À celui qui ne les lira jamais
À celui qui ne les lira jamais
Il s'agit d'un recueil d'OS regroupant les lettres que Lylas a écrites sans jamais les envoyer après sa rupture avec Max. Toutes sont conservées précieusement dans une unique enveloppe sans nom ni adresse.
Afin d'éviter les soucis d'ordre chronologique à l'avenir, je mets en place un sommaire permettant de répertorier chaque lettre correctement. A la fin de chaque post sera présent un retour au sommaire pour vous permettre de découvrir ces écrits dans l'ordre chronologique.
SOMMAIRE11/09/2050 - Tout me ramène à toi
25/09/2050 - Ce que ton absence fait de moi
03/01/2051 - Le premier, pour toujours
07/01/2051 - Condamnée à espérer
14/02/2051 - Je déteste t'aimer encore
Dernière modification par Lylas Mistérya le 7 août 2026, 15:00, modifié 5 fois.
À celui qui ne les lira jamais
Tout me ramène à toi
Avait-elle passé une nuit correcte depuis son retour au château ? Aucune. Et, lorsqu'elle trouvait le sommeil, les souvenirs de l'année passée réussissaient à se frayer un chemin dans ses rêves sans aucune difficulté. Mais son retour à Poudlard ne faisait qu'amplifier un phénomène qui avait commencé des mois auparavant.
Pendant les vacances, Auriana l'avait obligée à avaler des philtres calmants et des potions de sommeil. Mais Lylas détestait prendre toutes ces potions, qui ne réglaient le problème que temporairement. Parce qu'il était toujours là. Dans ses pensées. À hanter son esprit. Maxence.
Alors, elle avait soigneusement rempli chacune de ses journées. Un seul objectif : ne plus avoir d'espace mental suffisant pour laisser les souvenirs la rattraper. L'Anglaise avait décidé d'appliquer la même stratégie au château. Plus son cerveau serait concentré sur les projets qu'elle avait, moins il aurait de temps pour la torturer avec des souvenirs de Max.
Enfin, c'était ainsi que tout était censé fonctionner. Malheureusement, la lionne avait oublié un détail important. Si à Slaugham, aucun de ses souvenirs n'était directement lié à son ex, ici, à Poudlard, tout était différent. Chaque recoin de cette immense bâtisse comportait des souvenirs liés au serpent. Et cela lui était insupportable. Elle avait l'impression de le voir partout, l'impression qu'il pouvait surgir à n'importe quel moment.
Alors, ce matin, elle était descendue dans le parc, espérant vainement qu'un peu d'air frais l'aiderait à se changer les idées. Ses jambes l'avaient emmenée près du lac, là où elle retrouvait Max lorsqu'ils partaient pour PAL. Un soupir lui échappa, et la Gryffondor se contenta de s'asseoir, sachant pertinemment qu'elle ne trouverait aucun endroit où Max ne serait pas.
Prise d'une soudaine fureur, elle sortit une plume ainsi que du papier à lettres de son sac. Sans plus attendre, elle noircit d'encre la feuille de papier, laissant libre cours à son esprit. Tout ce qu'elle voulait, c'était arrêter de le voir partout. Elle voulait seulement oublier. Était-ce trop demander ?
Dimanche 11 septembre 2050
~ 10:30
~ 10:30
Avait-elle passé une nuit correcte depuis son retour au château ? Aucune. Et, lorsqu'elle trouvait le sommeil, les souvenirs de l'année passée réussissaient à se frayer un chemin dans ses rêves sans aucune difficulté. Mais son retour à Poudlard ne faisait qu'amplifier un phénomène qui avait commencé des mois auparavant.
Pendant les vacances, Auriana l'avait obligée à avaler des philtres calmants et des potions de sommeil. Mais Lylas détestait prendre toutes ces potions, qui ne réglaient le problème que temporairement. Parce qu'il était toujours là. Dans ses pensées. À hanter son esprit. Maxence.
Alors, elle avait soigneusement rempli chacune de ses journées. Un seul objectif : ne plus avoir d'espace mental suffisant pour laisser les souvenirs la rattraper. L'Anglaise avait décidé d'appliquer la même stratégie au château. Plus son cerveau serait concentré sur les projets qu'elle avait, moins il aurait de temps pour la torturer avec des souvenirs de Max.
