Empyrée
empyrée ; n.f.
espace infini contenant les astres, monde imaginaire, lieu de délice
espace infini contenant les astres, monde imaginaire, lieu de délice

1. haciendo que me amas 2. hall of fame 3. encore une fois 4. sublime 5. seven nation army 6. figure you out 7. drag path 8. cigarette duet 9. daddy issues 10. right person wrong time |
11. reste en vie 12. babydoll 13. nuits d'été 14. tissues 15. hermit the frog 16. still loving you 17. freaks 18. l'altra dimensione 19. melodrama 20. dans 10 ans |
21. cinq heure du matin 22. cinderella's dead 23. you're dead dead dead 24. easier to cry 25. training season 26. more than friends 27. this is the life 28. feel invincible 29. i kissed a girl 30. the greatest 31. bloodstream |
#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
Empyrée
haciendo que me amas ; bad bunny
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dimanche 01 octobre
{ appartement de Miya ; Pré-au-Lard }
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dimanche 01 octobre
{ appartement de Miya ; Pré-au-Lard }
Je savais que c'était une mauvaise idée de sortir hier. Je savais que j'aurais dû rester à la maison, je savais que j'avais rien à faire là-bas, je savais que j'aurais pas dû écouter Ellie. Parce qu'à cause d'elle, parce que je l'ai laissée me convaincre, à cause de son entêtement, j'ai revu Lloyd. J'avais pas envie, j'étais pas prête, j'étais pas préparée, j'étais pas... J'inspire un grand coup et je roule un peu sur mon lit, arrivant sur le dos d'une manière ou d'une autre.
Mon plafond me nargue de là où il est. Je peux pas l'écouter mais j'en suis certaine, je n'en doute pas. Il me nargue parce que je suis incapable de tenir une promesse, incapable de relever un défi, incapable de prouver à l'homme que j'aime que je suis digne de lui. Digne d'être aimée, au moins encore un peu. Juste un tout petit peu. Une larme, une bête unique larme coule le long de mon visage, de ma joue et vient se perdre dans mes cheveux. Attends moi Lloyd. S'il te plait, attends moi. Ne me laisse pas toute seule pour toujours. Je ne veux pas m'endormir sans être certaine que les choses entre nous n'ont pas été mises au plat. Je veux que tu voies tous les efforts que je fais, tous ceux que j'ai fais, ceux que je continue de faire. S'il te plait, laisse moi une chance de te montrer que j'en suis capable, laisse moi une chance de te montrer que je suis plus que ce que tu penses. Une autre larme roule. J'ai besoin d'un café. Un vrai bon café, fort, amer, noir. Suffisamment pour me faire oublier ma propre déchéance, pour me faire oublier mes pensées, mes objectifs, mes idées, mes envies. Tout. Je veux tout oublier. Je veux me noyer dans le café.
Alors je roule de nouveau. Le paysage bascule sous mes yeux, passe de penché à droit. Je me lève — trop vite — et titube une seconde. Des tâches noires emplissent mon champ de vision. Je plisse les yeux, les fermes, les rouvre et quand enfin je retrouve une vision normale je me mets en mouvement. J'ai mangé aujourd'hui ? Nan, j'ai pas mangé. Et hier soir ? Ouais, peut-être.
Je me traine dans mon appartement à la manière d'un être défait de toute volonté. Encore heureux que je doive pas aller au travail avant dix-sept heure. Après la soirée d'hier, j'aurais pas la force d'y aller dès le matin. J'aurais pas la force de passer devant la Fausse Danse, j'aurais pas la force de me trouver si proche et pourtant si loin de lui. J'aurais pas la force de faire semblant. Faire semblant de quoi ? je me dis, ironique, en arrivant dans la cuisine. Ouais, c'est vrai ça. Faire semblant de quoi ? De pas être une pauvre fille vidée de son essence ? De pas être la source du malheur de l'homme que j'aime depuis plus de dix ans ? Les larmes se multiplient sur mon visage. Je me noie, je coule, je perds pieds. Tu viendras me chercher si je disparais, pas vrai ? Hein, dis-moi que tu penses encore un peu à moi, dis-moi que tu m'as pas encore oubliée.
Un sanglot meurt dans ma gorge.
Dehors, la pluie tape fort contre les carreaux. Je me demande si je pourrais me noyer si je sortais et que j'attendais, immobile, sous les gouttes d'eau. Je me demande combien de temps ça prendrait pour que ma peau flétrisse, que mes cheveux s'affaissent, que mes os se mouillent, que mon squelette se recroqueville sur lui-même. Mes yeux volent vers la fenêtre, suivent une goutte d'eau lors de sa longue descente puis se perdent dans le flou de mes pensées. Attends moi. Attends moi je t'en supplie. Tu vois pas tous les efforts que je fais ? Est-ce que tu vois que j'ai perdu du poids ? Que je me meurs, lentement mais sûrement, sans toi ? S'il te plait. Attends moi. Laisse moi le temps, donne moi la chance de te montrer que je suis capable. Je veux le faire, je vais le faire. Je regarde la pluie tomber. Les larmes qui coulent le long de mes joues reflètent celles que je vois dévaler la vitre. Et j'attends. Je me prépare pas de café, j'en ai plus envie. J'ai plus envie de grand chose à vrai dire. J'ai plus envie d'aller au taf, j'ai plus envie de sortir, j'ai plus envie de jouer de la musique, j'ai plus envie de parler. Le silence, mon mutisme douloureux, est revenu.
Je me tais le matin, je me tais le soir, je me tais à Sisyphe, je me tais à la maison, je me tais dans la rue. Désolée Kal', j'ai pas réussi à tenir ma promesse. Je suis rentrée et je me suis aussitôt fracassée la figure, je suis retombée amoureuse comme on se remet à rire après une blague.
Pardonne moi Kal', j'aurais aimé faire mieux de tout ce que tu m'as offert. J'aimerais que tu sois là, j'aimerais que tu me prennes entre tes bras et que tu fasses la conversation pour nous deux, j'aimerais que tu me dises que j'ai le droit de me taire, que j'ai le droit d'être triste, que j'ai le droit d'être dévastée, que j'ai le droit de ne plus savoir qui je suis. Parce que c'est ça, pas vrai Lloyd. Je sais plus qui je suis sans toi. Je sais plus pourquoi j'existe, je sais plus ce qui se passe.
Dans un sanglot déchirant, je m'effondre sur place.
Mon corps que tu as serré contre toi des centaines de fois se brise, se replie sur lui-même, glisse à terre et reste là. Cette fille que tu as aimée si fort se met à pleurer comme une enfant blessée.
Je ne suis plus rien. Tu m'as défaite de tout ce que j'étais, de tout ce que je voulais être. Alors il faut que tu me laisses prétendre. Laisse moi prétendre que tu m'aimes encore. Laisse moi me mentir, laisse moi me bercer d'illusions, laisse moi y croire encore un peu, juste assez pour que j'aille mieux, juste assez pour que j'arrête de pleurer, juste assez pour que je passe l'automne, que je puisse survivre encore quelques jours, quelques semaines, quelques mois. Laisse moi y croire.
Laisse moi prétendre.
S'il te plait ne me laisse pas.
S'il te plait ne m'oublie pas.
S'il te plait attends moi.
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1179 mots
@Lloyd River
défi EEC : travail, pluie, café, automne
#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
Empyrée
hall of fame ; the script
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lundi 02 octobre
{ boite de nuit moldue ; Londres }
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lundi 02 octobre
{ boite de nuit moldue ; Londres }
Vêtue d'un débardeur et d'un bermuda, maquillée suffisamment pour me sentir jolie mais assez aussi pour rester moi-même, mes cheveux lâchés voletant autour de mon visage, je danse dans la boite de nuit. Je danse et je me laisse porter par la musique, par la force de la foule amassée tout autour et contre moi. J'ai conscience d'être trop âgée pour ça d'après les tendances d'âge moldues pour fréquenter ce genre de club, mais ce soir je veux me laisser aller. Je veux danser jusqu'à ce que mes pieds me fassent souffrir, je veux rencontrer des inconnus, je veux parler aux filles, et ne pas parler aux garçons, je veux commander à boire et regarder la tête du barman quand il verra que je lui demande que du soft, je veux me déchainer sur la piste et ne rien savoir, je veux faire ce qui me chante, parce que j'en ai envie, si j'en ai envie, quand je veux. Je veux faire un doigt d'honneur à mon travail, ne plus y repenser, me laisser emporter par la musique moldue, des musiques qui n'ont aucun sens pour moi, qui ne veulent rien dire, qui ne sont liées à personne, à aucun souvenir, à aucun endroit, à aucune douleur. Juste de la musique qui m'éclate les oreilles.
