2 mai 2026, 19:01
 Wick, Ecosse  Et si la fin n'était qu'un début ?  PV Alyona Farrow 
Ce RP fait suite à celui-ci

27 décembre 2049
Quelque part le matin


Les pas chassent l’eau cimentant le sable. Leurs pieds pourraient laisser croire qu’elles assèchent le sol mais dès qu’elles sont plus loin, le liquide reprend ses droits. C’est toujours la même histoire avec l’océan, il vous laisse passer mais ne pensez pas être plus fortes que lui. C’est un géant qui vous protège, et encore, dirons-nous plutôt qu’il vous tolère tant vous êtes insignifiant.

Ivanovna vient souvent ici, elle a ses habitudes et ses… commodités. Une petite bicoque invisible aux moldus, un endroit où elle peut laisser en tout sérénité ses affaires, vêtements, serviette… c’est là qu’elles se sont changées. Vana porte une combinaison noire à l’aspect écaillé. Cela donne un effet de lumière en forme de vaguelettes sur du sombre, il faut le reconnaître, si la couleur était autre, on verrait une sirène à rendre les hommes fous d'amour. Surtout qu’à la plage, il lui est impossible de cacher ses seins. Ce n’est pas Alyona qui y verra quelque chose de… mais enfin… pourquoi les hommes délirent-ils à ce point sur eux ? Ses petits pieds sont maquillés de noir sur les ongles, une vraie panthère à la crinière de lionne.
Dans ces conditions météorologiques, les cheveux des jeunes sorcières volent dans tous les sens, encore plus avant d’être allées se baigner. L'eau sera froide mais sa tenue l’en protège. Et puis, en fait, la baignade n’est dans l’esprit d’Ivanovna qu’un prétexte permettant de prolonger encore le plaisir de partager ce temps avec Aly. Hortensia… Elle a choisi cette fleur pour se rappeler combien la cuisine de sa grand-mère était ancrée dans cette terre écossaise si proche de la mer. L’arrière goût encore présent, plus dans son coeur qu’au palais permet à Vana d’imaginer que tout n’est qu’une continuité infinie, la forêt, l’ancêtre, l’autre ancêtre, le dîner, la plage, à jamais ensemble. Les gens qui se connaissent depuis longtemps n’ont pas toujours besoin de mots pour peupler les silences. En fait, les silences sont l’agent actif le plus puissant, la démonstration qu’entre deux entités il n’existe plus le moindre espace vide. Pas même une fusion, il faudrait un mot mais elle ne le trouve pas. Et ne veut pas esquiver en cherchant dans les sciences un palliatif. Saoule de ces jours, ivre mais sans les effets. La mer, qui avance à cette heure, réduisant peu à peu la plage mais générant des vagues puissantes. La mer à l’écume bourgeonnante. Si le sable côté terre n’était pas aussi sec, à renvoyer des grains de lui qui finissent par piquer le visage, tout serait parfait.

- Je m’imagine ici dans quelques années avec mes enfants, à leur apprendre la mer comme on me l’a apprise. Je ne me souviens d’aucune leçon, j’étais si petite. C’est ma grand-mère qui m’a raconté. Mère nous plongeait dans l’eau dès que nous savions marcher. Nous venions souvent même si l’été nous étions en Russie L’océan est moins froid qu’un immense lac sibérien. Enfin disons que… comme il faut bouger pour qu’il ne t’emporte pas…

Vana se souvient bien d’une conversation autour de ça, nager...surnager…

- Notre vie était simple, et joyeuse.

Elle perçoit une force issue des profondeurs du sol, comme une énergie vitale, la sève de la terre. Rien n‘a besoin d’être modifié en cet instant. C’est le paradis perdu, retrouvé. Tout son passé de Wick en ces minutes.
Les cheveux d’Aly sont un peu plus organisés. Malgré le vent, ils lui donnent des airs de prêtresse millénaire, autre force tellurique. Aly ne le sait pas mais elle renferme en elle la puissance de vie des grandes sorcières. Cela, Vana ne peut le concevoir. Cet état les dépasse. Par moments tout s’équilibre et c’est alors seulement que les forces se lisent, apparaissent. L’instant est rare, Ivanovna le sent, qui ferme les yeux pour mieux en sentir l’importance, s’en imprégner.

