Poussière de fée

Ô ma Luciole
Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
12.08.2051
Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
12.08.2051
Petite Luciole, petite Lucy, sur son ventre s’était endormi.
La tête posée sur le ventre de son aînée, le souffle calme et l’esprit apaisé, la petite dormait. Du sommeil doux, profond. Celui qui rêve parfois, et l’oublie d’autres fois.
Les doigts fins de l’aînée se glisse dans les cheveux bruns. Y caresse la tête, les démêlent. Constatent combien ils ont poussés durant cette année passée. Ce qu’elle a manqué, dans quelques centimètres de fil brun.
La voix douce vole. Une chanson qu’elle a entendu mille fois, du chant plus mélodieux de leur mère. Une chanson qui parle d’un cœur qui bat, qui bat et de la douceur.
Elle chante tout bas. Si bas qu’on l’entend à peine.
L’esprit, lui, s’évade. Il n’a pas besoin de se concentrer, alors il volette. Papillonne sans jamais s’accrocher. Aux lettres échangées, aux âmes nouvelles rencontrées. Ce qui fait d’un été très banal, un songe au soleil.
Aux visages qui manquent et couloirs déserts. Ce qui fais d’une année, la plus belle à rêver.
Et aux jours a venir, aux aventures à tisser. Ce qui fais de la suite son chapitre préféré.
Elle pense, rêve un peu et continue de chanter. La petite dort encore. Sa magie fait de même, c’est la pensée suivante.
Sans inquiétude, ou tracas. Simple constat. Elle ne voudrait pas le manquer. Ce grand jour pour sa sœur, leur magie partagée. Si la luciole ne vole pas aussi vite, elle l’attendra au bout du chemin.
Petite luciole, petite Lucy, s’est endormi. Ces rêves sont doux, à jamais protégé par la Chevalière, jamais faible Aiglonne, toujours grande archère.
266 mots
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Cour de la Semeuse de Discorde -
Poussière de fée

Ascension
Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
13.08.2051
Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
13.08.2051
Sur l’écorce du grand arbre, les paumes s’accrochent et se râpent. Jamais encore elle n’avait gravi ces branches.
L’arbre ne lui est pas inconnu, depuis longtemps il veillait la.
Son ombre sur la maison, ses branches enlaçant la serre.
Mais cette grande silhouette jamais elle ne l’avait défie. Toise de son regard, arpente des doigts fins qui savent où trouver les creux et les aspérités. Des pieds souples et des jambes agiles.
Aujourd’hui est un jour nouveau. Elle le toise et l’arpente. L’escalade comme celle qui l’a fait cent fois. Ou presque. Elle glisse parfois, les pieds pendues dans le vide, les bras enroulés aux branches.
Mais elle remonte toujours. Remonte et continue. Toujours plus haut où elle se fait plus à l’aise, plus habile.
Bientôt, les branches sont fines et le sol lointain. L’arbre crie et grince sous son poids. Alors elle s’arrête. De chaque côté de son perchoir, laisse à pendre ses jambes. De tout le long de la branche, s’étale.
S’endort elle, continue-t-elle de rêver ou préfère t elle s’égarer dans l’observation d’un nouveau perchoir, personne ne sait.
C’est un secret. Celui murmuré à l’ombre des feuillages, qui s’en va, coulant dans la sève.
Celui qu’elle murmure aux étoiles, aux oiseaux qui volettent. Au creux du tronc, ou à personne en particulier. Personne vraiment. Juste pour elle.
222 mots
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Poussière de fée

Cher journal,
Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
14.08.2051
Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
14.08.2051
Dans un rangement frénétique, les mains trient et poussent chaque trésor, chaque possession. Entre les doigts fins de l'enfant, naviguent les souvenirs. Elle les repousse.
Le tiroir doit être rangé.
Puis elle trouve une couverture. D'un vert foncé comme les arbres, poussiéreux et tâché. Corné sur les premières pages, couverts de l'écriture qui n'a pas changé. Mêmes courbes, même maladresse, différentes pensées.
Cher journal. Mam's m'a offert ce carnet. Je ne sais pas quoi y écrire. Alors je vais te raconter des petites choses. C'est le but non? C'est un peu bizarre.
Aujourd'hui, j'ai été me promener le long de la côté. J'ai trouvé un nouveau genre de coquillages et j'ai croisé le troupeau de la vieille Jeanne. Il y a un petit agneau. Trop mignon.
Elle tourne les pages. Deux son collées, par une tâche de sucre ou quelque chose comme ça. Elle les passe, ne veut pas les déchirer.
Cher journal. J'ai décidé d'utiliser ces quelques pages pour mettre des fleurs séchés. Je fais ce que je veux de mon carnet pas vrai? De toute façon c'est fait maintenant. Je met une marguerite et un pétale de coquelicot, trouvés derrière la Serre.
Il y a une plume aussi, Pop's dit de merle. C'est mignon les merles, un peu comme des oiseaux très malicieux. ça saute plus que ça vole.
Tourne, tourne, encore. Elle ne lit pas tout. Il y a des mots qui sont trop vrais. Traverse les pages et les mots, dessinant un sourire ou une grimace. Il est étrange de relire ses propres mots. C'est comme ouvrir son propre coeur et la sensation ne lui plait pas.
Cher journal. Demain, je pars à Poudlard. Je ne vais pas t'emmener avec moi. Je pourrais dessiner ou je ne sais pas quoi, mais j'ai déjà trop d'affaires. Ma malle pèse deux troll. Au pire, je demanderais à Mam's de t'envoyer en colis.
J'ai hâte, même si mon ventre me fais mal. Lucy pleure beaucoup. Elle va me manquer je crois. Tous. Cat a dit que je n'y penserais pas mais je ne la crois pas.
Les mots s'arrêtent et ne reprennent pas. Le carnet n'a jamais été envoyé. Elle a versé quelques mots dans l'année, dans les lettres. Mais le coeur s'épanche mieux entre les cordes ou sous le crayon.
Peut être le reprendra-t-elle. Pour l'instant, la couverture verte, les pages cornées et les émotions retrouvent le fond du placard à chaussettes.
404 mots
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Poussière de fée

L'art de ne rien faire
Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
15.08.2051
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Vienna- Billy Joel
Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
15.08.2051
✧✦✧
Vienna- Billy Joel
Un air de piano grésillait au vinyle familial. Une voix, celle d'un chanteur dont elle avait oublié le nom. Ce genre de choses ne semblait jamais s'imprimer sa mémoire.
Il y avait le doux rythme d'une batterie aussi. Qui amenait la touche finale au tableau.
Et puis il y avait elle. Gratouillant les cordes de sa guitare. Sans en jouer, sans se lier à la musique ou même la recouvrir.
Elle, affalée dans le canapé. Coincée entre deux coussins, là où le tissu était un peu moins usé, plus doux.
La guitare lui pesait sur le ventre. Elle ne pouvait pas en jouer ainsi assise. Ses doigts frôlaient à peine les cordes.
Mais elle ne bougeait pas. Parce qu'elle ne voulait pas vraiment jouer. Seulement sentir la présence rassurante de l'instrument, comme un doudou. Les cordes contre ses doigts, l'odeur du bois forte comme au premier jour.
Le vinyle chantait encore. Plus fort, comme le font toutes les musiques au milieu de la chanson. De tout le coeur.
Elle n'écoutait pas vraiment. Elle écoutait les murs grinçants, les cordes frottant et résonnant faiblement. Le canapé grinçant lui aussi.
Et au dehors, le vent qui soufflait. La discussion, dont elle n'entendait que les échos. Quelques rires, et les notes changeantes.
Puis finalement, elle se relèverait. Déposerait l'instrument là, à prendre la poussière, entre les coussins. Passerait un gros pull, des chaussons. Couperait la musique et sortirait, du pas qui sautillait plus qu'il ne marchait.
244 mots
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Poussière de fée

Rêver les yeux ouverts
Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
16.08.2051
Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
16.08.2051
Le premier jour, elle avait cru rêver. L'esprit embrumé lui jouait des tours, encore une fois, elle se laisser guider par son imagination.
Le deuxième jour, elle avait cru prendre ses rêves pour la réalité. Le même jeu mais plus plus sournois. Celui où, vraiment, il n'y aucun moyen de savoir que rien n'est vrai.. jusqu'à la chute. Douloureuse, terrible.
Le troisième jour, elle attendait. En bas du grand chêne, dissimulée tel qu'elle le pouvait.
Et lorsque une fée voleta dans la lumière du jour, ses ailes se jouant de la lumière du soleil, elle la vit. De ses yeux, ses vrais. Elle pu se pincer, réprimer un couinement de douleur et s'ébahir. Dégainer son petit carnet, son crayon de bois. Et priant pour que le bruit du crayon contre le papier ne soit sa perte, croquer la fée. Ses ailes délicates, brillantes, son petit visage si fin, ses manières délicates.
Au fond, elle ne savait toujours si elle rêvait. Se pincer c'était un vieux truc un peu stupide. Peut être aurait-elle pu avoir mal dans son rêve, sursauter entre ses draps et ne pas se réveiller.
Ce n'était pas le contact du papier, du vent contre ses joues ou de l'herbe à ses jambes qui lui prouverait quoi que cela soit.
Mais elle s'en moquait. Cela aurait été plus beau, si c'était vrai. Magnifique, grandiose.
Mais si ça ne l'était pas, ce n'était pas grave. Sa fée, elle la voyait quand même. Son dessin, elle le traçait quand même. Et son coeur, il battait si fort, qu'elle savait que le souvenir resterait.
263 mots
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Poussière de fée

Cours, chevalière, cours
Laugharne, Pays de Galles
17.08.2051
Laugharne, Pays de Galles
17.08.2051
Oeil aveugle verra la silhouette qui se presse. Qui court, joues rouges, souffle court. Qui dévale, dans le sport du matin.
Mais elle ne court pas pour le plaisir. Elle n'est pas là pour se dépenser. Ou peut être un peu. C'est bien ce qu'il a motivé à sortir, vêtue de ces vêtements.
Mais elle ne court plus pour le plaisir. Elle ne sent plus le tissu rêche du jogging contre sa peau.
Elle sent l'effort. Mais elle ne sent pas les semelles confortables des baskets de sports. Elle sent le poids d'une armure. D'une épée, serrée entre ses doigts, déchirant sa paume.
Elle entend le vent qui hurle sa peine, et le métal à chacun de ses pas.
Pourquoi se plonge-t-elle dans ce tableau? Qui fait battre son coeur si fort, trop fort. Crépiter une peur tangible, fausse mais sincère.
Est ce la simple motivation, le jeu de l'enfant. Ou plutôt la volonté, rien qu'une heure, d'être l'héroïne de son histoire.
Peut être que la fin ne sera pas la meilleure mais ce sera la sienne. Ses mots, sa volonté. Son histoire.
Et parce que c'est son histoire, elle change comme elle le souhaite. Si elle courrait pour fuir l'ennemi il y a un instant, à présent que les plaines deviennent ruelles pavés d'un village apaisé, elle devient la voleuse.
Son corps se fait plus léger, et la chevalière enfile le masque. De la brigante qui saute d'un toit à l'autre, la bourse pleine et le sourire aux lèvres. Celle qui, dans le vent, pourrait étendre les bras et s'envoler. Celle qui est libre.
D'ici la demeure, elle changera trois fois d'idée. Au fil de l'effort, inventera une raison pour courir, une raison pour que ses pas soient lourds mais jamais ne s'arrêtent.
Et lorsqu'elle arrivera, elle aura mille histoires à raconter. De quoi tenir jusqu'au lendemain, au moins.
310 mots
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Poussière de fée

La fugue
Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
18.08.2051
Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
18.08.2051
L 'enfant n'était pas connue pour ses rebellions. Elle avait, dans le temps de l'enfance, fait des caprices, pleurer pour de faux et pour de vrai. Crié, assez fort pour pleurer de nouveau.
Et puis elle s'était apaisée. Avait nourri l'âme calme, l'enfant qui dessine dans un coin, qui observe et que personne ne remarque vraiment.
De plus, malgré le secret magique qui les entourait constamment, le cadre de vie de la famille Barrow lui avait toujours autorisé une certaine liberté.
Rien ainsi n'expliquait la petite silhouette qui se faufilait dans l'ombre. Qui sautait d'une planche à l'autre, sachant exactement où poser les pieds pour que rien ne grince.
Se glissait ici et là, et sans un regard en arrière, récupérait ses bottes avant de quitter la chaleur réconfortante de la maison.
Où s'en allait-elle? Elle n'en avait pas la moindre idée. Peut-être marcherait-elle jusqu'aux falaises, attendant le lever du soleil. Peut être arpenterait-elle les plaines. Ou peut être arpenterait-elle la foret, juste pour sentir son coeur battre à ses oreilles.
Ou peut être qu'elle ne ferait rien du tout. Parce que la poigne du vent, glacial, se refermerait sur ses épaules. Que l'emprise de la nuit noire se refermerait tout autour d'elle.
Et que la petite que certains appelait téméraire ne se sentait plus du tout digne de ce titre. Trouillarde, poule mouillée.
Et avant même que l'horloge tourne la cinquième minute, elle serait rentrée. La porte serait refermée, doucement. Pour ne pas risquer de réveiller sa tante qui dormait dans le sofa. Pour ne pas affronter les questions, et la blessure à sa fierté.
Ce serait son secret.
270 mots
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Poussière de fée

Coeur battant, elle glisse un regard dans le salon. Entre les barreaux de l'escalier comme elle l'a fait mille fois, et le fera tout autant encore.
Son audience l'attends. Tranquillement assis, tous discutent. Chahutent un peu, comme on le fait tant que les lumières ne sont pas éteintes et le spectacle n'a pas commencé.
Une audience ridicule, minuscule. La seule qui vaille à ce jour à son coeur.
Un raclement de gorge finalement. Lucy l'a remarqué et comme la digne présentatrice qu'elle fais, elle annonce son entrée en scène. D'une forte exclamation, petite silhouette perchée sur le canapé.
Les adultes sont sérieux, ils jouent le jeu. Font le silence.
Elle, déballe les marches de l'escalier, guitare à la main. Prends place sur le petit fauteuil placé au centre des regards, juste pour l'occasion.
Gigote un peu, pour trouver la bonne position, et commence à jouer.
Un air qu'elle sait apprécié. Celui qui fera fondre les coeurs, naitre les regards tendres. Et enfin, tout se tait.
Les regards, elle ne les sent plus. Les crépitements, les grincements, les respirations légères, rien ne parvient à ses oreilles. Pas même ses pensées, qui chantent la distraction, ou la chanson.
Seul les notes, les unes après les autres. Le contact des cordes. Le vide, le calme. Le souffle apaisé et les doigts qui s'animent seuls, ou presque.
Lorsque les dernières notes résonnent, elle les laisse trouver leur écho. Profite de l'interlude entre la musique et les applaudissements de son public. Elle se lève, joue sa part.
Salue, dans le geste grandiose, dramatique. Salue encore, se laisse hisser sur le canapé. Salue ici aussi, et rit.
271 mots
OS pour Thème en Folie- "Concert"
OS pour Thème en Folie- "Concert"
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Poussière de fée

Down, down, down the rabbit hole
Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
20.08.2051
Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
20.08.2051
À travers l'herbe haute, l'herbe qu'on a oublié de couper car jamais personne ne vient aussi loin, la fillette suit le chat.
Elle suit son ombre, et les herbes qui s'abaissent à peine sur son passage. Sa silhouette fluide et rapide sur ce chemin qu'il semble connaitre par coeur.
À travers la plaine, vaste plaine de la vallée, elle suit le chat. Ses jambes sont griffées par les herbes sauvages, son visage blessé par le vent sans pitié. Il les suit, dansant entre leurs silhouettes, agitant tout autour d'eux les brins d'herbes.
Il les suit, jusqu'à ce que le manteau de la foret les entoure, que, complètement, le chat et l'enfant se blottissent entre les arbres. Là, il hurle sa peine dans les cimes mais ne les atteint plus.
D'autres dangers les attendent, dans une contrée plus sauvage encore.
Elle n'a pas peur. La forêt, elle la connait. Elle tressaille pourtant.
Dans le même écho, la foret tout entière tressaille. Les branches frémissent, les racines tremblent et tout autour d'elle crie des cris lancinants qui viennent du plus profond de la terre.
Tous autour d'elle fuient, se cachent. Elle ne les entend pas les ailes qui battent, les pattes qui galopent mais elle sait qu'ils sont là.
Elle n'est pas ici chez elle.
Le chat jamais ne s'arrête. Elle regarde tout autour d'elle, jamais il ne tourne la tête. Elle enjambe des racines, travers des branches épaisses, mais rien ne semble arrêter la silhouette agile, sûre comme le guide.
Le guide qui disparait.
Elle a, une seconde seulement, tourné le regard. Cligner des yeux. Il n'est plus là pourtant. Elle, ne sait pas vraiment où elle est. Le coeur battant, elle reste là.
Reviendra-t-il? Probablement pas. Pas tout de suite, et par un autre chemin.
Ses pas s'animent tous seuls. Ne font pas demi-tour, comme elle le voudrait. L'emmène plus loin, là où il fait encore plus sombre, où les branches s'enlacent sans laisser de passage, où l'herbe a grimpé sur les chemins.
Personne ici ne fuit sur son passage. Elle est l'intrus, la vulnérable. Elle pourrait voir le cerf majestueux à quelques mètres, croiserait son regard.
Elle ne voit rien. Elle est attentive pourtant, son regard affuté aux bois. Elle en connait les habitants même si ses pas ne sont jamais allés aussi loin.
Elle n'avait jamais suivi le chat.
Elle ne voit rien sauf ce grand arbre qui détonne. Aux feuilles trop vertes pour la lumière qui lui parvient, au tronc trop pâle à ses voisins. Elle pourrait y grimper, si haut qu'elle verrait toute la foret et retrouverait son chemin.
Tout l'y appelle. Cette arbre si chaleureux qu'il en est hostile mais qui l'appelle. Comme la magie la plus pure, comme le gâteau qui, vous le savez, vous brûlera les doigts.
Elle grimpe alors. Petit à petit, affrontant le terrain inconnu. Posant les mains avec prudence, testant chaque branche de son poids.
Bientôt, son souffle est court, ses paumes douloureuses. Elle ne voit pas plus loin qu'avant. elle ne voit pas grand chose à vrai dire, tant les branches sont épaisses.
Elle ne redescend pas, ignorant une nouvelle fois la petite voix intérieur. Elle reste là, assise, les jambes tombant dans le vide. Espérant se faire si petite que la vie reprendra bientôt. Ne faire qu'un avec l'arbre, et se faire oublier.
Au creux de l'arbre comme un nid confortable, elle pourrait rester des heures. Au coeur de la fôret, si loin que personne ne s'en vient.
Elle s'endort peut être. Revient, d'une manière ou d'une autre. Se souvient du chemin mais jamais de la sortie. Du grand arbre mais pas de la descente.
Ou peut être reste-elle, encore. Et seulement alors, revient. Elle retrouvera son chemin.
620 mots
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Poussière de fée

À Bâbord
Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
21.08.2051
Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
21.08.2051
Les rires pleins de malice éclatent comme des bulles entre les murs de la cuisine. Elles se chamaillent, se courent après, mènent une valse entre les jambes de leur mère qui tente, désespérément d'achever sa recette.
Une énième exclamation en gaélique jaillit. Le mot, comme tout ceux ci, sont inconnus aux enfants mais pourtant, rien de leur intention ne l'est. Il y a le ton de Mam's, les yeux qui grondent.
Alors les petits mains chipent encore un biscuit et les silhouettes s'échappent.
Courent encore, pour traverser le salon et rejoindre le jardin. Là bas, chahuter est permis.
Elles comparent leur butin et se jettent dans l'herbe pour le savourer. Butin achevé, frimousses chocolatés reprendront le jeu.
Puisqu'elles se sont faites voleuses, elles se sentent pirates. Alors elle enroule le foulard autour des cheveux, se munissent des branches comme les sabres et les dagues, et entre les mains imaginent la longue vue.
Le sol se met à tanguer, la mer à gronder. On alerte à bâbord, observe à tribord. Ce sont les seuls mots qu'elles connaissent.
L'une grimpera à la balançoire, s'imaginant pendu dans les cordes des mats, surplombant le pont et l'horizon. Affrontant le soleil une main sur les yeux, se laissant pendre au bout des bras. L'autre agitera dans un mouvement étrangement habile son bâton, épée factice, profitant d'une mer calme pour s'entrainer sous le soleil du pont.
Bientôt le vent tournera. L'ennemi, mains terreuses et visage étrangement familier à celui du paternelle, s'approchera. Sans prévenir, muni d'une épée tout aussi factice que son offensive. Bondissant d'une roulade sur le pont, s'opposant à celle qui, un instant auparavant, s'entrainait vaillamment.
Les épées se rencontrent dans le son aigu du métal, les yeux se trouvent, empli de la même malice et de la même détermination. Personne sur ce bateau n'aime perdre. Il n'y aura ni pitié, ni pardon.
La moindre erreur est couteuse. Et si la pirate est frêle, petite, elle n'est pas seule. L'autre a bondit, s'agrippe aux épaule de Pop- l'ennemi, le pousse à sa chute.
Et la pirate le domine de toute sa hauteur, pointe de sa lame brandie. Et elle laisse tomber l'arme. Tend la paume ouverte.
Faiblesse. Erreur. L'ennemi l'assaille des chatouilles et elle trépasse contre l'herbe verte.
374 mots
Deuxième Année- Serdaigle・Inscrite à la Chronologie・color=#00364a・Fiche PR・Marrainage
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