurs pièces étaient à l’envers. D’autres étaient empilées les unes sur les autres par groupes de deux ou trois. Une dernière était coincée sous son genou sans que cela ne semble le déranger le moins du monde.
L’elfe de maison attendait dans un coin, l’air inquiet et moralement vaincu.
Léonidas ne leva pas du tout les yeux, toujours occupé à son activité.
— Voilà le problème dont il était question dans mon courrier, annonça Darius.
C’est seulement à ce moment-là que Léonidas releva enfin la tête et que son regard passa de Darius à Xerxès, jusqu’à la femme à l’air sévère qui leur tenait compagnie. Il dévisagea l’invitée, ignorant tout à fait que dévisager ainsi quelqu’un pouvait facilement être considéré comme impoli. Son regard glissa un instant sur sa canne, puis son chapeau, puis de nouveau sur son visage.
— C’est qui ? demanda-t-il innocemment.
Darius inspira par les narines en resserrant le pommeau de sa canne entre les doigts.
— Léonidas.
Le petit garçon tourna lentement la tête dans sa direction, toujours cet air perplexe et innocent sur le visage.
— Quoi ? J’ai demandé poliment.
Xerxès demeura sur le seuil de la porte. Il observait cette interaction comme s’il s’agissait d’une formalité administrative pénible qu’il fallait effectuer avant de retourner à ses véritables préoccupations. Darius, lui, fulminait intérieurement. Le petit garçon, quant à lui, ramassa une pièce du puzzle et tenta de la faire entrer de force dans un emplacement qui ne lui correspondait pas du tout. Il appuya dessus de manière particulièrement obstinée.
La pièce se plia.
L’elfe de maison, quant à lui, émit un petit gémissement incontrôlé.
— Elle veut pas rentrer parce qu’elle est mal faite, marmonna à voix haute le jeune garçon.
— Elle ne rentre pas parce que vous refusez d'avoir une vue d'ensemble et de suivre l’image, le corrigea Darius d’un ton sec.
— L’image ? Elle est moche.
Cette fois, le silence qui s’ensuivit fut de plomb. On aurait cru entendre les mouches voler. Xerxès ferma brièvement les yeux. Quelques instants à peine avant de les rouvrir et de s’avancer vers Églantine, un sourire faux et courtois sur le visage.
— Comme convenu, vous trouverez la bibliothèque au premier étage, deuxième porte à gauche. Vous y trouverez également les ouvrages dont je vous ai parlé sur les potions et qui, sans doute, retiendront tout votre intérêt. Ils sont plutôt rares et anciens. Tous les ouvrages nécessaires à son éducation s’y trouvent également. Les bases de lecture sont acquises. L’arithmancie élémentaire est… connue. L’histoire magique ne l’intéresse pas, sauf s’il est question d’explosion spectaculaire.
Il marqua une pause et c’est Darius qui termina la phrase de son cadet.
— Quant à la magie pratique, le néant absolu.
Darius gardait les yeux fixés sur son neveu avant d’ajouter :
— Mon frère m’a vanté vos méthodes éducatives. Il faudra de la fermeté. Beaucoup de fermeté avec lui. Faites le nécessaire avec le problème.
Léonidas fronça les sourcils, ne comprenant pas bien pourquoi les trois adultes semblaient discuter de lui.
— Je suis là, hein. Au cas où.
— Nous le savons bien, assena Darius. C’est précisément le sujet.
Léonidas ouvrit la bouche, sans doute pour répondre et protester, mais se ravisa par un quelconque miracle en observant l’air fermé de l’inconnue au chapeau. Elle ne lui faisait pas peur, mais il avait la désagréable impression d’être un petit animal contrarié qui regardait sa nouvelle clôture. Puis il se désintéressa de nouveau des adultes et prit une nouvelle pièce du puzzle, qu’il posa au mauvais endroit, forçant jusqu’à ce que la pièce rentre.
Darius tourna légèrement la tête vers leur invitée.
— Comme vous pouvez le voir par vous-même, Miss Pinehead, il ne manque pas de volonté.
Son regard se porta de nouveau sur le puzzle.
— Juste cruellement de bon sens. En plus d'être un Problème
1186 mots
Et voilà Glagla... J'étais plutôt inspirée et ça papaute beaucoup dans ce post pour me permettre de poser le contexte
Dernière modification par Léonidas Vance le 22 juil. 2026, 18:38, modifié 1 fois.
Le Gang des Licornes. - Sir Adidas Vance du Ouin Ouin 1er du nom - Toujours partant pour un RP (cf ici) - Merci Mo pour l'avatar
Quand Miss Tête de Pin rencontre Mister Tête de Pioche
TW à partir de ce post : Violences éducatives, physiques et psychologiques
Eglantine avait plusieurs fois, par le passé, accepté quelques faveurs envers des connaissances. Ses talents de préceptrice avaient toujours été universellement reconnus, elle n'avait jamais connu d'échec. Chaque enfant dont elle s'était occupé en était ressorti grandi et éduqué, prêt à affronter le monde pour viser l'excellence et l'élégance. L'élégance. Une valeur bien perdue en ces jours sombres et manifestement décadents. Malgré la gestion de sa librairie, elle n'oubliait jamais que sa passion première était l'enseignement. Sans compter qu'elle n'avait pas réellement besoin de tenir sa librairie. Son mari l'abreuvait sans cesse d'argent et veillait à ce qu'elle ne manque jamais de rien. Malgré tout l'ennui qu'une relation amoureuse pouvait lui inspirer, son mariage lui convenait parfaitement.
Ils avaient conçu un enfant, ils assuraient son éducation à la perfection, et elle pouvait se dédier à ses recherches. Lui pouvait se consacrer à son travail. Pour le reste, les elfes de maison étaient nés pour ça, pas vrai ?
La voilà ce matin raide comme la justice, droite et fixe dans son corset, son sac à main rempli de tous les accessoires dont elle aurait besoin. On lui avait présenté le cas comme difficile. Ce n'était pas ce qui l'effrayait, elle ne doutait pas un seul instant de réussir à connecter deux ou trois neurones dans le cerveau d'un pauvre gosse. Ses lorgnettes accrochées à sa ceinture, elle s'annonça à l'elfe, sans un regard, qui la conduisit à son hôte.
À son tour, elle s'inclina imperceptiblement, avant de saluer également.
« Bonjour, Xerxès. Le plaisir est partagé, et je t'en prie, ne nous embarrassons pas de telles effusions. »
Malgré la déférence de son ancien camarade de classe, c'était déjà de trop, pour la sèche et aigrie dame, qui déjà, construisait sa stratégie d'éducation. En pénétrant dans le manoir, elle laissa toutes ses affaires superflues à l'elfe, toujours sans un regard. Ne gardant que son sac à main et ses lorgnettes, elle lui avait abandonné son chapeau, prête à suivre l'hôte.
Une fois présentée à l'oncle de son futur élève, elle le salua à son tour, en s'inclinant une fois encore. Toujours sans la moindre expression.
« Monsieur, tout le plaisir est pour moi. J'apprécie une telle vigilance. »
Son visage s'adoucit de façon quasi-imperceptible lorsqu'il mentionna qu'il veillait au grain à l'éducation des enfants. Jamais il n'y avait trop d'adultes pour encadrer des mômes, surtout avec un tel bagage. Elle notait mentalement toutes les explications, sans ponctuer ni réagir le moins du monde. Elle ne comptait plus le nombre d'enfants qui avaient poussé de "travers" qu'elle avait redressé sans ménagement. Combien de fois les parents l'avaient-elle remercié chaleureusement, ne croyant plus aux miracles ? Une infime chaleur de satisfaction lui passa dans le dos, mais elle ne laissa rien transparaître.
Manque de discipline, donc, de concentration, très bien. Un cas difficile, sans le moindre doute, il allait falloir se montrer ferme et particulièrement sévère.
Sans ajouter un mot de plus, elle suivit les deux hôtes. Pas un regard pour le décor, ni pour ce qui l'entourait, toute son attention était dédiée à sa mission. Et pour être franche, rien d'autre que ce pourquoi elle était ici ne l'intéressait réellement. Seulement, et seulement lorsqu'elle vit le petit Léonidas, elle dégaina ses lorgnettes pour l'examiner, ne prêtant qu'une oreille distraite à la suite des propos des Vance. Elle aimait se forger sa propre opinion de tout.
Déjà, elle fronça insensiblement un sourcil. Une absence totale de réaction, pas une salutation, ni une présentation... Il semblerait que l'éducation qu'elle allait devoir dispenser n'allait pas se limiter qu'au domaine scolaire. Toute l'étiquette serait à refaire, et les manières seraient visiblement à renforcer. Lorsque l'infâme larve s'exprima, elle retint ses yeux de se lever au ciel. Quelles manières ? Il semblait qu'elle devrait non pas les consolider, mais les créer de toutes pièces. Qu'avaient-donc fait Xerxès durant toutes ces années ? Cela ne lui ressemblait pas.
Et ce spectacle de singe, à le voir plier la pièce du puzzle... Un QI inférieur à la moyenne, donc, sans le moindre doute. En voilà un qui ne pourra jamais viser plus haut que Pôle sorcier... Elle inspira et expira profondément. Darius faisait fausse route. Ce n'était pas de diplomatie dont avait besoin le petit Léonidas, mais de correction, de toute évidence. Elle attendit que son hôte termine sa présentation, pour finalement parachever les derniers détails de sa futures formation.
Elle adressa un simple hochement de tête en remerciement, elle n'allait pas commenter davantage l'évidence ni ce qui lui était dû. Elle nota cependant que Darius lui laissait carte blanche quant aux méthodes. Parfait.
