"With love, -S"

Traduction : Mais tu es mon/ma meilleure.e ami.e... et je ne peux pas te perdre
SommaireCe recueil d'OS partagé entre Soren Mayfield et Sage Matthews retrace toutes leurs lettres échangées lors de leurs années à l'étranger : Soren en Espagne et Sage aux États-Unis.
[23-06-2043] - Soren | Loin des yeux, près du cœur
[12-09-2043] - Sage | Rayon de soleil
[02-10-2043] - Soren | Il legame tra noi
[04-12-2043] - Sage | Solitude
Traduction du titre : "Avec amour, -S"
@Soren Mayfield
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"With love, -S"
Loin des yeux, près du coeur
23 juin 2043
Lu’…
Argh. J’serre ma plume entre mes doigts. Comment commencer cette lettre ? Elle sera la première de beaucoup d’autres, j’le sais. On va être séparés longtemps, ça va en faire, des échanges.
On va épuiser nos hiboux.
J’inspire, je me repense sur mon parchemin. J’essaie de trouver les mots pour lui dire tout ce que je pense, mais comment faire ? J’ai jamais été très bon pour parler d’moi. Ni à l’écrit, ni à l’oral.
Mais j’essaie, pour elle.
J’inspire, je me lève, secoue mon poignet douloureux. J’ai plus l’habitude d’autant écrire, moi. J’attrape le parchemin, je le plie sans me relire. J’sais que si je le fais, je vais me trouver ridicule, trop sentimental ou pleurnichard, et je vais vouloir refaire. Mais non seulement j’ai la flemme, mais je sais que Lu’, elle, appréciera savoir ce que je pense de la situation. Elle sera contente que je m’ouvre un peu, pour une fois. Elle a intérêt, parce que ça arrivera pas à chaque fois, donc qu’elle s’habitue pas.Lu’,
Comment ça va ? Le voyage c’est bien passé ? T’es bien arrivée ? Tu me diras comment c’est, là où t’es. Si les gens sont sympas ! Ils ont intérêt, sinon je rapplique, et je les assomme à coups de balai. Et ouais, je sais faire ça aussi, maintenant. Trop fort.
Plus sérieusement… Lu’, par Merlin. J’arrive pas à y croire. J’ai enfinnnn fini l’ISMI. Je vais partir à l’étranger, pendant un an. Je prendrais du temps pour moi, t’as vu. Après, va falloir bosser, mais là, si je commence tout de suite, je vais juste exploser, je peux pas. J’ai prévenu tout le monde. Je vais aller faire un tour au sud. D’abord en Italie, puis en France et après en Espagne. Tout un programme, t’as vu ? Je t’enverrais des photos. T’auras plein de nouvelles, promis. J’espère que moi aussi, fais gaffe, hein !
J’arrive pas à y croire. Tout change trop vite, Lu’, c’est infernal. Il y a deux ans (deux ans, tu te rends compte ?) on était encore à Poudlard. On était en train de stresser pour les examens. Et maintenant non seulement c’est fini, mais c’est loin derrière. On y a passé sept ans de nos vies…. Et on n’y reviendra plus. Plus jamais. Je crois que je commence tout juste à réaliser. Je sais, il m’en a fallu du temps. Mais… je sais pas, ça me rend triste, un peu, de me dire qu’on a fini tout ça. Que c’est derrière nous. On est vieux, Lu’. C’est fini, maintenant. Je prends quelques mois de vacances, et après c’est terminé pour de bon, je dois travailler, me trouver un appart. Alors qu’il y a deux ans, on était encore en pensionnats, avec comme plus gros soucis la quantité de devoirs. J’en reviens pas.
