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Éparpillé dans ma famille


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Les vacances... Quoi de mieux pour se prélasser au soleil? Ou sentir les vagues fraîche de l'océan sur nos pieds? Oui, il y a ça de beau, mais qu'en est-il de l'avant, cette attente du voyage, en famille, en ville, avec, comme seule échappatoire, une chambre, remplie de souvenirs, et de secrets inavouables... Mais qui sait? A force de les côtoyer, Alaric finira bien par apprécier leur présence... Pas vrai?
TW : homophobie, violences physiques, violences psychologiques

Dernière modification par Alaric Blackwood le 12 sept. 2026, 15:59, modifié 9 fois.

Alaric Blackwood-Thomais, Prince des gnomes, Diplodocus, Cafard, Amateur de chocolat, Poil de carotte
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Joyeux Anniversaire!


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Samedi 24 Juin 2051
Dans sa chambre


Son anniversaire. C'était, aujourd'hui même, l'anniversaire d'Alaric. Alaric détestait son anniversaire. Mais cela n'avait pas toujours été le cas. À l'époque, il le fêtait avec des grands banquets, et toute sa famille, puis, petit à petit, cette date s'était effacée dans l'emploi du temps familial, et était fêtée avec sa famille proche, et ça, depuis ses sept ans. Il n'avait jamais vraiment compris pourquoi, et n'avait pas vraiment cherché à savoir non plus. Mais ce n'était plus de vrais anniversaires. Ses vrais anniversaires s'étaient toujours passés avec Christopher. Chaque année, il lui offrait quelque chose. Souvent, c'était un morceau de chocolat, ou quelque chose d'éphémère, qu'il ne pourrait pas garder jusqu'à l'an prochain, mais pour ses neuf ans, il avait eu un cadeau qu'il garderait toute sa vie, près de lui.

Après tout, il était non seulement précieux, et avait une signification énorme pour lui, mais c'était aussi le dernier cadeau d'anniversaire qu'il avait eu. Le dernier cadeau d'un vrai anniversaire. Depuis, chaque année, il redoutait cette date lui remémorant chaque instant passé avec Chris. Le temps passé à regarder les vagues, juste devant chez lui, juste seuls à seuls. Son sourire, ses câlins, et ses boucles brunes avec les reflets du soleil... Et de la lune. Et puis, la chute. La dispute, les insultes qu'il avait craché, les regrets qui s'en était suivit, et la colère. Mais surtout, la tristesse. Une tristesse intense, profonde, enfouie, mais qui ressurgissait chaque année, sortant de nulle part, et ne lui demandant qu'une chose : des excuses.

Ces excuses qu'il avait été incapable de donné, et, maintenant, c'était trop tard. Comment revenir vers quelqu'un pour qui on a tant souffert? Et qu'on a fait souffrir? Et puis, il y avait une dernière chose qui le bloquait : sa famille. Il ne pouvait pas risquer de se faire frapper par sa mère une seconde fois, de revoir le regard méprisant de son père, ou le sourire moqueur et arrogant de son grand-frère. Ce jour-là, il avait à la fois fait une bêtise, mais aussi payé les conséquences des seuls actes dont il n'etait en rien coupable : l'amour. La seule chose pour laquelle on l'avait puni, ce soir-là, quand il avait insulté, méprisé, rejeté la personne qui l'aimait, avait été de l'avoir aimé. Lui. Parce qu'il était différent, selon des lois imposées. Parce que c'était une anomalie, un garçon au sang impur.

Et c'était donc pour cela qu'il haïssait profondément cette journée. Mais c'était ainsi, cette date devrait être là, chaque année, pour lui rappeler ce qu'il avait perdu. Alors, encore dans son lit, et incapable de fermer l'œil, regardant les minutes passer, il finit par se relever d'un coup sec de son lit, avant d'inspirer un grand coup. Certes, il était tard, mais, minuit passé, c'était le début de son anniversaire, et, cette fois, il ferait en sorte d'avoir le moins de regret possible. Plus jamais. Il dirait tout. Presque. Il allait écrire une lettre. Et pas à n'importe qui. Non. Il avait déjà son nom en tête, depuis beaucoup de temps. Trop de temps. Il s'empara de sa plus belle plume, et d'un parchemin, puis commença à écrire...
Cher Elam Thomais...
531 mots
@Elam Thomais :eyes:

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Confidences fraternelles


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Samedi 24 Juin 2051
Dans la rue de leur appartement


