G.E.A.D. : Gestion Expérimentale des Adultes Déraisonnables
Un soir d'avril 2051
Chaudron Baveur, fin d'après-midi
@Alaska Cross
~~~~~~~~
En poussant la porte de l’entrée, l’odeur du vernis me saute presque au nez. Comme si cela suffisait à faire oublier l’animation, les conversations trop fortes, les verres renversés, les décisions prises après minuit. Rarement les bonnes. Il suffit pourtant de faire trois pas pour que le pub sorcier le plus connu d’Angleterre reprenne ses droits : chaleur, alcool, rires, tabourets qui grincent.
Je traverse la salle, évitant de justesse le balai enchanté qui passe entre deux tables avec l’air outré d’un majordome qu’on aurait forcé à nettoyer après des trolls. Je lui adresse un sourire.
— Courage, vieux. Personne ici ne te mérite.
Je cherche du regard un endroit tranquille pour me détendre après une journée passée en compagnie des deux jumeaux. Le Chaudron est plein à craquer, j’ai évidemment mal choisi mon jour, mais c’est le pub le moins cher du coin, alors ça fera quand même l’affaire. Je finis par me faufiler entre deux tables occupées, m’étends de tout mon long sur la chaise et observe les environs.
C’est là que je la vois.
Une fiole.
Petite, jaune pâle, échouée au milieu de la table entre un verre presque vide et deux serviettes froissées. Elle n’a rien d’extraordinaire et a sans doute été oubliée là par le précédent occupant, qui, comble du crime, n’a pas fini sa Bièreaubeurre. Elle traîne là, avec son étiquette à moitié décollée.
Je l’attrape et la fais rouler entre mes doigts, tentant de déchiffrer une écriture franchement pas très lisible. Il fallait que ça tombe sur ma pomme. Une potion qui force les gens à dire n’importe quoi. Pas une potion de chance. Pas un remède contre les lendemains difficiles. Non. Roulement de tambours. Une potion de Babillage. Merlin a le sens de l’humour, et il est vraiment très lourd.
Je devrais appeler quelqu’un. Ne rien toucher. Voire m’éloigner. Naturellement, je la garde entre mes doigts.
C’est à ce moment-là que mon regard tombe sur une figure connue.
Alaska Cross.
Ancienne capitaine et batteuse des Crochets, peu de temps avant mon passage fulgurant et l’empreinte indélébile que j’ai laissée au sein de l’équipe. Elle a même été préfète un temps, si ma mémoire est bonne. J’ignore totalement ce qu’elle peut bien faire au Chaudron Baveur à cette heure. À dire vrai, je ne sais même pas ce qu’elle est vraiment devenu depuis qu'elle est parti. J'sais pas non plus trop ce que je deviens. Donc finalement. Un partout. Balle au centre. En tout cas, on est sans doute tous les deux là pour la même chose. Le langage universel du Chaudron Baveur… Se changer les idées.
Je lève légèrement la main pour attirer son attention, sans quitter mon siège.
— Eh, Cross ?
J’attrape la fiole et je la lève bien en évidence avant de lui désigner l’objet d’un signe du menton.
— Une potion de Babillage abandonnée sur une table au Chaudron Baveur, t'appelles ça comment, toi ? Un scandale sanitaire ? Une enquête ? Ou une invitation à faire n’importe quoi ?
Mon sourire s’élargit.
— Personnellement, je préfère la trois.
Et voilà @Alaska Cross, je ne sais pas dans quoi on s'embarque, mais on s'embarque dans quelque chose en tout cas.
Le Gang des Licornes. -- Adidas Vance - 4e année (Devoirs). Toujours partant pour un RP (cf ici) - Merci Mo pour l'avatar
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Alaska - 20 ans
*
Ces temps-ci Alaska trainait souvent dans les bars, de tout types : étudiants, prestigieux, malfamés, avant de revenir aux valeurs sûres, aux adresses réputées. Le Chaudron Baveur faisait partie de cette dernière catégorie, c'était un incontournable du monde sorcier.
Coiffée d'une gavroche vissée sur la tête et d'un long manteau, la jeune femme était attablée dans un coin de la salle. D'une main elle réchauffait son verre de Bièraubeurre presque terminée, et de l'autre, elle parcourait distraitement un exemplaire de la Gazette. Elle venait tout juste de dire au revoir à ses derniers collègues de travail, repartis rejoindre leurs familles respectives en leur souhaitant bonne route. Malgré des débuts difficiles où l'équipe la prenait pour une gamine, elle avait finalement réussi à faire son trou. On l'invitait aux afterworks désormais.
Elle s'entendait particulièrement bien avec Alistair Campbell, le petit ami de Dawn sa meilleure amie. C'était essentiel à ses yeux. Une manière de valider le bonheur de ses proches, et puis inconsciemment, de garder un oeil sur lui. Oh, et Aliosus manquait à l'appel.
Ce soir, Alaska avait décidé de s'accorder le luxe d'un second verre pour retarder le moment de rentrer. Au même moment, elle se fit interpeller par...
« Léonidas ? Léonidas Vance ! s'exclama-t-elle, une douce chaleur dans la voix, trahissant une surprise qu'elle ne chercha pas à feindre.
L'étudiante posa ses yeux clairs sur la petite fiole de potion de Babillage que le garçon tenait entre ses doigts et qu'il agitait comme un trophée. Une invitation à faire n'importe quoi. Ses mots résonnèrent curieusement dans son esprit, elle repensait à Alienor et leurs discussions dans les couloirs de l'école. La Poufsouffle serait étonnée de voir Alaska s'empêcher de tout contrôler, car désormais elle ressentait le besoin impérieux de se laisser porter, et de savourer le frisson de l'incertitude.
Elle haussa donc les épaules, tentée par sa proposition.
J'appelle plutôt ça le coup du destin. Viens t'installer. » invita la jeune fille dans une impulsion joyeuse.
Strangulot du lac noir. En glissant je viens, en rusant je vaincs, le sommet j'atteins !
20 ans - Présidente du club de débat au campus Magifac
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Le coup du destin.
C’est plutôt joli, à dire vrai, pour une fiole douteuse abandonnée sur un coin de table dans un pub. J’aurais plutôt dit négligence criminelle, véritable mauvaise idée, voire excellente occasion de rejeter la faute sur quelqu’un d’autre au cas où ça tournerait mal. Ce qui est une probabilité à 9 sur l’échelle de Weasley.
Après m’être levé, je reste quelques secondes immobile, faisant rouler la fiole entre mes doigts. Puis je m’approche, un sourire espiègle au visage :
— Le destin a vraiment une écriture dégueulasse, alors.
Je rejoins sa table avec cette assurance tout à fait personnelle consistant à faire semblant de savoir exactement ce que je fais. La vérité ? Je n’en sais strictement rien. Et c’est sans doute ça, le plus drôle. Et puis, si j’ai bien compris un truc cette année, c’est que tous les adultes font ça. Ils avancent, l’air sérieux, et improvisent tout du long. La différence entre eux et moi ? Ils ont de meilleures pompes.
Je tire une chaise avant de m’installer en face de l’ancienne Serpentard, posant la fiole entre nous comme s’il s’agissait d’une preuve pour le procès de nos âneries. Mon regard passe rapidement de la fiole au liquide jaune, absolument pas suspect, puis à Alaska et à l’exemplaire de la Gazette qu’elle tient non loin. Un large sourire illumine mon visage, le genre de sourire où est écrit en gras : J’ai aucune idée de ce que je fais, mais ça va être drôle.
— Bon. On en fait quoi, du destin, alors ? Cul sec ? dis-je en faisant sauter le bouchon en liège de la fiole d’un coup de pouce.
Le Gang des Licornes. -- Adidas Vance - 4e année (Devoirs). Toujours partant pour un RP (cf ici) - Merci Mo pour l'avatar
C’est plutôt joli, à dire vrai, pour une fiole douteuse abandonnée sur un coin de table dans un pub. J’aurais plutôt dit négligence criminelle, véritable mauvaise idée, voire excellente occasion de rejeter la faute sur quelqu’un d’autre au cas où ça tournerait mal. Ce qui est une probabilité à 9 sur l’échelle de Weasley.
Après m’être levé, je reste quelques secondes immobile, faisant rouler la fiole entre mes doigts. Puis je m’approche, un sourire espiègle au visage :
— Le destin a vraiment une écriture dégueulasse, alors.
Je rejoins sa table avec cette assurance tout à fait personnelle consistant à faire semblant de savoir exactement ce que je fais. La vérité ? Je n’en sais strictement rien. Et c’est sans doute ça, le plus drôle. Et puis, si j’ai bien compris un truc cette année, c’est que tous les adultes font ça. Ils avancent, l’air sérieux, et improvisent tout du long. La différence entre eux et moi ? Ils ont de meilleures pompes.
Je tire une chaise avant de m’installer en face de l’ancienne Serpentard, posant la fiole entre nous comme s’il s’agissait d’une preuve pour le procès de nos âneries. Mon regard passe rapidement de la fiole au liquide jaune, absolument pas suspect, puis à Alaska et à l’exemplaire de la Gazette qu’elle tient non loin. Un large sourire illumine mon visage, le genre de sourire où est écrit en gras : J’ai aucune idée de ce que je fais, mais ça va être drôle.
— Bon. On en fait quoi, du destin, alors ? Cul sec ? dis-je en faisant sauter le bouchon en liège de la fiole d’un coup de pouce.
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Le destin. C'était un mot bien pratique, le bouclier parfait pour justifier ses choix les plus douteux, ou le coupable idéal qu'elle pointait du doigt lorsqu'elle se retrouvait dans une situation qui ne lui plaisait pas. Assumer ses propres responsabilités lui avait toujours semblé être un fardeau trop lourd à porter.
Alaska plia soigneusement son journal et se redressa sur sa chaise, un sourire malicieux et parfaitement assumé sur le coin des lèvres. Elle capta le regard d'un serveur et lui commanda deux petits verres à shot vides. Une étrange requête.
« Laisse-moi faire. dit-elle la voix assurée.
Lorsque les deux verres épais furent déposés devant eux, Alaska s'empara de la fiole et versa méticuleusement la potion à l'intérieur. A sa grande surprise, la fiole recelait la quantité exacte pour remplir les deux récipients jusqu'à ras bord.
Cul sec. s'empressa-t-elle de dire avant d'apporter le verre sous son nez, comme pour s'interdire de reculer.
La jeune fille hésita un instant, elle renifla le liquide orange... Une odeur indéfinissable, à la fois sucrée et piquante, lui chatouillait les narines. Puis, elle ferma les yeux et bascula la tête en arrière pour engloutir la potion de Babillage jusqu'à la dernière goutte.
Le verre heurta ensuite le bois de la table dans une claquement sec lorsqu'elle le reposa. Alaska resta immobile quelques instants les sourcils légèrement froncés, pendant que sa langue remuait contre son palais pour tenter d'analyser ce qu'elle venait d'ingérer, mais ça n'avait pas vraiment de goût. C'était... étrange. Aussi étrange que les pensées qui fusaient dans son esprit.
Tu as toujours des mauvaises idées comme ça ? Non parce que... Je.
Premier trou noir.
Enfin si, tu vois.
Une autre absence soudaine. Alaska n'arrivait décidément pas à finir ses phrases, tout ce qui franchissait la barrière de ses dents ne fut qu'un balbutiement décousu.
C'est que... Je sais que tu vois ! Tu... Toi aussi ? » finit-elle par articuler.
L'étudiante était suspendue aux lèvres de Léonidas pour voir si le piège venait de se refermer sur lui aussi. L'effet était instantané.
Strangulot du lac noir. En glissant je viens, en rusant je vaincs, le sommet j'atteins !
20 ans - Présidente du club de débat au campus Magifac
Alaska plia soigneusement son journal et se redressa sur sa chaise, un sourire malicieux et parfaitement assumé sur le coin des lèvres. Elle capta le regard d'un serveur et lui commanda deux petits verres à shot vides. Une étrange requête.
« Laisse-moi faire. dit-elle la voix assurée.
Lorsque les deux verres épais furent déposés devant eux, Alaska s'empara de la fiole et versa méticuleusement la potion à l'intérieur. A sa grande surprise, la fiole recelait la quantité exacte pour remplir les deux récipients jusqu'à ras bord.
Cul sec. s'empressa-t-elle de dire avant d'apporter le verre sous son nez, comme pour s'interdire de reculer.
La jeune fille hésita un instant, elle renifla le liquide orange... Une odeur indéfinissable, à la fois sucrée et piquante, lui chatouillait les narines. Puis, elle ferma les yeux et bascula la tête en arrière pour engloutir la potion de Babillage jusqu'à la dernière goutte.
Le verre heurta ensuite le bois de la table dans une claquement sec lorsqu'elle le reposa. Alaska resta immobile quelques instants les sourcils légèrement froncés, pendant que sa langue remuait contre son palais pour tenter d'analyser ce qu'elle venait d'ingérer, mais ça n'avait pas vraiment de goût. C'était... étrange. Aussi étrange que les pensées qui fusaient dans son esprit.
Tu as toujours des mauvaises idées comme ça ? Non parce que... Je.
Premier trou noir.
Enfin si, tu vois.
Une autre absence soudaine. Alaska n'arrivait décidément pas à finir ses phrases, tout ce qui franchissait la barrière de ses dents ne fut qu'un balbutiement décousu.
C'est que... Je sais que tu vois ! Tu... Toi aussi ? » finit-elle par articuler.
L'étudiante était suspendue aux lèvres de Léonidas pour voir si le piège venait de se refermer sur lui aussi. L'effet était instantané.
Strangulot du lac noir. En glissant je viens, en rusant je vaincs, le sommet j'atteins !
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Le bouchon en liège saute dans un petit bruit joyeux annonçant le début des festivités.
Pendant que je fixe la fiole ouverte entre mes doigts, Alaska commande deux verres avant de et je la regarde verser la potion dedans, après qu'elle m'aît pris la fiole des mains. Elle est totalement concentrée, comme si nous étions deux scientifiques sur le point de faire la découverte du siècle, genre la Pierre Philosophale. Et non juste deux idiots prêts à boire un liquide douteux trouvé sur le coin d’une table. Qui nous dit que c’est bien une potion de Babillage, déjà, et pas de la mort-aux-rats ? Ça ressemble à quoi, déjà, de la mort-aux-rats ?
Le pire, c’est que la fiole contient exactement la bonne quantité pour deux verres. C’est carrément suspect.
Pour autant Alaska ne recule pas et boit la première. Je me fige une seconde. Super. Elle vient donc d’engloutir le destin cul sec, façon rudimentaire mais efficace de régler un débat. Et tandis que je continue de l’observer avec attention, ses phrases commencent à trébucher, ses mots se perdent et repartent de travers.
Et son regard qui accroche le mien et cette question qu'elle finit par réussir à me poser. Toi aussi ?
Ah, on en était là. Elle ne voulait pas vraiment savoir si ça fonctionnait. Juste si j'allais couler avec elle. Charmant. Très solidaire. Typique Serpentard.
Je baisse les yeux vers mon verre, amusé. Je suis insubmersible moi ! Refuser maintenant serait raisonnable. Donc je bois d’une traite.
Je sens le liquide descendre dans ma gorge. Ce n’est franchement pas mauvais, ni bon. Mais Rien ne se passe.
Je repose le verre.
Puis, tout à coup, cette chaleur bizarre qui me gratte la gorge et remonte sur ma langue. Et dans ma tête, cette sensation étrange, comme si on ouvrait tous les tiroirs de mon esprit en même temps avant d’en fermer la moitié au hasard. Les pensées se mélangent, se doublent, se font des queues de poisson, des queues de renard, elles se poussent et se mordent presque.
— Bon, manifestement, je suis…
Plus rien. Vide. Néant. T’es où ? Eh oh ?
Les mots disparaissent, s’effondrent comme un château de cartes. Je reste là, la bouche entrouverte. Totalement conscient d’avoir commencé quelque chose, mais quoi ?
Je cligne des yeux.
— …cornichon.
Et là, je la fixe, Alaska, puis la fiole, puis Alaska, et j’éclate de rire. Pourquoi est-ce que j’ai dit ça ? J’allais sans doute dire quelque chose de vraiment brillant en plus. J’essaie de me remettre les idées en place en passant une main sur mon visage. Ça ne change rien. Je veux lui dire que c’est drôle et que la potion fonctionne, vu que je raconte n’importe quoi. Voilà, ça, c’est quelque chose de brillant à dire.
Ma bouche, elle, a une autre idée en tête.
— Les tabourets ont une hiérarchie sociale, je pense.
Et c’est ce moment-là que choisit le balai enchanté pour repasser à côté de nous. Je le vois ralentir et ses brindilles frémir. J’ai comme l’impression que le balai nous juge. C’est capable de juger, un balai ? Qu’à cela ne tienne, le voilà qui pousse d’un coup sec le bouchon en liège échoué au sol. Il fait disparaître sous une chaise la preuve de notre imbécillité.
Puis il cogne très légèrement contre mon pied.
Je relève lentement la tête vers Alaska.
— Le balai, il est hostile.
Je marque une pause, parfaitement sérieux.
— Ou syndiqué. J'sais pas encore.
La potion ne m’empêche pas de parler. C’est encore pire. Elle me laisse parler, elle envoie juste valser les rails.
Mon dieu que j'ai ri en écrivant toutes ces absurdités...
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Pendant que je fixe la fiole ouverte entre mes doigts, Alaska commande deux verres avant de et je la regarde verser la potion dedans, après qu'elle m'aît pris la fiole des mains. Elle est totalement concentrée, comme si nous étions deux scientifiques sur le point de faire la découverte du siècle, genre la Pierre Philosophale. Et non juste deux idiots prêts à boire un liquide douteux trouvé sur le coin d’une table. Qui nous dit que c’est bien une potion de Babillage, déjà, et pas de la mort-aux-rats ? Ça ressemble à quoi, déjà, de la mort-aux-rats ?
Le pire, c’est que la fiole contient exactement la bonne quantité pour deux verres. C’est carrément suspect.
Pour autant Alaska ne recule pas et boit la première. Je me fige une seconde. Super. Elle vient donc d’engloutir le destin cul sec, façon rudimentaire mais efficace de régler un débat. Et tandis que je continue de l’observer avec attention, ses phrases commencent à trébucher, ses mots se perdent et repartent de travers.
Et son regard qui accroche le mien et cette question qu'elle finit par réussir à me poser. Toi aussi ?
Ah, on en était là. Elle ne voulait pas vraiment savoir si ça fonctionnait. Juste si j'allais couler avec elle. Charmant. Très solidaire. Typique Serpentard.
Je baisse les yeux vers mon verre, amusé. Je suis insubmersible moi ! Refuser maintenant serait raisonnable. Donc je bois d’une traite.
Je sens le liquide descendre dans ma gorge. Ce n’est franchement pas mauvais, ni bon. Mais Rien ne se passe.