Bref. C’est même pas le pire, tu sais. Le pire c’est toi. T’es partie, Lu’. Chais pas si tu te rends compte, mais là, t’es de l’autre côté de la Terre. Il y a un océan entre nous, un OCÉAN ! On a jamais été aussi loin l’un de l’autre, hm ? Ça va être horrible. Je sais pas comment je vais faire, sans toi (et commence pas à prendre la grosse tête, je sais que c’est réciproque, non mais). Juste t’imaginer si loin… Chais pas. C’est horrible, y a pas de mots à mettre là dessus. Tu vas me manquer. Tu me manques déjà. Purée, je deviens trop sentimental, faut que j’arrête. De toute façon, je sais qu’on va trouver des moments pour se revoir. T’as pas le choix, de toute manière. Mais… ça va être plus compliqué. Et moins souvent, je suppose. Va falloir qu’on apprenne à pas se voir pendant des semaines entières, t’imagines ?
Nan mais voilà. J’me fais pas à l’idée que tu sois si loin. J’ai hâte qu’on rentre tous les deux, et que, à défaut que tout soit comme avant, on soit ensemble, au moins.
BON, J’ARRÊTE. Je deviens ridicule. De toute façon, loin des yeux, près du coeur, hm ? On reste en contact. Je veux des hiboux tous les jours, sinon écoute moi bien, ce sera pas des lettres, que tu recevras, mais des beuglantes. Prends garde !
Bref, voilà. J’ai dis tout ce que j’avais à dire, je crois ? Faut que j’aille faire mes valises. À l’aide, je sais pas quoi emporter. Qu’est ce que prenne les gens pour aller en France ? Un béret, pour bien s’intégrer ? Bah, peu importe, je n’ai pas de béret, de toute façon.
Bon allez, je t’ai fait un gros pavé, tu pourras le relire deux ou trois fois avec les larmes aux yeux quand je te manquerais, c’est super. Maintenant, tu m’excuseras, j’ai mal au poignet.
Hâte d’avoir de tes nouvelles ! (t’as intérêt à faire vite...)
With love,
Soso
J’apporte l’enveloppe au hibou, puis je le laisse s’envoler, le laissant franchir à ma place les kilomètres qui me séparent de Lu’.
@Sage Matthews
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"With love, -S"
Rayon de soleil
12 septembre 2043
20 ans
20 ans
Sans doute que je devrais accourir quand Agatha me dit qu'on mange. Sans doute que je devrais ne pas les faire attendre, pour pouvoir espérer récupérer un peu de chaleur sur leur visage ou cueillir les anecdotes de leur journée pour leur montrer que moi aussi, je souhaite faire partie de la famille. Sans doute que je devrais pas tarder, que je devrais reposer ma plume ancrée dans ma main pour descendre les escaliers qui mènent à la salle à manger et arrêter de traîner à mon bureau.
Mais je ne le fais. Pas quand il s'agit de mon Soren. Pour mon Soren, Agatha et son mari peuvent attendre, non ? Parce qu'il me manque, Soso, et que je veux lui raconter comment le début de mon expérience américaine se déroule. Cela fait presque un mois qu'on échange des lettres ; un moyen de l'avoir auprès de moi, de sentir sa main au travers de ses écrits qui se tortille et crampe en couchant ses pensées sur le papier. Ses idées et pensées qui vont dans tous les sens, mais qui sont pourtant toujours dirigées vers moi.
Plume à la main, moi aussi j'écris. Je parle, je fais danser mes doigts pour dessiner les lettres qui arriveront à lui dire comment je vais. Alors, quand Agatha m'appelle, je ne bouge pas. Je finis ma lettre et je souris.