Enfin, ils étaient rentrés. Il n'en pouvait plus de cette journée. Entre cette rencontre, son anniversaire, et l'absence de ses parents... C'était presque insupportable. Il regrettait presque de n'être pas rester cloîtré dans sa chambre et écouter du Conan Gray avec le lecteur CD que lui avait offert Victoria l'année dernière. Il avait été volé à l'un de ses ex né-moldu, comme quoi, sortir avec l'un d'entre eux avait du bon... Même si elle pouvait se le permettre puisqu'elle habitait loin de ses parents. Tant qu'ils ne l'apprenaient bien, elle pouvait continuer à sortir avec qui elle voulait.

Ce qui n'était pas le cas d'Alaric. Il n'osait pas y penser, mais cette idée lui trottait dans la tête en permanence... Et si... Il ne tombait jamais amoureux d'une fille de bonne famille? Il ne les trouvait pas attirantes, belles, certes, mais... Et si ça ne changeait jamais? Et si il devrait se cacher toute sa vie du regard de ses parents, de sa famille, et espérer que Jace se marie et ait tellement d'enfants que ses parents n'aient plus besoin du plus jeune? Ce serait une possibilité comme une autre, après tout...

Il tourna la tête vers son grand-frère, qui, marchant à côté de lui, le regardait déjà, et s'apprêtait à parler. Alaric connaissait ce regard, cet, bizarrement, il le redoutait. C'était celui du "je veux parler mais je n'ai pas les mots", et Jace n'était pas du genre à parler des choses sérieusement. Alors quand il avait ce regard, ça voulait dire que c'était important, et parfois grave. La dernière fois qu'il avait eu ce regard, c'était pour s'excuser d'avoir mis un serpent dans son lit, et il avait été énormément disputé par leur père juste avant.

Mais cette fois, personne ne l'avait disputé, et il avait l'air quand même... Coupable. De quoi? Alaric se le demandait. Il leva un sourcil, et ouvrit la bouche pour commencer à parler, mais avant même qu'il articule le premier mot, Jace le coupa.

- J'ai croisé le valet, hier soir, qui avait... Une lettre dans les mains.

Alaric se figea sur place et détourna vivement la tête, pour regarder droit devant lui et continuer à marcher. Et alors, une crainte s'installa dans son ventre, et lui tordit l'estomac. Que savait-il de cette lettre? De la lettre qu'il avait envoyé à Elam? L'avait-il prise? L'avait-il lu? Ou s'était-il contenté de regarder le destinataire avant de porter lui-même ses conclusions hâtives qu'il faisait si bien? Le Serpentard, ne voulant même pas répondre à sa remarque, de peur de se trahir, déglutit, et se contenta de hausser les épaules, silencieux. Le Serdaigle, lui, continua sur sa lancée.

- Je n'arrivais pas à dormir, alors je suis allé chercher un verre d'eau, et là... Je l'ai croisé, un peu par hasard, et j'ai vu ce qu'il tenait dans les mains, et qu'il se dirigeait vers la volière familiale. A cette heure-là, j'avoue que la curiosité l'a emporté, et je l'ai soudoyé pour voir le destinataire, et... Bon, j'avoue, je l'ai ouverte, mais ne m'en veux pas, ok? Les erreurs, ça arrive.

Cette fois, Alaric tourna sa tête vers son grand-frère et le fusilla du regard.

- T'avais pas le droit! C'était pas tes affaires, t'aurai pu me demander le lendemain, au lieu de fouiller dans mes affaires!

- Pour que tu me serves un de tes mensonges pourris une fois de plus? Est-ce que tu m'aurais dit que tu avais envoyé une lettre à un sang-mêlé?

Alaric serra les dents et lança un regard noir et méprisant à son frère, mais aussi déçu. Il n'aurait pas pensé que Jace aurait pu faire ça, mais il l'avait fait. Il avait lu cette lettre, et maintenant, il allait tout balancer et-

- Arrêtes avec ce regard insupportable, je dirais rien à père et mère, ok? Mais à une seule condition. Plus de mensonges. Et puis, j'avais une question, aussi. Donc promets-moi de ne plus me mentir, réponds à une ou deux questions, et on sera quitte. C'est bon? Tu te calmes?

