Recueil d'OS PNJ Slalomante couleuvre

INK'TOBER 2026
version EEC

maison victoria hebrides

Ce recueil d'OS initié par l'Ink'tober aura pour vocation de retracer certains moments de la vie de Victoria qui auront eu lieu dans sa jeunesse, et plus généralement durant les 57 années qui précèdent sa prise de fonction à la Poste Magique.
(Cela risque de ne pas être posté dans un ordre chronologique...)


PNJ :
Suzan McBee - PNJ actif
Aisha Drury - PNJ actif


SOMMAIRE :
1. Pomme (été 2006)
2. Relique (août 2010)
3. Miniature (février 2015)
4. Mandragore (automne 2006)
5. Gifle (septembre 2018)
6. Ogre (novembre 2031)
7. Panique
8. Puant
9. Bélier
10. Divination
11. Periculum
12. Sortilège
13. Fragile
14. Spectacle
15. Banquet
16. Inferi
17. Bidule
18. Sans ailes
19. Confus
20. Salon
21. Héros
22. Balise
23. Chic
24. Cuire
25. Fracture
26. Zip
27. Veracrasse
28. Trophée
29. DCFM
30. Patacitrouille
31. Flexion
Dernière modification par Victoria McBee le 5 oct. 2026, 18:38, modifié 4 fois.

Directrice de la Poste Magique depuis août 2051

Recueil d'OS PNJ Slalomante couleuvre
INK'TOBER DE L'EEC - JOUR 1 : Pomme
Mots placés : champignon, feuille, forêt, brouillard, automne,
arbre, pomme, évolution, réussite, travail, pluie, bruine



un jour de l'été 2006
dans les Hébrides, près de la maison des McBee



Après deux années passées à Poudlard et quelques visites ponctuelles en-dehors de ses Hébrides natales qui lui sont pourtant très chères, Victoria ne peut que constater avec regret que les îles dans lesquelles elle a grandi manquent d'arbres. Les forêts ne sont pas courantes en Écosse, et c'est bien dommage. Non pas parce que la jeune Serpentard aime se promener sous les cimes de longues heures à respirer l'air frais et à cueillir chaque champignon présent sur son chemin en poussant une chansonnette, mais parce qu'elle aime jouer entre les troncs, grimper dans les branches, et même sortir d'une après-midi amusante avec une feuille coincée dans sa tignasse.

Les bois, c'est aussi une ambiance, un mystère. Quand Victoria regarde la forêt interdite, de Poudlard, enveloppée de brouillard en automne, ça lui rappelle les films d'horreur moldus qui la font frissonner. Sauf que cette fois, il y a vraiment des créatures dangereuses qui se cachent dans les sous-bois. On ne dirait pas comme ça, de loin, parce qu'on ne peut pas deviner ce qu'on ne voit pas, mais quand même, il y a dans ces histoires vraies de quoi attiser les rêves pour certains et les cauchemars pour d'autres.

Ainsi, la petite Victoria, déjà bien grande pour son âge, s'est languie tout l'été d'un arbre sur lequel grimper. Jusqu'à pousser ses expéditions chaque jour un peu plus loin. Avec sa sœur, elles accompagnent leur mère dans les grandes vallées pour faire brouter leur troupeau de vaches sur les terrains les plus verdoyants, parfois mis à leurs dispositions par leurs voisins pour qu'ils soient entretenus. C'est le cas aujourd'hui.

Le voisin Archie est l'heureux propriétaire d'un petit verger, en plus de nombreux hectares au bord de la mer. Sympathique et bienveillant, il ne voit aucun problème à ce que les enfants McBee utilisent son accès à la mer où viennent grignoter quelques-uns de ses fruits. C'est en pensant à lui que Victoria a su que son été serait merveilleux.

Elle tire avec elle Suzan, qui du haut de ses sept ans suit sa grande sœur partout pour faire la course jusqu'au grand pommier de Monsieur Archie. Victoria accélère pour ne pas la laisser gagner et grimpe la première dans l'arbre. Si sa petite sœur veut la rejoindre, elle le lui interdit, criant perchée sur l'une des branches qu'elles lui enverra des pommes et que c'est trop dangereux pour Suzan de monter. Bienveillance de grande sœur ou plaisir à être seule au sommet de son univers ?