« Très bien. Je vois. Je vous remercie pour la démonstration et les explications. Messieurs. »
Se désintéressant désormais entièrement des deux adultes, elle déposa sa mallette sur une table à hauteur, pour en tirer quelques affaires. Une plume, un parchemin et un support, un livre, mais surtout, une longue règle en bois. Elle s'empara du tout d'un coup de baguette pour le faire flotter jusqu'à une table, à côté d'un fauteuil, pour s'y installer élégamment.
Sa règle en main, elle commença l'interrogatoire, laissant sa plume enchantée dicter si nécessaire.
« Bien le bonjour, mon garçon. Je suis Eglantine Pinehead, ta préceptrice à compter de ce jour. »
Une simple phrase, un test, en réalité, une vérification, un piège, presque. De façon presque distraite, elle tapotait du bout de ses ongles le bois de sa règle, presque impatiente de s'en servir. En réalité, elle ne prenait aucun plaisir à infliger la moindre souffrance à qui que ce soit. Mais tout à chacun savait que pour éduquer correctement les enfants, il fallait incorporer ce qu'il fallait de punition. Et seuls les idiots ou les abrutis pensaient que l'on pouvait faire autrement. Les enfants ne sont que des jeunes pousses, des graines n'attendant que d'être guidées et dressées. Il ne tenait qu'aux parents de réussir à les orienter dans la bonne direction.
Or, tout le monde savait que lorsqu'une branche poussait mal, il fallait la tailler. Lorsque la moisissure s'installait, il fallait la traiter. Elle aimait son travail, elle aimait enseigner, et pour elle, toutes les considérations des papa gâteaux ne lui inspiraient qu'un mépris profond.
Cavalier de l'Apocalypse de 2050 - 2b1146
« Les élèves s'abstiendront de conversations à voix haute. »
« Les élèves s'abstiendront de conversations à voix haute. »
Quand Miss Tête de Pin rencontre Mister Tête de Pioche
Léonidas observa l’étrange femme installer ses affaires. Il ne comprenait pas tout, mais il comprenait suffisamment ce qui se passait pour savoir que cela ne lui plaisait pas. La vieille femme au chapeau avait posé sa mallette, sorti une plume, du parchemin, un livre, mais surtout une règle en bois bien trop longue pour une personne simplement venue discuter.
Léonidas fixa longuement la règle avant de relever les yeux en direction d’Églantine Pinehead.
— Bonjour, Miss.
Il avait répondu poliment. Même si son oncle Darius le regardait déjà avec un regard assassin, comme s’il venait de commettre trois fautes d’étiquette et de jeter l’opprobre sur toute sa lignée. Pourtant, il avait dit bonjour. Avec sa bouche. Dans le bon ordre. Et sans soupirer. Que lui fallait-il de plus ? Une révérence ?
Xerxès, sur le seuil, échangea quelques mots avec son frère à voix basse. Léonidas ne parvint à en saisir que des bribes. Bibliothèque. Potions. Affaires urgentes. Il comprit surtout que son père allait les laisser.
Comme toujours.
Xerxès apparaissait rarement, assénait quelques courtes phrases, puis disparaissait comme si sa famille était indigne de sa présence. Toutefois, Léonidas capta le regard las de son père dans sa direction et le soutint quelques secondes, avant que Xerxès ne quitte la pièce sans un mot.
Le jeune garçon le suivit du regard jusqu’à ce qu’il disparaisse derrière la porte, et il sentit quelque chose se serrer en lui. Mais cela ne devait être rien. Absolument rien du tout. Peut-être une pièce de puzzle coincée dans son pull. Ou bien l’air trop froid du salon. Ou son oncle qui prenait trop de place.
C’était sûrement à cause de lui.
Son oncle, lui, ne partait pas. Il restait près de la cheminée, une main posée sur le pommeau de sa canne, le visage fermé. Léonidas connaissait cette posture. Darius observait. Darius jugeait. Darius évaluait en silence. Il attendait un faux pas avec la patience d’un chat devant un trou de souris. Cela mettait le jeune garçon très mal à l’aise, alors il préféra regarder de nouveau Églantine.
Léonidas ne voulait pas donner satisfaction à Darius. Ce serait lui faire bien trop plaisir.
— Vous êtes ma préceptrice, du coup ?
Le mot sonnait étrangement dans sa bouche, corseté, et portait beaucoup de choses en lui. Il n’aimait pas ce mot. Il n’aimait pas cette femme non plus. Avec ses lunettes, sa règle trop longue et son air de Détraqueur. Il se redressa légèrement au milieu de son puzzle massacré, avant que son regard ne glisse vers la règle.
— Et ça, c’est pour précepter ? Je crois pas que ça soit utile pour un puzzle, vous savez.
Un silence suivit. Léonidas sentit déjà que Darius se raidissait. Il n’avait pas besoin de l’observer pour le savoir. Il connaissait les différentes nuances du mécontentement de son oncle. La façon dont il frappait le sol avec sa canne selon son énervement. Pourtant, sa question n’était pas méchante. Enfin, pas vraiment. On lui disait de poser des questions quand il ne comprenait pas, mais quand il en posait, les adultes étaient contrariés. Ce n’était pas facile de suivre une règle qui changeait tout le temps.
Son attention revint sur sa nouvelle préceptrice, dont le nom lui tournait dans la tête depuis tout à l’heure. Pinehead. Xerxès l’avait appelée ainsi. Darius aussi. Églantine Pinehead, qu’elle s’appelait. Un nom sec, qui semblait tout à fait assorti à sa tenue et à ses accessoires.
— Donc vous, c’est Miss Tête de Pine, c’est ça ?
Une chape de plomb tomba sur la pièce. Même Darius sembla n’avoir plus aucune réaction, bien que Léonidas sentît déjà son regard fusiller son neveu. Son oncle gardait toutefois un sourire carnassier, visiblement désireux de voir si cette Miss Pinehead, que lui avait recommandée son frère, savait y faire avec les enfants difficiles.
De son côté, Léonidas fronça les sourcils, perplexe face à l’absence de réaction des autres personnes dans la pièce. Pourtant, il n’avait ni crié, ni insulté. Il avait juste traduit. Cela montrait bien qu’il maîtrisait les langues, non ? Les mots compliqués ? Pourquoi cela posait-il problème ?
— C’est pas ça ? Pourtant, Pine, c’est pin. Et head, c’est tête. Donc Tête de Pine. J’ai juste ?
Derrière lui, Darius resta impassible, observant la scène avec un certain détachement. La bêtise de la progéniture de son frère parvenait tout de même à l’impressionner. L’elfe de maison, quant à lui, observait la scène dans un coin, serrant ses petites mains contre lui comme s’il assistait à une catastrophe naturelle en direct et qu’il en était responsable.
Léonidas hésita avant de baisser les yeux vers son puzzle, contrarié par l’absence de réaction. Pourquoi tout devait-il devenir si grave, si vite ? Il ne voulait pas être méchant. Il voulait surtout voir ce que cette femme allait faire. Se fâcher comme Darius ? Partir comme Xerxès ? L’ignorer comme Achille ? Ou bien allait-elle sourire, comme cette dame qui lui avait souri un jour en disant qu’il était « plein d’esprit », avant de demander à quelqu’un de le raccompagner ?
Léonidas attrapa la pièce de puzzle sous ses genoux et la fit tourner dans tous les sens pour l’observer sous toutes les coutures.
— Moi, on m’appelle Léonidas. Mais je préfère Léo. Enfin, pas tout le monde m'appelle comme ça.
Le jeune garçon glissa brièvement un regard dans la direction de Darius, qui restait impassible et raide comme un balai, avant de revenir sur Miss Tête de Pine avec une curiosité renouvelée. Est-ce qu’elle aussi avait un surnom ? Glagla, peut-être ? Ça sonnait bien, non ?
Il en avait presque oublié le puzzle. Cette femme, avec son parchemin et sa règle, l’intéressait davantage. Elle n’était pas encore partie. Elle n’avait pas crié pour l’instant. Elle n’avait même pas levé sa règle. Ça, c’était nouveau.
— Qu’est-ce que vous allez écrire sur moi ? Que je suis un problème ? Parce que je suis là, vous savez... Vous pouvez me le demander directement.
Il avait répété ce qu’il avait entendu plus tôt. Sans s’énerver, et sans comprendre non plus pourquoi cela faisait si mal. Darius, cette fois, ne soupira pas. Quant à Léonidas, il serra davantage la pièce du puzzle entre ses doigts avant de la brandir en direction de la vieille femme.
— Et puis, l’image de la boîte est moche. Donc je fais mieux.
Il posa la pièce n’importe où, avec un large sourire, fier de lui.
— Et vous voyez, ça, c’est une tour. Elle va mieux dans le ciel.
Darius soupira de nouveau. Un soupir d’agacement. Il avait atteint son seuil d’absurdités léonidesques pour toute une semaine. Léonidas, quant à lui, fit semblant de ne pas l’entendre. Il attendait la réaction d’Églantine, la fixant du regard. Il voulait savoir si elle allait essayer de le remettre droit comme une ligne, comme Darius, ou bien comprendre que certaines pièces étaient plus intéressantes quand elles refusaient d’entrer au bon endroit.
1157 mots
Mon dieu que j'ai ri en écrivant ce post, il n'a vraiment aucun instinct de survie ce gamin c'est presque inquiétant. La pauvre Glagla a vraiment du boulot
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Léonidas fixa longuement la règle avant de relever les yeux en direction d’Églantine Pinehead.
— Bonjour, Miss.
Il avait répondu poliment. Même si son oncle Darius le regardait déjà avec un regard assassin, comme s’il venait de commettre trois fautes d’étiquette et de jeter l’opprobre sur toute sa lignée. Pourtant, il avait dit bonjour. Avec sa bouche. Dans le bon ordre. Et sans soupirer. Que lui fallait-il de plus ? Une révérence ?
Xerxès, sur le seuil, échangea quelques mots avec son frère à voix basse. Léonidas ne parvint à en saisir que des bribes. Bibliothèque. Potions. Affaires urgentes. Il comprit surtout que son père allait les laisser.
Comme toujours.
Xerxès apparaissait rarement, assénait quelques courtes phrases, puis disparaissait comme si sa famille était indigne de sa présence. Toutefois, Léonidas capta le regard las de son père dans sa direction et le soutint quelques secondes, avant que Xerxès ne quitte la pièce sans un mot.
Le jeune garçon le suivit du regard jusqu’à ce qu’il disparaisse derrière la porte, et il sentit quelque chose se serrer en lui. Mais cela ne devait être rien. Absolument rien du tout. Peut-être une pièce de puzzle coincée dans son pull. Ou bien l’air trop froid du salon. Ou son oncle qui prenait trop de place.
C’était sûrement à cause de lui.
Son oncle, lui, ne partait pas. Il restait près de la cheminée, une main posée sur le pommeau de sa canne, le visage fermé. Léonidas connaissait cette posture. Darius observait. Darius jugeait. Darius évaluait en silence. Il attendait un faux pas avec la patience d’un chat devant un trou de souris. Cela mettait le jeune garçon très mal à l’aise, alors il préféra regarder de nouveau Églantine.
Léonidas ne voulait pas donner satisfaction à Darius. Ce serait lui faire bien trop plaisir.
— Vous êtes ma préceptrice, du coup ?
Le mot sonnait étrangement dans sa bouche, corseté, et portait beaucoup de choses en lui. Il n’aimait pas ce mot. Il n’aimait pas cette femme non plus. Avec ses lunettes, sa règle trop longue et son air de Détraqueur. Il se redressa légèrement au milieu de son puzzle massacré, avant que son regard ne glisse vers la règle.
— Et ça, c’est pour précepter ? Je crois pas que ça soit utile pour un puzzle, vous savez.
Un silence suivit. Léonidas sentit déjà que Darius se raidissait. Il n’avait pas besoin de l’observer pour le savoir. Il connaissait les différentes nuances du mécontentement de son oncle. La façon dont il frappait le sol avec sa canne selon son énervement. Pourtant, sa question n’était pas méchante. Enfin, pas vraiment. On lui disait de poser des questions quand il ne comprenait pas, mais quand il en posait, les adultes étaient contrariés. Ce n’était pas facile de suivre une règle qui changeait tout le temps.
Son attention revint sur sa nouvelle préceptrice, dont le nom lui tournait dans la tête depuis tout à l’heure. Pinehead. Xerxès l’avait appelée ainsi. Darius aussi. Églantine Pinehead, qu’elle s’appelait. Un nom sec, qui semblait tout à fait assorti à sa tenue et à ses accessoires.
— Donc vous, c’est Miss Tête de Pine, c’est ça ?
Une chape de plomb tomba sur la pièce. Même Darius sembla n’avoir plus aucune réaction, bien que Léonidas sentît déjà son regard fusiller son neveu. Son oncle gardait toutefois un sourire carnassier, visiblement désireux de voir si cette Miss Pinehead, que lui avait recommandée son frère, savait y faire avec les enfants difficiles.
De son côté, Léonidas fronça les sourcils, perplexe face à l’absence de réaction des autres personnes dans la pièce. Pourtant, il n’avait ni crié, ni insulté. Il avait juste traduit. Cela montrait bien qu’il maîtrisait les langues, non ? Les mots compliqués ? Pourquoi cela posait-il problème ?
— C’est pas ça ? Pourtant, Pine, c’est pin. Et head, c’est tête. Donc Tête de Pine. J’ai juste ?
Derrière lui, Darius resta impassible, observant la scène avec un certain détachement. La bêtise de la progéniture de son frère parvenait tout de même à l’impressionner. L’elfe de maison, quant à lui, observait la scène dans un coin, serrant ses petites mains contre lui comme s’il assistait à une catastrophe naturelle en direct et qu’il en était responsable.
Léonidas hésita avant de baisser les yeux vers son puzzle, contrarié par l’absence de réaction. Pourquoi tout devait-il devenir si grave, si vite ? Il ne voulait pas être méchant. Il voulait surtout voir ce que cette femme allait faire. Se fâcher comme Darius ? Partir comme Xerxès ? L’ignorer comme Achille ? Ou bien allait-elle sourire, comme cette dame qui lui avait souri un jour en disant qu’il était « plein d’esprit », avant de demander à quelqu’un de le raccompagner ?
Léonidas attrapa la pièce de puzzle sous ses genoux et la fit tourner dans tous les sens pour l’observer sous toutes les coutures.
— Moi, on m’appelle Léonidas. Mais je préfère Léo. Enfin, pas tout le monde m'appelle comme ça.
Le jeune garçon glissa brièvement un regard dans la direction de Darius, qui restait impassible et raide comme un balai, avant de revenir sur Miss Tête de Pine avec une curiosité renouvelée. Est-ce qu’elle aussi avait un surnom ? Glagla, peut-être ? Ça sonnait bien, non ?
Il en avait presque oublié le puzzle. Cette femme, avec son parchemin et sa règle, l’intéressait davantage. Elle n’était pas encore partie. Elle n’avait pas crié pour l’instant. Elle n’avait même pas levé sa règle. Ça, c’était nouveau.
— Qu’est-ce que vous allez écrire sur moi ? Que je suis un problème ? Parce que je suis là, vous savez... Vous pouvez me le demander directement.
Il avait répété ce qu’il avait entendu plus tôt. Sans s’énerver, et sans comprendre non plus pourquoi cela faisait si mal. Darius, cette fois, ne soupira pas. Quant à Léonidas, il serra davantage la pièce du puzzle entre ses doigts avant de la brandir en direction de la vieille femme.
— Et puis, l’image de la boîte est moche. Donc je fais mieux.
Il posa la pièce n’importe où, avec un large sourire, fier de lui.
— Et vous voyez, ça, c’est une tour. Elle va mieux dans le ciel.
Darius soupira de nouveau. Un soupir d’agacement. Il avait atteint son seuil d’absurdités léonidesques pour toute une semaine. Léonidas, quant à lui, fit semblant de ne pas l’entendre. Il attendait la réaction d’Églantine, la fixant du regard. Il voulait savoir si elle allait essayer de le remettre droit comme une ligne, comme Darius, ou bien comprendre que certaines pièces étaient plus intéressantes quand elles refusaient d’entrer au bon endroit.
1157 mots
Mon dieu que j'ai ri en écrivant ce post, il n'a vraiment aucun instinct de survie ce gamin c'est presque inquiétant. La pauvre Glagla a vraiment du boulot
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Quand Miss Tête de Pin rencontre Mister Tête de Pioche
Eglantine n'avait jamais porté la main sur un enfant.
Elle aller éduquer sa fille dans la perfection de l'éducation autoritaire et bien cadré, et jamais sa petite ne s'écartera une seule fois de la ligne. Quant à ceux qui avaient recours aux violences pour éduquer... Disons qu'elle avait son avis sur la question. Elle n'avait aucune hésitation sur cet avis, persuadée de sa raison et de sa supériorité morale. Les faibles d'esprit, voilà ceux qui avaient recours à de tels procédés. Ceux qui se laissaient dépasser par la mollesse de leur autorité, ceux qui ne réussissaient pas à instaurer efficacement un rapport hiérarchique et parental correct. Quelle pitié de voir des parents réduits à donner des coups, avoir recours à des violences verbales et psychologiques, simplement pour obtenir ce qu'ils étaient incapables d'avoir par la finesse d'esprit.
Mais alors, pourquoi une telle règle, si menaçante ? Et bien, si Eglantine ne s'en était jamais servi pour frapper un enfant, il fallait bien dire qu'elle avait déjà fait ses preuves. Les enfants sont comme des chiens.
Des petits chiens, naïfs et égarés, incapables de se garder et de se réguler. Leur attention est prompte à se fixer sur tout élément mouvant et dynamique, comme une mouche qui serait attirée par la couleur. Et comment dresse-t-on un chien ? Par la discipline et la diversion. Pour empêcher l'esprit de l'enfant de divaguer, elle avait recours à la technique du bruit soudain. Un bon claquement suffisait à intimider et à rappeler au gamin sur le sujet correct. Le reste de son autorité naturelle suffira, elle n'en doutait point. Même si elle estimait correctement la difficulté du cas face à elle.
Réponse polie, le strict minimum, certes, mais polie. Au vu du profil dressé par les deux adultes, Eglantine s'était attendue à bien pire. Bien pire. Au lieu de cela, il disait bonjour, jusqu'à présent, rien à signaler. Il manquait des formes et les prestations requises, le ton également, ainsi que le langage corporel, la solennité, rien n'y était. Mais pour un cas présenté comme désespéré, Eglantine trouvait que son ancien camarade s'était bien ramolli. Un homme, en somme.
L'adulte laissait Xerxès et son comparse s'éclipser sans un mot à leur égard. Toute son attention et sa concentration déjà focalisées sur la tâche en cours, pour rien au monde elle ne s'en détournerait. Aux aguets, elle attendait la suite. Le silence incitait à la parole, chez les esprits faibles, et ceux prédestinés à grandir. Si elle parlait davantage que le petit être, elle perdait de l'emprise et la légitimité. Peu de mots, mais efficaces, concis, percutants et bien sélectionnés. Qu'avait-il à dire ? Que se cachait derrière cet enfant apparemment si difficile ? Quel âge avait-il, déjà ? Six ans ? Il ne fallait pas s'attendre à grand-chose,
Curiosité visible, mot inventé, difficulté à établir des liens évidents et logiques, rien de...
Soudainement, tout son être se figea. Eglantine laissait rarement filtrer ses émotions.
C'est Miss Tête de Pine, c'est ça ?