Jace leva un sourcil, agacé par le comportement qu'il jugeait immature de son frère, tandis qu'Alaric se détendit légèrement en entendant que leurs parents n'en sauraient rien. Mais, très vite, il se reprit. Car il connaissait son frère. Oui, il le connaissait assez pour savoir que ses une ou deux questions pourraient être pires qu'une rumeur de carte postale à un sang-mêlé auprès de leurs parents. Mais malheureusement... La proposition était bien trop tentante pour ne pas l'accepter.

- Je me calme, soit, et je te mens plus. Qu'est-ce que tu veux savoir, hein?

- Tu l'aimes bien, Elam Thomais, pas vrai? Genre bien bien?

Les joues du rouquin rosirent légèrement alors qu'il tournait un visage extrêmement énervé vers son grand-frère, qui ne put s'empêcher d'esquisser un sourire moqueur. Il avait vu juste, en effet, on ne pouvait pas le nier...

- C'est ça ta question? Sérieux? Je veux dire... C'est un garçon, ok, et je...

- Pas à moi, ce genre de discours, Al, le coupa Jace. Christopher, c'était pas ton ami, je le sais, ok? Et la question que t'avais posé là-dessus, c'était pas pour rien. Je sais ce qu'en pense les parents, tout ça, mais je m'en fous, ok? J'ai mes propres opinions. Tu fais ce que tu veux. Par contre...

Il lui asséna de nouveau son regard insupportablement sérieux avant de reprendre.

- Sors jamais avec un sang-mêlé, ok? Jamais. Si les parents l'apprennent, je pourrais pas te défendre. Je peux te défendre pour un mec, mais pas pour un sang impur. Alors fais gaffe. Enfin, de toute façon, c'est pas comme si t'avais une seule chance avec ce mec si tu continues à lui parler comme ça...

Alaric n'en croyait pas ses oreilles. Il savait pour... Christopher? Il savait pour... Tout le reste? Et il n'avait jamais rien dit à ses parents? Mais... Pourquoi? Et surtout... C'était quoi ce sourire moqueur, franchement? Pourquoi il le cherchait, comme ça?

- Pardon? Parce que toi, tu sais draguer des mecs maintenant?

- Je sais mieux draguer que toi, y a aucun doute, la subtilité, c'est pas ton fort, ça c'est sûr... "je sais aussi que tu es quelqu'un de pathétiquement gentil, et c'est ce qui peut te rendre insupportablement mignon de temps à autres", ou bien "Tout ça pour dire que je sais que tu ne peux pas me résister, et que tu m'écriras en retour, et ce n'est pas grave, cela prouve que tu as de bons goûts"? Ecris simplement "Je t'aime", c'est plus court. Et presque plus subtile. Même moi j'oserais pas écrire une chose pareille à une fille que j'apprécie bien bien.

Il ne put s'empêcher de rire purement et simplement, alors qu'Alaric se contentait de croiser les bras et de rouler des yeux, avant d'esquisser un petit sourire amusé.

- Sérieux? A ce point-là? Tu exagères... De toute façon, vu tout ce qui s'est passé entre nous, et tous les signaux qu'il a loupé, il n'y a aucune chance qu'il se dise ça. Et puis, je le drague même pas.

- T'es sûr de ça, Al?

- Disons à soixante pour cent...

Il haussa les épaules avant de rire timidement, un rire niais qu'il avait dès qu'il pensait à Elam. Son frère continuait de rire, moqueur, à ses côtés, tout en lui adressant des regards du genre : "je dirais bien moins que soixante pour cent...", et c'est ainsi qu'ils rentrèrent chez eux, plus légers, avec Jace qui sentaient que, bizarrement, ils se rapprochaient, tandis qu'Alaric sentait qu'Elam devenait de plus en plus hors de portée. Car oui, Jace avait été clair à ce sujet. Même si l'homosexualité pourrait être acceptée par ses parents, le statut de sang, en revanche, ne pourrait pas l'être. Et ça, c'était sûrement pire que tout.

1316 mots
Je me suis à peine emballé :innocent:
@Elam Thomais

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Le nom de famille ne fait pas la famille


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TW :homophobie


Jeudi 29 Juin 2051
Chez les Blackwood


Si Jace était quelques fois compréhensif vis-à-vis de son homosexualité, Alaric savait que cela ne serait sûrement jamais l’avis de ses parents là-dessus. Ils avaient toujours vu le couple comme quelque chose de très… traditionnel. Peut-être même un peu trop. La première fois que Jace avait annoncé avoir une petite copine, ses parents l’avait immédiatement harcelé de questions. Il n’avait que onze ans à l’époque, et il avait tellement eu peur que sa copine ne soit pas assez bien pour ses parents qu’il l’avait quitté à la rentrée de sa deuxième année.