De là où elle est, Victoria a une vue splendide sur le verger du voisin Archie. Elle croque une pomme en regardant la mer après avoir laissé tomber un autre fruit bien rouge à Suzan. Sa contemplation n'est dérangée que par les paroles de cette dernière. La petite est une grande timide, discrète à la maison, pas bien bavarde, elle travaille bien donc on ne s'en préoccupe pas trop. Sauf Victoria qui s'est particulièrement attachée à elle. Elle irait cueillir une pomme dans l'arbre le plus haut du monde pour sa petite sœur. Pourquoi elle, elle ne pourrait pas l'expliquer, c'est comme ça, elle lui laisse tomber des fruits mais elle, elle ne pourra jamais la laisser tomber.

Suzan se confie à Victoria. C'est la seule avec qui elle se montre bavarde. Elle parle de ses cours, de la vie à la maison pendant que la Serpentard est à Poudlard, des saisons, de ce qu'elle aime, et pose des questions sur la grande école dont elle ne pourrait même pas imaginer le nombre de pièces, trop curieuse, ayant hâte de s'y rendre et restant pourtant terrifiée par cette idée. Victoria aime écouter sa sœur et lui répondre. C'est leur moment à toutes les deux. Avec quelques pommes pour le goûter, c'est encore mieux.

Le pommier les accompagne toutes les deux dans leur évolution, d'échecs en réussite. Victoria raconte à sa sœur, sur un coup de tête, qu'il ne faut pas manger les graines à l'intérieur de pommes parce que les fées les collectent pour s'en faire des boucles d'oreilles et d'autres bijoux. Si si, elle le sait, elle l'a appris en cours à Poudlard, parce qu'on apprend toutes sortes de choses là-bas, des éléments très intéressants sur la vie et le monde, même si oui il y a beaucoup de travail, mais ça ne lui fait pas peur le travail ! Et bien sûr que Victoria a déjà vu des fées ! Pas Suzan ? Oh, elle en verra c'est sûr ! Si elle reste sage ! Les fées n'aiment pas les enfants pas sages qui jettent les graines de pomme n'importe où.

Après s'être balancée longtemps dans l'arbre, parfois dangereusement sous les yeux ahuris de Suzan, qui, elle, aurait aimé rejoindre sa sœur, Victoria redescend d'un bon sur le sol. Elle attrape quelques pommes déjà tombées pour jongler sous le regard tout à fait conquis de Suzan. Qu'est-ce qu'elle aime l'admiration qu'elle lit dans ses yeux.

Mais le temps passe, les nuages débarquent, et Victoria n'a vraiment pas envie de se retrouver sous la pluie ou trempée par la bruine qui peut arriver d'une minute à l'autre sur ces îles reculées. Elle attrape Suzan par le bras et la défit une nouvelle fois de courir le plus vite possible jusqu'aux vaches.

Avant de partir, elles arrangent les pommes en cercle au pied du pommier, pour que les fées puissent s'asseoir et se reposer après leur dure journée de vol. Elles font des graines de pomme un petit mont, puis partent en courant les poches alourdies par les fruits.

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Recueil d'OS PNJ Slalomante couleuvre
INK'TOBER DE L'EEC - JOUR 2 : Relique
Mots placés : Samhain, carrière, travail, diplôme, arbre, feuille,
automne, équinoxe, cocooning, réussite, reconversion,
commerce, gallions, bourse, pomme



fin août 2010
dans les Hébrides, près de la maison des McBee



« Ils t'ont dit de prendre le Comète 140 de Papa ? Le Comète 140 ?! Mais c'est une relique ! »

Victoria bondit du banc en bois sur lequel elle était assise, les yeux exorbités. Suzan va apprendre à voler cette année, parce qu'elle va rentrer à Poudlard. Quel moment plus incroyable et merveilleux et exceptionnel qu'un premier cours de vol ?! Suzan sur un balai ! Peut-être qu'elles pourront s'entraîner ensemble ? Peut-être que Suzan rentrera dans l'équipe de Quidditch ?!

Victoria a beaucoup d'espoirs pour sa sœur, parce qu'elle est passionnée de ce sport de vol sur balai. Elle est convaincue que la jeune sorcière sera à l'aise dans les airs avant Samhain. Suzan réussit tout, elle est intelligente, talentueuse, persévérante. Elle n'a peut-être pas l'âme d'une Serpentard, ni l'esprit de compétition des Gryffondor, mais ça n'a jamais empêché quelqu'un de ne pas rentrer dans une équipe de Quidditch, ça ! Surtout si on ajoute à l'équation l'admiration que la jeune McBee a pour son aînée. Il y a de fortes chances pour qu'elle suive ses pas à Poudlard, avec plus de sagesse, assurément, et qu'elle choisisse de s'investir dans le Quidditch. Peut-être même qu'elle pourrait avoir une belle carrière dans ce sport, elle est plus assidue que sa sœur, son travail est meilleur. Et elle n'est pas aussi casse-cou.

Suzan regarde celle qui obtiendra bientôt son diplôme des ASPIC avec des yeux de chien battu.

« T'énerve pas pour ça, s'teuplaît... Moi ça me va bien le Comète de Papa...
– Nan ça t'ira pas ! Tu t'rends pas compte ! Il a pas volé depuis AU MOINS 10 ans ! Il traîne dans la remise, il est pas entretenu, il est dépassé !! Un Comète 140 ! C'est une relique je te dis ! Ça se garde en souvenir mais ça s'utilise plus !
– Mais je fais comment, moi, Vic', si j'ai pas de balai ? »

Sa voix plaintive, en ce jour d'août, tape presque sur les nerfs de Victoria. Mais c'est Suzan, elle ne peut pas lui en vouloir, elle ne peut pas s'énerver contre elle puisqu'elle l'aime plus que tout. Pourtant, elle est énervée, Victoria.

« Bah tu prends pas celui-là ! »

La jeune adulte enfonce ses mains dans ses poches en faisant de grands pas autour de sa sœur.

Quelle idée ont eu ses parents ! Victoria a toujours détesté les Comète, elle trouve que ce ne sont pas d'aussi bons balais que les Nimbus. Ah ça, Nimbus, c'est une vraie marque ! Ça vole, un Nimbus ! Mais un Comète ? Et le Comète de son père ? Il est d'une autre époque ! On fait de bien meilleurs balais maintenant ! Il devait même plutôt appartenir à son grand-père qu'à son père, parce que c'est sûr qu'il n'a pas été créé après les années quarante. Avec un objet comme celui-ci, Victoria craint que sa sœur ne parvienne qu'à foncer dans un arbre, en fasse tomber les feuilles avant l'automne, et finisse par passer l'équinoxe à l'infirmerie à cause d'une sale chute. Ça n'est vraiment pas cocooning comme endroit à Poudlard, l'infirmerie. Mieux vaut en rester loin.

Victoria s'arrête, soupire, et réfléchit. Derrière elle, Suzan est toujours inquiétée par l'état de sa sœur. Elle n'est même pas sûre qu'elle aimera le Quidditch, les hauteurs ça lui fait peur. Et si son premier vol sur balai n'était même pas une réussite ?

« Oublie cette relique de Comète 140. Mieux vaut emprunter les balais de l'école que ce truc plein de poussières. J'trouverai une solution, t'auras le meilleur pour tes années à Poudlard, sois-en sûre. »

Victoria s'approche de Suzan pour la prendre dans ses bras. Elle grandit tellement vite, Suzan.

« Mais Vic'...
– Chhhht ! Ce truc-là il est dangereux, laisse-le dans la remise ! Il n'est plus bon que pour frotter le sol. »

Ce qui n'est pas une mauvaise reconversion pour un balai.

Victoria a une idée bien arrêtée : il lui arrive de faire un peu de commerce à Poudlard, d'échanger des choses pour les revendre ailleurs. Avec les ans elle a mis un ou deux gallions de côté, en économie. Pas encore de quoi acheter un balai tout neuf, mais ça viendra. Elle se débrouillera pour que sa bourse soit assez remplie pour Noël. Avec de la bonne volonté, on arrive à tout ! Ça fera un super cadeau pour Suzan, ça, un balai.

Victoria embrasse sa sœur sur le front.

« Tout le reste est prêt ? Il te manque rien pour Poudlard ?
– Oui j'crois que c'est bon, j'ai tout.
– Tu veux que je vérifie avec toi ?
– Hmm.. Euh... Oui peut-être...
– Ok on fera ça ce soir après le repas ! »

Victoria s'éloigne de Suzan et enfonce de nouveau ses mains dans ses poches. Le sourire de sa jeune sœur est irrésistible. Elle est encore haute comme trois pommes et elle entre déjà à Poudlard ! Victoria ose à peine y penser.

Elle referme la porte de la remise sur le vieux Comète 140, soulagée qu'il puisse rester là. Ça ne plaira peut-être pas à ses parents au départ, mais tant pis, ils comprendront. Victoria ne veut que le meilleur pour Suzan. Que le meilleur !

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Recueil d'OS PNJ Slalomante couleuvre
INK'TOBER DE L'EEC - JOUR 3 : Miniature
Mots placés : automne, feuille, arbre, châtaignes, champignons, travail



février 2015
en Angleterre, dans un musée


Avant Aisha, Victoria ne s'intéressait pas beaucoup à l'art. Dans les Hébrides, l'œuvre c'est celle du vivant, de la nature, le beau c'est ce qu'il y a autour de soi, du papillon aux chardons qui poussent dans les vallées. Les McBee eux-mêmes ne sont pas vraiment artistes. La mère McBee sait coudre, c'est indispensable, et le père McBee joue de la flûte et dessine. Mais en-dehors de ces pratiques, rien : les McBee ne sortent pas au musée (de toute manière il n'y en a pas beaucoup dans les Hébrides), les McBee ne sont pas de grands lecteurs, les McBee écoutent plus la musique des cloches que celle des orchestres, et les McBee façonnent le fromage plus régulièrement que la terre cuite. Alors pour Victoria, l'art a longtemps été réservé à une certaine classe de personnes qui passent plus de temps à réfléchir et à entrer en méditation qu'à agir. Puis elle a rencontré Aisha.

Aisha n'est pas particulièrement artiste mais Aisha aime l'art. Surtout celui qui se mêle au quotidien, qui ne s'expose pas mais qui se rencontre, s'utilise ou se fait traducteur direct de scènes de la vie. Elle aime la peinture, le cinéma, la photographie, la musique, la poterie, et tout ce qui lui parle facilement, tout ce qu'elle comprend. L'art qui se réfléchit, ce n'est vraiment pas pour elle.

« Regarde ça c'est une miniature. C'est comme une œuvre normale, mais faite en tout petit. »

Alors elle entraîne Victoria dans les musées pour la voir s'émerveiller sur fond d'un couronnement du dixième siècle.

La miniature sur laquelle elles sont penchées orne la double page d'un vieil ouvrage. Toute en arabesque et sur le thème de l'automne, elle présente quelques animaux, des feuilles joliment peintes de couleurs vives, un grand arbre et un homme tenant un panier de châtaignes. Des champignons énormes sont représentés à ses pieds. Quel travail de minutie ! Victoria est tout simplement impressionnée.

« Mais pourquoi faire si petit ? Est-ce que cela a été fait avec des petits pinceaux dans un petit atelier par de petites mains ? »

Aisha rit, s'amuse. Elle aime emmener Victoria dans les musées parce que tout le monde est concentré sur les œuvres avec un sérieux démesuré et personne ne fait attention à elles quand elles se tiennent la main où se rapprochent drôlement penchées sur une œuvre.

Rien n'est minuscule aussi avec Victoria. Les éclats de rire sont larges, l'amour est grand, les sorties sont longues, et même les petits dessins sur une double page prennent un intérêt démesuré. Il n'y a pas besoin de plisser les yeux pour apercevoir ce qui saute aux yeux. Les deux femmes sont heureuses ensemble, tout paraît simple et même les musées les plus ennuyeux d'apparence deviennent piqués de paillettes.

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Recueil d'OS PNJ Slalomante couleuvre
INK'TOBER DE L'EEC - JOUR 4 : Mandragore
Mots placés : travail, automne, feuille, arbre, champignon,
brouillard, Samhain, cocooning, pluie, bruine



novembre 2006
cours de botanique, Poudlard


Victoria apprécie les cours de Madame Chourave et n'a rien contre le travail de la terre et l'entretien de plantes, mais faire ça dans des serres et non à l'extérieur dans de grands espaces, ça la dépasse, elle se sent mise en boîte. Dehors l'automne fait tomber les feuilles des arbres quand il ne les colore pas de marron ou de rouge, et eux les élèves de Poudlard de troisième année sont obligés de rester cantonnés dans des serres. Mais pourquoi ?! Qui a envie de parler de mandragore alors qu'il y a des champignons à étudier dans le parc de Poudlard ? Des couleurs aussi belles à l'extérieur ? Ne serait-ce pas plus intéressant pour cette période de sortir dans le parc ? On pourrait même voir, au matin, le brouillard qui recouvre l'horizon depuis Samhain... Mais tout les autres élèves le savent et ne s'en plaignent pas pour autant : les serres chauffées sont beaucoup plus cocooning.

Pourtant en ce jour de novembre Victoria partage exceptionnellement leur avis et est bien contente d'être à l'intérieur à cause de la pluie battante qui tombe sur le parc de Poudlard. On est finalement aussi bien dans les serres.

Ce cours sur les mandragores la marquera longtemps. Non pas à cause des plantes qui ressemblent à d'horribles bébés, ou à cause de la bruine visible qui tombe durant tout le cours, ou même des serres dans lesquelles ils sont enfermés alors que le parc attire davantage Victoria, mais plutôt parce que c'est durant ce cours qu'elle deviendra amie avec Aisha.

Elles se connaissent rapidement grâce au Quidditch, mais elles ne sont pas de la même promotion. Victoria est en troisième année quand Aisha est en deuxième année. Alors, quand la plus âgée participe au cours avec son cache-oreilles verts qui atténue tous les bruits extérieurs, Aisha n'est pas dans la même serre. Elle est dans la serre voisine, rentrée de justesse à cause de la pluie elle travaille à même le sol. Elle n'entend pas le cours qui a lieu à côté mais elle peut voir certains élèves, dont Victoria, avec sa mandragore sur la table.

Victoria déconcentrée qui n'écoute pas et travaille mal, Victoria maladroite qui se trompe dans ce qu'elle doit faire, Victoria tête en l'air qui ne suit absolument pas le cours, Victoria qui manque de sérieux, qui fait des grimaces à Aisha et lève les yeux au ciel dès que la professeure s'éloigne, Victoria qui mime des mots en articulant la bouche sans émettre le moindre son. C'est drôle, ça fait rire Aisha qui essaye tant bien que mal de réviser, mais qui se retrouve à répondre avec d'autres grimaces et mimiques quand Madame Chourave a le dos tourné, pour se replonger dans ses manuels quand elle revient.

Ça en fait le cours de botanique le plus amusant et le plus génial de la scolarité de Victoria. Même si les mandragores sont hideuses et qu'elles crient, et qu'il faut les planter mais que c'est compliqué, que le contenu du cours ne la passionne pas parce qu'elle n'y voit pas d'intérêt, n'ayant pas envie d'avoir des mandragores chez elle, les heures d'enseignement la marquent pour toute la vie.

Aisha la fait rire, elle doit retenir des gloussements et des éclats de rire. Son ventre lui fait mal à cause de sa retenue, ses joues la brûlent. Aisha mime une mandragore qui hurle et Victoria n'a qu'une envie : se plier en deux. Madame Chourave ne remarque rien, et c'est encore plus amusant. Quand Aisha disparaît dix minutes avant de revenir, ce sont les minutes les plus longues que Victoria ait connu. Puis quand elle revoit ses yeux sombres, son visage s'illumine.

Victoria se remet à faire le clown. Elle mime des mots en articulant exagérément, des « on dirait un bébé trop moche » et des « S.O.S » avec de gros yeux en soulevant la mandragore. Les camarades de Victoria finissent par la regarder bizarrement, sourire et rire un peu avec elle, en essayant de se retenir pour ne pas faire de bruit. Puis la professeure les remarque, Victoria est trahie, et Aisha se voit obligée de quitter les serres pour ne pas « distraire les élèves qui travaillent ». Avant de s'en aller elle mime le geste d'un batteur de Quidditch en désignant la direction du stade du doigt. Rendez-vous pris !

Après cela il parait qu'elles ne se quitteront plus.

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Recueil d'OS PNJ Slalomante couleuvre
INK'TOBER DE L'EEC - JOUR 5 : Gifle
Mots placés : travail, diplôme, gallions, commerce,
carrière, café, pomme, cannelle, cocooning, réussite,
bourse, brouillard, châtaigne, évolution



septembre 2018
en Angleterre


Quand Suzan est sortie de Poudlard, Victoria a quitté la maison familiale pour emménager en Angleterre avec sa sœur. C'est elle qui s'est brusquement occupée de tout, aménageant son temps entre travail et tâches ménagères pour que Suzan se sente comme chez elle et que tous ses besoins soient satisfaits. Depuis l'obtention de son diplôme des ASPIC, Victoria erre à droite à gauche, effectuant des services, tantôt embauchée par ses parents dans l'entreprise agricole, tantôt travaillant en ville ou dans les Hébrides. Ce n'est pas stable, ce n'est pas sûr, mais ça lui convient et ça lui permet de mettre des gallions de côté, qui lui sont bien utiles aujourd'hui pour payer son premier loyer.

Depuis quelques temps, elle se spécialise davantage dans le commerce, s'écartant doucement du milieu agricole. Victoria aime être au contact des gens, discuter, échanger, négocier, faire des rencontres. Elle aurait pu, un moment, avoir la carrière de ses parents et reprendre l'entreprise familiale, mais elle a laissé cette tâche à son frère aîné. Elle a la bougeotte, le besoin d'être stimulée, et l'envie de découvrir la ville, milieu dans lequel elle s'épanouit vite. Elle aime les Hébrides plus que tout, mais elle veut voir ailleurs, puisqu'elle sait qu'elle ne fera pas d'études. C'est sa manière à elle de couper sainement le cordon qui la relie à ses parents. Elle se laisse porter par les opportunités.

Depuis quelques semaines, Victoria travaille dans un pub anglais situé près de Flagley-le-Haut. Elle sert les cafés, les jus de pomme et les boissons à l'odeur de cannelle dans une ambiance cocooning mais toujours rythmée. Ça lui plaît, c'est une bonne serveuse, et elle a une certaine réussite auprès de la clientèle. Sa bourse se remplit bien entre pourboires et services, même s'il y a des jours plus difficiles que d'autres.

Un soir de septembre, alors que Suzan a quelques problèmes en classe qui embêtent et préoccupent Victoria, son service ne se passe pas comme prévu. La jeune femme a la tête ailleurs et commence à se lasser du pub, ou à fatiguer de la restauration. Elle a envie de changements, de retourner dans des lieux plus vivants, peut-être à Londres, et de trouver un emploi plus étonnant, qui la mette au défi. Alors, la tête ailleurs, elle n'est pas très concentrée et souriante. Ça arrive à tout le monde d'être dans le brouillard, de ne pas être tout à fait présent. Sauf que cette fois, ça fait le malheur d'un client exigeant, qui prend personnellement ce qu'il juge comme étant un affront.

Victoria doit subir ses critiques qu'elle prend comme une gifle. Il la dénigre, la rabaisse, et elle doit continuer à sourire, à être polie et patiente. Pourtant elle a très envie de le gifler en retour, mais avec le plat de sa main, surtout quand il se met à juger sa tenue. Mais pour qui se prend-il ? Elle en entend des vertes et des pas mûres, c'est vrai, mais ça reste rare, et heureusement ! Les gens du milieu sont plutôt bienveillants. Sauf certains qui n'ont aucune éducation, aucun savoir-vivre, et qui se sentent tout-puissants, se donnant le droit de vous blesser, de vous critiquer, comme si vous étiez à leur service. Victoria est en colère. Il n'arrête pas de la frapper avec ses paroles. Elle s'en va corriger son erreur, et en revenant il en rajoute une couche, il l'humilie. Quel veracrasse ! Pour qui se prend-il ?

Victoria serre les dents. Elle reste tranquille pour ne pas se faire renvoyer mais elle se défendrait bien en donnant une châtaigne à ce visage qui se croit tout permis. Mais ça ne se fait pas, et elle a, elle, assez de jugeote pour ne pas rentrer dans son jeu et réagir au quart de tour comme il l'espère. Elle a presque envie de lui renverser son cocktail dessus, par mégarde, mauvais geste, parce qu'elle est tellement maladroite.

Heureusement la fin du service approche. Victoria pense à Suzan, c'est ce qui lui permet de garder le dos droit. Qu'on la gifle en public avec des paroles irrespectueuses ! Elle aura tout vu ! Il y a bien quelques clients pour calmer l'homme qui l'agresse, mais celui-ci n'en démord pas. Alors elle reste détachée et fière, insensible mais brûlante de colère, blessée.

Peut-être qu'il est temps de lancer une petite évolution de carrière, de s'éloigner des pubs, ça ne peut pas lui faire de mal.

En rendant sa monnaie à ce client qu'elle abhorre, Victoria remplace quelques pièces par de l'or de farfadet. C'est sa petite vengeance, le sourire qu'elle s'autorise en le regardant partir. Le pauvre ne se rendra compte de rien et croira devenir fou. C'est mérité.

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