Enfin, c'était ainsi que tout était censé fonctionner. Malheureusement, la lionne avait oublié un détail important. Si à Slaugham, aucun de ses souvenirs n'était directement lié à son ex, ici, à Poudlard, tout était différent. Chaque recoin de cette immense bâtisse comportait des souvenirs liés au serpent. Et cela lui était insupportable. Elle avait l'impression de le voir partout, l'impression qu'il pouvait surgir à n'importe quel moment.
Alors, ce matin, elle était descendue dans le parc, espérant vainement qu'un peu d'air frais l'aiderait à se changer les idées. Ses jambes l'avaient emmenée près du lac, là où elle retrouvait Max lorsqu'ils partaient pour PAL. Un soupir lui échappa, et la Gryffondor se contenta de s'asseoir, sachant pertinemment qu'elle ne trouverait aucun endroit où Max ne serait pas.
Prise d'une soudaine fureur, elle sortit une plume ainsi que du papier à lettres de son sac. Sans plus attendre, elle noircit d'encre la feuille de papier, laissant libre cours à son esprit. Tout ce qu'elle voulait, c'était arrêter de le voir partout. Elle voulait seulement oublier. Était-ce trop demander ?
Max...
Tu as vu, j'ai tenu.
Tout l'été. Sans t'écrire une seule lettre.
Pour respecter notre choix. Pour te laisser ta liberté.
Mais aujourd'hui, je ne tiens plus, j'ai besoin de t'écrire. Parce que, si cet été tu te contentais de hanter mes nuits, ici, tu t'invites même en journée.
Poudlard sans toi, ce n'est pas la même chose. C'était tellement plus simple, les cinq années précédant notre rencontre. Je ne te connaissais pas et cela était sûrement mieux ainsi.
Comme j'aimerais revenir à cette époque ! Celle où mon regard ne se dirigeait pas constamment vers la table des verts. Celle où mes nuits n'étaient pas hantées par une paire d'yeux bleu acier. Celle où le son de ta voix ne me faisait ni chaud, ni froid. Voilà, c'est exactement ce que je veux, revenir à l'époque où tu n'étais qu'un inconnu à mes yeux. Où ton avis ne m'importait guère. Où ton absence n'était pas une torture permanente.
Parce que la vérité, c'est que tu manques Max. Tu me manques atrocement ! Aujourd'hui, tu n'es plus là et je te déteste pour cela. Pour cela et pour tout le reste d'ailleurs. Tu m'as fait ressentir ce que je m'étais juré de ne jamais ressentir. Tu m'as désarmé pour mieux contourner mes barrières. Tu connaissais mes doutes et mes contradictions. Et malgré tout ça, tu m'as renvoyé face à mes peurs les plus profondes. Tu m'as laissé seule, hantée, par nos souvenirs.
Ma souffrance devrait être tienne, et pourtant, je n'arrive pas à te souhaiter le moindre malheur.
Je me déteste pour cela. Je savais que l'amour n'était qu'un mirage. Pourtant, plonger dans ton regard est une des choses qui me manque le plus, avec ta manie de toujours chercher à me faire rougir. Me réfugier entre tes bras me manque aussi. T'entendre rire, te voir sourire, t'écouter parler de tes héros moldus préférés, te regarder te chamailler avec Tess... Tout cela me manque bien plus que je ne le voudrais.
Max, dis-moi, dis-moi comment j'en suis arrivée là.
Dis-moi, comment je suis tombée si bas.
Lylas .
À celui qui ne les lira jamais
Ce que ton absence fait de moi
Voilà que ses pas l'avaient encore mené ici. En sortant du dortoir, elle n'avait pas vraiment réfléchi. Son cerveau était en compote, car réfléchir, elle l'avait fait toute la nuit. Et toute la matinée également. Elle avait donc laissé son instinct prendre le dessus. Quelle sombre erreur ! Il l'avait ramené à cet endroit bien trop familier. En regardant autour d'elle, une montagne de souvenirs lui revint en mémoire. L'Anglaise laissa ses jambes se dérober et elle se retrouva assise dans l'herbe.
Seule.
Si elle n'avait que peu dormi, elle n'était pas sortie très tôt du lit. Elle avait même loupé le petit-déjeuner. De peur de croiser une âme présente à la soirée de la veille. Par Merlin, que lui était-il passé par la tête ? Elle avait honte rien que d'y penser.
Tout cela ne serait pas arrivé s'il avait été là. S'il ne l'avait pas abandonné, à son tour. Une larme coula le long de sa joue. Elle l'essuya vivement, fermant les yeux pour empêcher les suivantes de ruisseler à leur tour. Elle n'avait pas le droit de pleurer. C'était elle la fautive. C'était elle qui était présente à cette soirée. Elle et elle seule.
Alors pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'elle en voulait autant à Maxence ?
Ne sachant que faire, elle sortit du papier, une plume et se mit à écrire.
En avant les mentions...
@Nélya Marks, @Renn Saeunn, @Ruby Everheart, @Constance Nelson, @Jedediah Wilde
Dimanche 25 septembre 2050
~ 15:30
~ 15:30
Voilà que ses pas l'avaient encore mené ici. En sortant du dortoir, elle n'avait pas vraiment réfléchi. Son cerveau était en compote, car réfléchir, elle l'avait fait toute la nuit. Et toute la matinée également. Elle avait donc laissé son instinct prendre le dessus. Quelle sombre erreur ! Il l'avait ramené à cet endroit bien trop familier. En regardant autour d'elle, une montagne de souvenirs lui revint en mémoire. L'Anglaise laissa ses jambes se dérober et elle se retrouva assise dans l'herbe.
Seule.
Si elle n'avait que peu dormi, elle n'était pas sortie très tôt du lit. Elle avait même loupé le petit-déjeuner. De peur de croiser une âme présente à la soirée de la veille. Par Merlin, que lui était-il passé par la tête ? Elle avait honte rien que d'y penser.
Tout cela ne serait pas arrivé s'il avait été là. S'il ne l'avait pas abandonné, à son tour. Une larme coula le long de sa joue. Elle l'essuya vivement, fermant les yeux pour empêcher les suivantes de ruisseler à leur tour. Elle n'avait pas le droit de pleurer. C'était elle la fautive. C'était elle qui était présente à cette soirée. Elle et elle seule.
Alors pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'elle en voulait autant à Maxence ?
Ne sachant que faire, elle sortit du papier, une plume et se mit à écrire.
Max...
Tu ne vas pas le croire ! Moi, Lylas Mistérya, je me suis rendue à une fête clandestine au château. Non, non, tu ne rêves pas. D'accord, il y avait Nélya. Renn et Ruby également, mais tout de même ! Toi qui me charriais tout le temps sur mon insociabilité... Il faut croire que l'année passée à tes côtés a eu des effets positifs...
Tu aurais adoré ma tenue, et j'aurais adoré entrer à ton bras. Mais tout cela, tu le sais déjà. Alors je ne m'étendrais pas en sentiment. Non, je vais juste te raconter ma soirée, comme je l'aurais fait si tu avais été ici, avec moi. Laisse-moi te prévenir, tu n'aimeras pas la fin. Je vois d'ici ton regard réprobateur, mi vexé, mi offensé. Mais tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même, c'est ton choix, celui de sortir de ma vie, qui a provoqué cela.
Enfin, reprenons du début. Nélya était surexcité comme à son habitude. Nous n'étions même pas arrivées que déjà ma batterie sociale diminuait drastiquement. Comme je te l'ai dit, le Quatuor des Gryffones étaient de sortie. Honnêtement, et en toute objectivité, il n'y avait pas plus belles que nous. Tu aurais dû voir ça, on a fait tourner plus d'une tête.
On discutait lorsque la soirée à commencer à basculer. Cette fille, Constance, est arrivée au bras de son copain. Elle s'est sentie obligée de venir étaler son bonheur sous mes yeux. Max, je me suis sentie tellement mal. Cette vision m'a renvoyé à tout ce que je me forçais d'oublier. Toi. Nous. Je me suis mise à imaginer que cette fête avait lieu l'an dernier. Que tu étais à mes côtés, portant ta belle veste verte. Je pouvais presque sentir ton parfum. C'était tout bonnement insoutenable.
