La nouvelle corde à faire vibrer
Zenaïda se surprit à poser un regard intrigué sur l'adulte face à sa réaction : alors, comme ça il connaissait Chopin ? Sa remarque ne fit que confirmer sa courte réflexion et elle fut bien contente de lui avoir fait découvrir un nouveau morceau du répertoire de ce grand compositeur. Elle poursuivit néanmoins dans sa réponse qu'elle apportait au psychomage.
Les mots qu'elle avait utilisé avaient été choisis avec soin. Car la Poufsouffle ne parlait jamais sans réfléchir ; elle prenait garde à faire attention à ce qu'elle disait. Les mots avaient du sens, un impact et c'était pourquoi elle ne parlait jamais au hasard. Le pouvoir des mots pouvaient faire plaisir autant que blesser les autres.
Elle revint néanmoins dans la réalité lorsque Mr Kyros réagit à ses paroles.
Il avait comprit.
Il ne l'avait pas trouvé étrange, ni même à part.
Non.
Il comprenait ce qu'elle ressentait auprès de son violoncelle et il avait même qualifié cela de précieux. Elle prit le temps d'écouter la suite des paroles du sorcier et lentement, son cœur se calma. Ce qu'il disait, sur les émotions, jamais personne ne lui avait expliqué les choses sous cet angle. Elle savait inconsciemment que ses émotions pouvaient se mélanger mais l'entendre explicitement, à haute voix, c'était... Différent. Complètement rassurant. Et peu à peu, elle commença à se convaincre qu'elle avait bien fait de venir. Et elle commençait à entrevoir l'effet que ça faisait que de passer un moment avec l'adulte. Elle se sentait mieux.
Seulement, voilà qu'il se mit à lui demander si son violoncelle était suffisant pour elle dans l'expression de ses émotions. Si l'adulte posait cette question, était-ce parce que justement, ce n'était pas suffisant ? Et si elle répondait oui, la croirait il ? Si elle disait non, serait elle en mesure de l'expliquer ? Un tourbillon de pensées parcourut l'esprit de la deuxième année qui se mit à balbutier :
- Non... Je... Oui... Enfin...
Elle s'arrêta une seconde avant de reprendre en pesant ses mots :
- Ce que je veux dire, c'est que les mots ont un impact, du sens, de la valeur. Leur pouvoir peut rendre les gens heureux autant que tristes. Dans beaucoup de situations, il est difficile de s'exprimer à tel point qu'on peut blesser une personne involontairement. Le pouvoir de la musique est si différent. Ce qui est difficile à exprimer avec des mots l'est moins ou pas du tout avec la musique ; ce qui peut paraître blessant avec des paroles ne l'est pas avec la musique. Elle est naturelle, vraie et procure des émotions à qui sait l'écouter. Ce que je ressens est tellement plus facile à l'exprimer avec mon violoncelle qu'avec des mots fragiles et compliqués. Je n'ai aucun risque de heurter les autres.
La jaune et noire se tut immédiatement. Pour la première fois de sa vie, elle venait d'exprimer ce qu'elle n'avait jamais exprimé ! Elle s'était livrée sur quelque chose qu'elle n'avait encore parlé avec personne ! Pas même à ses cousines ! Ses chères cousines, Clar et Sonia, ses grandes sœurs toutes deux réparties dans la maison Gryffondor. Et voilà qu'elle avait confié ce que personne ne savait d'elle. S'il y avait bien une chose que Zenaïda avait toujours gardé pour elle s'était que la musique était certes un réconfort mais surtout un échappatoire. Elle se souvenait parfaitement du jour où sa mère l'avait mise au violoncelle pour la toute première fois : elle s'était sentie elle-même. Elle avait trouvé son médicament, celui qui allait la faire rêver au maximum. Quand ses grands frères l'embêtaient, lorsqu'elle se sentait trop couvée ; son violoncelle avait été celui qui la consolait, celui qui l'emmenait dans ses mondes imaginaires qu'elle s'était créée, loin de la réalité.
Et voilà que maintenant, son refuge était dévoilé. Ce voile qui l'avait toujours protégé commençait à se déchirer révélant les prémices, les véritables raisons de ce qui l'animait. Elle était née pour faire de la musique ; pas pour parler. Mais cela aurait-il la même signification aux yeux du psychomage ? Serait-il toujours d'accord avec elle ? Continuerait il de la comprendre et de la croire ? Elle n'avait pas vraiment voulu de-
- ... sentiez perdue dans ce que vous ressentez. Est-ce que cela vous arrive souvent ces derniers temps, ou bien est-ce quelque chose d’assez récent ?
Le cœur de la jeune fille manqua un battement. Ou plusieurs.
Il s'arrêta de battre. Enfin, c'était tout comme.
Zenaïda s'immobilisa, ramenée brutalement dans le moment présent. La question du sorcier résonnait dans son esprit faisant écho à tous les souvenirs qui remontaient en elle : trahison, abandon, la fameuse lettre de son frère Charles, les ricanements de ses frères, la colère de Raymond, son escapade à Pré-Au-lard, le soutien de Rebecca, sa réponse acerbe et franche qu'elle avait écrite pour Charles, ses nuits d'insomnies, ses terreurs nocturnes qui étaient revenus, les yeux de Sonia et la culpabilité grandissante qui la rongeait à l'intérieur d'elle...
Elle ne devait pas pleurer ou plutôt, elle ne voulait pas pleurer. Elle ne voulait plus pleurer. Elle en avait marre d'usait ses larmes pour un frère qui n'avait que faire de sa santé mentale. Mais la douleur était bien trop présente. Elle s'en voulait autant qu'elle souffrait.
- Je... J'en sais rien... Je ne me suis jamais sentie aussi perdue avec moi-même que ces deux derniers mois... J'en peux plus... Je me suis sentie trahie par l'un de mes grands frères qui va se marier en décembre. Je n'étais même pas au courant qu'il était en couple alors que toute ma famille l'était ! Je me suis sentie abandonnée et maintenant, je me sens coupable parce que la réponse que je lui ai écrite est cinglante. Ça ne me ressemble pas d'être comme ça ! Et je suis littéralement en train d'en souffrir continuellement : je ne dors presque plus puisque mes nuits sont soit ponctuées de cauchemars, soit de terreurs nocturnes. Je suis lasse de ressentir trop d'émotions, j'en ai marre de me sentir blessée et j'en ai marre d'être traitée comme une enfant.
Et sans réfléchir, elle sortit les mots qu'elle n'avait jamais osé prononcer à haute voix :
- Je veux m'en aller, loin de ma vie... Être seule sur une île où personne ne sera à mes côtés pour me faire du mal ou que je pourrais faire souffrir...
@Hyacinthe Kyros
@Sonia Ross et @Clar Magkill pour la mention
Les mots qu'elle avait utilisé avaient été choisis avec soin. Car la Poufsouffle ne parlait jamais sans réfléchir ; elle prenait garde à faire attention à ce qu'elle disait. Les mots avaient du sens, un impact et c'était pourquoi elle ne parlait jamais au hasard. Le pouvoir des mots pouvaient faire plaisir autant que blesser les autres.
Elle revint néanmoins dans la réalité lorsque Mr Kyros réagit à ses paroles.
Il avait comprit.
Il ne l'avait pas trouvé étrange, ni même à part.
Non.
Il comprenait ce qu'elle ressentait auprès de son violoncelle et il avait même qualifié cela de précieux. Elle prit le temps d'écouter la suite des paroles du sorcier et lentement, son cœur se calma. Ce qu'il disait, sur les émotions, jamais personne ne lui avait expliqué les choses sous cet angle. Elle savait inconsciemment que ses émotions pouvaient se mélanger mais l'entendre explicitement, à haute voix, c'était... Différent. Complètement rassurant. Et peu à peu, elle commença à se convaincre qu'elle avait bien fait de venir. Et elle commençait à entrevoir l'effet que ça faisait que de passer un moment avec l'adulte. Elle se sentait mieux.
Seulement, voilà qu'il se mit à lui demander si son violoncelle était suffisant pour elle dans l'expression de ses émotions. Si l'adulte posait cette question, était-ce parce que justement, ce n'était pas suffisant ? Et si elle répondait oui, la croirait il ? Si elle disait non, serait elle en mesure de l'expliquer ? Un tourbillon de pensées parcourut l'esprit de la deuxième année qui se mit à balbutier :
- Non... Je... Oui... Enfin...
Elle s'arrêta une seconde avant de reprendre en pesant ses mots :
- Ce que je veux dire, c'est que les mots ont un impact, du sens, de la valeur. Leur pouvoir peut rendre les gens heureux autant que tristes. Dans beaucoup de situations, il est difficile de s'exprimer à tel point qu'on peut blesser une personne involontairement. Le pouvoir de la musique est si différent. Ce qui est difficile à exprimer avec des mots l'est moins ou pas du tout avec la musique ; ce qui peut paraître blessant avec des paroles ne l'est pas avec la musique. Elle est naturelle, vraie et procure des émotions à qui sait l'écouter. Ce que je ressens est tellement plus facile à l'exprimer avec mon violoncelle qu'avec des mots fragiles et compliqués. Je n'ai aucun risque de heurter les autres.
La jaune et noire se tut immédiatement. Pour la première fois de sa vie, elle venait d'exprimer ce qu'elle n'avait jamais exprimé ! Elle s'était livrée sur quelque chose qu'elle n'avait encore parlé avec personne ! Pas même à ses cousines ! Ses chères cousines, Clar et Sonia, ses grandes sœurs toutes deux réparties dans la maison Gryffondor. Et voilà qu'elle avait confié ce que personne ne savait d'elle. S'il y avait bien une chose que Zenaïda avait toujours gardé pour elle s'était que la musique était certes un réconfort mais surtout un échappatoire. Elle se souvenait parfaitement du jour où sa mère l'avait mise au violoncelle pour la toute première fois : elle s'était sentie elle-même. Elle avait trouvé son médicament, celui qui allait la faire rêver au maximum. Quand ses grands frères l'embêtaient, lorsqu'elle se sentait trop couvée ; son violoncelle avait été celui qui la consolait, celui qui l'emmenait dans ses mondes imaginaires qu'elle s'était créée, loin de la réalité.
