Urbex estival
Une journée complètement banale, comme toute les autres de juillet 2051
avec @Léonidas Vance
Je n'avais absolument pas prévu de venir ici.
En fait, j'étais simplement partie me promener dans Londres. Les vacances avaient ce côté magique où personne ne me demandait si j'avais fini mes devoirs et où je pouvais marcher pendant des heures sans vraiment savoir où j'allais. Maman disait souvent que j'avais un drôle de sens de l'orientation. Enfin... elle disait surtout que j'étais incapable de rentrer tout droit dès qu'un truc attirait ma curiosité. Je protestais à chaque fois. Bon... elle n'avait pas complètement tort non plus.
Et aujourd'hui, visiblement, c'était au tour des ruines de Sainte-Mangouste.
Je m'arrêtai devant les grandes pierres noircies en levant la tête. Même de l'extérieur, l'endroit avait quelque chose de bizarre. Certaines fenêtres n'avaient plus de vitres, d'autres étaient tellement sombres qu'on avait presque l'impression qu'elles observaient les passants. C'était sûrement idiot comme idée... mais c'était la première qui m'était venue.
On aurait dit que ce bâtiment avait vécu mille trucs.
Un ancien hôpital.
Rien que cette pensée me rappela aussitôt le cours d'Histoire de la Magie. Enfin... surtout la prof. Je l'aimais vraiment bien, elle était surprenante comme prof. Avec elle, on ne passait jamais deux heures à recopier des dates jusqu'à avoir envie de s'endormir sur son parchemin. Il y avait toujours un jeu, un quiz, une chasse au trésor ou une drôle de façon de nous faire participer. Sans vraiment m'en rendre compte, j'apprenais plein de choses. Je me demandai si, un jour, elle nous raconterait l'histoire de Sainte-Mangouste avant son abandon. Ce serait quand même pratique de visiter les lieux avant le cours. Si jamais elle posait une question, je pourrais peut-être répondre sans hésiter... Enfin, en y réfléchissant un peu mieux, je n'étais pas certaine qu'elle trouverait formidable l'idée qu'une élève de première année soit entrée toute seule dans des ruines abandonnées "pour prendre de l'avance". Cette idée me fit sourire toute seule.
J'essayai ensuite d'imaginer à quoi ressemblait l'endroit autrefois. Des médicomages devaient courir dans tous les sens. Enfin... eux, sûrement. Les patients, eux, devaient plutôt attendre qu'on les soigne. Je me surpris à inventer toute une scène dans ma tête avant de revenir à la réalité. C'était étrange de penser qu'il y avait eu autant de vie ici et qu'aujourd'hui il ne restait plus que des pierres, du silence... et toutes ces histoires que les gens racontaient. Des sorciers peu recommandables, peut-être des fantômes... Bref, exactement le genre de rumeurs qui donnait envie d'aller voir de plus près.
Je savais pourtant que j'aurais dû continuer mon chemin.
Au lieu de ça, je me retrouvai à réfléchir au temps que je pouvais bien passer ici avant de repartir. Cinq minutes ? Dix ? Ça ne comptait même pas vraiment comme une bêtise... enfin, je crois. Après tout, je n'allais pas provoquer un dragon. J'allais simplement jeter un coup d'œil dans un vieux bâtiment abandonné.
À peine cette pensée me traversa l'esprit que je levai les yeux vers le ciel.
Non.
Avec ma chance, il allait forcément m'arriver un truc bizarre.
Je poussai doucement ce qu'il restait d'une vieille porte.
Grrrrrr...
Je fis un bond en arrière, une main plaquée contre mon cœur qui battait déjà beaucoup trop vite. C'était malin. J'avais réussi à me faire peur toute seule avant même d'être entrée.
Je soufflai un bon coup avant de réessayer.
Cette fois, j'entrai plus doucement. L'air était plus frais à l'intérieur et une odeur de poussière flottait partout. Chaque pas faisait craquer quelque chose sous mes chaussures. Pour la discrétion, c'était complètement raté. Je regardai autour de moi. Des morceaux de plafond étaient tombés un peu partout. Une vieille armoire gisait sur le côté et je me demandai depuis combien de temps elle pouvait bien être là. Dix ans ? Cinquante ? Cent ? ... Bon. Cent, c'était sûrement un peu exagéré.
Je m'approchai ensuite d'un mur où quelques lettres résistaient encore au temps. Je passai doucement mes doigts dessus sans vraiment savoir ce qui était écrit autrefois. C'était bizarre de penser que des centaines de personnes avaient dû passer devant ce mur tous les jours, alors qu'aujourd'hui il semblait avoir été complètement oublié.
Je repris ma marche.
Une pièce.
Puis une autre.