Je danse, je me trémousse, je glisse avec agilité sur la piste de danse et j'entraine des inconnues avec moi, les encourageant à se laisser aller à mes côtés. Elles craignent rien avec moi, et je le leur fais comprendre en souriant plus que nécessaire, en leur donnant mon prénom et en les rassurant du bout des lèvres lorsque, finalement, elles daignent me rejoindre sur la piste.
Dehors, avec la musique, on n'entend pas la pluie s'abattre dans les rues de Londres et ça m'arrange, ça me fait plaisir. Je sais que je vais sortir tout à l'heure et me retrouver sous une fine bruine qui va me tremper jusqu'aux os mais j'ai pas le choix, il faudra que je rentre chez moi et je sais que j'arriverais trempée, les cheveux emmêlé, le maquillage qui a coulé, les vêtements humides, les pieds douloureux, les oreilles vibrantes mais le corps encore plein de ma nuit de folie, de ma nuit de danse, de ma nuit de rêve au milieu de tous ces inconnus qui ne savent rien de mon histoire, de mon identité ou de mon parcours. Je veux rentrer chez moi avec la tête pleine de souvenirs sans queue ni tête, l'impression d'avoir du brouillard épais dans la boite crânienne et le besoin ardent d'aller squatter chez Kieran pour qu'il me fasse des pâtes et me réconforte.
Je veux plus penser à ces stupides pommes que j'ai dû couper pour un cocktail, je veux plus me dire que j'ai vu Lloyd, je veux plus réfléchir à tout ce que Mel signifie pour moi. Je veux plus me poser aucune question, je veux simplement prendre la vie comme elle vient et ne plus penser à quoi que ce soit. Je veux danser, danser, et danser, et encore danser sans m'arrêter. Danser comme l'adolescente que j'ai un jour été et qui me manque tellement, danser comme la jeune femme que je pensais que je deviendrais mais que je n'ai jamais été, danser comme l'adulte que je suis et qui a besoin de lâcher un bon coup, de se laisser aller. Je veux tout ça sans questions.
Alors je danse, je laisse mon corps être entrainé par la musique déchainée qui sort des enceintes immenses de la salle sans pourtant être visibles, je laisse la mémoire musculaire prendre le dessus, je fais confiance à mon corps pour trouver de lui-même les bons gestes, les bonnes danses, les bons mouvs', pour faire de moi un corps mouvant, gracieux et délicat. Je danse avec les filles, je danse avec les garçons. Tout d'un coup j'ai vingt ans de moins, je suis encore une étudiante et je suis en soirée alors que je devrais être entrain de dormir. Je suis de nouveau une Miya d'à peine une vingtaine d'année, j'ai traîné Kieran avec moi dans la boite, il râle et il fait les gros yeux quand je me sers à boire, il a pas envie d'être là mais parce que c'est moi qui demande il accepte, et il proteste, il me gronde, il assure que je devrais être entrain de travailler, il me dit que lui aussi il a du boulot. C'est l'automne, les vacances sont loin de nous et pourtant on est là, en boite de nuit, on s'éclate, on se tue sur la piste de danse. On rencontre des inconnus, on demande des noms qu'on oubliera dans cinq minutes, on enlace certains, on embrasse d'autre — enfin, je fais tout ça, Kai se contente de pester, maugréer et de me surveiller — puis je tombe dans ses bras, je ris, je le fais danser, je le course dans la boite et je profite. Je vis ma vie.
Puis je rouvre les yeux et je suis de nouveau une Miya de trente-huit ans, toute seule parce que je vois de moins en moins mon meilleur ami, toute seule parce que je mérite pas Lloyd, toute seule parce que je prends des décisions de moins en moins réfléchies, de moins en moins correctes.
Mais c'est pas grave parce que ce soir je me sens comme la gagnante de ma vie, comme la fille la plus importante et la plus heureuse qui soit. Je suis euphorique. Je me sens capable de faire s'envoler la Terre, de faire descendre la Lune, de faire s'écrouler des montagne, de faire geler des océans. Je me sens tout d'un coup capable de tout. Et je sais, au fond de moi, que l'adrénaline partira dans peu de temps, que peu à peu la torpeur qui m'habite depuis plusieurs mois sera là à m'attendre pour reprendre possession de moi, mais je décide que je m'en tape. Pour le moment, je suis la plus grande, la plus forte, la plus douée, la meilleure. Et je veux encore un peu profiter de ça, je veux encore me sentir comme une gagnante. Où ce sentiment s'en est-il allé, j'aimerais bien le savoir. Fut un temps je me sentais toujours comme ça ; survoltée, pleine d'énergie, pleine de vie, pleine de rage, pleine d'envie. Mais j'ai tout perdu. La vie m'a petit à petit grignoté cette part de moi sans jamais me rendre quoi que ce soit. Ce soir, je veux pas y penser.
Ce soir je veux me sentir encore comme la plus forte.
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1093 mots
défi EEC : travail, pluie, bruine, brouillard, pomme, automne
#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
Empyrée
encore une fois ; orelsan
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mardi 03 octobre
{ appartement de Miya ; Pré-au-Lard }
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mardi 03 octobre
{ appartement de Miya ; Pré-au-Lard }
Cigarette en bouche, assise à même le sol dans la cuisine, j'attends. J'ai l'esprit vide, j'ai la tête et le coeur en vrac, je suis en morceaux. Pourquoi. Qu'est-ce qui s'est passé dans ma vie, à partir de quand est-ce que j'ai commencé à partir en vrille ? Pourquoi j'arrive plus à taffer tous les jours du matin au soir ? J'aime mon travail. J'aime faire des cocktails, j'aime préparer à boire, j'aime être la personne qui amène les boissons et qui prend l'argent, j'aime tout ça. Alors quoi. C'est quoi mon problème ? Qu'est-ce qui a changé chez moi ? Pourquoi je fonctionne plus comme avant ? Je sais pas. J'inspire, tire une taffe et expire lentement, tête renversée en arrière pour faire fuir la fumée par la fenêtre ouverte au-dessus de moi. Le poison me grignote les poumons, la nicotine teinte mes doigts en jaune et donne un sale goût à mes lèvres. J'attends. J'attends quoi ? Même moi je sais pas. J'attends l'heure d'aller à Sisyphe. J'attends l'heure de me lever.
Ellie est pas là. Elle est de moins en moins là. Je crois qu'elle en a marre de s'occuper de moi, j'crois que la soirée au Piti c'était la goutte de trop. Un ricanement rauque m'échappe, un genre de rire sans joie, amère. Ouais. Désolée Ellie. Je suis devenue un fardeau trop lourd pour toi.
Et pour toi mon amour ? Est-ce que je reste un fardeau ? Est-ce que je suis toujours ce monstre au coeur sec et blessant que tu voies ? Est-ce que tu la voies, ma main tendue vers toi ? Est-ce que tu l'ignores en pleine conscience, est-ce que t'as trouvé quelqu'un de mieux à aimer ? Dis moi mon amour, est-ce que quelqu'un te rend plus heureux que moi ? Je renifle pathétiquement et je tire de toute mes forces sur ma clope, pour sentir la fumée nocive dans mes poumons et remplir mon être de ce brouillard toxique. Je sais même pas pourquoi je fume, mon amour. Je fume par habitude, je fume pour oublier, je fume pour mourir un peu plus à chaque seconde qui passe.
