♾️ A PV : Aelle Bristyle

PV : @Aelle Bristyle

Dimanche 4 Juin 2051
16 heures


-Le Creux / Loch Torridon - Écosse-

Quelques jours après leur rencontre au Pitiponk


Le Creux avait le don d’effacer le bruit du monde. Le plus jeune de la lignée Fleurdelys s’y sentait toujours à sa place. Assis sur le sol baigné de lumière, les manches retroussées, Gabryel avait laissé Aurelyan grimper le long de ses mains. Le lézard ocellé avançait avec la lenteur prudente propre à son espèce. Il s’arrêtait parfois pour regarder son maître de ses grands yeux curieux.

L’Écossais laissa échapper un petit rire lorsqu’il sentit les petites griffes chatouiller sa peau. Du bout du doigt, il effleura le sommet du crâne de son reptile, et lui gratta doucement le cou. L’animal inclina légèrement la tête, comme pour réclamer davantage de caresses. Puis Gabryel recula sa main de quelques centimètres, ce qui obligea Aurélyan à poursuivre son ascension le long de son bras, dans un jeu que tous deux connaissaient par cœur.

À plusieurs reprises, le lézard s’immobilisa afin de profiter de la chaleur qui coulait du puits de lumière. L’extrémité translucide de sa petite queue supplémentaire s’agitait doucement de bien-être. Le sorcier le regardait faire avec une grande tendresse dans les yeux. Avec Aurelyan, il n’avait jamais besoin de jouer un rôle ou de masquer ses émotions pour se protéger.

Le Creux était paisible. Seuls résonnaient le souffle du vent, et les petits frottements des griffes de l’ocellé sur le tissu de sa chemise entrouverte. Gabryel ne prêtait aucune attention à l’entrée de la grotte. Il profitait simplement de cet instant, sans attendre quoi que ce soit de particulier. Et si quelqu’un(e) finissait par trouver le chemin jusqu’au Creux, le Rouge et Or serait déjà là.

Reducio
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Gabryel Fleurdelys
Sorcier diplômé
Médiateur PFR

♾️ A PV : Aelle Bristyle
Dimanche 4 juin 2051
Le Creux — Écosse
21 ans



Lorsque le transplanage m'emporte et m'arrache à l'AESM, j'ai encore la tête lourde de toutes les taches qui seront les miennes ces prochains jours, si bien que je ne me questionne pas sur mon envie d'aller au Creux ou sur la possibilité que Gabryel soit présent. Je me contente de transplaner et d'y aller.

Demain, il faudra qu'à huit heures tapantes je me rende dans cette ruelle de Tinworth et que je me soumette à toutes les procédures administratives pour valider le début de mon stage au sein de laboratoire de recherche Greyhaven & Valemont Research. Je rencontrerai pour la seconde fois celui qui sera mon maître de stage et que j'ai trouvé passablement fade la première fois que je l'ai vu, bien qu'il ait évoqué quelques pistes de recherche sur lesquelles je pourrais travailler avec lui assez intéressantes, notamment lorsqu'il a été question de distorsion magique qui sera l'axe de recherche principal de ce stage — la suite logique, après mon stage en Islande avec Arlene Howard. Jaak Hepner, donc, est l'une des vieilles connaissances estoniennes de Zak du temps où il vivait et travaillait là-bas. En visite depuis quelques mois en Grande-Bretagne, il a accepté de prendre une stagiaire puisqu'il travaille en collaboration avec des chercheurs anglais.

J'ai encore la tête remplie de toutes ces considérations lorsque j'atterris un peu brutalement sur le petit morceau de montagne qui donne sur un loch que je connais désormais bien. C'est ce qui arrive quand on transplane en étant peu concentrée, songé-avec aigreur en me courbant en deux pour faire passer la nausée : l'estomac n'apprécie guère. Lorsque je parviens à me redresser, mon regard accroche le sommet des montagnes qui s'élèvent autour du loch. Naturellement, j'ai pris l'habitude, lorsque je viens au Creux, de ne pas apparaître directement à l'intérieur, comme je le fais pour les appartements ou les maisons : si le Creux était une maison, l'endroit où je me trouve actuellement serait le palier.

Tout en étouffant un bâillement, je me glisse dans le passage qui m'a été montré par Gabryel il y a une éternité. J'en connais désormais la moindre aspérité et je sais quand est-ce que je dois baisser la tête pour ne pas me cogner contre la paroi. Au loin se dessine déjà l'ouverture dans la roche qui donne sur l'intérieur de la montagne. La lumière m'aveugle jusqu'à ce que je sois suffisamment proche pour apercevoir les détails qui composent le Creux. Avant d'atteindre ce dernier, je me questionne sur la possible présence de Gabryel et sur mon envie, ou non, qu'il soit là. Puis j'arrive dans la grotte et je l'aperçois aussitôt.

Je m'immobilise dans l'entrée et fait glisser ma bandoulière de mon épaule. Je garde mon sac dans les mains, le regard fixé sur le jeune homme assis au centre d'un puits de lumière. C'est à peine si je regarde Aurelyan ; je n'ai d'intérêt que pour le torse de Gabryel sur lequel, à ma plus grande frustration, je ne parviens pas à voir ce que je désire voir à cause de ma position. Mes yeux remontent vers son visage.

« Salut, » je dis sans plus de cérémonie en m'avançant dans la grotte.

Zikomo choisit ce moment-là pour bondir de mon épaule afin d'atteindre une petite cavité en hauteur qu'il a trouvé lors de l'une de ses nombreuses explorations. De là, il peut observer tout en étant tranquille. À son tour il salut le jeune homme. Moi, je m'avance jusqu'à la table pour y déposer mon sac. C'est généralement ici que je m'installe pour travailler lorsque Gabryel est également présent. Cette fois-ci, je ne m'assieds pas. Je garde les yeux tournés vers le Gryffondor, tout à mes souvenirs de notre rencontre lors de la soirée au Pitiponk.
Dernière modification par Aelle Bristyle le 14 août 2026, 10:50, modifié 1 fois.

♾️ A PV : Aelle Bristyle
Un sourire naquit sur les lèvres du jeune homme aussitôt qu’Aelle eut franchi le seuil de la grotte. Il ne répondit rien, ses doux yeux posés sur elle. C’est le moment que choisit Aurelyan pour quitter l’avant-bras de son maître. Ses petites griffes se posèrent le long de son épaule, puis de sa nuque, pour atteindre enfin le sommet de son crâne. Au milieu de cette chevelure en bataille, le lézard s’installa d’un air sérieux, sa queue le long de l’oreille du jeune homme. Sa tête tourna aussitôt en direction de l’endroit où Zikomo venait de disparaître. Il le fixa, immobile, comme une sentinelle en mission militaire. Un petit rire échappa au sorcier.

- Tu sais qu’il mange des fraises ? Des vraies fraises. Il les croque, et ça a l’air pour lui d’être la meilleure chose au monde.

L’Écossais secoua doucement la tête, le visage empreint d’une expression amusée.

- Vraiment, jjjje trouve ça incroyablement drôle, un lézard qui adore les fraises. Je ne sais pas pourquoi, mais ça me ffffait rire à chaque fois.

Aurelyan, quant à lui, demeura totalement concentré sur Zikomo, comme si ces histoires de fraises étaient moins importantes que la surveillance de son voisin. Tandis que le soleil remplissait son visage de lumière depuis la cavité du plafond, Gabryel se laissa glisser dans les yeux de la sorcière.

- Bonjour, Aelle.

Gabryel Fleurdelys
Sorcier diplômé
Médiateur PFR

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Mes yeux frustrés quittent le torse du jeune homme pour suivre le cheminement du lézard qui escalade doucement mais sûrement son maître. Il grimpe jusqu'à trôner dans sa chevelure comme une sentinelle silencieuse. Je devine qu'il surveille Zikomo tout comme Zikomo doit le surveiller. Evidemment, Gabryel se laisse faire et même mieux : il rit du comportement de la petite bête. Cette vision qu'il me donne à voir, lui assis sur le sol avec au milieu de ses cheveux un lézard, et le fait qu'il soit souriant et si paisible, c'est exactement ainsi que je pourrais le décrire, si tant est que l'on me demande un jour : « comment est Gabryel Fleurdelys ? ». Je pourrais répondre qu'il est ce genre de garçon qui n'effrait pas les créatures et qui les attire naturellement à lui, tout comme il attire les rayons du soleil.

Un sourcil s'arque sur mon front lorsqu'il commence à me raconter les préférences alimentaires d'Aurelyan. Gabryel sait bien que je me fiche totalement de ce qu'aime manger son lézard, même si c'est quelque chose d'aussi étonnant que des fraises. Pourtant, il me le raconte quand même car ça lui passe par l'esprit, car c'est arrivé récemment et parce qu'il a envie de me le partager. J'écoute donc, non pas religieusement mais silencieusement, le regard braqué sur lui et toujours immobile à côté de la table. Ses sourires et son rire me laissent perplexe. Parfois, des choses de la vie font rire Gabryel. Comme l'envol d'un oiseau ou le saut d'un poisson à la surface du loch. Je ne comprends jamais trop. Aujourd'hui comme les autres fois, ce qui le fait rire ne me fait pas même sourire. C'est un fait : je ne trouve pas cela amusant qu'un lézard mange des fraises. Je trouve même cela profondément ennuyant. Mais qu'importe ? Gabryel sourit et je trouve cela suffisant de pouvoir profiter de la douceur de ses lèvres qui s'étirent et de la beauté de son regard qui brille.

Sans qu'aucune expression n'ait traversé mon visage, je m'avance jusqu'à être tout proche de Gabryel. Je le surplombe de toute ma taille, puisqu'il est toujours assis par terre. Je baisse la tête vers lui. Mais c'est Aurelyan que je regarde. Je lève doucement la main pour ne pas l'effrayer. Je passe un doigt sous sa tête rectangulaire et je caresse avec des gestes prudents sa peau rêche, comme je sais qu'il apprécie.

« J'imagine que ça doit être aussi drôle que lorsque Zikomo me raconte que son repas a été gâché par les poils de mulot qui sont restés coincés entre ses crocs, je fais d'une voix un peu narquoise, pas gênée pour un sou de faire comprendre à Gabryel que son anecdote n'a rien de drôle pour moi.
C'est vraiment insupportable, » commente Zikomo sur son petit perchoir.

Je tourne les yeux vers lui. Seul son museau dépasse. J'esquisse un sourire moqueur avant de me baisser la tête sur Gabryel. Cette fois-ci, c'est lui que je regarde. Mon sourire a disparu. Je le regarde tranquillement, de ce regard qui n'a jamais eu besoin de sourire avec lui.

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Le regard amusé, l’Écossais aurait dû s’attendre à ce qu’Aelle trouve un intérêt restreint à son histoire de fraises. Il appréciait cette manière qu’elle avait de ne jamais faire semblant sans chercher à être blessante. Il posa les yeux sur Aurelyan. Le petit lézard était immobile, les paupières basses, ravi de l’attention qu’on lui portait. Les caresses d’Aelle l’appaisait instantanément.

La voix de Zikomo résonna un peu plus haut. Fleurdelys éclata de rire.

- Fais attention, Zikomo. La plante qui est dans le pppot au-dessus fait suite à un Orchideus. Elle était trop belle mais…

Le jeune homme se gratta l’arrière du crâne.

- Malheureusement, un Oppugno a ricoché dessus quand je m’entraînais ce matin.

Plus haut, presque au raz de du plafond rocheux, de fines tiges coulaient. Au milieu d’un feuillage vert, les petites ronces de minuscules rosiers s’allongeaient parfois vers tout ce qui pouvait être à sa portée. Elles n’étaient pas agressives, mais simplement cuiriueuses.

- Une de ses bbbranches a effleuré ma manche. De toute façon, le sortilège risque de s’amenuiser rapidement.

Ses yeux revinrent sur Aelle, penchée vers Aurelyan. Le sorcier resta bouche bée un court instant, puis il fit glisser une mèche de cheveux abandonnée sur le front de la jeune femme.

- Tu es si belle. J’avais très envie de te voir.

Gabryel Fleurdelys
Sorcier diplômé
Médiateur PFR

♾️ A PV : Aelle Bristyle
Ce n'est pas la première fois que je prends conscience que ça ne me dérange pas que Gabryel s'adresse à Zikomo. Rares sont ceux que j'accepte voir discuter avec mon vieil ami. Il en fait partie. Sa remarque sur sa plante et son expérience loupée font dresser les oreilles de Zikomo et m'inspire, à moi, un soufflement moqueur par le nez. Le Mngwi se tourne aussitôt vers la plante en question, le corps ramassé sur lui-même. Il se détend dès qu'il comprend que la plante est trop loin pour l'atteindre, tant qu'il fait attention de se tenir hors de sa portée.

« Elle me rappelle une plante exécrable que j'ai rencontrée en Afrique, sur les terres ougandaises, remarque mon vieil ami en claquant des mâchoires comme pour effrayer la plante, ce qui ne marche évidemment pas. Je saurai m'en défendre le temps que perdure le sortilège. »

Je ramène mes yeux sur Gabryel avec un sourire tranquille. Mon cœur fait un bond dans ma poitrine : ses yeux ne sont plus du tout concentrés sur Zikomo ou sur son lézard, non. C'est moi qu'il regarde. Il me regarde de ce regard-là, celui qui me prévient qu'il va dire quelque chose qui va me plaire autant que me déplaire. Et cela ne loupe pas.