Jace n’était pas le garçon le plus courageux de l’entourage d’Alaric, c’était sûr, mais c’était bel et bien le plus perspicace que le roux n’ait jamais rencontré. Et puis, il fallait bien le dire, c’était le fils parfait, et calme, qui ne causait presque jamais de tort à sa famille. Les rares fois où il avait eu des problèmes à Poudlard, c’était à cause de ses propos vis-à-vis des moldus, et des né-moldus, ce qui n’embêtait pas le moins du monde son père ou sa mère. C’était non seulement l’enfant parfait, mais aussi le Blackwood parfait. Alors, dès qu’il était question de lui à un repas de famille, c’était vantardise sur flatteries. Mais dès qu’il fallait parler du petit frère… Le silence et les murmures devenaient maîtres.

– Cette année, nous allons à Portree, comme d’habitude, et il est hors de question de s’approcher de ce sale salon de thé sang-de-bourbe non loin de notre maison de vacances. Et si Victoria veut y aller, dîtes-lui que les soi-disants sorciers qui gèrent cette enseigne ne sont que des traîtres à leur sang.

Hedwige Blackwood avait lancé cela amèrement. L’ambiance aux repas du soir était toujours pesante, et il était rare que les fils prennent la parole, à moins que l’on ne leur demande. Et encore, Alaric était si rarement interrogé que, quand il disait quelque chose, le repas se terminait en dispute ou en punition. En particulier depuis le 24 Juin 2048, cette date maudite que ses parents, et plus précisément sa mère, lui ressortait dès qu’ils le pouvaient. De lui donner une raison d’abandonner en face d’eux, et de se maudire d’avoir osé faire une chose pareille. Et souvent, ils lui rappelait sur ce ton-là.

– Votre mère a raison. De plus, ils ne sont clairement pas au même niveau que vous. Nous avons croisé, avec Alaric, leur fils. Un vrai ignorant, ce jeune homme. Il reflète bien l’éducation qu’il a reçu, j’imagine… Comment s’appelle-t-il, déjà, ma chérie?

– Elam Thomais, répondit Alaric plus vite que son ombre. Ou, en l’occurrence, sa tête.

Car, en effet, si le plus jeune fils avait prit le temps de réfléchir suffisamment, il aurait bien vite compris que son père n’attendait pas du tout une réponse de sa part, mais bel et bien de sa femme, qui, choquée d’avoir été coupée par son propre fils, esquissa un grand sourire qui n’inspirait ni la moindre tendresse, ni la moindre empathie de sa part. Ce sourire était le cauchemar de ses ennemis et de ses fils, dont le plus jeune, qui jusqu’alors avait les poings serrés à cause de la cruauté dont faisait preuve ses parents face à Elam et sa famille, vit son menton se relever d’un seul coup et ses membres se tendre, non plus par rage mais par peur. Une peur si intériorisée quand il n’était pas en sa présence qu’on aurait presque pu croire qu’il était sous l’emprise du maléfice de l’Imperium.

– Sa mère a été exécrable avec moi, ne t’avise pas de l’approcher, Alaric. Je ne veux pas un nouveau scandale sur le dos.

Si elle avait su ce qu’Alaric pensait d’Elam, elle l’aurait envoyé chez sa propre mère pour un redressement. La grand-mère maternelle n’avait rien d’une mamie gâteau. Sa seule qualité de grand-mère devait être sa gentillesse, ou plutôt, le sourire manipulateur qu’elle pouvait adresser à certains de ses petit-enfants. Alaric ne faisait plus parti des heureux élus, contrairement à Jace qui avait le droit à un cadeau de sa part chaque année. En plus de son sourire terrifiant et faux. Telle mère, telle fille…

– Mais tu n’oserais pas nous faire de nouveau honte, pas vrai, Alaric, lança son père, plus sèchement encore que sa mère.

Alaric déglutit, et regarda dans la direction de son grand-frère à la recherche d’une aide quelconque. Celui-ci, qui jusqu’alors, mangeait tranquillement son délicieux plat concocté par le chef quelques instants auparavant, avait relevé la tête, ne comprenant pas vraiment ce qu’il se passait. Enfin, si, au contraire, il en savait trop. Il savait qu’il ne fallait pas en dire trop, sur les sentiments d’Alaric pour Elam, mais il ne faisait qu’apprendre petit à petit à quel point ses parents détestaient ces gens. Et à quel point quelques sentiments pourraient détruire une famille. Une fois de plus. Alors, si il devait faire quoique ce soit, c’était bien ne rien dire et ne pas répondre pour ne pas trahir son frère.

– Jamais je ne vous ferai honte, je vous l’ai promis, souffla Alaric avant de se reconcentrer sur son plat.

Son père le regarda sévèrement pendant encore quelques secondes avant de détourner la tête pour planter un regard interrogateur dans celui de sa femme. Celle-ci soupira, secoua la tête, et se concentra de nouveau sur son plat. La fin du repas fût silencieuse, et Alaric fût le premier à quitter la table. Dès qu’il arriva dans sa chambre, il s’effondra sur son lit, le cœur battant et les yeux humides. Il observa à travers la fenêtre Londres qui s’étalait devant lui, immense et lumineuse. Cette ville était si belle, la nuit.

Il se souvint soudain d’un moment partagé avec Christopher, trois ans plus tôt. Tous les deux, allongés sur le sable, la nuit, regardant les étoiles. Ce soir-là, le ciel ressemblait à une ville la nuit, illuminée de toute part. Alaric avait immédiatement vu la ressemblance et lui avait alors parlé de Londres, et de sa beauté. Il lui avait même proposé de l’y emmener, un jour. A cette époque où il lui était encore permit de penser à un futur avec lui. Un futur enfantin, doux, simple, et surtout irréel. Alaric secoua la tête pour éloigner ce souvenir le plus loin qu’il pouvait, alors qu’une larme dévalait déjà la distance entre sa paupière et sa bouche.

C’était quoi ce bruit?

On aurait dit que quelqu’un venait de toquer à sa fenêtre. Ou quelque chose… Comme…

Un bec!

Il se releva d’un coup de son lit, et tourna sa tête vers la fenêtre. Un hibou se tenait là, une lettre dans les serres, attendant patiemment qu’on la laisse entrer. Ce qu’Alaric n’attendit pas une seconde de faire. Le hibou lâche la lettre dans sa main avant de repartir aussi vite qu’il était arrivé. Le roux s’empressa de regarder le destinataire et esquissa un petit sourire, presque ému, en voyant le nom de…

Elam Thomais… Cet imbécile de Poufsouffle...

Ses rosirent et il essuya les quelques larmes rebelles sur ses joues avant d’ouvrir sa lettre calmement et de la lire, pour se changer les idées. C’est avec le sourire qu’il se coucha ce soir-là.

1193 mots
Mention d'@Elam Thomais (pour changer)
Dernière modification par Alaric Blackwood le 12 sept. 2026, 15:42, modifié 1 fois.

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Someone who loved you...1


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TW : violences physiques et psychologiques


Vendredi 6 Juillet 2051
Chez les Blackwood


Hedwige toqua à la porte de son fils cadet. Il n’était pas commun que celle-ci fasse le déplacement pour parler à ses fils et, d’habitude, elle envoyait un elfe de maison ou bien son autre frère. La rareté de ces gestes pouvait donc expliquer la tension d’Alaric dès l’instant où il entendit le son doux de la voix de sa mère après que quelqu’un ait frappé à la porte de sa chambre. Il inspira un grand coup avant de se précipiter vers sa porte pour l’ouvrir, faisant de son mieux pour ne pas montrer l’angoisse qui lui montait à la tête.

– A table, dit-elle avec un grand sourire avant de tourner les talons pour rejoindre la salle à manger.

Alaric avait beau savoir que sa mère n’était pas patiente, il resta planté sur le pas de la porte, les yeux dans le vide, pendant quelques secondes. Que s’était-il passé, exactement ? Depuis quand lui souriait-elle ? Et surtout, depuis quand venait-elle le chercher pour déjeuner ? Ça ne lui ressemblait pas. Pas du tout, même. Il s’était passé quelque chose… Et si… ?

Jace lui a dit. Pour Elam. Elle a intercepté une lettre.

Il secoua la tête, essayant de chasser cette vilaine hypothèse de son esprit. Si c’était le cas, elle l’aurait attrapé par le bas, et l’aurait enfermé dans un placard, ou crié dessus, voir bien pire. Elle ne lui aurait pas laissé le bénéfice du doute. Non. Cela devait être quelque chose de moins grave. Et il devait s’y résoudre ; la seule façon de le savoir était de descendre, d’affronter la réalité. Et c’est finalement ce qu’il fit. Il prit son courage à deux mains et descendit les escaliers jusqu’à la salle à manger.

– Ah, tu es enfin là, Alaric, dit son père, en lui indiquant sa place autour de la table.

Alaric hocha la tête et s’assit à sa place attitrée sans un mot, avant de relever sa tête vers sa mère. Il lutta pour ne pas écarquiller les yeux alors que, dans ses mains, trônaient deux enveloppes de Poudlard. Il venait de comprendre. Il n’aurait jamais dû sortir de sa chambre.

Les bulletins.

Le regard d’Hedwige avait changé, elle n’attendit pas plus longtemps pour ouvrir les enveloppes en silence. Jace, assit à côté d’Alaric, retenait son souffle. Il avait eu le malheur d’avoir eu un A en astronomie lors de sa troisième année, et cela avait bien été le seul moment où Alaric était devenu le fils préféré pendant trois semaines. Mais, cette fois, il devait espérer non seulement que Jace se soit planté, mais aussi que lui-même n’ait fait aucune erreur Et il savait pertinemment qu’il ne pouvait compter sur aucun des deux.

– Bon, maintenant que vous êtes là tous les deux, j’imagine qu’il faut choisir par qui on commence… Gardons le meilleur pour la fin et commençons par Alaric, termina Hedwige, froide, avant de sortir une feuille de l’enveloppe avec l’aide de sa baguette.

Pendant les minutes les plus longues de sa vie, les parents d’Alaric regardèrent son bulletin, en silence, se lançant des regards de temps à autres, ou fronçant les sourcils, comme si ils avaient lu quelque chose qui leur avait déplu. Finalement, ce fut le père d’Alaric qui brisa ce silence pesant.

– Tu aurais pu faire mieux, que s’est-il passé en Vol, hein ? Et en Sortilèges ? Et en Défense Contre les Forces du Mal ? Et, surtout, en Botanique ? Que d’Effort Exceptionnel, tu n’as que quatre O, cette année, tes années à lire n’importe quel livre ne t’ont donc servies à rien ? Tu n’as vraiment pas travaillé, cette année?

Alaric déglutit et baissa la tête. Il savait que cette première année allait être compliqué, et le fait qu’il ait beaucoup angoissé dans certaines matières n’avait rien arrangé… Mais il ne pensait pas avoir déçu ses parents à ce point, et ces remarques, venant de son père, ne fit que lui faire plus mal encore. Cependant, ses parents n’avaient pas terminé de le rabaisser sur son bulletin, et il dû affronter les remarques de sa mère.

– Et encore, tu as peut-être un peu de chance dans certaines matières de remonter dès l’année prochaine si tu commences à vraiment travailler, cette fois, mais pour ce qui est de la botanique… Tu es à la limite du A, le professeur à très certainement dû avoir pitié de toi.

– La professeure, c’est une femme qui...

– Parce que tu crois que tu peux te permettre de m’interrompre avec ces notes, Alaric Alexander Blackwood?

Le silence s’installa, encore plus lourd qu’au moment où ils lisaient le premier bulletin. Alaric releva la tête et ne broncha pas, ne pouvant pas se résoudre à baisser la tête comme si il avait peur. Certes, il était terrifié, mais il ne voyait pas où était le mal à juste… La reprendre. Il ne voulait pas lui manquer de respect. Il n’avait jamais manqué de respect à ses parents… Mais il avait dû manquer de respect à beaucoup de personnes à cause d’eux. Dont Elam. Et pleins d’autres. Tous ces né-moldus, ces sang-mêlés, et ces traîtres à son sang qu’il avait humilié, il l’avait fait pour eux. Parce que c’était ce qu’ils voulaient. Mais malgré tout, il se faisait encore humilié à son tour.

– Tu aurais pu faire mieux, surtout en botanique. Tu nous as déçu.

Décevoir. Toujours décevoir. Ils n’avaient que ce mot à la bouche quand c’était pour parler de lui.

– J’ai fait de mon mieux pour la botanique, j’ai même demandé de l’aide, alors si ce n’était pas assez je...

