Inktober Le cyclamen de Naples PNJ PNJ J

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Image postée par le membreLe cyclamen de Naples est une fleur d'automne, très délicate qui diffuse un parfum léger et très agréable. Elle peut se cultiver dans des pots, même pendant les temps les plus froid de l'hiver. Dans le langage des fleurs elle symbolise l'amour sincère et durable grâce à sa capacité à survir aux temps froids. Pour cette même raison, elle symbolise la résistance face aux problèmes. Ses petales délicats lui donne aussi le statut de la fleur de la discrétion et de la timidité. Quand quelqu'un offre un cyclamen, il essaie d'encourager l'autre dans les épreuves de la vie. Parfois, les gens l'offre pour déclarer un amour timide et délicat.
Ceci est un recueil d'OS dans le thème du Inktober 2026 pour les douze travaux d'Helga. D'ailleurs, bienvenue dans la tête de Lila.

— Pomme
— Relique
— Miniature
— Cactus
— Gifle
— Ogre
— Panique
— Puant
— Bélier
— Mystique
— Sauvetage
— Lancer
— Fragile
— Dame
— Hourra
— Dégingandé
— Bidule
— Sans ailes
— Confus
— Salon
— Héros
— Balise
— Chic
— Cuire
— Fracture
— Zip
— Stupide
— Trophée
— Défense
— Cookie
— Flexion
Dernière modification par Lila Rose le 9 oct. 2026, 13:36, modifié 18 fois.

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Inktober Le cyclamen de Naples PNJ PNJ J
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Pomme

Le 1er octobre 2040, matinée
Résidence Rose

Je sautille, mes pieds nus en contact direct avec l'herbe. J'ai froid partout. Je pense que mon nez est devenue tout rouge, mais je m'en souci pas. Aujourd'hui, Papa, il va m'emmener quelque part. Il a dit que c'était une surprise. Ça fait depuis un petit moment que Papa, il m'emmène plus nulle part. Il est tout le temps tout triste et il passe sa journée dans son bureau. Louis et moi, on ne fait pas de bêtises. En-tout-cas, je fais attention à ce qu'il n'en fasse pas.

"~Pomme de Reinette et Pomme d’Api
Tapis tapis rouge~"


Je saute sur l'herbe en faisant attention à ne pas toucher les fleurs. Les pauvres jolies fleurs, elles vont faner sinon. Je fais attention à ne pas écraser les insectes. Par ce que les insectes, ils sont trop petits pour que je les voie. Moi aussi, j'aimerais bien être un petit insecte. Si je pouvais choisir, je serais une coccinelle. Maman, elle disait qu'elles portent chance. Moi, je suis tout le temps trop maladroite et j'attire les ennuis. Tata Vio, elle dit que si je fais trop de bêtises, je vais attirer des ennuis à papa aussi. Alors, moi, j'essaie de faire attention. Je fais plus de bêtises. Louis, il écoute jamais quand on lui dit de ne pas faire de bêtises. Il est trop nul.

"~Pomme de reinette et Pomme d’Api
Tapis tapis gris~"


Une coccinelle, ce serait vraiment bien. Non ? Peut-être, ce serait mieux d'être un ver. Je pourrais glisser sur le sol à toute vitesse. Papa, il n'aurait même pas le temps de m'attraper. Je pourrais me loger dans tous les fruits que je croise. Mais un ver ce n'est pas cool comme une coccinelle. Il ne porte pas chance. C'est trop nul, en fait, les vers.

"~Pomme de Reinette et Pomme d’Api
Tapis tapis rouge~"


J'entends craquer sous mon pied. Je me prépare déjà à pleurer. Je ne voulais pas écraser d'insecte. Je baisse les yeux et je vois juste une brindille. Ouille, c'est moi qui me suis faite mal. Puis, j'entends la voix de papa.

Je cours vers la maison. Je veux plus sauter dans le jardin maintenant. Je fonce dans les bras de papa, il va m'emmener où ? Au parc ? J'aimerais trop. Tiens, je n'ai pas fini ma chanson. Est-ce qu'elle a une fin, d'ailleurs ?


390 mots

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Inktober Le cyclamen de Naples PNJ PNJ J
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Relique
Le 2 octobre 2051,
Résidence Rose

Je suis seule. J'ai eu cette illumination. Ça m'a tapé fort. J'ai compris que j'étais seule. Je suis seule par ce que j'en ai fait le choix un jour. J'ai décidé que j'étais un problème pour un tas de personnes. Je suis seule par ce que je suis trop. Quand je suis timide, je suis trop timide. Je parle trop peu. Je suis trop hésitante. Les gens me trouvent agaçante. Quand je suis extraverti, je suis trop bruyante. Je prends trop de place dans la conversation. Je suis trop bavarde, trop tactile, trop excentrique, trop agitée, trop maladroite. Je suis trop. Je suis surtout trop sensible, trop fragile. Fragile au point où mon corps l'est aussi. Trop sensible au point d'avoir gardé mes larmes pour ne pas avoir à m'expliquer. Trop. Trop. Trop.

Je sais que je suis trop. Je suis comme je suis par empathie. C'est bête, non ? J'ai envie d'être cette personne sur qui les autres peuvent se reposer. Je veux apporter de la joie dans la vie des gens. Je veux être cette vendeuse de sucre au sourire idiot qui distribue du caramel là où elle va. Je veux que les gens pensent à moi comme étant Lila, la femme souriante qui est parfois trop agitée. Je ne veux montrer que le positif de ma personne. Par ce que je suis comme ça. Je n'arrive pas à faire face à mes problèmes.

Je veux être la fille parfaite pour mon père. Je veux être la grande sœur modèle. Je veux être sage.