Le carrelage est froid sous mon corps fiévreux. J'ai faim. J'ai froid. Je sais pas quoi faire, je sais à peine qui je suis, qui j'ai envie d'être. Je sais plus qui je suis. Je sais pas quoi faire, je crois que je me moque de tout ça. J'ai pas envie d'aller taffer, j'ai pas envie de me lever pour me doucher, j'ai pas envie de m'habiller, j'ai pas envie de transplaner, j'ai pas envie que la vieille Daisy me tape sur les doigts à cause de mon retard ou autre chose. J'ai pas envie. J'ai pas l'énergie. J'ai plus rien. Je suis vide, vidée, creuse. Y'a plus rien qui me fait résonner, y'a plus rien qui me donne envie d'y aller à fond. La soirée d'hier ? Idée de merde. Aujourd'hui, j'ai les oreilles qui sifflent, le moral six pieds sous terre, les pieds douloureux et l'âme desséchée. Les inconnus que j'ai rencontré, je me souviens déjà plus de leur noms. Les filles avec qui j'ai dansé, j'ai aucune foutue idée d'à quoi elles ressemblent. Les garçons avec qui j'ai ri, j'entends même plus le son de leur voix. Le bordel dans ma tête se manifeste par un mal de crâne si puissant que j'ai l'impression qu'on m'ouvre le cerveau en deux. Mon corps est lourd, tellement tellement lourd. Et ma cuisine est sale. Enfaite y'a tout l'appart qui est sale. Plein de poussières. De vaisselle. De vêtements qui trainent. De moi.
Je suis sale. Crasseuse. Dégoûtante. Répugnante.
Pardonne moi mon amour, je m'abandonne doucement. Je me sens sombrer vers des abysses qui me brûlent de l'intérieur, qui me consument et font de moi une coquille vide, sèche, creuse.
Est-ce qu'il t'apporte ce que j'ai jamais su t'apporter ? Est-ce qu'il t'aime comme je t'aime ? Est-ce qu'il te serre contre son coeur de la même manière que je le faisais ? Un gémissement sourd mais douloureux monte depuis ma gorge, ankylosée à force de me taire. Qu'est-ce qui va pas chez moi ? Pourquoi je retombe sans cesse dans mes mauvaises habitudes, pourquoi je suis pas capable de me faire aimer de la seule personne que je considère la plus importante qui soit ? Je ne comprends pas. Je ne comprends pas cette tristesse au fond de moi, ce vide immense qui grandit et prend petit à petit toute la place dans mon être, cette envie de rien qui me grignote et qui ne laissera rien derrière elle. Je ne comprends pas ces questions qui me tuent, et toute cette incertitude qui me bouffe, qui me fait ployer le dos, plier le genoux à terre et m'avouer vaincue.
Je gémis, bascule sur le côté. Ma tête heurte le sol, rebondit et s'immobilise. Il faut quelques secondes pour que le douleur du choc remonte dans mes nerfs. Et je serre les dents, j'accepte que la douleur me possède pour plusieurs minutes. De toute façon je peux pas lutter contre la douleur, n'est-ce pas ? Elle est là. Elle vient. Elle détruit tout sur son passage, elle me ravage. Puis elle repart en ne laissant derrière elle qu'une carcasse un être à moitié vivant, une pauvre morte.
Ma cigarette se consume. Il n'en reste plus qu'un mégot qui sent mauvais, que je vais laisser par terre comme tous les autres. Je le retire de ma bouche et le pose à côté de moi. Maladroitement, à tâtons, je cherche mon paquet dans ma poche. Mes doigts se referment dessus et j'en sors un bâton de nicotine que je glisse entre mes dents avec satisfaction. Voilà ce que je suis devenue, ce que je suis entrain de devenir. Un monstre nourri à la nicotine et au café, un monstre incapable de prendre soin de lui, un monstre qui a laissé son enfant mourir, un monstre qui n'a pas su garder l'amour de sa vie. Un monstre misérable, répugnant, qui donne envie de gerber.
Dis-moi mon amour, c'est comme ça que tu me vois ? Seule, dans ma crasse, avec mes clopes. Je suis désolée. C'est normal qu'il te plaise plus. Il a quelque chose à t'offrir. Il est en bonne santé. Tu m'as abandonnée. Tu m'as abandonnée mon amour, est-ce que tu le sais ça ? Tu m'as abandonnée, tu m'as laissée toute seule me noyer dans ma tristesse, me noyer dans moi-même, devenir un monstre que même moi je hais, devenir une créature vile et dégueulasse. Un monstre que t'es incapable de regarder dans les yeux, mon amour regarde ce que tu m'as laissé devenir. Je ne peux même pas t'en vouloir mon amour, je ne me choisirais pas non plus. Je ne me regarderais pas non plus. Je ne m'aimerais pas non plus. Mais je t'aurais attendu. Je crois ? Ouais. Je t'aurais attendu. Oh s'il te plait mon amour ne m'oublie pas si vite. Je me sens redevenir celle que j'étais en arrivant au Japon. Perdue. Honteuse. Amoureuse. Horrible. Est-ce que je suis un monstre ?
C'est pour ça que tu m'as pas attendue ?
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1194 mots
#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
Empyrée
On avait dit le pire, mais aussi le meilleur. Surtout le meilleur. Mais il est passé où notre meilleur. Il s'est caché, il est parti, je l'ai détruit. Mais j'oublie pas ce qu'on a été, j'oublie pas ce qu'on pourrait être, j'oublie pas, j'oublie rien. Et je veux pas que t'oublies non plus, je veux pas que tu passes à autre chose aussi vite, je veux pas que tu me dises que nous deux ça compte pas, que ça compte plus. C'est faux. C'est tellement faux. Alors m'inflige pas ça, je t'en supplie. Retiens qu'on était les plus beaux, retient qu'on était les meilleurs, retient qu'on était sublimes. Réellement sublimes. Le duo inarrêtable, le couple le plus solide qui soit, les amoureux les plus heureux. Je veux pas que tu me dises que tout ça c'est fini, je veux pas que tu me dises que tu penses encore à nous et que ça te rend heureux, que t'y penses avec un sourire. Repense à notre meilleur, je t'en supplie. Ne me laisse pas croire que ce qu'on a été ne compte pas. On était sublimes. Freaking sublimes.
Ces sentiments me hantent, ils prennent possession de moi et dessinent en moi un paysage que tu verras jamais. Un paysage à ton image, un paysage radieux, un paysage sublime, tel que j'ai juste envie que tu te souviennes. Des couleurs, toutes les couleurs, harmonieuses, belles, en vie. Je veux juste que tu retiennes ça, que tu te rappelles à quel point on était magnifiques.
Quand j'suis partie...j'ai dû tout changer. Ma vie, mon être, mon tout. Mon quotidien s'en était allé et avec lui mes rêves, mes envies les plus folles, mes œuvres les plus belles. Dis, est-ce que tu sais que j'ai pas pu jouer de guitare pendant un an et demi, après nous ? Après nous. C'est un peu bizarre comme formule, ça me parait déplacé, contrariant, décalé. Comment je peux croire à un monde sans toi, comment je peux simplement penser à exister dans un monde sans toi ? Dis-moi. Dis-moi tout ça, mens-moi dans les yeux, ose me regarder et me dire tout ça, allez vas-y.
Le rayon de magie frappe ma cible avec force, la faisant presque exploser.
Je t'en supplie, retiens le beau, le vrai. Le sublime. Tout ce qu'on était, tout ce qu'on a aimé être, les gens qu'on prétendait devenir, ceux qu'on aimait faire semblant d'être. Deux larmes de rage coulent sur mes joues. J'ai pris l'habitude, maintenant, de pleurer. De pleurer le nous, de te pleurer toi, de me pleurer moi. J'ai tout perdu. Tout. D'un coup. Sans prévenir. Alors c'est ça que t'as vécu quand je suis partie au Japon y'a presque dix ans ? Ce vide abyssal, l'impression de ne plus pouvoir respirer, que même cet infime effort demande trop d'énergie, le sentiment de ne plus compter pour rien ni personne, l'absence d'envie de faire quoi que ce soit. Cette absence qui te bouffe de l'intérieur, qui te détruit, qui te ronge, qui te fait petit à petit disparaitre sous la folie ? Est-ce que t'as cru devenir fou toi aussi ? Est-ce que t'as pleuré à te dessécher ? T'as vécu tout ça ?
Ma baguette dressée devant moi, j'esquive le retour du mannequin d'une roulade qui me fait mal à l'épaule et la laisse ankylosée. J'ai perdu en technique. En souplesse. En dextérité. En tout. Je me reconnais plus, je suis à peine un fantôme, à peine une ombre. Acuo. Le mannequin explose dans ce qui aurait dû être un cri de souffrance mais n'est rien d'autre que le bref gémissement du métal, du bois, des rouages, de tout ce qui constitue cette imitation. Qu'est-ce que je fabrique ? Je suis là, à taillader le visage de robots, en larmes, à supplier quelqu'un qui est absent de rester près de moi. Quelqu'un qui ne veut plus de moi, quelqu'un qui ne peut plus m'aimer, quelqu'un qui ne sait plus m'aimer. Ma gorge se serre. Une vague de chaleur remonte dans mon estomac, je me plie en deux et tombe à genoux sur le sol de la salle d'entrainement. La nausée me prend soudain mais je me relève, le regard mouillé de larmes, je me place face à un autre mannequin, ignorant la douleur dans mon ventre. Elle me crispe. Elle me tend. Elle me rappelle un souvenir dont je n'ai pas besoin. Le souvenir de la perte de moi-même, la perte d'un "nous".
Arrête. Pense pas à ça. Pense à ce qui était beau.
Incarcerem. Les cordes jaillissent, emprisonnent le mannequin, le mettant à ma merci et en font ma proie, en font un pauvre assemblage de matière première inoffensive. Je serre les dents, renifle et essuie rageusement les perles salées qui ont vu le jour aux coins de mes yeux.
Le regard et le visage plissé, j'essaye d'analyser le retour de mon attaque. C'était ça, "nous" ? Je ne réagis pas assez vite et les cordes m'emprisonnent à leur tour. Me voilà dans la même situation que le mannequin. Je claque ma langue contre mon palais, peste et chasse les larmes de mes yeux en battant rapidement des paupières. Les gouttes s'envolent, se dissolvent dans l'air, vont se cacher dans l'air, dans l'atmosphère, loin de moi, loin de mes joues, loin de tout. Toi et moi.
Est-ce que tu te souviens d'autre chose que des cris, des larmes, du pire ? On s'était dit le pire, mais aussi le meilleur. Maintenant t'es parti. Y'a moins de meilleur. Je vois que le prie. Et je crois que toi aussi, mais je veux pas que t'y penses, je veux pas que tu voies que ça. Je veux que tu te souviennes de tout ce qu'on a été, je veux que tu penses à moi en souriant, je veux pas être une blessure de plus sur ta peau, une cicatrice de plus sur ton corps, une larme de plus dans tes yeux. Je voudrais que tu voies tout ce qui est beau. Je voudrais que tu voies seulement ce qui est beau, seulement ce qui est sublime. Je t'en prie. Je t'en supplie. Regarde donc toutes les couleurs dont les souvenirs de nous deux sont faits, s'il te plait regarde les. Le rouge et le doré des levers de soleil, le rose, le violet, l'orange des couchers de soleil. Toutes les teintes de bleu de toutes les nuits éternelles passées ensemble, avec des tâches d'argenté pour les étoiles. Le noisette de tes yeux, le noir de tes tatouages, le violet de tes cheveux. Regarde les peintures et dis-moi qu'elles sont belles, dis-moi qu'elles sont magnifiques, qu'elles sont sublimes. Regarde les s'il te plait.
Reducto. Le mannequin est réduit en poudre dans un jet de magie qui me surprend moi-même.
Rien. Il n'en reste rien. Juste de la poussière. Des morceaux infimes, détruits, réduits en rien. Ils me rappellent mon coeur. Mon coeur qui était si beau, mon coeur qui était tellement prêt à t'aimer, tellement prêt à faire des efforts, tellement prêt à t'attendre. Et tu m'as pas attendu.
Tu te souviens même pas de nous, même pas de tout ce qu'on a été.
Tu te souviens plus du sublime, tu te souviens plus des peintures.
Tu vois seulement le monstre que je suis.
T'es parti.
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1215 mots
@Lloyd River
#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
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Empyrée
seven nation army ; the white stripes
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jeudi 05 octobre
{ appartement de Mel ; Godric's Hollow }
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jeudi 05 octobre
{ appartement de Mel ; Godric's Hollow }
Je suis incapable de bouger. Prostrée sur moi-même, roulée en boule sur le canapé, j'arrive pas à respirer correctement. Ma poitrine se lève et s'abaisse dans un rythme trop irrégulier et rapide, je suis figée sur place, j'arrive pas à me contrôler. Ma peur panique ne s'est pas envolée, loin de là, elle s'est assise sur ma poitrine et a décidé de ne plus partir. J'ai à peine réussi à écouter ce que le monstre qui se tenait face à moi et se faisait passer pour mon géniteur avait à me dire. Quelque chose en rapport avec un mariage. Des fiançailles. Pour moi. Ils veulent que je me marie. Que je leur donne un petit-fils en bonne santé. Un enfant. Ils veulent que j'ai un enfant. Ma peur arrive à toute vitesse, elle comprime ma poitrine et fait de moi la prisonnière de ma cage thoracique. Je n'arrive plus à respirer. Ni à vivre correctement. Je me sens mal. Affreusement mal. Et je savais ce que je devais faire en sortant de chez moi. Il fallait que j'aille me cacher, me dissimuler chez quelqu'un, n'importe qui. Alors j'ai fui. J'ai fui loin, chez Mel. J'ai couru jusque chez Mel.
Depuis, je suis crispée sur moi même, les mains serrées sur mon corps renfermé. J'ai mel Mel, je souffre. Je souffre tellement, je sais pas quoi faire de toute cette souffrance. La main de Père sur ma joue m'a fait un choc psychologique plus qu'un choc physique. J'ai réalisé que jamais je ne trouverais refuge chez mes géniteurs, jamais je ne pourrais venir me cacher chez eux car je dois me cacher d'eux. Et ce constat ne devrait pas me faire aussi mal, il devrait pas être aussi dur à encaisser. Je le sais depuis toujours qu'ils sont atroces et ne m'aiment pas. Mais ça me fait mal.
Ça me fait si mal que je crois que je suis entrain de mourir. Je me sens comme l'herbe fine écrasée sous les bottes des soldats partant à la guerre, comme la pauvre fleur qui se trouve sur le chemin d'une armée de passage. Et cette armée, je suis pas sûre de pouvoir la vaincre seule.
Je ne suis pas assez forte pour ça. Je suis à peine assez forte pour prendre soin de moi, si l'on peut appeler ça "prendre soin", alors me battre ? Mener une lutte ? Un ricanement m'échappe et je tousse difficilement, la gorge douloureuse. Est-ce le silence ou la maladie qui m'asservit de la sorte ? Ou bien est-ce cette armée terrifiante qui se déplace sur ma poitrine et me musèle ? Je ne sais pas. Je suis incapable de savoir, je suis trop fatiguée pour essayer de savoir. Trop fatiguée pour avoir envie de me battre, trop fatiguée pour faire quoi que ce soit. Je veux de rien Mel, je ne veux même pas de moi. Je suis devenue mon plus grand fardeau et le fardeau de tant d'autres.
Ellie. Kieran. Kenji. Lloyd. Je serre les dents, essaye maladroitement de retenir une larme qui se faufile hors de mon oeil et parvient à tracer sa route sur ma joue aplatie contre le canapé.
Pourquoi est-ce que je pleure ? J'en sais rien. Je sais plus pourquoi je pleure, je sais plus pourquoi je suis ici, je sais plus ce qui se passe si mal dans ma vie pour que je vienne dans l'appartement d'un de mes amis les plus chers et m'effondre en larmes sur son canapé. Pourquoi je pleure ? La vérité c'est que je sais toujours pas, et je ne saurais probablement jamais. Pourquoi je pleure ? Parce que je suis blessée, parce que cette armée marche sur ma poitrine et ne me laisse pas respirer, parce que j'ai tellement mal que je me sens mourir à l'intérieur de moi-même. Voilà ce que je suis, un cadavre ambulant, une morte marionnette, un corps qui se meut à peine, une chose étrangère à sa propre volonté. Je suis une chose, je ne suis plus moi-même. Dites moi chers philosophes, est-on toujours soi-même lorsqu'on ne sait plus qui on est ? Parce qu'il me semble que c'est mon cas, il me semble que c'est ce qui m'arrive, ce qui se passe. Je me perds, je me noie, je sais plus qui je suis. Je me regarde dans la glace et je me vois pas, je m'entends parler mais ce n'est pas moi, je me sens bouger mais je ne ressens plus l'énergie dans mon corps.
L'armée qui me terrasse a tout pris, tout rasé, tout détruit. Il ne reste plus rien de la Miya que j'ai été, il n'en reste plus rien depuis bien longtemps. Je l'ai laissée derrière moi lorsque je suis partie à l'hôpital cette nuit-là, accompagnée de Kallias, seule main amie pour m'aider à l'époque.
Je me retourne et entoure mon corps de mes bras. Je me câline, je tente de me réconforter, je me serre fort entre mes bras. J'imagine que c'est toi qui me serre fort, j'imagine que c'est ton odeur que je sens, j'imagine que c'est ta peau contre la mienne. J'imagine toutes ces choses parce que j'en ai besoin, parce que sans ça je sais pas comment vivre correctement, parce que je suis pas sûre de savoir comment faire sans toi. Parce que tu m'as imposé ton absence alors que je faisais de mon mieux pour vivre, pour survivre, pour être à ta hauteur. Pourquoi t'es parti. Tu m'as lâché la main. Je suis donc plus rien pour toi ? Plus rien du tout ?
De nouvelles larmes roulent sur mes joues, viennent se perdre dans mes cheveux.
L'armée sur ma poitrine prend plus de place, tellement plus de place. Elle devient soudain une autre armée, une seconde. Puis une troisième, une quatrième, jusqu'à ce que j'ai l'impression de porter sept armées sur moi. Je les sens marcher sur moi, me rappetissr, me réduire à rien.
Doucement, affalée sur ce canapé qui sent Mel, je me laisse aller à pleurer. Je me laisse aller à me sentir mal, à avoir mal, à être mal. Je me laisse aller jusqu'à m'endormir.
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1021 mots
#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
Empyrée
Figée là, dans le froid, sous la bruine, les mains dans les poches, j'attends. Je sais pas ce que je suis venue faire ici. Je sais pas pourquoi j'attends. Je sais même pas ce que j'attends. Mais j'ai un objectif en tête, j'ai quelque chose dans l'esprit. Un poison, peut-être. Un poison qui se dissout au plus profond de mon organisme, de mon coeur, de mon âme. Un poison qui me pousse à revenir ici alors que je me suis juré de ne plus y remettre les pieds. Pas après ce qui s'est passé la semaine dernière, non, hors de question. Et pourtant me voilà ici, devant cette maudite porte verte que je ne connais que trop bien. Et je sais exactement ce qui se cache derrière. Pourquoi. Pourquoi est-ce que je suis revenue ici ce soir, pourquoi est-ce que je m'inflige ça juste avant d'aller bosser ? Je comprends pas. Je me comprends pas. Moi qui ai juré que je reviendrais plus, pourquoi j'suis là ? Je dois être maso. Ou folle. Ouais, c'est ça, je suis folle. Enfaite ça expliquerait pas mal de choses.
D'abord, ça expliquerait pourquoi je suis revenue ici. Ensuite, ça expliquerait pourquoi je me sens aussi mal, pourquoi je suis aussi morte à l'intérieur, pourquoi j'ai si peu envie de....de tout. J'ai envie de rien, je ne suis rien, je ne veux plus rien. Je suis devenue creuse, vide, sans émotion. Et il parait que c'est normal, il parait que ça va passer, il parait que c'est rien qu'un moment.
Un monstre sans émotions, voilà ce que je suis devenue.
Un monstre. C'est pour ça que t'es pas venu ? C'est pour ça que tu m'as lâchée ? C'est pour ça que tu m'as pas choisie ? Je comprends. Je me serais pas choisie non plus. Je renifle. Une goutte coule sur ma joue et je peine à savoir s'il s'agit d'une goutte du ciel ou d'une perle à moi. Dis moi mon amour, est-ce que ça te fait du bien de l'aimer ? Est-ce que c'est mieux de l'aimer ? Je tressaille, me faisant du mal toute seule avec cette pensée ridicule. Les dents serrées, je rentre ma tête dans mon col, j'enfonce plus profondément mes mains dans mes poches. J'attends. J'attends quoi ? Qu'il sorte de là ? Pourquoi il sortirait de là ? Il a son concert ce soir. Et je m'en veux de le savoir, je m'en veux de m'y intéresser, je m'en veux je m'en veux je m'en veux. Et j'ai si mal.
Alors, pendant que j'attends sous la pluie, tandis que j'attends, tandis que je patiente en silence, je repense à ce que j'ai vu. Aux conclusions que j'en ai tirées. Au regard fuyant d'Ellie. Je ne veux pas savoir, je ne veux rien savoir. Je veux pas écouter ceux qui disent que tu ne m'aimes plus. Si après dix ans t'étais toujours amoureux, comment t'as pu passer à autre chose en un mois et quelque ? Non, ça n'a pas de sens. Je ne veux pas y croire, tellement pas. Je ne veux pas croire qu'il t'aime aussi fort. Il peut t'aimer mieux. Je pense qu'il t'aime mieux. Mais je veux pas croire qu'il puisse t'aimer aussi fort que je t'aime. Mieux, je l'accepte. Parce que je ne sais pas t'aimer correctement, je t'aime trop fort, de trop près, trop. Je t'aime trop, si seulement c'est possible de trop aimer. Mais plus fort ? Non. Je ne veux pas y croire. Il peut pas t'aimer plus fort parce que je ne crois pas que ça soit possible, pas alors que je suis toujours là, pas alors que je suis toujours amoureuse de toi. Amoureuse. Amourheuse. Heureuse. Je renifle de nouveau, blessée.
La pluie commence à avoir raison de mon maitre abris, je sens ma capuche lentement s'imbiber, mes manches peser un peu plus lourd, — tout comme mon coeur — et mes cheveux se mouiller.
Est-ce qu'il te joue la guitare, comme je le faisais ? Est-ce que tu t'assois près de lui, juste assez à proximité pour qu'il puisse poser sa tête sur tes jambes et te jouer quelque chose avec la tête en bas, comme je le faisais ? Ces gestes que t'as eu pour lui, cette main qui s'est glissée sur lui, ce geste d'affection. Est-ce que y'en a d'autres ? Est-ce que t'approches ton visage du sien pour lui mordiller le nez, pour faire claquer tes dents près de ses yeux et lui arracher un rire ? Est-ce que tu l'aimes de la même manière que tu m'aimais. M'aimes. M'aimais ? Ou m'aimes ? Peu importe je crois. Ça n'importe plus du tout parce que tu l'as trouvé lui. Est-ce que tu lui parles de la même façon que tu me parlais ? Est-ce qu'il t'appelle River, est-ce qu'il te fait rire, est-ce qu'il fait battre ton coeur ? Est-ce qu'il te vole tes t-shirt, comme je le faisais ? Est-ce qu'il ne touche pas à tes guitares, est-ce qu'il les respecte religieusement, comme je le faisais ? Cette fois, je suis définitivement sûre que c'est une larme qui coule le long de ma joue. Mince. Pourquoi je suis incapable de m'arrêter de pleurer ? Parce que t'as trouvé quelqu'un d'autre à aimer ? Ou parce que je pensais pas que tu passerais à autre chose si vite ? Je pensais que tu m'attendrais. C'est ça la vérité, je pensais que tu m'attendrais. Je ne pensais pas te voir avec quelqu'un d'autre.
Une autre larme roule sur ma peau, se perd dans mes cheveux emmêlés, se perd dans mon habit désormais trempé. Je devrais partir. Je ferais mieux de partir, de transplaner au Sisyphe et ne plus jamais remettre les pieds ici comme je me le suis promis. Ouais, je devrais faire ça.
Pourquoi j'en suis incapable ? Pourquoi je veux pas partir ?
T'es pas là. De toute évidence t'es pas là. Et si t'es avec lui, je crois que je pourrais hurler dans la rue, là, comme ça. Je ne veux pas imaginer que t'es avec lui. Pourtant je pense qu'à ça.
Mais est-ce qu'il t'aime aussi fort ?
Est-ce qui te connait aussi bien ?
Je pince les lèvres et essuie mécaniquement mes yeux. La pluie redouble de force. Je soupire et lève ma baguette, avec un dernier regard pour le bar. Je repense à toi, à ta silhouette contre celle de... Enfin, contre la sienne. J'y repense et ça me blesse le coeur. Je repense à ma nausée, je repense à ma tête penchée sur les toilettes, je repense à la gérante, je repense aux larmes d'Ellie.
Et je transplane dans un craquement sec.