- Et c’est encore le cas.

...Grâce à toi, pense-t-elle sans oser le dire. Vana a beaucoup parlé, donné. Un trop-plein, qu’elle ne regrette en rien mais il ne faudrait pas réduire ces heures à une seule personne. Cet amour aux formes difficiles à définir, elle le ressent dans ses viscères. Si la vie lui enlève Aly… non, ne même pas y penser. Rester là, prendre la main de son amie, la main, pas que le bras mais la main. Comment peut-on nommer le mariage entre deux sœurs de coeur ? Il faudrait un nom, il faudrait étendre nos vocabulaires pour qu’enfin les nuances puissent trouver expression. Il est des alliances impossibles à nommer. Hommes de droit comme alchimistes perdent tous leurs cheveux à inventer des mots. Fusion, fédération, combinaison. Rien ne va, rien ne convient. Compagnon, camarade semblent plus efficaces et pourtant tellement faibles. Il faudrait vraiment plus, qui traduise l’intensité des choses. Les mots ne sont rien face aux actes.

13 juin 2026, 17:42
 Wick, Ecosse  Et si la fin n'était qu'un début ?  PV Alyona Farrow 
27 DÉCEMBRE 2049, MATIN
WICK, ÉCOSSE,

Alyona, 20 ans,


Nous remontons le long des côtes le fil de notre vie. Les pierres sont comme des boutons qui recouvrent les souvenirs ; lorsque vous en détachez une, elle révèle un creux à l'abri des tempêtes et du temps, que l'éclat du soleil en frôlant réveille. Me reviennent ainsi les balades près des côtes anglaises de l'Institut, les cavités où il m'est arrivé de discuter à l'abri du vent et du bruit des vagues, ou encore l'embrun de la mer qui entre par les fenêtres de l'école quand celles-ci sont ouvertes. L'écume et le sable forment un voile qui nous habille d'histoires. Lorsque l'aiguille traverse nos pommettes et court sur nos chevilles nues ; c'est le vent qui nous pique et nous façonne au fil de l'eau. L'azur nous est une cape contre laquelle l'hiver ne peut rien.

Vêtue d'une inhabituelle robe de bain au tissu moulant mais pas inconfortable, je savoure l'humidité du sable sous la plante de mes pieds, et la force du vent qui déroge mes cheveux à la règle du paraître exemplaire et soigné. Plus la vie m'emporte, moins je m'accroche à l'élégance dont on m'a vanté l'importance et les mérites ; je deviens fille formée dans la boue, femme à la coiffure simple, botaniste aux paumes calleuses ; et cela me plaît. Près de Vana, plus encore, je me sens devenir moi-même. Alors tout le reste, toutes les incertitudes, les formalités, les responsabilités pesantes, plus rien n'a d'importance. Nous sommes protégées par l'armure fine et pourtant solide de l'embrun.

Mon regard flotte, détaché, satisfait. Désormais, lorsque je regarde la mer, j'y vois de moins en moins une ennemie, une menace. Elle m'accompagne dans mon parcours, de l'Écosse à l'Angleterre, toujours à mes côtés, toujours à l'orée de mes sens. J'apprends doucement à en dompter les flots, ou plutôt principalement à les accepter, à m'y retrouver entourée mais pas démunie. Bien sûr, un malaise persiste, ma méfiance est tenace et ma crainte non moins existante, mais elle se dissout, se dilue, et comme ces déchets moldus qui flottent entre les vagues, elle finira sûrement par disparaître. J'ai confiance. Depuis combien de temps n'ai-je pas tourné mes yeux vers l'avenir avec cette sérénité tellement fortifiante et réconfortante ? C'est l'effet Vana, pensé-je, accompagnant l'idée d'un sourire.