Mais ça me fait mal. Je n'ai pas de bras dans lesquelles me réfugier. Je n'ai pas d'épaule sur laquelle pleurer. C'est par ce que j'ai décidé que je ne voulais pas montrer cette partie de moi. Ni Martin, ni Colette, ni Élicia, ni Lumah, ni mon père, aucun ne me verra comme ça. Je me le suis juré. Par ce qu'un jour Anémone m'a dit que j'étais pathétique. Il m'a dit que ça lui faisait pitié de voir quelqu'un faire semblant d'être mignonne pour obtenir de l'attention. J'ai détesté. J'ai réalisé que je faisais peut-être exprès d'être maladroite, d'être froussarde. Je me suis dit que je ne voulais pas que les gens me trouvent "mignonne". Je ne voulais pas que les gens me regardent et voient de moi une personne à prendre en pitié.

C'est là que j'ai décidé que je voulais être un bonbon dans la vie des autres. Je voulais être la plus gentille des personnes. Tout le monde a des problèmes dans la vie, sûrement plus graves que les miens. Alors, je ne voulais pas que les gens aient à supporter les miens. J'ai décidé que je voulais être la vendeuse pleine de sucre dans les poches avec ce grand sourire sur ses lèvres. J'ai décidé que je voulais être l'épaule sur laquelle on pleure. Je veux être les bras qui accueillent ceux qui en ont besoin. Le Honeydukes, il m'aide dans cette envie.

Tout est éphémère dans la vie. Cette solitude aussi. Elle partira avec le temps. Tout comme moi. Comme chaque fleur, un jour, je vais finir par faner et devenir poussière. Quand ce jour viendra, j'aimerais qu'il reste de moi des reliques. Toutes ces choses matérielles que je peux inspirer aux autres. Le caramel dans mes poches que j'ai partagé. Les dessins que j'ai réalisés. Toutes les fleurs que j'ai offertes. Peut-être, certaines de ces fleurs sont enfouies entre les pages d'un livre. Peut-être que d'autres ont été jeté une fois qu'elles avaient fané. Peut-être, ne se souvient-on même pas de ces fleurs que j'ai offertes. J'aimerais qu'on se souvienne de moi à travers les fleurs. Que quand on aperçoit une pivoine, on pense à moi. Je veux que le souvenir que je laisse soit bourré de fleurs, de sucre et de bonheur.

J'aimerais que plus tard, les gens pensent à moi. Qu'ils se disent qu'il y avait autrefois une vendeuse chez Honeydukes. Que cette vendeuse d'autrefois donnait le sourire. Qu'elle dessinait des fresques, qu'elle offrait des fleurs et qu'elle avait toujours un tas de caramels dans son sac.

J'aime le Honeydukes. Je n'aime pas être trop. Mais j'aime être le surplus de bonheur dans la vie des autres.


703 mots

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Miniature
Le dimanche 3 octobre 2038,
Résidence Rose

Dans ma maison de poupée, tout est miniature. Il y a une petite table dans la salle à manger, un petit chat, des petits lits et un petit pot de fleurs sur le balcon. Quand je joue avec mes poupées, je me sens géante. Quand je suis à côté de papa, je me sens toute petite. Maman avait dit que c'était par ce que je suis leur enfant, donc je suis plus petite qu'eux. Elle a dit qu'on devait prendre soin de ceux qui sont plus petits. Mais après, elle est partie et Papa, il est devenu tout triste. Alors, j'ai commencé à prendre soin de mes poupées comme Maman le faisait avec moi. Par ce que mes poupées sont plus petites que moi, donc ce sont mes enfants. C'est comme ça que ça marche, non ? On prend soin des plus petits.

Quand je serais grande. Bien plus qu'aujourd'hui. Je continuerais de jouer avec ma maison de poupée. Par ce que mes poupées seront éternellement plus petites que moi. Donc je devrais prendre éternellement soin d'elles.

Elles ont toutes des jolis prénoms de fleur, mes poupées. Ma préférée, elle a les cheveux roses et elle s'appelle Peony. Les pivoines roses sont mes fleurs préférées. Maman, elle avait fait un très joli dessin de pivoine rose pour mon anniversaire. C'était joli.



Le mardi 3 octobre 2051,
Résidence Rose

Aujourd'hui, je suis grande. J'ai atteint un âge que je ne pensais jamais atteindre quand j'étais petite. J'avais l'impression que dix-neuf ans, c'était incroyablement lointain. Mais maintenant, j'ai surtout l'impression que le temps a filé sans que je ne m'en rende compte. J'ai l'impression d'être toujours petite.

Je me sens terriblement petite. Je regarde ma maison de poupée. Elles sont petites mes poupées, mais moi, je suis minuscule. Je me sens petite à côté de ma famille. Pourtant, en taille, je suis plutôt grande. Mais je me sens petite. Même Louis est plus grand que moi maintenant. Mon petit frère est plus grand que moi. Il a plus de force que moi, il a plus de courage que moi.

Je me sens comme une enfant. N'existe-t-il aucun moyen, dans tout le monde sorcier, pour redevenir un enfant ? J'adorais retourner dans mon jardin avec ma maison de poupée et ma tenue de princesse. J'adorais redevenir une petite fille. Courir dans le jardin en chantonnant une mélodie joyeuse et sans fin. Ce serait bien une vie menée simplement par le rythme des jeux d'enfants, non ? Je glisse ma main sur mon collier colibri. Toujours loger au creux de mon cou. Quand je le porte, je me sens entière. Je me sens grande.

Je me sens grande en le portant, je me remémore le temps passé. Elle me donne du courage. Ce collier colibri, minuscule, au creux de mon cou, me rappelle constamment le chemin que j'ai parcouru. Quand je le tripote, je trouve le courage de faire tout. L'impossible devient possible. Je le portais dans toutes les épreuves de ma vie. Ce collier, il me rappelle que je suis Lila Rose, l'agent Colibri des Grimms. Il me rappelle que je suis Lila avant d'être une créature miniature à côté de sa famille.

J'ai ressorti ma veille maison de poupée, je l'ai longuement regardé. J'ai pris Peony entre mes mains. J'ai eu l'impression de me voir dans un miroir. Une poupée en plastique, destinée à rester éternellement petite. J'ai eu un pincement au cœur. Éternellement petite, ça ne me plaisait pas. J'ai posé mes mains sur mon collier colibri. Seulement, à ce moment, j'ai vu les différences entre moi et Peony. Ses cheveux roses, ses yeux bleus et sa peau dorée, tout ça me différenciait d'elle. Notre plus grande différence, c'est que je ne suis pas faite de plastique, que je ne suis pas une poupée.

Toi aussi, tu te sens seule dans ta grande maison de poupée Peony ?

Le temps file à une vitesse.


648 mots

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Cactus

Le 30 septembre 2051, avant la soirée d'intégration
Résidence Rose

J'ai plein de péchés mignons. D'abord le caramel. J'en mange à chaque fois. Quand je vais mal, quand je vais bien, quand je stresse. J'en ressens même le manque parfois. Ensuite, il y a les fleurs. J'ai une obsession pour les fleurs. J'en ai plein dans mon jardin. Elles ont toutes des noms, mes fleurs. Lucie le rosier, Sarah le dahlia, Sophie, le camélia, Yvonne le cactus, Mylène, la violette, elles ont toutes des jolies noms mes fleurs.

Mais j'ai un péché mignon qui me fait culpabiliser. Un qui m'obsède. Il m'obsède au point où je n'arrive pas à m'en détacher. C'est ce film bollywoodien, Devdas. Je déteste tout ce que ce film représente. Son histoire d'amour toxique, son personnage principal, la fin déchirante que doit subir la protagoniste. Je déteste tout ce que représente ce film. Mais je n'arrive pas à arrêter de le regarder. Je hais le personnage de Devdas. Je hais que le film essaie de provoquer de l'empathie chez les spectateurs pour cet homme. Je le déteste. Son alcoolisme, sa manière d'être violent, la manière dont il n'arrive pas à défendre la femme qu'il aime, le fait qu'il fréquente la débauche. Je déteste tout de cet homme. J'en veux au film de rendre poétique une scène dans laquelle Devdas frappe Paro.

Mais je n'arrive pas à arrêter de le regarder. Ce film m'obsède. Plus exactement, l'actrice de Paro m'obsède. La première fois que j'ai vu son visage dans la musique du début du film, j'ai été subjuguée. Je l'ai trouvée incroyablement belle. Ses cheveux bruns, ses yeux émeraude, le geste qu'elle faisait avec la bougie sur sa jambe, la pluie qui mouillait ses cheveux et cette robe rouge. Elle était magnifique. J'ai visionné ce film des centaines de fois. J'ai regardé cette scène d'introduction un tas de fois. J'en suis tellement fan que je me suis forcée à apprendre la phonétique des paroles. Je me suis entraînée pour apprendre par cœur la danse. Chaque fois que je porte une robe rouge, je revois cette scène. Ça m'obsède.

Je ne suis pas aussi belle qu'elle. J'ai des cheveux tout aussi brun, un regard vert, mais je ne suis pas comme elle. C'est pour ça que je le regarde autant de fois ce film. J'aimerais être elle. Je me sens mal parfois, souhaiter ressembler à Paro, avec sa vie désastreuse, c'est vraiment nul. C'est comme si mon cerveau acceptait le message du film. Je me sens tellement coupable de regarder ce film encore et encore. Je connais la dance, je connais la musique, je connais certaines répliques, mais je le garde pour moi. Je me sens terriblement coupable. Ce n'est pas si bizarre que ça qu'une personne avec si peu de culture ne connaisse pas ce film. Alors je fais comme s'il n'existait pas.

Durant la soirée d'intégration, j'ai porté cette tenue mauve. Quand j'ai vu cette robe pour la première fois, j'ai pensé à Paro dans la scène où elle portait les pots. J'ai pensé à son geste avec sa jambe, à sa souplesse, à sa manière de se bouger. Avant d'y aller, j'ai essayé de reproduire cette posture. J'ai posé Yvonne le cactus sur ma tête et j'ai gardé Mylène dans ma main. Yvonne est tombée de ma tête sur mon bras. Je l'ai rattrapé aux derniers moments. Elle ne s'est pas cassée, mon Yvonne. Mais je m'étais mangé un sacré bleu et j'avais quelques blessures sur les mains. J'avais mis ces pansements plein de licornes sur mes paumes et puis, j'ai enfilé des gants. Histoire de camoufler ma bêtise.

La culpabilité me rongeait. Ça m'apprendra à regarder ce film horrible.


606 mots

Lien vers la scène en question :
Image de la tenue mauve et des pots :

Reducio
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Gifle

Le mercredi 4 octobre 2051, soir
Résidence Rose
PNJ utilisé : Mathieu Rose et Anémone Twilight
TW : Violence physique, Harcèlement, État d'ébriété, violence familiale, langage vulgaire (à sa façon, c'est Lila)

J'ai déconné. J'ai déconné sévère. Je passais la meilleure journée de ma vie. Vraiment. J'étais bien au Honeydukes. Je conseillais des clients, je rigolais avec les plus fidèles d'entre eux. Ma journée était vraiment incroyable. Je me suis dit que ma journée ne pouvait être mauvaise. Ça me rendait tellement heureuse. Le Honeydukes, je l'aime trop. Il m'aide à être détendue. Quand je passe en mode vendeuse, je suis moi-même. Je fais de mon mieux. Vraiment.

