Portree, Ecosse Fort William, Ecosse JPG PNJ Le stylo ou la plume

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PREMIERE PARTIE


Elisabeth-Ann était arrivée un jour plus tôt chez son oncle car, ce vendredi 21 mai, les instituteurs de son école étaient en journée pédagogique.
Elle profitait d'une journée de congé, comme les élèves le disaient tous.
C'était chouette d'avoir trois jours chez son oncle au lieu d'un seul. Et, comme toujours, son oncle avait pris congé à cause de cette journée annoncée bien en avance par l'établissement scolaire de Portree.

La fillette avait reçus quelques instructions de son oncle. Ce n'est pas parce que les maîtres et les maîtresses d'école n'étaient pas disponibles à cause de leur formation continue que l'enfant n'allait rien faire du tout ! D'ailleurs, son institutrice leur avait donné pas mal de travail à effectuer pour le lundi, histoire de compenser cette journée "off".

La veille, les directives de son oncle avaient été très claires :
"Quand tu auras terminé ton petit-déjeuner, tu débarrasseras la table, comme d'habitude. Ensuite, tu termineras de te laver et de t'habiller, si tu ne l'as pas déjà fait et tu te mettras tout de suite à tes devoirs.
Si tu as fais plus de la moitié de ce que tu dois faire, après le repas de midi, tu pourras t'amuser un peu.
Mais, si tu n'as pas bien travaillé et, je vérifierai un peu ce que tu auras fait et bien, tu travailleras, à nouveau durant l'après-midi !
Il y a vraiment beaucoup à faire ! Et tu n'as que trois jours pour faire tout ça !
Si tu travailles bien demain, tu n'auras plus trop à faire comme devoir pour samedi et tu sais que dimanche, on ne fait que les leçons ! Donc, plus tu avances dans tes devoirs demain, plus tu auras de temps libre ensuite.
"
Puis, il s'était un peu éloigné, toujours déçu d'être obligé d'imposer des choses mais, quand il s'agissait du travail scolaire, il était intransigeant !
C'était normal pour lui, car il voulait que sa nièce ait le choix de ses futures études !
Il espérait convaincre ses parents de la laisser se diriger vers ses passions afin qu'elle aime ce dont elle fera son métier.

Donc, après avoir englouti son petit déjeuner, la petite fillette blonde a débarrassé sa planche à tartiner, sa tasse et son couteau qu'elle plaça dans l'évier de la cuisine puis, un peu à contre coeur, elle prit son cartable et l'emmena dans la salle-à manger.
Elle le plaça sur une chaise proche de celle où elle avait l'intention de s'asseoir et pris son journal de classe où était noté la ribambelle de devoirs à faire.

Bien qu'elle sache que son oncle lui avait toujours dit de débuter par les matières qu'elle n'aimait pas afin de s'en débarrasser, elle préféra saisir son cours de lecture et le posa devant elle. Elle se mit à lire les questions auxquelles elle devrait répondre puis, entama le texte qu'elle devait analyser.
Plongée dans la lecture de son cours, elle n'entendit pas le facteur passer et, son oncle qui lui était occupé à faire la vaisselle, vit le petit homme en uniforme se diriger vers sa boîte aux lettres.
Quand il eut terminé de ranger la vaisselle propre et séchée, il essuya la table et l'évier, mettant la loque à sécher après l'avoir tordue de ses grandes mains fines.

Il sortit sur le pas de la porte, se dirigea vers la barrière qui mène à la rue et ouvrit la boîte qui contenait une enveloppe avec un joli couché de soleil.
Souriant, il rentra avec, dans sa main, le futur prochain trésor de sa nièce car, il n'avait même pas dû lire le nom inscrit sur le courrier pour savoir à qui il était adressé !
Qui envoyait encore des lettres avec des motifs ?
A part deux jeunes filles qui correspondaient ensemble, bien entendu !

Il déposa la lettre dans la cuisine, à l'endroit où il pose le courrier de sa protégée lorsqu'elle n'est pas à la maison, se servit une tasse de café puis, l'emporta avec lui jusqu'à son fauteuil, situé près de la table de la salle-à-manger.

Il s'installa confortablement et observa, d'un coin de l'oeil, la concentration de sa nièce qui ne releva même pas la tête à son entrée.
Georges savait déjà qu'elle allait demander pourquoi il ne l'avait pas prévenue de l'arrivée de la lettre de Calianor mais, vu tous les devoirs qu'elle devait faire, il avait même, durant un instant, envisagé de la lui donner à la fin du week-end mais bon, il n'était pas homme à cacher des vérités !
Le facteur ne passant pas les samedis et dimanches, il aurait eu encore plus difficile à se justifier !
Il allait devoir être ferme !
Il faudrait qu'il exige qu'elle ait terminé au moins la moitié de ses devoirs avant de pouvoir prendre connaissance de ce que son amie lui avait écrit !
Il soupira en regardant sa nièce travailler qui ne releva même pas les yeux quand son souffle bruyant sorti de ses poumons.

Elisabeth-Ann travailla sans relâche jusqu'à l'heure du dîner.
Georges ne resta pas très longtemps dans son fauteuil, il prépara le repas de la mi-journée en faisant des gnocchis à poêler et il s'appliqua à faire une sauce un peu différente de celle qu'ils mangeaient avec des pâtes, histoire que le goût en soit différent.

Quand tout fut prêt, c'était extrêmement chaud, la table était dressée et, il se décida à se rendre dans la salle-à-manger pour savoir où en était sa nièce.
914 mots
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DEUXIEME PARTIE


La fillette avait pris tellement de plaisir à faire son devoir de français qu'elle l'avait peaufiné ! Il était excellent ! Mais, il lui restait encore à faire ses devoirs de calcul, de géographie, d'histoire et de logique. Elle était bien loin de la moitié !
Son oncle lui annonça donc qu'après le dîner, elle n'aurait droit qu'à une petite demi-heure de répit avant de devoir reprendre ses devoirs !
Il pestait intérieurement : *Quelle idée de donner autant à faire à un enfant de neuf ans !*
Mais, la vraie raison de sa mauvaise humeur venait du fait qu'il avait décidé, un peu auparavant, de ne pas la laisser lire sa lettre tant qu'elle n'était pas au moins à la moitié de son travail ! Et que si ça lui prenait la journée, elle ne pourrait l'avoir que dans deux jours et, seulement après avoir bien révisé ses leçons !
Il n'aimait pas empêcher sa nièce de faire des choses qui ne lui faisait aucun tort mais, la fillette devait absolument apprendre à s'organiser et, c'était la seule façon qui fonctionnait !
D'autant plus qu'elle n'avait pas écouté son conseil et n'avait pas débuté par les matières qu'elle n'aimait pas.
Il allait devoir se montrer ferme et il était déjà un peu triste de ce qu'il s'apprêtait à dire quand elle demandera l'autorisation de prendre sa lettre.
Il soupira et il emmena Elisabeth-Ann dans la cuisine pour prendre son repas.

La fillette, toujours observatrice, vit immédiatement la lettre posée à l'emplacement du courrier et, reconnut l'écriture de son amie. Surexcitée, elle demanda pour la lire.
Son oncle lui répondit alors, vraiment contre sa volonté mais fermement :
"Non ! Tu ne pourras la lire que quand tu auras rattrapé ton retard dans tes devoirs ! Et si tu n'y parviens pas avant le souper, sache que cela sera reporté à demain. Et si demain, tu ne parviens pas à terminer tes devoirs avant de souper, tu n'auras ta lettre que pour rentrer chez tes parents car, tu sais que le dimanche est réservé pour la révision de tes leçons, d'autant plus que les examens de fin d'année approchent !"
Elisabeth-Ann eut les larmes aux yeux immédiatement et, des larmes commencèrent à couler sur ses joues, en silence.
Alors, il ajouta : "Tu as décidé de ne pas suivre mes conseils concernant l'ordre de tes devoirs, aujourd'hui ! Tu auras certainement plus difficile à finir mais, ce sera comme cela et, j'en suis vraiment désolé et très peiné parce que si tu avais commencé par les cours pour lesquels tu as plus difficile, tu aurais fait bien plus de devoirs, ce matin !
Maintenant, mangeons !
".
Georges eut vraiment très difficile à dire cela à sa nièce préférée et luttait intérieurement pour ne pas craquer et accéder à sa requête mais, il décida de s'en tenir à sa résolution.

Elisabeth-Ann n'eut pas très faim et mangea bien moins que d'habitude et pourtant, il avait cuisiné avec beaucoup d'amour un plat qu'elle aimait. Elle demanda la permission de se lever de table et il refusa. Elle devait attendre qu'ils aient tous les deux terminé de manger pour faire la vaisselle. Elle resta donc à table, regardant ses genoux et jetant, de temps à autre, un regard vers l'enveloppe convoitée.

Quand ils eurent fini la vaisselle, elle pouvait prendre une demi-heure de pause mais, à la place, la petite fille se rua sur ses devoirs et s'appliqua tellement que quand l'heure du souper eut sonné, il ne lui restait plus qu'une seule et dernière question dans le tout dernier devoir. Elle n'en aurait plus pour le lendemain ! Elle avait bien travaillé !
Son oncle fut soulagé ! Oh pas pour ses devoirs ! Non ! Il l'était égoïstement ! Il ne devrait plus lui interdire de lire sa lettre et d'y répondre ! Il n'aimait pas être aussi dur avec elle mais, il devait lui enseigner la meilleure des méthodes pour effectuer des tâches qu'elle les aime ou pas ! Et, le pari était réussi pour cette fois !

Après le souper qu'elle avala gloutonnement vu qu'elle savait qu'elle pourrait ouvrir sa lettre après avoir aidé son oncle à faire la vaisselle, elle se dépêcha de rendre la cuisine impeccable avec l'aide de Georges et, ravie, se saisit de sa lettre en courant dans la salle-à-manger !
Elle avait décidé d'y répondre tout de suite ! C'est que c'était tellement chouette de lire et d'écrire à son amie, Calianor !

Après avoir dévoré ce que son amie lui avait écrit, elle se rua dans le buffet et pris son bloc de papier à lettres et son stylo préféré pour répondre à son amie :
Portree, le 21 mai 2049

Mademoiselle Calianor Daenarya
Georgiana Fraser
Benaig Road, 1284, PH33 Fort William


Ma chère Calianor,

Eh ben, c'était pas facile de pouvoir te répondre aujourd'hui, tu sais !
C'était journée pédagogique, aujourd'hui ! Mais, la Madame de l'école, elle nous avait donné plein plein de devoirs en plus de ceux de d'habitude vu que l'on avait une journée à la maison !

Je n'ai pas écouté Mononcle quand il m'avait dit de commencer avec les devoirs que je n'aimais pas et, à cause de ça, j'ai passé beaucoup de temps à faire ceux que j'aimais bien ! Surtout celui d'anglais ! J'aime bien les devoirs de lecture et d'analyse de texte ! C'est pas de la grammaire, hein ! La grammaire, c'est bof bof ! Mais, c'est plutôt des questions qu'on te pose pour savoir si tu as bien compris le texte ! J'aime beaucoup ça ! Et j'ai passé toute la matinée à le faire ! Mais, j'avais encore calcul, histoire, géographie et logique !
Mais, je n'aime que logique et les autres, je n'aime pas du tout !

Ta lettre est arrivée ce matin mais, Mononcle qui d'habitude veut bien que je la lise tout de suite n'a pas voulu que je la prenne ! Il m'a dit que je n'avais pas assez avancé dans mes devoirs parce que j'avais commencé par mon préféré.
Il avait raison ! J'ai bien aimé faire celui-là et j'ai trainé pour ne pas faire les autres !
Et je n'ai pas pu avoir ta lettre après le dîner ! J'étais triste ! Et alors, je n'ai pas fait ma pause d'une demi-heure, j'ai dû travaillé et, si j'avais mieux travaillé, je pouvais l'avoir après le souper ! Et tu sais quoi ? J'ai réussi à finir tous mes devoirs avant de souper ! Et alors, maintenant qu'on a mangé et fait la vaisselle, ben j'ai pu lire ta lettre et je peux même te répondre ! Et en plus, comme j'ai fini mes devoirs, ça veut dire que demain, je n'en aurai plus à faire du tout ! Et que je ne devrais qu'étudier mes leçons, dimanche ! C'est chouette, hein !

Ce que je suis contente de te lire ! J'espère que tu t'amuses bien, en France ?!
Est-ce que tu parles la langue de là-bas ? Tu l'apprends ?

Oui, hein ! N'oublies pas de crier "Merci les cloches !", c'est ce qui les fait revenir !
Moi, j'aime bien quand elles viennent donc, je leur crie toujours, j'oublie jamais de le faire !
Oh c'est pas bête, ça ! Peut-être qu'elles t'entendront mieux de là !
J'espère que oui !
Bah, tu sais, pour papa et maman, je ne suis jamais sage ! Et pour Mononcle, je le suis toujours ! Même aujourd'hui qu'il vient de me dire ! (Je viens de le lui demander exprès pour savoir !) Même quand je ne fais pas toujours ce qu'il faut, il trouve que je suis quand même sage !
Ben oui, hein, Mononcle, il fait tout mieux que papa et maman ! Il est gentil tout plein Mon Nononque à moi toute seule !!!
Attends, je demande à Mononcle ! Il dit qu'on peut leur écrire pour demander les choses que l'on voudrait mais qu'il faut le faire longtemps en avance pour qu'elles aient le temps de trouver ce qu'on demande, comme on peut écrire au Père Noël ! Mais, il a aussi dit que pour dire merci, il faut crier "Merci les cloches !", il faut pas leur écrire pour dire merci !
Ben je ne savais pas, il fallait que je lui pose la question ! Et comme ça, maintenant, on sait toutes les deux la réponse ! Grâce à Mononcle et à ta grand-mère, on va en savoir des choses, hein ! On va devenir très intelligentes !
Oooh c'est gentil ! Merci !

Aaah Mononcle, il est content que tu aimes bien la boîte à dessin et le livre qui explique comment dessiner ! Il dit que ce serait une bonne idée que tu écrives aux cloches quand tu seras ici et que je pourrais le faire en même temps que toi et qu'il enverra nos deux lettres en même temps aux cloches ! Comme ça, il dit qu'il sera sûr d'avoir demandé des choses que l'on aime bien parce qu'il n'était pas sûr, quand il a commandé pour toi, que tu aimerais bien !

Ah non ! C'est pas pour ça qu'ils mangent ce que j'aime bien quand je ne suis pas là ! C'est pour ne pas que je puisse en manger !
Avant, de temps en temps, ils faisaient des choses que j'aime bien et, mon papa, il dit toujours que le premier qui a fini son assiette peut aider les autres ! Et donc, comme il mange plus vite que moi, au lieu de se resservir dans les casseroles, il prend dans mon assiette ! Et comme je n'ai pas tout mangé dans mon assiette, ben je n'ai pas le droit d'en reprendre !
Une fois, j'ai demandé à papa pourquoi il n'avait pas repris dans la casserole plutôt que de prendre dans mon assiette et, il m'a répondu que quand j'aime bien, je mange et que quand je n'aime pas, je peux rester des heures à table et que c'est pour ne pas que je reste des heures à table ! Mais, Mononcle m'a expliqué qu'il faisait ça pour que quand je n'aime pas, je mange plus vite.
Mais alors, quand il fait ça, j'ai faim et je n'ai pas droit d'en reprendre ! Et puis, aussi, quand il fait ça, je suis triste parce qu'il mange ce que j'aime le plus ! Et alors, il ne reste plus que ce que je n'aime pas dans mon assiette ! Mononcle, il ne fait jamais ça !
Moi, j'aime pas manger, chez papa et maman !
Oh si alors, ils savent bien tous les deux ce que j'aime et ce que je n'aime pas ! Et j'ai déjà tenté de demander comme tu dis mais, ils sont pas d'accord ! Ils me disent que je dois manger ce qu'il y a dans mon assiette ! Et parfois, ils forcent ma bouche pour que je mange et j'aime encore moins ça ! Papa pousse avec son doigt la nourriture qu'il met dans ma bouche de force et il pousse pour que j'avale ! Souvent, je vomis quand il fait ça ! J'aime pas du tout !

Aaah c'est bien ça ! Oui, prends des paniers !

Ooooh les pauvres bébés animaux qui ne sont plus reconnus !
C'est peut-être ça qu'il m'est arrivé pour que maman soit si méchante avec moi, hein !
Peut-être qu'elle me reconnaît pas parce qu'une autre maman m'a touchée quand j'étais petite ? Tu es sûre qu'il n'y a pas le truc des odeurs pour nous aussi ?
Oh oui ! Moi, j'aimerai bien avoir un petit chat tout gris avec des yeux verts !
J'en avais trouvé un chez ma grand-mère Elise, à Aberdeen, quand j'étais petite ! C'est ma tante Denise qui l'a pris vu que ma maman ne voulait pas que j'aie un chat !
Ce qu'elle était belle ! Le plus beau chat du monde ! Elle était tout bébé mais, il n'y avait pas sa maman ! Elle était gentille tout plein mais, je n'ai pas pu la garder !
Et toi ? T'aime bien quoi comme animal ? T'en as un ? Moi, j'en ai pas !

J'ai demandé à Mononcle et il a regardé dans le calendrier scolaire et il m'a dit de te dire que je terminerai l'école le mercredi 30 juin. Comme ça, tu pourras dire à ton papa et il pourra contacter Mononcle pour en parler avec lui !
Oui ! Demande à ta grand-mère de venir avec toi ! Ce serait chouette !
Elle pourra me raconter une histoire à moi aussi !
Ah bon ! Elle nous fera travailler même si on a fini à l'école et qu'on commence les vacances ?
Elle ne voudra pas qu'on joue ?
Et elle fera quoi pendant qu'on joue ?
Elle ne va pas s'ennuyer ?
Je sais plus si tu auras envie qu'elle vienne avec toi ou pas, si on peut pas jouer !
Ah non, je ne la connais pas cette histoire-là ! Et je ne comprends pas bien la définition de "ranimer" qui est dans le dictionnaire ! C'est écrit : "rendre la conscience ou le mouvement à".
C'est facile à comprendre ça ! Sauf que j'ai regardé la définition de conscience vu que je ne comprends pas bien ce que c'est vu que ça veut dire plusieurs choses qui sont totalement différentes comme "tomber dans les pommes" ou la petite voix de "Jiminy Cricket", c'est pas pareil, hein !