Et voilà que maintenant, son refuge était dévoilé. Ce voile qui l'avait toujours protégé commençait à se déchirer révélant les prémices, les véritables raisons de ce qui l'animait. Elle était née pour faire de la musique ; pas pour parler. Mais cela aurait-il la même signification aux yeux du psychomage ? Serait-il toujours d'accord avec elle ? Continuerait il de la comprendre et de la croire ? Elle n'avait pas vraiment voulu de-
- ... sentiez perdue dans ce que vous ressentez. Est-ce que cela vous arrive souvent ces derniers temps, ou bien est-ce quelque chose d’assez récent ?
Le cœur de la jeune fille manqua un battement. Ou plusieurs.
Il s'arrêta de battre. Enfin, c'était tout comme.
Zenaïda s'immobilisa, ramenée brutalement dans le moment présent. La question du sorcier résonnait dans son esprit faisant écho à tous les souvenirs qui remontaient en elle : trahison, abandon, la fameuse lettre de son frère Charles, les ricanements de ses frères, la colère de Raymond, son escapade à Pré-Au-lard, le soutien de Rebecca, sa réponse acerbe et franche qu'elle avait écrite pour Charles, ses nuits d'insomnies, ses terreurs nocturnes qui étaient revenus, les yeux de Sonia et la culpabilité grandissante qui la rongeait à l'intérieur d'elle...
Elle ne devait pas pleurer ou plutôt, elle ne voulait pas pleurer. Elle ne voulait plus pleurer. Elle en avait marre d'usait ses larmes pour un frère qui n'avait que faire de sa santé mentale. Mais la douleur était bien trop présente. Elle s'en voulait autant qu'elle souffrait.
- Je... J'en sais rien... Je ne me suis jamais sentie aussi perdue avec moi-même que ces deux derniers mois... J'en peux plus... Je me suis sentie trahie par l'un de mes grands frères qui va se marier en décembre. Je n'étais même pas au courant qu'il était en couple alors que toute ma famille l'était ! Je me suis sentie abandonnée et maintenant, je me sens coupable parce que la réponse que je lui ai écrite est cinglante. Ça ne me ressemble pas d'être comme ça ! Et je suis littéralement en train d'en souffrir continuellement : je ne dors presque plus puisque mes nuits sont soit ponctuées de cauchemars, soit de terreurs nocturnes. Je suis lasse de ressentir trop d'émotions, j'en ai marre de me sentir blessée et j'en ai marre d'être traitée comme une enfant.
Et sans réfléchir, elle sortit les mots qu'elle n'avait jamais osé prononcer à haute voix :
- Je veux m'en aller, loin de ma vie... Être seule sur une île où personne ne sera à mes côtés pour me faire du mal ou que je pourrais faire souffrir...
@Hyacinthe Kyros
@Sonia Ross et @Clar Magkill pour la mention
La musique est la langue des émotions
Deuxième année RP - Deuxième année devoir
Deuxième année RP - Deuxième année devoir
La nouvelle corde à faire vibrer
Hyacinthe remarqua la façon dont Zenaïda réfléchissait avant de parler, avec une précaution presque instinctive dans la façon dont elle formulait ses phrases. Cela ne ressemblait pas à l'hésitation d'une enfant qui cherchait quoi dire, mais plutôt celle d'une adolescente qui mesurait la portée de ses mots et qui les choisissait avec soin. Tandis qu'elle expliquait ce que représentait la musique pour elle, le roux hocha doucement la tête. Son expression resta calme mais son regard s'éclaira légèrement, frappé par la cohérence de ce que la blonde décrivait.
- Cela me semble très clair, dit-il d’une voix posée. Je ne peux que comprendre la maladresse des mots, la façon dont ils peuvent être trop étroits pour l'intensité de l'émotion qui y est associée... Je crains qu'il n'y ait d'autre choix que de faire avec, pour une expression purement verbale.
Il marqua une légère pause, laissant les paroles atterrir progressivement, et en profita pour glisser ses doigts dans ses cheveux afin de les tirer en arrière. Il n'y avait pas d'utilité à contredire le raisonnement de Zenaïda, ni à le corriger. Au contraire, Hyacinthe sembla reconnaître la logique qui s'en dégageait. La tentation de boire une gorgée d'eau se fit, et le trentenaire ne se priva pas. Il eut le temps de déglutir avant de reprendre la parole.
- La musique évite ce heurt, je pense que vous avez raison. Néanmoins, je ne peux que penser à la façon dont elle peut être perçue. Pensez-vous qu'un son peut-il induire une émotion à quelqu'un qui soit différente chez un autre ?
Le psychomage pensait que oui, évidemment. Là était toute la complexité des émotions : un son pouvait faire émerger un souvenir, une sensation, qui influençait alors la façon dont il était perçu. Les différences pouvaient être infimes : tristesse devenant nostalgie, amour devenant compassion... Malgré la dureté que pouvaient avoir les mots, il songea à leur aspect pratique et aux précisions qu'ils pouvaient apporter. Ils étaient factuels et précis, tandis que la musique étayait sur l'ampleur de l'émotion associée. Différents ? Oui. Complémentaires ? Sans aucun doute.
Hyacinthe revint à lui lorsque Zenaïda se tut brusquement, comme surprise d’avoir parlé autant, et un doux sourire apparut sur le visage de l'homme. Il lui laissa un instant pour se reprendre, pour réfléchir, pour respirer. Puis, il fut témoin de la façon dont sa question avait atteint la Poufsouffle, dans la façon dont son corps se figea, dont son regard se vida quelques instants avant de devenir reflet de son agitation intérieure. Il comprit alors l'origine de ce besoin viscéral de jouer, de tout ce qui semblait se passer à l'intérieur de ce petit cœur. Les mots de Zenaïda sortaient avec une force qui contrastaient avec son ton habituellement si mesuré. Hyacinthe écouta tout : la trahison, le mariage, la lettre, la culpabilité, les nuits sans sommeil, les terreurs nocturnes. Il ne l’interrompit à aucun moment, pas avant que les derniers mots ne tombent. Le silence qui emplit ensuite son bureau fut un peu plus dense, simplement habité par les respirations conjointes des deux sorciers.
- Cela fait beaucoup de choses à porter pour une seule personne. Il ne dit pas cela comme une conclusion clinique, mais comme une simple constatation. Trahison, colère, culpabilité... toutes ces émotions se bousculent dans votre esprit tandis que votre corps continue de les garder, même la nuit.
Le trentenaire inclina légèrement la tête. Les cauchemars et les terreurs nocturnes n'étaient pas à prendre à la légère, loin de là : le sommeil avait un tel impact sur la vie d'un individu qu'une difficulté de celui-ci pouvait amener à bien des complications. L'énergie, les capacités scolaires, sociales, l'humeur... tout pouvait vite être chamboulé. Son ton indiqua clairement qu’il prenait cela très au sérieux lorsqu'il reprit la parole.
- Les terreurs nocturnes et les cauchemars apparaissent souvent lorsque l’esprit essaie de digérer quelque chose de douloureux. Cela signifie surtout qu'il travaille encore sur tout cela. Ce qui me semble important, à présent, c'est d'essayer de comprendre ces émotions pour pouvoir les apaiser au mieux.
Comprendre. Se comprendre soi, comprendre les autres, comprendre le fonctionnement de son esprit... c'était, pour Hyacinthe, la clé pour pouvoir gérer sa vie et ses émotions. Il était indéniable que cette étape était nécessaire pour pouvoir passer par l'acception d'émotions et d'événements intenses, et ainsi, pouvoir diminuer l'impact que cela avait sur la vie d'un individu. Comprendre pourquoi Zenaïda avait réagit de cette façon et ressentait une telle douleur, un tel sentiment d'abandon, l'aiderai certainement à mieux dormir et à défaire les nœuds de cette situation.
Son regard se fit légèrement plus attentif lorsqu’il reprit, les mains croisées sur ses cuisses.
- Est-ce que c’est la colère que vous avez ressentie en écrivant cette lettre qui vous fait peur, ou bien la peur d’avoir réellement blessé votre frère ?
Il marqua une nouvelle pause, laissant la jeune Poufsouffle réfléchir à la question, avant de reprendre sur sa dernière déclaration. Était-ce une pensée de longue durée ou était-ce la pression d'une situation désagréable qui parlait ?
- Partir loin, seule... bien sûr, vous empêcher de voir d'autres personnes évitera de potentielles blessures, mais... ne vous blesserez-vous pas vous-même de par cette solitude ? Commenta Hyacinthe avec un air pensif. J'oserai ajouter... que les relations sociales sont vouées à évoluer. Elles ne sont pas figées, comme la colère que vous avez pu ressentir qui s'est transformée. Ainsi, si votre frère a pu être blessé par vos mots, je ne doute pas un instant qu'il puisse être ouvert à la discussion. Avez-vous eu l'occasion de le contacter depuis ? Peut-être pour lui faire part de vos sentiments à ce sujet ?
- Cela me semble très clair, dit-il d’une voix posée. Je ne peux que comprendre la maladresse des mots, la façon dont ils peuvent être trop étroits pour l'intensité de l'émotion qui y est associée... Je crains qu'il n'y ait d'autre choix que de faire avec, pour une expression purement verbale.
Il marqua une légère pause, laissant les paroles atterrir progressivement, et en profita pour glisser ses doigts dans ses cheveux afin de les tirer en arrière. Il n'y avait pas d'utilité à contredire le raisonnement de Zenaïda, ni à le corriger. Au contraire, Hyacinthe sembla reconnaître la logique qui s'en dégageait. La tentation de boire une gorgée d'eau se fit, et le trentenaire ne se priva pas. Il eut le temps de déglutir avant de reprendre la parole.
- La musique évite ce heurt, je pense que vous avez raison. Néanmoins, je ne peux que penser à la façon dont elle peut être perçue. Pensez-vous qu'un son peut-il induire une émotion à quelqu'un qui soit différente chez un autre ?
Le psychomage pensait que oui, évidemment. Là était toute la complexité des émotions : un son pouvait faire émerger un souvenir, une sensation, qui influençait alors la façon dont il était perçu. Les différences pouvaient être infimes : tristesse devenant nostalgie, amour devenant compassion... Malgré la dureté que pouvaient avoir les mots, il songea à leur aspect pratique et aux précisions qu'ils pouvaient apporter. Ils étaient factuels et précis, tandis que la musique étayait sur l'ampleur de l'émotion associée. Différents ? Oui. Complémentaires ? Sans aucun doute.