Quand je suis sortie du boulot, je chantonnais. J'étais joyeuse. Je me sentais comme sur un nuage. Mais ça n'a pas duré. Je l'ai croisé. J'ai croisé Anémone. Il était devant Zonko. Je me suis figée. Je pensais ne jamais le revoir. Je pensais qu'une fois sortie de Poudlard, ce serait fini. Je pensais que ... Et je pensais. Naïvement, je pensais. J'ai voulu partir. Je ne voulais pas lui parler. Je ne voulais pas qu'il fasse le lien entre ma présence ici et le Honeydukes, je ne voulais pas qu'il apprenne que je travaillais ici. Je m'en suis éloigné le plus possible. Il a fini par m'attraper par les cheveux. Je me suis débattu. Rien. Puis il a passé sa main sur mon collier. Il m'a tiré en tenant mon collier. Il a ri. Il a ri en me voyant cesser de bouger. Pas mon collier. Pas lui. Il y a tellement de choses que je peux accepter, mais je ne voulais pas le perdre lui. Sans lui, je suis nue. Sans mon collier, je ne suis pas entière. Je ne voulais pas qu'il le brise. Je me souviens mot pour mot de ce qu'il a dit. Je m'en souviens mot pour mot. Je ne pourrais jamais oublier. C'est drôle que ça marche toujours aussi bien sur moi. Il a comparé mon collier à une laisse. Je ne pourrais pas oublier. Il a dit qu'il me faisait un cadeau. De cousin à cousine.


Il avait tiré dessus. Il l'avait brisé. Entre ses mains. Mon colibri. Il l'a laissé par terre comme un vulgaire déchet. Il serait resté pour m'embêter s'il n'avait pas entendu des bruits de passants. C'est un froussard, Anémone. Moi, je suis juste plus faible que lui. Je suis faible. Il a déguerpi à la vitesse de la lumière. Pourtant, j'étais prête à lui envoyer mon poing dans la figure, cette fois. Pour mon colibri. Pour Élicia et Lumah. Je me sentais frustrée. Terriblement. J'aurais pu. J'aurais pu lui envoyer mon poing dans la tronche. J'aurais dû. Pour une fois, j'aurais dû. Je suis faible. Je suis conne.

Mais il a déguerpi. J'ai ramassé mon collier. J'ai ravalé ma frustration. J'ai ravalé mes larmes. J'ai pris le pauvre colibri dans mes mains.

Enfin libre de tes chaînes, n'est-ce pas ?

Pensée parasite. J'ai voulu l'oublier. J'ai sorti ma baguette.


"Reparo"

Rien. Le collier ne bouge pas. Ce n'est pas un objet magique. Ce n'est rien de plus qu'un vieux bijou fantaisie. Mon collier reste brisé. Les larmes me montent aux yeux. Un sort de première année. Un sort simple. Je n'arrive même pas à le lancer. Je suis nulle. Nulle. Nulle. Ça me fait mal. Je réessaie encore et encore. Je n'y arriverais pas. Je le sais. Par ce que je ne me fais pas confiance. Par ce que je n'ai aucun espoir de le réparer. Par ce que je suis nulle. Par ce que je n'ai pas collé mon poing dans sa tronche. J'ai ramassé mon collier. Je l'ai rangé dans mon sac. Je n'arriverais pas à lancer ce sort maintenant. Alors je comptais attendre pour réessayer.

Mes pas m'ont mené Aux trois balais. Je n'y ai pas résisté. Je savais ce que j'allais y faire. Je savais que j'allais y entrer. Je sais que j'allais essayer de ressentir cette euphorie passagère que j'ai ressentie la dernière fois que j'ai bu. Alors j'ai dégainé ma baguette. Je voulais envoyer mon patronus à Martin. Lui dire de venir me chercher. Mais je n'ai pas mon collier. Je ne suis pas entière. Je n'ai pas mon souvenir heureux ambulant accroché à mon cou. Je n'ai pas Élicia et Lumah collées à mon cou. Pas cette fois. Alors, j'essaie de penser à un souvenir heureux. J'essaie. Je ne trouve rien. Je ne force pas. Tant pis. Je rentrais seule.

J'ai demandé une Bièraubeurre, c'était immonde. J'en ai demandé une autre. Ce n'était pas bon. J'en ai demandé une troisième. HO-RRI-BLE. Je ne me sentais pas bien. Je ne me sentais pas euphorique. Je ne me sentais pas heureuse. J'avais le crâne qui me faisait mal. J'avais les yeux qui piquaient. Je me sentais nulle. Une conne. Une belle conne. J'ai attendu Martin. Mais Martin il ne pouvait pas deviner où j'étais.


J'ai besoin de mon papa. J'avais besoin de lui. Pour me prendre dans ses bras. Pour m'ébouriffer les cheveux. Pour dire que tout irait bien.

Pire encore, je voulais ma maman. J'en avais besoin. Je le ressentais.