Pour oublier, je n'ai trouvé qu'une solution. M'éloigner des filles et boire un cocktail à base de vodka. Si seulement la fête s'était fini ainsi, je me sentirai moins pitoyable aujourd'hui. Mais ton absence me pousse à faire des choses impensables. Max, j'ai vraiment l'impression de ne plus être moi dans ces moments-là...
Ce petit Poufsouffle est apparu devant moi. Il devait être en quatrième ou cinquième année. Il s'appelle Jed. Enfin, cela doit être un diminutif, quelle importance... Hier soir, tout ce qui m'importait, c'était qu'il ne me faisait pas penser à toi. Parce qu'hier soir, tout mon être te détestait et mon souhait restait le même que les jours précédents, je voulais t'oublier.
J'ai merdé, Max. Je n'en suis pas fière. Je sais que c'était mal. Pire, sur le moment, je savais que j'agissais de la mauvaise manière. Mais mon coté Serpentard a pris le dessus, et j'étais bien trop heureuse, de pouvoir t'oublier quelques minutes, pour mettre fin à cette mascarade.
Je voulais simplement m'amuser un peu. Jed, c'est avéré être la distraction parfaite. Le pauvre découvre juste les hormones, alors, comment voulais-tu qu'il résiste à mes charmes. Et puis Ruby est entrée dans la danse. Elle m'a encouragé, à sa manière. Les paris étaient lancés. Qu'est-ce qui lui ferait perdre les pédales en premier, l'alcool ou moi ? Toi qui connais si bien mes talents, tu sais qu'il n'avait aucune chance. Ruby le savait aussi. Et, je le savais également.
Un événement extérieur est venu interrompre mon petit jeu. Heureusement pour Jed, parce qu'il avait déjà perdu une bonne partie de ses moyens. Et heureusement pour moi, ainsi, je n'ai rien de plus à me reprocher.
Quoiqu'il en soit, tu es autant fautif que moi.
Tu m'as laissé seule, dans un endroit où tu es partout.
Sans te soucier des potentielles conséquences.
Et pour cela, je te déteste.
Lylas.
En avant les mentions...
@Nélya Marks, @Renn Saeunn, @Ruby Everheart, @Constance Nelson, @Jedediah Wilde
À celui qui ne les lira jamais
Je déteste t'aimer encore
Mardi 14 Février 2051
~ 14:30
~ 14:30
Cela devait bien faire une heure que l'Anglaise était assise là, le regard vide, et les joues humides. Qui avait décidé de mettre une pause aussi longue dans cette journée ? Pourquoi est-ce que ce jour devait tomber un mardi ? Pourquoi est-ce qu'aujourd'hui n'était pas jeudi ?
Devant elle, des photos et des lettres reçues. Ainsi que des lettres écrites, mais jamais envoyées. Lylas attrapa une photo. Ce simple mouvement lui demanda un effort considérable. Pourquoi est-ce que cette journée existait ? Qui était l'idiot qui l'avait inventé ? Heureusement que la gryffone ne le connaissait pas, si elle avait simplement son nom, il aurait reçu un hibou bien désagréable.
Un rire se fit entendre. Lylas ne bougea pas d'un millimètre. Elle n'avait aucune envie de ressentir la moindre émotion positive. Aucune envie d'assister à la moindre manifestation de joie. De toute manière, elle aurait été incapable de se contrôler. Sa capacité à rester zen avait atteint sa limite suite à l'interaction matinale qui incluait Ruby et son stupide bouquet de fleurs.
Par Circé, à quel moment avait-elle vendu son âme au diable ? Comment tout cela avait pu dégénérer aussi vite ? Elle se souvenait d'une époque, pas si lointaine, où cette fête lui importait peu. Alors pourquoi n'arrivait-elle pas à passer outre aujourd'hui ? Pourquoi son esprit restait-il bloqué sur son absence ? Pourquoi le château tout entier avait décidé de lui rappeler qu'elle était seule et qu'il l'avait abandonné ?
Pensait-il seulement à elle en ce jour si particulier ?
Max...
Cela faisait un petit moment que je ne t'avais pas écrit... J'avais même fini par croire que mon esprit était en train de t'oublier, petit à petit. Que je n'avais plus besoin de t'écrire, que je redevenais enfin celle que j'étais avant. Quelle idiote j'ai été ! J'aurai dû me douter que je ne pourrais pas passer ce jour en paix.
Je n'ai pas dormi. Tu sais pourquoi ? Parce que j'ai l'impression que tu m'oublies. Alors que moi, je te vois encore partout.
D'ordinaire, j'arrive à rester de marbre, mais aujourd'hui... Comment veux-tu que je reste calme quand tout le monde s'amuse à me balancer son bonheur au visage ? Même Ruby a décidé de se liguer contre moi. Avec son bouquet de roses ridicule ! J'aurais voulu faire brûler ces fameuses fleurs et la forcer à regarder. Je les aurais même renvoyées à leur expéditrice. Le pire, c'est que je suis certaine que sur le moment, cela m'aurait apaisé. Juste un instant. Un tout petit instant. Avant que ce geste ne me hante chaque jour comme tu me hantes chaque nuit...
Max, si tu savais comme je déteste penser cela. Mais je te promets que si je revois ces roses aujourd'hui, je les crame sans états d'âme. Advienne que pourra de mon âme.
Tu sais quel jour on est ? Suis-je bête, bien sûr que oui, tu le sais. Même Nélya a fait le lien entre la date, mon état pitoyable et ton absence.
Cette journée me laissait indifférente jusque l'an dernier. Jusqu'à ce que je la passe à tes côtés. Jusqu'à ce que je comprenne à quel point ce jour pouvait être merveilleux. Mais à présent... C'est sans doute le pire jour du monde.
Max, je crois qu'à cet instant précis, je ne saurais même pas dire si je t'aime ou si je te déteste. Très certainement les deux à la fois. Si tu apparaissais devant moi au moment où j'écris ces mots, la trace de ma main se graverait violemment sur ta joue, juste avant que mes lèvres ne s'emparent des tiennes.
Mais je suis sûre que tu as conscience de tout cela...
Tu es devenu à la fois le poison qui m'achèvera et l'antidote qui m'empêchera de sombrer.
Cela m'effraie au plus au point.
Parfois, j'aimerais juste être oubliété. Puis je me rappelle que cela ne servirait à rien puisqu'un jour, je te recroiserai et l'histoire recommencerait. Comme une boucle infinie.
J'aurais préféré ne jamais croiser ton chemin. Ne jamais t'entendre me chuchoter à quel point tu m'aimais.
Max, dis-moi ce que je n'ai pas compris.
Dis-moi ce qui m'a échappé.
Dis-moi pourquoi tu as fui.
Dis-moi ce que j'ai fait.
Ou plutôt ce que je n'ai pas fait.
Et surtout, dis-moi comment ne plus t'aimer.
Lylas.
Mentions du jour...
@Nélya Marks, @Ruby Everheart
À celui qui ne les lira jamais
Le premier, pour toujours
Mardi 3 Janvier 2051
~ 15:30
~ 15:30
L'Anglaise sortait à peine du bureau de son sous-directeur. Elle venait de prendre une décision importante pour son avenir. Elle avait besoin d'en parler. Besoin d'une personne supplémentaire qui validerait sa décision.
La lionne était sûre de son choix. Aucun doute sur le fait qu'elle se plairait dans cette faculté. La seule chose qui l'inquiétait, c'était de l'annoncer à Talya. Normalement, tout se passerait bien. Elle n'avait pas choisi la musique et l'art, donc sa mère devrait être contente. Mais Lylas avait conscience que l'esprit de sa mère était un tourbillon indomptable. Personne ne réfléchissait comme elle. Alors comment savoir si son choix ne déclencherait pas une nouvelle guerre ?
Perdue dans ses pensées, elle ne s'était pas rendu compte que ses pas l'avaient menée ici. Un sourire sarcastique vint chasser son air pensif. " Forcément, c'est auprès de toi que je me suis rendue... " Maintenant, qu'elle était là, autant lui raconter ce qui la tracassait. Comme avant, lorsqu'il était encore en mesure de l'écouter et de lui changer les idées.
Max...