Hyacinthe revint à lui lorsque Zenaïda se tut brusquement, comme surprise d’avoir parlé autant, et un doux sourire apparut sur le visage de l'homme. Il lui laissa un instant pour se reprendre, pour réfléchir, pour respirer. Puis, il fut témoin de la façon dont sa question avait atteint la Poufsouffle, dans la façon dont son corps se figea, dont son regard se vida quelques instants avant de devenir reflet de son agitation intérieure. Il comprit alors l'origine de ce besoin viscéral de jouer, de tout ce qui semblait se passer à l'intérieur de ce petit cœur. Les mots de Zenaïda sortaient avec une force qui contrastaient avec son ton habituellement si mesuré. Hyacinthe écouta tout : la trahison, le mariage, la lettre, la culpabilité, les nuits sans sommeil, les terreurs nocturnes. Il ne l’interrompit à aucun moment, pas avant que les derniers mots ne tombent. Le silence qui emplit ensuite son bureau fut un peu plus dense, simplement habité par les respirations conjointes des deux sorciers.
- Cela fait beaucoup de choses à porter pour une seule personne. Il ne dit pas cela comme une conclusion clinique, mais comme une simple constatation. Trahison, colère, culpabilité... toutes ces émotions se bousculent dans votre esprit tandis que votre corps continue de les garder, même la nuit.
Le trentenaire inclina légèrement la tête. Les cauchemars et les terreurs nocturnes n'étaient pas à prendre à la légère, loin de là : le sommeil avait un tel impact sur la vie d'un individu qu'une difficulté de celui-ci pouvait amener à bien des complications. L'énergie, les capacités scolaires, sociales, l'humeur... tout pouvait vite être chamboulé. Son ton indiqua clairement qu’il prenait cela très au sérieux lorsqu'il reprit la parole.
- Les terreurs nocturnes et les cauchemars apparaissent souvent lorsque l’esprit essaie de digérer quelque chose de douloureux. Cela signifie surtout qu'il travaille encore sur tout cela. Ce qui me semble important, à présent, c'est d'essayer de comprendre ces émotions pour pouvoir les apaiser au mieux.
Comprendre. Se comprendre soi, comprendre les autres, comprendre le fonctionnement de son esprit... c'était, pour Hyacinthe, la clé pour pouvoir gérer sa vie et ses émotions. Il était indéniable que cette étape était nécessaire pour pouvoir passer par l'acception d'émotions et d'événements intenses, et ainsi, pouvoir diminuer l'impact que cela avait sur la vie d'un individu. Comprendre pourquoi Zenaïda avait réagit de cette façon et ressentait une telle douleur, un tel sentiment d'abandon, l'aiderai certainement à mieux dormir et à défaire les nœuds de cette situation.
Son regard se fit légèrement plus attentif lorsqu’il reprit, les mains croisées sur ses cuisses.
- Est-ce que c’est la colère que vous avez ressentie en écrivant cette lettre qui vous fait peur, ou bien la peur d’avoir réellement blessé votre frère ?
Il marqua une nouvelle pause, laissant la jeune Poufsouffle réfléchir à la question, avant de reprendre sur sa dernière déclaration. Était-ce une pensée de longue durée ou était-ce la pression d'une situation désagréable qui parlait ?
- Partir loin, seule... bien sûr, vous empêcher de voir d'autres personnes évitera de potentielles blessures, mais... ne vous blesserez-vous pas vous-même de par cette solitude ? Commenta Hyacinthe avec un air pensif. J'oserai ajouter... que les relations sociales sont vouées à évoluer. Elles ne sont pas figées, comme la colère que vous avez pu ressentir qui s'est transformée. Ainsi, si votre frère a pu être blessé par vos mots, je ne doute pas un instant qu'il puisse être ouvert à la discussion. Avez-vous eu l'occasion de le contacter depuis ? Peut-être pour lui faire part de vos sentiments à ce sujet ?
945 - @Zenaïda Carter
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
La nouvelle corde à faire vibrer
Zenaïda sentait tout son corps s'agitait à l'intérieur d'elle.
Elle s'était livrée et ce n'était même pas face à une personne de son entourage proche. Même si Mr Kyros n'était pas un parfait inconnu, la Poufsouffle n'avait pas l'habitude de tout ça. Elle se confiait rarement à une personne autre de son entourage proche. Cependant, elle commençait à nouveau à respirer en voyant le sorcier comprendre les pensées qu'elle essayait tant bien que mal de formuler. Elle l'écouta réagir à ce qu'elle avait dit sur le rapport des mots et de la musique. Et malheureusement, la jeune fille savait que trop bien qu'il n'y a pas d'autres choix que de se confronter au heurt que les mots peuvent avoir sur les autres. C'était pourquoi elle était autant réservée : pour éviter de blesser les autres par ses paroles. Et c'était aussi pourquoi elle se réfugiait autant dans la musique.
- [...] Pensez-vous qu'un son peut-il induire une émotion à quelqu'un qui soit différente chez un autre ?
La jeune fille cessa tout mouvement parasite et se concentra sur la question du psychomage. Elle avait sa propre opinion et elle se sentait ravie que l'adulte s'intéresse à un tel sujet.
- Je pense que oui. Une mélodie ne va pas être perçue de la même manière pour ceux qui l'écoutent. Et puis, tout dépend de ce qu'on traverse au moment où l'on écoute la musique et de ce qui nous touche. Il m'est déjà arrivé d'écouter une musique à deux périodes différentes et l'émotion n'a pas été la même. La musique nous ouvre un grand champ de possibilité et permet, parfois, de mieux comprendre nos émotions.
C'était la première fois qu'une personne s'intéressait au véritable rapport qu'entretenait Zenaïda avec la musique. Les questions profondes que lui posaient le sorcier lui faisait plaisir car elle sentait qu'il cherchait à la comprendre, à déchiffrer la vraie elle. Et puis, au-delà de tout cela, elle n'était pas considérée comme une petite fille à protéger à tout prix. Elle était enfin considérée comme ce qu'elle était : une fille qui sortait peu à peu de l'enfance et qui devenait une adolescente.
Les mots qu'elle venait ensuite de prononcer suite à son mal être firent écho dans son cœur. Parler lui avait fait du bien et elle comprenait que parfois, les mots peuvent consoler, comprendre et guérir là où la musique ne le pouvait plus. Car la musique était faite pour être écoutée, apaisée. Les mots, eux, étaient faits pour chercher et creuser afin d'avancer.
Lorsque Mr Kyros reprit la parole, Zenaïda lutta pour ne pas s'effondrer.
Beaucoup de choses à porter pour une seule personne.
Et plus spécifiquement, pour une fille de 11 ans.
Bien que le ton ne montrait aucun signe de critique, la Poufsouffle ressentait un poids en elle. L'énumération de tout ce qu'elle vivait montrait la réalité de ce qu'elle traversait. Le savoir était une chose mais l'entendre de la bouche d'un autre ; c'était totalement différent. Et bien plus impactant. Puis, le visage du psychomage devint plus sérieux ce qui accentua ce poids. La pièce semblait beaucoup trop petite ; étouffante.
Comprendre, apaiser et surtout, comment cela se faisait-il que son corps semblait souffrir alors qu'elle, tout ce qu'elle voulait, s'était avancer sans son frère dans l'équation ? Elle n'avait plus voulu verser une larme de plus pour tout ça. Elle s'était contentée de suivre son emploi du temps et de travailler.
Trop de questions, trop de bourdonnements, plus d'espace...
Do... Ré... Mi...
Les doigts de la deuxième année vinrent se glisser sur les cordes du violoncelle. La main droite pinçait les cordes et réalisait ce qu'on appelle des pizzicato. C'était léger, des notes complètement au hasard mais qui calmait peu à peu la respiration de la musicienne.
Fa... Sol... La... Do... Si... Mi...
Lentement, elle leva les yeux, laissa sa main en suspens et articula avec soin :
- Je n'ai pas peur de l'avoir blessée parce que je sais que je l'ai fait. Je ne réagis jamais comme ça d'habitude... Je crois que j'ai peur de cette colère que je ne soupçonnais pas jusque-là.
Zenaïda s'arrêta et chercha la réaction de l'adulte.
Puis, d'autres paroles survinrent. Les doigts de la Poufsouffle s'agitèrent sur les cordes sans produire aucun son. Sa main gauche jouait une partition sans que la main droite ne produise les sons avec l'archet.
Sa main droite restait parfaitement immobile sur sa cuisse.
- Je n'ai pas peur d'être seule... Je l'ai toujours été... J'aime être seule et ça ne me dérange pas... De l'être pour toujours...
Faux.
La larme qui s'échappa de sa pupille l'illustrait : elle n'avait pas envie d'être seule pour toujours. Elle aimait la solitude, cet effet ressourçant qui lui procurait un bien fou. Seulement, pas pour toujours.
Alors que ses doigts de la main gauche continuaient leur petite ballade sur les cordes, la voix de Zenaïda reprit :
- Je n'ai pas le courage de l'affronter. Et je n'ai pas envie de briser ma bulle de sécurité à Poudlard en recontactant mon frère. Je le verrai déjà aux vacances et je veux en profiter pour prendre soin de moi et reprendre des forces. C'est égoïste, je le sais bien mais je n'ai pas l'énergie pour tout cela. Je ne sais même plus si de l'énergie, j'en ai encore...
@Hyacinthe Kyros Navrée pour ce retard
Elle s'était livrée et ce n'était même pas face à une personne de son entourage proche. Même si Mr Kyros n'était pas un parfait inconnu, la Poufsouffle n'avait pas l'habitude de tout ça. Elle se confiait rarement à une personne autre de son entourage proche. Cependant, elle commençait à nouveau à respirer en voyant le sorcier comprendre les pensées qu'elle essayait tant bien que mal de formuler. Elle l'écouta réagir à ce qu'elle avait dit sur le rapport des mots et de la musique. Et malheureusement, la jeune fille savait que trop bien qu'il n'y a pas d'autres choix que de se confronter au heurt que les mots peuvent avoir sur les autres. C'était pourquoi elle était autant réservée : pour éviter de blesser les autres par ses paroles. Et c'était aussi pourquoi elle se réfugiait autant dans la musique.
- [...] Pensez-vous qu'un son peut-il induire une émotion à quelqu'un qui soit différente chez un autre ?
La jeune fille cessa tout mouvement parasite et se concentra sur la question du psychomage. Elle avait sa propre opinion et elle se sentait ravie que l'adulte s'intéresse à un tel sujet.
- Je pense que oui. Une mélodie ne va pas être perçue de la même manière pour ceux qui l'écoutent. Et puis, tout dépend de ce qu'on traverse au moment où l'on écoute la musique et de ce qui nous touche. Il m'est déjà arrivé d'écouter une musique à deux périodes différentes et l'émotion n'a pas été la même. La musique nous ouvre un grand champ de possibilité et permet, parfois, de mieux comprendre nos émotions.
C'était la première fois qu'une personne s'intéressait au véritable rapport qu'entretenait Zenaïda avec la musique. Les questions profondes que lui posaient le sorcier lui faisait plaisir car elle sentait qu'il cherchait à la comprendre, à déchiffrer la vraie elle. Et puis, au-delà de tout cela, elle n'était pas considérée comme une petite fille à protéger à tout prix. Elle était enfin considérée comme ce qu'elle était : une fille qui sortait peu à peu de l'enfance et qui devenait une adolescente.
Les mots qu'elle venait ensuite de prononcer suite à son mal être firent écho dans son cœur. Parler lui avait fait du bien et elle comprenait que parfois, les mots peuvent consoler, comprendre et guérir là où la musique ne le pouvait plus. Car la musique était faite pour être écoutée, apaisée. Les mots, eux, étaient faits pour chercher et creuser afin d'avancer.
Lorsque Mr Kyros reprit la parole, Zenaïda lutta pour ne pas s'effondrer.
Beaucoup de choses à porter pour une seule personne.
Et plus spécifiquement, pour une fille de 11 ans.
Bien que le ton ne montrait aucun signe de critique, la Poufsouffle ressentait un poids en elle. L'énumération de tout ce qu'elle vivait montrait la réalité de ce qu'elle traversait. Le savoir était une chose mais l'entendre de la bouche d'un autre ; c'était totalement différent. Et bien plus impactant. Puis, le visage du psychomage devint plus sérieux ce qui accentua ce poids. La pièce semblait beaucoup trop petite ; étouffante.
Comprendre, apaiser et surtout, comment cela se faisait-il que son corps semblait souffrir alors qu'elle, tout ce qu'elle voulait, s'était avancer sans son frère dans l'équation ? Elle n'avait plus voulu verser une larme de plus pour tout ça. Elle s'était contentée de suivre son emploi du temps et de travailler.
Trop de questions, trop de bourdonnements, plus d'espace...
Do... Ré... Mi...
Les doigts de la deuxième année vinrent se glisser sur les cordes du violoncelle. La main droite pinçait les cordes et réalisait ce qu'on appelle des pizzicato. C'était léger, des notes complètement au hasard mais qui calmait peu à peu la respiration de la musicienne.
Fa... Sol... La... Do... Si... Mi...
Lentement, elle leva les yeux, laissa sa main en suspens et articula avec soin :
- Je n'ai pas peur de l'avoir blessée parce que je sais que je l'ai fait. Je ne réagis jamais comme ça d'habitude... Je crois que j'ai peur de cette colère que je ne soupçonnais pas jusque-là.
Zenaïda s'arrêta et chercha la réaction de l'adulte.
Puis, d'autres paroles survinrent. Les doigts de la Poufsouffle s'agitèrent sur les cordes sans produire aucun son. Sa main gauche jouait une partition sans que la main droite ne produise les sons avec l'archet.
Sa main droite restait parfaitement immobile sur sa cuisse.
- Je n'ai pas peur d'être seule... Je l'ai toujours été... J'aime être seule et ça ne me dérange pas... De l'être pour toujours...
Faux.
La larme qui s'échappa de sa pupille l'illustrait : elle n'avait pas envie d'être seule pour toujours. Elle aimait la solitude, cet effet ressourçant qui lui procurait un bien fou. Seulement, pas pour toujours.
Alors que ses doigts de la main gauche continuaient leur petite ballade sur les cordes, la voix de Zenaïda reprit :
- Je n'ai pas le courage de l'affronter. Et je n'ai pas envie de briser ma bulle de sécurité à Poudlard en recontactant mon frère. Je le verrai déjà aux vacances et je veux en profiter pour prendre soin de moi et reprendre des forces. C'est égoïste, je le sais bien mais je n'ai pas l'énergie pour tout cela. Je ne sais même plus si de l'énergie, j'en ai encore...
@Hyacinthe Kyros Navrée pour ce retard
La musique est la langue des émotions
Deuxième année RP - Deuxième année devoir
Deuxième année RP - Deuxième année devoir
La nouvelle corde à faire vibrer
La réflexion de Zenaïda sur la musique était studieuse et marquante par sa sincérité. La jeune fille semblait s'être recentrée sur la question comme si réfléchir à ce sujet lui permettait de retrouver une base plus stable. Le contraste avec l’agitation qui l’avait traversée quelques minutes plus tôt n’était pas difficile à percevoir pour Hyacinthe. La musique semblait offrir à la Poufsouffle une structure, quelque chose dans lequel sa pensée pouvait s’organiser sans se heurter à un obstacle quelconque.
Et effectivement, Zenaïda rebondit alors sur les émotions en faisant le lien avec les différentes périodes d'une vie. Hyacinthe hocha doucement la tête et laissa un sourire passer sur son visage.
- Oui, c'est très juste. Une émotion s’associe à des souvenirs, à des contextes, parfois même à des détails dont on n’a pas conscience sur le moment. Alors forcément... une même musique peut toujours avoir un effet différent, comme vous l'avez si bien dit, au moment où on l'écoute.
Il laissa un court silence s’installer après cela, pour permettre à la fois réflexion et rythme. Hyacinthe commençait petit à petit à mieux saisir la manière dont Zenaïda fonctionnait et en fut soulagé ; c'était toujours l'étape clé d'une première séance. La jeune fille avait besoin d'espace et de temps entre ses différentes pensées afin de pouvoir faire émerger de nouvelles sans angoisse. Ce fut donc pendant ce silence que la Poufsouffle se permit de répondre à sa question précédente. Sans surprise, cela attira un changement d'attitude progressif chez elle, à la fois par le focus de son regard, par la stabilité de sa respiration et le mouvement de ses doigts. Les premières notes pincées résonnèrent dans le bureau, irrégulières et non construites, et semblaient être une réelle manifestation des émotions de Zenaïda. C'était tout autant à prendre en compte que les mots.
Hyacinthe fit attention à sa propre attitude, et maintint sa posture calme et ouverte sans grande difficulté. Il ne voulait surtout pas donner l’impression que les émotions de Zenaïda étaient de trop pour cet espace, surtout qu'elles avaient entièrement leur place ici. Et la jeune fille fit preuve d'un grand contrôle malgré la fragilité qu'elle exprimait, maniant ses mots avec précision et profondeur. Cela aida grandement le psychomage, puisque la peur de blesser un être cher était fondamentalement bien différente que celle de découvrir une émotion telle que la colère. Hyacinthe réfléchit quelques secondes avant de lui répondre.
- La colère peut être très impressionnante lorsqu’on n’a pas l’habitude de la ressentir. C'est une émotion forte, souvent liée à des associations négatives, qui peut parfois entraîner une perte de contrôle. Cela s'avère plus impressionnant, plus déstabilisant encore, lorsqu’on a passé, comme vous, beaucoup de temps à essayer de ne pas blesser les autres.
Son regard descendit brièvement vers les mouvements silencieux de sa main gauche sur les cordes, puis revint vers son visage.
- Mais ressentir de la colère ne fait pas de vous une mauvaise personne, Zenaïda. C'est une émotion tout à fait légitime, et la contenir ne peut que vous faire plus de mal. Quant à ce qu'elle signifie... je pense que cela concerne le fait qu’une limite importante a été touchée.
Le roux choisit volontairement ses mots avec prudence. Il ne voulait ni banaliser ce qu’elle ressentait, ni enfermer cette colère dans quelque chose de honteux. Une colère non exprimée pouvait s'accumuler, encore et encore, jusqu'à ce qu'elle finisse par exploser. Cette situation précise était dangereuse et à éviter, à la fois pour soi et pour son environnement. Cela se traduisait souvent par des situations dévastatrices laissant de terribles marques sur chacun. Zenaïda ne voulait pas subir une telle chose, non, et apprendre à libérer, gérer et comprendre sa colère était un point essentiel pour éviter cela.
- Parfois, lorsqu’une douleur reste longtemps silencieuse, la colère devient simplement la première émotion assez forte pour réussir à l'exprimer.
La larme qui coula soudainement interpela Hyacinthe, qui se glissa avec fluidité vers le paquet de mouchoirs qui était toujours mis à disposition dans son bureau. Il le posa sur la table, mis en évidence dans le cas où Zenaïda en aurait besoin, mais n'attira pas plus l'attention sur cette preuve d'émotivité. J'aime être seule... c'était, et cela avait toujours été, le plus grand mensonge de l'existence. Il l'avait dit un nombre incalculable de fois, lui aussi. Et pourtant, le roux était toujours revenu vers les autres. L'Homme était un être social, et même si être seul à un endroit pouvait être plus ressourçant que n'importe quelle activité, se sentir seul était un des sentiments les moins agréables qu'il avait expérimenté. Il ne croyait pas un seul instant que la Poufsouffle aime être seule. L'entièreté de son être semblait crier tout le contraire de ses mots.
Le silence revint quelques secondes, habité seulement par les mouvements légers de ses doigts sur les cordes. Hyacinthe décida de reprendre la parole d'un air doux : Ce n’est pas égoïste de vouloir reprendre des forces.
Enfin, théoriquement, si. Prendre soin de soi était par définition de l'égoïsme. Cependant, cela sortait de la signification communément acceptée de l'égoïsme comme une chose négative, comme une préférence marquée pour soi. Tout le monde devait être égoïste à une certaine mesure, et cela en devenait bien plus important pour ceux qui donnaient tant d'eux-mêmes pour faire plaisir aux autres. Hyacinthe voulait simplement souligner que vouloir prendre soin de soi ne pouvait en aucune circonstance être quelque chose de négatif.
- Au contraire, vous traversez quelque chose d'émotionnellement épuisant. Il est normal que vous cherchiez à préserver un endroit où vous vous sentez en sécurité.
Son regard parcourut brièvement la pièce et s'accrocha à la vitre, comme il le faisait souvent. La lumière était suffisante pour illuminer le bureau, sans pour autant être de trop pour lui faire mal aux yeux. C'était une douce atmosphère à laquelle Hyacinthe s'était vite habitué. Il avait la sensation que ses patients l'appréciaient autant que lui.
- Et Poudlard semble être cela pour vous, en ce moment, je me trompe ? Il attendit quelques secondes sa réponse, avant de reprendre en hochant la tête. Sa voix se fit plus assurée, et Hyacinthe prit appui sur ses cuisses pour se pencher en avant. Vous n’êtes pas obligée de résoudre votre relation avec votre frère immédiatement. Le fait de ne pas vous sentir prête aujourd’hui ne signifie pas que vous ne le serez jamais. Il faut du temps pour certaines choses, et de l'énergie. Vous avez raison de ne pas vouloir briser votre bulle tant que vous ne vous en sentez pas capable.
Il marqua une courte pause.
- En revanche, le fait que vous vous sentiez aussi fatiguée, que votre sommeil soit autant perturbé, et que vous ayez l’impression de manquer d’énergie presque en permanence... ce sont des choses à prendre en compte. Vous ne pouvez pas rester ainsi indéfiniment sans impacter votre santé. C'est... c'est pour cela que je suis sincèrement content que vous ne soyez pas restée seule avec tout cela.
Et effectivement, Zenaïda rebondit alors sur les émotions en faisant le lien avec les différentes périodes d'une vie. Hyacinthe hocha doucement la tête et laissa un sourire passer sur son visage.
- Oui, c'est très juste. Une émotion s’associe à des souvenirs, à des contextes, parfois même à des détails dont on n’a pas conscience sur le moment. Alors forcément... une même musique peut toujours avoir un effet différent, comme vous l'avez si bien dit, au moment où on l'écoute.
Il laissa un court silence s’installer après cela, pour permettre à la fois réflexion et rythme. Hyacinthe commençait petit à petit à mieux saisir la manière dont Zenaïda fonctionnait et en fut soulagé ; c'était toujours l'étape clé d'une première séance. La jeune fille avait besoin d'espace et de temps entre ses différentes pensées afin de pouvoir faire émerger de nouvelles sans angoisse. Ce fut donc pendant ce silence que la Poufsouffle se permit de répondre à sa question précédente. Sans surprise, cela attira un changement d'attitude progressif chez elle, à la fois par le focus de son regard, par la stabilité de sa respiration et le mouvement de ses doigts. Les premières notes pincées résonnèrent dans le bureau, irrégulières et non construites, et semblaient être une réelle manifestation des émotions de Zenaïda. C'était tout autant à prendre en compte que les mots.
Hyacinthe fit attention à sa propre attitude, et maintint sa posture calme et ouverte sans grande difficulté. Il ne voulait surtout pas donner l’impression que les émotions de Zenaïda étaient de trop pour cet espace, surtout qu'elles avaient entièrement leur place ici. Et la jeune fille fit preuve d'un grand contrôle malgré la fragilité qu'elle exprimait, maniant ses mots avec précision et profondeur. Cela aida grandement le psychomage, puisque la peur de blesser un être cher était fondamentalement bien différente que celle de découvrir une émotion telle que la colère. Hyacinthe réfléchit quelques secondes avant de lui répondre.
- La colère peut être très impressionnante lorsqu’on n’a pas l’habitude de la ressentir. C'est une émotion forte, souvent liée à des associations négatives, qui peut parfois entraîner une perte de contrôle. Cela s'avère plus impressionnant, plus déstabilisant encore, lorsqu’on a passé, comme vous, beaucoup de temps à essayer de ne pas blesser les autres.
Son regard descendit brièvement vers les mouvements silencieux de sa main gauche sur les cordes, puis revint vers son visage.
- Mais ressentir de la colère ne fait pas de vous une mauvaise personne, Zenaïda. C'est une émotion tout à fait légitime, et la contenir ne peut que vous faire plus de mal. Quant à ce qu'elle signifie... je pense que cela concerne le fait qu’une limite importante a été touchée.
Le roux choisit volontairement ses mots avec prudence. Il ne voulait ni banaliser ce qu’elle ressentait, ni enfermer cette colère dans quelque chose de honteux. Une colère non exprimée pouvait s'accumuler, encore et encore, jusqu'à ce qu'elle finisse par exploser. Cette situation précise était dangereuse et à éviter, à la fois pour soi et pour son environnement. Cela se traduisait souvent par des situations dévastatrices laissant de terribles marques sur chacun. Zenaïda ne voulait pas subir une telle chose, non, et apprendre à libérer, gérer et comprendre sa colère était un point essentiel pour éviter cela.
- Parfois, lorsqu’une douleur reste longtemps silencieuse, la colère devient simplement la première émotion assez forte pour réussir à l'exprimer.
La larme qui coula soudainement interpela Hyacinthe, qui se glissa avec fluidité vers le paquet de mouchoirs qui était toujours mis à disposition dans son bureau. Il le posa sur la table, mis en évidence dans le cas où Zenaïda en aurait besoin, mais n'attira pas plus l'attention sur cette preuve d'émotivité. J'aime être seule... c'était, et cela avait toujours été, le plus grand mensonge de l'existence. Il l'avait dit un nombre incalculable de fois, lui aussi. Et pourtant, le roux était toujours revenu vers les autres. L'Homme était un être social, et même si être seul à un endroit pouvait être plus ressourçant que n'importe quelle activité, se sentir seul était un des sentiments les moins agréables qu'il avait expérimenté. Il ne croyait pas un seul instant que la Poufsouffle aime être seule. L'entièreté de son être semblait crier tout le contraire de ses mots.
Le silence revint quelques secondes, habité seulement par les mouvements légers de ses doigts sur les cordes. Hyacinthe décida de reprendre la parole d'un air doux : Ce n’est pas égoïste de vouloir reprendre des forces.
Enfin, théoriquement, si. Prendre soin de soi était par définition de l'égoïsme. Cependant, cela sortait de la signification communément acceptée de l'égoïsme comme une chose négative, comme une préférence marquée pour soi. Tout le monde devait être égoïste à une certaine mesure, et cela en devenait bien plus important pour ceux qui donnaient tant d'eux-mêmes pour faire plaisir aux autres. Hyacinthe voulait simplement souligner que vouloir prendre soin de soi ne pouvait en aucune circonstance être quelque chose de négatif.
- Au contraire, vous traversez quelque chose d'émotionnellement épuisant. Il est normal que vous cherchiez à préserver un endroit où vous vous sentez en sécurité.
Son regard parcourut brièvement la pièce et s'accrocha à la vitre, comme il le faisait souvent. La lumière était suffisante pour illuminer le bureau, sans pour autant être de trop pour lui faire mal aux yeux. C'était une douce atmosphère à laquelle Hyacinthe s'était vite habitué. Il avait la sensation que ses patients l'appréciaient autant que lui.
- Et Poudlard semble être cela pour vous, en ce moment, je me trompe ? Il attendit quelques secondes sa réponse, avant de reprendre en hochant la tête. Sa voix se fit plus assurée, et Hyacinthe prit appui sur ses cuisses pour se pencher en avant. Vous n’êtes pas obligée de résoudre votre relation avec votre frère immédiatement. Le fait de ne pas vous sentir prête aujourd’hui ne signifie pas que vous ne le serez jamais. Il faut du temps pour certaines choses, et de l'énergie. Vous avez raison de ne pas vouloir briser votre bulle tant que vous ne vous en sentez pas capable.
Il marqua une courte pause.
- En revanche, le fait que vous vous sentiez aussi fatiguée, que votre sommeil soit autant perturbé, et que vous ayez l’impression de manquer d’énergie presque en permanence... ce sont des choses à prendre en compte. Vous ne pouvez pas rester ainsi indéfiniment sans impacter votre santé. C'est... c'est pour cela que je suis sincèrement content que vous ne soyez pas restée seule avec tout cela.
1163 - @Zenaïda Carter
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
La nouvelle corde à faire vibrer
Zenaïda écouta.
Elle ne pouvait faire que ça : écouter. Les mots étaient sortis mais est-ce qu'ils pouvaient encore sortir ? Elle s'était efforcée de se plier à l'exercice, de sortir ce qui avait besoin d'être dit et de se relâcher. Seulement, elle ne savait pas ce qu'elle ressentait maintenant. Beaucoup trop d'émotions grondaient en elle.
La peur, d'abord.
Les paroles de Mr Kyros résonnaient dans la pièce et atteignaient de plein fouet l'esprit de la Poufsouffle. La colère était impressionnante de manière générale mais apparemment plus pour elle car si elle avait passé sa vie à ne pas vouloir blesser les autres, elle se trouvait déstabilisée. Était-ce mal que de ne pas vouloir être en colère ? Avait-elle mal fait les choses jusque-là ? Et cette colère, pourquoi devait-elle être autant impressionnante ? Et puis la phrase arriva : cette colère ne faisait pas d'elle quelqu'un de mauvais.
Ce qui aurait dû l'apaiser la tourmenta. Elle n'avait jamais ressenti le besoin de piquer des colères car ça lui faisait du mal. Elle avait non pas appris à la contenir mais à la déployer en douceur. Elle la sortait sereinement, tranquillement jusqu'à l'éloigner d'elle. La deuxième année essayait de se détendre, de se convaincre de la légitimité de cette émotion mais comment le pouvait-elle alors qu'elle faisait germer la souffrance ?
Et puis, vint ensuite le désarroi.
Zenaïda ne voulait pas de la colère comme première émotion lorsqu'une douleur survint. Elle voulait autre chose que de ça. Mais apparemment, ce n'était pas elle qui décidait. Elle n'était pas maîtresse de son corps. Ou peut-être que si mais alors elle en avait perdu les rênes. Car jamais elle n'aurait laissé cette colère sortir si elle savait se contrôler.
Enfin, vinrent les paroles mensongères. Celles qui sonnaient terriblement faux dans l'atmosphère paisible du bureau.
Elle était égoïste de vouloir s'occuper d'elle et elle le savait. Néanmoins, l'adulte lui expliqua la normalité de la chose. Et il semblait aussi lire dans son cœur. Il ne s'était pas trompé en disant que Poudlard était sa bulle, cet endroit sécurisant qu'elle voulait préserver. Ne pas se presser et prendre le temps, voilà deux choses qu'elle souhaitait et qu'elle ne pouvait pas éterniser. L'entendre ainsi paraissait tellement agréable mais la réalité était bien différente. Car sa bulle devra être brisée bien plus tôt qu'elle ne l'aurait souhaitée pour son retour à Londres. Elle devait s'y préparée et y faire face.
