Quand le silence est interrompu

Fin mai 2050

Avec @Amber Girt


Il n'y avait personne dans ce couloir. On arrivait au milieu du mois de mai et même si la température extérieure n'était pas très élevé, elle restait plus douce et certains élèves en ont profité pour sortir, laissant ce couloir désert.

Le bruit constant dans les salles avait eu raison de son isolement. Il avait besoin d'un peu de calme. Il avait un livre sous le bras.

Il rejoignait une des grandes fenêtres qui laissait diffuser une belle lumière sur les pierres froides du château. Il rejoignit doucement le sol frais, le dos contre le mur.

Thomas posa son livre sur ses genoux, sans l'ouvrir tout de suite. Ses yeux se perdirent quelques secondes vers l'extérieur. Le vent soufflait doucement, le ciel était un peu nuageux mais le soleil pointait derrière les nuages.

Ce n'était pas un livre de cours mais un livre moldu que ses parents lui avaient offert. Un vieux roman de science-fiction, un peu jauni par le temps, avec une couverture abîmée mais un titre intrigant. Le genre d’ouvrage qu’on ne croisait pas souvent à Poudlard.

Il aimait bien ça. Le mélange de magie et de technologie moldu. C'était son petit monde parallèle loin de Poudlard.

Il finit par ouvrir doucement son livre jusqu'à tomber sur le marque page tressé par sa mère. Il commença sa lecture tranquillement.

Peu de temps après, il entendit des pas. Il replaça son marque-page puis referma son livre. Il releva légèrement les yeux et vit une silhouette approchée. Une élève qui ne lui disait rien, il se demandait s'il l'avait déjà vu.

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Quand le silence est interrompu
Amber adorait trainer dans les couloirs quand ceux-ci étaient vides. Elle n'aimait pas trop l'ambiance bondée de la Grande Salle et elle passait donc la plupart de ses déjeuners seules dans les couloirs, assise sur la pierre dure et froide, un livre à la main et de la nourriture dans la bouche. Ce jour-là, elle s'était encore une fois rendue dans les couloirs, non pas pour manger, mais pour trouver un peu d'ombre. On était fin mai, et la chaleur devenait quelque peu écrasante. De plus, elle pensait que par ce temps-là, les couloirs devait être vides, puisque la plupart des élèves devaient être dehors, en train de se baigner ou de profiter de la chaleur. En arrivant au deuxième étage, il se releva que sa pensée était vrai : les couloirs était désert. Elle avança encore un peu dans le long couloir, pour retrouver "sa" place, facilement réparable grâce au trou qu'il y avait dans le mur à proximité. Tandis qu'elle finissait son dernier zigzag, elle s'arrêta net. Un garçon, de son âge, ou peut-être un peu plus âgé qu'elle était à sa place habituelle. Grâce aux couleurs vertes qu'elle repéra, elle devina que le garçon devait être un Serpentard. Un peu moins sûr qu'avant, elle continua tout de même à avancer vers le Serpentard, qui lisait un livre. Soudain, il ferma son livre, releva la tête, et regarde Amber dans les yeux. Celle-ci, gênée par cette rencontre inattendue, s'arrêta à quelques centimètres de lui, et se prépara à passer devant, sans lui adresser la parole. Alors qu'elle commençait à avancer, elle aperçut que le livre qu'il lisait était un livre…
"Moldu ? s'écria-t-elle. Tu es à Serpentard et tu lis des livres de Moldu ? À moins que tu sois toi même un Né-Moldu ? Impossible…"
Amber avait beaucoup d'apriori sur la maison du Serpent, qu'on lui avait souvent décrit comme méchante, arrogante et adoratrice des Sang-Purs. Alors, elle n'imaginait pas qu'il puisse être Né-Moldu.
Désormais intéressé par cette nouvelle tête, elle s'assit à côté de lui et relança la conversation :
"D'ailleurs, tu t'appelles comment ?"

Elle attendait maintenant ses réponses.

@Thomas Didler

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Quand le silence est interrompu
Thomas hausse légèrement un sourcil.