À chaque fois, je me promettais que ce serait la dernière avant de repartir. Et puis, une fois devant la suivante, je me disais qu'elle avait peut-être quelque chose d'intéressant. J'étais vraiment nulle pour repartir quand quelque chose piquait ma curiosité.
Soudain...
Crac.
Je m'arrêtai net.
Plus un seul muscle ne voulait bouger.
Mes yeux passèrent lentement d'un coin de la pièce à l'autre. Il n'y avait rien. Enfin... je ne voyais rien. C'était sûrement une vieille poutre. Oui. Les vieilles poutres faisaient forcément ce genre de bruit.
Enfin...
J'espérais très fort que c'était une vieille poutre.
Je finis par avancer de nouveau.
Deux pas, puis trois...
Puis un énorme battement d'ailes éclata juste devant une fenêtre.
"Aaaah !"
Je sursautai si fort que je glissai presque sur les gravats avant de réussir à retrouver mon équilibre de justesse.
Le cœur battait tellement vite que j'avais l'impression qu'il allait sortir de ma poitrine.
Un pigeon....Rien qu'un pigeon...
Je le suivis du regard pendant qu'il s'envolait tranquillement comme s'il ne venait pas de me faire vivre l'une des plus grosses frayeurs de la journée. Je soufflai longuement avant de reprendre ma route, cette fois avec beaucoup moins d'assurance qu'au début. Je regardais autant devant moi que derrière. Les histoires parlaient peut-être de sorciers mal intentionnés... ou de fantômes.
En fait...
Je préférais peut-être ne croiser ni l'un ni l'autre.
J'arrivai finalement devant une porte qui tenait encore debout... enfin, plus ou moins. Je passai simplement la tête dans l'ouverture pour observer la pièce. Si un fantôme devait habiter quelque part, j'avais comme l'impression qu'il choisirait sûrement un endroit comme celui-là.
Je reculai aussitôt.
Finalement, il valait peut-être mieux commencer par visiter les autres pièces.
Enfin...C'était probablement une meilleure idée.
997 mots
si tu veux une date plus précise dit le moi et on voit ensemble
2A RP #691414 « Les bonnes idées changent le monde. Les mauvaises écrivent les légendes. »
avec @Léonidas Vance
Je n'avais absolument pas prévu de venir ici.
En fait, j'étais simplement partie me promener dans Londres. Les vacances avaient ce côté magique où personne ne me demandait si j'avais fini mes devoirs et où je pouvais marcher pendant des heures sans vraiment savoir où j'allais. Maman disait souvent que j'avais un drôle de sens de l'orientation. Enfin... elle disait surtout que j'étais incapable de rentrer tout droit dès qu'un truc attirait ma curiosité. Je protestais à chaque fois. Bon... elle n'avait pas complètement tort non plus.
Et aujourd'hui, visiblement, c'était au tour des ruines de Sainte-Mangouste.
Je m'arrêtai devant les grandes pierres noircies en levant la tête. Même de l'extérieur, l'endroit avait quelque chose de bizarre. Certaines fenêtres n'avaient plus de vitres, d'autres étaient tellement sombres qu'on avait presque l'impression qu'elles observaient les passants. C'était sûrement idiot comme idée... mais c'était la première qui m'était venue.
On aurait dit que ce bâtiment avait vécu mille trucs.
Un ancien hôpital.
Rien que cette pensée me rappela aussitôt le cours d'Histoire de la Magie. Enfin... surtout la prof. Je l'aimais vraiment bien, elle était surprenante comme prof. Avec elle, on ne passait jamais deux heures à recopier des dates jusqu'à avoir envie de s'endormir sur son parchemin. Il y avait toujours un jeu, un quiz, une chasse au trésor ou une drôle de façon de nous faire participer. Sans vraiment m'en rendre compte, j'apprenais plein de choses. Je me demandai si, un jour, elle nous raconterait l'histoire de Sainte-Mangouste avant son abandon. Ce serait quand même pratique de visiter les lieux avant le cours. Si jamais elle posait une question, je pourrais peut-être répondre sans hésiter... Enfin, en y réfléchissant un peu mieux, je n'étais pas certaine qu'elle trouverait formidable l'idée qu'une élève de première année soit entrée toute seule dans des ruines abandonnées "pour prendre de l'avance". Cette idée me fit sourire toute seule.
J'essayai ensuite d'imaginer à quoi ressemblait l'endroit autrefois. Des médicomages devaient courir dans tous les sens. Enfin... eux, sûrement. Les patients, eux, devaient plutôt attendre qu'on les soigne. Je me surpris à inventer toute une scène dans ma tête avant de revenir à la réalité. C'était étrange de penser qu'il y avait eu autant de vie ici et qu'aujourd'hui il ne restait plus que des pierres, du silence... et toutes ces histoires que les gens racontaient. Des sorciers peu recommandables, peut-être des fantômes... Bref, exactement le genre de rumeurs qui donnait envie d'aller voir de plus près.
Je savais pourtant que j'aurais dû continuer mon chemin.
Au lieu de ça, je me retrouvai à réfléchir au temps que je pouvais bien passer ici avant de repartir. Cinq minutes ? Dix ? Ça ne comptait même pas vraiment comme une bêtise... enfin, je crois. Après tout, je n'allais pas provoquer un dragon. J'allais simplement jeter un coup d'œil dans un vieux bâtiment abandonné.
À peine cette pensée me traversa l'esprit que je levai les yeux vers le ciel.
Non.
Avec ma chance, il allait forcément m'arriver un truc bizarre.
Je poussai doucement ce qu'il restait d'une vieille porte.
Grrrrrr...
Je fis un bond en arrière, une main plaquée contre mon cœur qui battait déjà beaucoup trop vite. C'était malin. J'avais réussi à me faire peur toute seule avant même d'être entrée.
Je soufflai un bon coup avant de réessayer.
Cette fois, j'entrai plus doucement. L'air était plus frais à l'intérieur et une odeur de poussière flottait partout. Chaque pas faisait craquer quelque chose sous mes chaussures. Pour la discrétion, c'était complètement raté. Je regardai autour de moi. Des morceaux de plafond étaient tombés un peu partout. Une vieille armoire gisait sur le côté et je me demandai depuis combien de temps elle pouvait bien être là. Dix ans ? Cinquante ? Cent ? ... Bon. Cent, c'était sûrement un peu exagéré.
Je m'approchai ensuite d'un mur où quelques lettres résistaient encore au temps. Je passai doucement mes doigts dessus sans vraiment savoir ce qui était écrit autrefois. C'était bizarre de penser que des centaines de personnes avaient dû passer devant ce mur tous les jours, alors qu'aujourd'hui il semblait avoir été complètement oublié.
Je repris ma marche.
Une pièce.
Puis une autre.
À chaque fois, je me promettais que ce serait la dernière avant de repartir. Et puis, une fois devant la suivante, je me disais qu'elle avait peut-être quelque chose d'intéressant. J'étais vraiment nulle pour repartir quand quelque chose piquait ma curiosité.
Soudain...
Crac.
Je m'arrêtai net.
Plus un seul muscle ne voulait bouger.
Mes yeux passèrent lentement d'un coin de la pièce à l'autre. Il n'y avait rien. Enfin... je ne voyais rien. C'était sûrement une vieille poutre. Oui. Les vieilles poutres faisaient forcément ce genre de bruit.
Enfin...
J'espérais très fort que c'était une vieille poutre.
Je finis par avancer de nouveau.
Deux pas, puis trois...
Puis un énorme battement d'ailes éclata juste devant une fenêtre.
"Aaaah !"
Je sursautai si fort que je glissai presque sur les gravats avant de réussir à retrouver mon équilibre de justesse.
Le cœur battait tellement vite que j'avais l'impression qu'il allait sortir de ma poitrine.
Un pigeon....Rien qu'un pigeon...
Je le suivis du regard pendant qu'il s'envolait tranquillement comme s'il ne venait pas de me faire vivre l'une des plus grosses frayeurs de la journée. Je soufflai longuement avant de reprendre ma route, cette fois avec beaucoup moins d'assurance qu'au début. Je regardais autant devant moi que derrière. Les histoires parlaient peut-être de sorciers mal intentionnés... ou de fantômes.
En fait...
Je préférais peut-être ne croiser ni l'un ni l'autre.
J'arrivai finalement devant une porte qui tenait encore debout... enfin, plus ou moins. Je passai simplement la tête dans l'ouverture pour observer la pièce. Si un fantôme devait habiter quelque part, j'avais comme l'impression qu'il choisirait sûrement un endroit comme celui-là.
Je reculai aussitôt.
Finalement, il valait peut-être mieux commencer par visiter les autres pièces.
Enfin...C'était probablement une meilleure idée.
997 mots
si tu veux une date plus précise dit le moi et on voit ensemble
2A RP #691414 « Les bonnes idées changent le monde. Les mauvaises écrivent les légendes. »
Urbex estival
Juillet 2051
Ruines de l'Hôpital Sainte-Mangouste, Londres
@Sheryl Zaun
~~~~~~~~
Je connais suffisamment bien les ruines de l’ancienne Sainte-Mangouste pour savoir qu’il ne faut jamais prendre le couloir de gauche après le hall d’accueil. Ce n’est pas qu’il soit hanté. En vérité, les fantômes sont presque les habitants les plus sympathiques du coin, paraît-il. Je n’en ai encore jamais vu, pour l’instant.
Il ne faut jamais prendre ce couloir parce que le plancher s’est affaissé depuis l’abandon des lieux par les Moldus. Il reste bien quelques lattes, mais je ne parierais pas sur leur solidité, surtout après avoir passé une jambe au travers une fois et perdu l’une de mes meilleures chaussures, tombée à l’étage inférieur. D’ailleurs, je n’ai jamais réussi à la récupérer.
C’est quand même dingue, quand on y réfléchit : six années seulement ont suffi pour transformer l’ancien hôpital magique en un immense piège recouvert de poussière. Depuis que les Moldus sont partis, la nature, les intempéries et surtout les visiteurs occasionnels ont fait le reste. Certaines pièces sont quasiment intactes ; d’autres n’ont plus ni plafond ni plancher. On trouve aussi des endroits encombrés de matelas abandonnés, de bouteilles d’alcool vides, de restes de feux de camp et de toute une panoplie d’objets suspects. Ces ruines ne sont manifestement pas fréquentées par de simples adeptes d’architecture.
Cela m’est arrivé plusieurs fois de dormir ici. Ce n’est pas vraiment une fierté non plus. Mais lorsque vous êtes à Londres sans quelques gallions pour payer une chambre au Chaudron Baveur, sans aucune envie de retourner à Godric’s Hollow ni de déranger pour la cinquantième fois l’un de vos frères, les ruines permettent au moins d’avoir un toit.
La dernière fois, j’ai même trouvé une ancienne salle de consultation avec un fauteuil éventré bien plus confortable que certains lits de fortune sur lesquels j’ai dormi. J’y ai laissé ma sacoche ce matin, avant de partir chercher de quoi manger.
Le hic, c’est que je ne suis plus seul à mon retour.
Je la repère : une silhouette qui avance très prudemment dans le hall, non loin de mon refuge. Elle est trop frêle pour être Rodrick, un habitué des lieux pourtant déjà assez malingre. Ce n’est pas non plus l’une des habituées que je croise parfois. Tandis qu’elle observe les inscriptions effacées et les meubles renversés, je peux la détailler avec un peu plus de précision. C’est sans doute une élève. Un long soupir m’échappe. Elle n’a définitivement rien à faire là.
Je devrais sortir de l’ombre et lui faire la morale sur le fait que les ruines ne sont pas une attraction touristique pour gamine en manque de sensations. On y trouve de nombreux sorciers itinérants peu recommandables. D’autres viennent ici pour conclure des affaires louches. J’ai vendu une superbe potion à un drôle de type pour quelques pièces, la semaine dernière. Et dans les dangers, j’oublie aussi les plafonds fragiles qui s’effondrent parfois, les escaliers auxquels il manque des marches ou encore les morceaux de verre tranchants ensevelis sous la poussière.
Je reste en retrait et l’observe passer d’une pièce à l’autre. Je sens qu’elle n’est pas sereine ; cela se voit à sa façon de marcher. Mais je ne dis rien pour l’instant, jusqu’à ce qu’elle s’immobilise après avoir entendu un bruit dans le couloir. J’ai vraiment envie de rire lorsque je la vois examiner tous les recoins de la pièce, comme si un Mangemort allait surgir à tout moment. Vu le bruit, il s’agit probablement d’un bloc de plâtre tombé du plafond, mais ça, elle n’en sait rien.
À peine quelques secondes plus tard, son cri traverse de nouveau les ruines lorsqu’un pigeon s’envole à travers une fenêtre éventrée. Je dois plaquer une main contre ma bouche pour me retenir de rire.
Ce n’est vraiment pas sympathique, mais, en même temps, la gamine vient visiter un ancien hôpital abandonné dont la fréquentation est aussi mal réputée que celle de l’Allée des Embrumes. Ce genre de petite frayeur est presque inclus dans le forfait de la visite. Je continue de l’observer progresser, avec beaucoup moins d’assurance que quelques minutes auparavant. Elle s’arrête devant une porte qui, par je ne sais quel miracle magique, tient encore debout malgré l’absence de gonds. Je reconnais l’endroit et, si ma mémoire est bonne, une autre ouverture permet d’accéder à la pièce depuis le couloir voisin.
Je pourrais simplement faire connaître ma présence, mais j’ai envie de m’amuser un peu. À ses dépens, certes, mais m’amuser tout de même.
Je contourne l’ancienne salle d’attente en évitant les gravats. J’ai appris à m’y déplacer sans faire de bruit, en évitant les lattes qui grincent et en sachant où poser mes pieds.
Une fois dans la pièce, je sors ma baguette et pousse légèrement la porte, dont le grincement rompt le silence de plomb des dernières minutes. Je fais ensuite rouler du bout de ma chaussure un morceau de gravat dans le couloir. Il finit par s’arrêter aux pieds de la jeune fille. C’est puéril, mais diablement efficace.
Je la laisse volontairement paniquer avant de m’avancer dans l’encadrement, où la lumière passant à travers la vitre éclaire seulement une partie de mon visage. Je n’ai pas l’air très rassurant avec ma baguette à la main, mon manteau usé et mes cheveux roses en désordre. Je m’appuie contre le montant de la porte, qui grince de nouveau sous mon poids.
— Tu sais, on raconte que l’endroit serait hanté. Je n’ai encore jamais croisé de fantôme ici. Des vagabonds, des trafiquants et des types paumés, ça oui. Et puis il y avait aussi ces deux types qui parlaient tout seuls. Ils sont sympathiques, mais assez flippants, si tu veux mon avis. Oh ! Et puis y'a Bernie. Une vraie teigne, celui-là. Un gros rat bien agressif. La dernière fois que je l’ai vu, il a voulu me bouffer le mollet. Mais toujours pas de fantôme.
Je lui désigne la porte qu’elle examinait quelques secondes avant mon arrivée.
— Par ici, tu n’iras pas très loin. Le plafond s’est effondré dans la pièce suivante et le sol ne devrait pas tarder à suivre. À moins que tu tiennes à visiter les caves de Sainte-Mangouste sans prendre l’escalier, je te déconseille d’aller par là.
Je baisse ma baguette sans pour autant la ranger. Ces ruines ne sont jamais totalement sûres, surtout la nuit, mais également en journée. Il se pourrait tout à fait qu’un inconnu surgisse derrière nous avec des intentions bien moins louables que les miennes.
— Si tu veux continuer ta visite, ne reste pas seule. La partie nord est parfois occupée, et les escaliers au bout du couloir de gauche ne sont plus vraiment des escaliers, vu le nombre de marches qui manquent. Ah ! Et évite de hurler devant chaque pigeon que tu croises. Franchement, les pigeons sont les résidents les moins dangereux du coin.
1134 mots
Dernière modification par Léonidas Vance le 20 juil. 2026, 20:56, modifié 1 fois.
Le Gang des Licornes. - Sir Adidas Vance du Ouin Ouin 1er du nom - Toujours partant pour un RP (cf ici) - Merci Mo pour l'avatar
Urbex estival
Le grincement me fit relever la tête d'un seul coup.
Je me retournai vers la vieille porte. Elle venait de bouger. Toute seule.
Je restai figée quelques secondes, les yeux rivés dessus, incapable de savoir si je devais avancer ou partir en courant. Mon cœur, qui s'était enfin calmé après l'histoire du pigeon, se remit aussitôt à battre beaucoup trop vite.
Un autre bruit suivit.
Quelque chose glissait lentement sur le sol.
Je baissai les yeux et vis un petit morceau de gravat rouler jusqu'à mes chaussures avant de s'immobiliser. Presque sans réfléchir, je reculai d'un pas, puis d'un deuxième. Mon regard passait sans arrêt du caillou à la porte, comme si j'espérais qu'en la fixant suffisamment longtemps, elle finirait par m'expliquer toute seule ce qui était en train de se passer.
Évidemment, mon imagination décida de faire exactement l'inverse.
Je repensai à toutes ces histoires qu'on racontait sur les bâtiments abandonnés. Les bruits qu'on entendait sans jamais réussir à en trouver l'origine. Les ombres qui semblaient bouger du coin de l'œil avant de disparaître quand on regardait vraiment. Et puis les fantômes... parce que dans un ancien hôpital comme celui-ci, mon cerveau trouvait tout à fait logique de commencer par imaginer ça.
Je savais pourtant qu'il devait y avoir une explication toute simple. Le vent, peut-être. Ou une pierre qui s'était détachée du plafond.
Enfin... j'essayais surtout de m'en convaincre.
Quelques minutes plus tôt, j'étais entrée ici en me disant que ce ne serait qu'un petit détour avant de rentrer. Maintenant, je réfléchissais surtout au chemin le plus rapide pour retrouver la sortie si jamais quelque chose surgissait devant moi. C'était un peu ridicule... mais les ruines de Sainte-Mangouste avaient vraiment tout pour mettre mal à l'aise.
Je commençais même à me dire que maman n'avait peut-être pas complètement tort lorsqu'elle répétait que ma curiosité finirait par me jouer un mauvais tour.
Comme pour lui donner raison, une silhouette apparut soudain dans l'encadrement de la porte.