Quand je suis rentré à la maison, je voulais disparaître. Papa était là. Il a commencé à parler. Il a commencé à me demander des explications. Il a commencé à hausser le ton. J'avais mal à la tête. Je ne voulais pas qu'il me crie dessus. Je ne voulais pas. Je crois que je me suis mise à pleurer comme une idiote au milieu. Je ne veux pas m'en souvenir. Je me suis sentie fragile. Nulle. Comme un boulet. J'ai essayé de lui expliquer. Dans l'ordre. L'intimidation. Poudlard. Mes cheveux tirés. Les conseils de Tata. Mon collier. Anémone. J'ai essayé d'être claire. J'ai essayé. J'ai fait de mon mieux. Je le jure. Je n'arrivais plus à reprendre mon souffle au bout d'un moment. Il a pris mon visage en coupe dans ses mains. J'ai sursauté. Il m'a regardé avec pitié. Je ne voulais pas. Je ne voulais tellement pas. Je veux apporter la joie chez les gens. Je veux les faire sourire. Je veux que les gens se souvienne de moi comme Lila, la vendeuse de sucre joyeuse. Pas comme une idiote qui pleure. Je voulais pas pleurer.

Pas le regard de pitié. Je ne veux pas qu'il me regarde. J'ai repoussé ses mains avec mes bras.


Il ne m'a pas proposé de réparer mon collier. Il ne m'a pas prise dans ses bras. Il ne m'a pas dit que ça irait mieux. J'ai senti mes sanglots se multiplier. Il m'a proposé le psychomage. Il m'a proposé de me réparer. Il m'a dit que je pourrais reprendre ma scolarité. Que je quitterais la confiserie. Je ne peux même pas retranscrire ses mots. Il avait tellement l'air soulagé. Il avait l'air soulagé. Papa était soulagé que j'aille mal. J'ai commencé à parler à une vitesse. Comme j'en ai honte.

"Pourquoi tu es comme ça avec moi ? Pourquoi tu ne te soucies pas que j'aille mal ? Pourquoi tout ce qui compte pour toi, c'est que je poursuive l'école ? Qu'est-ce que j'ai fait de mal ? Je te déçois tant que ça ? Je ne suis pas comme Maman, moi. Je ne veux pas être artiste. Je suis pas non plus comme toi. Je ne veux pas faire des études et avoir un grand diplôme. Je veux rester là où je suis."

Je ravale un sanglot. Je le sens passer celui-là. Je le sens qui reste comme une boule dans ma gorge. Mais l'alcool me fait parler plus que je ne le voudrais.

"J'en ai marre d'être modelée selon tes désirs. Je me suis pliée en quatre à Poudlard. J'ai accepté ces cours particuliers, j'ai accepté la filière complète alors que je la détestais, j'ai accepté de suivre ces cours de divination que je détestais. J'ai toujours tout fait pour te satisfaire. J'ai été sage. J'ai fait de mon mieux. Alors pourquoi tu continues d'être déçu de moi ? Qu'est-ce que j'ai fait ? Je ne suis pas comme ..."

Je ne l'avais pas vue venir. Vraiment pas. La gifle, je ne l'avais pas vue venir. Il m'a giflée. Papa m'a giflée. Suffisamment fort pour faire décaler tout mon corps sur la droite. Je l'ai sentie dans tout mon corps. Il ne m'a pas prise dans ses bras. Il ne m'a pas dit que ça irait mieux. J'ai eu mal. Très mal. J'ai pleuré encore plus. Je voulais qu'il me câline. Je voulais qu'il dise m'aimer. Je voulais qu'il m'aide à aller mieux. J'étais en colère. Contre lui. Contre Anémone. Contre moi-même, de ne pas avoir réussi à réparer mon collier. De ne pas avoir réussi à satisfaire mon papa. De ne pas être à la hauteur. Je me suis sentie vraiment conne. Ma joue me faisait mal, le bruit résonnait encore dans ma tête. J'entendais mon cœur battre. Je ne voulais pas relever la tête vers lui. Je n'écoutais même plus ce qu'il disait. Je n'entendais rien. J'avais mal. Papa m'avait giflée. Il avait levé la main sur moi. Il était déçu de moi. Il avait sûrement honte d'avoir une fille comme moi. Pourtant, j'ai fait de mon mieux. Je le jure.

Je me suis repassé toute la scène dans ma tête. J'esperais que Louis n'ait pas vu cette scène. Je ne voulais pas que mon petit frère ait à choisir un camp dans une embrouille entre Papa et son idiote de grande soeur. J'ai serré le poing.

Il avait dit quoi Monsieur River en m'accompagnant au Magicobus ? Un gentil petit papillon qui peut devenir dragon. Ça m'avait bien fait rire. Moi, un dragon. Moi qui me rebelle. Je me suis juste dit qu'il était gentil. Qu'il essaie de me donner des conseils. Mais je ne saurais comment expliquer ça. Peut-être l'alcool, peut être les mots de Monsieur River qui s'étaient infiltrés dans mon esprit à cet instant. Je ne sais pas exactement quoi. Mais j'ai serré le poing et je l'ai collé au milieu la figure de papa. Si fort. Plus fort que sa gifle.

J'ai toujours été comme ça. J'aime beaucoup donner. Et je donne plus fort que je ne reçois.


1542 mots
@Lloyd River merci pour cette belle inspi de coup rendu
Dernière modification par Lila Rose le 6 oct. 2026, 16:30, modifié 1 fois.

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Inktober Le cyclamen de Naples PNJ PNJ J
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Ogre
Le jeudi 5 octobre, six heures
Résidence Rose
PNJ utilisé : Mathieu et Louis Rose
Tw : Violence Physique et matériel, Sang

Mathieu

Ma fille est partie. C'est bizarre sans elle. Il n'y a aucun bruit dans la maison. Quand Lila est à la maison, les matinées sont différentes. Elle se réveille toujours en même temps que le soleil. Elle chantonne dans toute la maison. Elle prépare le repas, elle sort arroser ses fleurs, elle range ce que Louis a laissé traîner, elle arrose les fleurs qu'elle a dans la maison et elle finit par sortir pour aller au travail. La maison n'est jamais calme quand elle est là. Mais elle n'est pas là.