Il n'aimait clairement pas être dérangé par autant de bruit, surtout une personne qui crie alors qu'il cherchait du silence. Il garda pourtant son calme dont il ne se séparait jamais, enfin presque.

Il observa la fille qui s'était arrêtée devant lui. Il en avait un peu marre qu’on pense qu’un Serpentard déteste forcément les moldus ou tout ce qui s’en rapproche...

- C'est fatiguant d'entendre toujours les mêmes choses, dit-il simplement, comme une constatation la voix basse mais ferme.

Il regarda son livre, toujours fermé sur ses genoux avant de la regarder à nouveau.

- Avant de me demander mon prénom, tu devrais peut-être te présenter, non ?

Thomas était un peu intrigué, il ne voulait pas se montrer impoli mais il ne ferait pas le premier pas non plus alors qu'elle avait l'air de le juger.

Il ne bougea pas d'un pouce, toujours adossé contre la pierre. Son regard ne fuyait pas, mais il restait réservé, prudent. Elle avait l'air très énergique cette élève.

Il n'avait aucune envie que la conversation ne devienne houleuse. Il restait curieux de nature même s'il préférait ne pas trop le mettre en avant. Thomas en tant que bon Serpentard préférait se contenter de se montrer poli, assez neutre.

Puis lui, il s'en fichait des différentes maisons, il s'en fichait s'il parlait avec un moldu, un sang mêlé ou un né-sorcier.

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Quand le silence est interrompu
Amber voyait bien que le garçon était exaspéré. Elle se demande si elle avait peut-être été trop intrusive ou bruyante, mais peu l'importait : le mal était fait.
C'était sa deuxième rencontre avec un Serpentard, elle les trouvait toujours aussi arrogant et désintéressé des autres maisons, pourtant, sa curiosité la poussa à écouter ce que dit le garçon :

C'est fatiguant d'entendre toujours les mêmes choses


C'est bon. C'était fait. Maintenant, Amber en était sûre : tous les Serpentard était les mêmes.

"Il peut faire au moins exprès de se montrer intéressée ? Mais non, bien sûr que non ! Il y en a que pour leurs petites têtes de roi de Serpentard !"s'indigna-t-elle intérieurement

Mais elle n'eu pas le temps de répliquer, car celui qu'elle appelait désormais le Vaniteux repris la parole :

- Avant de me demander mon prénom, tu devrais peut-être te présenter, non ?


On nageait en plein délire. Môssieur le Vaniteux ne voulait pas dévoiler ses informations personnelles avant que la sous-catégorie l'est fait. C'est ce que pensait Amber, qui bouillonnait de rage.

Ils continuèrent à se dévisager durant quelques secondes, puis Ambre commença :

"Très bien ! J'imagine que monsieur je-suis-au-dessus-de-tout-le-monde ne parlera pas plus, à moins que je dise mon nom. Amber. Le voilà mon nom. Et excuse-moi pour les préjugés que j'ai sur ta parfaite petite maison, mais vous êtes souvent tous les mêmes, à nous détester pour aucune raison, à être en compétition avec tout le monde et avec cette manie du sang purs ! Je suis né Moldu d'ailleurs, donc si tu veux me tuer, tu peux, il n'y a personne. Mais avant ça tu vas répondre à MES questions et tu n'auras pas le choix cette fois ! Une bonne fois pour toutes, quel est ton nom ? En quelle année es-tu et pourquoi par Merlin viens-tu me voler MA place ? Tu ne veux pas aller dehors avec tes amis serpents ?"


Amber était toujours bouillonnante, mais elle avait maintenant une crainte : qui lui demande à son tour pourquoi elle n'était pas dehors avec ses amis.

Ça te va ? @Thomas Didler
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Quand le silence est interrompu
Thomas ne réagit pas tout de suite.

Il l'écouta et la laissa finir son petit discours enflammé, sans l'interrompre, le regard posé sur elle, impassible. Il était loin d'être effrayé par sa tirade ou même en colère, il était plutôt perplexe et légèrement amusé. Intérieurement bien sûr.

Quand la Poufsouffle s'arrêta enfin de parler, il soupira doucement avant de prendre la parole à son tour.