Cette fois, je pose la plume pour de bon. Je l'enverrai demain, à l'aube, en me rendant dans les rues new-yorkaises. Dans deux mois, je commence enfin ma formation ; j'espère qu'elle me délivrera du lourd poids de ma solitude. Je dirai tout à Soren à ce moment-là. En attendant, je veux surtout savoir comment il va, mon beau Soren.Soso,
Tu ne devineras jamais ce qui s'est passé aujourd'hui. J'ai été me balader dans Central Park — tu sais, cet énorme parc hyper connu à New York —, et j'ai vu un chanteur de rue. Un moldu, certainement. Mais je sais pas ce qui m'est arrivé : j'me suis jointe à lui. Il jouait de la guitare et du saxo, alors on a fait un duo d'enfer. J'ai pris son micro, y a un monde fou qui a rappliqué. T'imagines ? Moi ? Entourée de moldus qui m'applaudissent ? J'étais morte de rire après. J'ai même reçu quelques dollars — c'est la monnaie moldue ici, je dois encore la convertir. Au final, je suis pas restée bien longtemps avec le type ; j'veux dire, à part leur demander comment utiliser leurs appareils moldus et avoir l'air d'une demeurée, je sais pas trop ce que j'aurais pu lui dire.
Je suis encore tellement fière de toi d'avoir fini l'ISMI ! À toi la liberté et les jobs de rêve sur un balai comme tu l'as toujours voulu ! Tu es un génie, So, je l'ai toujours su. Mais t'as raison de profiter d'abord. Alors, comment ça se passe, l'Italie ? Tu dis Bonjourno à qui veut l'entendre ? T'as croisé de belles italiennes ? Profite tant que tu as le temps, So, je sais à quel point tu as besoin de ta liberté. Le travail, ça peut attendre ! Tes parents sont ravis de t'aider encore un peu, j'en suis certaine.
Je t'avoue qu'ici, c'est encore un peu difficile. Agatha et Mr. Martin sont comme papa et maman. Ils ont du mal avec les plus jeunes et du mal avec moi. Ils ne sont pas méchants, juste... froids. Ils m'attendent pour manger, d'ailleurs, mais je préfère te parler. Ils sont rarement intéressés par mes journées. Pourtant, j'explore, je m'aventure, j'apprends, je rencontre. Je me pose, je m'active, je lis, je photographie tout ce qui m'entoure, je rencontre même des gens. Mais on dirait qu'ils s'en fichent. Ou bien ils sont hermétiques ? C'est possible d'être hermétique à la sauge ? C'est ce que je crois, au final.
Sache que ça me fait plaisir de te lire. L'océan nous sépare toujours, mais je me sens plus proche de toi quand je t'écris. Et ça me fait du bien. N'arrête pas de m'écrire, d'accord ? Je t'aime fort Soso, tu me manques. J'ai hâte d'avoir de tes nouvelles.
Gros bisous sur ta joue (bien baveux comme tu les aimes),
Lu'
@Soren Mayfield
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"With love, -S"
Il legame tra noi
Le lien entre nous
Le lien entre nous
2 octobre 2043
J’place le tout dans l’enveloppe que j’ai prévu, puis y dépose le petit bracelet, dont le sosie resplendit à mon poignet. Je me promets que je ferais mieux en terme d'originalité la prochaine fois.Lu'
Buongiorno (accompagné d’un jeu de sourcils douteux, c’est toujours mieux, je te laisse l'imaginer) t’as vu ? So parlare italiano. Ça veut dire : je sais parler italien.
Spoiler, c'est faux. J’ai vraiment appris la phrase pour te l'écrire ici. Argh, j’devrais pas te le dire, comme ça t’aurais été impressionnée. Trop tard j’imagine.
Breffff petite lettre pour te compter mes aventures, d’un ennui impressionant quand tu n’es pas là.
Je suis allé visiter, pas plus tard qu’hier, la merveilleuse, que dis je, la fantastique ville de Rome. SACHE QUE tu ne dois pas commencer à acheter des trucs dans ce genre d’endroit, sinon tu t'arrêtes plus. Je suis ruiné. J’ai plus de sous. Mais bon au moins t’auras un souvenir de moi (jette pas l’enveloppe, hein, regarde au fond) le temps qu’on se voit. Faudrait pas que tu m’oublie pour un bel américain, nan mais oh.
Bref. C’est beauuuu Rome ! Mais vraiment vraiment beau. Faudrait que tu vois ça un jour. C’est fou ce qu’ils ont réussi à construire sans magie, ces moldus. À moins que ce ne soit des sorciers qui les aient construits ? Bah, j’en sais rien. Autant croire que c’est les moldus, c'est tout aussi magique. Bref, je suis allé dans un glacier, tu vas pas me croire : ils avaient 102 parfums de glaces dispos. CENT DEUX ! Nan mais comment t’es censé choisir parmi tant d’options, sérieux ?
Bref du coup j’ai commandé tiens toi bien une glace 5 boules. Myrtille, Straciatella, pistache, pêche et miel. J’étais pas fan du miel, le reste était délicieux. Bref autant te dire que non seulement ça m’a couté une blinde, mais en plus j’ai galéré : cinq boules, c’est impossible à manger. En plus ça me coulait sur les doigts et tout... mais au moins, je mourrais en homme comblé.
J’ai croisé, de loin, la fontaine de Trevi. Je me suis pas approché parce que y avait une foule incroyable mais même de loin on peut pas rater l’endroit, c’est franchement magnifique.
Je suis allé au Panthéon, aussi. Je m’imaginais un truc immense et tout, mais non en fait, c’est juste une pièce ronde (bon c’est grand bien sûr mais c’est qu’une pièce, quoi). Mais c’est vraiment super beau, je suis pas déçu. Et après, bah, tu me connais, j’ai fait un p’tit footing à travers la ville. Je suis passé devant le Colisée (immense) et le forum (en ruine). Bref voilà voilà c’était pour te raconter un peu comment c'est l’Italie.
J’AIMERAIS TELLEMENT QUE TU PUISSE LA VOIR AVEC MOI ! Tu me manques (ouaip le gros dramatique est de retour). Faut qu’on trouve une date pour se voir, moi je tiens plus. Ca fait trop longtempppppps. Le monde est vide sans toi (oui oui c’est vrai). Mais bon, so che il legame tra noi è troppo forte per essere spezzato*. Oui, j’ai bossé sur cette phrase, et oui, je te laisse te débrouiller pour la traduire. Je suis un homme plein de mystère, que veux tu.
Mais assez parlé de moi ! Et toi ? Comment ça va ? Tu t’es fait des amis ? Ça va un peu mieux avec les gens qui t’hébergent ? Raconte moi tout, je veux connaître chaque petit détail de ta vie, et de ce qu’il se passe, faute de pouvoir les vivre avec toi.
J’espère que c'est beau. Que tu prendras pas cet accent américain snob qu’ils ont tous là bas. Que tu te fais plein d’amis, MAIS sans m’oublier. Mais après tout, comment oublier quelqu’un comme moi, hm ? Je suis inoubliable eheheh ! (Si tu me dis que tu m’as trouvé un remplaçant, je te jure que je survole la mer et que je viens te prouver que c’est qu’une pâle copie, non mais). De toute façon personne ne te connaît aussi bien que moi, DONC personne ne me vaut.
Mais tu l’sais ? Bref on parlait de toi à la base. Ohlala je m'égare, j’ai pas fini mon interrogatoire.
Déjà tu me diras si tu aimes bien le cadeau, eheh (c’est pas original JE SAIS mais les moldus inventent rien d'original). Enfin, si, j’ai vu des minis machines dans lesquelles tu peux souffler et ça imite super bien le chant des oiseaux ! Incroyable. Nan, mais je te ferais un cadeau digne de ce nom quand on se verra, promis. Sache cependant que j’ai le même, donc si tu le portes, on sera assortis, et oui !
Bref, voilà je sais plus ce que je t’ai déjà posé comme question, donc pars du principe que je veux tout savoir. Du gel douche que t’utilise (oui oui tu as bien lu) ààà (je réfléchis à ma prochaine connerie attends) la couleur des yeux de ta nouvelle amie, voilà.
Bref, tout !
Allez, je pense que je t’ai fait un pavé suffisament gros comme ca.
Milles bisous parfum miel (berk)
Soso
Reducio

En France, je devrais bien trouver des trucs moins communs, non ? Sinon je ne ferais pas mieux et je lui enverrai un petit croissant en porte clé, histoire de bien rester dans le cliché. Bah, on verra bien. Je me fiche qu’elle le porte à son poignet ou non. Je veux qu’elle me réponde, qu'elle me dise qu’elle ça va, qu’elle s’amuse et qu’elle est heureuse, mais le tout sans m’oublier et en se languissant de moi. Je suis un homme exigeant, j'sais. Mais le plus important, c’est qu’elle soit heureuse, surtout. Qu’elle se sente pas trop seule, aussi. Ça pour le coup, j’sais que c’est difficile. Je suis dans la même situation qu’elle là dessus, loin de tous ceux que je connais. J’ai hâte de les revoir, que ce soit mes parents, Elena, Sage ou d’autres amis. J’ai beau tenter de sociabiliser avec les italiens, on est séparés par la barrière de la langue, alors forcément c'est pas la même chose. Et puis, c'est des moldus. Dur d’être soi même face à des moldus, en tout cas pas complètement.
*je sais que le lien entre nous est trop fort pour être brisé
@Sage Matthews
1032 mots
1032 mots
28 ans - Enployé à Keddle & Leather depuis le 25 juillet 2051
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"With love, -S"
Solitude
4 décembre 2043
20 ans
20 ans
Allongée sur le lit de ma petite chambre aménagée chez ma tante, je triture le bracelet que Soren m'a offert il y a quelques mois. Je ne sais plus à quand remonte sa dernière lettre. Une semaine ? Ou bien deux ? Il m'a raconté ses nouvelles péripéties en Italie, m'a parlé des gens qu'il a rencontrés. Ses lettres me font un bien fou. Je ne sais pas pourquoi, mais dès que j'en reçois une, je ressens une nouvelle bouffée d'espoir. Celui qui me rappelle qu'on m'attend quelque part dans le monde, que je ne suis pas totalement seule ici. Et puis, recevoir des lettres de Soso, c'est toujours une belle manière de décompresser. Comment est-ce qu'autant d'énergie peut être compressée dans de simples mots qu'il couche sur le papier ? Je n'oserais même pas imaginer une beuglante de sa part ; quoique, l'idée d'entendre sa voix me ferait le plus grand bien.
C'est sûrement cette pensée qui fait que je me lève de ma chaise et m'installe à mon petit bureau. Le bois est usé et, même si je le garde ordonné, on peut voir que la vie ne lui a pas témoigné de beaucoup d'amour. Dans un sens, c'est peut-être pour ça que je le trouve si charmant. Et puis dans l'autre, je ne peux m'empêcher de ressentir une pointe de peine en me disant qu'Agatha n'a pas cherché à me trouver un bureau un peu plus convenable pour que je suive mes cours d'herboristerie. Pourtant, je le chéris, ce petit bureau. Et puis, c'est aussi grâce à lui que je peux écrire mes petites lettres à Soren. Alors, je fais attention à lui.
Je me mords la lèvre inférieure en relisant ma lettre. Je me sens un peu pathétique, je crois ? Mais lui aussi m'a dit qu'il voulait me voir ? Ou bien s'agissait-il de mots en l'air qu'on lâche pour rappeler à l'autre qu'il nous manque sans vraiment vouloir y mettre l'effort ?So,
Je regardais ton petit bracelet et je me suis dit que je devais t'envoyer une lettre. Tu me manques. Beaucoup, beaucoup, beaucoup. En fait, c'est en étant éloignée de toi et de la Grande-Bretagne que je me rends compte à quel point j'étais chanceuse. T'avoir en ami était déjà un cadeau en soi, mais avoir le privilège de continuer à avoir de tes nouvelles à travers le monde, ça n'a pas de prix. Et puis, je crois que j'ai le mal du pays, malgré tout. C'est le comble, non ? Moi qui adore voyager, avoir le mal du pays ? Dans mon demi-pays, en plus. Bah oui, je suis américaine et je ne me fais pas assez bien à l'Amérique. Honte à moi. Je me sens seule, sans toi.
Et toi, comment ça va ? Tu aimes toujours autant l'Italie ? J'ose même pas imaginer les décors de fou que tu dois voir. J'avais fait l'Italie plus jeune avec mes parents, c'était tout bonnement incroyable. Et bientôt, tu vas aller en France, c'est génial ! J'espère que t'as préparé le béret, depuis le temps. Tu vas découvrir le charme à la française héhé. Tombe pas amoureux trop vite, je te connais... Mais si c'est le cas, tu devras me présenter l'heureuse élue ! Et apprendre le français... Et puis, tu m'oublieras pour les croissants et je devrai te dire que je l'avais toujours su : que tu me laisserais tomber pour une bonne bouffe. Enfin bref, l'ordre naturel des choses, finalement !
Bon, du coup, ici, j'arrive tout doucement à la fin de ma première formation. C'était GÉ-NIAL ! J'ai appris tellement de choses. Je crois vraiment que je commence à devenir une pro des ingrédients de la potion. L'IMSM a fait une erreur en me refusant, je t'assure ! Enfin, au moins, ça m'occupe pas mal. Agatha et Mr. Martin, ça ne bouge toujours pas. J'essaie tout, vraiment, j'te jure. Je suis là à chaque repas, je parle, je fais la conversation, mais ils s'en fichent. Enfin, là, mes deux cousins reviennent d'Ilvermorny pour les vacances, donc j'espère que je pourrai parler avec eux ?
Autrement, j'ai rencontré une fille qui est vraiment super. Elle s'appelle Elisa, je t'en avais parlé dans ma dernière lettre. On a un peu fait du shopping, elle m'a présenté à un groupe de potes. Ils sont vraiment gentils. Parfois, ils rigolent un peu de mon accent british, mais je commence à doucement me fondre dans la masse... Je sais que tu ne voulais pas que j'empire mon accent américain, mais je crois que tu vas être déçu quand tu me reverras ! D'ailleurs, si tu veux faire un crochet par New York après les fêtes, n'hésite pas. Ici, c'est un vrai spectacle. Lumières, parades, patinoires... Y a de tout, vraiment. J'ai beau ne pas me sentir chez moi ici, je dois avouer que la ville est tout simplement incroyable. Je suis sûre que si tu étais là, je saurais m'y faire. Donc, si tu veux venir en balai ou en poudre de cheminette, que sais-je... N'HÉSITE PAAAAAAS ! (les majuscules sont sensées te donner l'impression qu'il s'agit d'un ordre).
Tu me connais, je n'ai pas pu ne pas développer quelques-unes de mes photos pour te les envoyer. Je te les ai glissées au fond de l'enveloppe. Tu les jettes pas, d'accord ? Je t'ai mis un petit mot derrière chacune d'entre elles.
Je t'aime fort mon Soso, je te fais des gros bisous saveur solitude,
Lu'
PS : viens, pitié s'te plaît. Tu me manques.
Non.
On parle de Soren, là. Pas n'importe qui. Il explorait et se créait son futur. Moi aussi. On n'a juste pas encore eu le temps. Je prends une profonde inspiration, collectionne les quelques photos que j'ai prises dernièrement de la ville et que j'ai développées pour les lui donner, les place dans l'enveloppe et y ajoute ma lettre, précieusement repliée pour qu'il puisse facilement lire mes mots. Je l'enverrai à l'aube, quand la chouette de la famille Martin sera libre et l'enverrai faire son long voyage vers mon Soren.
Mon Soren qui s'amuse tant sans moi, mais qui, malgré la distance qui nous sépare, est la lueur qu'il me faut pour continuer à sourire. J'espère qu'il viendra me voir.
Mon doux Soren.
@Soren Mayfield
1047 mots
1047 mots
Employée chez Apothic'Herbes depuis juillet 2051 - couleur #727955 - fiche
