G.E.A.D. : Gestion Expérimentale des Adultes Déraisonnables
Seth se plaisait énormément à la gestion du Chaudron Baveur, notamment car sa fréquentation lui permettait de ne pas faire que de l'administratif. Quotidiennement, généralement lors du pic d'affluence, il descendait dans la salle et se mettait au bar pour servir les clients.
Et justement la fin d'après-midi annonçait son arrivée discrète dans la salle. Le quinquagénaire se glissa derrière le comptoir et s'empara de son torchon - offert lorsqu'il avait repris l gérance du lieu par ses enfants - qui séchait à sa place habituelle. Il le glissa à sa ceinture et...
Il tourna la tête vers les deux énergumènes qui déblatéraient des inepties arrosées de cri d'animaux. Il soupira. Déjà dans cet état à cette heure! Il se dirigea donc vers eux et les toisa de toute sa hauteur. "Y'a pas de basse-cour à Azkaban!" Leur dit-il pour blaguer qoi que d'un ton presque sérieux. "Et vu votre joyeuseté, la prison ne vous irait pas au teint." Poursuivit-il de la même manière. "Moi je vous conseille," ordonne serait plus exact, "de rentrer tranquillement chez vous. Dès maintenant." Ils n'avaient pas l'air bien méchants, mais ne pouvaient pas rester non plus. Aussi il allait bien veiller à ce qu'ils quittent les lieux, en les accompagnant jusqu'à la sortie si besoin.
Et justement la fin d'après-midi annonçait son arrivée discrète dans la salle. Le quinquagénaire se glissa derrière le comptoir et s'empara de son torchon - offert lorsqu'il avait repris l gérance du lieu par ses enfants - qui séchait à sa place habituelle. Il le glissa à sa ceinture et...
Il tourna la tête vers les deux énergumènes qui déblatéraient des inepties arrosées de cri d'animaux. Il soupira. Déjà dans cet état à cette heure! Il se dirigea donc vers eux et les toisa de toute sa hauteur. "Y'a pas de basse-cour à Azkaban!" Leur dit-il pour blaguer qoi que d'un ton presque sérieux. "Et vu votre joyeuseté, la prison ne vous irait pas au teint." Poursuivit-il de la même manière. "Moi je vous conseille," ordonne serait plus exact, "de rentrer tranquillement chez vous. Dès maintenant." Ils n'avaient pas l'air bien méchants, mais ne pouvaient pas rester non plus. Aussi il allait bien veiller à ce qu'ils quittent les lieux, en les accompagnant jusqu'à la sortie si besoin.
G.E.A.D. : Gestion Expérimentale des Adultes Déraisonnables
Un vieil homme, un torchon à la ceinture, apparaît devant notre table avec un air beaucoup trop sérieux. Visiblement dépositaire de l’autorité suprême des débits de boissons et des basses-cours clandestines.
Je jette un regard en biais à Alaska, qui vient de récupérer l’arme du crime en caquetant devant la commission d’enquête. Moi, j’ai seulement tenté de négocier avec un balai au nom du Conseil des Ustensiles.
Le torchon et moi sommes au moins d’accord sur une chose : la prison ne nous irait pas au teint.
Je me redresse avec toute la dignité qu’exige la situation. Sauf que mon coude manque de renverser mon verre. Je le rattrape de justesse et le repose lentement, comme si cela suffisait à prouver que je suis quelqu’un de tout à fait normal… et raisonnable. Pourtant, personne ne me croit, même pas moi.
— Monsieur le propriétaire des chaudrons…
Je m’interromps avant que ma langue ne fourche davantage, dans un rare élan de lucidité.
Je voulais dire gérant. Gérant du Chaudron.
Je prends une grande inspiration avant de reprendre la parole avec prudence :
— Nous vous reconnaissons comme l’autorité du poulailler.
Raté. Encore une fois.
J’ai toutes les peines du monde à ravaler le rire qui remonte dans ma gorge. Mais l’homme au torchon ne semble pas le moins du monde disposé à entendre un rapport détaillé sur la crise politique des ustensiles, ni même sur les revendications syndicales de son balai. Au fond, il n’a pas vraiment tort. Je crains que nous ayons déjà beaucoup trop contribué à l’animation du Chaudron pour toute une semaine.
Je récupère la fiole et la glisse discrètement dans la poche intérieure de mon manteau. Si jamais une enquête est ouverte, il faudra se contenter des témoignages d’un balai, de deux moustaches et d’un échiquier.
Nous serions innocentés bien rapidement… Ou envoyés à la Nouvelle-Sainte-Mangouste pour suspicion de démence.
Je me lève, même si le sol tangue légèrement sous mes pieds. Pourtant, je n’ai pas bu la moindre goutte d’alcool aujourd’hui. D’ailleurs, c’est totalement injuste de se faire expulser d’un pub sans avoir bu. Une violation fondamentale des droits sorciers.
Je me tourne vers Alaska et lui adresse un grand sourire.
— Présidente, il est temps de former un gouvernement en exil.
Cette phrase presque normale sonne comme une petite victoire. Même si, par Merlin, il est temps que cette potion cesse de faire effet. Sans quoi je n’oserai plus remettre les pieds dans ce pub avant la prochaine décennie.
Je contourne la table avant de me diriger vers la sortie, sous le regard de quelques clients perplexes. Le balai repasse près de mes pieds. Je m’écarte pour ne pas lui offrir la satisfaction d’une dernière victoire.
Il a gagné une bataille, mais pas la guerre.
Avant de franchir la porte, je me retourne et lève un doigt dans sa direction.
— Les négociations sont ajournées, mais elles reprendront.
Puis j’entraîne Alaska dehors et disparais avec elle dans les rues de Londres, avant que le gérant ne décide que, tout compte fait, Azkaban serait un excellent lieu de villégiature pour deux sorciers tout juste adultes.
519 mots
Et c'est une fin de RP pour moi, merci beaucoup Alaska pour ces fous-rires nombreux
Je jette un regard en biais à Alaska, qui vient de récupérer l’arme du crime en caquetant devant la commission d’enquête. Moi, j’ai seulement tenté de négocier avec un balai au nom du Conseil des Ustensiles.
Le torchon et moi sommes au moins d’accord sur une chose : la prison ne nous irait pas au teint.
Je me redresse avec toute la dignité qu’exige la situation. Sauf que mon coude manque de renverser mon verre. Je le rattrape de justesse et le repose lentement, comme si cela suffisait à prouver que je suis quelqu’un de tout à fait normal… et raisonnable. Pourtant, personne ne me croit, même pas moi.
— Monsieur le propriétaire des chaudrons…
Je m’interromps avant que ma langue ne fourche davantage, dans un rare élan de lucidité.
Je voulais dire gérant. Gérant du Chaudron.
Je prends une grande inspiration avant de reprendre la parole avec prudence :
— Nous vous reconnaissons comme l’autorité du poulailler.
Raté. Encore une fois.
J’ai toutes les peines du monde à ravaler le rire qui remonte dans ma gorge. Mais l’homme au torchon ne semble pas le moins du monde disposé à entendre un rapport détaillé sur la crise politique des ustensiles, ni même sur les revendications syndicales de son balai. Au fond, il n’a pas vraiment tort. Je crains que nous ayons déjà beaucoup trop contribué à l’animation du Chaudron pour toute une semaine.
Je récupère la fiole et la glisse discrètement dans la poche intérieure de mon manteau. Si jamais une enquête est ouverte, il faudra se contenter des témoignages d’un balai, de deux moustaches et d’un échiquier.
Nous serions innocentés bien rapidement… Ou envoyés à la Nouvelle-Sainte-Mangouste pour suspicion de démence.
Je me lève, même si le sol tangue légèrement sous mes pieds. Pourtant, je n’ai pas bu la moindre goutte d’alcool aujourd’hui. D’ailleurs, c’est totalement injuste de se faire expulser d’un pub sans avoir bu. Une violation fondamentale des droits sorciers.
Je me tourne vers Alaska et lui adresse un grand sourire.
— Présidente, il est temps de former un gouvernement en exil.
Cette phrase presque normale sonne comme une petite victoire. Même si, par Merlin, il est temps que cette potion cesse de faire effet. Sans quoi je n’oserai plus remettre les pieds dans ce pub avant la prochaine décennie.
Je contourne la table avant de me diriger vers la sortie, sous le regard de quelques clients perplexes. Le balai repasse près de mes pieds. Je m’écarte pour ne pas lui offrir la satisfaction d’une dernière victoire.
Il a gagné une bataille, mais pas la guerre.
Avant de franchir la porte, je me retourne et lève un doigt dans sa direction.
— Les négociations sont ajournées, mais elles reprendront.
Puis j’entraîne Alaska dehors et disparais avec elle dans les rues de Londres, avant que le gérant ne décide que, tout compte fait, Azkaban serait un excellent lieu de villégiature pour deux sorciers tout juste adultes.
519 mots
Et c'est une fin de RP pour moi, merci beaucoup Alaska pour ces fous-rires nombreux
A genius in a foolish disguise - Sir Adidas Vance du Ouin Ouin - Le Gang des Licornes - Toujours partant pour un RP (cf ici)
G.E.A.D. : Gestion Expérimentale des Adultes Déraisonnables
Immense et stoïque, le gérant se tenait là, un torchon toujours noué à sa ceinture. Devant cette figure d'autorité, Alaska sentit son sang se liquéfier lentement pour s'écraser sur les dalles du Chaudron Baveur. Ridicule, certes, mais point inattendu... Elle avait accumulé bien assez de bêtises à Poudlard pour reconnaître l'air d'un adulte à bout de patience au premier coup d'oeil.
Face à cet homme quinquagénaire qui la toisait comme une gamine prise la main dans le sac, Alaska se sentit soudain idiote et effroyablement fragile. Où était donc passée la jeune femme mûre et posée qui, quelques heures plus tôt, partageait tranquillement un verre avec ses collègues ? Il ne restait plus d'elle qu'une pauvre petite chose échevelée, la cravate de travers et les joues cuisantes sous le regard implacable du gérant.
Léonidas venait de qualifier le patron d'autorité du poulailler. Alaska voulu alors rattraper le coup... Dresser le menton, redresser les épaules, composer avec un visage de pierre que rien ne semblait pouvoir ébranler. Car après tout, cette petite expulsion n'était qu'un détail insignifiant sur le long chemin vers sa grandeur future.
Mais sous l'emprise sournoise de la potion de Babillage, sa voix en décida tout autrement.
Elle ouvrit la bouche, prête à formuler des excuses distinguées mais ce qui en sortit sonna plus faux qu'un concerto joué par une enfant tenant un violon pour la toute première fois, les doigts hésitants sur des cordes inconnues.
« Merci pour... La basse-cour, patron ! lança-t-elle précipitamment, la voix grimpant dans les aigus sur un ton faussement enjoué qui ne trompait personne. Le poulet était excellent... Mais le balai manquait cruellement de sel ! »
Elle se figea, horrifiée par ses propres mots qui semblaient encore flotter dans l'air empli d'effluves de bièraubeurre et de bois humide. Le balai manquait de sel ? Non mais franchement, qu'est-ce qui lui avait pris ? Elle sentit la chaleur lui monter aux joues à l'idée des énormités bien plus cuisantes encore qu'elle risquait de prononcer, sous le nez de toute la commission d'enquête réunie. Elle ravala un rire nerveux, qu'elle noya tant bien que mal dans le col de son manteau, espérant qu'il suffirait à masquer la honte grandissante qui l'accablait.
Heureusement, Léonidas lui tendit une perche inespérée pour sa dignité en ruine, en proclamant, la main posée théâtralement sur le coeur la formation imminente d'un gouvernement en exil ! Alaska ravala une ultime réplique absurde qui menaçait de jaillir sur le prix des citrouilles, et lui emboîta le pas d'un mouvement raide, resserrant contre elle le tissu sombre de sa cape comme on referme une armure.
Trop tard, hélas, pour préserver le peu d'honneur qu'il lui restait.
Lorsqu'ils poussèrent enfin la lourde porte en bois du Chaudron Baveur pour s'engouffrer dans la fraîcheur des rues de Londres, l'air nocturne lui fouetta le visage sans ménagement, chassant peu à peu les dernières vapeurs d'absurdité qui lui embrumaient encore l'esprit.