L'impact sur sa santé. La voilà la vérité. Elle se mettait en danger alors qu'elle faisait tout pour ne pas que cela arrive.
- [...] c'est pour cela que je suis sincèrement content que vous ne soyez pas restée seule avec tout cela.
Ce fut comme si la violoncelliste fut stupefixée.
Sa gorge se serra et les mots refusèrent de sortir. La culpabilité ressortait encore une fois. Elle était restée seule. Elle n'avait pas écouté sa meilleure amie Cheryl qui lui avait conseillé de voir le psychomage. Elle n'avait pas écouté ceux qui en avaient fait de même. Elle était restée seule un bon bout de temps. Il lui avait suffi de se trouver dans le couloir en pleine nuit, somnambule et en pleine terreur pour enfin voir un spécialiste. Et elle n'y était pas allée de son propre chef. C'était Eileen qui l'avait accompagnée.
Alors non. Mr Kyros ne pouvait pas être content. Parce qu'elle aurait dû venir depuis un bon bout de temps. Il n'aurait pas dû l'être. Elle s'était mise en danger et s'était comportée comme une enfant à vouloir à tout prix se sauver elle-même. Pour une fille de médicomage, elle savait pertinemment qu'on ne pouvait pas tout gérer tout seul. Elle savait qu'il fallait demander de l'aide.
Elle ne l'avait pas fait. Elle s'était débattue pensant bêtement pouvoir tout arranger. Elle avait fui les conseils des autres et il avait fallu qu'elle se retrouve dans un état inhabituel et que quelqu'un la force presque à se rendre à l'infirmerie pour enfin être prise en charge.
Alors non. Il n'y avait pas de quoi être content, ni de quoi être fière.
Elle avait échoué dans le simple fait de se faire aider.
Les mots se coincèrent.
Ses mains commencèrent à frémir légèrement.
Lentement, elle posa son violoncelle au sol à côté du canapé.
Elle s'enfonça un peu plus et tritura une mèche de ses cheveux.
Quoi dire ? Que faire ?
Rien ne venait.
- Je...
Les larmes arrivèrent enfin.
Celles qui exprimaient sa lâcheté, sa culpabilité et ses gamineries. Elle laissa ses mains envelopper son visage.
Sur ce coup, elle n'avait pas fait preuve de sagesse.
Et elle le regrettait.
Pour les personnes qui l'avaient entourées.
Pour Mr Kyros.
Pour elle.
@Hyacinthe Kyros
@Cheryl Denis & @Eileen O'Brien pour la mention
Elle ne pouvait faire que ça : écouter. Les mots étaient sortis mais est-ce qu'ils pouvaient encore sortir ? Elle s'était efforcée de se plier à l'exercice, de sortir ce qui avait besoin d'être dit et de se relâcher. Seulement, elle ne savait pas ce qu'elle ressentait maintenant. Beaucoup trop d'émotions grondaient en elle.
La peur, d'abord.
Les paroles de Mr Kyros résonnaient dans la pièce et atteignaient de plein fouet l'esprit de la Poufsouffle. La colère était impressionnante de manière générale mais apparemment plus pour elle car si elle avait passé sa vie à ne pas vouloir blesser les autres, elle se trouvait déstabilisée. Était-ce mal que de ne pas vouloir être en colère ? Avait-elle mal fait les choses jusque-là ? Et cette colère, pourquoi devait-elle être autant impressionnante ? Et puis la phrase arriva : cette colère ne faisait pas d'elle quelqu'un de mauvais.
Ce qui aurait dû l'apaiser la tourmenta. Elle n'avait jamais ressenti le besoin de piquer des colères car ça lui faisait du mal. Elle avait non pas appris à la contenir mais à la déployer en douceur. Elle la sortait sereinement, tranquillement jusqu'à l'éloigner d'elle. La deuxième année essayait de se détendre, de se convaincre de la légitimité de cette émotion mais comment le pouvait-elle alors qu'elle faisait germer la souffrance ?
Et puis, vint ensuite le désarroi.
Zenaïda ne voulait pas de la colère comme première émotion lorsqu'une douleur survint. Elle voulait autre chose que de ça. Mais apparemment, ce n'était pas elle qui décidait. Elle n'était pas maîtresse de son corps. Ou peut-être que si mais alors elle en avait perdu les rênes. Car jamais elle n'aurait laissé cette colère sortir si elle savait se contrôler.
Enfin, vinrent les paroles mensongères. Celles qui sonnaient terriblement faux dans l'atmosphère paisible du bureau.
Elle était égoïste de vouloir s'occuper d'elle et elle le savait. Néanmoins, l'adulte lui expliqua la normalité de la chose. Et il semblait aussi lire dans son cœur. Il ne s'était pas trompé en disant que Poudlard était sa bulle, cet endroit sécurisant qu'elle voulait préserver. Ne pas se presser et prendre le temps, voilà deux choses qu'elle souhaitait et qu'elle ne pouvait pas éterniser. L'entendre ainsi paraissait tellement agréable mais la réalité était bien différente. Car sa bulle devra être brisée bien plus tôt qu'elle ne l'aurait souhaitée pour son retour à Londres. Elle devait s'y préparée et y faire face.
L'impact sur sa santé. La voilà la vérité. Elle se mettait en danger alors qu'elle faisait tout pour ne pas que cela arrive.
- [...] c'est pour cela que je suis sincèrement content que vous ne soyez pas restée seule avec tout cela.
Ce fut comme si la violoncelliste fut stupefixée.
Sa gorge se serra et les mots refusèrent de sortir. La culpabilité ressortait encore une fois. Elle était restée seule. Elle n'avait pas écouté sa meilleure amie Cheryl qui lui avait conseillé de voir le psychomage. Elle n'avait pas écouté ceux qui en avaient fait de même. Elle était restée seule un bon bout de temps. Il lui avait suffi de se trouver dans le couloir en pleine nuit, somnambule et en pleine terreur pour enfin voir un spécialiste. Et elle n'y était pas allée de son propre chef. C'était Eileen qui l'avait accompagnée.
Alors non. Mr Kyros ne pouvait pas être content. Parce qu'elle aurait dû venir depuis un bon bout de temps. Il n'aurait pas dû l'être. Elle s'était mise en danger et s'était comportée comme une enfant à vouloir à tout prix se sauver elle-même. Pour une fille de médicomage, elle savait pertinemment qu'on ne pouvait pas tout gérer tout seul. Elle savait qu'il fallait demander de l'aide.
Elle ne l'avait pas fait. Elle s'était débattue pensant bêtement pouvoir tout arranger. Elle avait fui les conseils des autres et il avait fallu qu'elle se retrouve dans un état inhabituel et que quelqu'un la force presque à se rendre à l'infirmerie pour enfin être prise en charge.
Alors non. Il n'y avait pas de quoi être content, ni de quoi être fière.
Elle avait échoué dans le simple fait de se faire aider.
Les mots se coincèrent.
Ses mains commencèrent à frémir légèrement.
Lentement, elle posa son violoncelle au sol à côté du canapé.
Elle s'enfonça un peu plus et tritura une mèche de ses cheveux.
Quoi dire ? Que faire ?
Rien ne venait.
- Je...
Les larmes arrivèrent enfin.
Celles qui exprimaient sa lâcheté, sa culpabilité et ses gamineries. Elle laissa ses mains envelopper son visage.
Sur ce coup, elle n'avait pas fait preuve de sagesse.
Et elle le regrettait.
Pour les personnes qui l'avaient entourées.
Pour Mr Kyros.
Pour elle.
@Hyacinthe Kyros
@Cheryl Denis & @Eileen O'Brien pour la mention
La musique est la langue des émotions
Deuxième année RP - Deuxième année devoir
Deuxième année RP - Deuxième année devoir
La nouvelle corde à faire vibrer
Hyacinthe observa Zenaïda se replier peu à peu sur elle-même. Ses pensées prenaient presque une dimension physique, dans la façon dont son regard se troublait peu à peu, dont ses épaules se repliaient, tendues, malgré tous ses efforts pour rester droite. Le roux resta silencieux, non pas par hésitation, mais parce qu'il voulait laisser du temps à la jeune fille.
Puis les tremblements vinrent, et ses larmes, silencieuses tout d'abord, jusqu'à ce que Zenaïda ne cache son visage entre ses mains. Le violoncelle posé au sol, ce qu'il voyait semblait être révélateur d'un puissant épuisement émotionnel. Les émotions étaient difficiles à contenir, surtout lorsqu'elles étaient si intensément vécues. Hyacinthe lui laissa suffisamment d'espace pour qu'elle puisse respirer et prendre le temps sans trop ressentir sa présence. Il n'avait aucune envie de la brusquer avec des paroles trop pressantes ou des interprétations maladroites - peut-être pouvait-elle le contredire d'habitude, mais la sensibilité émotionnelle le rendait plus conscient de ce qu'il disait que d'habitude.
Le silence du bureau semblait important, à ce moment là. Hyacinthe jeta un regard aux mouchoirs, puis se redressa lentement contre le dossier du canapé.
- Prenez votre temps, dit-il sans empressement.
Puis, après de longues secondes, jusqu'à ce qu'il remarque un quelconque signe chez Zenaïda, il reprit :
- Puis-je vous demander d'essayer de me regarder quelques secondes ?
Il n'y avait aucune autorité ni impatience dans la voix de Hyacinthe. Au contraire, il essayait de ramener la jeune Poufsouffle dans la pièce, avec lui, plutôt qu'en dehors du tourbillon de pensées qui semblait l'emporter. Il était pourtant difficile pour lui de deviner ce qui avait été le déclic. La prise de conscience des émotions vécues ? Le frère ? Le caractère temporaire que doit garder cette situation ?
- Voilà, c'est bien... Je vous remercie, Zenaïda. Comment est-ce que vous vous sentez ?
Un doux sourire orna le visage fin de Hyacinthe. Son esprit, quant à lui, tournait à plein régime : comment exprimer ce qu'il voulait dire de la façon la plus juste...
- Des... des fois, nous sentons que certaines douleurs peuvent être traversées seules... pas par volonté de mal faire, ni même par ignorance, commença le roux en fermant les yeux un instant. Sa main droite trouva le bas de son menton dans une pose réflexive. Non, je pense que c'est une façon de se donner du courage, car nous espérons sincèrement pouvoir tenir encore un peu face à ce que l'on ressent, pouvoir nous gérer sans devoir demander de l'aide.
Il inspira lentement avant de sourire doucement, ses yeux retrouvant Zenaïda très rapidement.
- Car demander de l'aide peut être vu comme un aveux de faiblesse, comme une ouverture sur une chose que l'on préférerait garder pour soi. C'est souvent difficile à faire, surtout lorsqu'on n'en a pas l'habitude. Si vous saviez le nombre de personnes qui ne le faisaient jamais ! C'est un long processus, qui demande à la fois le fait de gérer la situation qui nous pose problème et le simple fait de se reposer sur autrui. Et pourtant... c'est aussi souvent une bonne chose. Cela nous fait un bien fou, surtout après avoir contenu si longtemps.
Hyacinthe parlait en connaissance de cause. Il avait mit si longtemps à réaliser qu'il avait besoin d'une aide extérieure, et encore plus à s'autoriser à la demander... À présent que l'idée était plus facile à envisager, il regrettait un peu de ne pas l'avoir fait plus tôt. Pourtant, cela semblait être une voie sur laquelle chacun devait un jour s'engager. Avec plus ou moins de facilités, bien sûr, mais c'était une étape importante. S'autoriser à demander de l'aide.
Il ne chercha pas à aller plus loin pour le moment. Zenaïda avait déjà laissé sortir beaucoup de choses durant cette séance, et Hyacinthe le savait parfaitement. Il préféra donc lui laisser la possibilité de respirer un peu entre deux vagues d’émotions plutôt que d’enchaîner immédiatement avec de nouvelles questions. Le psychomage glissa alors doucement une main contre sa propre nuque avant de la reposer doucement contre sa cuisse.
Puis les tremblements vinrent, et ses larmes, silencieuses tout d'abord, jusqu'à ce que Zenaïda ne cache son visage entre ses mains. Le violoncelle posé au sol, ce qu'il voyait semblait être révélateur d'un puissant épuisement émotionnel. Les émotions étaient difficiles à contenir, surtout lorsqu'elles étaient si intensément vécues. Hyacinthe lui laissa suffisamment d'espace pour qu'elle puisse respirer et prendre le temps sans trop ressentir sa présence. Il n'avait aucune envie de la brusquer avec des paroles trop pressantes ou des interprétations maladroites - peut-être pouvait-elle le contredire d'habitude, mais la sensibilité émotionnelle le rendait plus conscient de ce qu'il disait que d'habitude.
Le silence du bureau semblait important, à ce moment là. Hyacinthe jeta un regard aux mouchoirs, puis se redressa lentement contre le dossier du canapé.
- Prenez votre temps, dit-il sans empressement.
Puis, après de longues secondes, jusqu'à ce qu'il remarque un quelconque signe chez Zenaïda, il reprit :
- Puis-je vous demander d'essayer de me regarder quelques secondes ?
Il n'y avait aucune autorité ni impatience dans la voix de Hyacinthe. Au contraire, il essayait de ramener la jeune Poufsouffle dans la pièce, avec lui, plutôt qu'en dehors du tourbillon de pensées qui semblait l'emporter. Il était pourtant difficile pour lui de deviner ce qui avait été le déclic. La prise de conscience des émotions vécues ? Le frère ? Le caractère temporaire que doit garder cette situation ?
- Voilà, c'est bien... Je vous remercie, Zenaïda. Comment est-ce que vous vous sentez ?
Un doux sourire orna le visage fin de Hyacinthe. Son esprit, quant à lui, tournait à plein régime : comment exprimer ce qu'il voulait dire de la façon la plus juste...
- Des... des fois, nous sentons que certaines douleurs peuvent être traversées seules... pas par volonté de mal faire, ni même par ignorance, commença le roux en fermant les yeux un instant. Sa main droite trouva le bas de son menton dans une pose réflexive. Non, je pense que c'est une façon de se donner du courage, car nous espérons sincèrement pouvoir tenir encore un peu face à ce que l'on ressent, pouvoir nous gérer sans devoir demander de l'aide.
Il inspira lentement avant de sourire doucement, ses yeux retrouvant Zenaïda très rapidement.
- Car demander de l'aide peut être vu comme un aveux de faiblesse, comme une ouverture sur une chose que l'on préférerait garder pour soi. C'est souvent difficile à faire, surtout lorsqu'on n'en a pas l'habitude. Si vous saviez le nombre de personnes qui ne le faisaient jamais ! C'est un long processus, qui demande à la fois le fait de gérer la situation qui nous pose problème et le simple fait de se reposer sur autrui. Et pourtant... c'est aussi souvent une bonne chose. Cela nous fait un bien fou, surtout après avoir contenu si longtemps.
Hyacinthe parlait en connaissance de cause. Il avait mit si longtemps à réaliser qu'il avait besoin d'une aide extérieure, et encore plus à s'autoriser à la demander... À présent que l'idée était plus facile à envisager, il regrettait un peu de ne pas l'avoir fait plus tôt. Pourtant, cela semblait être une voie sur laquelle chacun devait un jour s'engager. Avec plus ou moins de facilités, bien sûr, mais c'était une étape importante. S'autoriser à demander de l'aide.
Il ne chercha pas à aller plus loin pour le moment. Zenaïda avait déjà laissé sortir beaucoup de choses durant cette séance, et Hyacinthe le savait parfaitement. Il préféra donc lui laisser la possibilité de respirer un peu entre deux vagues d’émotions plutôt que d’enchaîner immédiatement avec de nouvelles questions. Le psychomage glissa alors doucement une main contre sa propre nuque avant de la reposer doucement contre sa cuisse.
675 - @Zenaïda Carter
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
La nouvelle corde à faire vibrer
Zenaïda avait l'impression de défaillir.
Elle se sentait faible et surtout, lâche. Elle qui voulait à tout prix que ses frères puissent la voir comme une grande mais voilà qu'elle se comportait comme une gamine. Elle n'était rien de plus, rien de moins.
La voix de Mr Kyros semblait si loin. Elle entendit vaguement sa voix qui lui demander de lever les yeux vers lui.
Elle avait trop honte pour lever ne serait-ce qu'un oeil sur lui. Elle se sentait coupable. Elle ne voulait pas voir le visage de l'adulte mais elle savait que c'était impoli de faire ça. Lentement, elle leva son visage et baissa ses mains sur ses cuisses.
Zenaïda avait envie de cacher à nouveau son visage dans ses mains. De disparaître derrière elles. Pourtant, elle regardait maladroitement le psychomage sans arriver à prononcer un mot de plus.
Elle ne savait pas comment elle se sentait.
Vide.
Égoïste.
Pourrie gâtée.
Une enfant qui pensait grandir mais qui au final, ne mûrit pas.
Coupable.
C'était tout ce qu'elle ressentait au fond d'elle.
Mais elle se garda bien de le dire. Le formuler à haute voix marquerait cette vérité qu'elle ne voulait pas s'entendre dire. Pourquoi n'était-elle pas née muette ? Au moins, elle n'aurait jamais eu à chercher des mots pour s'exprimer. Elle n'aurait jamais eu envie de fuir une conversation. Elle aurait juste eu la musique et cela lui aurait suffi.
Seulement, la vie en avait décidé autrement. Et la Poufsouffle commençait à se demander ce qu'il adviendrait d'elle dans quelques minutes. Elle ne s'était jamais autant exprimer sur elle et ses émotions avec autant de mots. Elle n'arrivait plus à parler ; c'était trop dur. Elle avait trop mal et surtout, elle ne se sentait pas dans son élément. Tout devenait étouffant. Bien trop étroit.
Et puis, l'adulte parla sur la façon dont parfois, certaines douleurs peuvent être traversées seules.
La jaune et noire s'immobilisa. Est-ce que c'était ça qu'elle avait voulu ? Régler ça toute seule pour se donner du courage ? Fuir toute l'aide possible juste pour ne pas faire de mal ? Elle avait fait du mal à une personne : elle-même. Elle avait fini par avoir mal de son comportement et pour une fille de médicomage, c'était tout simplement... De l'inconscience.
Elle savait que demander de l'aide n'était pas une faiblesse ! Jamais elle n'avait eu cette pensée ! Elle n'avait juste pas l'habitude d'autant travailler son coeur. Elle se sentait le malmener et la preuve : elle commençait à se sentir de trop. Elle n'aimait pas parler de choses sur comment elle agit ou comment elle exprime ses émotions.
La deuxième année baissa les yeux, silencieuse.
Elle essayait de trouver les mots mais rien ne venait.
Elle tenta de répondre au sorcier mais aucun son ne sortait de sa bouche.
Elle voulut dire quelque chose mais elle n'y arrivait pas.
Elle se sentait bloquée.
Vidée.
Dépouillée de tout bon sens.
Elle n'aimait pas toute cette agitation dans son coeur.
Elle n'aimait pas toute cette introspection qu'elle ne savait pas gérer.
Pourquoi elle ne pouvait pas s'enfuir à toutes jambes et se plonger dans ses partitions, loin de toute civilisation ?
Oh qu'elle voulait courrir et partir loin !
Seulement, elle ne pouvait pas quitter cet endroit. Pas maintenant.
Alors, la jeune fille lança un simple regard vers son violoncelle. Puis un regard vers le sorcier. Puis vers ses mains serrées l'une contre l'autre.
Elle ouvrit la bouche pour la millième fois.
Toujours rien.
Le vide, à nouveau.
Et les larmes roulèrent encore le long de ses joues.
En silence.
Pourquoi n'arrivait-elle pas à dire ne serait-ce qu'un seul mot ? Rien qu'une parole ?
Pouquoi était-ce si compliqué pour elle ?
Pourquoi se sentait-elle oppressée ?
Seules les larmes furent sa réponse.
@Hyacinthe Kyros désolée du retard !
Elle se sentait faible et surtout, lâche. Elle qui voulait à tout prix que ses frères puissent la voir comme une grande mais voilà qu'elle se comportait comme une gamine. Elle n'était rien de plus, rien de moins.
La voix de Mr Kyros semblait si loin. Elle entendit vaguement sa voix qui lui demander de lever les yeux vers lui.
Elle avait trop honte pour lever ne serait-ce qu'un oeil sur lui. Elle se sentait coupable. Elle ne voulait pas voir le visage de l'adulte mais elle savait que c'était impoli de faire ça. Lentement, elle leva son visage et baissa ses mains sur ses cuisses.
Zenaïda avait envie de cacher à nouveau son visage dans ses mains. De disparaître derrière elles. Pourtant, elle regardait maladroitement le psychomage sans arriver à prononcer un mot de plus.
Elle ne savait pas comment elle se sentait.
Vide.
Égoïste.
Pourrie gâtée.
Une enfant qui pensait grandir mais qui au final, ne mûrit pas.
Coupable.
C'était tout ce qu'elle ressentait au fond d'elle.
Mais elle se garda bien de le dire. Le formuler à haute voix marquerait cette vérité qu'elle ne voulait pas s'entendre dire. Pourquoi n'était-elle pas née muette ? Au moins, elle n'aurait jamais eu à chercher des mots pour s'exprimer. Elle n'aurait jamais eu envie de fuir une conversation. Elle aurait juste eu la musique et cela lui aurait suffi.
Seulement, la vie en avait décidé autrement. Et la Poufsouffle commençait à se demander ce qu'il adviendrait d'elle dans quelques minutes. Elle ne s'était jamais autant exprimer sur elle et ses émotions avec autant de mots. Elle n'arrivait plus à parler ; c'était trop dur. Elle avait trop mal et surtout, elle ne se sentait pas dans son élément. Tout devenait étouffant. Bien trop étroit.
Et puis, l'adulte parla sur la façon dont parfois, certaines douleurs peuvent être traversées seules.
La jaune et noire s'immobilisa. Est-ce que c'était ça qu'elle avait voulu ? Régler ça toute seule pour se donner du courage ? Fuir toute l'aide possible juste pour ne pas faire de mal ? Elle avait fait du mal à une personne : elle-même. Elle avait fini par avoir mal de son comportement et pour une fille de médicomage, c'était tout simplement... De l'inconscience.
Elle savait que demander de l'aide n'était pas une faiblesse ! Jamais elle n'avait eu cette pensée ! Elle n'avait juste pas l'habitude d'autant travailler son coeur. Elle se sentait le malmener et la preuve : elle commençait à se sentir de trop. Elle n'aimait pas parler de choses sur comment elle agit ou comment elle exprime ses émotions.
La deuxième année baissa les yeux, silencieuse.
Elle essayait de trouver les mots mais rien ne venait.
Elle tenta de répondre au sorcier mais aucun son ne sortait de sa bouche.
Elle voulut dire quelque chose mais elle n'y arrivait pas.
Elle se sentait bloquée.
Vidée.
Dépouillée de tout bon sens.
Elle n'aimait pas toute cette agitation dans son coeur.
Elle n'aimait pas toute cette introspection qu'elle ne savait pas gérer.
Pourquoi elle ne pouvait pas s'enfuir à toutes jambes et se plonger dans ses partitions, loin de toute civilisation ?
Oh qu'elle voulait courrir et partir loin !
Seulement, elle ne pouvait pas quitter cet endroit. Pas maintenant.
Alors, la jeune fille lança un simple regard vers son violoncelle. Puis un regard vers le sorcier. Puis vers ses mains serrées l'une contre l'autre.
Elle ouvrit la bouche pour la millième fois.
Toujours rien.
Le vide, à nouveau.
Et les larmes roulèrent encore le long de ses joues.
En silence.
Pourquoi n'arrivait-elle pas à dire ne serait-ce qu'un seul mot ? Rien qu'une parole ?
Pouquoi était-ce si compliqué pour elle ?
Pourquoi se sentait-elle oppressée ?
Seules les larmes furent sa réponse.
@Hyacinthe Kyros désolée du retard !
La musique est la langue des émotions
Deuxième année RP - Deuxième année devoir
Deuxième année RP - Deuxième année devoir
La nouvelle corde à faire vibrer
Le silence installé, Hyacinthe observa sa jeune patiente relever le visage avec difficulté, puis soutenir son regard quelques secondes avant que ses yeux ne craquent à nouveau. Il était plus simple, bien sûr, de regarder son violoncelle, ses mains ou bien le tapis que d'affronter le regard de la personne qui était en face d'elle. Peu importe la sympathie que pouvait afficher Hyacinthe : il restait une personne conscience apte à juger celle qui affichait ses émotions, ses peurs et ses faiblesses.
Zenaïda sembla également tenter de reprendre la parole à plusieurs reprises, et Hyacinthe sentit son cœur se serrer face aux tentatives échouées. L'ouverture de sa bouche, ses lèvres semblant former un début de mot, puis rien. Seul le silence revenait, toujours plus lourd sur les épaules de la jeune Poufsouffle.
Tenter d'inférer sur le contenu des son esprit ne servirait à rien, et à vrai dire, le roux pouvait facilement imaginer que quelque chose l'empêchait de poursuivre, que ce soit l'émotion ou non. Il existait mille raisons différentes de rester muet dans cette situation, et lui prêter des pensées que Zenaïda n'avait pas formulées aurait été comme lui retirer une partie de sa voix. Alors il attendit simplement, réfléchissant à une autre approche, avec la patience d'un adulte qui connaissait intimement ce genre de situation. Voir quelqu'un souffrir ne laissait pas le trentenaire indifférent, mais l'expérience lui avait appris que la précipitation réconfortait rarement. Au contraire, elle brusquait souvent, elle pouvait être mal accueillie.
Puis, après quelques secondes, Hyacinthe se pencha légèrement en avant en laissant naturellement ses avant-bras reposer sur ses cuisses. Le mouvement était discret, davantage destiné à lui signifier sa présence qu'à réduire véritablement la distance entre eux. Une part de lui eut furtivement l'envie de lui tapoter l'épaule, comme il avait déjà vu certains collègues le faire avec une grande aisance. Mais il n'en fit rien - ce n'était pas un geste qui lui ressemblait. Non, Hyacinthe préférait offrir une présence sincère plutôt qu'un réconfort mécanique qui le tendrait plus qu'autre chose.
- C'est bon, souffla-t-il finalement d'une voix feutrée. Vous n'avez pas besoin de vous forcer. Il respira profondément plusieurs fois d'affilé, tant pour laisser un moment passer que pour tenter de calmer Zenaïda. Ses yeux glissèrent sur la table basse avant de remonter vers le visage de la jeune fille. Si, pour l'instant, il n'y a pas de mots... alors il n'y a pas de mots, et ce n'est pas grave.
Hyacinthe resta dans cette posture légèrement inclinée vers elle. Rien dans son attitude ne suggérait une attente ou une impatience, lui qui était prêt à rester ainsi aussi longtemps que leur séance le permettrait.
- Cette discussion peut être éprouvante, et si à un moment vous sentez que c'est trop... vous avez le droit de me le faire savoir. Nous pouvons ralentir, changer de sujet, faire une pause... Ce temps vous appartient autant qu'à moi.
Ces paroles n'étaient pas seulement une liste de possibilités, mais aussi et surtout une véritable permission. C'était important, de rappeler ça à Zenaïda. Il ne fallait pas qu'elle sombre trop profondément dans son cœur et oublie ses différentes options. Elle avait le contrôle sur ce qui se passait dans son bureau, et Hyacinthe ne pouvait rien faire d'autre qu'être présent, attentif à la respiration encore irrégulière de la Poufsouffle. Il devait être prêt à s'adapter au moindre signe qu'elle pourrait lui passer.
Zenaïda sembla également tenter de reprendre la parole à plusieurs reprises, et Hyacinthe sentit son cœur se serrer face aux tentatives échouées. L'ouverture de sa bouche, ses lèvres semblant former un début de mot, puis rien. Seul le silence revenait, toujours plus lourd sur les épaules de la jeune Poufsouffle.
Tenter d'inférer sur le contenu des son esprit ne servirait à rien, et à vrai dire, le roux pouvait facilement imaginer que quelque chose l'empêchait de poursuivre, que ce soit l'émotion ou non. Il existait mille raisons différentes de rester muet dans cette situation, et lui prêter des pensées que Zenaïda n'avait pas formulées aurait été comme lui retirer une partie de sa voix. Alors il attendit simplement, réfléchissant à une autre approche, avec la patience d'un adulte qui connaissait intimement ce genre de situation. Voir quelqu'un souffrir ne laissait pas le trentenaire indifférent, mais l'expérience lui avait appris que la précipitation réconfortait rarement. Au contraire, elle brusquait souvent, elle pouvait être mal accueillie.
Puis, après quelques secondes, Hyacinthe se pencha légèrement en avant en laissant naturellement ses avant-bras reposer sur ses cuisses. Le mouvement était discret, davantage destiné à lui signifier sa présence qu'à réduire véritablement la distance entre eux. Une part de lui eut furtivement l'envie de lui tapoter l'épaule, comme il avait déjà vu certains collègues le faire avec une grande aisance. Mais il n'en fit rien - ce n'était pas un geste qui lui ressemblait. Non, Hyacinthe préférait offrir une présence sincère plutôt qu'un réconfort mécanique qui le tendrait plus qu'autre chose.
- C'est bon, souffla-t-il finalement d'une voix feutrée. Vous n'avez pas besoin de vous forcer. Il respira profondément plusieurs fois d'affilé, tant pour laisser un moment passer que pour tenter de calmer Zenaïda. Ses yeux glissèrent sur la table basse avant de remonter vers le visage de la jeune fille. Si, pour l'instant, il n'y a pas de mots... alors il n'y a pas de mots, et ce n'est pas grave.
Hyacinthe resta dans cette posture légèrement inclinée vers elle. Rien dans son attitude ne suggérait une attente ou une impatience, lui qui était prêt à rester ainsi aussi longtemps que leur séance le permettrait.
- Cette discussion peut être éprouvante, et si à un moment vous sentez que c'est trop... vous avez le droit de me le faire savoir. Nous pouvons ralentir, changer de sujet, faire une pause... Ce temps vous appartient autant qu'à moi.
Ces paroles n'étaient pas seulement une liste de possibilités, mais aussi et surtout une véritable permission. C'était important, de rappeler ça à Zenaïda. Il ne fallait pas qu'elle sombre trop profondément dans son cœur et oublie ses différentes options. Elle avait le contrôle sur ce qui se passait dans son bureau, et Hyacinthe ne pouvait rien faire d'autre qu'être présent, attentif à la respiration encore irrégulière de la Poufsouffle. Il devait être prêt à s'adapter au moindre signe qu'elle pourrait lui passer.
566 - @Zenaïda Carter
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c