Par Merlin et Morgane réunis, par le courroux de tous les sorciers d'antan, par tous les livres anciens de sa bibliothèque personnel, ce misérable petit connard n'allait pas s'en tirer à si bon compte ! Jamais, de la vie d'Eglantine, on ne lui avait manqué à ce point de respect. Cet être indigne du sang-pur qui courait dans ses veines, allait faire honte au monde sorcier s'il continuait de grandir ainsi. Ses joues rougirent, ses traits se durcirent et révélèrent une fureur aussi effrayante qu'une Vélane enragée.
Juste le temps d'un instant, puis tout disparu.
Sa règle en bois claqua brusquement dans la paume de sa main, produisant un son sec et choquant directement le système nerveux de ceux qui n'étaient pas préparés à l'entendre.
« Silence. »
L'interrompant lorsqu'il repartit dans son explication abracadabrante de Pine et pin, la préceptrice n'allait en aucun cas laisser le mal prospérer. Les enfants mal élevés, il fallait les interrompre, ne pas leur laisser l'occasion de continuer leurs stupidités. Comme les chiens, on ne les laisse pas terminer leur âneries pour mettre ensuite leur nez face au résultat. On les interrompait immédiatement, et on les sermonnait judicieusement pour bien leur faire comprendre. Elle laissa flotter un silence de quelques secondes, plongeant un regard consterné sur le futur Serpentard.
Quelle pitié, quelle misère. Elle hésita à commencer par lui enseigner l'art de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de l'ouvrir, mais elle doutait fortement que les métaphore puissent avoir le moindre effet... Comme elle détestait les esprits étriqués et obtus, fermés à l'art élégant de l'oral et de la rhétorique.
« Décortiquer mon nom et prénom n'est pas ton rôle. Pour toi, ce sera Madame la préceptrice, ou Madame. »
Le vouvoiement n'était réservé qu'à ses élèves de plus de dix ans. Les sous-enfants, les infâmes créatures à peine plus intelligentes que les chevaux, tout juste bonnes à bouffer du foin, avaient droit au tutoiement. Ainsi, l'écart de rang et d'autorité s'en retrouvait fortement marqué.
Ses ongles tapotaient lentement le bois de sa règle lorsqu'elle reprit.
« Je ne tolérerai aucune insolence. À à partir de dorénavant, je t'interdis de répondre avant d'avoir réfléchi dix secondes avant de parler. Aucune exception. De plus, tu ne sera autorisé à parler que lorsque je te le dirai, ou te poserai une question. Tu veilleras également à limiter tes réponses à trois phrases. »
Les règles se posaient, petit à petit, mais elle était désireuse de voir avec quelle difficulté ces simples consignes allaient entrer dans l'épais crâne de ce sale gosse.
Un nouveau claquement de sa règle, qu'elle enserra cette fois-ci de ses doigts veinés. Sa voix était d'une dureté inimaginable, et ses mots sonnaient comme le métal, tranchant l'air et foudroyant sur place les esprits faibles. Elle savait son impact sur les enfants, elle avait perfectionné cet art durant de longues années, et n'allait certainement pas se laisser marcher sur les pieds par un morveux de sa trempe.
« Me suis-je bien fait comprendre ? »
Premier test, première occasion d'échouer. Elle ne doutait pas un seul instant qu'il marcherait droit dans le piège, mais elle savait également qu'il allait se révéler un cas pour le moins délicat.
Considère qu'Eglantine interrompt Léo juste après "J’ai juste ?"
Elle aller éduquer sa fille dans la perfection de l'éducation autoritaire et bien cadré, et jamais sa petite ne s'écartera une seule fois de la ligne. Quant à ceux qui avaient recours aux violences pour éduquer... Disons qu'elle avait son avis sur la question. Elle n'avait aucune hésitation sur cet avis, persuadée de sa raison et de sa supériorité morale. Les faibles d'esprit, voilà ceux qui avaient recours à de tels procédés. Ceux qui se laissaient dépasser par la mollesse de leur autorité, ceux qui ne réussissaient pas à instaurer efficacement un rapport hiérarchique et parental correct. Quelle pitié de voir des parents réduits à donner des coups, avoir recours à des violences verbales et psychologiques, simplement pour obtenir ce qu'ils étaient incapables d'avoir par la finesse d'esprit.
Mais alors, pourquoi une telle règle, si menaçante ? Et bien, si Eglantine ne s'en était jamais servi pour frapper un enfant, il fallait bien dire qu'elle avait déjà fait ses preuves. Les enfants sont comme des chiens.
Des petits chiens, naïfs et égarés, incapables de se garder et de se réguler. Leur attention est prompte à se fixer sur tout élément mouvant et dynamique, comme une mouche qui serait attirée par la couleur. Et comment dresse-t-on un chien ? Par la discipline et la diversion. Pour empêcher l'esprit de l'enfant de divaguer, elle avait recours à la technique du bruit soudain. Un bon claquement suffisait à intimider et à rappeler au gamin sur le sujet correct. Le reste de son autorité naturelle suffira, elle n'en doutait point. Même si elle estimait correctement la difficulté du cas face à elle.
Réponse polie, le strict minimum, certes, mais polie. Au vu du profil dressé par les deux adultes, Eglantine s'était attendue à bien pire. Bien pire. Au lieu de cela, il disait bonjour, jusqu'à présent, rien à signaler. Il manquait des formes et les prestations requises, le ton également, ainsi que le langage corporel, la solennité, rien n'y était. Mais pour un cas présenté comme désespéré, Eglantine trouvait que son ancien camarade s'était bien ramolli. Un homme, en somme.
L'adulte laissait Xerxès et son comparse s'éclipser sans un mot à leur égard. Toute son attention et sa concentration déjà focalisées sur la tâche en cours, pour rien au monde elle ne s'en détournerait. Aux aguets, elle attendait la suite. Le silence incitait à la parole, chez les esprits faibles, et ceux prédestinés à grandir. Si elle parlait davantage que le petit être, elle perdait de l'emprise et la légitimité. Peu de mots, mais efficaces, concis, percutants et bien sélectionnés. Qu'avait-il à dire ? Que se cachait derrière cet enfant apparemment si difficile ? Quel âge avait-il, déjà ? Six ans ? Il ne fallait pas s'attendre à grand-chose,
Curiosité visible, mot inventé, difficulté à établir des liens évidents et logiques, rien de...
Soudainement, tout son être se figea. Eglantine laissait rarement filtrer ses émotions.
C'est Miss Tête de Pine, c'est ça ?
Par Merlin et Morgane réunis, par le courroux de tous les sorciers d'antan, par tous les livres anciens de sa bibliothèque personnel, ce misérable petit connard n'allait pas s'en tirer à si bon compte ! Jamais, de la vie d'Eglantine, on ne lui avait manqué à ce point de respect. Cet être indigne du sang-pur qui courait dans ses veines, allait faire honte au monde sorcier s'il continuait de grandir ainsi. Ses joues rougirent, ses traits se durcirent et révélèrent une fureur aussi effrayante qu'une Vélane enragée.
Juste le temps d'un instant, puis tout disparu.
Sa règle en bois claqua brusquement dans la paume de sa main, produisant un son sec et choquant directement le système nerveux de ceux qui n'étaient pas préparés à l'entendre.
« Silence. »
L'interrompant lorsqu'il repartit dans son explication abracadabrante de Pine et pin, la préceptrice n'allait en aucun cas laisser le mal prospérer. Les enfants mal élevés, il fallait les interrompre, ne pas leur laisser l'occasion de continuer leurs stupidités. Comme les chiens, on ne les laisse pas terminer leur âneries pour mettre ensuite leur nez face au résultat. On les interrompait immédiatement, et on les sermonnait judicieusement pour bien leur faire comprendre. Elle laissa flotter un silence de quelques secondes, plongeant un regard consterné sur le futur Serpentard.
Quelle pitié, quelle misère. Elle hésita à commencer par lui enseigner l'art de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de l'ouvrir, mais elle doutait fortement que les métaphore puissent avoir le moindre effet... Comme elle détestait les esprits étriqués et obtus, fermés à l'art élégant de l'oral et de la rhétorique.
« Décortiquer mon nom et prénom n'est pas ton rôle. Pour toi, ce sera Madame la préceptrice, ou Madame. »
Le vouvoiement n'était réservé qu'à ses élèves de plus de dix ans. Les sous-enfants, les infâmes créatures à peine plus intelligentes que les chevaux, tout juste bonnes à bouffer du foin, avaient droit au tutoiement. Ainsi, l'écart de rang et d'autorité s'en retrouvait fortement marqué.
Ses ongles tapotaient lentement le bois de sa règle lorsqu'elle reprit.
« Je ne tolérerai aucune insolence. À à partir de dorénavant, je t'interdis de répondre avant d'avoir réfléchi dix secondes avant de parler. Aucune exception. De plus, tu ne sera autorisé à parler que lorsque je te le dirai, ou te poserai une question. Tu veilleras également à limiter tes réponses à trois phrases. »
Les règles se posaient, petit à petit, mais elle était désireuse de voir avec quelle difficulté ces simples consignes allaient entrer dans l'épais crâne de ce sale gosse.
Un nouveau claquement de sa règle, qu'elle enserra cette fois-ci de ses doigts veinés. Sa voix était d'une dureté inimaginable, et ses mots sonnaient comme le métal, tranchant l'air et foudroyant sur place les esprits faibles. Elle savait son impact sur les enfants, elle avait perfectionné cet art durant de longues années, et n'allait certainement pas se laisser marcher sur les pieds par un morveux de sa trempe.
« Me suis-je bien fait comprendre ? »
Premier test, première occasion d'échouer. Elle ne doutait pas un seul instant qu'il marcherait droit dans le piège, mais elle savait également qu'il allait se révéler un cas pour le moins délicat.
Considère qu'Eglantine interrompt Léo juste après "J’ai juste ?"
Cavalier de l'Apocalypse de 2050 - 2b1146
« Les élèves s'abstiendront de conversations à voix haute. »
« Les élèves s'abstiendront de conversations à voix haute. »