Le pavé humide luisait faiblement sous la lueur orangée des réverbères, et quelque part au loin, une cloche sonna les premières heures de la nuit. Alaska jeta un coup d'oeil de connivence à Léonidas, et un sourire irrépressible, parfaitement complice étira enfin ses lèvres.
« On est... de grands... diplomates, Vance, » murmura-t-elle en secouant la tête, laissant le bruit de leurs pas résonner sur les pavés mouillés, étouffant peu à peu les derniers échos de leur scandale sanitaire.
Face à cet homme quinquagénaire qui la toisait comme une gamine prise la main dans le sac, Alaska se sentit soudain idiote et effroyablement fragile. Où était donc passée la jeune femme mûre et posée qui, quelques heures plus tôt, partageait tranquillement un verre avec ses collègues ? Il ne restait plus d'elle qu'une pauvre petite chose échevelée, la cravate de travers et les joues cuisantes sous le regard implacable du gérant.
Léonidas venait de qualifier le patron d'autorité du poulailler. Alaska voulu alors rattraper le coup... Dresser le menton, redresser les épaules, composer avec un visage de pierre que rien ne semblait pouvoir ébranler. Car après tout, cette petite expulsion n'était qu'un détail insignifiant sur le long chemin vers sa grandeur future.
Mais sous l'emprise sournoise de la potion de Babillage, sa voix en décida tout autrement.
Elle ouvrit la bouche, prête à formuler des excuses distinguées mais ce qui en sortit sonna plus faux qu'un concerto joué par une enfant tenant un violon pour la toute première fois, les doigts hésitants sur des cordes inconnues.
« Merci pour... La basse-cour, patron ! lança-t-elle précipitamment, la voix grimpant dans les aigus sur un ton faussement enjoué qui ne trompait personne. Le poulet était excellent... Mais le balai manquait cruellement de sel ! »
Elle se figea, horrifiée par ses propres mots qui semblaient encore flotter dans l'air empli d'effluves de bièraubeurre et de bois humide. Le balai manquait de sel ? Non mais franchement, qu'est-ce qui lui avait pris ? Elle sentit la chaleur lui monter aux joues à l'idée des énormités bien plus cuisantes encore qu'elle risquait de prononcer, sous le nez de toute la commission d'enquête réunie. Elle ravala un rire nerveux, qu'elle noya tant bien que mal dans le col de son manteau, espérant qu'il suffirait à masquer la honte grandissante qui l'accablait.
Heureusement, Léonidas lui tendit une perche inespérée pour sa dignité en ruine, en proclamant, la main posée théâtralement sur le coeur la formation imminente d'un gouvernement en exil ! Alaska ravala une ultime réplique absurde qui menaçait de jaillir sur le prix des citrouilles, et lui emboîta le pas d'un mouvement raide, resserrant contre elle le tissu sombre de sa cape comme on referme une armure.
Trop tard, hélas, pour préserver le peu d'honneur qu'il lui restait.
Lorsqu'ils poussèrent enfin la lourde porte en bois du Chaudron Baveur pour s'engouffrer dans la fraîcheur des rues de Londres, l'air nocturne lui fouetta le visage sans ménagement, chassant peu à peu les dernières vapeurs d'absurdité qui lui embrumaient encore l'esprit.
Le pavé humide luisait faiblement sous la lueur orangée des réverbères, et quelque part au loin, une cloche sonna les premières heures de la nuit. Alaska jeta un coup d'oeil de connivence à Léonidas, et un sourire irrépressible, parfaitement complice étira enfin ses lèvres.
« On est... de grands... diplomates, Vance, » murmura-t-elle en secouant la tête, laissant le bruit de leurs pas résonner sur les pavés mouillés, étouffant peu à peu les derniers échos de leur scandale sanitaire.
Fin également ! Merci pour ce partage amusant et léger à écrire !
Strangulot du lac noir. En glissant je viens, en rusant je vaincs, le sommet j'atteins !
20 ans - Présidente du club de débat au campus Magifac