Ai-je déjà pris le temps de te demander comment se passait ton année ? Es-tu heureux en Écosse ? Est-ce que la GEAD est comme dans tes rêves ? T'y sens-tu à ta place ? Raconte-moi tout, je n'attends que ça de tes nouvelles... Es-tu content de ton choix de filière ? J'ai entendu dire que les professeurs de cette école sont très exigeants. Est-ce que tu t'en sors ? Je suis sûre que tu les épates tous. Dis-moi, quelle est ta matière préférée ? Quel genre de cours est-ce que tu suis ? Et puis, il y a Tess et Liam, arrives-tu à trouver du temps pour eux ?
Allez, j'arrête avec mes questions... De toute manière, elles ne t'arriveront jamais...
Laisse-moi juste de dire que je sais à quel point c'est important pour toi, alors je t'envoie tous mes encouragements pour cette seconde partie d'année. Et surtout, ne doute pas de toi. Suis ton instinct et tout ira bien.
De mon côté, tout va bien au cas où tu te poserais la question.
J'ai commencé à réviser mes ASPICS, Mère me met une pression de dingue comme tu t'en doutes. Entre ça et les choix à faire pour mon avenir... J'aurais aimé que tu sois là, avec moi. T'entendre me dire que tout se passerait bien et que je n'avais pas à m'en faire.
Enfin, restons sur du positif pour une fois ! J'ai une bonne nouvelle à t'annoncer ! Je sais dans quelle fac je vais postuler. Je voulais que tu sois le premier à le savoir. Parce que tu aurais été le premier si tu avais été là... Ce sera la Fac de Soin aux Créatures Magiques ! Je te vois d'ici lever les yeux au ciel et prendre ton air de "je le savais, je m'en doutais". Mais ce que tu ne sais pas, c'est que Mister Dawson a accepté de me rédiger une lettre de recommandation ! C'est génial, tu ne trouves pas ?
Max... J'ai fait ce choix pour moi et j'en suis vraiment heureuse mais... Penses-tu qu'elle l'acceptera ? Je ne compte pas changer d'avis, quoi qu'il puisse arriver mais... Si je m'apprêtais à détruire le semblant de paix qu'on avait retrouvé. Si, à cause de moi, une nouvelle guerre éclatait...
Je sais qu'importe la situation, tu me soutiendras. Je crois que j'ai juste besoin d'entendre ta voix à nouveau. Besoin de ce sentiment de sécurité que je n'ai plus ressenti depuis notre dernière étreinte.
J'ai besoin de toi, Max.
Seulement besoin de toi.
Lylas.
À celui qui ne les lira jamais
Condamnée à espérer
Elle avait espéré. Parce qu'elle était ainsi.
Depuis petite Auriana lui disait que l'espoir était un trésor.
Qu'il fallait le chérir et ne surtout pas le laisser s'échapper.
Lylas l'avait écouté. Comme toujours.
D'abord au sujet de Talya. Même quand tout semblait impossible et que tout lui semblait perdu, elle espérait. Au début, c'était pour faire plaisir à sa grand-mère. Pour ne pas la perdre elle aussi. Puis, c'était devenu une habitude. Elle avait beau savoir que tout était vain, ce minuscule sentiment d'espoir l'empêcher de sombrer. Cela avait fini par payer, puisque sa relation avec sa mère semblait s'arranger. Ou du moins, elle ne se dégradait plus.
Alors, quand elle avait vu la date de son anniversaire approcher, elle s'était permis d'espérer. Inconsciemment, ce poison qu'était l'espoir s'était frayé un chemin dans son esprit, jusqu'à s'y faire une nouvelle place.
Elle n'avait aucune nouvelle depuis des mois. Depuis leur rupture pour être exacte. Pourtant, elle avait espéré qu'il se souvienne de cette date. Qu'il lui envoie un cadeau, une lettre ou n'importe quoi d'autre. Elle aurait même accepté un caillou de sa part. Tout ce qu'elle espérait, c'était un signe de vie. Un signe qu'il pensait à elle. Elle voulait un fragment de sa journée.
Ce n'était pas grand-chose comparé à ce qu'il lui avait dérobé en partant. Alors pourquoi ? Pourquoi ne lui avait-il pas offert, ne serait-ce qu'une pensée ? Pourquoi ne lui avait-il rien envoyé hier ? Et pourquoi avait-elle espéré un retard de hibou ?
Rien hier.
Rien ce matin.
Elle n'aurait rien demain non plus.
Elle était là, près du lac, assise à leur endroit, à fixer un bout de parchemin vierge, une plume à la main. Elle était seule, hantée par ses souvenirs et détruite par l'espoir vain qui ne daignait pas quitter son âme.
Samedi 7 Janvier 2051
~ 11:30
~ 11:30
Elle avait espéré. Parce qu'elle était ainsi.
Depuis petite Auriana lui disait que l'espoir était un trésor.
Qu'il fallait le chérir et ne surtout pas le laisser s'échapper.
Lylas l'avait écouté. Comme toujours.
D'abord au sujet de Talya. Même quand tout semblait impossible et que tout lui semblait perdu, elle espérait. Au début, c'était pour faire plaisir à sa grand-mère. Pour ne pas la perdre elle aussi. Puis, c'était devenu une habitude. Elle avait beau savoir que tout était vain, ce minuscule sentiment d'espoir l'empêcher de sombrer. Cela avait fini par payer, puisque sa relation avec sa mère semblait s'arranger. Ou du moins, elle ne se dégradait plus.
Alors, quand elle avait vu la date de son anniversaire approcher, elle s'était permis d'espérer. Inconsciemment, ce poison qu'était l'espoir s'était frayé un chemin dans son esprit, jusqu'à s'y faire une nouvelle place.
Elle n'avait aucune nouvelle depuis des mois. Depuis leur rupture pour être exacte. Pourtant, elle avait espéré qu'il se souvienne de cette date. Qu'il lui envoie un cadeau, une lettre ou n'importe quoi d'autre. Elle aurait même accepté un caillou de sa part. Tout ce qu'elle espérait, c'était un signe de vie. Un signe qu'il pensait à elle. Elle voulait un fragment de sa journée.
Ce n'était pas grand-chose comparé à ce qu'il lui avait dérobé en partant. Alors pourquoi ? Pourquoi ne lui avait-il pas offert, ne serait-ce qu'une pensée ? Pourquoi ne lui avait-il rien envoyé hier ? Et pourquoi avait-elle espéré un retard de hibou ?
Rien hier.
Rien ce matin.
Elle n'aurait rien demain non plus.
Elle était là, près du lac, assise à leur endroit, à fixer un bout de parchemin vierge, une plume à la main. Elle était seule, hantée par ses souvenirs et détruite par l'espoir vain qui ne daignait pas quitter son âme.
Max...
J'y croyais, tu sais. En fait, je crois que je t'attends encore.
C'est bête, je sais. Je finis même par en vouloir à Grand-Mère de m'avoir appris ce qu'était l'espoir.
Tu ne m'as pas oublié, n'est-ce pas ? Tu es juste trop concentré sur tes études. Trop concentré sur ce qui est important...
Depuis quand mon anniversaire est devenu si important à mes yeux ? Je me souviens d'un monde où je ne recevais rien. Ni cadeau, ni attention. Un monde dans lequel tu n'étais pas. Un monde qui me convenait parfaitement et que tu m'as enlevé sans états d'âme.
La vérité, c'est que je n'ai même pas ouvert le paquet envoyé par Grand-Mère. Je n'ai pas accordé plus d'attention à celui reçu de la part de Mère. Je ne saurais même pas te dire quel cadeau Nélya m'a fait. Parce qu'aucun ne venait de toi, alors que tout mon être ne souhaite qu'une seule chose. Un signe de ta part.
Alors, j'attends. Que les souvenirs t'envahissent à ton tour. Que tu ne puisses plus penser à rien d'autre qu'à nous. Que tu entendes un air de guitare dans un parc. Que tu aies besoin de nouveaux vêtements. J'attends en silence que les dieux aient pitié de moi et te rappelle mon existence.
J'attends et je subis une dure réalité.
Bien pire que ton absence.
Si tu ne m'écris pas. Si tu ne m'envoies rien. Je vais espérer que tu le fasses.
Espérer que tu ne m'oublies pas.
Si tu m'écris. Si tu m'envoies un signe. Je vais sourire.
Sourire et espérer que cela signifie que tu veux bien de moi.
Comme avant.
Alors, tu vois, quoi que tu fasses, je suis condamnée.
Condamnée à t'aimer.
Condamnée à t'attendre.
Prise au piège par un sentiment qui était censé m'aider et me donner de la force.
Brisée par l'espoir.
Lylas.