PNJ Un nom en commun OS

Avril 2045
1e année

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Edward Joyner - couleur : #266006
7e année - Serpentard
TW : discours anti moldu /racisme / langage vulgaire


Émeline fredonnait un air. Il n'avait pas de nom, ni de réelles origines. Des simples notes qui lui venaient à mesure qu'elle avançait en direction de la cabane du garde-chasse.

Peu de temps après le repas du midi, un mot lui avait été fait parvenir. D'après lui, les premiers années étaient invités à aider Hagrid avec son potager. Après l'effort du jardinage, la Serdaigle s'imaginait déjà en train de partager une tasse de thé et des gâteaux avec le gentil demi-géant. Elle s'était donc mise en route, un sourire déjà en place sur ses lèvres.

Elle adorait rendre service, surtout quand elle savait qu'à la clé s'y trouvait une douceur sucrée. Cela ne lui avait pas paru étrange de ne croiser personne sur sa route. Naïvement, la Serdaigle se disait qu'elle devait être parmi les derniers élèves à se manifester. Elle espérait passer un bon moment avec ses camarades de promo et, peut-être, tisser quelques amitiés avec les mains fourrées dans la terre.

Alors elle sifflotait. Heureuse de ses propres pensées, de ses futurs amis qu'elle comptait bien se trouver. Rien ne pouvait lui voler sa bonne humeur. Pas même le caillou sur lequel son pied avait buté.

En suivant le sentier qui menait à la cabane, Émeline leva bien haut le regard pour apercevoir un quelconque attroupement. Pourtant, personne ne semblait être venu. La jeune aiglonne fronça des sourcils, ça lui semblait bizarre qu'elle soit la seule à répondre présente. Désireuse d'en apprendre plus, elle continua de suivre le chemin jusqu'à se stopper devant la porte de la cabane. Elle toqua mais aucune réponse ne lui parvint.

- J'me suis trompée de jour ? se questionna-t-elle, un brin déçue.

Elle était pourtant persuadée que le mot disait de venir aujourd'hui. Étonnée, elle fit le tour pour voir si Hagrid ne se trouvait pas derrière.

À peine son corps se retrouva caché par l'arrière de la cabane qu'elle sentit un sort la frapper dans son dos. Tous ses membres se figèrent, l'empêchant de se retourner ou même de fuir. Pétrifiée sur place, son cœur se mit à battre bien plus vite dans sa poitrine. Qu'est-ce qui se passait ?! Qui venait de lui jeter un sort ?

Des pas se firent finalement entendre derrière elle.

Quelqu'un s'approchait dans sa direction. Le coupable allait se montrer. Émeline espérait que ceci était simplement une très mauvaise blague. Elle serait capable de féliciter l'élève en question et de l'informer que son sortilège avait merveilleusement bien marché sur elle. Avec un sourire, bien sûr, elle l'informera que ça ne se faisait pas trop de tester sa magie sur les autres sans leur demander. C'était la base, en fait. Mais pas tout le monde pouvait le savoir. Émeline comptait lui apprendre cette règle après que la personne l'ait libérée du maléfice. Car, elle allait bien finir par être libérée, hein ? Il y avait toujours une fin à une blague. Bonne comme mauvaise.

Un adolescent apparut enfin dans son champ de vision. Grand. Bien plus vieux qu'elle. Un grand se permettait de la pétrifier ?! Ce n'était pas très gentil. Il aurait pu au moins la prévenir, s'il avait eu besoin d'une cible.

À travers le mutisme qu'elle subissait, il restait seulement à Émeline son regard pour s'exprimer. Elle le fixa, longtemps. Lui aussi, la fixa. Qu'attendait-il ? Qu'elle réussisse à se libérer d'elle-même ? C'était juste impossible. Pourquoi tu fais que d'me regarder ? Tu pourrais au moins lancer le contre-sort, quoi...J'ai le nez qui me gratte en plus !

- Alors c'est toi, la sang-mêlé.

Émeline, toujours figée, ne pouvait que le regarder en retour, alors que les traits du garçon se mirent à représenter l'émotion du dégoût. La sang-mêlé. L'appellation lui était lointaine, mais elle savait à quoi ça faisait référence. Le résultat entre un sorcier et un moldu. Elle, au final.

- Vu ton regard de crapaud, j'en déduis que tu ne sais pas qui je suis, siffla-t-il en approchant de l'enfant. J'aurais préféré qu'Hector se soit trompé quand il m'a appris qu'une gamine portait le nom de Joyner. Mais te voilà, avec ta face d'ahuri et cet immonde sang.

Elle comprenait à peine ce qu'il lui disait. À vrai dire, elle était surtout concentrée sur la baguette qu'il tenait toujours dans sa main et des battements frénétiques de son cœur. Ce qui était en train d'arriver n'était pas une blague. Ce garçon n'avait rien d'un blagueur. Il faisait peur. Il lui faisait peur. Avec ses yeux dont aucune chaleur n'émanait.

Partir.

Elle voulait partir loin d'ici et loin de son vilain regard.

Mais elle ne pouvait pas. Pas encore. Pas tant qu'il n'avait pas levé son sort.

- Je me sens malade rien qu'en te regardant, lui cracha-t-il avant d'attraper brutalement son visage avec sa main libre. À me dire que nous avons un lien de parenté, toi et moi...Répugnant. Ton père aurait mieux fait de ne pas engrosser ta sale moldue de mère.

La poigne qu'il mettait sur ses joues lui faisait mal. Elle avait envie de pleurer, de lui hurler de la laisser tranquille. Mais impossible, elle pouvait simplement l'écouter et prier.

Pourquoi parlait-il de ses parents ? Qu'est-ce que ça pouvait lui faire qu'elle soit une sang-mêlé ? Elle n'en savait rien. Émeline n'arrivait pas à voir où il voulait en venir avec ses méchantes paroles.

À la vue de ses yeux humides, Edward lâcha un rire froid avant de se baisser à son niveau.

- T'as peur, gamine ? T'as bien raison, sursurra-t-il avec un rictus mauvais. Aujourd'hui, je vais juste me contenter d'une mise en garde.

L'un en face de l'autre, Émeline put plonger dans les abysses qui habitaient dans ce terrible regard. Haine, rancœur, colère. Tout se mélangeait dans ces sombres prunelles braquées sur elle.

- Ne t'approche jamais de ma famille, ni de moi, fit-il avec autorité. Et, surtout, évite d'apporter la honte à notre nom. Sinon, je crains qu'un accident pourrait très vite arriver à ta chère maman...

D'un coup de baguette, il la libéra du sort qui la paralysait. En n'étant plus obligée de se tenir debout, les jambes d'Emeline s'effondrèrent sous elle, l'emportant au sol. Avec ses mains et ses pieds, elle poussa de toutes ses forces pour reculer le plus loin possible, faisant racler ses fesses dans la terre.

Terrifiée à l'idée qu'il lui jette un nouveau sort, Émeline tenta de l'implorer à travers le flot de larmes qui coulaient sur ses joues. Malgré ses efforts, tout ce qu'elle prononçait s'apparentait à des bruits de gorge incompréhensibles. Sous l'influence de la panique, la pauvre enfant n'arrivait qu'à geindre sa peur.

Le Serpentard semblait particulièrement satisfait de l'avoir mise dans cet état. Pour une aigle, il ne la trouvait vraiment pas futée, à se rendre à un point de rendez-vous sans s'assurer de la véritable identité de l'auteur. Enfin, Edward n'allait pas s'en plaindre. Sa naïveté lui avait permis de lui parler en toute tranquillité

- Le message était assez clair ?

Avec son visage rougi, elle hocha plusieurs fois de la tête. Edward rangea enfin sa baguette, perdant son rictus pour le remplacer par un air neutre. Il n'avait plus rien de l'élève menaçant qui l'avait pétrifié quelques minutes avant.

Il se retourna et débuta une remontée vers le sentier. Mais avant de l'atteindre, il regarda au-dessus de son épaule, lui lançant un dernier rappel.

- Tout ce que je viens de te dire, ça reste entre nous, cousine. Tu sais ce qui arrivera si tu ne la fermes pas.

Émeline l'avait écouté avec attention, l'estomac se broyant à mesure que la menace se marquait dans son esprit. La crainte qu'il pouvait lire dans son regard dut lui suffire. Il quitta la zone sans un dernier coup d'œil sur la fillette.

Toujours les fesses embourbées dans la terre, la face ravagée par le passage des larmes et de la morve, Émeline ne bougeait plus. Elle avait ramené ses petites jambes pour les plaquer contre sa poitrine. Malgré son départ, l'oisillon craignait qu'il ne l'attende un peu plus haut sur le chemin et que le cauchemar ne recommence.

Bien qu'elle restait là, son uniforme barbouillée de saleté, elle ne faisait pas que pleurer. Elle repensa à ce que ce garçon avait pu lui raconter.

Cousine.

Il avait dit ce mot avant de s'en aller.

Faisaient-ils réellement partie de la même famille ? À part ses proches, elle ne connaissait aucun autre Joyner. Elle pouvait bien croiser des parents éloignés dans la rue qu'elle serait incapable de le savoir. Alors qu'elle puisse posséder un cousin à l'école, ce n'était pas improbable...Quelle odieuse façon de le découvrir.

Edward ne lui avait pas réellement fait mal physiquement, mais il avait menacé de faire du mal à sa maman. Sa précieuse maman qui n'avait pas de pouvoirs magiques. S'il décidait de la retrouver, elle ne pourrait pas se défendre contre sa magie. Elle serait impuissante.

Dans le plus beau des mondes, Émeline penserait qu'il n'était pas possible de pouvoir faire du mal aux autres. Mais ces quelques mois au château et ce qui se produisait à l'extérieur de l'école lui prouvaient qu'elle avait tort d'espérer.

Le monde faisait peur.

Moldus comme sorciers.

Ses doigts se resserrent sur ses genoux. Une grimace accompagna ses larmes.

- Papa...Maman... pleura-t-elle, le visage enfoui dans ses avant-bras.

Un nom.
C'était juste un nom.

1557 mots
@Leonidas Vance - pour la mention d'Hector

- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras -- Préfète InRP de Février 2051 à Juin 2051
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline