Antihero
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Je suffoque.
Dans la colère qui bout dans mes veines, dans l'incompréhension qui creuse un vide sous mes côtes, dans la peur qui me tord les tripes. Miya a disparu, là, sous mes yeux. Avec Jude. Je n'ai pas la moindre idée de ce qu'elle lui veut, et mon impuissance a un goût de fer au fond de la gorge.
Et si…?
Je déglutis au début de pensée qui m’effleure l’esprit. Non, Jude ne peut pas lui faire de mal. Pas physiquement. Pas la Jude que j’ai connue, n’est-ce pas ?
Je force mon esprit à s'aligner, à cesser de tourner en rond. Elles ont transplané. Où ? Elle n’aurait aucun intérêt à transplaner pour changer d'endroit à l'intérieur d'un pub bondé – il leur faut probablement de l'air, de l'espace, une bulle loin des regards. Dehors, donc.
J’affronte alors la foule, à nouveau. Kami croasse sur mon épaule, mais je suis trop distrait pour y prêter attention. Je pousse abruptement la porte, et le vent d'extérieur qui fouette mon visage porte en lui les effluves de tabac brûlé.
Mon regard ne tarde pas à attraper deux silhouettes accroupies au sol un peu plus loin. Je reconnais le premier visage : Miya. Assise par terre, entre l'ombre d'un lampadaire et celle d'une silhouette que je ne reconnais que trop bien. Jude. Je vois sur les joues de la nippo-galloise les larmes à peine séchées, brillant sous la lueur pâle du réverbère. Je vois cette cigarette qui tremble entre ses doigts, et ce sont là les preuves que je suis arrivé bien trop tard : ma gorge se noue à l’idée d’avoir à nouveau échoué à être présent pour elle lorsqu’elle en avait besoin.
De grandes foulées avalent la distance qui me sépare d'elles, et leur conversation m'apparaît plus audiblement ; des bribes d'abord, puis une phrase.
« Je. Voulais. Épouser. Kieran. »
Ces mots articulés me transpercent un à un. Mes pas se figent, et mon esprit peine à digérer cette information.
Non. Non, Jude.
Tu ne peux pas dire que tu voulais passer le reste de ta vie avec moi. Pas à voix haute, pas à Miya. Et pourtant tu continues dans ton élan. Tu énumères ce que l’on aurait été, ce que l’on aurait fait dans ce monde où tu ne m’aurais pas quitté. Mais ce monde n’existe pas, n’est-ce pas ? C’est toi qui l’as détruit, Jude. Et tu n’as pas le droit – pas le droit de le jeter au visage de Miya, ce monde-là, quand c'est toi qui l'as broyé sous ton talon, sourde à mes supplications.
Tu as choisi ton frère – et je ne te blâmerai jamais pour cette décision, tu le sais. Mais il existe tant de mondes bâtis sur des et si ; et celui-là, celui où tu ne l'aurais pas fait, celui qui aurait pu être nôtre, demeure le plus douloureux à envisager. Et tu n'as pas le droit, Jude, de le mentionner ainsi, avec cet air, ce ton, cette voix. Pas avec cette voix qui saigne encore, comme si le choix n'avait pas été le tien. Pas quand, même en te maudissant, je n'ai jamais rien voulu d'autre que ton bonheur – même si tu as choisi que ce ne serait pas à mes côtés que tu le trouverais.
« Miya », prononcé-je à mi-voix, lui tendant une main pour l'aider à se relever. Mon timbre se brise, rauque malgré moi. « On rentre. »
Antihero
Elle vient, elle s'approche et c'est trop près. Dégage. Pourquoi elle s'approche autant, j'veux pas d'elle dans ma bulle comme ça. Les dents serrées, je me retiens de cracher comme un chat en colère. Dégage, écarte-toi. Elle s'arrête avant d'être trop près, mais c'est déjà trop.
Jude me crache sa vérité qu'elle l'utilise comme une arme, un putain d'couteau, des poings qui se serrent pour faire mal, des flingues chargés.
« Je. Voulais. Épouser. Kieran. » Alors vas-y, fais-le. Va le voir, mets-toi à genoux et supplie le de te reprendre. Je la regarde, un air de défi dans les yeux. Qu'est-ce que t'en sais d'une telle dévotion, toi ? Je me suis foutue par terre pour Lloyd, je suis descendue sur mes genoux, j'ai supplié, je me suis excusé. Et je suis prête à recommencer, je regrette rien. Alors vas-y Jude, abaisse toi à mon niveau, apprends à mettre ton putain d'égo de côté et supplie, demande les mains jointes, le visage levé, strié de larmes. Tu voulais épouser Kieran ? Va te faire foutre, mon nom de famille est devenu River à l'instant où j'ai embrassé Lloyd pour la première fois.