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1115 mots
@Lloyd River, @Sulien Willows
#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
Empyrée
drag path ; twenty-one pilots
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samedi 07 octobre
{ appartement de Miya ; Pré-au-Lard }
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samedi 07 octobre
{ appartement de Miya ; Pré-au-Lard }
J'ai laissé l'alcool derrière moi. J'ai laissé la consommation d'alcool, de tous les types d'alcool, et même les plus doux, loin, très loin derrière moi. J'y pense plus, en tout cas je fais de mon mieux pour ne plus y penser. Parce que pendant longtemps, je m'y suis accrochée. J'en buvais trop, un peu trop, beaucoup trop. Mais c'était pas une addiction ont dit les médecins, sinon j'aurais pas pu arrêter comme ça aussi facilement. En tout cas c'est ce qu'ils m'ont dit, à l'hosto.
Mais moi j'ai trouvé ça dur d'arrêter. Parce que ça faisait partie de mon quotidien, ça faisait partie de ma vie, de mon moi, de mon identité. Je sais même pas quand est-ce que j'ai commencé à trop boire. A boire tout court, je sais. C'était à Poudlard. Une soirée illégale lors de ma sixième année, un peu d'alcool moldu infiltré plus ou moins secrètement dans le château, mes premiers verres et ça y est, je suis tombé dedans. C'est comme la clope. Tu tombes dedans d'un coup, ceux qui disent que ça te prend pas dès le début, c'est des menteurs. Parce qu'il suffit que t'y goûtes une fois pour avoir envie d'y goûter à nouveau tous les jours, encore et encore. Et cette bête envie devient un morceau du quotidien, une habitude à laquelle tu cèdes parce que c'est facile, parce que un verre après le boulot ou les révisions ça fait du bien, parce que, rapidement, tu te mets à boire trop, par ci par là, tu fais plus gaffe à ta consommation. Et tout d'un coup les gens commencent à s'inquiéter pour toi. Parce que tu manges plus, tu fumes, tu bois. Et tu perds du poids, beaucoup de poids. Et t'aimes perdre du poids, tu te sens plus belle quand tu perds du poids. Alors tu n'écoutes plus ce qu'on te dit et tu continues à boire, à fumer. Tu continues à te buter.
C'est comme ça que c'est arrivé, à moi. Tout doucement, sans prévenir, comme une main faussement amie qui se tend vers toi pour faire semblant de t'attirer vers ce qui semble innocent, vers ce qui semble seulement un peu dangereux, voire pas du tout. Et tout d'un coup j'étais perdue.
Tout d'un coup j'avais tout le temps un verre à la main, tout d'un coup j'étais sans arrêt entrain de demander à boire, tout d'un coup j'étais un peu trop pompette pour aller bosser. Ouais. C'est ça mon problème. Tendances addictives qu'ils ont appelé ça les médecins. Mais pas encore une addiction. Ils ont dit que je pouvais éviter l'addiction. Ils ont dit que je pouvais ne pas tomber dedans, ils ont dit que j'avais pas besoin de me sevrer, que j'avais pas besoin d'addictologue. Ils ont dit tout un tas de chose, les médecins, et moi...moi je me suis contentée d'écouter. On m'a dit de remplacer la boisson par quelque chose de mieux. Alors j'ai commencé à boire de l'eau sans arrêt, matin, midi, soir, à toutes les heures, pendant mes pauses. Dès que je sens l'envie de prendre un coup je bois de l'eau. J'ai transformé l'alcool en eau, j'ai transformé une habitude, un geste machinal en un autre. Celui d'ouvrir le robinet. C'est ridicule tu crois ? Je pense pas. Je pense pas parce que ça m'a sauvée. Aller voir le doc, lui demander de me dire ce qui allait pas chez moi... Ouais, c'est ça qui m'a aidée. C'est ça qui m'a sauvée, c'est ça qui m'a permis de pas tomber dans le trou de l'addiction tu sais. Alors nan, je pense pas que ça soit ridicule. C'est pas ridicule.
Mais malgré tout j'ai mal. On m'a pas dit que ça ferait mal comme ça, on m'a pas dit que ça ferait mal à en chier, mal à hurler, mal à se noyer, mal à se damner. On m'a pas prévenue. Et je douille.
Je douille salement, je douille toute seule. Toute seule parce qu'on m'a pas aidée, parce qu'on a pas voulu prendre ma main, parce qu'on m'a abandonnée pour me laisser faire toute seule ce que j'aurais dû faire avec quelqu'un. Ce que j'aurais dû faire accompagnée. Ils l'ont demandé, les médecins, ils ont demandé si j'avais quelqu'un pour m'accompagner pour traiter tout ça. Enfin, tout ça. L'alcool. Et puis, le reste. Le trou dans ma poitrine, la fatigue dans mes os, la douleur dans mon âme. Ouais, parait que ça aussi ça se traite. Parait que je peux encore être sauvée. T'y crois toi ? Hein, t'y crois toi ? Je peux encore être sauvée. Je suis un monstre, mais pas encore un monstre irrécupérable, pas encore un monstre bon à jeter à la poussière, dans le débarras.
J'ai laissé l'alcool. Je l'ai laissé derrière moi et depuis, je me sens incomplète. Je me sens en douleur, je me sens en perpétuel manque, je me sens coupée en deux. Mais parait que c'est normal enfaite, parait que ça va s'arranger. Parait que je suis capable de le faire, parait que je suis capable d'éviter l'addiction, parait que je peux prendre une voie différente des autres.
Mais est-ce que j'en ai envie ?
Parfois, j'ai envie d'abandonner.
J'ai envie de prendre une bouteille et de la boire au goulot, de la sentir dans ma main, juste de la tenir, juste de la sentir entre mes doigts. J'ai besoin de m'y raccrocher, j'ai besoin de sentir que je suis toujours quelqu'un, que j'existe encore un peu. Mais je le fais pas. Je lâche pas, je tiens bon. Enfaite, je sais même pas pourquoi je tiens bon. Parce que c'est difficile. C'est douloureux. Et ça fait chier. Ouais, ça fait chier. Ellie a jeté tout l'alcool. Elle m'a interdit d'en racheter. Kenji passe me voir le lundi pour s'assurer que je vais bien, il me fait une consultation à domicile je crois. Quand il va venir, faudra que je nettoie l'appartement. Faudra que je range l'appart.
Quand il viendra, faudra que je fasse semblant que tout va bien.
Quand il viendra, faudra que je prétende que je vais pour le mieux.
Quand il viendra, faudra que je fasse bonne figure pour lui dire que ça va.
Parce que ça va.
Je vais bien.
J'ai pas le choix.
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1045 mots
#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
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Empyrée
cigarette duet ; princess chelsea
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dimanche 08 octobre
{ devant le Sisyphe ; Allée }
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dimanche 08 octobre
{ devant le Sisyphe ; Allée }
En ce moment, je grille clope sur clope. Je m'enfume, je pense à rien d'autre qu'au poison qui se glisse dans mes poumons, qui s'accroche à eux, qui transforme mon corps en un cadavre en vie. Y a peu de chances que je vive longtemps de toute façon. Entre l'alcool et les cigarettes, je sais pas ce que je peux y faire. Y a que ça qui me motive à bouger, y a que ça qui me motive à me lever. Et c'est con, je sais, c'est pas bon pour ma santé, c'est pas bon pour mon corps, c'est pas bon pour ce que j'ai. "Ce que j'ai". J'aime pas cette formulation. On dirait que j'ai un problème grave.
Mais t'as un problème grave Miya. Je grince des dents, quelques cendres tombent sur mes Docs à même la terre. Je secoue mes pieds et tente d'ignorer les pensées venimeuses qui tentent de s'infiltrer dans mon crâne. Je veux pas y penser. Je dois pas y penser. Je renifle. Ouais, j'ai chopé la crève. Génial. Merveilleux. Que de la joie. Pour le moment c'est un bête rhume, j'ai pas pensé utile de me déplacer pour acheter le nécessaire à Pimentine. Si ça empire je le ferais. Peut-être. Pas. Sûrement pas. J'aurais sûrement pas la force de le faire. Ni l'envie. Comme pour à peu près tout ces derniers temps. Comme tout le temps. Comme pour tout. Et cette pensée me donne envie de me flinguer. Pas littéralement. Métaphoriquement. Parce que je me sens continuellement sombrer dans ce trou de pensées sombres, si sombres, tellement sombres. Encore plus sombres que mes cheveux, encore plus sombres que mes yeux, encore plus sombre que l'encre de tous mes tatouages. Si sombres que, parfois, je me sens suffoquer, je me sens disparaitre dessous.
Je tire sur ma cigarette, profite de la sensation de vide qui s'empare de moi. Puis j'expire la fumée tranquillement, crachant vers le ciel les vapeurs toxiques. Envoyant mes pensées avec.
C'est mon quotidien. Boire de l'eau. Dormir. Fumer. Vomir de la bile. Boire de l'eau. Aller au taf. Fumer. Et recommencer, encore et toujours. Je disparais dans les rouages de mon quotidien malgré les suppliques de Winnie, les regards anxieux de Finn, les réprimandes de 'Ji. 'Ji qui vient demain. Il vient demain et j'ai pas la force de le voir, j'ai pas la force de me nettoyer, j'ai pas la force d'être belle, j'ai pas la force de faire un effort. Je veux juste me noyer, disparaitre, et dormir. Dormir. Je veux dormir, longtemps, très longtemps. Je veux dormir pour plusieurs mois, années. Je veux me perdre dans les méandres de mon sommeil sans rêve, je veux continuer de m'anesthésier, de me shooter au Philtre Calmant et ne plus rien ressentir, ne plus rien être. Je veux rien.
Je renifle de nouveau, sort ma baguette pour rallumer l'extrémité de mon mégot qui a fini par se consumer totalement, s'éteindre, ne laissant derrière lui qu'une vague petite fumée claire. Ouais je sais que je dois arrêter de fumer. Je pue. Je pue la clope, je pue la sueur, je pue tout court. Et ça sent chez moi. La crasse chez moi sent fort. Ma crasse. C'est moi qui pue comme ça.
Ma collection de parfums n'a pas servie depuis bien longtemps.
Elle m'attend sagement dans ma chambre, sur cette étagère que je voulais acheter alors qu'elle est même pas si incroyable au final. A côté de mon meuble Malboro. Sérieux. Qui achète un meuble Malboro pour ranger ses fringues ? Mais la tentation était trop forte. J'ai trop de trucs qui sont parfaitement inutiles de toute façon. Je suppose que je l'ai acheté quand j'étais dans ma période de clope à donf. Maintenant je fume surtout des Lucky Strikes, même si on peut pas dire que ça soit particulièrement mieux. De toute façon je devrais pas fumer. J'aurais jamais dû commencer. Encore un truc que j'ai mal fait, encore un truc que j'aurais pas dû faire. Un truc que j'ai raté, un truc qui abime mes proches, un truc qui m'abime moi. Mais eh, t'sais quoi, je crois que je m'en fou de ce qui m'abime maintenant. Je crois que je l'ai toujours un peu su au fond. Sinon j'aurais jamais autant bu, j'aurais jamais autant fumé, j'aurais jamais fait autant de bêtises. Des bêtises de gosse, certes, mais des bêtises quand même. Des bêtises idiotes, des bêtises de gosse idiote qui savait pas ce qu'elle faisait, qui savait pas ce qu'elle allait devenir. Si elle avait su...
Je ricane, tire une dernière fois sur mon mégot puis le fait disparaitre d'un coup de baguette. Et c'est pas assez, je sens déjà que c'est pas assez. Il me faut une cigarette de plus, il me faut une clope de plus. Juste une. C'est ma pause de toute façon, j'ai rien de mieux à faire que fumer.
Alors je sors mon paquet, je dégaine un de ces bâtons de nicotine et me le glisse entre les lèvres, le temps de lever ma baguette pour allumer l'extrémité. Et quand ça prend, quand les braises allument une lumière au fond de mes yeux noirs comme les ténèbres, là je me sens un peu mieux, un peu rassurée. Je la laisse se consumer, un peu, puis je tire dessus avec force. Et le poison investit mes poumons, il y élit domicile et décide d'y rester malgré la fumée que j'expire.
Inspirer. Expirer. Les exercices de Lumi, c'est un peu comme fumer une clope au final.
Voilà la pensée idiote qui me traverse au moment où j'inspire de nouveau pour respirer tout ce qui est mauvais et que mon corps ne supporte plus de recevoir. Mais il aura beau se plaindre, il va pas trouver au bout du fil. Je serais pas là, le bureau des réclamations est fermé. J'ai besoin de fumer, c'est un truc physique. Je crois. Je renifle une énième fois, agacée, et essuie mon nez d'un mouvement du poignet agacé. A l'intérieur, j'entends la voix d'Irina qui m'appelle. La pause est presque terminée, va falloir songer à rentrer, va falloir retourner préparer à boire.
Alors je regarde ma clope se consumer.
Je tire qu'une seule fois dessus.
Puis je rentre.
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1038 mots
#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
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« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
Empyrée
daddy issues ; the neighbourhood
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lundi 09 octobre
{ appartement de Miya ; Pré-au-Lard }
PNJ actif : Kenji Ryuū, petit frère, #4d0000
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lundi 09 octobre
{ appartement de Miya ; Pré-au-Lard }
PNJ actif : Kenji Ryuū, petit frère, #4d0000
« Miya c'est... Tu devrais pas vivre ici, murmure Kenji. C'est pas un endroit adapté pour toi. »
Il parle, il parle il parle et il me dit tout ça dans ma cuisine, assit sur une chaise, une tasse de thé entre les mains. Je suis assise face à lui, sur une chaise similaire à la sienne, mes doigts refermés sur un gobelet de café. Il est propre et beau. Son pantalon un peu ample va bien avec la chemise décontractée qu'il a décidé de porter. Ses cheveux sont légèrement ébouriffés, ses mèches noires retombent souplement autour de son visage, soulignant ses traits harmonieux ainsi que le fin trait de maquillage que je devine au niveau de ses yeux. Probablement l'œuvre d'Alicia. Je suis sale, mes cheveux sont emmêlés, je porte les mêmes vêtements que la veille, des cernes noires cerclent mes yeux hagards et mes joues sont creuses. Je ressemble à un cadavre.
Cigarette entre mes doigts, je baisse les yeux vers le liquide sombre qui fume encore.
Est-ce qu'il a raison ? Est-ce que je devrai vivre autre part ? Mon coeur se serre. C'est devenu ma maison, mon chez moi ici, je veux pas partir. Et puis, ce serait pour aller où en plus ? Chez Kai ? Il m'accueillerait, j'en suis sûre. Il prendrait soin de moi, comme j'ai pris soin d'Al quand il avait besoin qu'on prenne soin de lui. Al. Est-ce que je pourrais aller chez lui ? Non, je veux le protéger de tout ça. Je veux pas qu'il me voie apathique, complètement fermée et immobile. Je veux pas.
« Miya ? »
Je relève la tête. Trop vite, le vertige me prend.
Fermant les yeux quelques secondes, je tente de reprendre mes esprits. Inspirer. Expirer. C'est un exercice quotidien maintenant. Je fais de mon mieux, vraiment, je fais comme je peux. Mais j'y arrive pas toujours. Je suis pas toujours la personne forte que je suis supposée être.
« Miya, cet appartement est insalubre », déclare Kenji.
Et il dit ça d'une voix posée, d'une voix calme. Il dit ça comme si c'était normal, comme si c'était pas grave. Est-ce que c'est grave ? J'en sais rien. Insalubre ça sonne comme un gros mot, on dirait un mot vulgaire, un mot terrible, un mot interdit. Insalubre, ça veut dire que je dois pas vivre ici. Ça veut dire que je devrais quitter mon appartement, mon confort, mes possessions, ma vie, tout ce que j'ai construit ici. Je veux pas partir. Ça me frappe comme ça d'un coup, je réalise que je ne veux pas partir. Je suis pas prête à partir. Je suis pas prête à admettre que j'ai besoin d'aide, je suis pas prête à admettre quoi que ce soit concernant ma santé ou mon mode de vie. Nan, je veux rester ici. Ne me demande pas de partir 'Ji, ne me demande pas d'abandonner mon semblant de normal. Vivre ici, prendre mes clefs le matin et déverrouiller ma porte, savoir que je vais finir par revenir ici. Savoir que je vais retrouver ce vieil appart me rassure.
Alors mon regard le fuit, s'envole vers le coin de la pièce, s'éloigne de lui. Je suis désolée Kenji, je suis pas une bonne soeur. Je sais que tu veux seulement prendre soin de moi, je sais que t'as juste envie de faire de ton mieux. Je sais que tu voudrais que j'aille bien, que tu voudrais que je sois pas un poids sur tes épaules, pas un boulet à ta cheville. Et je voudrais être une meilleure personne pour toi. Pour toi, rien que pour toi, mon petit frère chéri, ce petit garçon qui me suivait partout quand on était gamins. Je repense à ce petit garçon et je voudrais le serrer contre moi. Je voudrais qu'il se sente protégé par sa grande soeur, je voudrais qu'il se sente bien. En sécurité.