– Tu as demandé de l’aide ? Qui d’autres que nous et tes professeurs sait que tu es un raté en botanique ? Tu te rends compte du nombre de personnes qui pourraient utiliser cette information pour nous rabaisser ? Pour nous humilier ? Qui?

Alaric sentit que ses mains tremblaient. Heureusement pour lui, elles étaient sous la table, bien cachées, et il aurait aimé pouvoir les rejoindre et ne plus jamais sortir de sous la table. Soudain, s’enterrer vivant n’avait jamais semblé aussi agréable. Son visage commençait à le trahir, ses moues angoissées à parler pour lui, et bientôt, il savait qu’il allait sortir une bêtise, un nom, une phrase qu’il allait regretter. Et il en avait peur. Ça le terrifiait. Terriblement. Il retint néanmoins ses larmes et inspira un grand coup avant de se lancer dans une réponse dangereuse, sur un terrain dangereux.

– Un élève dans lequel j’ai beaucoup de confiance. Et qui n’utilisera pas cette information à mon insu. A l’insu de la famille.

– Et qu’est-ce que tu en sais, exactement ? Tu penses que tu peux placer une confiance aveugle en absolument toutes les personnes qui t’aident ? Tu es tellement naïf. Personne n’aide quelqu’un parce qu’il en a envie, il y a toujours une contrepartie. Toujours. Tu ne te souviens plus de ce que je t’ai appris ? Ce que nous t’avons appris ? Après, ne viens pas te plaindre si nous te traitons plus durement que ton frère. Ce n’est que pour ton bien. Un jour, tu nous remercieras.

– Mais pas aujourd'hui.

Alaric venait de se lever, et s’apprêtait à tourner les talons quand la voix de son père lui en dissuada d’un coup sec.

– Qui t’as autorisé à sortir de table, Alaric? Notre discussion n’est pas terminée, loin de là.

– Qui est l’élève qui t’a aidé en botanique?

Alaric se tourna de nouveau vers ses parents et déglutit, mais ne baissa pas le regard pour autant. Il avait peur, et maintenant, on pouvait très bien voir ses jambes et ses mains trembler. Il retint les larmes d’angoisse qui lui étaient montées aux yeux et serra les dents avant de répondre à ses parents.

– Quelqu’un que vous n’appréciez pas.

– C’est un faux sorcier, n’est-ce pas ? Qui est-ce?

Elle se leva à son tour, sa baguette dans la main, et les yeux étincelants de colère. Alaric avait déjà vu ce regard. Une fois. Quand elle avait appris pour Christopher, et qu’elle l’avait amené jusqu’au petit salon avant de…

– Elam Thomais.

1Quelqu'un qui t'aimait...

1360 mots
Pas besoin de préciser que cet OS est en deux parties...? :ninja:
Dernière modification par Alaric Blackwood le 12 sept. 2026, 15:43, modifié 2 fois.

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...wouldn't do this1


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Vendredi 6 Juillet 2051
Chez les Blackwood


Son nom était sortit de ses lèvres avant qu’il ne puisse le retenir. Conan, le père d’Alaric, serra les dents et lança un regard méprisant à son fils, avant d’empoigner Jace par le bras et le sortir de la pièce, laissant Alaric seul avec sa mère. Cette fois, Alaric avait peur. Il n’avait jamais eu aussi peur de toute sa vie. Il avait déjà vécu ce moment, mais, à cette époque, il ne pensait pas qu’elle en était capable. Maintenant, il le savait. Il fit un pas en arrière, par réflexe, alors que sa mère posait délicatement sa baguette sur la table. Le regard de sa mère était planté dans le sien, déçu, méprisant, et presque dégoûté. Elle ne le regardait pas comme son fils, mais comme un moldu, faible et puéril.

– Qu’est-ce que ça fait d’être tellement faible qu’il faut aller chercher dans le camp des ratés pour que tu arrives à à peine réussir dans une matière ? Qu’est-ce que ça fait de décevoir ses parents, Alaric Alexander Blackwood ? De salir son nom, et, avec lui, le nom de toute la famille ? Tu nous méprises tant que ça?

– C’était le seul moyen de...

– Un Blackwood ne demande pas d’aide, encore moins celle d’un faux sorcier, et d’un ennemi de la famille ! Il apprend par lui même, il réfléchit par lui même, car il fait parti d’une des familles les plus puissantes du monde des sorciers et qu’il faut qu’il fasse honneur à sa famille ! As-tu compris cela, Alaric?

Son ton était monté, beaucoup plus agressif, et elle avait fait deux pas en avant. Un pas les séparait l’un de l’autre. Un seul.

– Je ne pensais pas que...

– Tu ne pensais à rien du tout ! C’est ça, ton problème, tu ne réfléchis jamais, c’est ce qui fait de toi le boulet de la famille. Le mauvais. Tu n’as même pas rapporté un Optimal en moyenne générale pour ta première année, et tu as quand même osé demander de l’aide à un imbécile de sang-mêlé.

– Il n’est pas un imbécile!

– Tu oses m’interrompes une fois de plus?

La claque partit. Anticipée, mais pas moins douloureuse. Alaric ne flancha pas, mais les larmes qui s’apprêtaient à couler sur ses joues ne coopérèrent plus. L’une d’entre elles osa même aller s’aventurer jusqu’à son menton. Il ne lâchait pas sa mère du regard, mais ses yeux renvoyaient désormais de la tristesse et de la peur, rien à voir avec ces mêmes yeux qui soutenaient ceux de sa mère avec colère et détermination quelques instants plus tôt. Il en avait trop dit, et il n’avait pas réfléchit avant de parler. Elle avait raison sur ce point, au moins.

– Oh, c’est bon, ne me regardes pas comme si j’avais détruis ta vie entière. Tu devrais me remercier pour te donner d’aussi bons conseils et les suivre vraiment. Ça t’éviterait de te retrouver dans ce genre de situations, par exemple. Excuses-toi, et exprimes ta gratitude envers ta mère au lieu de faire ton fils ingrat.

Ingrat. C’est ce qu’il était, un fils ingrat, qui décevait sa famille en permanence. Et qui n’arrivait même plus à répondre à sa mère sans verser une larme, désormais. Il hocha donc silencieusement la tête, essayant désespérément de ne pas sangloter, ou pire, que sa voix se brise en plein milieu d’une phrase, et lui répondit.

– Je suis désolé, mère, d’être une honte pour la famille, un fils ingrat, et de vous décevoir. Je devrais être beaucoup plus reconnaissant de l’éducation parfaite que je reçois de vous, qui ne voulez que ma réussite permanence dans la vie. Je ne recommencerais plus, et je compte sur vous pour me le faire savoir si je refais la moindre erreur.

Il déglutit, se faisant violence pour ne pas trembler ou sangloter, attendant que sa mère le laisse partir. Le visage d’Hedwige changea, se faisant bien plus doux, et elle fit même un petit sourire, comme soulagée qu’il décide enfin de l’écouter. Elle soupira finalement et hocha la tête avant de faire deux pas en arrière.

– Tu vois, quand tu veux, tu peux être un enfant vraiment simple, et sage. C’est ça que nous voulons, avec ton père ; du respect pour ta famille, et de la réussite pour toi. C’est tout. Nous ne sommes pas les méchants de cette histoire.

Elle se redressa et montra du menton l’escalier qui menait aux chambres.

– Tu resteras dans ta chambre pour le restant de ta journée. C’est clair ? Tu auras droit au dîner, réfléchis à ce que tu as dit, et fait, et ne t’avises pas à recommencer l’an prochain. C’est clair?

– Oui, mère, répondit Alaric du tac-o-tac.

– Bien.

Et elle tourna les talons pour rejoindre son mari et son fils aîné dans le salon d’à côté. Alaric soupira de soulagement, retenant encore ses sanglots, et fila dans sa chambre sans un mot de plus. Il s’y enferma avant de s’écrouler devant sa porte et de sangloter silencieusement, refermé sur lui-même. Pendant quelques minutes, il ne fit que ça, pleurer, encore et encore, sans s’arrêter, dans un silence presque inimaginable. Puis, d’un coup sec, il releva sa tête et s’essuya ses larmes avant de se lever et d’attraper un manuel de botanique. Pas question qu’il ait besoin d’Elam pour l’aider à rattraper son retard l’an prochain, il devait suivre les conseils de sa mère. Il n’avait pas le choix. C’était ça, ou ne jamais terminer sa scolarité. Et ça le terrifiait.

1...ne ferait pas ça

923 mots
Ce sera tout pour moi :innocent:

Alaric Blackwood-Thomais, Prince des gnomes, Diplodocus, Cafard, Amateur de chocolat, Poil de carotte
#5e9a80 2A 2051-2052 inscrit à la Chrono Fiche PR