J'ai dû expliquer à Louis que sa sœur m'avait foutu un coup de poing d'ogre. Il a pensé que je lui faisais une blague au départ. Mais ce n'était pas le cas. J'ai omis de lui dire que je l'avais giflée. J'ai gardé ça pour moi. Il m'a aidé à essuyer mon nez qui saignait.


"Elle est partie où ? Chez Martin ?"

"Je ne sais pas. Elle est simplement partie."

J'ai essayé de la retenir. Je lui ai dit que si elle partait, elle n'aurait plus personne pour l'accueillir à son retour. Lui faire peur, ça a toujours marché. Ma petite fée, elle est froussarde. En général, elle retrousse les lèvres, elle fronce les sourcils et elle finit par m'écouter. Mais hier, elle ne l'a pas fait. Elle m'a jeté un regard que je ne pourrai pas oublier. Elle a eu l'air de se dire qu'elle avait raison de partir.

"Tu veux dire que depuis hier soir, Lila a pris toutes ses affaires et foutu le camp ? Tu veux dire que depuis hier SOIR, elle est dehors et que tu ne sais pas où elle est ? Elle pourrait être en danger !"

Ma petite fée en danger. Je ne pense pas. Je suis sûr qu'elle est allée chez son cousin. Je suis sûr qu'elle sera de retour avant demain. Martin fera le nécessaire pour que ça s'arrange entre nous. Elle reviendra s'excuser de m'avoir frappé. On repartira sur de bonnes bases.

Le jeudi 05 octobre 2051, huit heures
Résidence Rose

Elle n'était pas chez Martin. Mais elle sera au Honeydukes dès neuf heures. Je la connais. Elle sera à sa boutique de bonbons. J'ai été parler avec Martin. Il a dit qu'il irait la voir. Il saura la raisonner. Moi, je vais attendre qu'il soit midi. Elle sera à la maison avant midi. J'en suis sûr. Elle va rentrer, ma petite fée.

Je vais dans la cuisine. J'ai besoin d'un café. Je me sers dans mon mug. Celui que Lila m'a offert. "Meilleur Papa du monde", quelle ironie. Je plante mon regard sur Yvonne. C'est un cactus horrible. Je ne l'aime pas. Je le trouvais normal quand Lila venait de l'acheter. Je lui avais dit que c'était une jolie plante. Elle a commencé à me parler du langage des fleurs, du fait que les fleurs du cactus symbolisaient l'amour maternel. Elle a dit qu'elle voulait appeler son cactus Vanille, comme sa mère. J'ai refusé. Elle a dû trouver un autre nom. Je ne remplacerai jamais Vanille, et encore moins par une plante.

Voir Yvonne, ça me rend fou. C'est elle qui aime avoir autant de plante.


Le jeudi 05 octobre 2051, treize heures
Résidence Rose


Midi est passé, elle n'est pas encore rentrée. Louis s'impatiente. Il a décidé de sécher les cours apparemment. En temps normal, je l'aurais forcé à y aller. Mais je ne pense absolument pas à lui. Ma petite fée n'est pas rentrée. Je dois rester calme. À dix-neuf heures, elle sera là. À la fin de sa journée de travail, elle sera là.

Le jeudi 05 octobre 2051, vingt heure
Résidence Rose

Il est vingt heures. Ma petite fée n'est pas rentrée. Je fais les cent pas dans la cuisine. Elle ne veut pas rentrer ? Que grand bien lui fasse. Quand elle viendra s'excuser, je la ferais poireauter, moi aussi. Mon regard se plante sur Yvonne. Horrible cactus. Je lui donne un coup. Je regarde le pot s'écraser par terre. Louis sursaute.

"Mais qu'est-ce que tu fais ? Lila va être triste si on abîme ses plantes !" Il s'abaisse au niveau de la plante. Il ramasse les morceaux éparpillés du pot.

"Elle ne rentrera pas. Qu'elle ose."

Louis

Je ramasse les morceaux du pot. Je les jette. Lila a une belle collection de pot dans l'atelier de peinture. Si je suis assez rapide, je pourrai sauver Yvonne et la remettre dans un pot.

Je cours jusqu'à l'atelier. J'ouvre tous les placards. Je prends un pot. Je retourne en vitesse dans la cuisine. J'attrape la plante et je la plante à nouveau. Je vais la ramener dans ma chambre et en prendre soin jusqu'à ton retour Lila.

Ça me démange. J'ai besoin de savoir pourquoi tu as donné un coup à Papa. Ce n'est pas ton style. Tu n'es pas du genre à taper les autres. Je ne suis même pas sûr que tu l'ais déjà fait sur quelqu'un d'autre. J'ai besoin de savoir. Tu donnerais jamais le premier coup.

Le premier coup.

Je regarde dans la direction où Papa est partie. Il t'a cogné ? J'ai besoin de savoir Lila. J'ai besoin de savoir ce qu'il s'est passé. Il t'a cogné ? À quel point ? Tu es blessé toi aussi ? Toi aussi, tu as saigné du nez ? Est ce que pendant que je soignais les blessures de papa, toi, tu étais en train de saigner à cause de lui ? J'ai besoin de savoir. J'ai besoin de savoir si je dois le cogner, moi aussi. Je pourrais lui jeter son vieux mug dans la figure. Ça me rend fou. Je suis inquiet. Tu n'étais pas à la librairie pleine de bandes dessinées, ni au parc, ni près de la statue de cette acteur bollywoodien.

Je ne sais pas où tu es. Mais ne rentre pas. L'ogre est de sortie.