Je repose le verre.
Puis, tout à coup, cette chaleur bizarre qui me gratte la gorge et remonte sur ma langue. Et dans ma tête, cette sensation étrange, comme si on ouvrait tous les tiroirs de mon esprit en même temps avant d’en fermer la moitié au hasard. Les pensées se mélangent, se doublent, se font des queues de poisson, des queues de renard, elles se poussent et se mordent presque.
— Bon, manifestement, je suis…
Plus rien. Vide. Néant. T’es où ? Eh oh ?
Les mots disparaissent, s’effondrent comme un château de cartes. Je reste là, la bouche entrouverte. Totalement conscient d’avoir commencé quelque chose, mais quoi ?
Je cligne des yeux.
— …cornichon.
Et là, je la fixe, Alaska, puis la fiole, puis Alaska, et j’éclate de rire. Pourquoi est-ce que j’ai dit ça ? J’allais sans doute dire quelque chose de vraiment brillant en plus. J’essaie de me remettre les idées en place en passant une main sur mon visage. Ça ne change rien. Je veux lui dire que c’est drôle et que la potion fonctionne, vu que je raconte n’importe quoi. Voilà, ça, c’est quelque chose de brillant à dire.
Ma bouche, elle, a une autre idée en tête.
— Les tabourets ont une hiérarchie sociale, je pense.
Et c’est ce moment-là que choisit le balai enchanté pour repasser à côté de nous. Je le vois ralentir et ses brindilles frémir. J’ai comme l’impression que le balai nous juge. C’est capable de juger, un balai ? Qu’à cela ne tienne, le voilà qui pousse d’un coup sec le bouchon en liège échoué au sol. Il fait disparaître sous une chaise la preuve de notre imbécillité.
Puis il cogne très légèrement contre mon pied.
Je relève lentement la tête vers Alaska.
— Le balai, il est hostile.
Je marque une pause, parfaitement sérieux.
— Ou syndiqué. J'sais pas encore.
La potion ne m’empêche pas de parler. C’est encore pire. Elle me laisse parler, elle envoie juste valser les rails.
Mon dieu que j'ai ri en écrivant toutes ces absurdités...
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Alaska tenta tant bien que mal de raccrocher les wagons de sa propre dignité, mais tous ses efforts s'effondrèrent dès que Léonidas prononça ses premiers mots. Un rire franc et sonore lui échappa de la gorge, il ricocha contre les murs du pub et attira au passage quelques regards curieux et désapprobateurs des tables voisines. Dans un coin, deux vieux sorciers interrompirent leur partie d'échecs pour les scruter par-dessus leurs lunettes.
Le phénomène était d'une étrangeté fascinante, car dans son esprit tout était parfaitement clair, elle s'entendait penser, elle savait exactement ce qu'elle voulait formuler... Mais les mots se prenaient les pieds dans le tapis. C'était à la fois profondément déroutant et terriblement frustrant.
Combien de temps ce petit manège allait-il durer ? La résistance aux potions était une science inexacte qui dépendait cruellement du métabolisme de chacun, et Alaska savait pertinemment que le sien était une passoire. La dernière fois qu'elle avait bu une potion, celle de l'Oeil Vif, elle n'avait pas dormi d'un week-end entier ! Par Merlin, elle espérait que ce Babillage-là s'estomperait rapidement. Elle bossait le lendemain.
Le sérieux imperturbable avec lequel Léonidas énonçait ses théories farfelues amusait beaucoup Alaska, elle écoutait attentivement. L'histoire de la hiérarchie sociale des tabourets était intéressante, mais l'irruption du balai enchanté, devenu officiellement un employé syndiqué et hostile acheva de la dissoudre.
Elle fixa l'objet en hêtre qui s'éloignait de leur table, puis ramena ses yeux brillants sur le garçon en face d'elle. Elle prit une profonde inspiration, bien décidée à lui répondre quelque chose de sensé, ou du moins elle essaierait.
« Si le manche fait de la politique, alors moi je suis la présidente du conseil des sor.. Ustensiles ! s'interrompit-elle.
La jeune fille se figea, horrifiée et amusée par sa propre trahison verbale. Puis finalement, elle se laissa aller et ne retint plus rien.
Mais attention ! Je serai une bonne présidente, je ne voudrai pas engendrer une grève des ustensiles de ménage, on serait les premiers à se faire chasser du pub. Je saurai écouter ses revendications. »
Help ?
Strangulot du lac noir. En glissant je viens, en rusant je vaincs, le sommet j'atteins !
20 ans - Présidente du club de débat au campus Magifac
Le phénomène était d'une étrangeté fascinante, car dans son esprit tout était parfaitement clair, elle s'entendait penser, elle savait exactement ce qu'elle voulait formuler... Mais les mots se prenaient les pieds dans le tapis. C'était à la fois profondément déroutant et terriblement frustrant.
Combien de temps ce petit manège allait-il durer ? La résistance aux potions était une science inexacte qui dépendait cruellement du métabolisme de chacun, et Alaska savait pertinemment que le sien était une passoire. La dernière fois qu'elle avait bu une potion, celle de l'Oeil Vif, elle n'avait pas dormi d'un week-end entier ! Par Merlin, elle espérait que ce Babillage-là s'estomperait rapidement. Elle bossait le lendemain.
Le sérieux imperturbable avec lequel Léonidas énonçait ses théories farfelues amusait beaucoup Alaska, elle écoutait attentivement. L'histoire de la hiérarchie sociale des tabourets était intéressante, mais l'irruption du balai enchanté, devenu officiellement un employé syndiqué et hostile acheva de la dissoudre.
Elle fixa l'objet en hêtre qui s'éloignait de leur table, puis ramena ses yeux brillants sur le garçon en face d'elle. Elle prit une profonde inspiration, bien décidée à lui répondre quelque chose de sensé, ou du moins elle essaierait.
« Si le manche fait de la politique, alors moi je suis la présidente du conseil des sor.. Ustensiles ! s'interrompit-elle.
La jeune fille se figea, horrifiée et amusée par sa propre trahison verbale. Puis finalement, elle se laissa aller et ne retint plus rien.
Mais attention ! Je serai une bonne présidente, je ne voudrai pas engendrer une grève des ustensiles de ménage, on serait les premiers à se faire chasser du pub. Je saurai écouter ses revendications. »
Help ?
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Je la fixe avec un sérieux absolu. Sauf que, depuis que cette potion a transformé mon cerveau en passoire, je ne me fais plus confiance. Soit je suis totalement sérieux, soit j’ai la tête de quelqu’un qui vient d’apprendre que les cuillères ont des revendications sociales. C'est pas mieux.
Je me repositionne sur ma chaise, posant mes coudes sur la table, les mains devant mon visage. Comme si cela allait m’empêcher de laisser sortir la première pensée incohérente qui me vient à l’esprit.
— Il faut éviter la grève. Un balai en colère, c’est déjà grave, mais imagine une serpillère radicalisée…
Merlin ! Mais que vient faire le Front Uni des Serviettes dans cette histoire ? Je ferme les yeux une seconde avant de les ouvrir de nouveau, en essayant de conserver autant de dignité que possible, c’est-à-dire quasiment aucune si j’en juge par le regard réprobateur que nous lancent deux sorciers en train de jouer aux échecs. Les deux sont si agacés que l’un d’eux en oublie même de jouer son tour, et son cavalier magique tape du sabot sur l’échiquier, impatient.
Je tente de reprendre mes esprits, ce qui est aussi difficile que d’attraper un Vif d’Or avec les yeux bandés un soir de nouvelle lune. Voilà, j’ai enfin une idée claire : Alaska ferait une super présidente du Conseil des Ustensiles. La preuve, elle a réussi à me convaincre de boire cette potion. Parce qu’évidemment, c'est pas de ma faute. C’est son idée à elle, après tout. Je suis sûr qu’elle parviendrait à convaincre une louche de se syndiquer.
Mais ma bouche, elle, simplifie.
— T’as une tête à commander les casseroles.
C’est à ce moment-là que le balai repasse à quelques mètres de nous, poussant une miette avec un certain mépris. Je le vois nous narguer silencieusement. Enfin, je crois. Je me penche sur la table pour me rapprocher de ma Camarade-Ustensile.
— Toi, Présidente du Conseil des Ustensiles. Moi, témoin... cornichon.... Le balai, opposition syndicale. Et les tabourets la noblesse locale.
Je désigne les vieux sorciers, qui sont retournés à leur partie d’échecs, même si je croise le regard en biais de l’un d’entre eux. Ce sont peut-être eux, finalement, les adultes raisonnables.
— Et eux, c’est des..., c'est la... la commission d’enquête.
Je vois celui qui nous regardait détourner aussitôt le regard. Et je souris.
— Ça, tu vois, c’est un aveu de culpabilité.
Et je me décale pour me pencher en direction du balai qui repasse tout juste à notre hauteur. C’est important de se mettre à hauteur de ses sujets. Et je lui tends ma main droite pour une poignée de main diplomatique. Son Excellence, Léonidas Vance, Ambassadeur des Fourchettes. Enchanté.
— Monsieur le balai, nous voulons entendre vos revendications.
Merlin. Pourquoi est-ce que j’ai bu cette potion, déjà ?
Cette expérience est réalisé par des professionnels. Ne pas reproduire à la maison
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Je me repositionne sur ma chaise, posant mes coudes sur la table, les mains devant mon visage. Comme si cela allait m’empêcher de laisser sortir la première pensée incohérente qui me vient à l’esprit.
— Il faut éviter la grève. Un balai en colère, c’est déjà grave, mais imagine une serpillère radicalisée…
Merlin ! Mais que vient faire le Front Uni des Serviettes dans cette histoire ? Je ferme les yeux une seconde avant de les ouvrir de nouveau, en essayant de conserver autant de dignité que possible, c’est-à-dire quasiment aucune si j’en juge par le regard réprobateur que nous lancent deux sorciers en train de jouer aux échecs. Les deux sont si agacés que l’un d’eux en oublie même de jouer son tour, et son cavalier magique tape du sabot sur l’échiquier, impatient.
Je tente de reprendre mes esprits, ce qui est aussi difficile que d’attraper un Vif d’Or avec les yeux bandés un soir de nouvelle lune. Voilà, j’ai enfin une idée claire : Alaska ferait une super présidente du Conseil des Ustensiles. La preuve, elle a réussi à me convaincre de boire cette potion. Parce qu’évidemment, c'est pas de ma faute. C’est son idée à elle, après tout. Je suis sûr qu’elle parviendrait à convaincre une louche de se syndiquer.
Mais ma bouche, elle, simplifie.
— T’as une tête à commander les casseroles.
C’est à ce moment-là que le balai repasse à quelques mètres de nous, poussant une miette avec un certain mépris. Je le vois nous narguer silencieusement. Enfin, je crois. Je me penche sur la table pour me rapprocher de ma Camarade-Ustensile.
— Toi, Présidente du Conseil des Ustensiles. Moi, témoin... cornichon.... Le balai, opposition syndicale. Et les tabourets la noblesse locale.
Je désigne les vieux sorciers, qui sont retournés à leur partie d’échecs, même si je croise le regard en biais de l’un d’entre eux. Ce sont peut-être eux, finalement, les adultes raisonnables.
— Et eux, c’est des..., c'est la... la commission d’enquête.
Je vois celui qui nous regardait détourner aussitôt le regard. Et je souris.
— Ça, tu vois, c’est un aveu de culpabilité.
Et je me décale pour me pencher en direction du balai qui repasse tout juste à notre hauteur. C’est important de se mettre à hauteur de ses sujets. Et je lui tends ma main droite pour une poignée de main diplomatique. Son Excellence, Léonidas Vance, Ambassadeur des Fourchettes. Enchanté.
— Monsieur le balai, nous voulons entendre vos revendications.
Merlin. Pourquoi est-ce que j’ai bu cette potion, déjà ?
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Le nombre de conneries qu'ils parvenaient à débiter à la minute devenait un spectacle à la fois pathétique et absolument grandiose. Alaska profita d'un rare moment de lucidité pour inspecter les environs, le coeur battant. Personne qu'elle ne connaissait à l'horizon au moins ? Il valait mieux, car si un de ses collègues de bureau ou un étudiant - de Poudlard comme du campus - poussait la porte du Chaudron Baveur à cet instant précis, sa réputation en prendrait un sacré coup.
Mais d'un autre côté, ça lui faisait un bien fou. C'était une sorte de délivrance de ne pas avoir à peser ses mots, de pas ajouter les bonnes intonations, ni de jouer au jeu des adultes sérieux qui parlent d'avenir et de responsabilités. Toutes les formalités étouffantes de la société venaient de voler en éclats sous l'effet de la potion.
« J'aime bien mon nouveau titre.
Mais je ne sais pas si j'accepte ce poste pour autant, car ma première décision politique serait d'interdire les chaudrons trop bavards et trop baveux. dit-elle.
Autant te dire qu'on va vraiment finir par se faire virer ! Ou pire, tuer !
C'était nul de grandir trop vite. Alaska avait encore envie de se sentir étudiante, d'être enveloppée par cette insouciance qu'on tentait pourtant de lui arracher jour après jour. Bientôt elle le savait, elle devrait définitivement prendre son envol.
Mais pas tout de suite. Pas ce soir.
Elle voulait en profiter, peut-être que ce serait encore possible plus tard, mais à vrai dire, elle refusait de poser les yeux sur le futur. Dès qu'elle y pensait, la panique lui serrait la gorge.
A mesure que la potion de Babillage continuer de tricoter des phrases absurdes, elle prit une grande inspiration pour tenter de discipliner sa langue rebelle, puis pointa un doit solennel vers l'échiquier des deux vieux sorciers qui commençaient sérieusement à s'agacer de leur attitude. Elle voulut dire que la commission d'enquête les surveillait, mais tout ne se passa pas comme prévu :
La commission... a des... moustaches.
Elle pinça ses lèvres, à la fois agacée et amusée par ce nouveau dérapage.
La jeune fille observa ensuite la scène surréaliste qui se jouait sous ses yeux : la main tendue de Léonidas vers les brindilles méprisantes du balai. Il était visiblement peu enclin à la diplomatie puisqu'il ignora la main tendue du garçon pour donner un petit coup sec contre le pied de la table, faisant osciller la fiole vide.
Alaska laissa sa tête retomber contre le dossier de sa chaise, elle se tourna vers son compagne d'infortune où un sourire immense et un peu ivre - alors qu'elle ne l'était pas - étira ses lèvres.
Le ministre... Celui des brindilles, oui, lui là-ba. Il a refusé votre traité de cornichon et d'artichaut. Allez donc faire vos salades ailleurs, vous êtes un diplomate en carton, Vance ! »
Strangulot du lac noir. En glissant je viens, en rusant je vaincs, le sommet j'atteins !
20 ans - Présidente du club de débat au campus Magifac
Mais d'un autre côté, ça lui faisait un bien fou. C'était une sorte de délivrance de ne pas avoir à peser ses mots, de pas ajouter les bonnes intonations, ni de jouer au jeu des adultes sérieux qui parlent d'avenir et de responsabilités. Toutes les formalités étouffantes de la société venaient de voler en éclats sous l'effet de la potion.
« J'aime bien mon nouveau titre.
Mais je ne sais pas si j'accepte ce poste pour autant, car ma première décision politique serait d'interdire les chaudrons trop bavards et trop baveux. dit-elle.
Autant te dire qu'on va vraiment finir par se faire virer ! Ou pire, tuer !
C'était nul de grandir trop vite. Alaska avait encore envie de se sentir étudiante, d'être enveloppée par cette insouciance qu'on tentait pourtant de lui arracher jour après jour. Bientôt elle le savait, elle devrait définitivement prendre son envol.
Mais pas tout de suite. Pas ce soir.
Elle voulait en profiter, peut-être que ce serait encore possible plus tard, mais à vrai dire, elle refusait de poser les yeux sur le futur. Dès qu'elle y pensait, la panique lui serrait la gorge.
A mesure que la potion de Babillage continuer de tricoter des phrases absurdes, elle prit une grande inspiration pour tenter de discipliner sa langue rebelle, puis pointa un doit solennel vers l'échiquier des deux vieux sorciers qui commençaient sérieusement à s'agacer de leur attitude. Elle voulut dire que la commission d'enquête les surveillait, mais tout ne se passa pas comme prévu :
La commission... a des... moustaches.
Elle pinça ses lèvres, à la fois agacée et amusée par ce nouveau dérapage.
La jeune fille observa ensuite la scène surréaliste qui se jouait sous ses yeux : la main tendue de Léonidas vers les brindilles méprisantes du balai. Il était visiblement peu enclin à la diplomatie puisqu'il ignora la main tendue du garçon pour donner un petit coup sec contre le pied de la table, faisant osciller la fiole vide.
Alaska laissa sa tête retomber contre le dossier de sa chaise, elle se tourna vers son compagne d'infortune où un sourire immense et un peu ivre - alors qu'elle ne l'était pas - étira ses lèvres.
Le ministre... Celui des brindilles, oui, lui là-ba. Il a refusé votre traité de cornichon et d'artichaut. Allez donc faire vos salades ailleurs, vous êtes un diplomate en carton, Vance ! »
Strangulot du lac noir. En glissant je viens, en rusant je vaincs, le sommet j'atteins !
20 ans - Présidente du club de débat au campus Magifac
G.E.A.D. : Gestion Expérimentale des Adultes Déraisonnables
Mon regard passe d’Alaska au balai, puis de nouveau à Alaska.
Diplomate en carton.
Ma main se pose sur ma poitrine. Comment ose-t-elle ? Je suis sincèrement offensé, outré, c’est un affront. Une honte. Enfin, autant qu’il est possible de l’être après une négociation ratée avec un balai hostile au nom des artichauts et des cornichons.
Je cogne du poing sur la table, comme si je cherchais à attirer l'attention d'un auditoire fictif. Même si mon auditoire n'est sans doute pas si fictif que ça et que j'ai du attirer l'attention d'autres clients, en plus des deux moustachus. La fiole tremble et se met à rouler jusqu'au bord de la table, restant en équilibre à moitié dans le vide par je ne sais quel coup du hasard. Comme si elle hésitait à se suicider pour ne plus être associée aux deux imbéciles qui l’ont bue. Je prend une grande inspiration, vous allez voir, je vais lui sortir quelque chose de très intelligent et profond sur la difficulté des relations internationales, l’art de la négociation et la brutalité du pouvoir. Mais ma bouche, elle, va au plus court :
— Je suis un diplomate en carton, oui, mais en carton de luxe.
Le balai, toujours hostile à la noblesse, cogne une dernière fois contre le pied de la table, ce qui achève de déséquilibrer la fiole vide qui était au bord de la table, à deux doigts de tomber. Je la remarque enfin et tends la main pour la rattraper dans sa chute
Raté.
Elle tombe sans se briser et roule sous la table voisine, directement aux pieds des deux sorciers à moustache. Les deux nous fixent avec une lenteur terrible, sans doute agacés, et à raison, par nos âneries. Aucun ne fait un geste en direction de la fiole et, si leurs yeux pouvaient lancer des sortilèges, ce seraient sans doute des Impardonnables.
J’observe la scène et me penche vers Alaska pour lui demander à voix basse ce que l’on devrait faire, parce que les sorciers se doutent que nous ne sommes pas dans notre état normal. Et on va avoir des problèmes, parce que je suis à peu près certain que le babillage sur la voie publique n’est pas vu d’un très bon œil.
J’essaie de réfléchir à une solution pour récupérer la fiole. Présenter des excuses. Accuser le balai. Faire semblant de ne pas être anglais. Tout me semble être une bonne idée, mais mon esprit est sans cesse parasité par des images de serpillières révolutionnaires. Là encore, ma bouche n’en fait qu’à sa tête et quelque chose de beaucoup plus absurde et simplifié en sort :
— La commission a saisi... ma langue hésite avant de finalement déraper de nouveau, les archives. On est foutus.
Je me tais quelques instants, puis j’ajoute :
— Il faut envoyer un émissaire. Présidente, c’est votre moment.
Je cherche à lui dire qu’elle doit récupérer la fiole avec l’autorité, le panache et le sérieux d’une Serpentard, par Salazar. Qu’être présidente des ustensiles exige de prendre ses responsabilités, d’accepter des sacrifices effectués avec dignité. Son peuple d’ustensiles compte sur elle.
— Rampez... pour la patrie sorcière.
Voilà. C’est tout pareil que ce que je voulais dire. À la virgule près.
Je ferme les yeux avant d’éclater légèrement de rire, un rire nerveux et solitaire de celui qui n’a pas vraiment conscience des absurdités qu’il raconte. Je me reprends au bout de quelques secondes avant d’ajouter plus bas :
— Pardon. Ce que je voulais dire, c’est qu’il faut une opération discrète.
Pour une fois, ce que je dis correspond exactement à ma pensée... On ne peut pas laisser entre les mains d’une commission d’enquête des preuves aussi accablantes.
Au'skour
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Diplomate en carton.
Ma main se pose sur ma poitrine. Comment ose-t-elle ? Je suis sincèrement offensé, outré, c’est un affront. Une honte. Enfin, autant qu’il est possible de l’être après une négociation ratée avec un balai hostile au nom des artichauts et des cornichons.
Je cogne du poing sur la table, comme si je cherchais à attirer l'attention d'un auditoire fictif. Même si mon auditoire n'est sans doute pas si fictif que ça et que j'ai du attirer l'attention d'autres clients, en plus des deux moustachus. La fiole tremble et se met à rouler jusqu'au bord de la table, restant en équilibre à moitié dans le vide par je ne sais quel coup du hasard. Comme si elle hésitait à se suicider pour ne plus être associée aux deux imbéciles qui l’ont bue. Je prend une grande inspiration, vous allez voir, je vais lui sortir quelque chose de très intelligent et profond sur la difficulté des relations internationales, l’art de la négociation et la brutalité du pouvoir. Mais ma bouche, elle, va au plus court :
— Je suis un diplomate en carton, oui, mais en carton de luxe.
Le balai, toujours hostile à la noblesse, cogne une dernière fois contre le pied de la table, ce qui achève de déséquilibrer la fiole vide qui était au bord de la table, à deux doigts de tomber. Je la remarque enfin et tends la main pour la rattraper dans sa chute
Raté.
Elle tombe sans se briser et roule sous la table voisine, directement aux pieds des deux sorciers à moustache. Les deux nous fixent avec une lenteur terrible, sans doute agacés, et à raison, par nos âneries. Aucun ne fait un geste en direction de la fiole et, si leurs yeux pouvaient lancer des sortilèges, ce seraient sans doute des Impardonnables.
J’observe la scène et me penche vers Alaska pour lui demander à voix basse ce que l’on devrait faire, parce que les sorciers se doutent que nous ne sommes pas dans notre état normal. Et on va avoir des problèmes, parce que je suis à peu près certain que le babillage sur la voie publique n’est pas vu d’un très bon œil.
J’essaie de réfléchir à une solution pour récupérer la fiole. Présenter des excuses. Accuser le balai. Faire semblant de ne pas être anglais. Tout me semble être une bonne idée, mais mon esprit est sans cesse parasité par des images de serpillières révolutionnaires. Là encore, ma bouche n’en fait qu’à sa tête et quelque chose de beaucoup plus absurde et simplifié en sort :
— La commission a saisi... ma langue hésite avant de finalement déraper de nouveau, les archives. On est foutus.
Je me tais quelques instants, puis j’ajoute :
— Il faut envoyer un émissaire. Présidente, c’est votre moment.
Je cherche à lui dire qu’elle doit récupérer la fiole avec l’autorité, le panache et le sérieux d’une Serpentard, par Salazar. Qu’être présidente des ustensiles exige de prendre ses responsabilités, d’accepter des sacrifices effectués avec dignité. Son peuple d’ustensiles compte sur elle.
— Rampez... pour la patrie sorcière.
Voilà. C’est tout pareil que ce que je voulais dire. À la virgule près.
Je ferme les yeux avant d’éclater légèrement de rire, un rire nerveux et solitaire de celui qui n’a pas vraiment conscience des absurdités qu’il raconte. Je me reprends au bout de quelques secondes avant d’ajouter plus bas :
— Pardon. Ce que je voulais dire, c’est qu’il faut une opération discrète.
Pour une fois, ce que je dis correspond exactement à ma pensée... On ne peut pas laisser entre les mains d’une commission d’enquête des preuves aussi accablantes.
583 mots
Au'skour
Le Gang des Licornes. -- Adidas Vance - 4e année (Devoirs). Toujours partant pour un RP (cf ici) - Merci Mo pour l'avatar
G.E.A.D. : Gestion Expérimentale des Adultes Déraisonnables
Une multitude de répliques étaient prêtes à sortir, elle avait tellement de choses à dire et à répondre aux âneries de son compagnon... Alaska aurait voulu rétorquer, mais elle comprit rapidement que la patience des clients autour d'eux ne tenaient plus qu'à un fil, et que pour limiter les dégâts, sceller ses lèvres étaient visiblement la seule option.
Malheureusement, d'autres facteurs externes refusait de s'aligner sur sa bonne volonté. La jeune femme vit la fiole de verre glisser, hésiter, puis basculer et rouler sur le plancher. Directement jusqu'aux pieds des deux sorciers. Ils avaient l'air en colère et ça n'arrangeait pas son affaire, elle qui s'était pourtant résigner à se faire discrète.
Car sans s'en être rendu compte plus tôt, le volume de la conversation entre Léonidas et Alaska avait grimpé, ils parlaient rudement forts. Le Chaudron Baveur avait beau être un carrefour de vie populaire, où se croisaient des familles, des personnes âgés, des travailleurs actifs... L'établissement se chargeait rapidement de ce genre de troubles. Les bagarres étaient vite contrôlés, et les clients trop éméchés étaient escortés vers la sortie.
Il était cependant important de rappeler que Léonidas et Alaska n'avaient pas bu une goutte d'alcool, mais l'effet était approximativement le même et leur propos insensés le laisser penser. N'importe qui dans cette pièce ne pouvait pas deviner qu'une potion de Babillage s'était glissé dans leur breuvage. N'importe qui sauf les deux vieux joueurs d'échecs.
Il fallait donc récupérer cette fiole. Son ami lui demanda une opération discrète, et c'était précisément ce qu'elle allait lui offrir. Une démonstration d'infiltration digne des plus grands agents du Ministère. Du moins, c'est ce qu'elle espérait.
L'étudiante se pencha en avant, ancra ses coudes sur la table pour réduire la distance avec Léonidas et fixa des yeux l'objectif sous la table.
« Mission cornichon.
Sa bouche choisit de saboter ses ambitions, mais elle ne se laissa pas décontenancer pour autant, elle redressa le menton.
Pas question de ramper, Alaska comptait fermement sur son sérieux professionnel pour essayer de mener à bien sa mission. Elle ajusta sa gavroche sur sa tête, resserra son noeud de cravate et se leva pour rencontrer la table voisine.
Messieurs.
C'était un bon début. Jusque-là, tout allait bien. Encouragée par ce premier succès, la jeune fille pris une grande inspiration.
Veuillez excuser le dérangement, cet objet nous appartient car...
Ce n'était pas si compliqué finalement ! Ses yeux fixaient malgré elle la fiole au sol, allait-elle y parvenir jusqu'à la fin ?
... Voyez-vous...
Un dernier petit effort.
Le balai a... pondu un oeuf. Cot-cot-cot-coooot !
Un silence de plomb s'abattu sur la table des joueurs d'échecs. Sa conscience hurlait à l'intérieur d'elle-même face au désastre qui venait de se produire. Alaska maintenue sa position, totalement confuse.
Pardon ! Pardon, je...
C'est une affaire compl... d'Etat. Ne nous envoyez pas à Azkaban ! »
Elle s'accroupit pour ramasser la fiole en vitesse avant de pivoter sur ses talons et revenir s'asseoir face à Léonidas, rouge de honte. Elle déposa la fiole sur la table. Ce n'était pas un échec jusqu'au bout finalement, cette mission.
Strangulot du lac noir. En glissant je viens, en rusant je vaincs, le sommet j'atteins !
20 ans - Présidente du club de débat au campus Magifac
Malheureusement, d'autres facteurs externes refusait de s'aligner sur sa bonne volonté. La jeune femme vit la fiole de verre glisser, hésiter, puis basculer et rouler sur le plancher. Directement jusqu'aux pieds des deux sorciers. Ils avaient l'air en colère et ça n'arrangeait pas son affaire, elle qui s'était pourtant résigner à se faire discrète.
Car sans s'en être rendu compte plus tôt, le volume de la conversation entre Léonidas et Alaska avait grimpé, ils parlaient rudement forts. Le Chaudron Baveur avait beau être un carrefour de vie populaire, où se croisaient des familles, des personnes âgés, des travailleurs actifs... L'établissement se chargeait rapidement de ce genre de troubles. Les bagarres étaient vite contrôlés, et les clients trop éméchés étaient escortés vers la sortie.
Il était cependant important de rappeler que Léonidas et Alaska n'avaient pas bu une goutte d'alcool, mais l'effet était approximativement le même et leur propos insensés le laisser penser. N'importe qui dans cette pièce ne pouvait pas deviner qu'une potion de Babillage s'était glissé dans leur breuvage. N'importe qui sauf les deux vieux joueurs d'échecs.
Il fallait donc récupérer cette fiole. Son ami lui demanda une opération discrète, et c'était précisément ce qu'elle allait lui offrir. Une démonstration d'infiltration digne des plus grands agents du Ministère. Du moins, c'est ce qu'elle espérait.
L'étudiante se pencha en avant, ancra ses coudes sur la table pour réduire la distance avec Léonidas et fixa des yeux l'objectif sous la table.
« Mission cornichon.
Sa bouche choisit de saboter ses ambitions, mais elle ne se laissa pas décontenancer pour autant, elle redressa le menton.
Pas question de ramper, Alaska comptait fermement sur son sérieux professionnel pour essayer de mener à bien sa mission. Elle ajusta sa gavroche sur sa tête, resserra son noeud de cravate et se leva pour rencontrer la table voisine.
Messieurs.
C'était un bon début. Jusque-là, tout allait bien. Encouragée par ce premier succès, la jeune fille pris une grande inspiration.
Veuillez excuser le dérangement, cet objet nous appartient car...
Ce n'était pas si compliqué finalement ! Ses yeux fixaient malgré elle la fiole au sol, allait-elle y parvenir jusqu'à la fin ?
... Voyez-vous...
Un dernier petit effort.
Le balai a... pondu un oeuf. Cot-cot-cot-coooot !
Un silence de plomb s'abattu sur la table des joueurs d'échecs. Sa conscience hurlait à l'intérieur d'elle-même face au désastre qui venait de se produire. Alaska maintenue sa position, totalement confuse.
Pardon ! Pardon, je...
C'est une affaire compl... d'Etat. Ne nous envoyez pas à Azkaban ! »
Elle s'accroupit pour ramasser la fiole en vitesse avant de pivoter sur ses talons et revenir s'asseoir face à Léonidas, rouge de honte. Elle déposa la fiole sur la table. Ce n'était pas un échec jusqu'au bout finalement, cette mission.
Strangulot du lac noir. En glissant je viens, en rusant je vaincs, le sommet j'atteins !
20 ans - Présidente du club de débat au campus Magifac