L'esprit dans le vague, je tire sur ma cigarette avant de l'écraser dans le cendrier.
« Je suis désolé mais en tant que ton frère et en tant que médecin, je peux pas te laisser vivre ici toute seule, fait-il en approchant sa main de la mienne. Enfin tu te rends bien compte que t'es incapable de prendre soin de toi, et ça va manifestement pas en s'arrangeant, Miya faut que t- »
« Qu'est-ce que tu proposes ? je l'interromps sèchement. Hors de question que je vive avec eux. »
Il pince ses lèvres et baisse ses yeux, deux signes de son désarroi. Et je m'en veux. Je m'en veux de lui imposer ça alors qu'il n'est qu'un jeune qui devrait vivre sa vie. C'est ce que Ellie a dit quand elle est partie. Elle a dit qu'elle avait besoin de temps pour elle, elle a dit qu'elle voulait pas continuer de me voir creuser ma tombe sans qu'elle puisse rien faire. Elle a dit tout ça.
Fatiguée, je porte le gobelet à mes lèvres et avale de grandes lampées de café, comme si y'avait plus que ça pour me maintenir en vie. Et au fond c'est un peu ça. Il me reste que ça. Bientôt j'sais même pas si j'aurais encore mon appart. Je grimace, plante mes dents dans la chair de ma lèvre inférieure puis soupire longuement. Mon coeur me fait mal. Tout me fait mal. J'veux aller me coucher, j'ai pas envie de rester là à l'écouter m'énumérer toutes les raisons qui font que je vais pas bien, qu'on peut pas me laisser toute seule, que je suis pas en bonne santé. C'est des foutaises. Je veux rester dans mon trou. Je veux rester au fond de mes abysses parce que c'est tout ce que je mérite, tout ce que je devrais avoir. Et, tandis que je pense à ça, mon regard vide se pose sur Kaida qui dort sur un radiateur. Mes côtes se resserrent. Je peux pas l'abandonner.
Faiblement, en m'appuyant sur la table, je me lève et m'approche du reptile.
Il doit sentir que j'approche puisqu'il ouvre ses yeux et se redresse soudain. Je souris doucement et l'invite à grimper dans ma main pour rejoindre mon épaule où il aime se percher.
« Viens vivre à Godric's Hollow », lâche-t-il soudain.
Mon maigre sourire dégringole aussitôt.
Je détourne mon attention du lézard, qui trône désormais fièrement sur mon épaule, me tourne vers Kenji, les dents serrées. Il comprend pas. Pourquoi comprendrait-il, lui qui a toujours été le fils tant attendu de Père et Mère ? Mes muscles se contractent, j'ai le réflexe idiot de contracter ma mâchoire, comme si je m'attendais à recevoir un coup. Mais rien ne vient. Rien ne vient parce que 'Ji ne me frapperait jamais, parce que seuls ses mots et ses étourderies peuvent me blesser. Il comprend pas parce que son existence et son métier rendent nos parents fiers. Parce qu'il n'est pas un indésirable dans sa propre famille. Parce que Père ne l'a jamais giflé. Parce que Mère ne l'a jamais insulté. Parce qu'il est la seule chose que je ne pourrais jamais devenir. Un homme.
« Je ne retournerais pas vivre chez eux, je siffle. Plutôt crever. »
Il ne le dit pas, mais je vois sa pensée traverser on regard. Je vois les muscles de sa bouche tressaillir, je vois tout son corps exprimer ce qu'il ne dit pas. Je suis déjà entrain de crever.
« Je veux que tu vives près de chez moi », insiste-t-il.
Je sais pourquoi il dit ça. Il dit ça parce qu'il veut veiller sur moi, parce qu'il veut pouvoir garder un oeil sur moi, sur mon état, sur ma santé. Mais il ne peut pas me demander de retourner à la maison. Pour un peu que la demeure de nos géniteurs ait un jour été ma maison. Je renifle et lui adresse un regard mauvais. Non. Hors de question. Je ne cèderais pas, pas pour ça.
Et il sait très bien pourquoi.
Parce que Père et Mère ne veulent pas de moi. Ils ne me renient pas uniquement parce que j'ai le statut de sang-pur, statut qui me protège de leur colère. Mais sans lui, je n'ai aucune valeur à leurs yeux. Je suis un embêtement, je suis une insolente, je suis une tornade en colère, je suis un problème, je suis leur héritière incapable de faire quoi que ce soit. Je suis une incapable, je suis le boulet attaché à la réputation de notre famille, je suis une moins que rien. Je ne vaux même pas la peine qu'il baisse leurs yeux sur moi. Je ne vaux rien. Rien du tout. Alors que Kenji ? Kenji c'est tout pour mes parents. La gloire, la masculinité, la force, la médecine et le courage. Un fier membre de la famille. Leur plus belle réussite, leur plus belle œuvre. A côté, je ne vaux rien.
Alors, non, je ne retournerais pas chez eux. Et je ne peux pas vivre chez Kenji, il est déjà avec son amie, Alicia. Je peux pas lui demander de m'héberger en plus, c'est impossible. Et je n'irais pas mendier chez Noah. Rien qu'à l'idée de le revoir tous les poils de mon corps se hérissent.
Soudain, je redresse les épaules.
Il y a une solution. Peut-être. Si j'ai le courage de lui demander. S'il accepte. Mon coeur tressaute.
« Je...je peux demander à Mel de m'accueillir, je dis, tout doucement. Melvin Wellington, tu te souviens de lui ? Il..il vit à Godric's Hollow, dans les appartements. Je peux demander. »
Et ça me brise le coeur de devoir lui imposer ça. Je voudrais le garder à l'écart, je voudrais qu'il ne me voie jamais pleurer, je voudrais qu'il ne soit pas mêlé à tout ça, je voudrais qu'il me voie en tant que Miya la forte, Miya la bruyante, Miya...juste Miya. Je voudrais être juste Miya. Pour lui, rien que pour lui. Oh Mel, mon cher Mel, mon tendre Mel. Je suis tellement désolée. Pour tout.
Soupirant, je vais pour me lever et me préparer un autre café mais Kenji me fait signe de rester à ma place. Je le remercie d'un sourire, timide, mais un sourire malgré tout.
Pendant qu'il s'active, j'essaye de penser à ma vie. Je pense à tout ce qui va pas, je pense à tout ce qu'il faudrait faire pour remettre mon appartement en l'état, je pense à Ellie qui ne trouvera pas de Miya si elle rentre, je pense à Kaida qu'il va falloir déplacer. Je pense à tout ça et, d'avance, mes épaules s'affaissent, mon sourire s'éclate par terre. Mon coeur descend dans ma cage thoracique. J'ai mal. Mal d'avance, mal à l'idée de vivre aussi près de mes parents, mal d'avoir aussi mal, mal de tout. J'ai le mal d'amour, le mal du pays, le mal de moi-même. Le mal est là, partout, il me possède, y a que ça en moi. Et je ne sais pas quoi en faire, je ne sais pas comment m'en débarrasser. Je sais rien. Je suis rien. Rien, rien du tout. A peine une pierre sur le chemin de certains, même pas un rayon de soleil dans la vie d'autres. La comparaison que je me fais m'arrache un rire que je crache comme une insulte. S'il y a bien une chose que je suis pas dans la vie, c'est un rayon de soleil. Je suis pas ça, moi. Je suis tout l'inverse. Je suis une tempête, un fichu orage. Et je ravage tout sur mon passage. Et je dois tout faire toute seule. Parce que t'as lâché ma main.
T'as lâché ma main et je suis devenue incapable de guérir. T'as lâché ma main et je suis devenue un monstre incapable de prendre soin d'elle-même. Un monstre. Atroce. Immonde.
Kaido se frotte contre mon cou, sentant manifestement que quelque chose ne va pas.
Et toi ? De là où t'es, tu sens que quelque chose va pas ? Tu sens que je suis entrain de couler ? Tu sens que, depuis que t'es plus là, je crève lentement ? Je crève lentement mais sûrement. J'ai pas envie de vivre une vie où t'es pas dedans. Je fais quoi sans toi ? Les larmes perlent.
« Ton café est prêt. »
Et une perle salée roule.
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#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage