Comme un pissenlit parmi les roses
Dernière modification par Soline Thorne le 6 oct. 2026, 16:39, modifié 3 fois.
Comme un pissenlit parmi les roses
LE CRI QUI COMPRIME L'ÊTRE
Cours de Botanique, mi-septembre 2028
Cours de Botanique, mi-septembre 2028
SOLINE THORNE
Stressée -- 102 BPM
#8b2047
Soline avait beaucoup aimé les cours de Botanique, ces deux dernières années. Cela ne l'avait pas tellement surprise, elle qui aimait temps passer du temps dans le jardin. Elle avait donc trouvé cette matière sorcière très intéressante, et avait plaisir à manipuler différentes plantes tout en apprenant les propriétés magiques. Elle avait, notamment, de très bons souvenirs des cours sur la menthe poivrée en première année, et sur les cucurbitacées en deuxième année. Nul doute que le programme de la troisième année allait lui plaire, lui confirmant donc qu'elle avait bien fait de choisir la filière Spéciale qui maintenait le suivi des cours de Botanique.
Mais la jeune Soline n'était pas au bout de ses peines, car les premiers cours sur les Mandragores arrivèrent.
Si, d'ordinaire, elle parvenait à se concentrer et à se plonger dans le travail des heures durant sans sourciller - souvent sans résultats - il lui était bien difficile de rester focalisée sur le cours, en sachant que d'ignobles petites plantes reposaient là, juste sous son nez. La simple idée qu'il faille, tôt ou tard, les extraire de leur pot pour les rempoter ailleurs, la rendait tout bonnement malade. Le stress contractait chacun de ses muscles, et chacun de ses organes en souffrait terriblement. Elle en avait des crampes dans les entrailles et ne rêvait que d'un chose : que l'on reconnaisse cette forme de stress avancé comme une bonne raison pour se rendre à l'infirmerie, et manquer le cours sans impacter sa moyenne générale. En effet, la jeune Soline avait beau être travailleuse comme Helga elle-même, ses notes étaient au mieux passables, et au pire, déplorables.
Mais le professeur n'accepterait certainement pas cela, et Soline ne voulait pas risquer de se faire rabrouer ou moquer devant toute sa promotion : bonjour la honte ! Et ceci, sans compter la beuglante qu'elle recevrait de sa mère, lui demandant pourquoi diable elle souhaitait sécher les cours. Elle voudrait certainement se cacher dans un trou pour le reste de l'année, si une telle chose arrivait. L'adolescente conserva donc le silence, se faisant la plus petite possible sur son tabouret, et priant pour qu'ils n'aient pas le temps de faire les rempotages aujourd'hui. Pourtant, ce n'était que repousser cette situation qui arriverait, fatalement.
Alors oui, Soline avait beaucoup aimé la Botanique lors de ses deux premières années à Poudlard. Mais cette époque était bien révolue. Ils leur avaient mis de la poudre aux yeux, avec leur menthe poivrée et leurs cucurbitacées, et ils s'étaient bien gardés de leur dire qu'ensuite viendraient les plantes qui remue, qui crient, ou pire encore. La Mandragore devait bien figurer parmi les pires espèces magiques, avec son cri meurtrier. Une chose était sûre : elle ne ferait pas carrière dans la botanique du monde sorcier. Ça non !
Inktober de l'EEC•464 mots
THÈME • Mandragore
MOTS PLACÉS • Travail, carrière.
Comme un pissenlit parmi les roses
LA VIOLENCE DES MOTS
Devant la Grande Salle, novembre 2028
Devant la Grande Salle, novembre 2028
SOLINE THORNE
Dévastée -- 99 BPM
#8b2047
Soline s'était retenue de pleurer jusqu'à arriver dans son dortoir, mais une fois qu'elle eut plongé dans son lit, elle ne put empêcher les larmes brûlantes de jaillir de ses yeux noisette. Les deux colocataires présentes à ce moment se regardèrent, surprises et ne sachant que faire. Soline était de nature très discrète, si bien que la situation était vraiment inédite. Totalement désarmées, elles quittèrent la pièce en fermant la porte derrière elles, laissant la jeune blairelle seule avec ses émotions débordantes.
Quelques minutes plus tôt, la Thorne avait réalisé l'acte le plus courageux qu'elle n'ait jamais fait dans sa vie : avouer ses sentiments à un garçon. D'un an son aîné, Ethan Hoover était l'un des garçons les plus mignons de sa promotion - du moins selon Soline. Ses cheveux blonds tombaient souvent devant ses yeux verts profonds. Il repoussait parfois quelques mèches avec une nonchalance à faire chavirer les cœurs. Il arborait bien souvent un petit sourire en coin et des yeux malicieux qui, lorsque ce visage semblait vous détailler, pouvait vous faire croire que vous étiez la personne la plus belle et intéressante du monde. Ainsi, quand Soline avait croisé son regard pour la première fois dans un couloir, elle avait été subjuguée. Bien entendu, sa seule réaction avait été de rougir jusqu'aux oreilles et de baisser le nez avec un petit sourire gêné. La même chose s'était produite, peu de temps après, dans la bibliothèque. Et plus récemment, c'était dans la Grande Salle, et même dans leur salle commune, que ce petit jeu prenait place. Il lui avait même fait un clin d'œil à deux reprises. Alors voilà, Soline était éperdument amoureuse.
Aujourd'hui, elle l'avait croisé en sortant de la Grande Salle. Il quittait les lieux en même temps qu'elle, pour se rendre dans la bibliothèque. Il faisait malheureusement trop froid, avec cette bruine incessante, pour passer du temps dans le parc. Marchant un instant côte à côte, les yeux d'Ethan glissèrent vers elle avec son petite sourire en coin habituel, et elle détourna les yeux en souriant et rougissant. Puis, d'un coup, elle parla. Son cerveau n'était pas d'accord, mais sa langue ne tenait plus en place.
"Ethan, dis... ça te dirait de... Hum, d'aller à Pré-au-Lard ensemble, samedi prochain ?"
Pourquoi avait-elle dit ça ? Elle allait se prendre un gros râteau, c'était sûr et certain. Elle ne savait pas ce qui lui avait pris. Son cœur tambourinait dans sa poitrine, et le son de son propre pouls envahit tout son être, si bien qu'elle ne semblait pas en mesure d'entendre sa réponse. Elle leva les yeux et comprit pourquoi elle n'entendait rien : Ethan la dévisageait, gêné. Il n'avait pas l'air de comprendre pourquoi elle lui proposait ce qui ressemblait fortement à un rencard, ni même pourquoi elle lui adressait la parole.
"Euh, désolé mais... On se connaît ?"
Avec ces quelques mots, Soline sentit son être se fendre en mille morceaux. Ces quelques mots lui avaient asséné la plus grande des gifles pour la faire redescendre sur terre : il ne savait même pas qui elle était. Discrète et timide, ce n'était pas étonnant. Mais ils avaient échangé tant de regards qu'elle avait pensé que, peut-être, il l'avait remarquée. Il n'en était rien. Il était comme ça avec tout le monde, sans réellement voir la personne qu'il avait en face de lui et qui lui rendait son sourire. La violence de cette réalité la fit sombrer. Cela dut se voir sur son visage, car l'expression du garçon changea pour un embarras certain. Elle baissa les yeux, serra ses bras sur elle-même et fit demi-tour.
"Euh... désolée, je..." elle bredouilla, avant de partir en direction de la salle commune de Poufsouffle.
Ainsi, Soline pleurait à chaudes larmes sur son lit, dévastée par cette première peine de cœur. Elle se sentait stupide, au point qu'elle aurait préféré s'enterrer sous sa couverture et ne plus jamais en ressortir. La honte qu'elle ressentirait à chaque fois qu'elle le croiserait l'accablait déjà. La violence de mots pourtant si simples, était quelque chose qu'elle n'avait pas mesuré avant de parler. Maintenant, elle en payait les conséquences. Car la gifle verbale qu'elle s'était prise sur le coin de la pomme n'était pas près de s'estomper.
Inktober de l'EEC•706 mots
THÈME • Gifle
MOTS PLACÉS • Bruine, pomme.
Comme un pissenlit parmi les roses
L'OGRE OU LE MOINEAU
Table de Poufsouffle, Grande Salle, octobre 2029
Table de Poufsouffle, Grande Salle, octobre 2029
SOLINE THORNE
Renfermée -- 76 BPM
#8b2047
Les repas commençaient à être une corvée pour l'adolescente que Soline était. Ils étaient trop longs, trop bruyants, et il y avait trop d'agitation à son goût. Chaque jour, elle balayait la table de sa maison du regard, repoussée par ces petits ogres qui s'empiffraient comme si leur vie en dépendait. Peut-être que c'était cette vue qui lui coupait l'appétit, ou alors elle n'en avait déjà que peu à l'origine. Soline, elle, picorait dans son assiette comme un petit moineau dans sa mangeoire.
La benjamine Thorne avait toujours été très mince, même avant d'entamer sa puberté. Elle n'avait eu qu'un petit ventre de bébé, pas si rond que ça comparé aux autres enfants. Ses premières règles s'étant déclenchées, elle avait fondu comme neige au soleil. Son père essayait de la faire manger plus, en douce, parfois inquiet pour sa santé. Le papa poule qu'il avait été quand elle était petite refaisait surface, se demandant si la santé mentale de son unique fille n'était pas la cause de son manque d'appétit.
Soline, elle, n'aurait su dire si cela était dû à des problèmes de santé, physiques ou mentaux, ou si son corps ne nécessitait simplement pas de manger autant que les autres. Après tout, elle était petite et frêle, et l'avait toujours été. Pour autant, elle se retrouvait bel et bien dégoûtée par ces personnes qui s'empiffraient sans aucune gêne. Elle avait des hauts-le-cœur dès qu'elle en voyait un s'en mettre partout, tel un ogre affamé. Quelle horreur.
Après avoir avalé quelques légumes, dont la sauce était trop riche à son goût, elle décida de se laisser tenter par une petite part de tarte pommes-cannelle. L'automne battait encore son plein, ainsi les douceurs réconfortantes étaient encore présentes sur la grande table. Il lui fallait se servir vite, avant qu'il n'y en ait plus. Si elle avait pu déguster ça tranquillement, lovée dans un fauteuil de sa salle commune, au calme, ce moment aurait été nettement plus cocooning qu'il ne pouvait l'être, entourée de ces animaux déchaînés.
Inktober de l'EEC•335 mots
THÈME • Ogre
MOTS PLACÉS • Pomme, cannelle, automne, cocooning.