Un mouvement dans les ombres.
Alerte, mes iris se détachent brièvement de Jude pour voler à la rencontre de celui ou celle qui ne devrait pas être là. Kieran. Je me fige, tout se fige. Il a entendu ? Putain mais bien sûr qu'il a entendu, réfléchis Miya. Et Jude qui continue de parler. Je mords ma lèvre, hésitante. Tais-toi, voilà ce que je devrais dire, mais j'ai pas envie de me manger son poing et je suis loyale à Kai.
Il a le droit d'entendre.
Il a le droit de savoir.
Et Lloyd aussi.
Elle pose une question dans un souffle, question qui m'arrache le coeur. Puis Kieran intervient.
« Kieran, je murmure, soulagée comme jamais. Tu m'as trouvée... » Je prends sa main et me lève sur deux jambes tremblantes, faibles, mais je suis debout. Et je m'enfonce entre ses bras, contre son torse, je m'effondre contre lui avec la sensation d'être enfin à la maison.
Puis je le relâche, prenant soin de pas le brûler avec ma clope, et je me tourne vers Jude.
Jude qui vient de me cracher tout ce qu'elle avait à dire.
Jude qui a pas vu Kieran depuis si longtemps.
« Tu peux pas nous empêcher de nous voir, je déclare. Tu peux pas retenir mes sentiments. »
409 mots
Jude me crache sa vérité qu'elle l'utilise comme une arme, un putain d'couteau, des poings qui se serrent pour faire mal, des flingues chargés.
« Je. Voulais. Épouser. Kieran. » Alors vas-y, fais-le. Va le voir, mets-toi à genoux et supplie le de te reprendre. Je la regarde, un air de défi dans les yeux. Qu'est-ce que t'en sais d'une telle dévotion, toi ? Je me suis foutue par terre pour Lloyd, je suis descendue sur mes genoux, j'ai supplié, je me suis excusé. Et je suis prête à recommencer, je regrette rien. Alors vas-y Jude, abaisse toi à mon niveau, apprends à mettre ton putain d'égo de côté et supplie, demande les mains jointes, le visage levé, strié de larmes. Tu voulais épouser Kieran ? Va te faire foutre, mon nom de famille est devenu River à l'instant où j'ai embrassé Lloyd pour la première fois.
Un mouvement dans les ombres.
Alerte, mes iris se détachent brièvement de Jude pour voler à la rencontre de celui ou celle qui ne devrait pas être là. Kieran. Je me fige, tout se fige. Il a entendu ? Putain mais bien sûr qu'il a entendu, réfléchis Miya. Et Jude qui continue de parler. Je mords ma lèvre, hésitante. Tais-toi, voilà ce que je devrais dire, mais j'ai pas envie de me manger son poing et je suis loyale à Kai.
Il a le droit d'entendre.
Il a le droit de savoir.
Et Lloyd aussi.
Elle pose une question dans un souffle, question qui m'arrache le coeur. Puis Kieran intervient.
« Kieran, je murmure, soulagée comme jamais. Tu m'as trouvée... » Je prends sa main et me lève sur deux jambes tremblantes, faibles, mais je suis debout. Et je m'enfonce entre ses bras, contre son torse, je m'effondre contre lui avec la sensation d'être enfin à la maison.
Puis je le relâche, prenant soin de pas le brûler avec ma clope, et je me tourne vers Jude.
Jude qui vient de me cracher tout ce qu'elle avait à dire.
Jude qui a pas vu Kieran depuis si longtemps.
« Tu peux pas nous empêcher de nous voir, je déclare. Tu peux pas retenir mes sentiments. »
409 mots
#193b02 — Miya le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
Antihero
Tu connais la sensation d’un corps gelé qu’on poignarde ? C’est ce que j’ai ressenti en entendant Kieran dans mon dos. Kieran, dont je n’ai plus entendu la voix depuis des années. Mes yeux se ferment, mon corps demeure figé. Il a entendu.
Il a tout entendu.