Oh mais non, je ne voudrais pas que Clochette reste un bébé tout le temps mais, ce que je préfère c'est quand les fées doivent choisir leurs éléments ! C'est si joli, c'est magique ! C'est tout mignon et elles se disputent pas vu qu'elles sont trop petites ! J'aime bien quand on se dispute pas !
Mais c'est une super idée ça ! Faire venir les grands au pays imaginaire et ils devraient suivre les Lois des enfants ! Waouw ! Je vote pour toi !

Oooh que c'est gentil de m'avoir trouvé de beaux galets !
J'ai pas encore été faire un tour depuis que je suis arrivée chez Mononcle, hier soir mais, j'irai demain ! J'espère que je pourrais te trouver de jolis coquillages comme ceux que tu avais pris la dernière fois mais, je ne sais pas si on ira à la plage demain !

Je vais devoir te laisser parce que Mononcle me dit qu'il est fort tard et que je devrais aller me laver les dents et me coucher !

Ecris-moi vite hein !
Plein de bisous,

Elisabeth-Ann Dryke
La petite fille baillait en collant l'enveloppe qui contenait sa lettre et, son oncle Georges l'encouragea à monter pour aller se reposer.
Il souriait, ravi que la journée se soit mieux terminée qu'il ne l'avait pensé, à midi.
De son fauteuil, il entendit les petits pas de sa nièce se diriger vers sa chambre après avoir quitté la salle-de-bains et, il entendit grincer les ressorts du lit d'appoint qu'il plaçait pour elle.
Il se mit à réfléchir et eut l'idée, ce soir-là, de lui arranger une chambre rien qu'à elle, dans sa petite maison au fond d'un cul de sac...
2549 mots
A toi, @Calianor Daenarya :)
Dernière modification par Elisabeth-Ann Dryke le 20 juil. 2026, 19:29, modifié 4 fois.

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La plume
Première partie

Ah comme elle aimait courir sur le sable chaud en fin de matinée, à l'heure où il ne vous brûlait pas encore les pieds mais les enrobait comme une doudoune.
Sauf qu'on n'était plus du tout en hiver, surtout ici, sous le soleil de Cassis.
- A table !
La voix de grand-mère avait retenti.
La fillette pivota et se précipita vers la terrasse.
- Tes pieds Cali ! protesta-t-elle.
- Ah oui pardon !
Elle s'assit sur le petit muret et fit tomber le sable qui s'accrochait à ses pieds pour éviter de tout répandre sur le sol de la terrasse.
- Voilà !
- Et n'oublie pas maintenant de chausser quelque chose ! Tu sais que je préfère qu'une fois hors de la plage, tu ne cours pas pieds nus !
- D'accord, répondit-elle en s'exécutant.
Ils s'installèrent à la table de l'extérieur, à l'abri d'une tonnelle et à l'ombre des plantes qui bordaient la terrasse.
A cette heure-ci, la température était encore très agréable.
Plus tard, l'atmosphère serait beaucoup plus... infernale.
Enfin, infernale, ça dépend pour qui.
Elle, elle ne trouvait pas qu'il faisait trop chaud.
Elle mettait son chapeau pour se protéger la tête, un peu de crème si non Granita allait s'énerver et hop !
Quoique, en cette période, elle pouvait jouer en fin de matinée, mais le début d'après-midi était consacré à ses leçons. Une façon pour les grands de s'assurer qu'elle ne s'exposait pas trop au soleil brûlant... grrrr !
Grand-père les rejoignit et ils mangèrent en bavardant.
- Comment veux-tu que j'inculque aux petits de ne pas parler la bouche pleine quand tu bavasses en postillonnant la moitié de ton pain... et du reste, le réprimanda la maîtresse des lieux.
- Tu exagères ! pas la moitié !
Grand-mère soupira.
- Bon d'accord, concéda-t-il. Le premier qui parle avant d'avoir avalé ce qu'il a en bouche doit raconter une blague.
Puis, il ajouta à l'adresse de son épouse :
- Par contre, ne viens pas te plaindre si dans une heure, on n'a pas fini ! C'est que j'aurai scrupuleusement respecter ta consigne et n'aurai parlé que la bouche vide.
- Parle moins, et tout se passera bien. Par la barbe de Merlin, tu es le pire gosse que j'ai jamais vu !
* Qu'est-ce qu'ils sont drôles ! * pensa la fillette.

Quand le repas fut terminé, elle alla s'installer pour ses leçons.
Aujourd'hui, c'était littérature française et histoire.
Puis, quand vint son tour, grand-père la rejoignit pour un peu de géographie et d'Italien en bonus.
- Ah au fait, dit-il quand ils eurent terminé, j'ai reçu ceci pour toi, mais j'attendais qu'on ait fini. Non pas que je veuille te faire attendre, Piccolina, mais tu connais ta Granita, elle m'aurait transformé en statue de pierre pour avoir détourné ton attention avant la fin de ton travail.
Il brandit une enveloppe et la lui tendit.
- Et là je peux aller la lire ? interrogea la fillette, pleine d'espoir.
- Bien sûr !
Elle ressortit pour lire sa lettre à l'ombre, dans la chaleur enveloppante d'un après-midi de fin mai.

Elle ponctua sa lecture de divers sons amusés ou enthousiastes et de commentaires.
Toutefois, une partie de la lettre fit passer subitement une ombre sur le visage enfantin, puis de la colère.
Son grand-père, qui se trouvait assis tout près, l'examina.
- Qu'y a-t-il ? c'est une mauvaise nouvelle. J'ai cru que c'était une lettre de ton amie de Portree.
- C'est le cas.
- Et qu'est-ce qui ne va pas ?
Elle posa la lettre brusquement, énervée.
- Il y a que ses parents sont vraiment horribles et que si j'étais plus grande, je leur jetterais un sort !
- Pas sûr que tu en aies le droit.
- Mais ils sont méchants avec elle. Ils lui font manger des trucs qu'elle n'aime pas ! De force !
- Ta grand-mère fait pareil avec nous tu sais...
- C'est pas drôle là ! protesta-t-elle. Ils mangent ce qu'elle aime quand elle n'est pas là, et ce qu'elle n'aime pas quand elle est là. Et si elle traîne à finir son assiette, son père mange ce qu'elle préfère, soi-disant pour l'aider à terminer. Mais ce n'est pas ce qu'elle préfère qui lui prend du temps à manger, c'est le reste justement !
Le grand-père, qui avait compris que la situation n'était plus à la plaisanterie, prit une moue sérieuse.
- Mouais, effectivement ils... mais ils savent qu'elle aime ce qu'ils mangent en son absence ?
- C'est ce que je lui ai demandé, en disant que peut-être ils ne le faisaient pas exprès, mais qu'ils se trompaient sur ses goûts. Sauf que non, ce n'est pas le cas. Ils le savent très bien. Et tu sais que parfois, ils lui enfoncent même la nourriture dans la bouche... ! s'offusqua-t-elle.
- C'est-à-dire ?
- Avec leurs doigts, ils poussent pour qu'elle avale et ça la fait vomir.
Grand-père haussa les sourcils et fit une moue scandalisée.
- C'est vrai que là dans ce cas...
- Je vais lui dire que la prochaine fois, elle n'a qu'à leur mordre les doigts ! Ou leur piquer la main avec sa fourchette !
- Hé hé Piccolina, dit-il en s'approchant d'elle et en s'installant à ses côtés. Je comprends que tu sois en colère. C'est vrai que ça semble quand même... assez extrême... mais tu dois agir prudemment.
- Mais je ne vais pas faire comme si ce n'était pas choquant et ne rien dire !
- Non, mais... il faut réfléchir et peser tes mots. Si elle pique ses parents avec une fourchette, elle pourrait avoir d'autres ennuis : une gifle, une punition, ou... ils pourraient la considérer comme violente alors qu'elle veut juste se défendre.
Calianor baissa les yeux : bon d'accord, vu comme ça, ce n'était pas une bonne solution, mais que faire ?
L'adulte semblait réfléchir.
- Est-ce que... ton père a vu les parents non ?
- Non, il a vu son oncle chez qui elle passe ses week-ends et ses vacances. Lui il est super gentil, et il fait plein de trucs bons à manger.
- Et sait-il ce que font les parents ?
- Je ne sais pas. En partie oui, mais peut-être pas tout...
- Tu pourrais lui conseiller de raconter à son oncle ce qui se passe. TOUT ce qui se passe. Peut-être qu'il ignore ces extrémités, et peut-être qu'il sera mieux placé que toi pour intervenir ou pour lui dire quoi faire... tu comprends ?
- D'accord, résolut-elle.
Elle finit par reprendre sa lecture, s'apaisant un peu, avant d'aller chercher plume, encre et parchemin.

Reducio
(1109 mots)

" véritable artéfact de stupidité "
La lumière ne nie pas l’ombre, elle la traverse

2e année RP - inscrite à la chronologie
Participe à [Coucou Rapeltout]
Alias Marraine la bonne fée

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La plume
Deuxième partie
Ma chère Elisabeth-Ann,

Ah ben ça c'est bien malin ! ou vilain même ! de filer plus de devoirs parce que tu passes la journée à la maison !
Oui je comprends le dilemme de l'organisation des devoirs : tu préfères ceux plus faciles ou plus amusants, alors tu commencerais bien par eux, mais après les autres...
Moi je me dis que c'est comme quand il y a deux choses à manger : une bonne, une beurk, autant commencer par la beurk, boire un grand coup pour chasser le goût, et puis manger la bonne.
Alors j'essaie de faire pareil avec les leçons, quand j'ai le choix.
Mais parfois, quand il y a plusieurs trucs mauvais ou difficiles, c'est pénible de tous les faire avant de passer à ce que j'aime.
Alors je fais un compromis : un que j'aime pas (le plus long de préférence), un que j'aime bien, un autre que je n'aime pas (le deuxième plus long), un que j'aime encore mieux, et ainsi de suite, pour terminer par mon préféré.
Bon quand il n'y a que des que je déteste... c'est plus compliqué !
Ah tu n'aimes pas histoire non plus ? Moi j'aime bien, mais comme c'est ma grand-mère - mes deux grands-mères en fait - qui me l'enseigne, c'est peut-être mieux fait.
Elle m'apprend comme si elle racontait une histoire... je veux dire comme un roman quoi !
Et parfois, quand elle a des objets ou des illustrations, c'est presque comme si j'étais dedans.
J'aime bien quand elle me raconte des grandes batailles. J'imagine que je suis une fille déguisée en chevalier qui se bat et qui doit réfléchir à la tactique pour la gagner.

Moi, grand-père avait réceptionné ta lettre.
Lui, il me l'aurait bien donnée tout de suite, mais il a eu peur que ma grand-mère le gronde s'il me la donnait avant la fin de mes leçons, alors il n'a rien dit et a attendu que j'ai fini pour me la donner.
Ouais c'est bien que t'aies fini tous les devoirs que t'as filé ton institutrice.
Bon, au moins la lettre t'aura un peu aidée à ne pas laisser tomber devant les devoirs embêtants.

"Oui je parle français Mademoiselle" écrit en français
Ça veut dire "yes, I speak french Miss".
Mais il parait que j'ai pris l'accent du sud... il faut dire que granita et maman l'ont toutes les deux alors bon... j'ai grandi avec.

Bon, je note :
_"dire merci aux cloches en criant fort" (fait)
_"écrire aux cloches bien à l'avance pour leur demander ce qu'on veut" (à faire)
Tu crois que si je leur écris après Noël c'est tôt assez ?
Comme ça, je leur demanderai ce que j'ai oublié de demander au père Noël.
Ou ce qu'il a oublié de m'apporter. Ça m'évitera d'attendre le Noël suivant. Il faut dire que je lui demande beaucoup de choses. Ses rennes doivent me détester. Et lui, il doit faire des choix.
Maman m'a déjà dit que s'il m'apportait tout, je n'aurais plus rien à lui demander l'année suivante.
Mais moi je trouve toujours de nouvelles choses à lui demander.
Par contre, il ne m'a toujours pas apporté de petite sœur.
Il paraît que ce n'est pas facile à trouver... ça doit être pour ça.
Tu crois que les cloches sauraient elles ?
Peut-être que s'ils s'y mettent tous ensemble ils y arriveront...

Tout à l'heure, je t'ai dis que pour les devoirs, je faisais un peu comme devant une assiette : d'abord manger le beurk, puis le miam.
Mais dans ton cas, je vais devoir te conseiller une autre méthode - pour la nourriture, quand tu manges chez tes parents, je veux dire.
Tu dois absolument commencer par ce que tu préfères, et puis tu termines par ce que tu n'aimes pas. C'est un peu embêtant, je sais, mais beaucoup moins que de voir ton papa manger à ta place ce que tu aimes et que tu laissait de côté pour la fin.
J'ai aussi réfléchi à ce que tu pourrais répondre, s'il te demande pourquoi maintenant tu commences par ce que tu préfères.
Evidemment, tu pourrais lui dire que c'est pour qu'il ne te le mange pas, mais il pourrait être fâché ou te gronder, ce qu'on doit éviter absolument.
Alors tu devrais lui dire "mais papa, il vaut mieux que je commence par ce que j'aime le plus pour le manger tant que c'est chaud (ou croustillant, ou quelque chose comme ça). De toute façon, le reste je n'aime pas, alors que je le mange chaud ou froid, ça ne changera rien. Autant profiter de ce que je préfère dans les meilleures conditions."
Enfin bon, tu vois l'idée...
Comme ça, tu n'auras plus autant faim et tu seras moins triste.
Et ainsi, quand lui aura fini, il pourra t'aider à manger le reste... c'est-à-dire ce que tu aimes pas !

J'ai une question, peut-être indiscrète, tu peux ne pas me répondre, mais ton oncle, tu lui as déjà raconté que ton père poussait la nourriture de force pour que tu avales et que ça te donnait carrément envie de vomir ?
Est-ce qu'il a un conseil ? Parce que quand même, c'est... bah moi je ne supporterais pas qu'on me fasse ça.
Elle tint sa plume redressée et relut ce passage.
Elle avait beaucoup réfléchi avant de l'écrire.
Elle soupira. Elle aurait voulu dire plus ! mais grand-père avait bien conseillé d'être prudent pour ne pas aggraver la situation - ouais enfin c'était déjà grave non ? ! -, surtout en étant à distance.
C'est sûr que ça aurait été plus pratique en face à face, surtout avec le nononcle.
Mais bon, juillet n'était plus si loin. Peut-être qu'elle pourrait en reparler...
Elle savait qu'on ne devait pas se mêler des affaires des autres. Mais quand quelqu'un avait un problème, elle savait aussi qu'on ne pouvait pas l'abandonner. D'ailleurs, elle ne voulait pas l'abandonner.
Je n'ai jamais entendu parler du truc des odeurs pour les bébés humains et leurs mamans... mais je l'ignore peut-être.
Non je n'ai pas d'animal à moi. Maman a dit que je devais encore attendre d'être plus grande pour qu'on me confie un animal dont je devrai être responsable.
Elle a dit à mes 12 ans.
Je réfléchis encore à ce que je choisirai comme animal.
Chez moi, on a des on remarque une trace due à une correction oiseaux.
Chez mes grands-parents, en France, il y a des chevaux.
Mon préféré, c'est Sultan. Je t'en ai parlé une fois, parce que j'en étais tombée, mais ce n'était pas de sa faute, il est très gentil, il ne me ferait pas de mal. Il s'était même arrêté, comme s'il s'en était rendu compte et s'inquiétait que je ne sois plus sur son dos.

Je vais prévenir papa pour qu'il s'organise avec ton oncle. Normalement, à cette date, je serai rentrée en Écosse.
Je devrai me débarrasser de mon cousin qui vient avec moi à cette époque, mais je m'arrangerai pour l'attacher ! pour qu'il n'essaie pas de me suivre juste pour m'embêter.
Il est capable de se proposer pour nous surveiller, comme il est un peu plus grand.
Plus grand, mais plus bête aussi !
Je ne sais pas si grand-mère pourra m'accompagner la prochaine fois. Tout dépendra de son travail. Parfois, elle va à Londres ou ailleurs pour travailler sur des objets anciens.
Elle ne nous empêchera pas de jouer, mais les vacances ne sont pas, selon elle, une raison de ne plus se cultiver et apprendre.
Donc, disons qu'elle ne nous donnera pas de devoir, mais plutôt qu'elle nous fera une leçon...
Mais si c'est sur l'histoire, tu verras qu'avec elle, c'est chouette.
Et pendant qu'on joue, elle voudra sans doute garder un œil pour nous surveiller, un œil sur nous, un œil sur un livre.
Elle est très forte pour faire ça.
Parfois, je la vois lire, les deux yeux vers son livre. Alors je me dis qu'elle ne me voit pas... eh bien non ! Elle voit tout.
Mais comme je te disais, elle a aussi son travail, et ce n'est pas dit qu'elle viendra.
Pas forcément la première fois quoi.

En fait, la légende d'Osiris ranimé par Isis...
trace de ratureJe laisserai ma grand-mère te la raconter le jour où tu la rencontreras.
C'est beaucoup mieux raconté en vrai par elle que si je te l'écris.
Il y a des histoires de trahison, de sauvetage,...

Amuse-toi bien à la plage si tu y vas.
Ici nous on va sans doute bientôt passer à table.
Je sens les odeurs qui s'échappent depuis la cuisine.

Bisous et à bientôt,

Calianor
Elle relut sa lettre et alla choisir une enveloppe.
Elle était encore occupée quand sa grand-mère l'appela à table.
Elle laissa là les enveloppes et alla manger.

Pendant le repas, une idée lui vint.
Alors quand tout fut remis en ordre, elle retourna près des enveloppes et en choisit une toute blanche, avec un beau grand espace vierge.
Puis elle sortit son cadeau, avec tout ce qui lui fallait pour dessiner et s'installa.
Elle n'avait pas terminé avant d'aller se coucher, mais granita l'autorisa à tout laisser comme ça pour reprendre le lendemain.
Et elle poursuivit.
Finalement, elle fut satisfaite de son travail.
Elle reprit sa lettre et ajouta :
PS : j'ai mis un peu plus de temps pour t'envoyer ma réponse, parce qu'au moment de choisir une enveloppe, j'ai décidé de te dessiner Sultan avec le cadeau des cloches et ce que j'avais appris.
Du coup voilà : le beau cheval que tu vois sur l'enveloppe, c'est Sultan, et c'est moi qui l'ai dessiné.
Je suis assez contente parce que je trouve qu'il est plutôt ressemblant... ce qui est un énorme progrès.
Même s'il est encore plus beau en vrai !
Elle glissa sa lettre dans son enveloppe, la scella et porta le tout à son grand-père pour qu'il l'envoie.