Je poussai un petit cri avant de faire un bond en arrière, persuadée pendant une fraction de seconde que toutes les histoires que je venais de m'imaginer étaient devenues réelles.
Puis mes yeux finirent par distinguer un visage.
Enfin... une moitié de visage.
La lumière qui entrait par une fenêtre cassée n'éclairait qu'une partie de la silhouette. Il tenait une baguette à la main, portait un vieux manteau qui avait connu des jours meilleurs et ses cheveux roses semblaient partir dans tous les sens.
Je ne savais pas qui il était.
Mais il avait réussi à me faire peur en quelques secondes seulement.
Je restai donc parfaitement immobile pendant qu'il prenait la parole.
Au début, je fus presque soulagée d'entendre une voix normale. Au moins, je n'avais pas affaire à un fantôme.
Enfin... cette impression ne dura pas longtemps.
Plus il parlait, plus je regardais les couloirs autour de nous avec méfiance. Les vagabonds, les trafiquants, les escaliers qui menaçaient de s'écrouler, les planchers fragiles... je ne savais plus vraiment lequel de tous ces dangers m'inquiétait le plus.
Je levai même les yeux vers le plafond par réflexe avant de regarder le sol sous mes pieds.
D'un seul coup, chaque craquement me paraissait beaucoup moins anodin qu'à mon arrivée.
Mon regard finit par retomber sur le petit morceau de gravat arrêté devant mes chaussures.
Cette fois, j'en étais certaine.
Il n'était pas arrivé là tout seul.
Je relevai doucement la tête jusqu'à croiser son regard.
La peur était déjà un peu retombée, même si mon cœur battait encore beaucoup plus vite que d'habitude. Maintenant que je savais que je n'avais pas affaire à un fantôme, j'arrivais enfin à réfléchir un peu. Enfin... autant que possible après avoir crié deux fois en moins de cinq minutes.
Je repensai au pigeon.
Puis à son apparition dans l'encadrement de la porte.
Si quelqu'un m'avait observée depuis le début, il devait probablement se dire que j'étais venue visiter les ruines uniquement pour sursauter à tout ce qui bougeait.
Je sentis mes joues chauffer un peu.
Ce n'était pas exactement l'image que j'avais envie de donner.
En même temps, difficile de faire la maligne dans un endroit pareil. Les couloirs semblaient tous plus sombres les uns que les autres, le moindre bruit résonnait dans tout le bâtiment et, depuis qu'il m'avait parlé des planchers fragiles et des gens qui traînaient parfois ici, je regardais les ruines d'un tout autre œil.
Quelques minutes plus tôt, j'avais l'impression d'explorer un vieux bâtiment plein d'histoires.
Maintenant, je réalisais surtout que certaines de ces histoires pouvaient être encore bien vivantes.
Je baissai les yeux vers le morceau de gravat qui s'était arrêté devant mes chaussures avant de laisser échapper un léger sourire.
Avec un peu de recul, je commençais à comprendre ce qui s'était passé.
Il m'avait fait peur.
Volontairement.
L'idée me donna presque envie de lever les yeux au ciel. Presque.
Je finis par relever la tête, un sourire un peu plus franc au coin des lèvres.
" Euh... je crois que je préfère largement les pigeons, finalement. Lui, au moins, il essayait juste de sortir par la fenêtre. Et... promis, si j'en recroise un autre, j'essaierai de ne pas lui faire croire que c'est moi qui ai eu le plus peur.
Par contre... le gravat, c'était toi, hein ? J'ai vraiment cru qu'il y avait quelque chose derrière cette porte. Franchement... ce n'était pas très gentil. "
Je pris une petite moue faussement vexée qui ne dura pas bien longtemps avant de laisser échapper un petit rire. Au fond, maintenant que je savais d'où venait le bruit, la scène me paraissait déjà un peu moins effrayante. J'avais surtout eu peur de ce que mon imagination avait inventé toute seule.
Je laissai ensuite mon regard parcourir une nouvelle fois les ruines.
Malgré tout, je les trouvais toujours aussi fascinantes.
Les murs abîmés, les portes de travers, les fenêtres sans vitres... tout donnait l'impression que le temps s'était arrêté ici sans jamais vraiment effacer ce qui s'y était passé autrefois. J'essayais presque d'imaginer les couloirs lorsqu'ils étaient encore remplis de médicomages, de patients et de sorciers pressés. C'était étrange de penser qu'un endroit qui avait dû être si vivant pouvait devenir aussi silencieux.
Je reportai finalement mon attention sur le garçon.
Plus je réfléchissais, plus je me disais qu'il ne devait pas venir ici pour la première fois. Il parlait des couloirs comme quelqu'un qui les connaissait déjà, savait quelles pièces éviter et se déplaçait sans hésiter là où, moi, je faisais craquer absolument tout ce qui se trouvait sous mes pieds.
Je n'étais pas certaine de comprendre pourquoi quelqu'un reviendrait souvent dans un endroit pareil... mais, pour le moment, j'étais surtout contente de ne plus être toute seule.
" Tu connais vraiment bien les lieux, on dirait. Tu savais exactement quelle porte éviter et même où le plancher risquait de s'écrouler... Moi, je suis juste tombée dessus en me promenant dans Londres. Enfin... "juste"... je crois surtout que ma curiosité m'a encore joué un tour.
Maintenant que je suis là, j'avoue que j'aimerais quand même voir un peu les ruines. Enfin... les parties où je ne risque pas de passer au travers du sol, de préférence. Si ça ne te dérange pas... tu voudrais bien me montrer ? "
Je lui adressai un sourire un peu timide.
Quitte à continuer cette visite, autant le faire avec quelqu'un qui connaissait les pièges des lieux. Ça me semblait être une bien meilleure idée que de laisser ma curiosité décider toute seule du chemin à suivre.
1252 mots
@Léonidas Vance
2A RP #691414 « Les bonnes idées changent le monde. Les mauvaises écrivent les légendes. »
Je me retournai vers la vieille porte. Elle venait de bouger. Toute seule.
Je restai figée quelques secondes, les yeux rivés dessus, incapable de savoir si je devais avancer ou partir en courant. Mon cœur, qui s'était enfin calmé après l'histoire du pigeon, se remit aussitôt à battre beaucoup trop vite.
Un autre bruit suivit.
Quelque chose glissait lentement sur le sol.
Je baissai les yeux et vis un petit morceau de gravat rouler jusqu'à mes chaussures avant de s'immobiliser. Presque sans réfléchir, je reculai d'un pas, puis d'un deuxième. Mon regard passait sans arrêt du caillou à la porte, comme si j'espérais qu'en la fixant suffisamment longtemps, elle finirait par m'expliquer toute seule ce qui était en train de se passer.
Évidemment, mon imagination décida de faire exactement l'inverse.
Je repensai à toutes ces histoires qu'on racontait sur les bâtiments abandonnés. Les bruits qu'on entendait sans jamais réussir à en trouver l'origine. Les ombres qui semblaient bouger du coin de l'œil avant de disparaître quand on regardait vraiment. Et puis les fantômes... parce que dans un ancien hôpital comme celui-ci, mon cerveau trouvait tout à fait logique de commencer par imaginer ça.
Je savais pourtant qu'il devait y avoir une explication toute simple. Le vent, peut-être. Ou une pierre qui s'était détachée du plafond.
Enfin... j'essayais surtout de m'en convaincre.
Quelques minutes plus tôt, j'étais entrée ici en me disant que ce ne serait qu'un petit détour avant de rentrer. Maintenant, je réfléchissais surtout au chemin le plus rapide pour retrouver la sortie si jamais quelque chose surgissait devant moi. C'était un peu ridicule... mais les ruines de Sainte-Mangouste avaient vraiment tout pour mettre mal à l'aise.
Je commençais même à me dire que maman n'avait peut-être pas complètement tort lorsqu'elle répétait que ma curiosité finirait par me jouer un mauvais tour.
Comme pour lui donner raison, une silhouette apparut soudain dans l'encadrement de la porte.
Je poussai un petit cri avant de faire un bond en arrière, persuadée pendant une fraction de seconde que toutes les histoires que je venais de m'imaginer étaient devenues réelles.
Puis mes yeux finirent par distinguer un visage.
Enfin... une moitié de visage.
La lumière qui entrait par une fenêtre cassée n'éclairait qu'une partie de la silhouette. Il tenait une baguette à la main, portait un vieux manteau qui avait connu des jours meilleurs et ses cheveux roses semblaient partir dans tous les sens.
Je ne savais pas qui il était.
Mais il avait réussi à me faire peur en quelques secondes seulement.
Je restai donc parfaitement immobile pendant qu'il prenait la parole.
Au début, je fus presque soulagée d'entendre une voix normale. Au moins, je n'avais pas affaire à un fantôme.
Enfin... cette impression ne dura pas longtemps.
Plus il parlait, plus je regardais les couloirs autour de nous avec méfiance. Les vagabonds, les trafiquants, les escaliers qui menaçaient de s'écrouler, les planchers fragiles... je ne savais plus vraiment lequel de tous ces dangers m'inquiétait le plus.
Je levai même les yeux vers le plafond par réflexe avant de regarder le sol sous mes pieds.
D'un seul coup, chaque craquement me paraissait beaucoup moins anodin qu'à mon arrivée.
Mon regard finit par retomber sur le petit morceau de gravat arrêté devant mes chaussures.
Cette fois, j'en étais certaine.
Il n'était pas arrivé là tout seul.
Je relevai doucement la tête jusqu'à croiser son regard.
La peur était déjà un peu retombée, même si mon cœur battait encore beaucoup plus vite que d'habitude. Maintenant que je savais que je n'avais pas affaire à un fantôme, j'arrivais enfin à réfléchir un peu. Enfin... autant que possible après avoir crié deux fois en moins de cinq minutes.
Je repensai au pigeon.
Puis à son apparition dans l'encadrement de la porte.
Si quelqu'un m'avait observée depuis le début, il devait probablement se dire que j'étais venue visiter les ruines uniquement pour sursauter à tout ce qui bougeait.
Je sentis mes joues chauffer un peu.
Ce n'était pas exactement l'image que j'avais envie de donner.
En même temps, difficile de faire la maligne dans un endroit pareil. Les couloirs semblaient tous plus sombres les uns que les autres, le moindre bruit résonnait dans tout le bâtiment et, depuis qu'il m'avait parlé des planchers fragiles et des gens qui traînaient parfois ici, je regardais les ruines d'un tout autre œil.
Quelques minutes plus tôt, j'avais l'impression d'explorer un vieux bâtiment plein d'histoires.
Maintenant, je réalisais surtout que certaines de ces histoires pouvaient être encore bien vivantes.
Je baissai les yeux vers le morceau de gravat qui s'était arrêté devant mes chaussures avant de laisser échapper un léger sourire.
Avec un peu de recul, je commençais à comprendre ce qui s'était passé.
Il m'avait fait peur.
Volontairement.
L'idée me donna presque envie de lever les yeux au ciel. Presque.
Je finis par relever la tête, un sourire un peu plus franc au coin des lèvres.
" Euh... je crois que je préfère largement les pigeons, finalement. Lui, au moins, il essayait juste de sortir par la fenêtre. Et... promis, si j'en recroise un autre, j'essaierai de ne pas lui faire croire que c'est moi qui ai eu le plus peur.
Par contre... le gravat, c'était toi, hein ? J'ai vraiment cru qu'il y avait quelque chose derrière cette porte. Franchement... ce n'était pas très gentil. "
Je pris une petite moue faussement vexée qui ne dura pas bien longtemps avant de laisser échapper un petit rire. Au fond, maintenant que je savais d'où venait le bruit, la scène me paraissait déjà un peu moins effrayante. J'avais surtout eu peur de ce que mon imagination avait inventé toute seule.
Je laissai ensuite mon regard parcourir une nouvelle fois les ruines.
Malgré tout, je les trouvais toujours aussi fascinantes.
Les murs abîmés, les portes de travers, les fenêtres sans vitres... tout donnait l'impression que le temps s'était arrêté ici sans jamais vraiment effacer ce qui s'y était passé autrefois. J'essayais presque d'imaginer les couloirs lorsqu'ils étaient encore remplis de médicomages, de patients et de sorciers pressés. C'était étrange de penser qu'un endroit qui avait dû être si vivant pouvait devenir aussi silencieux.
Je reportai finalement mon attention sur le garçon.
Plus je réfléchissais, plus je me disais qu'il ne devait pas venir ici pour la première fois. Il parlait des couloirs comme quelqu'un qui les connaissait déjà, savait quelles pièces éviter et se déplaçait sans hésiter là où, moi, je faisais craquer absolument tout ce qui se trouvait sous mes pieds.
Je n'étais pas certaine de comprendre pourquoi quelqu'un reviendrait souvent dans un endroit pareil... mais, pour le moment, j'étais surtout contente de ne plus être toute seule.
" Tu connais vraiment bien les lieux, on dirait. Tu savais exactement quelle porte éviter et même où le plancher risquait de s'écrouler... Moi, je suis juste tombée dessus en me promenant dans Londres. Enfin... "juste"... je crois surtout que ma curiosité m'a encore joué un tour.
Maintenant que je suis là, j'avoue que j'aimerais quand même voir un peu les ruines. Enfin... les parties où je ne risque pas de passer au travers du sol, de préférence. Si ça ne te dérange pas... tu voudrais bien me montrer ? "
Je lui adressai un sourire un peu timide.
Quitte à continuer cette visite, autant le faire avec quelqu'un qui connaissait les pièges des lieux. Ça me semblait être une bien meilleure idée que de laisser ma curiosité décider toute seule du chemin à suivre.
1252 mots
@Léonidas Vance
2A RP #691414 « Les bonnes idées changent le monde. Les mauvaises écrivent les légendes. »