955 mots
Reducio
- Identité du/des PNJ (Prénom, Nom) : Mathieu Rose et Louis Rose
- Lien avec le PJ : Père et Frère
- Lien dans le répertoire : Ici
- Ce RP aura-t-il un impact sur mon PJ ? Oui
- Si "oui", impact envisagé : Prouver que Papa Rose ne se remet pas en question sur ses actes. Démontrer la toxicité de ses actes. Montrer que Lila a raison de ne pas revenir.

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Inktober Le cyclamen de Naples PNJ PNJ J
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Panique

Décembre 2040, après midi
Résidence Rose
PNJ utilisé : Martin Mimosa


"Si tu arrives à gagner la course contre moi, je vais t'offrir un super cadeau. Ok ?"

Je hoche la tête frénétiquement. J'aime trop jouer avec Martin. Quand Martin n'est pas là, tout le monde m'oublie. Tout le monde joue avec les plus petits parce que je suis grande maintenant. Mais j'ai huit ans, moi. Je veux jouer aussi à plein de jeux. Avec Martin, on joue tout le temps. Il fait la course avec moi, il m'aide à apprendre des danses, il colorie avec moi. Il me laisse même jouer avec ses cheveux parfois. Martin, il est trop cool.

"À trois. Un. Deux. Trois"

On se met à courir. Martin, il a de grandes jambes, il va vite. Il court à toute vitesse. J'essaie de le suivre. Mais je ne vais pas aussi vite, moi. Je panique quand je le vois s'éloigner. Je ne veux pas qu'il me laisse aussi. Je me laisse tomber sur mes fesses et je me mets à pleurer. Martin s'arrête de courir. Il le remarque toujours quand je panique et que je vais mal. Il revient vers moi, super vite.

"Ne pleure pas, je suis là. Je ne voulais pas partir aussi vite. Désolé de t'avoir fait peur."

Il m'ébouriffe les cheveux et me tourne le dos en s'abaissant.

"Monte. On va courir ensemble !"

Je renifle. Je me hisse sur ses épaules. Je pose mes jambes dessus. Il me tient fort et se redresse. Je panique un peu au début et je m'accroche à ses cheveux. Il sourit, je l'entends dans sa voix.

"Tu vas pas me donner mon cadeau, vu que j'ai perdu ?"

"Je comptais te le donner, que tu gagnes ou pas. Je voulais juste que tu t'amuses avant. Je t'ai ramené des pivoines blanches. Dans le langage des fleurs, c'est la fleur de l’amitié bienveillante. Elle symbolise aussi la joie exceptionnelle d’éprouver des sentiments. Moi, je suis plus qu'heureux de t'avoir. Tu es la meilleure des cousines, et tu es aussi mon amie. C'est toi qui le dis tout le temps. Alors, ça m'a fait penser à toi."

Je joue avec les cheveux roux de Martin. Le langage des fleurs, je n'y connais rien. Mais Martin, il en parle tout le temps. Il aime trop les plantes. Il parle tout le temps des fleurs. Un jour, quand je serais grande, je connaîtrai tout sur les fleurs. C'est moi qui lui offrirais des super cadeaux.

Martin, il veut devenir magizoologiste. Il a toujours dit ça. Moi, je veux devenir comme Martin. Peut importe ce qu'il devient plus tard, je veux faire comme lui. C'est mon modèle. Je deviendrais comme lui, je ferai sourire les gens autour de moi.

Je pose mon menton sur la tête de Martin. Si je deviens comme lui, on va aussi se moquer de moi par ce que je suis timide ? Papa, il se moque tout le temps de Martin par ce qu'il ne parle pas trop. Parfois, il se moque quand il parle de trop. Il dit qu'il a perdu sa timidité. Tout le monde lui dit qu'il est froid, mais quand il ne l'est pas, on lui dit qu'il est trop bavard. Pauvre Martin.


"Je peux te trouver un surnom ? Louis, il m'en donne un. Je peux t'en donner un aussi ?"

"Tu peux."

"Hum et toi, tu ne vas pas m'en donner un ?"

"Non. Tes parents ont choisi ton nom à merveille. Le lilas, c'est la fleur des émotions pures. C'est une fleur bienveillante. Je ne pourrais pas te trouver un meilleur surnom."

"Beh moi, je vais t'appeler Martin matin. Ça rime."

Je crois qu'il n'a pas trop aimé.
611 mots

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Puant

Le dimanche 08 octobre 2051, après midi
Résidence Rose
Lettre réceptionnée par Louis Rose et jetée une fois lue.
PNJ Joker utilisé : Tsubaki Himawari

Douce Lila,

Tes dernières lettres m'ont vraiment fait plaisir à lire. Je suis heureux que tu te plaises dans ton travail. Tu es sérieuse quand tu dis que tu fais la promo de ta boutique durant des soirées étudiantes ? Il n'y a pas une clientèle élevée dans ta boutique ? Je pensais que tu recevais la visite de beaucoup d'enfants. Enfin, c'est ce que j'ai cru comprendre dans tes lettres.

Moi, ce que je deviens, ce n'est pas compliqué. Depuis qu'on s'est vu, j'ai eu mon diplôme et j'ai commencé à travailler dans un cabinet. Mon père voulait m'engager dans son cabinet, mais j'ai préféré partir du côté d'Okinawa. Je t'ai déjà dit que ma famille était originaire de là-bas ? C'est un super endroit, la prochaine fois que tu viens au Japon, je te ferai visiter les plus beaux endroits.

Je t'avoue qu'une question me trotte dans la tête et qui m'empêche d'écrire comme d'habitude une lettre où je raconte ma vie. Tu as vraiment acheté des bombes puantes pour en offrir à ton frère ? Qu'est-ce qu'il va faire avec des bombes qui puent ? D'abord, pourquoi les Britanniques ont-ils des bombes puantes qu'ils vendent dans leurs commerces ? Je t'assure que je n'irai jamais dans une de ces boutiques de "farces et attrapes" dont tu me parles. Si j'ai besoin de faire puer quelqu'un par vengeance, j'essaierai plutôt de trouver un sortilège qui le fasse sentir comme un troll pour les vingt prochaines années. N'est-ce pas plus efficace qu'une bombe ? Quand tu les transportes, ça doit dégager une odeur horrible. Pourquoi prendre la peine de sentir la mort pour faire une farce à quelqu'un ?

Je crois me souvenir que tu m'avais déjà parlé des crapauds à la menthe. C'est exactement le même concept pour moi. Où est le plaisir dans le fait de manger un crapaud qui sautille et fait sentir la menthe partout sur son passage ? Tu aimes vraiment ces sucreries ? Ce n'est pas un délire commercial ?

Tu as tellement écrit dans ta dernière lettre que j'ai l'impression d'avoir beaucoup trop d'informations auxquelles je dois réagir. Je vais faire simple pour une fois. Tu as vraiment tendance à te dévaloriser sans t'en rendre compte, tu sais ? Je n'ai jamais lu de lettres qui pouvaient être à la fois drôle et déchirante avant les tiennes. Tu commences toujours par dire un tas de choses hilarantes puis tu finis toujours par glisser quelques phrases que je n'aime pas. Je sais que tu fais de ton mieux. Tu le dis tellement souvent. Même sans que tu le dises, les gens doivent le deviner. Je sens toute ta motivation et ta volonté de bien faire uniquement en lisant des mots que tu couches sur le papier. Alors, imagines un peu les gens que tu côtoies au quotidien.

Je suis sûr que le jour où on se reverra, tu seras une petite célébrité locale. Il n'existe pas deux Lila. Je peux t'assurer. Je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi joyeux et pétillant que toi. Tu es peut-être maladroite, je ne pourrais pas te contredire là-dessus, mais tu es aussi une vraie boule d'énergie. Tu te souviens de ce film dont tu m'as parlé en juin ? Je l'ai regardé. Il était vraiment difficile à trouver avec des sous-titres japonais. Mais je l'ai trouvé et je l'ai regardé. Il y a une partie du film qui me fait terriblement penser à toi. Celle où le protagoniste "déclare" son amour à Shanti. Je vais reprendre ses mots, tu me pardonneras pour le manque d'originalité.

Quand je vais mal, je lis tes lettres. Par ce qu'à mes yeux, le bonheur s'appelle Lila. Les gens t'aiment, Lila. Tu as le monde à tes pieds. J'aurais pu reprendre les paroles de la musique du film. Par ce que je t'y vois aussi. Il n'existe pas assez de langues sur Terre pour te décrire avec des mots. Tu es quelqu'un qui est au-delà de toute poésie. C'est quelqu'un qui déteste la poésie et les métaphores qui te le dit.

J'ai hâte de recevoir ta prochaine lettre. Comme toujours. Tu me raconteras si tu as revu les amis que tu t'es faits durant cette soirée étudiante ?

Avec Amitié,
Tsubaki
708 mots

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Bélier

Le lundi 09 octobre 2051.

Je n'arrive pas à dormir. Je pense à beaucoup trop de choses à la fois. Azalée est allongée sur mon torse, elle ronronne. Je pense qu'elle a compris que j'étais en pleine insomnie. Colette est venue me voir au Honeydukes hier. C'était bizarre. J'avais l'impression de dire n'importe quoi. Elle m'a prise dans ses bras. C'était vraiment bizarre.

Martin m'a donné un conseil pour les nuits où je ne trouve pas le sommeil. Il m'a dit de compter les moutons. De temps en temps, il m'a recommandé d'y ajouter un bélier avec des cornes dorées. De cette façon, je sais à peu près que je tarde à dormir. En général, les conseils de Martin sont vraiment nuls. Il n'est pas fort pour en donner, mais cette fois-ci, je me suis dit que je pouvais bien essayer.

Un mouton, deux, trois ...

Le lundi, le Honeydukes est fermé. Je suis triste. J'aime bien y travailler et je me sens vide quand je n'y travaille pas.

Quatre, cinq, six...

Que vais-je recommander demain à mes clients ? Il faut que je trouve le moyen de donner envie aux gens d'acheter des baguettes magiques à la réglisse. Ce n'est vraiment pas la sucrerie préférée de la boutique. Aucun enfant n'en achète jamais.

Sept, huit... Oh le premier bélier !

Azalée se tourne. Mon regard glisse sur elle. Je devrais passer revoir Sage. Je pourrais lui laisser un joli dessin sur sa fresque. Je pourrais dessiner des asters. C'est la saison. Elle sera sûrement hyper contente. Depuis combien de temps je n'ai pas été chez Apothic'Herbes ?

Neuf, dix, onze...

Maintenant que je pense aux asters, comment va Sacha ? Je ne l'ai pas vu depuis longtemps, lui aussi.

Douze, treize, quatorze ...

Comment vont mes fleurs ? Lucie est bien hydratée ? Il a pas mal plu, la nuit dernière. Elles ont dû bien boire. Mais Yvonne ? Quelqu'un l'a arrosée ? J'aurais dû l'emporter. Je n'avais plus de place dans ma valise. J'ai dû faire un choix entre Mylène et elle. Désolée, ma jolie Yvonne.

Quinze, seize... Deuxième bélier.

Les conseils de Martin ne fonctionnent jamais.


354 mots
@Sage Matthews pour la mention :love:

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