29 juin 2026, 22:39
Que le sang arrête de couler et que la pierre écrabouille leur cœur
Suite de ce RP
JEUDI 15 JUIN 2051
DÉBUT D'APRÈS-MIDI, AU LAC
@Émeline Joyner

L'année touchait à sa fin. Les BUSEs, c'était enfin terminé. Une bonne chose de faite, un grand pas vers le reste de son avenir. Orion n'avait qu'une hâte : passer son été auprès de Stella en Irlande en faisant comme si Poudlard n'existait pas, puisque de toute façon, la seule chose qui lui donnait envie d'y être, c'était l'Étoile. Sac sur le dos, Orion marchait les yeux rivés sur le sol sans réel but, à part peut-être celui d'échapper à la retenue dont il avait écopé à cause de son altercation avec Elijah Cooper douze jours plus tôt. Les jointures de ses poings en portaient d'ailleurs encore quelques marques rouges, de même que son arcade sourcilière où l'impact du coup du Poufsouffle ne s'était toujours pas résorbé. Peu importe, ça avait valu le coup. Plus ou moins. Le regard désapprobateur de sa copine ne l'avait pas laissé de marbre. Au moins, elle ne l'avait pas quitté, c'était déjà ça. Elle aurait pu, mine de rien, mais elle ne l'avait pas fait. Peut-être qu'elle aussi y avait vu là un acte d'amour et non un simple accès de violence ? Orion n'avait pas osé poser trop de questions. Elle était restée, c'était ce qui importait.

Les pieds trainant presque derrière lui, il releva rapidement la tête en voyant un rocher à enjamber et jeta un rapide coup d'œil autour de lui pour s'assurer qu'aucun professeur ne pouvait voir qu'il était en train de sécher sa retenue. Ce fut à ce moment qu'il la vit, assise face à l'eau. Il se stoppa net. Elle n'était qu'à quelques pas de lui, si bien que faire demi-tour aurait été étrange. Putain. Émeline Joyner. Dans son dos, le poids du cahier de la Serdaigle qu'il n'avait pas osé retirer de ses affaires se fit soudainement plus lourd. Il déglutit. Foutue Joyner. Les battements de son cœur s'accélèrent presque aussi rapidement qu'il eut cette pensée. Est-ce qu'elle était foutue parce qu'il l'avait choisi de la nommer ainsi ou parce que la vie avait simplement décidé de la foutre en l'air ? La lecture de son cahier avait commencé à le faire douter.

Au départ, il n'y avait eu que des dessins. De simples dessins. Jolis, certes, mais qui n'avaient aucune valeur à ses yeux. Des licornes, des botrucs, des dragons. Juste assez pour lui souffler qu'elle aimait les créatures magiques, mais pas assez pour qu'il comprenne. Puis, il y eut des parties de son quotidien. Des portraits de personnes dont il ne connaissait pas le nom, des animaux. Khat, même. Orion l'avait reconnu. Ça l'avait même rendu perplexe. Que diable foutait-il dans son putain de cahier ? Il se souvint d'avoir presque ressenti de la colère. Elle ne pouvait pas se moquer puis le dessiner. Mais dans son jardin secret, elle l'avait fait. Puis, il y eut... Le reste. Sa part d'ombre. Celle qu'il désirait si ardemment comprendre. La limite qu'il avait franchie, mais dont il n'avait récupéré que les morceaux brisés dans le labo de potion. Il n'avait pas tout compris, pas bien tout saisi, mais assez pour comprendre qu'elle était cassée.

Et, finalement, à la fin du cahier, entre les pages, il y avait trouvé une lettre. Pas le genre de lettres qu'il envoyait à Stella. Il n'y avait pas d'amour, dans ces mots couchés sur le papier. Que du poison. Même Orion l'avait deviné en les lisant. Quel beau cadeau, Émeline. Tu es vraiment la digne fille de ta mère. Cela sonnait comme une insulte. Les mots étaient crachés, corrompus par une colère aussi noire que l'encre qui les avait formés. Mais là encore, tout restait flou. La seule chose qu'il avait pu deviner, c'était qu'Émeline n'avait certainement pas grandi avec le même amour que lui. S'il se sentait désolé pour elle, il débattait toujours.

Mais son dos brûlait toujours. Et son sac était toujours trop lourd. Car le poids de posséder les pensées d'Émeline Joyner sur ses épaules n'était pas facile à porter.

« J'ai quelque chose qui t'appartient », lâcha-t-il en faisant un pas de plus vers elle.

Arracher le pansement, il n'avait que ça à faire. La lanière de son sac à dos glissa le long de son bras et il le laissa tomber sur le sol avant de s'agenouiller, concentré pour éviter de guetter sa réaction. En vitesse, il sortit le cahier et le balança aux pieds de Joyner, le visage blême en se relevant. Un léger soupir s'échappa de ses lèvres, comme si le fait de ne plus porter son enfer avait relevé l'enclume posée sur ses entrailles.

« Je t'avais pas croisé avant pour te le rendre », se justifia-t-il rapidement en haussant les épaules.

Une bonne chose de faite. Tourner les talons. S'en aller. Le pansement était arraché, il n'avait que ça à faire. Alors pourquoi ne bougeait-il pas ? Orion se gratta l'arrière de la tête. L'enclume n'était pas tout à fait relevée. Un poids persistait.

« Je l'ai lu. Enfin, feuilleté », admit-il.

Ses yeux croisèrent les siens. Putain.

Oh lord it's happening...
@Stella Ruewen, @Elijah Cooper pour les rapides mentions !
846 mots

Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
Chasseur de fantômes et Capitaine des AA | Bout De Laitue à ses heures perdues...

2 juil. 2026, 23:19
Que le sang arrête de couler et que la pierre écrabouille leur cœur
Assise au bord du lac, elle observait en silence l'étendue de celui-ci et son calme. La surface de l'eau était lisse, dépourvue d'imperfection. Elle se demandait, tout en le regardant, si elle pouvait se perdre à l'intérieur, le temps de quelques secondes. Un rien de rien, juste assez pour qu'elle arrive à respirer en se cachant sous sa surface.

Les examens étaient terminés. Émeline était allée jusqu'au bout, elle avait affronté toutes les épreuves des professeurs, même celle de Potion. Seul Merlin savait à quel point elle avait voulu fuir la salle d'examens et son chaudron, mais la Serdaigle avait tenu, aussi étonnant que ça pouvait l'être. Elle n'espérait pas une superbe note. Un Acceptable lui suffirait, à vrai dire. Elle n'avait pas besoin d'exceller dans cette matière pour prétendre aux études qu'elle souhaitait. Il n'y avait pas d'inquiétude à avoir. Pas de raisons de se sentir si mal.

Pourtant, Émeline n'avait pas le sourire.

Dans quelques jours, elle allait enfin quitter ce château et se jeter dans la suite de sa vie, dans le monde des adultes. Elle devrait être heureuse de rentrer chez Alexander le temps des vacances, de le retrouver après ces mois de séparation et de le serrer le plus fort qu'elle pourrait contre elle. Seulement, un point noir salissait le beau tableau des retrouvailles. Émeline avait perdu son carnet, celui que son protecteur lui avait si gentiment offert en début d'année scolaire. Craignait-elle qu'il lui en veuille ? Pas réellement, Alexander n'était pas du genre à se vexer pour ce genre de détail. Elle n'avait pas peur de sa réaction, elle était surtout amère d'avoir encore perdu un objet si précieux.

Tous ces dessins, ces moments de vie, ce jardin secret qu'elle s'était façonnés de ses propres doigts, venaient encore de disparaître. Volatilisés.

Des jours à le chercher, à retourner plusieurs fois ses affaires et à fouiller les derniers endroits où elle l'avait emmené. Elle s'était même déplacée jusqu'au laboratoire, l'une des dernières pièces où elle avait le souvenir de l'avoir utilisé. Mais pas la moindre trace de son carnet.

Il n'avait pas pu s'évaporer seul. Quelqu'un devait l'avoir trouvé et le gardait précieusement, l'empêchant de retrouver son seul moyen de se défaire du réel. Avec la fin de l'année qui s'approchait dangereusement, Émeline commençait à perdre l'espoir de le tenir une nouvelle fois entre ses mains.

Elle devait se résoudre à la perte. Enfin, ça, elle savait déjà le faire, pas vrai ? Perdre quelque chose, ça lui était arrivé tellement de fois durant ces dernières années.

Ses repères les plus anciens.
Ses affaires abandonnées derrière elle.
Le bonheur du foyer qui l'avait vu grandir.
La chaleur réconfortante des bras de sa mère.
La fierté dans le regard de celui qu'elle considérait comme son héros.

Poli, son adorable chienne, qu'elle n'avait pas pu accompagner dans son dernier souffle.

Cumuler les pertes, ça devenait normal. C'était quelque chose de logique qui revenait toujours. Puisque tout ce qu'elle possédait allait finir par disparaître un jour ou l'autre.

Ce lac aussi, un beau jour, il disparaîtra. Elle ne savait pas comment, ni pourquoi, mais il deviendra poussière. Des milliards de grains pour recouvrir la terre, emmenant avec lui tous les souvenirs qui y sont rattachés. Les siens, comme tous ses prédécesseurs avant elle. Son passage ici, proche de cette eau qui reflétait le ciel, ne serait plus qu'un moment effacé parmi tant d'autres.

Qu'est-ce qu'elle aurait aimé dessiner cet instant, laisser une trace derrière elle.

Juste de quoi-

Un bruit sec, celui de son carnet jeté à ses pieds. Son apparition dans son champ de vision fut si soudaine qu'Émeline n'y crut pas sur le coup. L'objet de tous ses désirs venait de lui être rendu par...Ses yeux se levèrent pour tomber bêtement sur Orion. Ce serpent qu'elle n'avait pas recroisé depuis ce terrible aprèm dans les cachots. Son sang se glaça dans ses veines quand des bribes de souvenirs lui revinrent de ce moment. Elle ne voulait pas y repenser, elle ne voulait pas non plus ressentir la honte de ce jour-là. Plus jamais.

Quelque chose qui lui appartenait, disait-il ? Évidemment, parce qu'il s'agissait de son carnet, elle le reconnaîtrait entre mille. Et lui, venait de le balancer comme un sale déchet dont il voulait se débarrasser.

Ses bras bougèrent instinctivement pour venir le récupérer. Entre ses mains, le poids de son carnet combla un vide invisible. Elle referma ses doigts autour de lui et le porta jusqu'à elle, le serrant avec force contre son cœur.

- C'est toi qui l'avais, murmura-t-elle, incrédule.

Tout faisait sens, maintenant. Leur dispute, sa crise d'angoisse, sa fuite précipitée du laboratoire. Le fil s'était reconstitué dans sa tête à mesure qu'elle le regardait, interdite. Comment avait-elle pu ne pas y penser ? Il était le coupable parfait pour le crime. Mais derrière ça, une autre question subsistait : comment avait-elle fait pour l'oublier là-bas ? C'était impensable. Pourtant, c'était bien arrivé. Sous la fatigue et l'usure, Émeline avait seulement pensé à s'enfuir, abandonnant même derrière elle cette part d'elle.

Qu'est-ce qui l'avait poussé à attendre tant de temps pour lui ramener ? Un mois qu'elle le cherchait. Un. foutu. mois. Et lui, il débarquait comme une fleur pour lui restituer son bien, sans excuses valables en bouche pour lui redonner. Il ne l'avait pas croisé avant ? Mais quelle blague. Le pauvre garçon n'était pas capable de grimper une tour pour le rendre.

Il restait planté là, en plus. Voulait-il des remerciements pour sa gentillesse ? Il pouvait aller se brosser. Elle ne comptait pas lui en donner. Pas après avoir autant souffert par l'absence. Émeline comptait lui faire comprendre sa pensée par les mots, puisque son regard s'en chargeait déjà.

Seulement, Orion révéla une évidence. Une évidence si présente à travers la gestuelle de l'adolescent qu'Émeline se sentit soudainement dénuée de toute force.

Il l'avait feuilleté.

Son carnet. Son tout.

Il l'avait ouvert, fouillé à sa guise.

L'intrusion dans son univers était si vive que l'adolescente aurait pu exploser là, jeter à la figure d'Orion à quel point il pouvait être une horrible personne. Oh oui, qu'est-ce qu'il était horrible de lui faire ressentir toute cette stupeur après le bonheur de récupérer un bien cher à son cœur.

Leurs regards se croisèrent. Elle plongea dedans et elle sut. Il n'avait pas que regardé ses dessins. Orion avait fait plus que ça.

Doucement, Émeline se leva tout en maintenant le contact visuel. Le visage insondable, elle se mit sur ses deux jambes, le carnet toujours collé à sa poitrine. L'un en face de l'autre, Émeline le toisa, avant que ses lèvres ne se délient.

- Tu n'as pas fait que feuilleter, hein ? dit-elle, froidement. T'as pas pu t'empêcher de la lire.

Elle n'avait pas besoin de lui spécifier de quoi elle parlait. Il savait très bien à quoi elle faisait référence. Émeline lui en voulait, tout comme elle s'en voulait de ne pas l'avoir détruite comme les autres. Par manque de temps, elle s'était empressée de la dissimuler dedans, ne se doutant pas qu'une autre personne qu'elle-même la lirait.

Maintenant, ils étaient deux à la connaître.

1188 mots
@Orion Blackburn - i'm heeeeere babyyy :wise:

- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras --
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline