Welcome to Tir Na Daen près de Fort William PNJ

Choisir ce qu'on aime sans décevoir ceux qu'on aime

Début juillet 2051

Assise à la grande terrasse, des parchemins étalés devant elle sur une table, elle jeta à nouveau un coup d'œil au petit berceau.
Gowan dormait toujours profondément.
Elle reporta son regard sur le papier posé devant elle, à côté de la plume, puis sur le petit tas encore plus loin de prospectus.
Elle n'avait plus besoin de le consulter, elle en connaissait le contenu pratiquement par cœur.
Et au fond, elle avait la réponse à la question, depuis un moment déjà.
Mais entre le savoir et le couler définitivement sur papier...
- Tu as l'air préoccupée.
Elle sursauta.
- Euh... non... enfin...
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda sa grand-mère en se penchant sur le tas de parchemins, posant son avant-bras sur la table. Qu'est-ce que c'est ? interrogea-t-elle en pointant les documents. Ça a un lien avec ces plis qui parcourent ton front ?
La fillette soupira.
- Oui. Ce sont les papiers pour l'an prochain à l'école.
-Ah, l'autorisation de sortie ! dit Katryne Murray Daenarya en attrapant le papier en question. Que redoutes-tu ? Ils vont le signer ! Étonnant qu'ils ne l'aient pas encore fait d'ailleurs.
- Non non, ça c'est ma faute, j'ai dit que je donnerais tous les papiers en même temps.
- Quels autres papiers peuvent te préoccuper alors ?
- Le choix de filière.
- Ah oui... Hmmmm c'est nouveau ça. Nous on devait seulement choisir des options... C'est à ce point plus complexe ?
- C'est... non je ne crois pas. C'est juste que...
La grand-mère sortit un document du tas.
- Lesquelles t'intéressent ? Procède par élimination.
- C'est fait. Il en reste deux.
- Ah voilà. Tu n'arrives pas à départager les deux finalistes.
- Même pas, chuchota la fillette.
Non, elle avait fait son choix, et c'est ça qui l'inquiétait.
- Tu as choisi ? Eh bien alors, où est le problème ?
- Ce n'est pas celle que je pensais au départ.
- Au départ, c'est-à-dire ? Tu as changé d'avis en une semaine et tu as peur que ça se répète ?
- Non, j'ai changé d'avis par rapport à mon entrée à l'école.
- Ma chérie, en entrant, tu n'avais pas encore beaucoup d'informations ni de pratiques. Si ton nouveau choix est éclairé de ton expérience, c'est à celui-là que tu dois te fier, pas une idée arrêtée avant ton entrée sans base de réflexion pour t'appuyer.
C'était exactement le genre de réflexion qu'elle aurait imaginé de sa grand-mère. Et le genre de logique qu'elle s'était elle-même répété. Mais ça ne la confortait pas.
Katryne dût le comprendre.
Elle tira un siège et s'assit.
- Entre quoi et quoi hésites-tu ?
- Auror et pratique et ouverture.
- Laquelle avais-tu décidée en entrant ?
- Auror.
- Et depuis tu as plutôt opté pour pratique et ouverture.
La fillette acquiesça.
- Pourquoi ? interrogea l'adulte.
Calianor sourit. Là encore, c'était une méthode de sa grand-mère : poser les questions, non par curiosité, mais pour dérouler le raisonnement qui amenait à une conclusion implacable.
- Parce qu'il y a toutes les matières que j'aime bien, et parfois même en plus d'heures.
- Et qu'est-ce qui fait que tu pourrais encore vouloir prendre la filière auror dans ce cas ?
Ah ! c'était bien ça LA question.
La fillette baissa la tête. Allait-elle oser le dire à haute voix ?
Elle n'avait pas besoin de relever la tête pour savoir que sa grand-mère la fixait, sans ciller, attendant patiemment sa réponse.
Elle ne l'obligerait pas à répondre, mais cette intensité poussait à lâcher le morceau.
- J'ai peur de décevoir grand-père, murmura la fillette, avant de relever la tête.
Elle fut surprise de constater l'étonnement dans les yeux de l'adulte.
- Mais... pourquoi ?
Là, c'était une vraie question, pas une étape du raisonnement.
- Je lui avais toujours dit que je voulais suivre un parcours comme le sien, la même formation, le même objectif...
- Le métier d'auror n'existe plus, et il est le premier à ne pas te pousser à devenir un agent d'intervention du Conseil. Enfin sauf si c'est ce que tu veux.
- Non mais là je parle de la formation seulement. Suivre les cours nécessaires comme pour devenir auror, puis faire la GEAD.
- C'est ce que tu veux ?
- La GEAD ? je... je crois. J'aime bien l'idée. Enfin y a aussi l'AESM...
- Et quelle filière dois-tu prendre pour ces deux écoles ?
- Les deux fonctionnent : auror et pratique et ouverture.
- Donc, tu n'écarteras aucune des deux possibilités d'études supérieures par ton choix.
- Non, en effet.
- Alors en quoi est-ce un problème de prendre la filière qui te plaît davantage ? C'est juste pour le nom : auror ?
Probablement, au moins un peu.
- Peut-être...
Katryne s'empara des programmes respectifs et les examina en détails.
- Oui, c'est assez proche au fond. A quelques heures près... hmmm là un peu plus de sortilèges et de métamorphose... de... ah ! de vol aussi ! dit-elle en souriant légèrement. Hmmm ! Ça ne m'étonne pas.
- Tu trouves ça bête de préférer là où il y a plus d'heures de vol ?
- Non bien sûr que non. A partir du moment où tu adores ça, que tu en feras forcément et pas qu'un peu, je préfère encore que tu sois bien formée. Bon sinon, les grosses différences : là tu as potion et botanique, et pas là, mais tu as étude des moldus et un peu de runes... Je croyais que tu aimais bien la botanique ?
- Oui, je comptais l'ajouter en option.
- Ah il y a des options. Hmmm et ajouter du vol à Auror, c'est possible ?
- Oui.
- En gros, tu peux les conpenser l'une l'autre quasiment.
- Oui mais j'ai un peu plus à compenser si je prends auror.
- Eh bien alors, ça me paraît évident : prends pratique et ouverture. Et franchement, si tu crains la réaction de Gordon parce que ta filière ne porte pas le nom d'"auror", tu t'inquiètes pour rien. Ce n'est pas la dénomination qui change l'esprit de la chose. Tu as les bases essentielles, comme la Défense contre les forces du mal, les sortilèges etc. Et en plus, tu as l'étude des moldus, une dimension bien trop oubliée ou méprisée de notre politique actuelle ! Enfin sauf si ton prof est un pro sang pur qui passe ses cours à dénigrer les moldus...
- Non je ne crois pas.
- Bon. Donc, je crois que la question est réglée. Et si vraiment signer ce papier te fait peur, parce qu'on ne reviendra pas en arrière une fois que ce sera fait, tu sais ce que tu as encore de mieux à faire : va le voir, explique-lui, et tu verras sa réponse. Tu le connais beaucoup trop bien pour ne pas la décrypter dans ses mots et ses silences.
Oui, elle avait raison. Elle-même y avait pensé, mais lui en parler, ça aurait peut-être déjà été le décevoir.
- Cali, c'est pratique et ouverture que tu veux ?
Elle acquiesça.
- Alors pourquoi serait-il déçu que tu respectes ton propre souhait ? Il ne t'aimera pas moins parce que ta filière ne s'appelle pas "auror". De toute façon, auror aujourd'hui... qu'est-ce ? Un souvenir, basé sur des valeurs, des principes, qu'on souhaite encore défendre. En quoi suivre la voie qui te plaît contrevient à cela ?
Elle plissa le front.
- En rien !
- Alors en quoi le décevrais-tu ?
En rien.
Qu'est-ce qu'elle pouvait se prendre la tête toute seule parfois !
Elle sourit à sa grand-mère, se leva et prit le papier et la plume.
- Je vais le voir et remplir une fois pour toute ce truc, déclara-t-elle avec détermination. Merci grand-mère.
- Mais de rien.

Reducio
(1311 mots)

" véritable artéfact de stupidité "
La lumière ne nie pas l’ombre, elle la traverse

2e année RP - inscrite à la chronologie
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Alias Marraine la bonne fée

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" Le balai mystère "

10 juillet 2051

- Bon, on y va ? s'impatienta Joaquin.
- Une minute, lui répondit-elle, terminant de bien attacher ses cheveux. Voilà, ça y est, je suis prête.
Ils gagnèrent le local où se trouvait le matériel pour aller voler, notamment - évidemment -, les balais.
- Tu prends lequel ? demanda le garçon.
- Bah le Nimbus 2000, comme d'hab.
- Mouais évidemment.
- Ah ça va, te plains pas toi, t'as ton Comète nouvelle génération !
- Ouais... mais je vais le laisser au repos.
- Pourquoi ? demanda-t-elle, étonnée.
Parmi les balais en "libre disposition " chez eux, c'est-à-dire ceux qui n'appartenaient à personne et étaient donc disponibles pour tout le monde - souvent parce que leurs propriétaires les avaient remplacés -, aucun n'était aussi bon que le nouveau balai de son cousin, qu'il avait reçu un an plus tôt pour son anniversaire.
- Parce que ! appuya-t-il. Je veux essayer le nouveau.
* Le nouveau ? mais de quoi parle-t-il ? *
- Quel nouveau ?
- T'as pas vu ? là-bas y en a un tout neuf encore empaqueté.
Elle alla examiner les balais plus loin, en principe les plus vieux modèles, et découvrit effectivement un grand paquet encore scellé.
- Je suis pas certaine qu'on puisse l'emprunter, s'il est toujours dans son emballage c'est qu'il y a une raison ! déclara-t-elle.
- Et alors ? t'es pas curieuse ?
Elle réfléchit un instant.
- Si... mais on va se faire engueuler si on le déballe sans demander la permission.
- D'accord.
Il s'avança et saisit le paquet.
- Mais ! protesta-t-elle. Qu'est-ce que tu fais ? !
- Je l'embarque.
Et il s'éloigna à grandes enjambées rapides.
- Reviens ici ! Attends un peu !
Elle sortit en courant derrière lui.
- Hé Katryne ! On a trouvé un nouveau balai encore emballé dans le local. On peut l'ouvrir ?
La maîtresse de maison s'approcha et examina le paquet que lui tendait le jeune garçon.
- Hmmm... il faut demander ça à mon fils, c'est lui qui l'a ramené.
- Papa a acheté un nouveau balai ? s'étonna Calianor qui les avait rejoints.
- De toute évidence ! ponctua la grand-mère.
- Tonton ! partit Joaquin en criant.
- Chuuuut ! lancèrent Katryne et Calianor de concert.
Joaquin s'arrêta et tourna la tête, un peu interloqué.
- Quoi ?
- Tu vas réveiller le bébé en criant ainsi ! lui reprocha sa cousine.
- Oh pardon ! murmura le cousin.
Et il repartit en courant sur la pointe des pieds.
* Fallait-il vraiment qu'il passe d'un extrême à un autre ? * se demanda la fillette.
Son cousin fila droit devant lui, tourna dans un couloir et frappa à une porte.
* Euh... qu'est-ce qui lui fait croire que papa est là ? * s'interrogea la petite sorcière.
Une voix répondit : " entrez ", et le garçon ouvrit.
- Tonton, on a trouvé un balai emballé dans le local. Il parait que c'est à toi. On peut l'ouvrir dis ?
- Il n'est pas à moi en fait.
- Non en effet, confirma sa femme.
Calianor, derrière son cousin, fut surprise d'entendre sa mère répondre ainsi.
- Il est à toi alors maman ?
Elle pouvait déjà refaire du vol après l'accouchement ? Oui peut-être bien au fond... D'ailleurs c'était peut-être un balai pour voler en transportant un bébé. Ça existait ça ?
- Non, il n'est pas à moi non plus.
- Bah à qui alors ? demanda la fillette.
- Je crois qu'il va falloir l'ouvrir pour savoir, conclut son père.
Une pensée lui traversa l'esprit :
- Euh mais c'est peut-être à grand-père.
- Non, ta grand-mère a dit que c'était tonton qui l'avait ramené, intervint son cousin.
- Bah... alors...
Elle était dans l'incompréhension totale : son père l'avait ramené, mais ne savait pas à qui il appartenait.
Elle le regarda, les yeux interrogateurs.
- Pourquoi... t'aurais ramené un balai emballé sans savoir à qui il était destiné... ? ça n'a pas de sens !
- On m'a dit de le ramener et de le ranger dans le local, répondit son père, en souriant.
En souriant beaucoup trop.
* Il se paie ma tête ou quoi ? Très bien, s'il y tient... *
- OK, on le déballe alors, dit-elle en attrapant le paquet avec détermination, le tirant des mains de son cousin.
Qui ne protesta pas... mais ce détail elle ne le nota que plus tard, tandis qu'elle avait déjà défait des attaches du paquet.
Elle ôta les papiers - c'est qu'il est bien emmitouflé nom d'une chouette ! -, et passant la main dans l'ouverture, saisit le manche pour extraire le balai de son emballage.
Elle le comtempla, un long moment, de plus en plus émerveillée.
C'était un magnifique balai.
Un Nimbus.
En fait, pour être exacte, c'était un Nimbus 3000, le tout dernier modèle de la célèbre marque.
- Cooool ! Un Nimbus 3000 ! s'exclama-t-elle, les yeux ronds.
- Oh la vache ! renchérit son cousin.
Son père avait-il voulu les impressionner en les laissant déballer son nouveau balai, en faisant semblant de rien ?
Dans une fenêtre, elle aperçut les reflets de ses grands-parents devant la porte.
TOUS ses grands-parents ! les quatre !
* Qu'est-ce qu'il faisait là ? * C'était comme si ils avaient pressenti un évènement et s'étaient rassemblés pour venir voir !
* Mais... nom d'un Magyar à qui appartient ce balai ? ! *
Elle les fixa tour à tour. Quelque chose lui échappait... quelque chose que tous - sauf elle - semblaient savoir.
- Qu'est-ce... qu'il y a ? interrogea-t-elle, à la fois suspicieuse et un peu impressionnée, sans savoir pourquoi.
Le bébé émit un petit rire.
* Tiens ? il était pas en train de faire sa sieste à l'étage lui ? Pourquoi il était ici, précisément ? *
Ça ressemblait à une mise en scène.
- T'as vu la finesse du matériau ? demanda alors son père en pointant le manche.
Était-ce une question innocente ?
Elle connaissait trop son père pour ne pas y percevoir... un petit quelque chose... comme un " hey regarde bien le manche " !
Elle baissa les yeux et détailla donc celui-ci.
C'est vrai que le matériau était très beau et finement travaillé.
L'inscription " NIMBUS 3000 " scintillait sur le manche.
Et là, il était aussi gravé autre chose en lettres dorées : " CALIANOR DAENARYA "
Elle ouvrit la bouche en grand, sans parvenir à produire le moindre son, les yeux écarquillés.
Elle la referma, la rouvrit un peu, trop choquée encore.
- Bon ben dites-le ! finit par craquer son cousin, en s'adressant aux adultes.
- " Bon anniversaire ! " dirent-ils en chœur.
Les yeux de la fillette s'embuèrent peu à peu de larmes, de larmes de joie.
- C'est... p...pour moi ? ... mon balai ? !
- Ouais enfin si t'en veux pas, j'peux te l'échanger contre mon Comète, proposa son cousin, ironiquement. Il est quasi neuf !
- N'y pense même pas ! lui rétorqua-t-elle, retrouvant tout son aplomb. Mais tiens, je te le confie un instant. Profites-en, ça n'arrivera peut-être qu'une fois ! dit-elle en lui mettant le manche entre les mains.
Après quoi, elle courut se jeter au cou de ses parents pour les remercier.
A quelques pas de là, appuyé sur le rebord de son berceau, son petit frère gazouillait.
Elle s'en approcha, lui tendit un doigt qu'il attrapa joyeusement.
- Toi au moins, tu es vraiment innocent, lui dit-elle, avant de lancer un regard suspicieux à la volée à toutes les personnes dans la pièce.
Tout, tout ressemblait à une grande mise en scène au final : son cousin qui propose d'aller voler, l'entraîne dans le local et "oh tiens" remarque un balai non déballé, sa grand-mère qui les envoie demander à son père, qui se trouve justement avec sa mère, comme s'ils les attendaient, et les grands-parents qui rappliquent en douce...
- Vous étiez tous de mèche en fait ! déclara-t-elle.
- Bah c'est-à-dire... commença son père.
Sa mère lui posa une main sur le bras pour l'interrompre.
- Oh ce n'était pas une question mon chéri. Bon, à la sieste maintenant, annonça-t-elle.
Le pauvre Gowan n'avait pas du tout l'air disposé à aller piquer un somme, mais il était inutile de protester.
- Rends-moi ça, toi ! dit-elle à son cousin en attrapant le manche de son nouveau balai.
- J'pourrai l'essayer ?
- On verra ! répondit-elle, déjà dans le couloir.
Elle avait - enfin - SON balai, à elle ! Et pas n'importe quel balai : un Nimbus 3000 !

Reducio
(1445 mots)

" véritable artéfact de stupidité "
La lumière ne nie pas l’ombre, elle la traverse

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