Je vois sa main approcher, je la vois parfaitement bien et je sais qu'il fait exprès pour me laisser le choix de me reculer si je le désire. J'aurais pu assez aisément : il m'aurait suffit de me redresser pour m'éloigner d'Aurelyan et de lui. Mais je n'en fais rien. Je laisse sa main venir. Elle caresse mon front pour le dégager d'une mèche qui le chatouillait, comme il l'a fait bien des fois avant ce jour. Son compliment ne sont que des mots qui n'ont pas de sens pour moi. La beauté est relative et ce n'est pas quelque chose qui m'importe. Je me fiche de lui plaire. La seconde, phrase, par contre... Le fait qu'il ait eu envie de me voir et qu'il l'affirme en me regardant droit dans les yeux allume quelque chose dans mon cœur. Ceci explique certainement mon geste qui va suivre.

Mes doigts quittent Aurélyan pour glisser sous le menton de l'homme toujours assis par terre. Je force sa tête à se lever davantage vers moi et la seconde d'après, sans avoir commenté son compliment idiot ou son aveu sincère, mes lèvres rejoignent les siennes. Le baiser dure exactement trois secondes. Le temps de goûter à ses lèvres et à son souffle, de sentir son envie de voir perdurer le moment à travers la douceur de ses lèvres qui me répondent. Puis je m'éloigne d'un pas en arrière avant qu'il n'ait pu m'attraper.

« C'est pas malin de s'entraîner dans un espace clos comme celui-ci, Gabryel, » je commente comme si de rien n'était.

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Gabryel n’eut pas le temps de comprendre. Les doigts d’Aelle quittèrent Aurelyan pour guider son visage vers le sien. Il crut un court instant qu’elle voulait le regarder. Il se laissa donc faire sans résister, ses yeux levés vers elle avec confiance. Puis leurs lèvres se rencontrèrent. La surprise traversa l’Écossais. Il oublia alors la grotte, Aurelyan posé au milieu de ses cheveux, et la présence de Zikomo au-dessus d’eux. Il n’y avait plus que la bouche d’Aelle contre la sienne.

Gabryel resta immobile, les paupières fermées. Avec une douceur infinie, ses lèvres répondirent à celles de l’ancienne Poufsouffle. Sous ces doigts féminins, il inclina son visage sur le côté. Une de ses mains quitta le sol, dans un geste instinctif pour la retenir contre lui. Mais trois secondes étaient terriblement courtes, et Aelle recula avant qu’il ne la touche. Il resta assis, la tête en arrière, les yeux clos. Ses lèvres restèrent entrouvertes, tandis que le souffle de la sorcière s’éloignait déjà de lui. Il aurait voulu quelques secondes de plus, assez pour lui rendre ce baiser.

La voix d’Aelle brisa le silence. Elle lui parla de son entraînement dans la grotte, et de son manque de prudence à lancer des sortilèges dans un espace fermé. L’Écossais rouvrit les yeux. Elle l’avait embrassé, et la vie reprenait son cours comme si rien ne s’était passé. Le jeune homme ouvrit la bouche, mais aucun son n’en sortit. Il passa machinalement les doigts sur ses lèvres, tandis qu’Aurelyan remua à nouveau dans ses cheveux. Le mouvement du lézard sortit enfin Gabryel de sa stupeur.

- Tu…

Un sourire s’installa sur son visage, celui d’un jeune homme d’à peine vingt ans. Il avait affronté des créatures dangereuses, connu la guerre au sein du monde magique, rencontré un dragon, des mages noirs, puis quitté Poudlard sans la moindre idée de ce que serait son avenir. Pourtant, trois secondes avaient suffi pour lui donner ce petit air idiot des garçons amoureux. Gabryel prit une profonde inspiration en se grattant la nuque.

- Je sais que ce n’est pas très mmmalin. Je pensais maîtriser la trajectoire de l’Oppugno. Enfin… presque.

L’oscellan enfonça doucement ses griffes dans la chevelure ébouriffée du Rouge et Or, comme pour rappeler sa présence.

- J’avais éloigné Aurelyan au cas où. Le sort n’aurait pas dû rrrricocher.

Son regard revint sur les lèvres d’Aelle. Le souvenir du fugace baiser s’installa dans son esprit.

- Ça a duré trois secondes. C’est vraiment très court.

Elle était si belle.

- Trop vite…

Gabryel Fleurdelys
Sorcier diplômé
Médiateur PFR