- Tu parles beaucoup, dit-il calmement, comme encore une fois, une simple constatation.

Thomas se releva finalement et s'adossa contre la pierre, son livre entre les bras. Il réfléchit puis regarda à nouveau la jeune fille.

- Tu vois, je croyais que les Poufsouffles étaient calmes, tolérants et ouverts... Comme quoi, on se trompait tous les deux, dit-il avec une pointe d'ironie mais sans méchanceté.

- Et non, je n'ai pas prévu de te tuer aujourd'hui. Pas que j'ai prévu de tuer une Poufsouffle dans mon emploi du temps de demain non plus.

Il marque une courte pause, hésitant à continuer, puis finit par répondre de manière sérieux et concis.

- Thomas. Première année. Et je crois bien que cette place ne t'appartient pas.

Thomas haussa un sourcil, tranquille, presque comme s’il venait de répondre à une question de devoir trop simple.

Il aimait cette place avec vu sur l'extérieur et la lumière naturelle éclairant doucement ses pages. Il ne souhaitait pas laisser sa place. Enfin, elle ne lui appartenait pas mais à elle non plus.

Et puis, quelle idée de penser qu'il devrait absolument être avec les Serpentards. On pouvait quand même passer du temps seul... même à Poudlard...


@Amber Girt C'était parfait ! Voici ma petite réponse qui j'espère te plaira !

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Quand le silence est interrompu
Décidément, ce garçon avait un problème. Son manque de réaction et son calme ne faisait que d'empirer la colère d'Amber. Elle était dans un état de fureur immense, et se retenait pour ne pas se jeter sur lui ou l'insulter. Après les paroles de la fillette, le Serpentard avait soupiré et il avait parlé :

- Tu parles beaucoup.

Il avait dit ça d'une fois, encore une fois calme, et malgré toute la fureur qu'elle ressentait pour lui, elle ne put s'empêcher de remarquer que sa voix était douce et plutôt attirante. Puis, il se leva et posa doucement (décidément, c'était une manie chez lui d'être doux) son dos contre la pierre froide et il déclara :

-Tu vois, je croyais que les Poufsouffles étaient calmes, tolérants et ouverts... Comme quoi, on se trompait tous les deux

Amber avait perçu l'ironie dans la voix du jeune homme, et bien qu'elle s'était un peu calmée, ce petit détail la renflamma aussitôt.

"Je suis ouvert et tolérante, se disait-elle, intérieurement, juste pas avec les petits abrutis comme toi, monsieur le Vaniteux"

Elle voulut renchérir, mais il continua :

-Et non, je n'ai pas prévu de te tuer aujourd'hui. Pas que j'ai prévu de tuer une Poufsouffle dans mon emploi du temps de demain non plus.

Décidément, il se moquait bel et bien d'elle. Après cette phrase, le garçon n'avait pas tout de suite repris la parole, et cette fois Amber était bien décidée à répondre. Mais encore une fois, avant qu'elle ait pu dire un mot, il continua :

- Thomas. Première année. Et je crois bien que cette place ne t'appartient pas.

Ainsi, il s'appelait Thomas, et il était de la même année qu'elle. Il n'était donc en aucun cas supérieur et Amber n'avait de ce fait pas à avoir peur. Elle n'avait pas vraiment peur, mais elle s'était dit que si le garçon était plus âgé qu'elle, elle aurait dû le respecter. Or, ils étaient égaux.

"Cette place ne m'appartient pas réellement, mais je l'ai découverte en première. De plus, je ne sais pas pourquoi tu prends des grands airs de sage calme, mais tu es sérieusement en train de m'énerver. Pourquoi ils ne t'ont pas mis à Poufsouffle ? Ou alors, tu as supplié le Choixpeau à genoux pour qu'il te laisse entrer à Serpentard ? T'as l'air d'être le plus grand peureux de toute l'histoire de ta maison. La Choixpeau se fait peut-être vieux, et il a dû mal choisir ta maison. Et d'ailleurs, tu ne dois pas avoir beaucoup d'amis pour trainer tout seul ici. Souvent les Serpentards se déplacent en meute. Purée, tu ne veux pas avoir une réaction ? À moins que tu sois sur le point de pleurer par tant de vérité et que ta voix menace de se briser à la moindre parole ?"

Amber savait qu'elle avait été dure et vexante. Malgré le fait que ç'ait été son but il y a quelques secondes, elle regrettait désormais ses paroles. Comme toujours, elle parlait avant de réfléchir. Mais c'était trop tard, et elle ne pouvait plus revenir en arrière. À présent dans l'attente d'un mouvement trahissant l'émotion de Thomas, ou d'une parole de celui-ci, elle se releva et se colla à son tour contre le mur de pierre.

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Quand le silence est interrompu
Thomas resta immobile.

Il avait écoute chaque mot, chaque phrase, chaque attaque ciblée, sans ciller. Seul un léger froncement de sourcil prouvait qu'il avait bien écouté. Le regard calme et un peu distant n'avait pas bougé.

Quand elle s'arrêta de parler enfin, elle se colla au mur comme pour montrer qu'elle ne reculerait pas. Thomas mit quelques secondes à répondre. Il préférait réfléchir. Il avait été légèrement amusé au début de sa tirade puis légèrement agacé.

Il garda tout de même une voix calme, un Serpentard ne montrait que rarement ce qu'il ressentait.

- Comment peux-tu savoir que tu l'as trouvé en première ?

Thomas prit une pause pour la faire patienter avant de reprendre.

- Tu as l'air d'avoir une belle image de moi sans me connaître. D'ailleurs, ton image de Poufsouffle et Serpentard n'est pas très belle non plus.

Thomas inclina légèrement la tête vers la Poufsouffle.

- Tu me trouves peureux, sans amis... C'est fou tout ce que tu arrives à deviner en cinq minutes. Tu devrais être à Serdaigle. A faire tant d'hypothèse comme un scientifique fou.

Il eut un léger sourire en coin, légèrement rieur mais sans joie.

- Je ne suis pas obligé d'être bavard, d'être entouré pour me sentir exister. Et si tu penses qu'être calme, c'est avoir peur c'est que tu as peut-être supplier le choixpeau pour ne pas être réparti à Gryffondor.

Thomas avait fini agacé. Pas par la tirade d'Amber mais surtout pour l'avoir obligé à parler autant.

Sans se préoccuper plus longtemps de la jeune fille et avec la même lenteur tranquille que précédent, il se laissa glisser le long du mur pour se rassoir exactement là où il était avant qu'elle n'arrive. Comme si rien n'avait changé.

Et voilà pour toi ! J'aime beaucoup la différence entre nos deux personnages ! @Amber Girt

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Quand le silence est interrompu
Comme toujours, Thomas n'avait pas bougé d'un cil, son visage était resté de marbre. Il avait seulement froncé les sourcils, signe de mécontentement ou de son attention. Il mit un petit temps avant d'enchainer :

- Comment peux-tu savoir que tu l'as trouvé en première ?

Le problème avec lui, se disait Amber, c'est qu'il a toujours réponse à tout. Il aurait peut-être dû aller à Serdaigle finalement…

Comme pour l'énerver davantage, le Serpentard attendit encore avant de continuer :

-Tu as l'air d'avoir une belle image de moi sans me connaître. D'ailleurs, ton image de Poufsouffle et Serpentard n'est pas très belle non plus.

Bien sûr qu'elle n'avait pas une bonne image de sa maison. Elle avait été extrêmement déçue par sa répartition. Poufsouffle était la maison ou elle souhaitait le moins allé, et elle avait donc de multiples aprioris dessus. Malheureusement, le Choixpeau l'y avait envoyé.

-Tu me trouves peureux, sans amis... C'est fou tout ce que tu arrives à deviner en cinq minutes. Tu devrais être à Serdaigle. A faire tant d'hypothèse comme un scientifique fou.


La comparaison avec Serdaigle était plutôt drôle, se dit Amber. Quelques minutes auparavant, elle avait, elle aussi, casé Thomas dans cette maison.

Celui-ci sourit en coin. Il avait une légère trace de fossette qu'Amber trouva mignonne.
Beurk se réprima-t-elle. T'es en dispute avec lui Amber, ce n'est pas le moment de penser à ça

- Je ne suis pas obligé d'être bavard, d'être entouré pour me sentir exister. Et si tu penses qu'être calme, c'est avoir peur c'est que tu as peut-être supplier le choixpeau pour ne pas être réparti à Gryffondor, dit-il.

Intéressant. Il sortait des bonnes répliques, bien trouvé par rapport à ce qu'Amber avait dit avant. Pourtant, elle aurait rêvé être à Gryffondor plutôt qu'à Poufsouffle. Mais ça, elle se garderait bien de lui révéler. Ils étaient bien différents. Selon Amber, pour se sentir exister ou aimer, il fallait être entouré.

Cette fois au moins, il avait eu l'air agacé. Il se laisse glisser sur le sol, à la même place qu'il avait quitté. Ce sentant triomphante d'avoir réussi à le mettre ne serai-ce qu'un peu en colère, elle décida de ne pas s'arrêter là :

"Tu n'assumes juste pas que tu n'as beaucoup d'ami. En même temps, j'ai envie de te dire que c'est normal si tu es aussi désagréable avec tout le monde. Tu te rends compte à quel point tu es exécrable ? Y'avais des carottes ce midi, dans la Grande Salle, t'aurait dû en manger, ça rend aimable. Enfin, je veux dire, tu pourrais arrêter d'essayer de te trouver un style de petit mec que rien ne peut atteindre. Parce que ici, tu ne fais peur à personne. Et concernant ma maison, qui n'a pas d'apriori sur la sienne ? Ce couloir, je le connais depuis que je suis arrivé à Poudlard alors à moins que tu sois un fantôme, tu ne le connaissais pas avant moi. Allez avoue, pourquoi tu es tout seul dans ce couloir ? Le livre, c'était juste une couverture ? Ma théorie, c'est que ta môman te manque beaucoup, beaucoup et que t'avait envie de pleuré un bon coup."

Cette fois, Amber ne regrettait pas ses paroles, même si elle savait déjà qu'elle les regretterait plus tard. Elle était dans la provocation, car elle voulait qu'il s'énerve une bonne fois pour toutes.

@Thomas Didler

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Quand le silence est interrompu
Thomas regarda devant lui sans vraiment considérer la personne à ses côtés.

Il ne semblait pas être blessé. Plutôt las. Pas par la jeune fille mais par l'effort que demandait l'effet de rester calme quand il n'en avait plus envie.

- Tu sais, c'est fascinant. Tu juges sans problème et me catalogue. Puis tu me reproches d'être 'trop' calme. Tu penses savoir la vérité mais tu veux juste avoir le dernier mot.

Thomas étendit ses jambes devant lui. Il posa son livre sur ses jambes.

- Je te parais peut-être désagréable. Mais au moins, je ne passe pas mes journées à être méchant juste pour me sentir vivre. Tu critiques les autres maisons, pour quelle raison ? Pour te sentir supérieur ?

Il marqua une pause. Pas pour chercher ses mots mais pour être sûr d'avoir son attention.

Thomas tourna sa tête vers elle sans la regarder vraiment.

- Et oui, j'ai des amis. Mais contrairement à toi, je les choisis pour ce qu'ils sont et pas pour combler un vide.

Il marqua une nouvelle pause, regardant à nouveau face à lui.

- Tu crois que je fais semblant ? Que je me cache derrière un livre ? Ce qui te dérange c'est que je sois à Serpentard et que je m'y sente bien ou que je lise un livre moldu ?

Thomas redressa une de ses jambes et ouvrit son livre comme s'il s'apprêtait à reprendre sa lecture alors qu'intérieurement il n'en serait pas capable pour le moment.

Il ressentait rarement de l'agacement, de la lassitude mais lui qui voulait juste être tranquille se retrouver en plein conflit. Il avait pour habitude de fuir le conflit, pas par habitude mais parce qu'il ne voyait pas forcément l'intérêt.

Aujourd'hui, il y avait trouvé un intérêt, celui de montrer qu'il ne se définissait pas par des clichés stupides mais par une éducation, un mode de vie que ses parents lui avaient inculqués.



Et voilà ! @Amber Girt

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Amber s'était trompée. Le garçon avait dû être énervé certes, mais il ne laissait plus rien paraitre. Il reprit d'une voix lasse, presque désintéressé :

-Tu sais, c'est fascinant. Tu juges sans problème et me catalogue. Puis, tu me reproches d'être 'trop' calme. Tu penses savoir la vérité, mais tu veux juste avoir le dernier mot.


Normal que je le juge. Dois-je lui rappeler qu'il s'est senti offusqué tout seul ? pensa la fillette. Pour ce qui était du dernier mot, Amber avait peur qu'il n'ait pas totalement tort.

- Je te parais peut-être désagréable. Mais au moins, je ne passe pas mes journées à être méchant juste pour me sentir vivre. Tu critiques les autres maisons, pour quelle raison ? Pour te sentir supérieur ?


Je ne passe pas non plus mes journées à être méchante, le Vaniteux. Je suis juste réel avec les gens que je n'apprécie. Et tu ne te gênes pas non plus pour me balancer des mots méchants à la tête, pensa-t-elle à nouveau.

Encore une fois, Thomas marqua une pause pour reprendre la parole. Cela irritait Amber au plus au point, mais elle le laissa continuer :

- Et oui, j'ai des amis. Mais contrairement à toi, je les choisis pour ce qu'ils sont et pas pour combler un vide.

Déjà, Amber sentait des larmes dans ses yeux. Elle avait toujours été trop sensible, et le fait qu'il lui balance une aussi grosse vérité l'avait blessé. Sa gorge se noua, et elle se mordit la lèvre pour ne pas commencer à pleurer. Détournant le regard, elle continua à l'écouter :


- Tu crois que je fais semblant ? Que je me cache derrière un livre ? Ce qui te dérange c'est que je sois à Serpentard et que je m'y sente bien ou que je lise un livre moldu ?

Rien ne l'avait dérangé en premier abord. Elle avait juste été surprise par le fait qu'un Serpentard lise un livre Moldu, et la conversation avait tourné à la dispute. Certes, elle avait des choses vexantes à dire, ou qu'elle avait déjà dit, mais elle ne le savait que trop bien : à chaque critique un peu trop réel, elle pouvait se mettre à pleurer.

Thomas ouvrit alors son livre, mais il ne le regarda pas. Il avait tout de même l'air exaspéré.
Amber à force de se mordre, la lèvre inférieure avait commencé à saigner. Elle se lécha la lèvre et, les yeux encore embués de larme, se tourna vers le garçon. Il était grand et la dépassait. Il était fin, et avait des yeux profonds. Ces cheveux, bien qu'en pagaille, avait l'air propre. Il n'était pas mal du tout. Pourtant, Amber n'arrivait pas à le trouver séduisant : il l'avait fait pleurer, et selon elle les apparences ne servait à rien si l'intérieur était pourri. Je suis culotté, se dit-elle. Moi-même, je viens de me moquer de lui.
Alors, d'un coup, comme ça arrivait souvent avec elle, elle sentit de nouveau la vague de tristesse et de solitude qu'elle avait en elle. Elle repensa à la remarque du jeune homme, et sentait à nouveau sa gorge qui se nouait, son ventre qui se serrait et ses yeux qui lui picotaient. Elle savait qu'elle allait pleurer d'un moment à un autre, alors elle se mit à marcher rapidement, puis à courir dans le long couloir. Après avoir parcouru quelques mètres, et vérifié que Thomas ne pouvait pas la voir, elle se mit à pleurer. Elle devait surement être ridicule, mais elle n'y prêtait pas attention. Elle pleurait pour toute la solitude qu'elle avait ressentie depuis son arrivée au château. Elle pleurait pour les mots crus que lui avait balancés Thomas. Elle pleurait, car même si elle ne le dirait jamais, ses parents lui manquaient. Sans le remarquer, elle s'était assise.
Elle enfouit sa tête dans ses bras et continua à pleurer et à maudire sa vie.

@Thomas Didler/mention]

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