Happy True Hour PV : Alienor Delphillia

Il eut ce réflexe idiot de tendre la main, paume ouverte, et ses mots sortirent au ralenti, englués tout comme sa langue.

- Att…

Trop tard. Le petit « plop » du bouchon s’était fait entendre, dans le brouhaha du Chaudron Baveur. Les effluves avaient filé droit aux narines d’Alienor. Il vit l’instant où l’essence franchit la distance entre le fond de la fiole, et le nez de la joueuse de quidditch. Son estomac se contracta.

- T’es débile !

Le jeune sorcier cligna des yeux, à la traîne d’une demi-seconde sur tout. La remontrance d’Alienor lui tomba dessus avec la force d’une coup de batte.

- Les emmerdes commencent. On n’a pas fini.

Il n’eut même pas conscience d’avoir prononcé ces mots. Sa bouche s’était entrouverte d’elle-même. Il hocha la tête dans un réflexe coupable.

- J’ai… Je n’ai pas eu le temps… de te le dire. J’suis un peu… ralenti.

Il avala sa salive, conscient que chaque syllabe pouvait encore s’échapper malgré lui. Il effleura la bouteille du bout des doigts.

- C’est… pour ma mère. Elle commande souvent des potions, pour les étudier. Elle est ppppotionniste… et herbbbologiste. Elle en récupère chez l’Apothic’Herbes, elle observe, elle recompose, et cherche à s’améliorer. J’suis juste… l’intermédiaire.

L’Écossais sentit une chaleur remonter le long de sa nuque. Sa lucidité faisait des embardées : Par moments, tout ce qui l’entourait semblait d’une précision absolue. Puis l’instant d’après, sa vision lui renvoyait des images en mie de pain.

- J’aurais dû te prévenir. J’… J’ai ouvert par ccccuriosité. Une seconde. C’est p… probablement un révélateur d’affects, ou un dissssolveur d’inhibition. Ma mère aime bien comparer les mmmmélanges existants à ses propres formules. Il y a des d’essences qui montent par l’air. Ce n’est pas rare.

Il osa lever les yeux afin de décripter le regard d’Alienor, chargé de ce qu’elle avait laissé échapper malgré elle. Le Rouge et Or eut envie de se cacher dans sa besace.

- Tu sais, ma mmmère dit toujours : « Les potions passent comme les tempêtes, faut juste pas grimper au mât pendant l’orage ».

Un petit rire lui échappa, nerveux. Il se donna une claque.

- Mais tu vas fermer ta bouche de troll…

Gabryel Fleurdelys
Sorcier diplômé
Médiateur PFR

Happy True Hour PV : Alienor Delphillia
Les emmerdes commencent ? Un fin sourire étira les lèvres de la jeune fille à cette parole, enfin il parlait comme quelqu’un qui lui plairait. Il avait donc un peu d’aplomb sous ce manteau de bienveillance et de quasi-naïveté écœurante ? Mais quand il évoqua qu’il était ralenti, Aliénor fronça les sourcils. Elle, elle avait l’impression au contraire que tout allait vite autour d’elle, certes, elle se sentait plus légère mais aussi plus vive et rapide. Était-ce une différence due à leur mentalité respective ?

-Intéressant…

Ne put-elle retenir alors qu’elle prit une nouvelle fois sa tartine pour en manger un bout. Elle écoutait le garçon, c’était donc sa maman qui étudiait toutes ces potions et envoyait son fils les chercher sans l’avertir de ce que c’était ou de leurs potentiels effets dangereux ou non ? Décidément certaines personnes avaient un peu trop confiance en leur progéniture… Aliénor coula un regard vers Gabryel.

-Ta maman te fait sacrément confiance… Elle aurait peut-être pas dû…

C’était méchant ! Aliénor frappa son front avec sa main, elle ne se rendait pas à quel point elle avait appris à mettre du tact dans ces discussions et là, elle ne pouvait juste pas retenir ces mots. Elle n’avait pas envie d’être méchante avec le garçon mais le voilà qui parle de tempête et de mats.

-Oui c’est ça ! Arrêter de parler doit être la solution au lieu de balancer des débilités sur une tempête et un mat !

Putain Ali ! Le pire c'est que son ton était sérieux, pas une once d'ironie dans ces paroles qui en aurait pourtant bien mérité! C'était juste sincère, un peu trop sincère.

-Désolée je veux pas être si méchante c’est juste que… Tout le monde sait que les effets d’une potion passe avec le temps, juste le redire ça sert à rien, ça fait pas passer l’effet plus vite quoi.

Aliénor souffla avant de prendre une grande gorgée de thé. La chaleur passait dans sa gorge et le goût des fruits rouges titillait son palais. Voilà qui était des plus agréables.

-Ça, ça apaise les choses.

Non, ça ne réglait visiblement pas son problème de paroles folles, mais au moins elle appréciait sa boisson.

Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia Batteuse remplaçante des Chauves-souris de Fishucastel

Happy True Hour PV : Alienor Delphillia
Gabryel garda le silence un moment, le regard fixé sur le thé fumant qu’Aliénor tenait entre ses mains. Les effluves de fruits rouges couvraient un peu l’odeur d’herbes qui s’échappait encore du bouchon mal refermé. L’arrière-goût de la potion lui pesait sur la langue, comme une amertume qu’il n’arrivait pas à faire passer.

Aliénor, elle, paraissait presque sereine, un peu agacée, certes, mais pas bouleversée. Son aplomb avait quelque chose d’impressionnant. Elle avait raison. Sa mère lui faisait une confiance démesurée, et lui n’avait pas su être à la hauteur. Il se sentait idiot. L’idée même d’avoir pu exposer au danger quelqu’un d’autre à sa curiosité lui nouait l’estomac.

Il aurait pu se contenter de laisser le silence faire son œuvre, mais sa curiosité, cette fichue curiosité, revint le titiller. Elle continuait de courir dans ses veines, l’invitant à parler, à exprimer ce qu’il n’aurait jamais osé aborder en temps normal. Chaque fois qu’il tentait de se taire, une autre pensée s’imposait. Ses doigts tapotèrent nerveusement contre le bois de la table. Il hésita, puis releva enfin la tête :

- Dis…

Le mot était sorti avant même qu’il en prenne conscience. Il inspira, comme un funambule sur un fil.

- Si t’avais… la possibilité de dire quelque chose à quelqu’un, sans jamais qu’il puisse t’en vouloir… Tu choisirais de le ddddire à qui ?

Son regard trahissait une réelle curiosité. Il ne cherchait ni piège ni moquerie, juste une vérité. Il ajouta, presque pour lui-même :

- Ou alors, si tu préfères, quelle est la chose que t’as jamais osé dire à quelqu’un ?

Il sentit son cœur battre plus fort. En d’autres circonstances, jamais il n’aurait osé poser une telle question, surtout pas à elle. Mais la potion semblait encore tracer son chemin. Ses yeux se perdirent dans ceux d’Aliénor. Il n’y avait pas de provocation, seulement une étrange franchise. Et sous l’effet du breuvage, il savait qu’elle ne pourrait pas s’esquiver.

Gabryel Fleurdelys
Sorcier diplômé
Médiateur PFR

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Profiter de son thé.

Mais non ! Il ouvrait encore la bouche et parlait à Aliénor lui posant une question…. Aliénor tourna d’un coup la tête vers lui, peut-être un peu trop rapidement ce qui fit se tendre les muscles du son coup et lui arracha une petite grimace de crispation. La question pourrait être intéressante oui. Mais elle n’en avait aucune idée, de plus, la batteuse avait cette fâcheuse habitude de parler sans grand tact. Par conséquent, elle disait souvent ce qu’elle pensait, sans même penser aux conséquences qui pouvaient être désastreuses. Mais…. Plus elle y réfléchissait, moins elle trouvait un cas, une configuration dans laquelle elle avait été pour penser ce genre de choses.

-J’en sais rien, je dis souvent ce que je pense aux autres. Enfin, à tout le monde.

Elle ne tentait même pas de retenir ces mots, elle savait que c’était peine perdue. Elle choisissait de s’accoutumer à cette nouvelle façon de dialoguer. Quelque part ça faisait du bien, de ne pas analyser, ne pas réfléchir. Ces paroles coulaient comme son cœur avait envie qu’elles partent. Sans filtre, sans réflexion. Mais est-ce que ça changeait vraiment ?

-Regarde toi, je viens de sous-entendre que t’étais pas digne de confiance et tu m’en veux pas. Je t’ai même demandé de la fermer, et tu l’as pas fait d’ailleurs. Et truc de fou, je t’en veux pas.

C’était un peu brutal comme façon de parler. Mais Aliénor pensait de façon brutale, alors ce n’était que la continuité de son cerveau. Mais dire ce qu’elle pensait, avouer des choses ? Elle avait mis du temps à avouer ces sentiments à Izel mais elle l’avait fait, elle s’était déjà battue à causes de paroles trop violentes, mais il ne lui semblait pas qu’elle ne ce soit retenue une fois. Même avec les profs elle avait toujours été honnête finalement. Non elle ne savait pas ce qui la retiendrait de dire ce qu’elle pense.

-Pourquoi tu te retiens toi ? T’as peur que les gens t’en veulent si tu dis un truc ? Tu sais les gens ont tous un égo, si t’es pas capable de l’abaisser de temps en temps, ben t’es mal barré dans la vie. Si s’que tu dit à du sens, alors dit-le.

Elle ne savait pas ce qu’il pouvait avoir sur le cœur, mais cette question ne venait certainement pas de nulle part. Mais lui, avait-il peur de dire quelque chose à quelqu’un ? S’il ressort le nom d’Aelle Bristyle elle l’égorge.

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Aliénor Delphillia Batteuse remplaçante des Chauves-souris de Fishucastel

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Il resta un moment sans répondre, le regard perdu quelque part entre la tasse de thé et le reflet de la lampe suspendue au-dessus d’eux. Les paroles de la sorcière flottaient encore dans l’air, comme un sortilège qui ne voulait pas se retirer. Le garçon n’était pas habitué à ce genre de franchise. Chez lui, tout se mesurait : les mots, les silences, même les gestes. Il parlait rarement sans trembler un peu à l’idée d’avoir mal dit, ou trop dit.

Mais la potion, elle, n’avait aucune pudeur. Elle avançait dans ses veines, pressée de sortir. Et le Gryffon sentait qu’elle approchait de nouveau, comme une vague qu’il n’arriverait pas à stopper. Il haussa faiblement les épaules. Un petit sourire maladroit s’installa sur sa bouche. Ce rictus timide précédait toujours chez lui les confidences qu’il n’aurait pas dû faire.

- J’crois que… Oui, j’ai ssssouvent peur qu’on m’en veuille, ou qu’on m’regarde plus pareil après. C’est bête. On dirait que j’ai grandi avec l’idée qu’être gentil, c’était se tttaire, simplement.

De sa baguette, il fit distraitement flotter une cuillère oubliée sur la table, juste pour s’occuper les mains. Il ne la regardait plus, mais parlait tout de même, la voix plus basse, comme s’il se parlait à lui-même :

- Y’a des choses que je n’ai jamais dites à pppersonne. Pas parce que je ne voulais pas, mais parce que… disons que ça aurait tout cassé. Et maintenant, même si j’le voulais, c’est trop tard.

La chaleur de la potion remonta le long de sa gorge, poussant les mots qu’il essayait de retenir. Ses yeux s’assombrirent un instant.

- Si, il y a une chose… Une seule que j’aurais voulu dire à quelqu’un.

Il inspira profondément.

- C’est… À ma mère.

Silence.

- Que je sais. Que je sais qui est mon vrai père. Penwyn.

Le nom tomba entre eux, comme un secret exhumé. Il ne bougea pas. Tout son corps paraissait s’être figé autour de cette phrase. Il reposa la cuillère entre eux. Ses yeux semblaient plus clairs, éclairés par quelque chose qu’il gardait depuis trop longtemps. Il laissa échapper un rire nerveux.

- J’lui ai jamais dit. Je crois que j’ai eu peur qu’elle s’effondre. Ou qu’elle me regarde autrement. Ou qu’elle confirme ce que je savais déjà.

Il eut une pensée pour Aelle, la seule au monde à partager ce doute sur la véritable identité de son paternel. Il leva finalement le regard vers Aliénor, sans défi, comme s’il n’avait plus rien à cacher.

- Alors ouais… Peut-être que j’devrais écouter ton conseil, pour une fois. Dire les choses. Même quand ça fait mal.

Il passa une main nerveuse sur sa nuque, puis souffla, dans un murmure fatigué :

Mais bon… C’est plus facile quand c’est la potion qui parle à ta place.


467 mots

Gabryel Fleurdelys
Sorcier diplômé
Médiateur PFR

Happy True Hour PV : Alienor Delphillia
Ces doigts jouaient avec les rebords de sa tasse de thé alors que l’ancien Gryffondor lui faisait une réponse. Bien entendu qu’il répondait, il était soumis au même maléfice qu’elle il n’avait pas le choix que de répondre et de dévoiler toutes ces pensées ce qui était extrêmement intrusif quand on y pensait ! « Être gentil c’est se taire ». Aliénor tiqua à cette phrase avant de souffler un peu d’air, dents serrées sifflant presque à l’instar d’un serpent. En voilà une idée absurde. La gentillesse et ne pas s’exprimer n’avait rien à voir. Se taire c’était rentrer dans le moule, éviter de se faire remarquer, et ce même face à un moment où être gentil aurait nécessiter d’ouvrir la bouche pour protéger celui qui devait l’être ou avoir des mots pour celui qui était rejeté. Faible mouton était celui qui taisait ce qu’il pensait des autres. Aliénor elle n’avait jamais eu de mal à prendre le rôle de la méchante. Cela ne la dérangeait en rien tant qu’elle était en accord avec ce qu’elle faisait et ce qu’elle disait.

-C’est jamais trop tard.

Lâcha-t-elle pour elle-même sans se douter une seconde de l’annonce qu’allait lui faire le garçon.

-Penwyn ?

Répéta-t-elle tout haut comme pour s’assurer qu’elle avait bien entendu. Sa main se plaqua immédiatement sur sa propre bouche comme pour se faire taire elle-même. Mais Penwyn ? L’ancien prof ? C’est une blague ? Et il n’avait pas dit à sa propre mère qu’il savait, pourtant elle était certainement au courant elle que le père de son gosse était l’ancien prof de Poudlard. La question était plutôt pourquoi elle lui avait caché ! Mais lui n’avait rien dit ? Mais comment c’était possible ? Aliénor n’aurait jamais tenu, sa curiosité aurait explosé instantanément.

La paume de la jeune fille frappa la table bruyamment ce qui fit se tourner quelques clients, mais peu importe. Sa bouche était maintenant libre et le flot de questions qui l’habitait allait s’écouler comme si un barrage venait de céder sous le poids des eaux.

-Le prof d’étude des moldus ? Mais non ? C’est lui qui te l’a dit ? Pourquoi ta mère ne te l’a pas dit ? Mais t’as vécu qu’avec ta mère du coup ? J’savais pas… Putain mais comment tu peux ne pas connaitre le père de ton gosse et si elle le savait, pourquoi elle te l’a caché c’est méchant et bizarre de fou ! Elle est chelou ta darone !

Elle fronça les sourcils, rabaissant son regard sur son thé.

-Te cache pas derrière la potion. C’est pas un truc qu’on garde et qu’on endure tout seul. C’est ta mère, c’est à elle de te protéger pas à toi. Et puis… ça veut dire que tu lui mens, que tu joues un rôle avec elle, finalement c’est qui le manipulateur dans ce cas ?

Elle croqua dans sa tartine, elle avait besoin de manger pour calmer son esprit qui venait d’exploser avec cette information. Il avait vécu à Poudlard avec son père en sachant que c’était lui et n’avait rien dit à sa mère…Et ben, il était loin d’être le naïf qu’elle pensait finalement, quel fourbe !

-Être honnête c’est risquer de faire mal sur le moment. Mais on guérit plus vite. Si tu laisse pourrir, au bout d’un moment on peut plus guérir.

Elle croqua à nouveau dans sa tartine, sur ces bonnes paroles…

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Aliénor Delphillia Batteuse remplaçante des Chauves-souris de Fishucastel

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La main d’Alienor avait frappé la table, et ses nombreuses questions s’étaient enchaînées avec brutalité. La potion accomplissait activement son travail, exacerbant le franc-parler naturel de sa camarade. Le garçon observa un instant la cuillère près de sa tasse. Le breuvage magique continuait lui aussi de circuler dans son corps, mais quelque chose résistait encore au fond de lui, afin de formuler une réponse qui la blesserait. Il releva enfin les yeux vers sa camarade.

- Ma mère n’est pas méchante. Et elle n’est pas chchch… cheloue non plus.

Il inspira doucement.

- Elle a failli mourir quand elle m’a mis au monde.

Il ne possédait aucun souvenir de cette nuit-là, mais lui revinrent à l’esprit les histoires que Mamina lui avait racontées, ainsi que les photographies de Flora, si pâle dans les semaines qui avaient suivi sa naissance.

- Elle ne m’en a jamais vraiment parlé, et ne m’a jamais fait culpabiliser. Elle m’a simplement aimé.

Sa gorge se serra, mais l’Écossais s’efforça de garder le même ton tranquille.

- Quand j’étais petit, j’allais dans une école moldue. Et quand j’ai commencé à bégayer, les autres enfants n’étaient pas ttttoujours très gentils avec moi.

Certaines images lui revinrent à l’esprit, les petits rires étouffés, les imitations moqueuses, et les questions auxquelles il connaissait la réponse en classe, alors qu’il préférait garder la main baissée pour ne pas bafouiller. Il se souvint de la peine et de la solitude.

- Ma mère ne m’a jamais dit de me dépêcher. Elle ne terminait pas mes phrases, et ne détournait pas le regard quand je peinais sur les mots.

Il se gratta l’arrière du crâne, un sourire pudique au bord des lèvres.

- Elle attendait. Même quand ça prenait longtemps, et que je recommençais quatre ou cinq fois. Elle attendait juste que j’aille jusqu’au bout.

Flora lui avait appris à respirer avant de commencer ses phrases. Elle avait rencontré ses enseignants, et cherché des personnes capables de l’aider. Mais surtout, elle ne lui avait jamais laissé penser qu’il était moins intelligent parce que ses pensées s’entrechoquaient au rythme de ses mots.

- Quand je rentrais de l’école et que je ne voulais pas parler, elle ne me forçait pas. Elle s’asseyait près de moi. Elle savait que je finirais bien par lui raconter.

Les mots d’Angel lui revinrent alors à l’esprit :

- « Elle sait attendre les gens ».

Le Rouge et Or plongea son regard dans celui d’Alienor.

- Elle a créé une fffondation, « Cœur d’Or », pour s’occuper d’enfants moldus qui n’avaient plus de parents. Elle leur trouvait des familles, et des vêtements. Elle restait la nnnnuit avec ceux qui faisaient des cauchemars, et elle fêtait toujours leurs anniversaires. Et aujourd’hui, elle dirige une école pour les enfants sorciers qui sont encore trop jeunes pour aller à Poudlard. Elle connaît le prénom de chacun. Elle sait lesquels ont peur du noir, ou n’aiment ppppas manger seuls.

Un petit rire lui échappa.

- Quand elle rentre à la maison, parfois, elle a des dessins plein les poches, ou de la peinture sur le nez.

Lorsqu’il pensait à Flora, il imaginait une présence qui remplissait toutes les pièces. Elle avait cette manière de frôler le dos d’Angel du bout des doigts lorsqu’elle passait derrière lui, ou de le regarder tendrement lorsqu’il râlait.

- Elle aime mon père, Angel, depuis toujours. Elle prend soin de lui, et elle fait pareil avec moi.

Gabryel savait que ses mots ne répondaient pas à la véritable question d’Alienor : Pourquoi Flora lui avait-elle caché l’identité de son père biologique ?

- Je ne dis pas qu’elle a eu raison de me le cacher. Et je ne sais même pas pourquoi elle l’a fait. Peut-être qu’elle avait ppppeur. Peut-être qu’elle voulait nous protéger. Les gens peuvent nous aimer, et faire de mauvais choix. Les deux en même temps.

Une partie enfouie au fond du jeune sorcier était blessée. Il lui arrivait même d’être en colère. Pourtant, cela n’effaçait pas tout l’amour qu’elle lui avait offert chaque jour, sans jamais rien demander en échange.

Fleurdelys hésita un court instant avant de terminer :

- Tu peux penser qu’elle a eu tort. Mais ne décide pas de qui elle est à cause de ça.

Il baissa légèrement la tête, un peu gêné d’avoir parlé aussi longtemps.

Gabryel Fleurdelys
Sorcier diplômé
Médiateur PFR

Happy True Hour PV : Alienor Delphillia
Des mots, beaucoup de mots pour décrire une seule personne. Pour mériter autant de mots, elle devait être quelqu’un de bien, du moins aux yeux de son ancien camarade. Le regard d’Aliénor ne lâche pas le visage de Gabryel, son esprit tourmenté par toutes ses vérités qui sont autant de mensonges pour ceux qui ne veulent pas les entendre. Mais c’est sa vérité. Une vérité crue d’un esprit qui a le jugement facile et pourtant les mots de l’ancien Gryffondor arrivent à apaiser l’avis si tranché d’Aliénor sur cette femme qu’elle ne connait pas. Elle, si prompt à suivre sa première intuition, au jugement si franc qu’elle condamnerait la moitié du monde à mort, est en train de revoir cet avis si puissant. Il se floute, s’apaise, s’adoucit. Une fondation, une école, l’amour d’une mère pour son fils, pour son mari. Le regard de la jeune fille se plisse, ses yeux cherchent la vérité sur le visage si innocent de celui qui lui parle.

-Pourquoi une femme avec un cœur aussi bon aurait-elle retiré à son propre fils sa chair ?

Si elle apprenait que son père n’était pas son vrai père, elle ne le pardonnerait pas à sa maman. Était-elle seulement trop dure, trop excessive ? Oui, elle l’a toujours été, Aliénor est honnête de nature, frontale même, sans tact et sans mesure. Alors oui elle est dure, mais elle est aussi terriblement loyale et n’a qu’une seule parole sur laquelle ceux a qui elle la donne peuvent compter toute leur vie.

-Ben c’est bizarre ce qu’elle a fait. Mais t’as raison, une action ne peut pas définir un être humain. Même si les actions en disent beaucoup. Mais là c’est plutôt une non-action non ? Je n’en sais rien. C’est toi qui es bizarre aussi !

Mais que c’est agaçant de dire tout ce qui nous passe par la tête sans aucun filtre, elle a l’impression de ne même pas pouvoir se poser une seconde pour réfléchir à ce qu’elle va dire ! Elle attrape sa tasse de thé avant de l’avaler d’un coup, au moins elle parlera moins comme ça ! En attendant il y avait une information là-dedans que la jeune fille avait retenu.

-Mais quand tu parles d’une école… C’est Maeve Queen ?

Elle y avait réfléchi. Ce n’était que le début de l’année, mais elle pensait déjà à son stage. Stage qu’elle aimerait beaucoup faire auprès d’enfants. Pourquoi ? Pour voir ce que ça donnait d’enseigner auprès d’enfants. C’est à l’opposé de ce qu’elle souhaite faire de sa vie, mais justement ce stage de fin d’étude est là pour lui permettre de tester et elle comptait bien le faire. Tester et s’assurer qu’elle ne passait pas à côté d’une vocation. Même si… Aliénor Delphillia, enseignante pour des marmots ? Il y avait peu de doutes. Même si au moins eux, ils «étaient moins fourbes que les adultes, moins manipulateurs, juste plus… Purs.

-Mais ça n’empêche pas que tu devrais lui en parler. Le mensonge par omission ça reste du mensonge.

Elle lança un regard en biais à l’ancien Gryffodnor. Parler aidait toujours, même si on pense que c’est trop tard, ce n’est jamais le cas. Il est toujours tant d’apaiser son cœur.

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