Reducio
@Elisabeth-Ann à toi
(1648 mots)

" véritable artéfact de stupidité "
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PREMIERE PARTIE


Le mois de juin était déjà bien entamé et une douce chaleur s'étendait maintenant sur l'Ecosse. Bien sûr, nous n'étions pas sur les îles, il ne faisait pas suffisamment chaud que pour pouvoir en profiter comme si les vacances d'été étaient déjà bien entamées mais, la douceur du climat s'était doucement installées durant les révisions qu'opéraient les instituteurs de l'école de Portree.

Comme tous les week-ends, Elisabeth-Ann se trouvait chez son oncle George, dans la maison au fond de la petite rue en cul-de-sac. Elle ne pouvait pas prétendre profiter des éclaircies et de la plage qui n'était pas très loin de chez lui, du moins, pas durant toute la durée du week-end mais, elle pourrait aller se promener durant quelques heures tout de même.

Habituellement, l'oncle de la fillette était plutôt permissif en ce qui concerne les balades dans la nature à proximité de sa maison mais, juin était un mois où il se montrait intransigeant sur ce point. Les examens de fin d'années débuteraient dans deux jours à peine, le lundi 21 juin et, il ne pouvait se permettre d'avoir les reproches de sa sœur durant plusieurs semaines parce qu'il aurait laissé sa nièce vagabonder dans les environs au lieu d'étudier pour ses examens !

Bien entendu, sa petite blonde de filleule ne l'entendrait sans doute pas de cette façon mais, George était déterminé à chercher un moyen pour associer tant les révisions et l'étude que quelques moments agréables où elle pourrait profiter de ces conditions climatiques agréables en se promenant ou en allant jouer à l'extérieur, de temps à autre mais, avec parcimonie.

Bien qu'il ne fut pas parent, il trouvait parfois assez difficile d'être un oncle. C'est qu'il n'était pas supposé avoir la même autorité que sa sœur ou son beau-frère. Pourtant, il avait noué avec Elisabeth-Ann des liens forts et sincères. La petite fille préférait, de beaucoup, se trouver à son domicile qu'au sien, et elle ne s'en cachait absolument pas. Du moins, pas avec lui ! Il supposait qu'elle n'était pas aussi expressive avec ses parents, à ce sujet mais, il ne lui posait pas la question tellement la réponse était évidente ! Elle n'aimait pas du tout être avec eux !

Bien qu'il sache que sa sœur et son beau-frère élevaient leur fille dans une ambiance bien peu agréable, il ne pouvait rien y faire ! S'il parlait trop, s'il agissait d'une quelconque manière que ce soit, ils auraient tôt fait de l'empêcher de la voir et de trouver une autre solution pour les week-ends et les vacances où ils s'engageaient davantage dans leur travail. Lui, James Dryke, était un homme autoritaire et qui n'accepterait certainement pas se laisser dicter la façon dont il doit élever sa fille ! Sa femme, sa soeur, Annet Wheat, qui avait été élevée à la dure, semblait soumise à son époux mais, elle avait un sacré caractère tout de même et, il supposait qu'elle ne soit pas étrangère au fait que la petite fille ne trouve pas refuge auprès d'elle non plus. Bref, s'il intervenait, la petite Elisabeth-Ann se retrouverait seule face à ce qu'il appelait en son fort intérieur "ses deux bourreaux" et donc, il se devait de faire patte blanche.

Aaah par moment, il se disait qu'il rêverait de leur faire un procès et de leur faire enlever leur fille unique et d'en demander la garde avec une interdiction à vie, pour eux, de la revoir ! Mais, c'était vraiment quelque chose dans laquelle il ne pouvait pas s'engager ! Car, s'il échouait, elle se retrouverait seule avec ses deux "monstres" comme ils les appelaient avec son épouse, Andréa Shanty, qui s'est envolée vers les cieux en février 2032.

Il était gentiment assis près de la fenêtre de la cuisine, les rayons du soleil du matin perçaient à travers les fenêtres qu'il avait dégarnies de leurs tentures couleur olive. Il savourait son café tout chaud en réfléchissant au fait que la petite serait ravie de découvrir la lettre qu'il avait trouvée dans la boîte, ce matin-là.
*A mon avis, le facteur est passé tard, hier. J'aurai dû retourner à la boîte aux lettres dans le courant de l'après-midi !*, se disait-il en trempant sa moustache dans la mousse qu'avait produit sa machine Senseo.

Des petits pas se firent entendre à l'étage et, il leva les yeux vers la source du bruit. Il sourit. Ses yeux se plissèrent d'aise à l'idée que, d'ici quelques minutes, il serait rejoint par son petit rayon de soleil bourré d'énergie. Lui, il se sentait un peu fatigué, ce jour-là, c'était un jour "sans" comme on disait couramment. Oh, ça ne lui arrivait pas souvent mais, aujourd'hui, il se sentait fatigué.

Comme il l'avait prédit, Elisabeth-Ann dévala les escaliers, habillée et les cheveux toujours humides de son passage dans la douche. Elle portait une jolie jupe avec un t-shirt et un gilet assorti à celle-ci. Comme toujours, elle cherchait à lui faire plaisir car, elle aimait beaucoup porter des pantalons ou des shorts car, elle pouvait prendre mille et une positions sans que cela soit inconvenant. Mais, il lui avait toujours dit qu'une fille et une femme ne l'était vraiment que quand elles portent des jupes ou des robes et donc, la fillette semblait avoir voulu lui faire plaisir en s'habillant pour qu'il soit fier d'elle. Elle était immédiatement venue l'embrasser en sautant dans ses bras, comme si elle avait toujours cinq ans ! Bientôt, il faudra qu'il l'avertisse que comme elle devenait plus lourde, il faudra qu'elle cesse de sauter comme ça mais, tant qu'il pouvait encore le supporter sans trop souffrir de son dos, il la laisserait faire ! C'est que c'est tellement agréable cet enthousiasme à se jeter dans ses bras ! Il aimait beaucoup sa nièce et la protégeait comme si elle était sa fille.

Il lui proposa son petit déjeuner mais, elle tenta de le postposer à la lecture de sa lettre car, bien entendu, elle avait remarqué qu'une enveloppe magnifique l'attendait à la place où il posait le courrier qui était destiné à sa nièce.
L'enveloppe était ornée d'un dessin magnifique d'un cheval. On pouvait distinguer quelques coups de crayons si bien qu'il était aisé de savoir que cette œuvre d'art ne provenait pas d'une librairie mais était l'une des créations de son amie.
"S'il-te-plaît, Mononcle, je peux la lire ?", demanda l'enfant en tentant de l'amadouer d'un sourire ravageur.
George avait bien l'intention de la laisser lire la lettre mais, il devrait gérer tout un tas de choses, dans ce cas.

On peut dire qu'il y avait pensé et avait retourné le problème dans sa tête à maintes reprises en attendant le lever de sa nièce et, il avait pris une décision et allait s'y tenir. Il lui répondit alors : "Bon, voilà ce qu'on va faire : Nous allons déjeuner puis, nous ferons la vaisselle. Ensuite, tu pourras lire ta lettre mais, tu ne pourras pas y répondre tout de suite ! Tu devras étudier pour ton examen de mathématiques de lundi "
Elisabeth-Ann fit la moue mais ne dit pas un mot.
"Oui, je sais ! Ce sera difficile mais, je t'ai déjà préparer toute une volée d'exercices. Si ceux-ci sont bien juste et, je les corrigerais consciencieusement ! Tu pourras, après, le dîner, répondre à ton amie. Ensuite, quand la lettre sera sous enveloppe et, je ne ris pas, je mettrai le chronomètre de la cuisine, tu auras maximum deux heures pour la rédiger et si tu ne l'as pas finie, tu la continueras demain. Ensuite, nous recommencerons une autre série d'exercices mais avant, je t'expliquerai correctement ceux que tu auras ratés comme ça, tu pourras réussir et les faire convenablement. Bien sûr, je profiterai des deux heures où tu pourras écrire ta lettre pour corriger tes exercices du matin et préparer de nouveaux exercices pour l'après-midi et le soir. Si ceux de l'après-midi sont corrects et bien compris, nous irons nous promener sur la plage et pourquoi pas, nous irons "Là où chante la Lune..." pour nous changer un peu les idées. Tu recommenceras encore à faire un peu d'exercices de mathématiques durant la soirée. Si tu travailles bien, tu pourras regarder un film ou un long dessin-animé et tu pourras même choisir ce qu'on regardera. Puis, il sera l'heure d'aller te coucher car, demain, il faudra, à nouveau, recommencer à étudier !
Donc, si tu n'as pas fini de répondre à Calianor, cet après-midi, sache que demain sera exactement le même programme et donc, tu ne pourras terminer ta lettre qu'après le dîner de demain. As-tu bien compris ?
", lui demanda-t-il pour terminer.

La fillette hocha la tête. Elle n'était pas triste parce qu'elle pourrait lire la lettre de son amie dans très peu de temps et qu'elle pourrait même lui répondre aujourd'hui. C'était toujours mieux que chez papa et maman car, avec eux, elle n'aurait même pas su qu'une lettre était arrivée tant qu'elle n'aurait pas eu fini de passer tous ses examens.
1498 mots

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DEUXIEME PARTIE


Le repas terminé, la vaisselle lavée, essuyée et rangée dans les armoires de la cuisine, Elisabeth-Ann jeta un œil vers son oncle qui opina de la tête en souriant.
La fillette se saisit de la lettre et parti de la cuisine en sautillant à chaque pas, tellement sa joie était grande de pouvoir lire la lettre de son amie. Mais, elle fit demi-tour et vint se planter devant son oncle.
"Dis, Mononcle, comment je fais pour pas abîmer le joli cheval qui est sur l'enveloppe ?", demanda-t-elle en présentant la missive toujours fermée à son oncle.
Il sourit en se saisissant de lettre de Calianor et se dirigea vers le plan de travail. Là, il prit un couteau qu'Elisabeth-Ann n'avait pas le droit de toucher parce qu'il lui disait toujours qu'il était extrêmement coupant et, il le glissa dans un petit trou où la colle n'était pas parfaite et il passa délicatement le couteau qui ne fit pas un bruit. La feuille qui formait l'enveloppe ne plissa même pas et pourtant, tout un côté était maintenant ouvert et permettait à quiconque de prendre le message qu'elle contenait et pas un seul pli ne froissait la robe du majestueux cheval représenté sur le papier.
Elisabeth-Ann s'en alla en ayant lancé un : "T'es trop fort !", s'en retournant vers le salon pour s'asseoir dans sur le canapé.

George inspira un bon coup, le voilà parti pour inventer des problèmes et des exercices de mathématiques.

Pendant ce temps-là, Elisabeth-Ann, après avoir admiré la superbe esquisse de son amie, se mit avidement à lire ce que son amie lui avait écrit. Elle dévora le courrier de son amie et bouda un peu quand son oncle vint la chercher pour travailler alors qu'elle en était déjà à sa troisième lecture.

Elle voulut lui parler de la lettre mais, il l'interrompit aussitôt : "Non, ma chérie, pas maintenant ! Tu pourras m'en parler quand nous irons nous promener ce soir ! Nous avons beaucoup de travail, toi comme moi ! Allez hop ! Va à la table de la salle-à-manger, tout est prêt. Normalement, tu auras tout ce qu'il te faut ; latte, équerre, compas, crayon, crayon rouge, et un stylo pour faire les exercices. Pas de ratures, hein, je t'ai mis des feuilles de brouillon. On fait comme à l'examen ! Pas de cours de mathématiques, non plus !", lui dit-il gentiment.
La fillette s'exécuta et s'appliqua. Elle espérait ainsi, terminer plus tôt que l'heure à laquelle son oncle avait pensé mais, il avait imaginé tellement d'exercices qu'elle terminait à peine quand l'heure du repas arriva.

Il le servit dans la cuisine et, elle mangea avidement le plat de carbonnades qu'il lui avait préparé. En plus, pour une fois, bien qu'à lui cela lui semblait peu mariable, il avait fait des frites pour lui faire plaisir au lieu de la purée de pommes-de-terre qu'il leur préférait... du moins pour accompagner cette viande en sauce.
Quand ils eurent terminé de manger, ils firent la vaisselle ensemble et, pendant que son oncle devait se creuser la tête pour trouver d'autres exercices et d'autres problèmes à lui faire faire après avoir corrigé sa copie du matin, Elisabeth-Ann, elle, s'était précipitée sur son papier à lettres et commença à écrire à son amie :
Portree, le 19 juin 2049

Mademoiselle Calianor Daenarya
Georgiana Fraser
Benaig Road, 1284, PH33 Fort William


Ma chère Calianor,

J'ai reçu ta lettre ce matin ! Ce qu'elle est belle ! Alors, c'est toi qui a dessiné le cheval ! Ce qu'il est beau ! Et c'est le tien alors ! Et il s'appelle Sultan que tu dis ! Alors c'est un Prince de l'Orient, comme Aladin ! Ce que tu dessines bien ! Au départ, je pensais que tu avais trouvé du nouveau papier à lettres encore plus beau que d'habitude. Que tu l'avais acheté à la librairie près de chez toi mais, c'est toi qui l'a dessiné ! Waouw ! Ce qu'il est beau !!!
Tu devras m'apprendre à dessiner tout bien comme toi, hein !
Pendant les vacances, si tu es d'accord !
J'espère que tu seras d'accord !

Bon, je reprends ta lettre pour pas oublier de répondre à quelque chose, attends !
A voilà ! Je l'ai et je lis et je te réponds en même temps, comme je fais d'habitude !
Mais, le cheval, il était trop beau ! Il fallait que je t'en parle tout de suite !

C'est une bonne idée, je vais essayer le coup du un devoir que j'aime pas puis un que j'aime bien, quand j'en ai beaucoup à faire ! Promis, je tenterai ton truc à toi !
Oh mais c'est pas que je n'aime pas l'histoire ! Le problème c'est que je ne retiens jamais les dates alors j'ai des mauvais points ! Mais, l'histoire j'aime bien si je ne suis pas obligée de connaître toutes les dates par cœur. Je ne suis pas à l'aise avec les chiffres que Mononcle il dit ! Il dit que je suis une littéraire (j'ai dû lui demandé comment que ça s'écrit !) et une scientifique qui n'aime pas les statistiques (ça aussi j'ai dû lui demander comment ça s'écrit et ce que ça voulait dire parce que je savais pas ! C'est aussi parce que je n'aime pas les chiffres qu'il dit ça !)
D'ailleurs, lundi, ça commence les examens ! Et c'est justement l'examen de mathématiques et, ça, je n'aime pas du tout non plus ! Là, il est presque 13h00, on vient de finir de manger et Mononcle me laisse deux heures pour te répondre et si je n'ai pas fini, je devrai continuer demain parce que je dois étudier et résoudre plein de problèmes et de calculs encore pendant l'après-midi et aussi encore un peu le soir. Et le pire, tu sais ce que c'est ? C'est que demain, il va encore m'en faire faire ! Mais, il me fera aussi un tout petit peu étudier l'examen de mardi ! Et mardi, c'est mieux ! C'est Anglais ! Il n'y a que la conjugaison où c'est pas toujours facile mais, les analyses de textes, ça, j'aime bien ! Au moins, demain, ça ne sera pas des mathématiques toute la journée !

Ooooh ta grand-mère elle gronde ton grand-père ! Mais, elle est gentille quand même, hein ?
C'est gentil ça qu'il te l'aurait donné tout de suite ! Il doit aussi être très gentil, ton grand-père ! Et lui, il viendra avec toi, quand tu viendras ? Je demande parce qu'après les examens, ça va être les congés et tu vas pouvoir venir ! On pourra aller à la mer tous les jours ! Je demanderai à Mononcle de nous acheter des glaces pour les manger dans le jardin, t'aime quels goûts, toi ? Moi, j'aime bien la stracciatella avec des granulés de noisettes comme on en met sur les brésiliennes. Miam ! Et si tu restes plusieurs jours, on pourra même faire la fête le soir ! Tu crois que ton papa et ta maman seraient d'accord pour que tu restes plusieurs jours ? Tu pourrais dormir avec moi, j'ai un grand lit comme les amoureux ! Rassure-toi, j'ai aussi une grosse couette et tu n'auras pas froid ! Maintenant, je ne suis pas sûre qu'elle sera toujours sur mon lit quand tu viendras ! Cela dépendra de la chaleur ! Tu sais déjà quand tu vas venir vu que c'est tout bientôt ?

Toi, tu parles français et moi, je parle grec !
Mais, Mononcle aime bien les chansons en français ! Il m'en apprend plein plein et je lui demande tout le temps ce que ça veut dire et il me les traduit en anglais ! Tu crois que je saurai le français aussi en chantant les chansons de Mononcle ?

Oh oui, hein ! Je pense que si tu écrit aux cloches après Noël, elles auront le temps de chercher un cadeau qui te plaît ! Par contre, pour ta petite sœur, je sais pas si elles font ça ! Faudrait que je demande à Mononcle, attends !
Ah ben, Mononcle a dit que elles pouvaient juste le noter mais que ce n'était pas elles qui apportaient les petits bébés ! Mais que c'était toujours bien de l'écrire quand même comme ça elles peuvent prévenir ceux qui s'occupent de ça ! Mais, il ne veut pas me dire qui s'en occupe ! C'est bizarre, hein ! D'habitude, il répond toujours à mes questions.

Oh ben tu sais, quand je mange d'abord ce que je préfère, je me fais gronder parce que "on ne doit pas manger tout le temps la même chose, il faut alterner ce que l'on mange ! Tu ne peux pas manger tous les légumes et manger la viande en dernier ! Cela ne se fait pas, ce n'est pas poli et on va dire que tu es mal élevée ! Tu ne peux pas faire ça ! Tu dois manger une fourchette de légumes, puis une fourchette de patates, puis une fourchette de viande et recommencer ! C'est comme ça que l'on se tient bien à table !", c'est ça qu'ils diraient, Papa et Maman. Mais, rassure-toi, j'ai déjà essayé ! Et, tu sais, quand il ne restait plus que ce que je n'aime pas dans mon assiette ben là, mon papa, il m'aidait pas à manger ce qu'il restait ! Il préférait se resservir dans la casserole ! Je n'ai jamais compris comment que ça marche dans sa tête !

Ben, tu sais, il le fait devant tout le monde ! Si un jour tu venais manger à la maison, il le ferait même devant toi ! Mononcle l'a vu plein plein de fois !
T'as raison, c'est horrible ! Mononcle m'a dit qu'on faisait ça avec les oies mais j'ai pas retenu le nom de comment ça s'appelle. Et je n'aime pas en parler tout le temps parce que ça me rend triste.

Ouiiiiiiiiiiiiiiii ! Le tout beau que tu as dessiné !
Et tu as quel genre d'oiseaux, chez toi ?
Moi, j'ai peur des poules ! Alors, tu crois que tes oiseaux ils me feraient peur comme les poules ?

Oh non, hein, j'espère que tu pourras venir sans ton cousin ! Moi, j'aimerai mieux que tu viennes avec ton grand-père, il a l'air très gentil vu qu'il voulait te donner ma lettre tout de suite ! Ou alors avec ta grand-mère qui pourrait me raconter une jolie histoire ! Celle que tu m'as dit avec Osiris ! Lui, il va juste nous empêcher de jouer ! Et il faudra jouer à des jeux de garçons comme le football, le base-ball ou le water-polo ! J'espère qu'il ne viendra pas avec toi mais, si c'est obligé, je préfère que tu viennes plutôt que tu ne viennes pas, hein !

Sur la plage, on ira un peu ce soir, après mes autres exercices pour les examens, Mononcle aime bien que je prenne l'air tous les jours ! En plus, il fait beau, aujourd'hui ! Pas encore très chaud mais, il y a un joli soleil dehors ! Mononcle viendra avec moi, alors, je lui demanderai de prendre un sachet au cas où l'on te trouve des coquillages, comme ceux que tu aimes bien !

Je vais devoir retourner travailler pour mes examens ! Toi aussi, tu dois passer des examens, dans ton école ? Et c'est maintenant aussi ?
La seule chose qui est bien, avec les examens, c'est que le reste de la journée, soit on va à la garderie, soit on peut rentrer chez nous !

N'oublie pas de demander à ton papa d'écrire à Mononcle pour savoir quand tu viens, hein !
Et pense à lui dire que tu peux dormir ici plusieurs jours !
Ce que ce sera chouette quand tu seras là !

Ecris-moi vite hein !
Plein de bisous,

Elisabeth-Ann Dryke
Elisabeth-Ann eut fini sa lettre bien avant la fin des deux heures que son oncle lui avait accordées. Et comme il avait également terminé de préparer son petit test de l'après-midi, il lui proposa qu'ils avancent dans l'horaire et qu'ainsi, ils pourraient peut-être avoir une plus longue balade après le souper, ce que l'enfant accepta toute enjouée.

La lettre d'Elisabeth-Ann pour son amie Calianor était maintenant sous enveloppe et timbrée, ils feront un détour par la rue parallèle pour la poster dans la boîte de réception de la Poste.
2081 mots

Mots soulignés et colorés pour le défi de juillet 2026 de La Cabane de Cristal
A toi, @Calianor Daenarya :)

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22 juin 2049

Première partie


Elle était rentrée de France, pour trois semaines.
Elle retrouvait ses parents et ses autres grands-parents.
Les températures plus douces aussi... ça c'était moins drôle, pour elle qui aimait bien le soleil, le soleil très chaud du sud.
A son arrivée, elle avait trouvé une lettre d'Elisabeth-Ann.
Vu l'imminence de son retour, papa n'avait même pas tenté de lui envoyer le hibou.
Elle l'avait lue juste avant le dîner.
A présent, elle était assise devant son assiette, songeuse, extrêmement appliquée sur chaque bouchée.
Trop silencieuse en fait, trop concentrée sur son repas, pour que ses parents ne remarquent rien.
- Tout va bien Cali ? s'inquiéta sa mère. Tu regrettes déjà à ce point la cuisine méditerranéenne ? !
- Hmmm... non c'est pas ça. C'est très bon mais... je veux pas être mal élevée.
Son père entrouvrit la bouche, surpris et sa mère fronça les sourcils.
- Comment ça ?
- J'essaie de bien manger une fourchettée de chaque aliment l'un après l'autre et de recommencer, parce que je ne voudrais pas qu'on me trouve impolie.
Le père ouvrit complètement la bouche, sans émettre un autre son que : " Oooweeuuuhm ! "
Sa mère inspira, retint son souffle, puis expira.
- Ma puce, quand je te dis que tu ne dois pas manger toute ta viande d'abord, c'est parce que je sais que dans ce cas, quand il ne te restera que les légumes, si ce sont des légumes que tu aimes moins, tu resteras pensive devant, en les picorant, et qu'après tu les trouveras trop froids pour les terminer, diras-tu. Bon là en plus aujourd'hui, ce sont des crudités, donc que tu manges un peu plus vite ta viande avant qu'elle ne refroidisse... ah ce n'est pas grave. Tu peux faire une alternance... différenciée : trois bouchées de viande, une de légumes, une cuillerée de purée et voilà. Enfin ce n'est qu'un exemple ! Ce n'est pas une procédure non plus tu sais. Ni un rythme de musique.
- Oui mais les parents d'Elisabeth-Ann ils lui ont dit qu'il fallait prendre une fourchette de viande, de patates puis de légumes, et puis recommencer, si non, on passerait pour mal élevé.
- C'est peut-être parce qu'elle mange systématiquement ce qu'elle aime et laisse tous ses légumes sur l'assiette, ils auront voulu la pousser à intégrer ses légumes plus vite ! suggéra sa mère.
- Non c'est même pas ça... Et puis bah en même temps si elle n'essaie pas de manger rapidement tout ce qu'elle aime d'abord, son père le lui pique.
Silence.
- Quoi ?
La mère tourna les yeux vers son mari, comme pour l'interroger.
- Euh j'en sais rien moi, je ne connais que son oncle.
- Tu es sûre ?
- Bah je l'ai pas vu faire, mais elle me l'a écrit, pourquoi elle inventerait ?
- Non je ne dis pas qu'elle invente mais... peut-être qu'il pense l'aider à avancer...
- C'est ce que j'ai pensé, mais ça a pas l'air d'être vraiment le cas.
La mère mordilla sa lèvre inférieure, signe d'une pointe de colère révoltée contenue.
Elle inspira à nouveau, regarda son mari, puis cligna fortement d'un seul œil.
Ça voulait dire qu'elle pensait une réplique bien singlante à l'égard des parents mais qu'elle ne le dirait pas devant sa fille, au prix d'un certain effort.
- Hmmm ! bon, écoute, si un jour tu dois manger en leur présence, tu feras attention, mais en attendant, avec nous, tu sais à quoi t'en tenir : ne pas laisser ce que tu n'aimes pas en espérant que ça t'évitera de le manger, - ce qui ne veut pas dire une bouchée systématique de chaque en mode automate, une alternance c'est mieux mais pas une consommation de type discipline militaire -, ne pas mettre tes coudes à table - parce que ça, ça paraîtra bien plus mal élevé en public que deux morceaux de viande à la suite, crois-moi ! -, et ne pas parler la bouche pleine surtout. C'est à peu près tout. Et maintenant, mange ! vraiment je veux dire ! Là on dirait que ce repas est une torture alors que tu aimes bien non ? Que va penser Isis !
Isis, c'était l'elfe de maison qui avait préparé leur repas.
Et la fillette n'avait pas eu l'intention de l'inquiéter ou de la chagriner.
En plus c'est vrai qu'une bouchée en tournante... pfff c'était fatigant.
Elle poursuivit donc normalement, suivant les consignes de sa mère.
- Ach auffffé...
Elle s'interrompit, regarda sa mère, les joues rosissantes, un peu gênée, baissa les yeux, avala, puis repris :
- Hmmm pardon, je voulais dire : maintenant que je suis rentrée et que ça va être les vacances de l'école d'Elisabeth-Ann, elle demande si tu peux appeler son oncle pour qu'on fixe une date pour se revoir, dit-elle les yeux tournés vers son père.
- Ah ok je... euh... demain c'est compliqué mais jeudi je pourrai l'appeler de chez Georgiana.
- Oui enfin... tu lui demanderas si tu peux appeler de chez elle, reprit sa femme.
- Mais t'inquiète elle est d'accord. Euh tu sais quand commencent ses vacances ?
- Hmmm non. Là elle est encore en examens. Mais en juillet ça ira non ?
- N'oublie pas qu'à partir du 10, on est un peu... full, lui rappela sa mère. Et avant, ton cousin arrive.
- Ouais mais... je vais pas emmener Jo avec nous ?
- Eh bien... je ne veux pas l'exclure mais... il faut admettre qu'il est assez maladroit, sur le secret magique je veux dire, alors ce serait risqué de le laisser venir.
- Il arrive quand ?
- Dimanche. Mais il accompagnera son père quelques jours à Londres. Hmmmm vers le 1er juillet je crois.
- Alors je pourrai aller chez Elisabeth-Ann à ce moment-là.
- Oui pourquoi pas.
- Et je pourrai dormir là-bas ?
- Cali...
- Mais elle l'a proposé ! protesta la fillette face au refus qui pointait son nez.
- Oui mais...
Les adultes échangèrent à nouveau un regard.
- Écoute Cali, plusieurs jours comme ça, seule au milieu des moldus... tu pourrais être un peu perdue, ou dire des choses...
- Mais si vous me dites ce que je dois dire ? !
- On ne sait pas tout nous-mêmes.
- Mais allez, s'te plaît maman !
Nouvel échange de regards.
- Peut-être qu'une nuit... commença son père, hésitant.
Elenna plissa le front et soupira.
- Une nuit, pour tester. Tu sais que si tu gaffes, en principe on doit effacer la mémoire des moldus, l'avertit sa mère.
Calianor n'avait pas pensé à ça.
- Ah... ouais... Je ferai très très très attention !
- Bon, essayons donc une nuit. Mais tu es prudente. Et puis, il ne faudrait pas qu'on exagère. Après tout, c'est très gentil à eux de t'accueillir. Nous... on ne pourra pas leur rendre la pareille.
La maison des Daenarya respirait la magie en bien des endroits : pas d'électricité, des lampes magiques qui flottaient, pas de télé, des tableaux qui bougeaient, des accessoires de sorcier partout... Laisser y entrer un moldu non-informé était difficilement concevable, effectivement.
Ce qui voulait dire qu'une invitation en retour était impossible, et c'est ça qui contrariait sa mère.
- J'appellerai donc son oncle jeudi, et je lui proposerai le 1er juillet. Et s'il confirme que c'est possible, tu pourras y rester une nuit.
Bon, c'était un début. Et puis Calianor comprenait le point de vue inquiet de ses parents : elle n'avait que dix ans et avait vécu toute sa vie dans un monde de sorciers.
Et même si elle avait appris des choses spécifiques au monde des moldus, c'était un risque : pas question de s'émerveiller en voyant un avion dans le ciel, ou une télévision, et encore ça, ça faisait partie des objets qu'elle commençait à connaître.
Mais elle restait fascinée par des inventions telles que les ascenseurs par exemple, alors qu'elle, devait monter tous les escaliers, en attendant d'avoir un balai.
Et même là, elle savait qu'elle ne pourrait pas les monter en les survolant.
Elle acquiesça donc, d'un air très sérieux et responsable.

Reducio
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Portree, Ecosse Fort William, Ecosse JPG PNJ Le stylo ou la plume
La plume

Deuxième partie

Après le repas, la fillette s'installa sur la terrasse avec de quoi écrire.
Elle trempa la plume dans l'encrier, et commença.
22 juin 2049, près de Fort William

Ma chère Elisabeth-Ann,
Comme tu peux le voir sur la ligne au-dessus, je suis revenue de France, pour quelques semaines. On y retourne après mon anniversaire.
Avant tout, je commence par t'annoncer que papa va sûrement appeler ton oncle jeudi pour fixer un rendez-vous pour que je vienne à Portree.
Il va lui proposer le 1er juillet, si ça vous va. J'espère que tu seras en vacances.
Il verra aussi avec lui s'il confirme que je peux rester dormir. Par contre, ils ne sont d'accord que pour une nuit. Mais c'est déjà ça.
Mon cousin sera avec mon oncle à Londres à ces dates-là, donc rassure-toi, il ne viendra pas.
Mais tu sais, en termes de jeux, il n'est pas forcément un amateur de ce que tu as dit. Lui ce qu'il aime par-dessus tout, c'est jouer le noble chevalier.
Si tu lui dis "merci Messire", ou "je vous en prie noble gentleman", tu peux lui demander presque tout ce que tu veux.
Enfin... toi tu peux, moi ça marche beaucoup moins, parce que je suis sa cousine.
Quoi que ça fonctionne quand même parfois...
Bon, ça c'était le point le plus important.

Oui, le cheval sur l'enveloppe, c'était bien moi qui l'ait dessiné.
T'as vu comme j'ai progressé en suivant les exercices du cadeau des cloches ? !
Il s'appelle Sultan, et pour être exacte, c'est le cheval de mes grands-parents de France.
Mais j'ai appris à monter avec lui. C'est un cheval hyper rapide et très puissant, mais il est tellement gentil et intelligent, que c'était comme s'il comprenait que j'étais une débutante, alors il allait tout doucement à mes débuts, il s'arrêtait quand il sentait que j'avais trop peur,...
Maintenant bien sûr, on va beaucoup plus vite, même s'il fait toujours très attention.
Quand je suis en France, c'est moi qui m'occupe de lui, avec un peu l'aide de grand-père qui vient parfois vérifier. Je lui donne à boire et à manger, je le brosse, je l'emmène promener parfois juste à pied, parfois en montant sur son dos.

Ah c'est dommage que tu n'aimes pas les chiffres. Enfin bon ce n'est pas grave. Mais moi je les aime bien.
J'espère que ton examen de maths c'est bien passé.
Dommage que je ne puisse pas le faire pour toi, ou avec toi, j'adore résoudre des problèmes. C'est un peu comme des énigmes.
Parfois je trouve qu'on devrait pouvoir partager les contrôles en binôme, parce qu'on a tous des points forts et faibles, et en binôme, ça serait plus facile.
Surtout que binôme ne veut pas forcément dire que l'un fait tout dans sa matière et l'autre dans la sienne. Non moi je pense à un binôme qui travaille ensemble : le plus fort résout le problème par exemple oui, il écrit la bonne réponse, mais tout en l'expliquant à son double. Et quand le double fait sa partie, c'est pareil : il répond, mais en expliquant sa réponse à l'autre. Parfois, c'est plus simple de comprendre en travaillant ainsi qu'en écoutant juste la leçon.
Enfin bon, je sais bien que ça ne fonctionne pas comme ça. Malheureusement.

Non mon grand-père de France ne viendra pas avec nous quand je viendrai à Portree à mon avis, parce qu'il ne sera pas encore en Écosse.
La glace que je préfère, c'est celle à la noix de coco.
Mais j'aime bien aussi celle comme toi, et j'aime beaucoup les sorbets : au citron, à la framboise, au fruit de la passion,...
J'aime juste pas celles au melon ou à la banane.
Je pense que les chansons en français peuvent t'aider à apprendre la langue, oui, surtout s'il te les traduit. Et aussi, ça peut t'aider à apprendre la prononciation.
Je vais demander aux cloches alors de m'aider pour avoir une petite sœur. Peut-être que si elles travaillent avec le Père Noël ensemble ils y arriveront, ou qu'ils sauront convaincre ceux qui s'en occupent. Je ne pense pas que ce soit les lutins du père Noël qui fasse les bébés, ça doit être un processus particulier, qui passe par les mamans d'ailleurs aussi. C'est peut-être pour ça que ton oncle est resté vague.
Bon, sur la question de comment manger... je ne vais pas rentré dans le détail par écrit, c'est un peu compliqué.
Mais mes parents n'ont pas tout à fait la même opinion que les tiens.
Ils m'ont juste dit que si je devais manger devant eux, autant appliquer leur méthode, mais en dehors de ce cas, je peux manger comme je veux. Enfin... mes parents ont aussi quelques consignes quand même, comme ne pas laisser tous mes légumes pour la fin, mais c'est plus souple que chez toi. Je dois aussi éviter de parler la bouche pleine et de mettre mes coudes à table.
Je crois que tu serais plus tranquille pour manger avec mes parents. Déjà parce qu'ils ne te piqueraient pas dans ton assiette !
Mais bon, j'ai bien senti qu'ils ne disaient pas tout ce qu'ils pensaient non plus.
Et je ne crois pas qu'ils seraient d'accord que tu désobéisses devant tes parents en t'appuyant sur la pensée des miens. Par contre, ils te ficheraient bien plus la paix !
Faut pas croire que chez moi ils ne sont pas stricts sur certaines choses non plus hein, mais c'est différent. Je crois que c'est plus comme ton oncle, qui te fixe un programme à bien respecter, mais qui te laisse aussi faire un peu ce que tu aimes quand t'as bien travaillé.
Non les oiseaux ici ne sont pas des poules. Ce sont des chouettes et des hiboux, mais ils sont gentils. Ah bien sûr c'est pas pareil qu'un petit chat ou un petit chiot qu'on caresse, ou même que Sultan. Ils ont un certain caractère mais si tu ne les embête pas, ils ne te feront aucun mal.
Les poules, faut les laisser tranquilles aussi. Moi je ne les approche pas. Plus. Un jour j'ai voulu jouer avec une poule, et elle m'a pincé le doigt. Grand-père a dit que ce n'était pas tellement des bêtes pour jouer. Pas méchantes en principe - sauf exception -, mais faut pas jouer avec. Avec le hibou, parfois je peux quand même jouer un peu, mais comme je te dis, c'est différent d'un chaton. Et puis ce hibou a été éduqué. Faudrait pas tenter avec un hibou sauvage en pleine nuit !

Bon je ne vais plus en écrire des tonnes, parce que si on se voit bientôt, ça ne sert à rien d'y laisser du papier et de l'encre, c'est mieux de vive voix.
J'espère que papa et ton oncle se mettront d'accord.
Je te laisse et bonne chance pour tes autres examens.

Bisous,

Calianor
Elle relut sa lettre et la plaça dans une enveloppe que grand-mère avait bien voulu lui passer, qui représentait des fresques restaurées de palais grecs.
Elle porta la lettre à son père pour qu'il la remette à Mrs Fraser.
En même temps, elle lui remit un petit cadeau qu'elle avait préparé pour cette dernière, pour la remercier de son aide dans leur entreprise pour échanger des courriers entre sorciers et moldus, ni vu ni connu.

Reducio
@Elisabeth-Ann Dryke
(1222 mots)

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