21 mai 2026, 03:30
 Labo  L'insolence de ton regard  PV 
17 Mai 2051
Dans l'aprés-midi - Labo

PV : @Orion Blackburn
7e année


Foutue filière. Foutu laboratoire. Foutues Potions.

Émeline détestait être là, à respirer ces odeurs si emblématiques qui la ramenaient toujours à son père. Son devoir de responsable de session l'obligeait à être là, à se tenir près du bureau et à gérer les quelques élèves qui venaient s'entraîner. Elle récoltait les noms, l'année, la filière et ce qu'ils comptaient produire comme potions. Plutôt simple comme activité, sauf quand tout son être lui rappelait que chaque minute était l'enfer.

Elle ne pouvait pas s'empêcher de jeter de longs regards en direction de l'horloge, espérant que la vitesse des aiguilles finisse par s'accélérer. La pression qu'elle ressentait à être dans la pièce parviendrait à se calmer seulement au moment où son pied foulerait la sortie. Heureusement que sa surveillance ne durait pas plus d'une heure et qu'un roulement était mis en place pour qu'elle soit remplacée par un autre élève. D'autres impératifs l'attendaient, comme ses révisions pour les ASPIC's, faire un rappel à sa DDM tête en l'air en tant que préfète et retrouver Dorian car...elle avait besoin de le voir.

Les jours passaient trop vite, et bientôt, elle ne pourrait plus voir son frère de cœur comme bon lui voudra. Adieu, le temps où il lui suffisait de descendre jusqu'à la salle commune des blaireaux pour le trouver. Adieu, ces moments de pure coïncidence où ils se croisaient dans les couloirs et qu'il lui adressait un sourire rayonnant. Son soleil allait rester ici, et elle, s'en irait loin de lui.

Émeline devenait grande. Elle l'était déjà, mais ne le ressentait pas. Elle se sentait microscopique. Insignifiante.

En dehors de ce château, elle pourrait enfin retrouver Alexander. Mais ça signifiait aussi qu'elle risquait de croiser la route de Jonathan. Rien que de l'imaginer, son sang se glaçait dans ses veines. Elle n'était pas certaine que son cœur réussisse à tenir le coup, si ça finissait par arriver.

Toutes ces mauvaises pensées la faisaient noircir une nouvelle page de son carnet. N'ayant personne qui vienne lui demander son aide, elle restait dans son coin, jouant sur le temps. Un mouvement près de son bureau lui indiqua que l'un des derniers élèves qui s'exerçaient venait la prévenir qu'il quittait l'endroit. Veinard. Elle salua platement la personne et reporta son attention sur son dessin, ne remarquant pas qu'une ombre s'était glissée à l'intérieur du labo, profitant de la sortie de l'élève pour rentrer.

La Serdaigle releva enfin ses yeux de la feuille quand elle vit que la luminosité s'était légèrement ternie. Quelque chose, ou plutôt quelqu'un, bloquait la lumière. Ce n'était pas un marmot venant lui demander de l'inscrire ou une connaissance dont elle aurait encore oublié le nom. Non. Il s'agissait de cet insupportable Blackburn, posté devant son bureau.

La mauvaise humeur de l'adolescente monta d'un cran à sa simple vue. Elle n'avait pas encore totalement digéré l'embrouille de la semaine passée. Ce fichu serpent s'était montré tout mielleux devant Stella, alors qu'il ne connaissait pas le concept de respirer sans insulter.

- Filière et la potion que tu comptes faire, grommela-t-elle en attrapant le cahier pour noter les informations.

Qu'il donne fissa sa réponse au lieu de la regarder comme ça.

528 mots
@Dorian Peachey pour la mention <3
Dernière modification par Émeline Joyner le 10 juin 2026, 22:44, modifié 1 fois.

- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras --
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline

21 mai 2026, 04:25
 Labo  L'insolence de ton regard  PV 
L'art des potions. Ou plutôt, l'art d'aller royalement se faire entuber par une recette aux instructions hasardeuses. Orion n'était pas mauvais, mais il n'était pas excellent. Le souci était que c'était l'un des cours les plus importants de sa filière. Et s'il voulait rentrer à la GEAD comme prévu, il avait tout intérêt à exploser les scores dans cette matière, entre autres et sans mauvais jeu de mots. Alors, depuis le début du semestre, il était devenu un abonné aux labos. Pas par plaisir, ni par passion, mais par ambition, en tout bon Serpentard qui se respecte. Que ce soit en chef de session ou simplement en tant qu'étudiant, il y était.

Ce mercredi, il ne comptait pas y faire exception. Ayant déjà fait ses heures en tant que chef de session durant les deux premières semaines du mois, il se permettait cette fois de venir simplement comme ça. Après tout, il arrivait que des élèves plus âgés y soient et qu'ils puissent poser des questions plus poussées. Non pas que ça le ravissait de devoir demander de l'aide, mais bon... Parfois, ça aidait quand même. Muni de son carnet de notes propre au cours de potions, il pénétra dans la salle alors même qu'un élève était sorti. Un petit regard dans la pièce lui confirma qu'il était seul pour l'heure à venir. Tant mieux, le chef de session serait là pour lui tout s-

Orion fit un pas en arrière, prêt à faire demi-tour. Tourné vers l'extérieur de la pièce, il se tapa le front. Émeline Joyner, encore et toujours.

« Merlin, pourquoi elle ? Pourquoi toujours elle ? » gémit-il entre ses dents, la voix aussi basse que possible. Il voulait faire demi-tour. Il le voulait tant. « P'tain. »

Après une profonde inspiration, il fit marche arrière et franchit le seuil de la salle de labo. Ce n'était pas la Serdaigle la plus détestable de la Tour Ouest qui allait l'empêcher de réussir ses BUSEs avec brio, ça non. D'un pas lent, détaché et déjà agacé, il se pointa devant le bureau sur lequel était installé et attendit qu'elle le remarque. Le silence fut plus long qu'il ne l'aurait attendu, ce qui le fit presque souffler, mais Joyner capitula et leva les yeux vers lui, le regard instanément durci lorsqu'il rentra en contact avec le sien, pas beaucoup plus chaleureux.

« Un vrai rayon de soleil, comme toujours », rétorqua-t-il en roulant des yeux à sa demande plus sèche que le désert d'Albaldah. « Auror, potion de ratatinage. »

Il la regarda patiemment prendre note de ses informations, s'assurant personnellement qu'elle ne se trompe pas ou, il aurait pu le deviner, qu'elle y mette de fausses informations pour le mettre dans de beaux draps.

« Je suppose que je ne te poserai pas de questions. Vu l'enthousiasme, tu serais capable de pourrir la préparation avec un soupçon de bonne humeur en trop. »

Cramponné à son cahier, il la toisa une dernière fois avant de se retourner pour trouver un poste de travail adéquat qui lui permettrait de se lancer dans la réalisation de la potion. Il ne la maîtrisait pas encore totalement ; après tout, il restait encore un cours de potion pour en apprendre les dernières subtilités. Mais cela n'empêchait que ce n'était pas une potion facile et qu'elle demandait de la pratique.

En revanche, il devait admettre qu'il était un peu embêté. Il comptait sur cette session de labo pour pouvoir demander des conseils à d'autres personnes ; avec Joyner dans les parages, il pouvait tout aussi bien se crever un œil avec un éclat de fiole. Au vu des derniers événements, il n'était absolument pas dans ses bonnes grâces — à raison, même s'il ne comptait pas se l'avouer. S'il n'était pas à son maximum de productivité, il pouvait déjà jeter cette heure de session à la poubelle.

@Émeline Joyner, hop lé c'est parti !
646 mots

Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
Chasseur de fantômes et Capitaine des AA | Bout De Laitue à ses heures perdues...

22 mai 2026, 19:13
 Labo  L'insolence de ton regard  PV 
Toujours la langue aiguisée, à ce qu'elle pouvait entendre. Ça ne l'étonnait même plus. Il n'était pas fichu de rester dans la même pièce qu'elle sans l'attaquer bêtement. Avait-elle une cible gravée sur le front pour qu'il y mette autant du sien ? C'était un mystère auquel seul le regard Balckburnien pouvait répondre.

Émeline releva à peine son regard dans sa direction, préférant se concentrer sur les cases du tableau qu'elle devait remplir avec les informations.

- J'ai appris des plus grands, railla-t-elle à voix basse en finissant de noter le tout.

Elle n'eut pas besoin de lui dire de se démerder seul, il en fit lui-même le choix comme un grand garçon, rajoutant une nouvelle pique pour sa personne au passage. À ça, Émeline roula des yeux vers le plafond. Il ne voulait pas demander d'aide pour une potion de ratatinage ? Grand bien lui fasse. Qu'il ne vienne pas lui quémander son support quand il la foirera. Elle n'était pas là pour gérer des gamins. Oui, un gamin, voilà ce qu'il était. Elle ne se sentait peut-être pas la fille la plus adulte de la Terre, mais en se comparant à Orion Blackburn, elle arrivait à relativiser.

Émeline ne le regarda pas s'installer à son plan de travail, comme si c'était intéressant de suivre du regard un pauvre gars à l'ego surdimensionné. Elle reporta plutôt son attention sur son cahier de dessin d'où l'esquisse était en train de prendre forme. Tout en dessinant, elle se demanda s'il ne serait pas intéressant de faire des dessins pour ses amis proches. Avec la fin d'année qui approchait, elle n'aurait peut-être pas d'autre occasion de leur offrir ce genre de présent avant longtemps.

Elle arracha la feuille sur laquelle elle bossait, se disant qu'elle servirait de brouillon. Son crayon nota quelques idées de ce qu'elle pourrait bien faire pour telle ou telle personne. Mais tandis qu'elle avançait dans ses choix, des bruits d'énervement se firent entendre vers l'autre bout de la pièce. Le couteau ripait contre la planche à découper, le mortier faisait un boucan pas possible et des grommellements accompagnaient le tout.

La Serdaigle haussa les sourcils, puis un rictus fleurit sur ses lèvres. Un certain serpent avait l'air en difficulté. Émeline n'était pas du genre à se réjouir des complications d'autrui, mais il fallait qu'elle reconnaisse qu'entendre Orion en galère lui procurait une certaine satisfaction. Les exceptions, ça existait, n'est-ce pas ?

De sa chaise, elle lança à voix haute :

- Tu serais capable de préparer ta potion en faisant moins de bruit ? Ça serait bête que tu gâches des ingrédients par ta superbe humeur.

438 mots
@Orion Blackburn on démarre les festivités :roll:

- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras --
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline

23 mai 2026, 23:33
 Labo  L'insolence de ton regard  PV 
Orion ne rajouta rien à la réponse d'Émeline ni à ses agissements ; loin de lui était l'idée de se déconcentrer pour des stupidités. Il prit place à son poste de travail et commença à rassembler les ingrédients nécessaires à la potion de ratatinage, ignorant royalement la Serdaigle qui se trouvait à présent derrière son dos. La seule chose qu'il pouvait percevoir, de là où il était, était le bruit infernal de son crayon sur le papier. Heureusement, bien assez vite, son cerveau se déconnecta pour passer à son mode de concentration le plus serein.

Il entreprit quelques déplacements pour se munir de trois racines de marguerites, de deux chenilles mortes, d'une figue ainsi que de la rate de rat. La potion de ratatinage avait pour objectif de rétrécir sa cible de taille, à l'exception des êtres vivants sur lesquels elle avait pour effet d'inverser le processus de vieillissement. A priori, rien de difficile, si tant est qu'on ne considère pas le fait qu'une potion de ratatinage mal réalisée devenait un puissant poison. L'espace d'un instant, Orion contempla l'idée d'en faire un échec cuisant volontairement pour en verser quelques gouttes dans la boisson de Joyner ; fort heureusement pour elle, il n'avait pas l'ambition de finir à Azkaban de sitôt.

À la place, il mit une peu d'eau à chauffer dans un chaudron et il commença à couper finement les racines de marguerites ainsi que les chenilles mortes. Enfin, du moins, il essayait. Orion n'avait jamais été connu pour être une minutie légendaire, et c'était d'ailleurs son principal défaut quand il en venait à l'art des potions. Il ne bâclait son travail ni par manque de volonté ou paresse, mais simplement parce qu'il préférait aller au plus vite et au mieux. Dans une pratique où la patience était reine, Orion était tout bonnement le bouffon de la cour. Quand il commença à passer la figue pelée au mortier, il en avait déjà marre.

« Qu'est-ce que c'est chiant... », grommelait-il en soufflant.

En prenant son cahier de potion et en jetant un œil à l'apparence que devaient avoir les ingrédients, ses plaintes doublèrent de volume. Il n'était pas prêt d'avoir terminé ; les racines étaient à peine suffisamment cisaillées, tandis qu'il pouvait encore nettement distinguer chaque patte des chenilles mortes. Reprenant son couteau, il commença à asséner des coups de plus en plus agressifs sur les ingrédients, espérant certainement que cela allait accélérer le travail. La présence de Joyner ayant quitté son esprit depuis bien longtemps, il ne réalisait même pas qu'elle pouvait l'entendre. Ce ne fut que lorsqu'elle le héla qu'il reprit conscience que l'Aiglonne n'était qu'à quelques pas.

« J't'ai pas sonné », siffla-t-il, désinvolte, son ton témoignant de sa frustration. « Quand j'y pense, c'est peut-être une potion de mutisme que j'aurais dû préparer ? J'y songerai, la prochaine fois. Merci pour l'idée. »

Il n'avait vraiment pas besoin des commentaires désobligeants de Joyner ; son manque de patience s'occupait déjà très bien de lui. N'ayant même pas levé la tête pour lui répondre, il continua d'essayer de se démener avec ses ingrédients avant de pousser un énième soupir de frustration et de se rassoir sur son tabouret avec énervement. À ce stade, il aurait probablement demandé des conseils pour accélérer sa découpe. Mais avec Joyner dans les parages, il pouvait se fourrer le doigt dans l'œil. Il n'avait même pas envie de croiser son regard moqueur tant il savait déjà qu'elle pensait qu'il faisait un numéro d'enfant gâté, cette garce.

@Émeline Joyner, tiens ! La tarte aux ouin ouin est prête !
585 mots

Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
Chasseur de fantômes et Capitaine des AA | Bout De Laitue à ses heures perdues...

25 mai 2026, 02:29
 Labo  L'insolence de ton regard  PV 
Les coups saccadés du couteau lui donnaient déjà une petite idée des dégâts qui se produisaient sur la planche à découper. Si la prof de Potions était dans les parages, il serait certain qu'elle se serait empressée d'aller reprendre les gestes du Serpentard. Émeline devrait faire exactement ça en tant que chef de session, mais en tant que parfaite adolescente pleine de rancœur, elle ne comptait pas bouger les fesses de sa chaise pour l'aider. Qu'il casse des trucs, ça lui faisait une belle jambe. Pour justifier tout ça, il lui suffisait d'expliquer gentiment à la prof que malgré ses conseils, il n'en avait fait qu'à sa tête.

- Quel ton amical, se moqua-t-elle de son bureau, nullement affectée par la colère d'Orion. Tu étais bien moins colérique la dernière fois. Tu veux que j'appelle Stella pour calmer tes nerfs ? proposa-t-elle d'une voix innocente seulement en apparence.

Émeline ne se reconnaissait pas, à prendre la parole pour attaquer aussi ouvertement quelqu'un. Même avec Blackburn, qu'elle ne portait pas dans son cœur, elle n'avait jamais montré le désir de renvoyer la balle ou de simplement faire mal. Habituellement, elle se contentait de quelques réponses tranchantes et de regards noirs dans ce genre de cas. Mais user de la faiblesse de quelqu'un pour se moquer de lui ? Cela ne lui était jamais arrivé.

Et Merlin qu'elle se sentait puissante à user du nom de la petite amie du garçon. Lui, qui s'était toujours montré médisant avec ceux qui l'entouraient, agissait comme le parfait canard avec sa cadette. Émeline n'arrivait toujours pas à voir comment Stella pouvait être amoureuse de ce mufle. À part sa belle gueule, elle ne voyait pas vraiment ce qu'il pouvait lui apporter de bon.

Elle avait posé son visage dans le creux de sa paume, son autre main toujours en train de noter quelques idées, alors que sa bouche continuait à attiser le feu chez l'adolescent.

- Est-ce que tu lui as dit à quel point ce fut facile pour toi de choisir son bracelet ? Se faire passer pour le mec capable, ça te ressemble bien.

Que cherchait-elle à lui parler de cette façon ? En vérité, elle-même n'en était pas certaine. Sur le moment, elle avait juste besoin d'extérioriser tout le poids qu'elle sentait continuellement sur ses épaules. Tout le ressentiment qui s'était incorporé dans son cœur prenait Orion comme un exutoire de qualité. Il n'était ni un prof, ni un ami. Il remplissait toutes les conditions pour qu'elle lâche son venin sur lui.

Après tous ces mois où elle s'était forcée à ne pas craquer, elle pouvait bien lâcher du lest. Craquer, juste le temps de cette heure.

Et au fond d'elle, Émeline n'était pas complètement satisfaite de sa manière d'agir. C'était tout ce qu'elle redoutait. Devenir aigre, comme son père. S'abandonner au besoin de blesser pour oublier qu'elle-même était au plus bas. Elle pensait qu'elle était enfin en train de remonter la pente, après toutes les séances qu'elle avait partagées avec le psychomage. Mais il avait fallu que Jonathan tente de la recontacter pour tout foutre en l'air.

513 mots
@Orion Blackburn - on donne juste de quoi pour que la tarte explose
@Stella Ruewen pour la mention !

- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras --
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline

25 mai 2026, 03:28
 Labo  L'insolence de ton regard  PV 
Thème musical

Il se pinça l'arête du nez, agacé. La présence de Joyner n'arrangeait certainement pas les choses ; au meilleur des cas, elle ne faisait qu'exciter un peu plus ses nerfs tendus. Prenant une longue inspiration, il reprit son couteau pour feindre l'ignorance. Avec un peu de chance, elle la fermerait, elle qui n'avait jamais été la première à se lancer dans leurs joutes verbales. Elle était tellement obnubilée par son numéro de préfète parfaite qui n'est atteinte par rien qu'Orion avait fini par comprendre que s'il ne s'engageait pas, la Serdaigle battait en retraite. Aux yeux du garçon, ce n'était pas de la maturité, simplement de la crainte. Quelque part, au fond du passé d'Émeline, Orion arrivait à flirter, comme la fois où il l'avait vendue à Erza pour qu'elle finisse en retenue. Cette crainte-là, celle qui avait habité ses yeux, il ne l'avait jamais oubliée. Pour la peine, il avait même tenté de rattraper le coup — du moins, pour ce que ça valait.

Silencieux, continuant sa découpe ainsi, il ne risquait donc forcément pas une remarque de plus. Elle le laisserait tranquille, tout comme il la laisserait tranquille. Deux loups, nés pour se lorgner sur le ton de la discorde, se tairaient pour laisser le néant s'emparer du moment. Le froid prendrait le dessus sur le feu incessant. L'ignorance remplacerait le défi. Le calme piétinerait la tempête. Pourtant, une main se cramponna à son couteau. Raidie, énervée, tremblante de rage. Le seul son qui flottait dans les airs était l'écho de la voix de Joyner, aiguisée, coupante telle la lame qu'il tenait entre ses doigts.

« Ferme ta gueule », gronda-t-il. Son ton était bas, animal. Une menace dans l'ombre, qui cachait les battements effrénés de son cœur.

Il pouvait sentir son sang battre dans ses tempes. Comment osait-elle ? Comment osait-elle ? Comment. Osait. Elle. Le nom de l'Étoile, entre ses lèvres, sonnait comme une insulte. Le doux, le beau, le précieux nom de Stella. Il n'avait rien à faire là. Orion avait beau avoir fait la comédie face à elle, ce n'était pas à Joyner de le juger. Ce n'était pas à elle de l'atteindre. Elle ne savait pas ce qu'il ressentait pour Stella, ce qu'il ferait pour elle. La pathétique Émeline Joyner n'avait pas ce pouvoir. Elle n'avait pas le droit.

Son autre main posée sur le plan de travail fit crisser ses ongles sur le bois. Elle n'en avait rien à faire de sa menace. Sa langue coupante continua à scier l'air. Une moquerie. Elle se moquait. Il lui avait demandé de l'aide, et elle se moquait. Orion savait qu'il aurait dû se méfier. Aveuglé par sa propre peur, il avait choisi de lui faire confiance. Grossière erreur. Terrible erreur.

Une veine dans son cou pulsait de colère et, vivement, il tourna la tête vers elle. Son cœur battait si vite qu'il pouvait sentir sa gorge se nouer de rage. Sa bouche s'entrouvrit, puis se referma. Une fois, puis deux. S'il avait été possible d'imploser, Orion l'aurait fait.

« Joyner, ta g- »

Elle continua. Son visage, insolent, le regardait avec des yeux innocents. Pourtant, Orion pouvait lire le venin dans ses yeux. Elle voulait libérer le loup, parce qu'elle commençait à délier le sien. Que cherchait-elle ? Le mettre en rogne ? C'était évident. Mais pourquoi ? Pour se laisser le temps de respirer, le Serpentard déglutit. Ça ne servait à rien. Il voulait lui fondre dessus pour lui faire ravaler sa langue — le couteau qu'il tenait en main se serait avéré grandement utile.

« Va te faire foutre, Joyner. Sinon, c'est la cicatrice sur ton front que je vais utiliser pour calmer mes nerfs », rétorqua-t-il, prêt à l'empoisonner. « T'es même pas capable de lui dire ça en face, j'ai même pas eu besoin de jouer la comédie tant que ça. Une lâche, c'est tout ce que t'es. »

Il se sentait ridicule d'agir de la sorte, mais les mots lui glissaient sans qu'il ne puisse y réfléchir. Ses inspirations n'avaient fait qu'attiser le feu qu'elle avait réveillé en lui. Elle voulait se brûler ? Alors elle allait brûler.

@Émeline Joyner, au bûcher !
690 mots

Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
Chasseur de fantômes et Capitaine des AA | Bout De Laitue à ses heures perdues...

25 mai 2026, 04:16
 Labo  L'insolence de ton regard  PV 
Une première insulte fusa. Basse et autoritaire. Il lui demandait le silence, qu'elle cesse dès maintenant le jeu qu'elle était en train d'entreprendre. Seulement, le serpent n'avait peut-être pas conscience que c'était la réaction qu'elle attendait de lui. Facile. Beaucoup trop facile. L'adolescent avait toujours présenté des difficultés à garder son calme. Un rien pouvait démarrer la machine qu'était Orion Blackburn. Et visiblement, Émeline avait trouvé le bouton démarrer.

Elle ne put retenir un sourire victorieux se dessiner sur ses lèvres alors qu'il se mettait à flamber de plus belle à chacune de ses interventions. Émeline n'avait même pas besoin de le fixer pour sentir le poids du regard du garçon sur elle. Il était incandescent et brûlait presque sa peau. Mais malgré toute la colère qu'il pouvait lui porter à cet instant, ça n'égalerait jamais celui de Jonathan.

Qu'il la maudisse, l'insulte sur plusieurs générations. Elle continuerait à jouer avec son ego qu'elle avait toujours eu envie d'écraser.

- T'es repassé au nom de famille, Orion ? Et moi qui pensais que nous étions devenus plus proches que ça, plaça-t-elle avec insolence.

Monsieur Kyros serait sûrement contrarié de la voir agir ainsi. Émeline n'en mènerait pas large, s'il s'avérait qu'il finisse par apprendre ce qu'elle était en train de faire. Ces quelques minutes "d'échange" avec le serpent avaient suffi pour effacer tout ce qu'elle s'était imposée. À croire que la rage d'Orion était bien meilleure à vivre que ce sentiment de vide qui la suivait. Grâce aux ondes qui se dégageaient de lui, elle avait l'impression que quelque chose vibrait en elle.

Enfin, ça, c'était avant qu'il n'utilise sa cicatrice contre elle. L'entendre la citer la glaça un instant, comme si elle avait oublié de reprendre son souffle. Il l'avait vu, finalement. Ça la faisait chier. Clairement. Mais bon, il n'avait aucune idée de ce qui se cachait derrière. Il avait beau connaître son existence, ça ne changerait rien. C'était du même acabit que les chiens qui aboyaient sur les passants derrière les portails, mais dès qu'on ouvrait la porte, il n'y avait plus rien. Que de la gueule.

Après la surprise, le rictus revint sur le visage d'Émeline à cause des dernières paroles d'Orion.

- Tu crois que me menacer va me faire peur ? Désolée de te l'apprendre, mais à part ton crapaud, personne ne te craint.

Sa main avait lâché son crayon pour venir se joindre à celle qui tenait précédemment sa tête. Devait-elle attraper sa baguette au cas où ? Vu l'intensité de son regard, il y avait un monde où il tenterait de lui balancer le couteau à la tronche. L'euphorie qu'elle vivait venait arrondir les angles. Il n'avait que de la gueule, encore une fois.

- Tu trouves que je suis lâche ? fit-elle, penchant légèrement sa tête sur le côté, amusée. Je peux lui dire dès ce soir en salle commune. J'avais juste de la peine pour toi, qui n'arrivais même pas à choisir un cadeau pour celle que tu aimes. Mais si tu me dis que ça ne fait rien, que tu assumes, alors ça ne te fera rien que je dise la vérité à Stella.

Un balancement au niveau de ses jambes avait débuté sous le bureau, tel un enfant en train d’apprécier un moment. Elle n'aurait jamais cru ressentir autant d'amusement à jouer de cette manière avec Orion. Le sourire moqueur du Serpentard était bien loin, désormais.

568 mots
@Orion Blackburn

- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras --
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline

26 mai 2026, 03:27
 Labo  L'insolence de ton regard  PV 
Thème musical

Que cherchait-elle ? Bon sang, que cherchait-elle ? Les yeux rivés sur elle, il n'arrivait pas à trier ses émotions. Les muscles tendus sous sa chemise d'uniforme ne trompaient personne ; un anatomiste aurait pu dessiner toutes les connexions nerveuses du corps humain rien qu'en observant le corps raidi du Serpent. Orion. Elle le crachait. Son prénom ne roulait pas sur sa langue comme il roulait sur celle de l'Etoile, précieux et chéri. Non, ce n'était qu'un vulgaire mot, expulsé avec dédain et insolence. Elle voulait le dépecer jusqu'à ce que son corps ne soit qu'une flamme immense, incandescente et terrassante. Mais une question persistait : pourquoi ?

Il la fusilla du regard, contractant sa mâchoire, puis relâcha le couteau. Elle voulait quelque chose. Quoi ? Il n'en avait pas une foutue idée, mais Joyner n'avait jamais agi de la sorte. Pas une seule fois. L'éclair glacial qui passa dans ses yeux s'éteignit aussi rapidement qu'il était arrivé, si bien que si toute son attention n'avait pas été sur elle, il lui aurait été impossible de l'apercevoir. Pourtant, cela ne l'arrêta pas dans son élan. Elle le martelait. Pire, elle voulait le marteler. Enfoncer dans sa gorge tous les mots qu'il ait jamais eus à son égard avec un pieu empoisonné. Sa main à présent libre s'étendit avant de se refermer en un poing de nerfs enflammés, comme pour contenir la violence qu'il rêvait de lui cracher à la figure.

Elle mentionna Khat, mais il ne sourcilla pas. Figés, ses yeux la décortiquaient. Chaque mouvement, chaque parole étaient devenus des pièces à conviction. Son rictus qui était venu maquiller son étonnement. Ses mains qui soulignaient son sourire carnassier. Son regard fou. L'espace d'un instant, il crut se voir dans un miroir. Oh, Orion n'était pas stupide. Il savait comment il pouvait être : hautain, froid, moqueur, cruel. Il avait fait la paix avec ça. Mais sur Émeline, tout ça avait... une autre teinte. Celle de l'inédit, celle de la curiosité. Ses mots continuaient de la toucher, mais plus de la même manière. Même la mention de l'Étoile ne fit que lui arracher un pouffement mauvais. Doucement, lentement, telle une ombre, il s'avança vers elle. Ses pas étaient lourds, sa respiration terriblement basse — plus rien à voir avec le buffle qu'il était quelques secondes plus tôt — et il arriva devant son bureau, le regard sombre.

« Vas-y, Émeline, dis-lui, à Stella. Que j'ai voulu lui offrir un cadeau en demandant de l'aide. T'as raison, quel crime, envoyez-moi à Azkaban ! »

Là, devant elle, il la surplombait. Il avait tout le loisir de l'observer de près pour chercher ce qui l'animait.

« Sérieux, qu'est-c'tu veux, Joyner ? », demanda-t-il, calmé. Si sa voix n'était pas salie par le venin, on aurait presque pu y percevoir de l'intrigue. Puis, d'un ton qui se voulait volontairement infantilisant, il reprit : « C'est quoi, ton problème ? Il te vient d'où, ce petit complexe de supériorité ? Papa a pas complimenté tes dessins quand t'étais petite ? Maman te tenait pas la main en t'emmenant à l'école ? Tu leur as fait quoi, à Papa et Maman, pour qu'il te rende comme ça, hm ? »

Dans ses yeux, elle ne pouvait rien y lire de bon. Pas le diable, non plus, mais loin de lui était l'idée de la bienveillance. De sa main, il remonta alors vers sa tempe droite où se trouvait sa cicatrice et appuya dessus avec son doigt d'un geste sec et arrogant.

« Arrête de tout faire tourner autour de moi, t'es pas pathétique à ce point-là. »

@Émeline Joyner, ah ouais on attaque Khat comme ça et tout...
601 mots

Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
Chasseur de fantômes et Capitaine des AA | Bout De Laitue à ses heures perdues...

26 mai 2026, 04:40
 Labo  L'insolence de ton regard  PV 
Qu'il était étrange de ressentir un tel effet de flottement alors qu'une tempête se préparait à la frapper de plein fouet. Il ne s'agissait pas du premier cataclysme qu'elle vivait. Sûrement pas le dernier non plus. Colère, rage, haine...Tout se mélangeait dans les veines du garçon. S'il explosait, là, ici même dans le laboratoire, serait-elle satisfaite ? Drôle de question pour une drôle de réponse.

Émeline patientait, sentant dans l'atmosphère la colère qui émanait de lui. Elle ne comptait pas fuir, encore moins réellement se battre. Elle souhaitait le voir fondre ce stupide masque de mec sympa. Orion Blackurn n'était pas gentil, il aimait montrer sa supériorité et jugeait allègrement autrui. Ça, Émeline l'avait appris dès sa première rencontre avec le Serpentard. De sa bouche, elle n'entendit que moqueries et paroles blessantes. Aujourd'hui encore, il se contentait d'agir ainsi. Avec elle, avec d'autres. Son mauvais caractère revenait à la moindre bavure, au moindre tort qu'il pouvait pointer de son doigt accusateur.

Malgré toute sa bonne volonté, elle n'avait jamais réussi à lui pardonner tous ces regards de dégoût, ces mots aussi tranchants que le verre. De toutes les personnes qui n'avaient pas su trouver d'atomes crochus avec elle, il était celui qui avait pris le plus de plaisir à se moquer de sa gentillesse. Ce soi passé qu'elle aimerait rayer de l'histoire de ses propres mains.

Chaque mouvement de sa part était calculé, millimétré. Il voulait la terroriser avec des menaces ? Elle rirait davantage. Ce comportement lui rappela, durant un court instant, celui qu'elle avait adopté avec lui près des Cuisines. Il avait tout fait pour la vexer, se moquant ouvertement d'elle. Pourtant, Émeline s'était contentée de rire à tout ce qu'il avait pu dire de mal. À cette époque, elle était parvenue à se détacher de tout ce qu'on pouvait bien lui balancer. Était-ce la raison qui l'avait poussé à la détester avec tant d'ardeur ? À cause de ce rire qui, au final, avait fini par se tarir ?

Que de questionnements qui accentuèrent son sourire. Elle se pensait au plus haut de la satisfaction, mais Orion changea radicalement de comportement. Lui, qui était proche de l'implosion, venait, sous ses yeux, de reprendre un semblant de contrôle. S'il ne s'était pas avéré d'une joute verbale, Émeline aurait pu le féliciter.

Il abandonna sa paillasse, de même que son couteau. Elle le regarda s'approcher et se poster juste en face de son bureau. Assise et lui debout, le rapport de force était assez déséquilibré. Émeline allait directement répliquer quelque chose, mais la façon dont il la regardait la troubla. Il y restait de l'énervement à son encontre, oui, mais pas que. Une sorte d'émotion qu'elle n'avait jamais vue dans les yeux d'Orion. Serait-ce de...la curiosité ?

Une première phrase qui la faisait passer pour une idiote, alors qu'il était le premier à s'être caché de toute cette histoire. Puis vint la suite. Une pluie de balles sur des sujets bien trop précis pour lui éviter de perdre un bref moment son souffle. Elle ne comptait pas lui sauter à la gorge pour de telles moqueries, mais la Serdaigle se sentait soudainement en danger, à le sentir si en confiance, la surplombant. Sa bouche s'entrouvrit pour se défendre et éviter à son esprit de dériver vers les visages de ses parents. Se barricader derrière le sarcasme était la seule solution qu'elle trouva. Mais il la devança.

Le doigt d'Orion s'était légèrement enfoncé dans sa peau, tirant sur sa cicatrice. À ce contact, elle n'entendit plus rien. Son ouïe s'était fermée, l'empêchant de comprendre ses derniers mots.

Émeline vit rouge. Aussi rouge que ce jour-là.

Sa main partit avec force pour taper le poignet d'Orion et éloigner sa sale patte d'elle. Elle bondit sur ses jambes, faisant racler au passage les pieds de sa chaise. Tout son être tremblait, partagé entre l'envie de lui bondir dessus pour le défigurer ou de se planquer dans un coin de la pièce pour qu'il ne puisse plus l'atteindre.

- Sale enfoiré, cracha-t-elle, le souffle court. N-Ne me touche plus jamais !

Au niveau de sa tempe, sa cicatrice s'était réveillée, la démangeant comme jamais. Ses doigts allèrent jusqu'à elle pour tenter de calmer le feu qu'il venait d'engendrer. Elle tangua un peu en reculant trop vite, sa respiration s'accélérant démesurément. Calme, il fallait qu'elle retrouve son calme. Ce n'était pas le moment de se laisser bouffer par la panique. Elle ne voulait pas perdre. Encore moins craquer devant lui.

Son cœur battait bien trop fort dans sa poitrine. Il tenait une allure qu'elle connaissait que trop peu. L'humidité de ses yeux arriva sans prévenir, la déroutant d’autant plus. Par réflexe, elle se détourna tout en essayant de reprendre son souffle.

- Dégage !

Elle, qui pensait avoir le contrôle total, venait de le perdre avec ce simple contact.

804 mots
@Orion Blackburn ayaaa on touche à la cicatrice, pas biiien

- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras --
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline

6 juin 2026, 17:27
 Labo  L'insolence de ton regard  PV 
L'histoire derrière la cicatrice qui sillonnait le visage de Joyner, Orion ne la connaissait pas. En réalité, il ne connaissait pas grand-chose de sa personne, si ce n'est l'image qu'il s'était dépeinte d'elle à lui seul. Une fille de Serdaigle qui s'amusait à mimer un stupide rôle de préfète parfaite, trop bien pour les autres. Il avait décrété qu'il ne l'aimait pas et que, forcément, c'était réciproque — de toute manière, rares étaient les personnes qu'il appréciait, pourquoi donc l'aimeraient-elles en retour ? Il avait également choisi qu'elle était insupportable, hautaine, moqueuse et qu'elle feignait le je-m'en-foutisme pour se donner un peu de valeur. Et... c'était tout. Sa réflexion n'avait jamais été plus loin.

Mais là... Là, sous son doigt, sa pensée était distraite. Les couleurs qu'il avait laissées stagner sur le tableau d'Émeline Joyner semblaient mériter d'être remagnées. Le visage de la Serdaigle se ferma et sa main vint frapper le poignet d'Orion pour qu'il s'éloigne d'elle. La main dans les airs, il l'observa se lever avec une attention qu'il ne lui avait jamais portée. Il ne se souvenait pas d'une fois où la jeune fille avait fléchi à ce point sous son regard ; l'épisode des toilettes abandonnées l'avait fait sourciller, mais la retenue dont elle avait probablement écopé était ce qu'il avait désigné comme responsable de sa faiblesse à cette époque. Pourtant, là, ça ne semblait pas pareil. Elle avait baissé une garde qu'il n'avait même pas imaginée dressée. Les mots qu'il avait prononcés l'avaient secouée, oui, mais ce ne fut que lorsque son doigt était rentré en contact avec sa peau qu'elle était sortie de ses gonds. Un voile s'était-il levé ? Orion plissa les yeux, ramenant sa main le long de son corps.

Une insulte. Un ordre. Le crissement de sa chaise sur le sol l'avait mise à sa hauteur et, l'espace d'un instant, le fit regretter d'avoir perdu l'avantage. Cela ne dura que quelques secondes, cependant, parce que le visage de Joyner blêmit. Et Orion ? Orion, il continuait de la fixer. Oh, il pouvait encore son cœur battre de colère, mais à cela s'était rajouté l'adrénaline de la voir perdre pied. Pas une adrénaline de plaisir ou une adrénaline d'inquiétude, bien que les respirations irrégulières de la Serdaigle n'avaient rien de rassurant, mais une adrénaline de curiosité. Que voulait-elle ? Elle l'avait cherché. Elle avait voulu le piquer là où ça faisait mal. Elle ne s'était simplement pas attendu à ce qu'il la brûle en retour. Alors qu'elle était toujours secouée de spasmes, les iris du Serpent ne la quittaient pas, à la recherche d'un autre indice, une autre pièce à conviction à ajouter à sa réflexion. Puis vint le second ordre. Celui qui lui criait de s'évaporer de la pièce.

« Qu'est-ce que tu vas faire si je reste, mh ? Continuer à chialer dans ton coin ? Tu l'as cherché, Joyner, n'essaie même pas de retourner ça contre moi », rétorqua-t-il, la voix empreinte de dédain.

Au même instant, son corps avait commencé à se mouvoir pour faire le tour du bureau et se poster à ses côtés, là où ses yeux pouvaient de nouveau l'analyser comme il le souhaitait. Elle semblait... défaite. C'était presque perturbant de voir Joyner à ce point sous le choc. Merde, elle va faire une crise d'angoisse, là ? Ce n'était pas l'Etoile, mais sa chevelure sombre et son regard apeuré lui rappelaient l'Aiglonne sur le quai du Poudlard Express un an plus tôt. Mais merde, il n'allait pas commencer à la serrer dans ses bras pour la calmer comme il l'avait fait pour elle, non ? Non. C'était Joyner. L'insupportable Émeline Joyner. Et lui était Orion. Le froid, le cruel Orion Blackburn. Il fronça les sourcils, indécis sur la réaction à adopter. C'est que Joyner. Laisse-la dans sa sauce. Il poussa un long soupir capitulant. Elle ne voulait pas qu'il le touche, mais il posa malgré tout sa main sur son épaule. Même son adrénaline de curiosité n'arrivait pas à le garder ancré dans sa recherche sanglante de réponse.

« Merde, c'est bon, calme-toi », souffla-t-il incertain. « Pas b'soin d'en faire... Bref, calme-toi, Joyner. J'vais pas lui faire de mal, hein, à ta cicatrice de rien du tout. »

Un mélange de gêne et d'agacement caractérisait sa voix. C'était plus simple quand elle répondait avec autant de désinvolture que lui ; que lui prenait-elle de déroger ainsi à cette règle tacite ? Devant lui, en plus ? Non, si elle voulait pleurer, elle devait le faire ailleurs. Pas ici. Loin de lui. Elle voulait qu'il s'inquiète pour elle ou quoi ? Dans ses rêves. Pourtant, pour la première fois, il avait presque l'impression d'avoir dépassé les bornes. Mais alors, pourquoi est-ce que cette victoire n'était pas aussi délicieuse qu'il l'avait imaginée ?

@Émeline Joyner, eh vas-y pourquoi elle part en crise d'angoisse, elle, aussi ? :disguise:
799 mots

Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
Chasseur de fantômes et Capitaine des AA | Bout De Laitue à ses heures perdues...