La main de mon amie trouve la mienne tandis que les échos de ses paroles dessinent des tableaux sur la tapisserie de mes réflexions. J'y vois quelques vagues, peut-être est-ce la même plage ou peut-être en est-ce une autre, et la sœur qui est désormais la mienne avec des enfants à ses côtés, rayonnants. Un jour, sa petite maison de Wick débordera de rires et de pas précipités, de yeux pétillants et de petites mains aventureuses, et même Fleur s'y plaira quand le passé renaîtra de ses cendres sous la forme d'un avenir plein de promesses.

« Et demain, elle le sera aussi », annoncé-je avec certitude.

Je lis dans les rides de la mer le bonheur à venir.

Nous avons tant parlé du passé ces derniers jours, Vana, nous en avons reparcouru les rives, allant parfois jusqu'à sentir la force de ses houles sur notre cœur tonnant. C'était aussi doux qu'éprouvant, et j'ai l'impression que si nous avons retraversé ces déserts où nous pensions que plus rien ne pouvait pousser, c'est justement pour rebâtir sur ces ruines, pour transformer la terre sèche en oasis, pour planter entre les fissures des arbres qui deviendront immenses, qui recouvriront le sol et couvriront le ciel, et près desquels nous pourrons nous poser, nous allonger, ou nous abriter dans l'ombre de leur cime. Le présent que nous avons est en train de guérir, et les lumières y coulent comme des veines d'or.

« Et tu leur raconteras aussi cette période, les promenades entre deux révisions, et les différences entre ces côtes et celles de l'Institut, le calme de celles-ci, et la fraîcheur des vagues... Tu leur parleras d'aujourd'hui comme on parle d'hier, en sachant que tout était différent... »

Une part de moi aimerait déjà y être, comme une curiosité qui voudrait dès maintenant goûter à la vie promise. Pourtant, je sais aussi me satisfaire de ces minutes lentes et agréables, où l'avenir ressemble à un rêve que rien n'a altéré, et qu'on peut dessiner comme on le voudrait.

#466962Botaniste au Jardin de Draíocht
baisse de présence jusque fin juillet

22 juin 2026, 22:11
 Wick, Ecosse  Et si la fin n'était qu'un début ?  PV Alyona Farrow 
La plage, ses étendues infinies de sable fin pénétrant les interstices de nos membres même quand il est humide, constitue pour Ivanovna un terrain éternellement merveilleux. C’est ici qu’elle a appris à en aimer la simplicité. Territoire délimitant deux réalités, lieu du passé comme de l’avenir, elle a forgé la sorcière, au temps de la petite enfance mais pas uniquement. En Sibérie, une plage fut son premier retour dans le monde des humains. Une autre fut celle de la fuite effrénée vers sa liberté, de là on gagne sa vie ou alors elle nous quitte.