Putain. Jude, t’es qu’une abrutie. Si tu t’étais tu…
Le temps se suspend à l’intérieur de moi. Tout autour, le monde continue à tourner. Kieran récupère Miya. Ils s’enlacent. Il la garde contre elle. Et moi, accroupie, je reste statique, mes membres englués par la honte d’avoir livré ses mots devant celui qui n’aurait pas dû les entendre, ou sinon là où j'avais prévu de lui annoncer, des années plus tôt.
Mais pas seulement, hein ? Cette honte que je ressens, celle qui m’étrangle, celle qui me fige, c’est aussi celle que j’ai enfouie tout au fond de moi.
Celle d’avoir abandonné Kieran pour un et si.
J’ai mal. Mais je ne peux plus mordre. La honte n’a jamais été un sentiment auquel je suis habituée. L’angoisse, ça… je la sens, elle aussi. Camouflée derrière la colère et la douleur, mais elle est bien là, propulsée par cette honte qui me donne envie de transplaner dans mes sous-sols pour ne plus jamais en sortir.
Alors je me relève enfin, forçant sur mes genoux. Continue à cracher, Miya. Je t’ai entendue. Comme Kieran m’a entendue. Et il m’a ignorée. Ça fait mal, putain. Ça fait tellement mal.
Une fois sur mes pieds, je m’éloigne d’eux. Je ne veux pas le voir. Je ne veux pas. Un mètre, deux mètres, non, trois, arpentés en ramenant mon drapeau sur moi pour cacher mes épaules, mon dos, mon ventre mais surtout mes clavicules, là où trône toujours fièrement ce mouton noir à cornes n’étant pas sans rappeler celles du dragon Noir des Hébrides.
Je t’ai entendue, Miya. Comme Kieran m’a entendue. Mais moi, je ne t’ignore pas. Comme je n’ai jamais ignoré la pelle à ta main gravée au nom de mon petit frère.
« Ben ouais... tu fais toujours ce que tu veux, hein ? Même quand je te dis que t'as failli le tuer, tu t'en tapes. Miya avant tout, et que les autres aillent se faire voir. »
Ma voix est grave, râpeuse, encore emprunte de ma douleur, de ma honte mais aussi de ma rage froide. Je lui jette un regard par dessus mon épaule. L’imposante masse de Kieran l’avale toute entière.
Solide, Jude.
Reste solide.
416 mots
Code couleur = #515f80
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Présence fortement réduite jusqu'à mi juillet
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Présence fortement réduite jusqu'à mi juillet
Antihero
Les vieilles habitudes ont, dit-on, la vie dure – et il m'aura fallu désapprendre celle de t'aimer, Jude.
Étrange, n'est-ce pas, quand t'aimer fut jadis aussi naturel que respirer, aussi peu sujet à question. Et pourtant, j'ai appris. À ne plus chercher la douceur de ton étreinte au sortir du sommeil. À ne plus tâtonner dans l'obscurité, cherchant ta main avant que Morphée ne nous cueille tous deux. À cesser de guetter, dans le silence de l'appartement, l'écho de tes pas résonnant sur le parquet.
J'ai appris à ne plus être hanté par les paroles de ces chansons moldues que j'apprenais pour les fredonner avec toi, ni par ce rire qui t'était propre, si contagieux qu'il suffisait à m'arracher le mien sans même que j'en connaisse la raison. J'ai désappris, un à un, chacun de ces gestes minuscules dont on ne mesure la valeur qu'une fois qu'ils nous sont ôtés. Et tout cela, dans une solitude m'écrasait de tout son poids – dans cet appartement qui portait encore dans ses murs trop de souvenirs qui nous appartenaient.
Oh, Jude, si tu savais combien ce fut long. Combien ce fut fastidieux, ce lent travail de deuil que tu m’as imposé. J'y ai laissé, je crois, une part de moi que je ne retrouverai jamais.
Et malgré cela, malgré moi, mon cœur se serre encore lorsque mon regard effleure ce mouton d'encre sur ta clavicule.
Mais le murmure de Miya me ramène à terre, et mes sentiments s'écartent, cédant le pas à sa détresse. Miya d'abord, toujours. D’instinct, mes bras se referment sur elle : une main se love à l'arrière de son crâne tandis que l'autre trace sur son dos un rythme lent et régulier. Mon menton trouve, comme toujours, sa place au sommet de sa tête.
« Je suis là », murmuré-je dans mon souffle.
Et lorsque je la sens se retirer, ma main cueille ma baguette au creux de ma poche, prête à nous soustraire tous deux à cette nuit – mais celle-ci, dans un souffle, laisse échapper des mots qui suffisent à suspendre mon geste et à faire tressaillir mon sourcil. Ce nous qu'elle prononce n'a, dans sa bouche, rien de celui qui devrait la lier à sa nouvelle amante. Je plisse les yeux. N'était-elle pas censée, ce soir même, retrouver sa compagne pour cette fête qu'elles devaient partager ? Pourquoi, alors, ces mots qui parlent de Lloyd, confiés à Jude ?
Ce que lui réplique cette dernière achève de m'égarer davantage. J'aurais aimé lui répondre que Miya, certes, n'a pas fait preuve du meilleur de son jugement lors de sa relation avec Lloyd – mais qu'elle est loin, bien loin, de cette égoïste briseuse de cœurs qu'elle s'obstine à décrire. M'engager pourtant dans pareil débat avec mon ex-compagne, et sur ce sujet précis – la cause même de notre fin – relèverait sans doute d'un instinct de survie des plus douteux.
« Jude, commencé-je doucement. Apaiser un Noir des Hébrides en colère me paraît moins délicat que la situation dans laquelle je me trouve. Vous en reparlerez peut-être, un autre jour, un autre lieu. Mais pas ce soir, et pas ainsi. Laisse-moi la ramener chez elle. »
Mon regard effleure sa clavicule, désormais dissimulée par le tissu qui drape ses épaules.
« …S’il te plait », ajouté-je d'une voix basse, la gorge nouée.
Étrange, n'est-ce pas, quand t'aimer fut jadis aussi naturel que respirer, aussi peu sujet à question. Et pourtant, j'ai appris. À ne plus chercher la douceur de ton étreinte au sortir du sommeil. À ne plus tâtonner dans l'obscurité, cherchant ta main avant que Morphée ne nous cueille tous deux. À cesser de guetter, dans le silence de l'appartement, l'écho de tes pas résonnant sur le parquet.
J'ai appris à ne plus être hanté par les paroles de ces chansons moldues que j'apprenais pour les fredonner avec toi, ni par ce rire qui t'était propre, si contagieux qu'il suffisait à m'arracher le mien sans même que j'en connaisse la raison. J'ai désappris, un à un, chacun de ces gestes minuscules dont on ne mesure la valeur qu'une fois qu'ils nous sont ôtés. Et tout cela, dans une solitude m'écrasait de tout son poids – dans cet appartement qui portait encore dans ses murs trop de souvenirs qui nous appartenaient.
Oh, Jude, si tu savais combien ce fut long. Combien ce fut fastidieux, ce lent travail de deuil que tu m’as imposé. J'y ai laissé, je crois, une part de moi que je ne retrouverai jamais.
Et malgré cela, malgré moi, mon cœur se serre encore lorsque mon regard effleure ce mouton d'encre sur ta clavicule.
Mais le murmure de Miya me ramène à terre, et mes sentiments s'écartent, cédant le pas à sa détresse. Miya d'abord, toujours. D’instinct, mes bras se referment sur elle : une main se love à l'arrière de son crâne tandis que l'autre trace sur son dos un rythme lent et régulier. Mon menton trouve, comme toujours, sa place au sommet de sa tête.
« Je suis là », murmuré-je dans mon souffle.
Et lorsque je la sens se retirer, ma main cueille ma baguette au creux de ma poche, prête à nous soustraire tous deux à cette nuit – mais celle-ci, dans un souffle, laisse échapper des mots qui suffisent à suspendre mon geste et à faire tressaillir mon sourcil. Ce nous qu'elle prononce n'a, dans sa bouche, rien de celui qui devrait la lier à sa nouvelle amante. Je plisse les yeux. N'était-elle pas censée, ce soir même, retrouver sa compagne pour cette fête qu'elles devaient partager ? Pourquoi, alors, ces mots qui parlent de Lloyd, confiés à Jude ?
Ce que lui réplique cette dernière achève de m'égarer davantage. J'aurais aimé lui répondre que Miya, certes, n'a pas fait preuve du meilleur de son jugement lors de sa relation avec Lloyd – mais qu'elle est loin, bien loin, de cette égoïste briseuse de cœurs qu'elle s'obstine à décrire. M'engager pourtant dans pareil débat avec mon ex-compagne, et sur ce sujet précis – la cause même de notre fin – relèverait sans doute d'un instinct de survie des plus douteux.
« Jude, commencé-je doucement. Apaiser un Noir des Hébrides en colère me paraît moins délicat que la situation dans laquelle je me trouve. Vous en reparlerez peut-être, un autre jour, un autre lieu. Mais pas ce soir, et pas ainsi. Laisse-moi la ramener chez elle. »
Mon regard effleure sa clavicule, désormais dissimulée par le tissu qui drape ses épaules.
« …S’il te plait », ajouté-je d'une voix basse, la gorge nouée.
Antihero
Je coule, je perds pieds, je m'effondre entre les bras de celui qui, presque plus que Kenji, est ce que j'appelle un frère. Kieran me rattrape — comme toujours, il me rattrape toujours — et sert son étreinte autour de mon squelette, ce corps si frêle, si abîmé que je traine depuis bien trop de temps. Une larme m'échappe. Elle glisse de mon oeil sur ma joue et se perd dans le vêtement du coréen. Toutes mes peurs s'évanouissent, mes angoisses fondent telle neige au soleil, doutes et troubles n'existent plus. Là, dans cette cachette qui n'appartient qu'à moi, je ne pense plus ni à Rahima, ni à Lloyd, ni à Sulien, ni à Jude. Je ne pense plus aux êtres que j'ai déçus, à ceux que je n'ai pas pu aimer comme il fallait, à ceux dont je ne me déferais jamais vraiment.
Le murmure de Kieran apaise mon coeur, c'est un baume sur cette âme cabossée, martyrisée. Je suis là dit-il, et ses bras autour de mon corps, sa tête posée sur la mienne, son souffle régulier, tous ses détails familiers m'aident à calmer progressivement les tremblements de mon corps.
Quand je me détache de lui, je vois que Jude s'est éloignée. Et ses mots me perforent. Un monde sans Lloyd, c'est impossible. Je préfèrerais crever plutôt qu'imaginer ça. Et penser que c'est moi qui ait faillis causer ça...j'ai de l'acide dans l'estomac. Une brève seconde, j'imagine un monde où il n'existe plus, un monde où Lloyd n'est plus là, et je vacille. Le vide affreux, un gouffre infini qui grignote mes bords, me détruit de l'intérieur. Je suffoque. Un monde sans Lloyd n'est rien.
« Un monde sans Lloyd ça n'a pas de sens. »
Les mots m'échappent, rauques, précipités, échos de sanglots que je refuse de verser.
« T'as eu c'que tu voulais, je continue. J'suis plus revenue. J'me suis plus pointée devant chez toi, j'ai arrêté de revenir pour partir, j'ai fait c'que tu voulais, ma voix meurt dans un sanglot. Tu peux pas m'demander un truc puis le contraire Jude, tu peux pas.. Tu peux pas comprendre, tu sais pas.. Ça m'a tué, de partir. Je suis morte Jude, je suis... »
Ma main trouve celle de Kieran. Je la serre fermement, ravale mes larmes et m'oblige à rester la plus droite possible. Droite. Fière. Pour elle.
393 mots
Le murmure de Kieran apaise mon coeur, c'est un baume sur cette âme cabossée, martyrisée. Je suis là dit-il, et ses bras autour de mon corps, sa tête posée sur la mienne, son souffle régulier, tous ses détails familiers m'aident à calmer progressivement les tremblements de mon corps.
Quand je me détache de lui, je vois que Jude s'est éloignée. Et ses mots me perforent. Un monde sans Lloyd, c'est impossible. Je préfèrerais crever plutôt qu'imaginer ça. Et penser que c'est moi qui ait faillis causer ça...j'ai de l'acide dans l'estomac. Une brève seconde, j'imagine un monde où il n'existe plus, un monde où Lloyd n'est plus là, et je vacille. Le vide affreux, un gouffre infini qui grignote mes bords, me détruit de l'intérieur. Je suffoque. Un monde sans Lloyd n'est rien.
« Un monde sans Lloyd ça n'a pas de sens. »
Les mots m'échappent, rauques, précipités, échos de sanglots que je refuse de verser.
« T'as eu c'que tu voulais, je continue. J'suis plus revenue. J'me suis plus pointée devant chez toi, j'ai arrêté de revenir pour partir, j'ai fait c'que tu voulais, ma voix meurt dans un sanglot. Tu peux pas m'demander un truc puis le contraire Jude, tu peux pas.. Tu peux pas comprendre, tu sais pas.. Ça m'a tué, de partir. Je suis morte Jude, je suis... »
Ma main trouve celle de Kieran. Je la serre fermement, ravale mes larmes et m'oblige à rester la plus droite possible. Droite. Fière. Pour elle.
393 mots
#193b02 — Miya le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage

