Infos RP + recueil Le bureau professoral

Mardi 5 septembre - Fin d'après midi


Le bruit d'une canne sur le bois, un doux son aux oreilles de Layla. Cette entrevue, elle l'attendait depuis longtemps. Ses filles avaient une sale tendance à lui glisser des doigts. Y comprit celle dont elle ne partageait pas le sang. Elle avait bien évidemment vérifié l'emploi du temps, et Noémie lui avait bien parlé d'un thé qu'elle prenait avec Morgan, puis d'un autre cours. Ainsi donc, après la professeure ne pouvait que avoir le temps pour accueillir une autre Claire dans son bureau. Ça coulait de source. Et puis, elle mettait au défi la Rosenwald de lui refuser cette discussion. Certes, elle avait été élevée par une meute de loups, mais Layla avait bien fait de son mieux pour inculquer quelques valeurs à la meilleure amie de sa fille. Non pas que ça ne soit par charité, mais quand il fallait tirer l'oreille de Cora, bien souvent celle de Morgan ne se trouvait pas bien loin.

Toquant pour la forme, l'ancienne pédiatromage se permit juste de rentrer, se laissant une pause dramatique, les deux mains sur la canne, le port de tête haut, avant de se diriger vers le centre de la pièce.

Son regard balaya l'endroit, ne reconnaissant pas forcément la patte de Morgan dans la décoration. Sûrement l'œuvre de l'homme qu'elle avait aperçu la veille. Si ce n'était l'arbre qui devait faire office de maison à sa bestiole.

Un sourire qui pourrait être pris par un jeunot comme chaleureux apparut aux lèvres de Layla alors qu'elle retourne son attention à Morgan, comme si elle était surprise de la voir ici.

-"Le hasard fait bien les choses. N'est-ce pas Morgan ?"

Tu peux me tutoyer !
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Le professeur Puddlewick avait quitté la salle de classe depuis un moment déjà. Il lui avait laissé le bureau pour le reste de la journée, n’étant resté dans les parages que le temps de son premier cours de l’après-midi, au cas où elle aurait eu besoin de lui.
Elle n’en avait pas eu besoin.
Et voilà. Morgan venait d’achever sa toute première demi-journée de cours. Une étrangeté supplémentaire à ajouter à une liste qui commençait sérieusement à s’allonger.

Elle ne s’était pas laissé le temps d’y penser. Depuis son réveil aux aurores, son esprit avait été occupé par une succession presque méthodique de tâches. Se préparer. Vérifier ses notes. Revenir sur ses notes. Préparer la salle. Accueillir les élèves. Parler. Écrire. Montrer. Corriger. Enchaîner. Courir, presque. Tout pour ne jamais vraiment s’arrêter.

Parce que si elle s’accordait ne serait-ce qu’un instant pour regarder la réalité en face, elle savait. Elle savait qu’elle finirait par la rattraper. Les doutes. Les incertitudes. Ce vide étrange qui accompagnait chaque fois l’impression d’avoir refermé une porte sans savoir exactement ce qu’il y avait derrière la suivante.

Il s’agissait encore d’un premier pas. D’un premier jour. D’une nouvelle vie. Et Morgan avait quitté le confort de ses ombres pour une lumière dont elle ignorait encore si elle finirait par s’y habituer ou par s’y brûler.

Ce fut finalement devant la fenêtre du bureau qu’elle s’arrêta. Le regard perdu quelque part au-delà de la vitre, en direction du parc, la sorcière se permit enfin ce qu’elle avait soigneusement évité depuis le matin : penser. À bien des égards, elle n’était qu’une femme parmi tant d’autres qui, arrivée à la trentaine, décidait de changer de vie. Une reconversion. Le mot avait quelque chose de terriblement banal lorsqu’on oubliait commodément tout ce qui l’avait précédé.

L’innocence de la jeunesse. Son énergie. Ces gamins installés quelques heures plus tôt devant elle, avec leurs lacunes, leurs certitudes et tout ce qu’ils avaient encore le temps de devenir… Une part d’elle y voyait probablement la plus grande imposture qu’elle ait jamais tentée. Elle, servir de guide à qui que ce soit ? Enseigner ? Prétendre montrer à des jeunes gens comment reconnaître un danger, l’affronter, prendre la bonne décision ?

L'idée aurait eu de quoi faire rire quelques fantômes de son passé.

Cette pensée fut néanmoins balayée aussi vite qu’elle était venue. Par la raison, d’abord. Par son orgueil, ensuite.
Depuis quand le fait d’être légitime ou non l’avait-il empêchée de faire quoi que ce soit ?
Et elle avait largement de quoi les former, ces jeunes.

Elle n’était ni conventionnelle, ni parfaite, ni même l’exemple que l’on aurait spontanément choisi de placer devant une classe. Mais elle connaissait les dangers. Elle connaissait les erreurs. Elle connaissait les conséquences.

Et surtout, elle s’y connaissait plutôt bien en monstres.
Qu’importe leurs visages ou leurs apparences.
Et en parlant de monstre…

Même perdue dans ses pensées, l'enfant des côtes galloises n’en avait pas perdu l’ouïe.
Le bruit caractéristique d’une canne frappant le sol s’était fait entendre dans le couloir. D’abord lointain. Puis plus proche.
Encore.
Plus proche.

Morgan ne bougea pas immédiatement. Chaque coup lui évoquait assez justement la trotteuse d’une horloge qui aurait entrepris de lui annoncer l’imminence de son décès. Puis vint le coup frappé à la porte. Pure formalité, manifestement, puisque celle-ci s’ouvrit presque aussitôt.

La peur aurait sans doute été une réaction raisonnable. Morgan, elle, se contenta intérieurement de se préparer à recevoir sa sentence. Après tout, si la Mort devait un jour prendre forme humaine pour venir la chercher et la traîner jusque dans les tréfonds de l’Enfer ou du Purgatoire, la professeure était à peu près certaine qu’elle aurait le visage de Layla Claire. Il fallait croire qu’elle ne pourrait de toute façon pas mourir avant que cette terrible femme et l’ensemble de sa lignée aient décidé de relâcher leur prise sur son existence. Et, malheureusement pour elle, Morgan leur avait donné au fil des années bien trop de raisons de la maintenir fermement.

Son regard quitta finalement la fenêtre pour se poser sur Layla tandis que celle-ci pénétrait dans le bureau avec toute la solennité dont elle était capable. Morgan la suivit des yeux sans rien dire, jusqu’à ce que ce sourire apparaisse sur ses lèvres.

Ce sourire. Il aurait peut-être trompé quelqu’un qui ne la connaissait pas. Morgan la connaissait. Et surtout, Layla la connaissait, elle.

Le hasard, qu’elle me dit… Une embuscade, surtout.

La galloise resta silencieuse une seconde de plus, considérant la femme face à elle. Et Morgan avait beau avoir la trentaine ans, une vie à elle, une famille suffisamment compliquée pour remplir plusieurs arbres généalogiques et désormais quelques élèves sous sa responsabilité, il suffisait apparemment que Layla Claire entre dans une pièce de cette manière pour réveiller une sensation terriblement familière bien que poussiéreuse.

Elle se redressa légèrement, abandonnant définitivement sa contemplation du parc pour faire face à Layla. Son expression demeura parfaitement tranquille - parce qu’il était hors de question de lui offrir la moindre trace d’appréhension.

“Bonjour, Layla. Quel… heureux hasard, en effet.”

Professeure hRP de DcFM. Présente inRP à Poudlard le mardi après-midi et le samedi matin. Coucou Rapeltout
Vava-InkTober 2026 #BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b

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Bien sûr que Morgan ne se retourna pas immédiatement. C'était toujours ainsi avec elle. Mais alors qu'enfin Layla peut apercevoir son visage, les yeux de l'ancienne médicomage scannent d'un œil expert la jeune femme. Elle cherche des stigmates de son escapade au Dominion. Mais non, rien. Comme si l'année dernière ne s'était jamais produite. Mais ce n'était pas le cas. Sinon, jamais les deux n'auraient pu se retrouver ici à Poudlard. Sinon, Morgan serait encore dans son repère de brigands.

D'une démarche assurée, la vieille femme se rapprocha de la professeure, se postant à côté d'elle. Ses yeux se posèrent sur la scène idyllique se déroulant de l'autre côté de la vitre. Tellement loin des considérations des deux femmes présentes dans la pièce. "Tu as blessé mes filles, Morgan," voudrait-elle dire. Sa propre inquiétude elle l'emportera dans la tombe. L'ancre d'une famille, voilà ce qu'elle devait être. La branche qui ne courbe jamais face au vent afin que les feuilles que sont sa descendance ne s'envolent jamais.

-"Peut-être devrais-je envoyer Cora au Dominion aussi, si ça lui permet aussi de reprendre sa vie en main," se contenta-t-elle de commenter à la place. La fierté qu'elle ressentait à l'instant pour Morgan rejoindrait l'inquiétude de l'année précédente dans sa tombe. Professeur à Poudlard, reprise des études, après des années d'errance. Layla savait reconnaître les choix difficiles. Et sans compter ses fiançailles avec l'héritier d'une bonne famille. Mais elle supposait que Cora mettait sans arrêt un point d'honneur à faire l'inverse des attentes. Non pas qu'elle s'en plaigne toujours. Noémie était après tout une conséquence surprenamment agréable du comportement débridé de sa fille. Et au moins, désormais elle n'avait plus qu'à s'inquiéter que pour deux filles, et non trois. Quoique avec Morgan, rien n'était jamais sûr.

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