Les premiers mots d’Aly, elle ne les comprend d’abord pas. Sans doute ne les écoute-t-elle qu’à moitié, pas aussi finement qu’elle devrait. Car, chacune à leur manière, les deux sœurs avancent dans un monde parallèle, entre méditation et fuite vers une réalité permettant la rêverie. Et puis… Vana revient sur terre avec les derniers mots d’Aly. Hier tout était différent. Tellement vrai, tellement cruel. Aujourd’hui, son océan est calme, non pas la pétole comme le craignent les navigateurs moldus. Juste une brise permettant d’avancer sans le moindre risque. Pour un peu, elles entendraient le chant des baleines, les vraies déesses de cette immensité liquide. Dans son esprit, l’image de Circéia se superpose avec celle d’Alyona. Etrange, involontaire et presque douloureux. Car aucune n’est exactement l’autre et il ne faudrait pas faire peser sur les épaules d’Aly la folie de l’aînée. Si Ivanovna reconnaît aisément qu’Aly est bien sa sœur, elle est une autre et pas une substitution magique de celle qui portait la robe verte, gardée par la cadette comme une précieuse relique. Vana se rend compte qu’elle ne connaît pas si bien que cela Alyona Farrow. Elles ont pensé études, amitié, soutien et découverte insouciante des tréfonds de l’Institut. Mais Aly. Son Aly… demeure un mystère. Plutôt plusieurs d’ailleurs mais à bien y réfléchir c’est un bienfait. Elle n’aura pas trop d’une vie pour découvrir ce qui se cache dans ce corps apparemment fragile. Elle s’arrête un instant, regarde Alyona dans les yeux, sans rien ajouter. Ni vraiment chercher. Sans même contempler. En ces instants de la vie, on sent le vrai. Le pur. On éprouve un intense sentiment, vivre, sans plus attendre ni espérer. Juste des animaux pensants que les instincts guident et conduisent non pas seulement au hasard mais sur une destinée que seuls les astres et les centaures sauraient interpréter. Qui pourra prétendre qu’il est nécessaire de prononcer un serment inviolable pour que des liens se créent. Récurrente sensation, qu’elle éprouve sans doute pour la première fois, et qui la traversera souvent dans la suite de son existence. « J’ai une sœur. Elle n’est pas à moi, bien évidemment mais pourtant j’ai une sœur. Comprenez-vous ? »…

- A moins que ce soit à moi de comprendre…

Ivanovna verbalise une pensée à elle seule destinée. Bien sûr, Alyona ne peut en saisir le sens. En elle, ces mots réveillent Vana qui sent à nouveau le sable entre ses pieds.

-... je leur dirai que jamais les choses ne demeurent immobiles. Nos vies sont un mouvement perpétuel. Et c’est quand on s’arrête pour en prendre la mesure qu’on en perçoit le rythme.

Le mot juste serait pulsion. Mais elle n’y pense pas en ces termes. Pas en cet instant. Ivanovna est porteuse viscérale de ce pouvoir magique. Donner la vie. Pas la seule graine posée ici ou là. La terre, nourricière, celle qui met des saisons entières pour faire pousser le blé. Ces idées-là ne sont encore qu’embryonnaires même si elles déterminent son combat juridique. Le nom n’est qu’une étape. Son prologue. Pour bien faire elle devrait aborder ces questions avec Alyona. Mais l’on défriche ces sujets à l’âge des idioties, action ou vérité… Elles ne sont plus adolescentes. Il faudra du temps, une… opportunité pour qu’elles en parlent.

- La plage, tu vois, je me dis qu’ici on vit le plus beau paradoxe. La mer est stoppée net. Et pourtant elle s’agite. Cette idée me fascine. La lutte des éléments…

Divination, Arithmancie, Astronomie… tant de matières dont elle a délaissé l’étude. Ou qu’elle a juste été dans l’incapacité de travailler… Et qui lui manquent aujourd’hui, fruit poussé en dehors du verger théorique de la vie. Voilà le prix à payer quand on a vécu en dehors de l’école et de ses prodigalités. Une pierre brute, que son enveloppe élégante maquille à grand peine.

- Aujourd’hui est un jour simple.

3 juil. 2026, 18:43
 Wick, Ecosse  Et si la fin n'était qu'un début ?  PV Alyona Farrow 
C'est lors de ces moments lents et sereins que je me sens le mieux. La mer est aussi calme que mon cœur, et les vagues qui viennent poser sur le littoral la marque de leur écume sont dépourvues de toute hostilité. Rien n'est amer, rien n'est épineux. Tout est semblable à la lente et régulière respiration d'un enfant endormi après une journée éreintante ; on l'observe du coin de l'œil avec un sourire, attendrie et comblée : c'est pour ces instants essentiels qu'on trouve la force de traverser les tempêtes. Un visage endormi, heureux... Méditer est chose aisée dans ces conditions ; il suffit de tourner son œil vers l'intérieur de soi, la pupille pleine de ces merveilles sereines, et les paysages qui se construisent alors dans l'esprit apaisé rivalisent avec la quiétude d'un plateau écossais. Le vent pourrait y passer, il n'y changerait rien. Tout est calme, tout est beau, tout est agréable. Que rien ne s'altère... Que le passé acerbe s'éloigne, et que le futur se fasse petit dans son antre de mystère. Que rien ne change, oui, que rien ne change.

Les paroles de mon amie me traversent sans me troubler, même cette réflexion dont je ne peux pas deviner les fondements et qu'elle arrache à ses pensées. Côte à côte, nous marchons dans la même direction, presque entremêlées, et pourtant nous suivons des fils différents, et pourtant nous n'avons pas besoin de chercher à comprendre l'autre... C'est simple, c'est évident.

Peut-être sommes-nous en quelque sorte en train de prendre la mesure de nos vies, comme Ivanovna le suggère. Quelles conclusions pouvons-nous en tirer ? Qu'en gardons-nous pour la suite ? Il est difficile de trouver un compromis entre l'observation minutieuse et réfléchie et le point tranchant, froid, qui veut rédiger des conclusions et chercher des pistes d'amélioration. Prendre la mesure... Est-ce que cela demande de vouloir changer ce qu'on découvre ? Je n'en suis pas bien sûre. Si on se plaît dans la vie menée, dans l'instant qui ondule, même en ayant conscience des imperfections, des soucis et des faiblesses, pourquoi chercher à transformer ? Si je devais faire le point... Je ne changerais rien. J'ai confiance dans le mouvement initié.

Marcher m'encourage à planter mes songes entre deux tas de sable. Je sème mes envies sans en faire de promesses.

« J'aimerais bien m'éloigner de Godric's Hollow après l'Institut... Et peut-être revenir ici, en Écosse. Ou m'installer en Irlande... Trouver un coin de terre à moi, près des grandes plaines... »

Il n'y a aucun lien entre mes dires et ceux de Vana. Je suis le courant de mes pensées, énonçant à voix haute ce qui passe, partageant, confiant. S'installer... Trouver un coin à soi... J'ai bon espoir.

La présence d'Ivanovna est rassurante. Après les jours que nous avons traversés, je me sens véritablement liée à elle ; je pourrais même confier ne m'être jamais sentie aussi proche de quelqu'un. Les portes de ma forteresse s'ouvrent sans grincement. Peut-être que mon amie ne s'en rend pas compte. Le littoral écossais se superpose à celui de mes pensées, qui flotte à ma hauteur. Une de mes mains glisse dans l'eau pour en effleurer les idées.

« Je pense que j'essaierai aussi de me remettre aux sortilèges et aux duels. J'aimerais bien réussir à obtenir un Patronus corporel. Je n'en suis pas loin... »

Et dans le silence, je savoure, m'étonne, me redécouvre. Les vagues ont-elles toujours été aussi éclatantes ? Je ne les avais jamais observées de cette manière. Elles roulent, majestueuses, écrasant les angoisses. Et enfin, je trouve le mot qui me manquait, comme si elles le murmuraient à mon oreille : il règne ici et dans mon cœur une harmonie sans pareille, et j'ai envie de croire qu'elles existent l'une grâce à l'autre. La mer, la plage, les vagues, le bleu, Vana... Et moi.

« Tu as raison, reconnus-je soudainement, la plage est un beau paradoxe. Et on s'y sent bien... On y reviendra, c'est sûr », conclus-je avec un sourire ravi, qui déjà se projette et trace l'avenir sur le sable.

#466962Botaniste au Jardin de Draíocht
baisse de présence jusque fin juillet

hier, 10:33
 Wick, Ecosse  Et si la fin n'était qu'un début ?  PV Alyona Farrow 
Les rêves d’Alyona nourrissent les pensées de Vana. Des bonheurs simples, grandir, en soi et en magie. Se réaliser comme disent les grandes personnes ou les conseillers d’orientation. Ou ce qui en tient lieu. Ivanovna se rappelle tout d’un coup le mal fou qui a été le sien quand il s’est agi d’apprendre à faire sortir de sa baguette un patronus. Que de mois passés à s’y essayer, vainement. Et puis… en fait, elle y est parvenue par une volonté peu commune. La même qui la mène pas à pas à la réussite de ses études supérieures. Au début, elle était déçue de voir sortir un être si petit, quasiment misérable… Circéia avait l’ours, elle une libellule. Mais elle a vite compris que justement, c’était leur différence, matérialisée en une seule cause. L’aînée était petite, l’ours la protégeait, sous-espèce sibérienne… A elle le fléau des marécages, ennemi juré des midges et autres moustiques de la toundra. Et puis, quatre ailes en moins d’un gramme, un miracle même pour la magie. Si Vana avait pu choisir c'eut été l’écureuil mais notre coeur décide pour nous. A ce sujet… Alyona duelliste ? Une idée qui a le don de scier en deux Vana. Rien dans les attitudes connues de son amie ne laisse transpirer ce genre… d’appétences. D’où cela peut-il bien sortir ? Dans sa branche paternelle, la famille d’Ivanovna a des influences, une prédisposition mais Alyona… Elles n’en n’ont jamais parlé, peut-être les Farrow ont-ils des talents cachés ? En ce cas Aly est une dissimulatrice hors pair et cela, Ivanovna ne peut le concevoir. Aurait-elle besoin de protection ? Se sent-elle menacée ? A moins… qu’un beau jeune sorcier ne soit un duelliste lui-même et que… mais là encore l’esprit créatif d’Ivanovna l’emmène sur des terrains fertiles question fantasmes mais la crédibilité de tout ça est friable…

- … te remettre aux duels ?

Elle n’en dit pas plus. La Sibérie lui a appris deux choses, elle serait douée dans ce genre de circonstances, combattre, se défendre et savoir se cacher… Mais l’autre chose qu’elle en a retenue, c’est un dégoût profond pour tout ça. La mort de Circéia a confirmé cette ligne de vie. S’il le fallait, elle mourrait pour protéger Alyona, c’est certain. En cela, l’instinct d’une mère, pour nocif qu’il puisse être, s’applique, faisant d’elle une grande sœur qui ne dit pas son nom. Mais choisir de combattre… Dans le même temps, elle ne rejette pas totalement cette... éventualité, comme si malgré son écoeurement, elle savait devoir peut-être un jour en avoir… l’usage. Cette contradiction provoque en elle une irritation qu’un sourcil marque nettement, haut qu’il est un instant dessus l‘oeil droit d’Ivanovna.

- Les patronus, c’est surtout une affaire de souvenir puissant. Un truc bon pour les ASPICs, dans la vie courante ce n’est pas utile. Enfin… c’est satisfaisant de réussir je te l’accorde.

Elle pourrait proposer à Alyona de l’aider mais ce serait inverser leurs relations. C’est toujours Vana qui est aidée, changer les habitudes semble maladroit. Inavnovna n’ose pas, sans doute parce qu’elle craint d’échouer, et aggraver les choses.

- Je sais que tu en es capable, il faut trouver dans ton coeur ton plus beau souvenir.

Alors elle hésite. Pourquoi ne pas en lancer un avec comme support Alyona et non plus Circéia ? Au fond d’elle, Vana sait combien Aly est sa matrice. Mais il ne faut pas. Ce serait insulter les morts. Respect. Respect des morts comme des vivants. Il faut savoir ne pas trop vouloir en montrer. C’est aussi cela devenir sage.

- Peut-être qu’il apparaîtra quand tu auras trouvé ta propre maison, ta propre destinée ? Je ne sais pas s’il faut toujours respecter un calendrier. Marcher à un an, parler à deux… Chacun a sa propre horloge…

Elle a beau jeu de prétendre cela, il est vrai qu’elle a le luxe de pouvoir prolonger les études. Sa propre horloge biologique ne semble pas avoir été enclenchée.

- Ou peut-être que tu l’as en toi sans l’avoir compris comme tel pour l’instant … ?!